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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 08:11

Opération militaire en Libye : Un accélérateur puissant de la dislocation géopolitique mondiale


- Extrait GEAB N°54 (15 avril 2011) -



Opération militaire en Libye : Un accélérateur puissant de la dislocation géopolitique mondiale
En Janvier 2011, dans le GEAB N°51, l'équipe de LEAP/E2020 anticipait que l'année 2011 serait une année impitoyable, en particulier pour tous ceux qui ne seront pas préparés aux nouveaux chocs de la crise systémique globale, ayant passé deux années à tenter de soigner les symptômes au lieu des causes de la crise. L'intervention militaire en Libye nous semble emblématique de cette situation car elle implique une série d'acteurs qui ne se sont pas préparés aux changements induits par la crise et qui tentent d'y répondre de manière confuse et donc dangereuse.

En effet, impliquant le court-termisme d'un empire qui s'effondre (USA), de son second qui tente de survivre (UK) et d'une puissance en plein errements stratégiques (France), au sein d'une région en plein bouleversement historique aux conséquences géopolitiques majeures, et associant des puissances émergentes qui jouent elles sur le temps long, cette intervention franco-américano-britannique en Libye constitue donc pour LEAP/E2020 une illustration flagrante de cette anticipation de Janvier 2011 ainsi qu’un puissant accélérateur du processus de dislocation géopolitique mondiale (1).

Dans ce numéro du GEAB, notre équipe a donc choisi d'analyser le contexte et les acteurs du conflit, et de dresser in fine la liste des dix ruptures et tendances émergentes globales que le conflit libyen catalyse.

Le contexte réel du conflit libyen est très différent de celui présenté par les dirigeants et médias français, britanniques et américains
Prenons d'abord le temps de nous arrêter sur le contexte et les acteurs de ce conflit.

Le contexte est celui des révolutions populaires arabes qui ont débuté avec la Tunisie fin 2010 et qui se sont progressivement étendues à la quasi-totalité des pays arabes avec des résultats variables. Dans le GEAB N°52, à l'occasion de notre analyse sur « la chute du mur pétro-dollar », nous avions présenté un indicateur synthétique d'anticipation des révolutions arabes où la Libye figurait dans la catégorie 3 : « Pays où les régimes peuvent tenir en échec, y compris par la violence, les tentatives de changement au moins d'ici la fin 2012 ». Dans cette catégorie, la Libye côtoie l'Algérie, la Syrie et l'Arabie saoudite, trois pays qui connaissent aussi des mouvements populaires de contestation. Mais, notre équipe est certaine que ni la France, ni le Royaume-Uni, ni les Etats-Unis n'entameront aucune action militaire pour « défendre les populations civiles » ou pour « accélérer le changement de régime vers la démocratie » ; et ce pour les raisons suivantes :

. des populations trop importantes
. des régimes dont la déstabilisation est dangereuse pour l'Occident
. des implications régionales potentiellement « explosives »
. de grandes difficultés logistiques
. une difficile préparation médiatique pour les populations occidentales
. une opposition certaine des grandes puissances non occidentales à tout soutien de l'ONU
. une issue militaire très incertaine
. des conséquences immédiates majeures sur les cours mondiaux du pétrole et du gaz.

Cette différence de traitement entre le cas libyen et les trois autres pays arabes posant des problèmes politico-démocratiques similaires, elle apporte déjà une première explication à l'opération militaire en Libye : celle-ci a été entreprise parce qu'elle apparaissait politiquement, techniquement et militairement possible à moindre risque ; ce qui ne serait pas le cas d'une intervention dans l'un des trois autres pays de cette catégorie.

En effet, le dictateur libyen est un habitué des sanctions de l'ONU. C'est un personnage déjà diabolisé dans les médias occidentaux (2). Il est fantasque et arrogant et n'est apprécié par aucune grande puissance mondiale. Son pays est vaste mais peu peuplé. Il offre une géographie idéale pour effectuer des attaques aériennes. Il a beaucoup de pétrole, et ce dans une région traditionnellement rétive au pouvoir central du pays. En bref, il est la cible idéale pour une action militaire « à peu de frais » bénéficiant de la légitimité internationale (3).

La seule ombre au tableau, c'est que, malgré un tel pédigrée, il était devenu l' « ami » de l'Occident depuis quelques années, pétrole oblige ! Aussi, lorsque sont soudain agités les grands principes universels pour légitimer une action militaire (4), la lucidité (qualité essentielle à tout travail d'anticipation politique) impose de questionner le nouveau discours officiel émanant de Paris, Washington et Londres qu'on peut décrypter ainsi :

« Le peuple libyen (dont Washington, Londres et Paris se moquait totalement quelques semaines plus tôt) est brutalement agressé par un infâme dictateur (que Paris, par exemple, accueillait avec tous les honneurs il y a à peine deux ans) ; les démocraties (en l'occurrence une sorte d'OTAN redux) doivent de toute urgence protéger le peuple libyen révolté (dont personne ne voit jamais d'images (5) - y compris dans les villes dont Kadhafi a perdu le contrôle comme Benghazi (6) - à la différence des foules vues en Tunisie, en Egypte, au Yemen, au Bahrein, en Jordanie,…) des tueries massives perpétrées par le dictateur libyen (là encore, pas d'images, aucun élément de preuve (7)) ; les révolutionnaires ont d'ailleurs constitué un gouvernement alternatif à Benghazi qu'il faut légitimer de toute urgence (sans savoir vraiment qui le compose hormis l'ancien ministre de l'intérieur de Kadhafi, Abdel Fattah Younis - un grand démocrate sûrement - et quelques immigrés revenus de Londres et des Etats-Unis après des décennies d'exil (8)). Tous ceux qui sont contre une telle intervention sont au choix :
. des pacifistes irresponsables
. des complices du dictateur
. des traitres à la solidarité occidentale
. des fossoyeurs de la démocratie ».

En résumé, c'est un type de discours sorti tout droit des manuels de propagande des « Guerres du Golfe 1 et 2 », appuyé par un tsunami médiatique (en particulier en France (9)) sans aucune tentative d'objectivité : les citoyens sont sommés d'approuver, surtout pas de réfléchir.

Les jours passants ont rapidement montré :
. que le peuple libyen n'était pas tant que cela en révolte puisque les rebelles se sont avérés incapables de s'étendre au-delà de Benghazi sans un soutien massif franco-anglo-américain
. que les dits rebelles ressemblaient plus à des révolutionnaires d'opérette qu'à des combattants farouches (10)
. que les services secrets américain, britannique et français étaient à la manœuvre en Libye avant même le « déclenchement » officiel de la rébellion (11)
. que les soutiens à l'attaque de Washington/Paris/Londres de la part des pays arabes ou africains (12) étaient soit quasi-inexistants, soit franchement incertains
. qu'une partie importante de l' « Occident » (Allemagne, Pologne (13), …) continuait à s'opposer à cette intervention militaire
. que, en quelques jours, les promesses de victoire étaient en train de s'enliser dans un conflit durable
. que Sarkozy, Cameron et Obama n'avaient pas prévu de plan B si leur « blitzkrieg » des airs échouait (14)
. que la situation était porteuse de risques géopolitiques majeurs pour l'Europe et pour le monde arabe.

Le contexte de ce conflit s'avère donc, selon LEAP/E2020, très différent de ce qui est asséné depuis un mois par les dirigeants et médias français, britanniques et américains. Cela nous conduit donc à questionner la nature exacte des acteurs en présence et leurs interactions afin de pouvoir dégager les tendances à l'œuvre au sein de cet épisode important de la dislocation géopolitique globale.

Tous les acteurs du conflit libyen appartiennent au « monde d'avant la crise »
Du côté de la Libye, on trouve :
. un dictateur vieillissant traditionnellement anti-occidental (15)
. son entourage familial et clanique
. un état policier
. des mercenaires africains
. du pétrole et une faible population (6,5 millions d'habitants)
. des réserves financières importantes
. une société marquée par de fortes appartenances tribales
. une région orientale (la Cyrénaïque) culturellement proche de l'Egypte et une région occidentale (la Tripolitaine) très liée à la Tunisie
. un peuple longtemps coupé de toute interaction avec le reste du monde du fait d'une autarcie intellectuelle cultivée par le régime, aidé en cela par les embargos mis en place par les Nations Unies (en particulier de 1992 à 1999, pour cause d'implication directe du régime libyen dans divers attentats)
. des rebelles à la nature incertaine, rassemblant des transfuges du régime actuel, des militants islamistes, de simples citoyens (16) et des agents de divers services occidentaux (américain, britannique et français pour l'essentiel) et probablement de pays arabes
. et, pour conclure ce rapide tableau, une population bénéficiant du plus haut niveau de vie d'Afrique d'après l'Indice de Développement Humain des Nations-Unies de 2010 et de grands projets populaires d'aménagement du territoire libyen comme le « Grand Fleuve Artificiel (17) » (18).


Evolution de l'Indice du développement humain (1970-2010) - Source : PNUD 2010
Evolution de l'Indice du développement humain (1970-2010) - Source : PNUD 2010
Du côté des trois pays qui ont mené l'attaque sur la Libye, on trouve :

. Les Etats-Unis : un empire qui lutte désespérément pour tenter d'éviter l'effondrement du « mur pétro-dollars » déclenché par les révolutions arabes, mais qui est enlisé dans des problèmes économiques, financiers et budgétaires inextricables et qui ne peut pas se permettre d'afficher ouvertement une troisième agression contre un pays musulman (après l'Afghanistan et l'Irak). Sa politique étrangère dans la région est conduite selon quatre axes traditionnels : maintenir le « mur pétro-dollars » grâce à la mise en place de régimes « amis », renforcer le camp occidental en générant des conflits entre l'Occident et le reste du monde, vendre des armes (19), créer des zones d'instabilité autour de l'Union européenne pour réduire les velléités européennes d'indépendance stratégique. La crise du pays et les échecs politico-diplomatiques des aventures de l'époque G. W. Bush ont fortement réduit l'influence de la pensée « néoconservatrice » (ou Américaniste) qui revendique le rôle leader des Etats-Unis dans les interventions militaires occidentales.

. Le Royaume-Uni : le fidèle second du précédent fait face lui aussi à une crise financière, budgétaire et économique historique qui l'a récemment conduit à couper massivement ses dépenses publiques - dont le budget militaire (20) - et lutte pour néanmoins tenter de ne pas perdre son statut international. Ses objectifs traditionnels sont à peu près identiques à ceux des Etats-Unis, en y ajoutant l'intérêt jamais démenti à tout affaiblissement de cohésion de l'Europe continentale. Il a été le concepteur de la politique de division et d'interventions répétées au sein du monde arabe depuis la fin du XIX° siècle, que les américains ont ensuite reprise à leur compte.


Tableau des diminutions d'effectifs de l'armée britannique (2010-2015) - Source : Warnewsupdates, 02/03/2011
Tableau des diminutions d'effectifs de l'armée britannique (2010-2015) - Source : Warnewsupdates, 02/03/2011
. La France : récemment converti aux vertus de l'américanisme, vision politique du monde légitimant au nom de la démocratie toute action servant les intérêts des élites occidentales, le pays fait face également aux conséquences de la crise mondiale tout en cherchant à nouveau à exprimer sa spécificité historique au sein du carcan atlantiste dans lequel l'actuel président français a enfermé la diplomatie et la défense du pays. Dans la logique de servilité devant les puissants qui est la marque de fabrique de Nicolas Sarkozy, se montrer le meilleur disciple semble être la voie choisie pour canaliser ce besoin de différence de l'ex-« Grande Nation ». Traditionnellement interventionniste en Afrique (la Côte d'Ivoire en offre actuellement un autre exemple), le pays ne rechigne pas à utiliser ses forces armées (21) pour servir ses intérêts ou ceux de ses acteurs économiques clés comme les groupes pétroliers ou de défense, très influents auprès de l'actuel gouvernement. En revanche, la France cherche traditionnellement aussi depuis des décennies à renforcer la cohésion de l'Europe continentale, notamment franco-allemande, tout en revendiquant l'émergence d’une Europe de la Défense. L'affaiblissement de l'influence américaine dans le bassin méditerranéen est aussi un objectif habituel français. Ces deux derniers aspects ont été abandonnés par l'actuel président français et s'avèrent en effet sacrifiés sur l'autel de l'intervention en Libye. Parallèlement, il a engagé le pays dans plusieurs conflits qui commencent à poser des problèmes logistiques et budgétaires importants à la France (22).

Comme toujours quand il s'agit de géopolitique, au-delà des Etats-Nations, on trouve aussi des dirigeants dont les caractères et situations politiques influent directement sur les décisions en matière de conflits militaires. Les trois leaders, Barack Obama, David Cameron et Nicolas Sarkozy, ont en commun d'être tous les trois en grande difficulté politique et de diriger des pays qui voulaient tous faire des affaires avec Kadhafi il y a encore quelques semaines, en particulier la France et le Royaume-Uni.

Nicolas Sarkozy bat des niveaux record d'impopularité et feint de croire qu'il peut être réélu en 2012 (23). Pourtant, même les plus fervents supporters de l'intervention en Libye reconnaissent que pour le président français il s'agit pour une grande part d'une opération de politique intérieure destinée à tenter de regonfler sa cote de popularité (24). Pour le reste, il est probablement le dernier dirigeant d'un grand pays européen formaté par les américanistes de l'époque G. W. Bush, avec donc pour caractéristique d'être aisément manipulé par les services de renseignement, d'adhérer aux visions du monde néoconservatrice stipulant que l'usage de la force façonne l'Histoire pour le meilleur quand elle est le fait de l'Occident, et d’être dénué de toute compréhension et de la moindre empathie pour les tendances historiques en cours (25). Sur le fond, il fournit à Washington et Londres un formidable déguisement, permettant d'affubler du drapeau français (celui de l'opposition à l'invasion de l'Irak) une attaque sur un pays arabe. En échange, on l'a laissé jouer au chef de guerre quelques jours (26). Et si les choses se passent mal, il fera pour Washington un responsable idéal (27) !

Barack Obama, qui vient d'annoncer sa candidature pour 2012 également, est dans une configuration très « sarkozienne ». Même si sa cote de popularité n'atteint pas les profondeurs de son homologue français, il est en très nette difficulté pour obtenir un second mandat puisqu'il a perdu le soutien des électeurs indépendants et que la gauche du parti démocrate ne lui pardonne pas la trahison de plusieurs de ses engagements de campagne (dont la fermeture de Guantanamo n'est pas le moins symbolique). Cette configuration explique d'ailleurs pourquoi il est réticent à faire apparaître les Etats-Unis au premier plan de l'opération libyenne, alors qu'ils en sont visiblement les orchestrateurs comme l'a confirmé la présence d'agents de la CIA sur le terrain avant le déclenchement de la révolte. Il n'a d'ailleurs pas les liens privilégiés à l'industrie pétrolière et à l'industrie de défense qu'avait la famille Bush (28). Les mensonges sur l'Irak (29) ont aussi dû peser dans les hésitations d'Obama à se lancer dans une sorte de « Baie des Cochons » à la libyenne et forger son choix de surtout ne pas apparaître en première ligne, surtout que la France et Sarkozy faisaient parfaitement l'affaire en la matière.

Enfin, David Cameron, sans aucune expérience internationale (et donc soumis aux analyses des multiples services de renseignement et autres lobbies pro-interventions), doit affronter une chute de sa popularité simultanément à un risque d'implosion de sa coalition devant l'échec de son pari consistant à amputer massivement le budget britannique tout en affirmant que la croissance économique n'en serait pas affecté. C'est bien entendu, comme notre équipe l'avait anticipé il y a près d'un an, tout le contraire qui se passe. Et David Cameron est désormais à la merci d'une crise politique majeure. Alors pourquoi refuserait-il une diversion bienvenue pour son opinion publique … en attendant le mariage royal ?

On peut ainsi constater que parmi les acteurs principaux de la pièce brutale qui se joue en Libye, il n'y a pas que Kadhafi à être en fin de course. En fait, c'est un scénario conçu et joué par des « has been ». Et cela ressort d'autant plus si l'on considère les autres acteurs/spectateurs essentiels, à savoir :

. les pays arabes, qui sont a priori opposés aux interventions occidentales sur leurs territoires respectifs, sauf danger collectif. Or il y a bien un danger collectif à leurs yeux : pas Kadhafi, mais les révolutions populaires arabes. Tout ce qui peut affaiblir ce mouvement populaire est donc bienvenu pour les dirigeants arabes, même s'il faut pour cela faire une entorse à la solidarité inter-dictatoriale. En l'occurrence, les dirigeants arabes ont eu le plaisir de voir les Occidentaux s'engager dans un conflit qui les empêche désormais d'apporter le moindre soutien effectif aux mouvements révolutionnaires qui agitent les autres pays du monde arabe, puisque Paris, Londres et Washington ont besoin à tout prix de la « caution arabe », même uniquement formelle, pour éviter un fiasco de leur intervention libyenne.

. les BRIC se sont abstenus au Conseil de Sécurité de l'ONU. Chine et Russie auraient pu bloquer l'intervention en usant de leur droit de véto. Ils ne l'ont pas fait car ils n'avaient pas envie d'apparaître comme les soutiens du régime Kadhafi et surtout parce qu'ils avaient très envie de laisser les Occidentaux s'enliser dans un nouveau conflit, au moment même où, avec la crise, les rapports de force deviennent de plus en plus directs au niveau mondial. Les coûts financiers, diplomatiques et politiques de l'opération libyenne affaiblissent en effet encore plus la position des trois pays qui la conduisent dans le grand jeu de réorganisation du système mondial.

. Israël, dont nous avions indiqué dans un précédent GEAB que le point de vue israélien sur les évènements du monde arabe était l'un des plus intéressants car aux premières loges en tous les sens du terme. L'intervention décisive des néocons européens et américains dans cette aventure, tous favorables à une vision idéologique de l'Occident sur un axe Washington-Tel Aviv, illustre le fait que derrière la discrétion officielle de l'état hébreu, il y a bien une forte influence israélienne derrière l'intervention libyenne. Kadhafi étant l'une des bêtes noires d'Israël, l'occasion était en effet très tentante, d’autant plus qu’elle permettait d'affaiblir le processus des révolutions populaires arabes qui inquiète beaucoup les actuels dirigeants israéliens.

Le conflit libyen : catalyseur de dix ruptures et tendances majeures du processus de dislocation géopolitique mondiale
Impliquant le court-termisme d'un empire qui s'effondre (USA), de son second qui tente de survivre (UK) et d'une puissance en plein errements stratégiques (France), au sein d'une région en plein bouleversement historique aux conséquences géopolitiques majeures et associant des puissances émergentes qui jouent elles sur le temps long, cette intervention franco-américano-britannique en Libye, constitue donc pour LEAP/E2020 un puissant accélérateur du processus de dislocation géopolitique mondiale. A l'issue de cette analyse du conflit, de son contexte et de ses acteurs, notre équipe a dressé la liste des dix ruptures et tendances émergentes que le conflit libyen catalyse :

. Incapacité pour les Etats-Unis d'assumer pleinement leur leadership militaire
C'est une première depuis 1945 et c'est une tendance durable car elle est ancrée dans les difficultés structurelles du pays (paralysie du pouvoir central, problèmes structurels économiques, financiers, budgétaires, rejet des Etats-Unis par les opinions arabes, … Atlas est épuisé). D'ailleurs c'est aussi un épuisement diplomatique : jamais depuis 1945, une coalition militaire rassemblée par Washington n'a réuni si peu de pays, venus de si peu de régions du monde. En effet, il n'y a pas d'Asiatiques, pas de Latino-Américains (30), pas d'Africains. Les Arabes y font de la figuration : personne ne sait exactement qui y participe effectivement à part le Qatar. On y trouve un Occident réduit aux acquêts ; et encore, même une partie de l'OTAN, et pas des moindres comme l'Allemagne et la Pologne, a refusé d'intervenir.

. Chant du cygne des néocons et des clones européens de Bush
L'absence de leadership américain revendiqué résulte également d'un épuisement de la veine intellectuelle qui a fourni l'ossature théorique des actions extérieures américaines depuis une vingtaine d'année : les néocons sont une espèce en voie de disparition aux Etats-Unis. Les nouvelles tendances sont soit à la lutte contre Washington au profit des Etats, soit à l'isolationnisme et à la fin du surdimensionnement militaire. La France, avec le tandem des « néocons américanistes » et des « néocons franchouillards » (31) reste là encore à la traîne de l'Histoire. Avec son centralisme parisien obsolète, elle continue à rater les trains de l'Histoire : elle a gardé le dernier parti communiste d'Europe occidentale, elle a élu un président américaniste au moment où les Etats-Unis s'effondraient et elle a des intellectuels qui se réclament du néoconservatisme au moment où plus personne ne s'y intéresse outre-Atlantique. Pour les uns comme pour les autres, cette intervention et les échéances de 2012 marqueront la fin du voyage. Le temps (celui des élections, celui de la crise financière, celui des nouveaux rapports de force mondiaux, celui de leur moyenne d'âge, …) joue désormais contre eux, contrairement à l’époque de l'invasion de l'Irak.

. Emergence nouvelle d'un pôle d'action européen autonome
Le paradoxe de cette aventure libyenne, c'est que le tandem britannique devant assumer une part plus importante du leadership de l'opération que celle traditionnellement attribués aux partenaires des Etats-Unis dans ses aventures militaires, le monde redécouvre que les Européens peuvent être agressifs. Une fois le brouillard de la guerre dissipé et les changements politiques de 2012 effectués, LEAP/E2020 estime que les futurs dirigeants européens pourront utiliser cette aventure pour accélérer l'émergence d'un vrai pôle européen de défense. Et au-delà de la défense, ce sont les positions incarnées par l'Allemagne (32), désirant utiliser la diplomatie, qui prévaudront. Franchement, qui peut penser que dans cette région en pleine révolution qui a tant besoin d'aide économique (33), financière, …, les Européens n'avaient aucun autre sommet à organiser qu'un sommet guerrier pour bombarder l'un des pays concernés. Un sommet européen pour mettre en place un vaste plan de soutien politico-économique à la région aurait eu une autre dimension historique que les gesticulations martiales de leaders en fin de course. Selon LEAP/E2020, il faudra attendre 2 ou 3 ans pour cet autre sommet.

. Rupture de la cohésion de l'Alliance atlantique
L'OTAN a montré que sa cohésion s'effrite chaque année un peu plus. Jamais l'Alliance n'a connu une telle division. Elle traduit l'absence totale de capacité de l'OTAN à refléter les intérêts européens sans plus pouvoir imposer ceux des Etats-Unis. En l'occurrence, les positions allemande et polonaise s'inscrivent clairement dans une logique d'intérêt collectif européen (en toute continuité d'ailleurs avec la position allemande de 2002 contre l'invasion de l'Irak) : ce n'est pas en apportant la guerre dans un pays ou une région qu'on améliore la situation des populations. D'ailleurs, l'intervention en Libye a déjà créé des multitudes de problèmes dans les pays voisins en provoquant une immigration massive qui contribue à fragiliser la Tunisie, l'Egypte, … En faisant suivre l'axe Washington-Londres et en adoptant l'attitude américaniste justifiant automatiquement toute intervention militaire occidentale conduite au nom de la démocratie, c'est Nicolas Sarkozy qui a trahi la politique traditionnelle de la France, conduisant la France à trahir l'intérêt collectif européen. Selon notre équipe, dans un peu plus d'un an, fermant la parenthèse Sarkozy, la France sera revenue à sa politique extérieure traditionnelle et la démarche commune européenne pourra reprendre. L'aventure libyenne aura d'ailleurs renforcé le sentiment d'urgence pour une telle évolution européenne. Il suffit de lire l'article du New York Times du 13/04/2011 sur les deux réunions en Allemagne et au Qatar, à propos de l'impasse en Libye, pour comprendre à quel point l'Alliance atlantique et son bras armé l'OTAN sont désormais affaiblis et divisés durablement. Tout le monde critique tout le monde, et ce en public ! Un signe fiable de crise majeure.

. Naissance du rapprochement diplomatique Euro-BRIC
Le fait que l'Allemagne se soit abstenue au Conseil de Sécurité comme le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine n'est pas anecdotique. L'anecdote de l'Histoire actuellement en Europe, c'est Nicolas Sarkozy. En fait, les choix de l'Allemagne d'Angela Merkel et du tandem CDU/FDP (34), pourtant de tradition très atlantiste, traduisent, d'une part, le fait que le pays le plus puissant de l'UE continue à incarner la ligne proprement européenne, indépendante désormais de Washington, initiée par le SPD de Gerhard Schröder ; et, d'autre part, que les intérêts stratégiques de l'Allemagne (comme de l'Euroland dans son ensemble (35)) poussent désormais à une convergence croissante d'analyse avec les BRIC, et de moins en moins avec Washington (36). Ce vote est pour notre équipe l'un des premiers signes patents des futures discussions Euro-BRIC qui se feront entre l'Euroland et ces quatre pays. Et il est très symbolique pour l'avenir de voir l'Allemagne et la Chine, ensemble, demander un arrêt de l'intervention militaire en Libye (37).

. Mise en évidence des contraintes financières drastiques de toute future action militaire occidentale
Si dans la France de Nicolas Sarkozy personne n'ose parler du coût budgétaire de l'opération en Libye, ce n'est pas le cas au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. A Londres, l'évidence se fait jour que l'Angleterre n'est pas en mesure de soutenir un conflit qui durerait plus de quelques semaines (38) alors même que le gouvernement tente de réduire fortement le budget de la Défense. Tandis qu'à Washington, au-delà d'un coût de 1 milliard USD en passe d'être atteint (39), il faudrait demander des suppléments budgétaires au Congrès … en pleine crise sur la réduction des dépenses. La France ne pourra pas longtemps ignorer cette même réalité en termes de coûts. Très simplement, le reste du monde est en train de découvrir que derrière les rodomontades de ses chefs, l' « Occident » n'est plus en mesure de financer de conflit autre que symbolique. Si Paris, Londres et Washington pensent que ce détail a pu échapper à Kadhafi, ils se trompent lourdement.

. Enlisement européen dans la création d'une « Somalie méditerranéenne »
C'est d'ailleurs l'une des raisons qui poussent notre équipe à estimer qu'on risque d'assister en Libye à l'émergence d'une « Somalie bis » (comme l'a appelé Moussa Koussa, l'ex-ministre des Affaires étrangères de Kadhafi qui a fait défection à Londres (40)) : piraterie, mafias en tous genres, terrorisme, instabilité régionale, … voilà des résultats qui sont loin des promesses de changement démocratique en Libye promis par la coalition. Le déclenchement d'opérations humanitaires européennes dont on parle actuellement fera partie de ce scénario d'enlisement car il servira de faux-nez à un début d'opérations au sol, contournant ainsi le mandat de l'ONU. Une fois les soldats français et anglais (anciennes armées coloniales) sur le sol d'Afrique du Nord, la situation deviendra incontrôlable dans toute la région. N'oublions pas que même les services américains confirment qu'on trouve nombre d'intégristes islamistes au sein des révolutionnaires libyens. L'intervention libyenne peut donc donner naissance à un cauchemar géopolitique conjuguant les pires aspects de l'ex-Yougoslavie, de l'Irak et de l'Afghanistan : la Somalie donc ! A Benghazi où les pénuries de toute sorte commencent à se faire sentir, la situation mûrit pour l'instabilité chronique (41).

. Tentative de faire avorter le processus spontané des révolutions populaires arabes et neutralisation des Occidentaux dans leur soutien possible à ces révolutions
Comme analysé précédemment, cette intervention est une aubaine pour tous ceux qui souhaitent affaiblir les mouvements révolutionnaires dans le monde arabe et maintenir le plus longtemps possible le statu quo, voire pousser les Européens dans une logique de conflit avec le monde arabe, comme c'est le cas pour les Etats-Unis et Israël. C'est un paradoxe en apparence mais les faits prouvent que désormais les Occidentaux sont bien incapables de hausser le ton avec les régimes arabes pro-occidentaux concernant leur traitement violent des mouvements populaires. « A qui profite le crime ? » est aussi une question qui est légitime en matière d'anticipation politique.

. Reprise durable du flux migratoire incontrôlé venu d'Afrique en direction de l'Europe
Effet secondaire imprévu de la déstabilisation de la Libye ou composante souhaitée du processus de confrontation Occident/Islam, Europe/Monde arabe ou encore moyen de survaloriser dans les médias les thématiques d'immigration ? Là encore on retrouve à la manœuvre les mêmes conseillers, les mêmes idéologues. Toujours est-il qu'au-delà des intentions des uns et des autres, cette nouvelle vague migratoire va imposer rapidement à l'UE de revoir de fond en comble sa politique vis-à-vis du monde arabe et de l'Afrique du Nord en particulier. Selon LEAP/E2020, cette évolution joue là aussi en faveur de l'émergence d'un nouveau grand chantier européen vers les pays de sa frontière Sud à partir de 2012/2013.


Variation 2010/2011 du nombre de touristes français à destination des pays d'Afrique du Nord (en %) - Source : Le Figaro, 24/03/2011
Variation 2010/2011 du nombre de touristes français à destination des pays d'Afrique du Nord (en %) - Source : Le Figaro, 24/03/2011
. Fatigue des opinions publiques occidentales
Avec 50% d'opinions favorables aux Etats-Unis et 40% au Royaume-Uni, on constate que les opinions publiques des pays « va-t’en guerre » commencent à fatiguer. En France, le degré de manipulation médiatique et des sondages est tel qu'il est absolument impossible d'accorder la moindre foi aux soi-disant 63% de Français soutenant l'intervention en Libye. D'une part, outre-Atlantique et outre-Manche, on a déjà constaté un fort affaiblissement au fur et à mesure de la durée du conflit. En France il n'y a aucune raison de ne pas voir une telle évolution, même si la propagande médiatique sur le sujet y est beaucoup plus forte (42. Tout comme aucun sondage ne mettait en avant une telle tendance à l'époque de nos anticipations sur le choc électoral français de 2012 (le Front National devançant l'UMP et l'élimination de Nicolas Sarkozy dès le premier tour de l'élection présidentielle), LEAP/E2020 estime aujourd'hui que moins d'un Français sur trois soutient l'intervention en Libye (43). D'ailleurs, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy continue à chuter, ce qui est bien incompatible avec les fortes adhésions à sa politique libyenne affirmées par les sondeurs. De l'Irak et de ses mensonges à l'Afghanistan et ses illusions, en passant par la crise économique et ses désillusions, les opinions publiques occidentales ne croient plus en leurs dirigeants. C'est là aussi une tendance durable.


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Notes:

(1) Voir GEAB N°32

(2) Ce que les dirigeants occidentaux, qui jusqu'en Janvier dernier tentaient de lui vendre armements, centrales nucléaires et autres équipements en tout genre, savent bien, Nicolas Sarkozy en-tête, puisqu'il leur a été largement et justement reproché ces dernières années de dérouler le tapis rouge à un personnage politiquement sulfureux. Mais, visiblement, la norme politico-morale qui prévalait jusqu'en Janvier 2011 est brusquement devenue caduque dans le courant du mois de Février de 2011.

(3) On peut ainsi retrouver des parallèles avec la Serbie de Milosevic et l'opération du Kosovo. Cette fois-ci, le territoire de l'Est libyen, autour de Benghazi, serait une sorte de Kosovo avec du pétrole. D'ailleurs, on retrouve du côté des supporters de l'intervention militaire en Libye, Hillary Clinton, l'actuelle secrétaire d'Etat US et épouse de l'ancien Président Bill Clinton qui initia l'opération militaire de l'OTAN au Kosovo. Autre point commun, l'émergence confuse du gouvernement rebelle de Benghazi présente de nombreuses similitudes avec la soudaine apparition en 1999 de l'UCK (Armée de Libération du Kosovo) dans les médias au moment où devait se justifier l'intervention. Source : Asia Times, 31/03/2011

(4) Voir à ce sujet les discours du Ministre des Affaires étrangères Alain Juppé au Conseil de Sécurité de l'ONU, du président français Nicolas Sarkozy, du Premier Ministre britannique David Cameron et du Président américain Barack Obama, ainsi que l'ensemble unanime des éditoriaux des médias français, britanniques et américains des premiers jours du conflit. Comme l'a souligné le premier ministre polonais, Donald Tusk, dont le pays a refusé de s'associer à l'intervention militaire : « Pourquoi tout d'un coup la Lybie ? Kadhafi a déjà maltraité sa population dans le passé et il y a beaucoup d'autres pays où des problèmes plus graves se posent pour la population ».

(5) En-dehors des scènes toujours identiques de quelques miliciens en tenue paramilitaire tirant au hasard et arborant des V de victoire devant les caméras occidentales bienveillantes.

(6) Pour « éviter un bain de sang à Benghazi », justification hypothétique de l'urgence de l'intervention militaire en Libye, deux processus alternatifs auraient pu être mis en œuvre : ne pas pousser les « rebelles » à agir sans en avoir les moyens et menacer Kadhafi de nouvelles mesures d'embargo et de représailles directes contre lui et ses proches. Cela aurait largement suffi à calmer ses ardeurs. Mais évidemment, un autre scénario était visiblement souhaité.

(7) Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de massacres. Mais, il faudrait être bien naïf, après l'invasion de l'Irak et les « armes de destruction massive de Saddam », pour prendre pour argent comptant les déclarations des dirigeants occidentaux en la matière.

(8) On retrouve là encore un étrange parallèle avec l'Irak et on ne peut que s'interroger sur la légitimité populaire (et révolutionnaire) de ce type de personnes.

(9) Où par exemple France 24, financée par le gouvernement français, s'est illustré depuis le début du conflit libyen comme un clone de Fox News lors de l'invasion de l'Irak, c'est-à-dire un média en guerre n'ayant qu'un seul objectif : légitimer l'action du gouvernement français. D'une manière générale, suivre également les évènements libyens via les médias russes, chinois, allemands, indiens ou brésiliens est une méthode efficace pour se forger sa propre opinion. Sources : RT, 08/03/2011

(10) Foreign Policy du 25/03/2011 et Le Temps du 30/03/2011 décrivent, chacun à sa manière, l'inexistence du moindre gouvernement rebelle pourtant déjà reconnu à l'époque par l'état français de Nicolas Sarkozy.

(11) Selon notre équipe, les diverses agences américaine, britannique et française à l'œuvre en Libye ont tout simplement incité divers groupes libyens peu ou pas organisés à déclencher la rébellion en promettant soutien et victoire aisée et rapide. C'est une méthode classique et souvent utilisée dans le monde arabe notamment, depuis des décennies. Face à la résistance plus forte que prévue du régime libyen, ce « plan simple » s'est effondré et a exigé dans l'urgence une escalade interventionniste. Question inévitable : qui des services de renseignement occidentaux ou des rebelles libyens est apparu le premier à Benghazi ? Source : Msnbc, 30/03/2011

(12) L'Union africaine s'affiche d'ailleurs désormais clairement du côté de Kadhafi, en proposant des plans de paix qui lui conviennent parfaitement. Source : Libération, 11/04/2011

(13) Donald Tusk, le premier ministre polonais, dénonce même l'hypocrisie de l'UE sur la Lybie. Source : Le Monde, 08/04/2011

(14) Thomas Friedman, dans le New York Times du 29/03/2011, en est d'ailleurs réduit à espérer que la chance sera avec la coalition pour se sortir de ce guêpier.

(15) Mais auquel l'intervention militaire a redonné du lustre et une stature de « résistant à l'impérialisme occidental ». Il apparaissait comme un vieux dictateur en fin de parcours et le voilà à nouveau « remis en selle » par le trio Obama, Cameron et Sarkozy. Sources : SlateAfrique, 06/04/2011 ; Asia Times, 31/03/2011

(16) Source : Intérêt-Général-Info, 11/04/2011

(17) Immense projet consistant à apporter l'eau des nappes phréatiques souterraines sahariennes aux villes côtières. Source : Wikipedia.

(18) Cet aspect n'est peut-être pas étranger à l'évidente absence de soulèvement généralisé contre le régime libyen : Kadhafi n'appartient pas à même catégorie de dictateurs que Ben Ali ou Moubarak. Source : Télérama, 30/03/2011

(19) Et sur ce point, le conflit libyen semble être un show multinational remplaçant à lui tout seul le Salon du Bourget et celui de Farnborough. En effet, chacun des pays impliqués en fait un moment de démonstration de ses avions de combat. Dernier pays en date, la Suède qui a envoyé huit exemplaires de son Gripen dont SwedishWire du 29/03/2011 tient bien à préciser qu'il est en concurrence sur plusieurs marchés avec le Rafale français et le F16 de Boeing (eux aussi en exposition permanente dans le ciel libyen).

(20) De manière ironique, les médias français parlent du problème du coût de l'intervention militaire pour le Royaume-Uni, mais se gardent bien de l'évoquer pour la France. Source : Le Parisien, 22/03/2011

(21) La France est ainsi impliquée simultanément dans cinq guerres, sans que le Parlement n'en ait décidé aucune et sans que l'opposition socialiste n'ait le courage d'en faire des thèmes de combat politique au prétexte de l'unité nationale en cas de conflit.

(22) Source : 20Minutes, 11/04/2011

(23) Alors que toutes les tendances en cours en France confirment l'anticipation de LEAP/E200 de Novembre 2011, à savoir qu'il ne figurera même pas au second tour de l'élection présidentielle française de 2012. Il fera ainsi moins bien que son mentor, G. W. Bush. Son avenir politique est désormais derrière lui, mais la lucidité n'étant pas le point fort de l'actuel dirigeant français, il ne le sait pas et est donc tenté par tout « coup d'éclat » dont il espère qu'il pourra le remettre en selle pour les élections.

(24) Notamment en tentant de faire oublier son soutien jusqu'à la dernière minute aux régimes de Ben Ali et de Moubarak et son accueil servile de Kadhafi en 2007.

(25) Le bilan de son mandat après 4 ans au pouvoir est d'ailleurs éloquent. La dernière réussite en date est l'implosion de son parti, l'UMP. A ce sujet, les mêmes conseillers qui lui soufflent sa stratégie en matière électorale sont à la manœuvre dans le cas libyen !

(26) Sources : Libération, 30/03/2011 ; New York Times, 20/03/2011

(27) D'ailleurs, les esprits commencent à être préparés à une telle évolution via des articles qui évoquent les risques pris par Sarkozy. Source : New York Times, 09/04/2011

(28) Il est plutôt une créature du milieu financier.

(29) Intox des agences de renseignement, faux leaders révolutionnaires, …

(30) Le Brésil exprime d'ailleurs une opposition croissante à cette intervention. Source : Aljazeera, 30/03/2011

(31) Pour reprendre les catégories du livre de Franck Biancheri, « Crise mondiale : en route pour le monde d'après », un Bernard Henry Lévy appartient à la première catégorie et un Emmanuel Todd à la seconde. Les deux sont les faces d'une même pièce : celle des soixante-huitards en fin de course.

(32) Et qui les maintient fermement plus d'un mois après le début de l'intervention contrairement à ce qu'espéraient Paris, Londres et Washington. Source : Deutsche Welle, 13/04/2011

(33) Par exemple, à un moment où les économies d'Afrique du Nord souffrent d'une forte baisse des recettes touristiques (voir graphique ci-dessous) essentielles à leur survie, les Franco-Américano-Britanniques ajoutent un conflit militaire dans la région, aggravant encore la fuite des touristes et les problèmes économiques de la région.

(34) A ce propos, il est utile de garder en mémoire que la puissance tutélaire du FDP, Hans-Dietrich Genscher, insubmersible ministre des Affaires étrangères de la RFA de 1974 à 1992, a toujours considéré l'alliance atlantique comme une situation imposée par les conséquences de la Seconde Guerre Mondiale et non pas comme une aspiration naturelle de la politique extérieure allemande. De la même manière, son engagement pro-européen a toujours été conçu dans une logique où les intérêts de l'Allemagne se trouvaient au cœur des priorités européennes. Aujourd'hui, à l'occasion d'une crise géopolitique, face à une France sans aucun projet européen et à des Etats-Unis en pleine débandade, il n'est pas surprenant que ces tendances s'affichent plus clairement.

(35) Le choix de la Pologne en la matière est exemplaire. La parenthèse des jumeaux américanistes Kaczinczy refermée, Varsovie se retrouve tout naturellement dans des logiques stratégiques européennes, comme d'ailleurs la plupart des nouveaux Etats membres.

(36) Seuls les Verts allemands, dont de nombreux dirigeants entretiennent des rapports plus que confus avec les Etats-Unis depuis leur jeunesse turbulente dans les années 1960/1970, Joshka Fisher en tête, sont très dociles vis-à-vis des exigences géopolitiques de Washington. Au SPD, à part une génération finissante d'atlantistes invétérés, incarnée par Karsten Voigt qu'on a beaucoup entendu critiquer le vote de l'Allemagne au Conseil de Sécurité, et qui fut de 1999 à 2010 le « M. Transatlantique » du Ministère des Affaires étrangères allemand, il n'y a plus de doctrine précise sur les relations avec les Etats-Unis. Au final, pour l'Allemagne, seule et sans avoir besoin de la caution française comme pour l'Irak, l'intervention libyenne et le vote au Conseil de Sécurité représente une nouvelle étape dans son éloignement stratégique durable des intérêts américains.

(37) Source : Xinhua, 01/04/2011

(38) Il y a même rupture des stocks de missiles après juste quelques jours d'attaque. Cette opération libyenne aura donné une illustration de la nature très « virtuelle » des puissances de feu britannique et française. Sources : Telegraph, 23/03/2011 ; Telegraph, 28/03/2011

(39) Source : FoxNews, 24/03/2011

(40) A ce sujet, rappelons que les défections de responsables libyens saluées par les dirigeants et médias américains, britanniques et français peuvent avoir deux interprétations : soit en effet le régime Kadhafi s'effrite et les responsables quittent le navire, soit au contraire le régime de Kadhafi tient bon et ceux qui étaient plus ou moins impliqués dans l'opération de renversement du régime préfèrent fuir plutôt que de finir en prison ou exécutés. Les prochaines semaines permettront de trancher. Source : Telegraph, 11/04/2011

(41) Source : Telegraph, 10/04/2011

(42) Nous invitons nos lecteurs comprenant le Français et l'Anglais à regarder en parallèle France 24, France 2, TF1 d'une part, et CNN, Skynews, BBC d'autre part. Ils pourront constater de leurs propres yeux le degré de contrôle politique qui s'exerce sur les médias français dans l'affaire libyenne.

(43) D'ici la fin Avril, notre équipe considère que l'ensemble des sondages dans les trois pays devrait confirmer cette évolution.



 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 08:04

La Chronique Agora

 

 

La VRAIE solution au problème de la dette US
Bill Bonner


 

 

▪ Selon les journaux, les investisseurs sont sur les dents. Ils attendent de voir ce qui va se passer à Washington. Tout le monde sait qu'un défaut serait désastreux. C'est pour ça que personne ne s'en inquiète : "ils empêcheront ça", se disent les gens.

"Aucun des partis ne bouge", titrait le New York Times cette semaine.

On assume un peu partout -- y compris à la Chronique -- qu'ils vont bientôt bouger. Sinon, l'enfer se déchaînera... et c'est eux qu'on accusera. Les démocrates ont peur d'être plus réprimandés que les républicains. Les républicains ont peur d'être plus réprimandés que les démocrates. Et aucun des deux côtés n'a vraiment les tripes ou le ressort nécessaires pour jouer jusqu'à la fin ce jeu de "je te tiens par la barbichette".

A la place, les politiciens bougeront. Et ils trouveront une solution qui sera tout aussi efficace que la solution européenne à la situation de la dette grecque.

"Des imbécilités", c'est ainsi que Felix Zulauf décrit la solution européenne. C'est un trucage politique... non une solution économique. Le marché avait appliqué une décote de 50% à la dette grecque. Les autorités lui ont enlevé 20%, ont prêté plus d'argent et renvoyé le problème à plus tard.

.

__________________________

 

 

Des imbécilités, c'est ce qui arrivera aux Etats-Unis également -- et même pire. Pas de décote. On renvoie le problème à plus loin encore. La vraie solution, c'est celle que ni les démocrates, ni les républicains ne peuvent tolérer -- laisser M. le Marché régler les choses lui-même. M. le Marché est un pro pour ce genre de choses. Il fera le boulot. Il dévaluerait probablement toute la dette... et éliminerait ce qui ne peut pas être remboursé. En quelques mois, la crise serait terminée. L'économie pourrait alors mettre une vraie reprise en place.

"Bill, êtes-vous en train de dire qu'il n'y aurait pas de graves conséquences à un défaut américain ? Comment être sûr que ça ne déclencherait pas une dépression gravissime ?"

Hé, nous ne sommes sûr de rien. Nous ne serions pas le moins du monde surpris de voir arriver une dépression. Le chômage grimperait probablement en flèche. Les prix de l'immobilier s'effondreraient plus encore. Les actions seraient probablement divisées par deux. Et le PIB passerait dans le rouge.

De plus, les taux d'intérêt réels seraient plus élevés... les investisseurs se méfieraient de la dette gouvernementale américaine, compliquant la tâche des autorités voulant continuer à dépenser comme avant.

Atlantic Magazine liste "13 façons dont un dépassement du plafond de la dette détruirait l'économie". Les sottises habituelles : un défaut ferait grimper les taux d'intérêt. Cette hausse rendrait la reprise plus difficile, et ainsi de suite.

Et n'oubliez pas que les autorités américaines envoient 88 millions de chèques par mois. Si quelque chose devait arriver -- comme un défaut, qui empêcherait les gens de recevoir lesdits chèques -- ça porterait un sérieux coup à l'économie américaine. Sans ces revenus de consommation, elle plongerait à pic.

Tout ça est vrai. Et tout ça ne rime à rien.

▪ Nous ne doutons pas qu'un défaut de paiement de la part des autorités américaines -- même s'il s'agit d'un défaut technique et temporaire -- pourrait faire couler l'économie. Mais selon nous, l'économie doit encore régler tous les problèmes qu'elle a rencontrés durant la crise de 2007-2009. Notamment les dettes. Il y en avait trop. Tant qu'elle n'aura pas ôté la poussière de ses sandales, l'économie ne peut rien construire sur des fondations solides.

Les autorités ont essayé de régler ce problème en ajoutant plus de poussière. Plus de dettes. Une nouvelle étude du GAO montre que durant la crise de 2007-2009, les autorités ont injecté une somme supérieure à l'intégralité du PIB américain pour essayer de stimuler l'économie. Qu'ont-elles obtenu pour tout cet argent ?

Plus de dette et rien d'autre.

Pourquoi ?

Le modèle de relance keynésienne cesse de fonctionner quand l'économie passe de l'ajout de dette à la destruction de dette. On peut alors injecter autant de crédit et de liquidités qu'on le veut, ça ne sert à rien. Les ménages hésitent à emprunter ; d'abord parce qu'ils n'ont pas les revenus ou le nantissement nécessaire, ensuite parce qu'ils ont déjà trop de dettes et veulent s'en débarrasser.

Lorsque l'économie passe dans une contraction de crédit, essayer de rajouter de la dette revient à verser du whisky dans le gosier d'un alcoolique en coma éthylique. Ce n'est pas le remède qu'il lui faut.

Il faut que l'économie se désintoxique ; qu'elle se débarrasse de la dette. C'est ce qu'une dépression... un défaut... un marché baissier... et des taux d'intérêt plus élevés... peuvent provoquer. Et le plus tôt sera le mieux.

Nous rassemblons les pièces du puzzle. Nous avons déjà noté que le "programme impérial" est en partie responsable du fait que la classe moyenne américaine se retrouve sur la paille.

Le crédit facile a aidé à financer la fièvre dépensière de la classe moyenne. Il a également contribué à financer l'empire. Sans crédit artificiellement bon marché, ni le gouvernement fédéral ni les ménages US ne seraient dans le pétrin où ils se trouvent aujourd'hui.

Et maintenant, l'empire suit un cap inévitable. Du pain à domicile. Des jeux à l'étranger. Les électeurs ne veulent abandonner ni l'un ni les autres.

En ce qui concerne le pain à domicile, 44 millions d'Américains reçoivent actuellement des bons d'alimentation. Un enfant sur quatre en profite. 51% du public touche désormais de l'argent du gouvernement.

A l'étranger, les jeux deviennent plus imposants, plus coûteux et plus absurdes. Les Etats-Unis sont désormais impliqués dans six aventures militaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, si l'on inclut leurs interventions au Yémen et au Pakistan. Ils entretiennent des bases dans le monde entier. Et il faut désormais un million de dollars pour maintenir un soldat américain sur le front en Afghanistan.

Pendant combien de temps les Etats-Unis pourront-ils se permettre de telles dépenses ? Le gouvernement fédéral récolte environ 2 200 milliards de dollars de recettes fiscales. Il dépense à peu près 3 600 milliards de dollars. Vous pouvez le constater par vous-même : les autorités doivent emprunter près de 50 cents pour chaque dollar de revenus.

Mais ils vont s'en sortir par la croissance, comme toujours, n'est-ce pas ?

Euh... non. Pas cette fois-ci.

La dernière fois que les Etats-Unis avaient autant de dettes, c'était juste après la Deuxième Guerre mondiale. Le mot important, dans cette phase, c'est "après". La Deuxième Guerre mondiale avait un début et une fin. La population avait fait des sacrifices durant la guerre, si bien que les gens étaient prêts à dépenser lorsqu'elle prit fin. Les dépenses militaires pouvaient aussi être radicalement réduites, donnant un coup de pouce à l'économie nationale.

Mais de nos jours, les guerres ne commencent jamais, pas plus qu'elles ne finissent. Il n'y a pas de déclarations de guerre. Pas de débat au Congrès. Pas de capitulation. Pas d'armistice. Pas de défilé sous les serpentins. Nous avons désormais des guerres qui durent éternellement, contre des ennemis qui ne sont jamais clairement identifiés, à des coûts qu'on ne peut calculer, pour des raisons qui ne peuvent être expliquées.

Pendant ce temps, à domicile, les autorités n'offrent plus de soulagement à des personnes temporairement au chômage, ou à une économie traversant une récession cyclique. A présent, elles accordent un soutien permanent à des gens dont les emplois ont disparu pour toujours... et à une économie prisonnière d'un ralentissement éternel.

Les guerres se traînent à l'étranger. A domicile, la reprise n'arrive jamais. Et l'empire fait faillite.

 

 

 


Béryllium et terres rares : à surveiller de près
Byron King

▪ Le prix du béryllium n'augmente pas en flèche... pour le moment. Je pense tout de même que les perspectives à long terme pour le marché de ce "métal mineur" sont enthousiasmantes. La demande de béryllium devrait augmenter nettement au cours des années qui viennent si une technologie de développement en matière d'énergie nucléaire parvient à s'imposer. Une technologie qui pourrait bien changer totalement les règles du jeu.

Pour lire la suite...

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 08:01
A Téhéran, les scientifiques meurent mystérieusement
 
Une guerre totale des services secrets est engagée entre l'Iran et Israël. De nombreux spécialistes du nucléaire sont assassinés, retardant d'autant la réalisation du programme iranien.
 
- Des balles. REUTERS/Phil Noble -

 
Un mort de plus parmi les personnes impliquées, de près ou de loin, dans le programme nucléaire iranien. Un physicien nucléaire a été tué le 23 juillet à Téhéran par des inconnus qui l’ont abattu par balle devant son domicile. Daryoush Rezael, âgé de 35 ans, avait des liens avec l’organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) où il enseignait en tant que chercheur en physique neutronique.
Etoile montante de la nouvelle génération de scientifiques nucléaires iraniens, il travaillait dans l’équipe la plus secrète du programme nucléaire du pays, chargée de développer des détonateurs pour bombes et ogives nucléaires.
Selon les Iraniens, il n’était «qu’étudiant en maîtrise d’électricité à l’université Khajeh-Nasser», gérée toutefois par le ministère de la Défense. Une activité partielle qui avait pour but de camoufler, pour des raisons de sécurité, ses activités secrètes au sein du site militaire nucléaire Parchine.
Voir le gouvernement iranien essayer de minimiser la véritable activité de «l’étudiant» montre sa volonté de masquer la pénétration des équipes scientifiques engagées dans la construction nucléaire par des intrus à la solde de gouvernements étrangers.
Les Iraniens imputent cet assassinat, qui n’est pas le premier du genre, à des sous-traitants d’Israël dont le but est de freiner le programme nucléaire.

Le dernier d'une liste déjà longue

Déjà le 29 novembre 2010, des bombes avaient été placées contre les véhicules de deux responsables importants iraniens. Le directeur du projet sur les réacteurs nucléaires et spécialiste informatique des codes du programme nucléaire de l'Iran qui avait dirigé la guerre contre le virus Stuxnet, Majid Shariari, avait été tué. Son supérieur hiérarchique et directeur des centrifugeuses à l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz Fereydoun, Abassi Davani, avait lui échappé à la mort.
Cet attentat avait été précédé par l’élimination, le 12 janvier 2010, du scientifique nucléaire Masoud Ali Mahammadi, tué dans l’explosion d’une moto alors qu’il quittait son domicile.
Cinq ingénieurs russes ayant contribué à la conception de l’usine nucléaire de Bushehr sont morts dans le crash du Tupolev-134 le 20 juin 2011. Leur appareil s’était brisé et avait pris feu lors d’un atterrissage d’urgence en dehors de la ville du nord de Petrozavodsk. Une enquête russe avait écarté la possibilité d’une défaillance technique pour orienter l’enquête vers un attentat. Certes, les TU-134 ont un taux d’accident élevé, mais les autorités russes soupçonnent un sabotage qui a entraîné des problèmes lors de l’atterrissage de l’avion.
Les trois ingénieurs –Sergey Ryzhov, 52 ans directeur général, Guennadi Banuyk, 65 ans directeur-adjoint, et Nikolay Trunov, 52 ans chef concepteur– étaient des grands spécialistes de la gestion des installations nucléaires et de la synchronisation des différents systèmes.
Leur perte porte un coup sévère à l’industrie nucléaire russe, mais aussi au programme iranien dont ils assuraient l’installation. Ils appartenaient à la société OKB Gidropress, spécialiste dans l’intégration de systèmes complexes de différentes origines. Le réacteur de Bushehr est composé d’éléments en provenance de différents pays dont l’Allemagne. Ces ingénieurs avaient conseillé à l’Iran de retirer les barres de combustible nucléaire de l’usine de Bushehr après que le virus Stuxnet avait atteint le système de contrôle. Ils craignaient l’explosion de l’usine qui devra désormais trouver de nouveaux experts. 
L’assassinat de Daryoush Rezael signe l’échec de l’unité spéciale créée par l’Iran pour protéger ses scientifiques nucléaires. Des mesures avaient été décidées pour offrir aux savants et à leurs familles la même protection que les dirigeants du régime.
Les savants de haut niveau se déplacent dorénavant dans des véhicules blindés à l’épreuve des bombes collantes et des roquettes RPG. Mais il semble que des failles importantes subsistent dans le dispositif de sécurité.
Les dirigeants iraniens sont consternés par la facilité avec laquelle des équipes, montées sur moto, ont réussi à frapper en plein centre de Téhéran et à s’échapper après l’attentat sans qu’ils aient pu être retrouvés. L’analyse scientifique du précédent assassinat avait mis en lumière deux éléments qui prouvent une infiltration d’agents dans les rouages militaires: les bombes collantes sur les véhicules étaient de fabrication iranienne et le professeur Shariari avait déménagé de sa résidence personnelle pour occuper un logement secret sous une protection militaire.

Le programme prend du retard

L’objectif recherché par les groupes est atteint puisque la panique semble s’emparer de tous les scientifiques du programme nucléaire qui s’inquiètent de l’échec des mesures de sécurité. Plusieurs d’entre eux ont même décidé de quitter leur emploi actuel car ils ne se sentent plus en sécurité. La désorganisation du programme nucléaire est en marche, ce qui aurait pour effet de ralentir le projet.  
Cet attentat intervient alors que l’Iran a pris la décision d’installer de nouvelles centrifugeuses plus rapides à Bushehr pour remplacer celles suspectes, infestées par le virus Stuxnet. Ces changements ne permettront pas à l’usine de démarrer dans des conditions de sécurité minimum et entraîneront certainement un retard significatif du programme nucléaire.
La guerre de l’ombre entre l’Iran et Israël va s’intensifier car Ahmadinejad ne peut pas accepter d’être ridiculisé sur son propre territoire. Mais elle risque d’être désordonnée et de toucher des victimes parfois innocentes dans un climat général de suspicion.
L’Iran avait décidé, pour l’exemple, en décembre 2010, de pendre en public un présumé espion israélien, Ali Akbar Siadat, accusé d’avoir travaillé pour le Mossad. Il ne semble pas que le spectacle ait eu un effet dissuasif puisque l’audace des opposants reste intacte.
Cette pendaison avait été l’occasion pour le ministre de la Défense Ahmad Vahidi de détourner l’attention sur une autre affaire, celle du général Ali-Reza Asgari, ex-vice-ministre iranien de la Défense, qui a disparu d’Iran depuis quatre ans et qui est selon lui prisonnier en Israël après avoir été enlevé d’un hôtel d’Istanbul.
Une guerre totale des services de renseignements est engagée, avec pour conséquence le report de l’éventuelle frappe militaire des Israéliens contre les installations nucléaires iraniennes dès lors que le programme nucléaire accumule sans cesse des retards.


Jacques Benillouche

 
http://www.slate.fr/story/41747/iran-nucleaire-scientifiques-morts-israel-services-secrets
 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 08:00
Revue de presse
Les médias étrangers raillent Sarkozy le va-t'en-guerre

Nicolas Sarkozy descend les Champs-Elysées en compagnie de l'amiral Edouard Guillaud le 14 juillet 2010 (Eric Feferberg/Reuters)

Qu'ils le prennent pour un fanfaron belliqueux ou pour le nouveau leader de la scène internationale, les journalistes du monde entier glosent sur le président français et son récent virage géopolitique. L'armée française présente sur trois fronts – l'Afghanistan, La Libye et la Côte-d'Ivoire, sans compter le Kosovo, le Liban ou le Tchad –, ça rappelle des souvenirs lointains à certains commentateurs.

Passé le récit des opérations militaires en cours, les observateurs soupçonnent Sarkozy d'ouvrir de nouveaux fronts pour mieux préparer sa réélection, et s'interrogent sur cet « étonnant revirement de la diplomatie française », qui, comme se souvient Le Soir (belge), « ne voulait plus tenir un rôle de gendarme en Afrique ».

Même piqûre de rappel dans le quotidien suisse Le Temps : en janvier, alors que la France rechignait à soutenir le peuple tunisien, Nicolas Sarkozy « faisait des déclarations allant dans le sens de la non-ingérence […]. Depuis, la doctrine s'est infléchie ».

« La nouvelle ère française napoléonienne »

Nicolas Sarkozy en couverture de l'hebdomadaire NewsweekDans les journaux du monde entier, on décrit une France sur le pied de guerre, prête à tirer la première. A la Maison Blanche, les opérations militaires en Libye sont d'ailleurs appelées « Sarkozy's War » (« les guerres de Sarkozy »), comme le rapporte l'hebdomadaire américain Newsweek, qui met le président français en couverture.

« La nouvelle ère française napoléonienne », c'est ainsi que The Hindutan Times a titré une dépêche

relative aux interventions françaises.

Le quotidien indien dénonce au passage la schizophrénie d'une nation qui, « il y a huit ans, s'était vigoureusement opposée à l'invasion irakienne dirigée par les Etats-Unis ».

Ce nouvel interventionnisme est souvent analysé comme le réveil des aspirations hégémoniques passées :

  • Pour Associated Press, les opérations en cours sont une quête de la « grandeur » perdue de la France, le retour de l'« interventionnisme de bons sentiments » dont la France a le secret.

 

  • Lu dans un article du New York Times paru ce dimanche : « Le président veut aussi être une figure historique et a une grande vision de la place de la France dans le monde. »

    Selon le journaliste, »Sarko l'Américain » peut enfin s'exprimer : dans les habits de « leader fanfaron du monde », le président français tient davantage de Ronald Reagan que de Charles de Gaulle.

  • « On peut parler de virage, ou de retour de la France sur la scène internationale comme les Français aiment le dire », ironise l'Italienne Nava Massimo dans le Corriere della Serra daté du 7 avril.

 

« Sarkozy aurait volontiers vendu des centrales à Kadhafi »

Qu'est-ce qui pousse ainsi Nicolas Sarkozy à vouloir être leader à tout prix ? Une douce « folie » estime Thorsten Knuf, journaliste allemand du Berliner Zeitung qui se moque d'un Président en habit de chef de guerre :

« Il semble que Sarkozy veuille abattre le dictateur libyen tout seul. Il y a quelques mois, il lui aurait volontiers vendu des centrales nucléaires. Désormais, Sarkozy mène la chasse anti-Kadhafi. Un combat d'homme à homme. »

Pour Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique, il s'agit surtout d'une question de stratégie :

« En Côte d'Ivoire, la France tente difficilement de tourner la page de la Françafrique. Et en Libye, si Sarkozy ne s'était pas senti trompé par Kadhafi qui lui avait promis de gros contrats, il est probable qu'il n'aurait pas agi ainsi. La France se dit que si les insurgés gagnent, elle sera bien placée. »

En s'affichant aux côtés des rebelles de Benghazi, la France cherche « une opportunité de rédemption politique et diplomatique », une tentative de redorer la « réputation de la France dans le monde arabe », estime Paul Taylor pour Reuters, le 1er avril.

Capture d'écran du China DailyReste à savoir si Paris est en mesure de tenir ce rôle de leader sur la durée. C'est la question que pose Zhang Hongyu sur le site du quotidien chinois People Daily.

« Pratiquement obsédé » pour Newsweek

D'ailleurs, dans ce nouveau rôle de chef des opérations, Nicolas Sarkozy n'est pas vraiment pris au sérieux.

En Chine, où l'interprétation française de la résolution onusienne autorisant les frappes aériennes contre l'armée de Kadhafi a été critiquée, les journalistes se font l'écho de la leçon de démocratie que Hu Jintao a administré à Nicolas Sarkozy lors de sa visite le 30 mars.

Ailleurs, le président français est dépeint comme un bouffon ou un mégalomaniaque : « un personnage d'avant-spectacle » qui fait « rire », raille l'édito du 27 mars de La Reppublica, un quotidien italien de centre-gauche ; un homme « pratiquement obsédé », renchérit Newsweek.

« Sarkofago » (« sarcophage ») a même titré l'hebdomadaire italien pro-Berlusconi Panorama. Sur la une, le président français a endossé l'habit de Napoléon. Et comme un récit de campagne, l'article de Grilli Silvia intitulé « L'homme qui voulait ressembler à Napoléon », s'ouvre ainsi :

« Seul dans son rôle de commandant en chef, jouant la montre pour être le premier à tirer, à 17h45, le Napoléon Sarkozy, a ordonné à l'aviation militaire d'ouvrir le feu sur les blindés libyens ? »

Couverture de Panorama

Photo : Nicolas Sarkozy descend les Champs-Elysées en compagnie de l'amiral Edouard Guillaud le 14 juillet 2010 (Eric Feferberg/Reuters)

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 07:58

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Libye: L’OTAN détruit les entrepôts de nourriture …espérant une révolte de la faim

Libye: L'OTAN détruit les entrepôts de nourriture

 

Comme pour Ghaza l'OTAN espère une révolte de la faim - Vous ne trouverez pas ce genre de dépêche dans les médias dominants et encore moins dans notre presse engagée dans la lutte contre les «dictatures» en général et «celles» de Bouteflika et de Kadhafi en particulier.


Mohamed Bouhamidi
Vendredi 29 Juillet 2011

 

Comme pour Ghaza l'OTAN espère une révolte de la faim - Vous ne trouverez pas ce genre de dépêche dans les médias dominants et encore moins dans notre presse engagée dans la lutte contre les «dictatures» en général et «celles» de Bouteflika et de Kadhafi en particulier. Ah, comme on voudrait installer les maîtres de cette presse si démocratique face à de véritables dictatures, singulièrement les dictatures amies des USA et de l'Europe ! Celles de Somoza et celle de colonels en Grèce, celle de Pinochet et des Chicago Boys au Chili qu'on nous ressert à sa vieille sauce d'économie de marché; celle de Suharto en Indonésie et celles des dynasties moyenâgeuses du Golfe qui se piquent de parler démocratie pour la Libye et dont nous aurions à nous méfier bien plus, rien qu'à voir leur acharnement à casser l'Etat national libyen et rien qu'à voir leur ingérence ouverte via leurs phalanges islamistes dressées à la purification religieuse du monde musulman et à la légitimation du commerce, de tout commerce, qui résonne comme l'écho théologique de la licéité du libre échange et des zones qui lui sont dédiées.

En noeud papillon ou en kamis, en ploucs endimanchés ou en strict habit religieux le credo est le même : toute barrière au commerce doit être bannie et d'abord celles qui se réfèrent à l'idée d'un intérêt national. Comme il serait utile de rappeler à tous que le complexe militaro-industriel euro-américain a suscité, conçu et soutenu au nom de la liberté et de l'économie de marché ces dictatures imposées par des dizaines de millions de cadavres et de stades emplis comme des oeufs d'opposants «communistes» promis aux tortures et au couteau; promis aux lentes et méthodiques mutilations des mains de Victor Jara, dont le chant contre la douleur plane encore sur nos mémoires et dans nos coeurs et jusque sur les corps suppliciés des libyens noirs parce que noircis par des «insurgés» nourris par les mêmes stéréotypes que nos propres terroristes et par les mêmes préceptes qui leur font aimer la cruauté gratuite et la mutilation des cadavres comme voie de rapprochement de Dieu. Savent-ils même ce que les mots peuvent encore dire après leur viol concomitant au viol des foules auquel se livrent ces médias ?

Et de quelle démocratie peuvent se targuer les héritiers déclarés du «patrimoine positif du colonialisme» qui, au nom de sa civilisation et de sa démocratie, a brûlé, par le napalm, nos villages jusqu'à la roche.Mais lisez plutôt attentivement cette dépêche :«Mardi 26 juillet» Dernière mise à jour : 19h40LIBYE - Dénonciation du Vicaire apostolique de Tripoli : «De quel droit sont frappés les dépôts alimentaires ?» Agenzia Fides, le 26 juillet 2011 «Des objectifs civils tels que les dépôts alimentaires sont frappés» dénonce, à l'Agence Fides, S. Exc. Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, Vicaire apostolique de Tripoli. «Voici quelques jours, des avions de l'OTAN ont frappé un dépôt alimentaire aux environs immédiats de Tripoli, dépôt qui contenait de l'huile, des pâtes, de la sauce tomate. Un fleuve d'huile se répandait hors du dépôt détruit. Je sais qu'ils ont également frappé un centre social. Mais à quel titre peut-on bombarder un centre alimentaire?», se demande l'Evêque. «En outre, j'ai appris de manière indirecte une information que je n'ai par ailleurs pas moi-même vérifié, à savoir qu'il y aurait des manifestations en faveur de Kadhafi sur les montagnes des environs de Tripoli. Dans ce cas également, il y aurait eu des bombardements. Je n'ai pas connaissance de victimes et que je ne crois pas qu'il y en ait, mais il est évident que l'on cherche à apeurer les gens en bombardant à proximité de leurs manifestations» affirme Mgr Martinelli qui fait également état de la pression psychologique à laquelle est soumise la population du fait «des survols continus des avions de l'OTAN, spécialement la nuit». «Les libyens démontrent cependant leur reconnaissance vis-à-vis de l'Eglise.

Voici deux jours, un groupe de femmes est venu nous remercier pour les prières que nous avons faites en faveur de la paix. Hier, j'ai reçu un autre signe, simple mais touchant, de la gratitude des libyens envers l'Eglise : un homme nous a donné un panier de figues en disant : «ces figues sont pour vous parce que vous êtes un signe d'amitié» conclut Mgr Martinelli. (LM) (Agence Fides 26/07/2011)». Des libyens musulmans se rendent chez l'Evêque avec des gestes d'amitié et des dons symboliques qui ont l'incommensurable importance de ce qui est justement symbolique : un partage dans l'identité, l'affirmation d'une commune identité dans notre humanité. Des libyens musulmans font ces gestes- autre symbole de haute portée - quelques mois après le Synode de Chypre qui tirait une sonnette - peut-être bien tardive - qui nous alarmait sur les violences et les malheurs qui frappaient les églises d'Orient Dans tous les pays arabes que le complexe impérialiste euro-américain a agressé et occupé totalement ou partiellement ou télé-dirigés par marionnettes interposées, la haine ethnique et religieuse est venue remplacer la vieille coexistence des communautés religieuses que connaissent l'Orient et les territoires des anciens Etats multiconfessionnels et multiethniques. C'est l'intervention étrangère massive avec ses attendus et ses sous entendus qui a rompu les anciennes coexistences si patiemment construites au cours des siècles et que toujours le colonialisme a essayé de casser pour atteindre ses buts.

Les théoriciens sionistes ont ouvertement soutenu que l'instabilité de l'Orient vient du rassemblement de plusieurs ethnies dans un même Etat nation et que la seule solution à l'instabilité de cet Orient, dont nous faisons partie dans la représentation israélienne et américaine, est la création d'Etats ethniquement et religieusement homogènes. Vous ne croyez pas que l'AIPAC manque de ressources pour coordonner les programmes de stratégie au plus haut niveau des structures politico-sécuritaires et de mener en sous terrain des actions parfaitement combinées ?L'attentat d'Oslo vient opportunément nous rappeler que l'intégrisme atteint toutes les religions. Il vient surtout nous rappeler qu'il ne s'agit pas d'une maladie «musulmane». La vitesse avec laquelle les médias dominants sont en train de nous faire glisser du long engagement intégriste du terroriste norvégien de souche vers la thèse de la folie nous indique assez la menace qu'ils ressentent sur l'équation qu'ils ont martelée à leurs opinions publiques : intégrisme = Islam, et forcément Islam seulement.

Ce n'est pas tant l'idée que le christianisme - spécialement le catholicisme - ait enfanté des branches intégristes. Cela nous le savons depuis longtemps. La peur panique est de dévoiler l'intégrisme juif et l'intégrisme protestant. L'intégrisme de Bush et de Clinton et celui de Netanyahu. De mettre sous les yeux de l'opinion publique européenne, pourtant passablement anesthésiée, cette possibilité que les sociétés européennes démocratiques et chrétiennes enfantent tout autant que les sociétés musulmanes des courants littéralistes dans la compréhension des textes religieux. Existerait-il alors pire intégrisme que le sionisme d'inspiration juive ou d'inspiration évangélique, pire intégriste que Bush ou que Clinton et pire intégriste que les juifs de l'Alia montés en Israël pour récupérer la terre promise par Dieu ?

Rien que cela ! Par Dieu lui-même ! Etonnez-vous après que Bush affirme avoir parlé à Dieu et étonnez-vous qu'un quidam de Moldavie arrive en terre de Palestine avec la certitude qu'il débarque sur ses terres et étonnez après que des centaines d'églises évangéliques et associations d'Eglises américaines tiennent à rassembler les douze tribus d'Israël sur la Terre Promise pour s'assurer du retour du Messie et établir enfin la seule vraie religion, la leur, dans cette future bataille d'Armageddon ! Imaginez un instant qu'à cause de cet attentat d'Oslo, les opinions publiques s'éveillent à l'existence d'un intégrisme sioniste et chrétien et que depuis 1948 ils soutiennent l'établissement d'un Etat intégriste juif sur les terres de Palestine pour réaliser les buts d'intégristes évangéliques protestants ? Le témoignage du Nonce de Tripoli prend toute sa valeur au rappel de ce contexte de laminage de la diversité culturelle et religieuse de notre monde.

Tout comme le capitalisme, pour s'assurer ses profits, tue chaque jour un peu plus la biodiversité, ses prolongements, le colonialisme et l'impérialisme, tuent chaque jour davantage de diversité humaine et désespère chaque jour un peu plus les possibilités de fraternité entre des hommes différents et tellement uniques, d'être les frères d'hommes différents. Nous parlerons un jour à nos enfants du Père Davezie, comme nous leur parlerons un jour de l'Abbé Bérenger, comme nous leur parlerons un jour de Monseigneur Mohamed Duval, des soeurs des Clarisses de Notre Dame d'Afrique ou des soeurs de la Haute Casbah, cachant ou convoyant ou soutenant les militants en armes pour l'indépendance de l'Algérie et qui ont porté, au coeur même de l'enfer terroriste de Massu en guerre pour la gloire de l'Occident, ce message et ces gestes que nous avions, contre eux, une humanité à construire.Notons quand même que les avions de l'OTAN bombardent des entrepôts de nourriture.Systématiquement. Comment ne pas faire le rapprochement avec le rêve de Sarkozy de provoquer une révolte à Tripoli ? Comment ne pas se souvenir de la théorie sioniste qu'il fallait affamer les ghazaouis pour les soulever contre Hamas ? Comment ne pas se souvenir de la théorie et de la pratique qui veut punir un peuple de croire en son système ? C'est la faute des libyens de croire à la Libye et ils doivent payer pour cela. Le reste, tout le monde le connait. En proie à la crise du capitalisme, les dirigeants euro-américains ne peuvent rien faire parce qu'ils ne peuvent rien faire contre les banquiers qui les ont fabriqués politiquement et médiatiquement. Alors ils cassent, ils braquent, ils pillent et ils reviennent aux méthodes, si semblables, de la maffia qui protège les flambeurs dans ses tripots et en font un Etat dans l'Etat, et les méthodes de la haute finance qui, pour flamber, transforme l'Etat en bande maffieuse. Nous reviendrons sur la jactance des médias qui nous présentent comme dictateur un dirigeant qui distribue deux millions (2 000 000) d'armes à son peuple !

Aux crimes innombrables de l'OTAN, il faut aussi ajouter aussi ce crime contre l'humanité d'affamer les populations libyennes. Au titre de nos espérances, et au-delà des certitudes de la résistance nécessaire, nous ajouterons les paroles du Nonce de Tripoli. C'est contre les visées sionistes et de l'OTAN que la diversité religieuse et humaine -acceptée et assumée comme vocation humaine- trouve refuge en Syrie, au Liban, en Libye et meurt de mille morts sous les bottes américaines. Ce n'est pas le moindre des crimes du capitalisme et de ses instruments militaros-politiques que de tuer pour le profit toute diversité, de la biodiversité à la diversité culturelle et religieuse.

La Tribune.dz
http://www.alterinfo.net/Libye-L-OTAN-detruit-les-entrepots-de-nourriture_a61699.html
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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 07:57

http://www.galizacig.com/avantar/files/images/20110328_Jean.Bricmont.jpg

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Deux interventions de Jean Bricmont sur l’impérialisme humanitaire.
Docteur en sciences, Jean Bricmont a travaillé comme chercheur à l’Université Rutgers puis a enseigné à l’Université de Princeton toutes deux situées au New Jersey (États-Unis). Il est actuellement professeur de physique théorique à l’université catholique de Louvain, dans l’unité de physique théorique et de physique mathématique (département de physique) et membre de l’Académie royale de Belgique.
Son activité de recherche concerne les méthodes de groupe de renormalisation et les équations différentielles non linéaires. Cette activité lui a valu deux distinctions : le prix J. Deruyts (1996) de l’Académie Royale de Belgique, Classe des Sciences et le prix quinquennal FNRS (Prix A. De Leeuw-Damry-Bourlart) (2005).
27-06

VISIONNER LES DEUX VIDEOS SUR CE SITE: http://www.info-palestine.net
.

Sommaire.

Tiré à part :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Mohamed Habili : Révolution grand-guignolesque. 

1-2 Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens. 

1-3 Manlio Dinucci : L’art de la guerre.

1-4 Bark Biiga : Libye-OTAN: Autant avouer l'enlisement.  

1-5 Mario Franssen : Les amis louches de l’Otan

1-6 François Brousseau : Le Waterloo de l’OTAN?

1-7 Capitaine Martin : Les ennuis libyens… 

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Déclaration sur la Libye  

3 Témoignage
3-1Thierry Meyssan : Le massacre de Sorman.  

3-2 Entretien avec Russia Today : Thierry Meyssan : « La recolonisation a commencé - Les députés français votent la guerre ». 

3-3 L’avocat Marcel Ceccaldi demande une enquête de la CPI sur les "crimes de guerre" de l'OTAN.

3-4 TERRA-Quotidien : Morts en Méditerranée. :

4 Annexe

4-1 A propos du "Printemps arabe"...

sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 07:56

 

 

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http://sergeadam.blogspot.com

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Vol du siècle: Assaut des «volontaires»

sur les fonds souverains libyens

 

 

1-2 Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.

L’objectif de la guerre en Libye n’est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus grosses d’Afrique et les coûts d’extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Dans le viseur des « volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger.

Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres organismes. Et ils pourraient être plus importants encore. Même s’ils sont inférieurs à ceux de l’Arabie saoudite ou du Koweït, les fonds souverains libyens se sont caractérisés par leur croissance rapide. Quand la Lia a été constituée en 2006, elle disposait de 40 milliards de dollars. En cinq années à peine, elle a effectué des investissements dans plus de cent sociétés nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines : holding, banques, immobilier, industrie, compagnies pétrolières et autres.

En Italie les principaux investissements libyens sont ceux effectués dans UniCredit Banca (dont Lia et la Banque centrale libyenne possèdent 7,5%), dans Finmeccanica (2%) et Eni (1%) : ces investissements et d’autres (dont 7,5% au Juventus Football Club) ont une  signification plus politique qu’économique (ils se montent à environ 4 milliards de dollars).

La Libye, après que Washington l’ait effacée de sa liste de proscription des « Etats voyous », a essayé de se refaire une place à un niveau international en misant sur la « diplomatie des fonds souverains ». Quand les Etats-Unis et l’Union européenne ont révoqué leur embargo de 2004 et les grandes compagnies pétrolières sont revenues dans le pays, Tripoli a pu disposer d’un surplus commercial d’environ 30 milliards de dollars annuels qu’il a destiné en grande partie aux investissements étrangers. La gestion des fonds souverains a cependant créé un nouveau mécanisme de pouvoir et corruption, aux mains de ministres et hauts fonctionnaires, qui a probablement échappé au contrôle de Kadhafi lui-même : confirmé par le fait qu’en 2009, ce dernier a proposé que les 30 milliards de dividendes pétroliers allassent « directement au peuple libyen ». Ceci a accentué les fractures à l’intérieur du gouvernement libyen.

C’est sur ces fractures que se sont appuyés les cercles dominants étasuniens et européens qui, avant d’attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont appropriés les fonds souverains libyens. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas : comme le révèle un câblogramme exfiltré à travers Wikileaks, le 20 janvier Layas a informé l’ambassadeur étasunien à Tripoli que la Lia avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques étasuniennes. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor étasunien les a « gelés ». Selon les déclarations officielles, c’est « la plus grosse somme d’argent jamais bloquée aux Etats-Unis », que Washington garde « en dépôt pour l’avenir de la Libye ». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne a « gelé » environ 45 milliards d’euros de fonds libyens.

L’assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la Libyan Arab African Investment Company a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications. Les investissements libyens ont été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010, permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle de centaines de millions de dollars.

Plus importants encore ont été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine : la Banque africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fond monétaire africain, siège à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, siège à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes permettrait aux pays africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fond monétaire international, tous deux instruments de domination néo-coloniale, et marquerait la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d’utiliser 14 pays, ex-colonies françaises. Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Les armes utilisées par les « volontaires » ne sont pas seulement celles de l’opération « Protecteur unifié ».


Manlio Dinucci

Edition de vendredi 22 avril 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110422/manip2pg/09/manip2pz/301857/

 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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Sommaire.

 

Tiré à part :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Mohamed Habili : Révolution grand-guignolesque. 

1-2 Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens. 

1-3 Manlio Dinucci : L’art de la guerre.

1-4 Bark Biiga : Libye-OTAN: Autant avouer l'enlisement.  

1-5 Mario Franssen : Les amis louches de l’Otan

1-6 François Brousseau : Le Waterloo de l’OTAN?

1-7 Capitaine Martin : Les ennuis libyens… 

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Déclaration sur la Libye  

3 Témoignage
3-1Thierry Meyssan : Le massacre de Sorman.  

3-2 Entretien avec Russia Today : Thierry Meyssan : « La recolonisation a commencé - Les députés français votent la guerre ». 

3-3 L’avocat Marcel Ceccaldi demande une enquête de la CPI sur les "crimes de guerre" de l'OTAN.

3-4 TERRA-Quotidien : Morts en Méditerranée. :

4 Annexe

4-1 A propos du "Printemps arabe"...

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 07:54

http://a7.idata.over-blog.com/372x278/1/07/22/91/Anti-War-Protests/ScenicNuclearBombs_xx64.jpg

http://a7.idata.over-blog.com/372x278/1/07/22/91/Anti-War-Protests/ScenicNuclearBombs_xx64.jpg

Économie et empire américain: l’Armageddon économique mène le monde à la troisième guerre mondiale…

Posté dans 3eme guerre mondiale, actualité, économie, crise mondiale, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social avec des tags crise économique, crise economique et 3eme guerre mondiale, crise globale mondiale, dégradation sociale france, dissidence a l'oligarchie, guerre illégale contre la libye, guerres imperialistes, Libye ONU et guerre impérialiste, oligarchie financiere
le juillet 31, 2011 par Résistance 71

 

 

Nous avons traduit ici le dernier article du Dr Paul Craig Roberts qui appelle une fois de plus un chat un chat et nous donne les véritables raisons de l’agression aventurière américano-otanesque de la Libye et celles de l’ingérence en Syrie. L’occident est entraîné dans une confrontation de l’empire avec la Chine et la Russie, confrontation qui pour l’heure demeure larvée et par pays interposés… L’Histoire nous a démontré encore et encore que ce genre de situation mène irrévocablement à la guerre.


Les oligarques veulent une guerre. La guerre bâtit les fortunes et consolident les pouvoirs. La chaos ultime pour les chantres du Nouvel Ordre Mondial qui pensent bâtir leur ordre sur les cendres du monde.

 

Nous somme gouvernés par des psychopathes à la botte de psychopathes en chef… Rien n’est irrémédiable. Nous laisserons-nous menés à l’abattoir après la tonte du moment ?


– Résistance 71 –

Armageddon économique: la réponse de Washington à l’échec de l’économie… Plus de guerre !

Par Paul Craig Roberts

Le 30 Juillet 2011,

Url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=25813

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~


Alors que la seconde décennie du XXIème siècle commençait, l’économie américaine n’a toujours pas récupéré de la grande récession amorcée en décembre 2007.

L’échec de la convalescence de l’économie eut lieu malgré le plus gros stimulus fiscal et monétaire de l’histoire du pays. Il y a eu un package de sauvetage de 700 milliards de dollars, un programme de stimulus de 700 milliards de dollars, quelques milliers de milliards de “facilitation quantitative”, cela sous forme de monétarisation de la dette ou en imprimant de la monnaie pour financer les dépenses du gouvernement. De plus, les déficits de la réserve fédérale se sont accrus par milliers de milliards de dollars alors que la Fed achetait  de l’emprunt et du dérivatif en difficulté dans son effort pour conserver le système financier solvable et fonctionnel. D’après l’audit de la réserve fédérale par le bureau des responsabilités du gouvernement rendu public par le sénateur Bernie Sanders, la réserve fédérale a accordé des prêts secrets à des banques étrangères et états-uniennes à concurrence de 16 100 milliards de dollars, une somme supérieure au PIB des Etats-Unis.

Malgré l’énorme stimulus fiscal et monnétaire, l’économie est demeurée au point mort.

Pour 2011, le déficit du gouvernement fédéral pour ses dépenses annuelles était de 43% du budget. En d’autres termes, le gouvernement a dû emprunter, ou la Fed a dû monétiser 43% des dépenses de l’état pendant l’année fiscale 2011. Malgré ce stimulus fiscal et monnétaire, l’économie n’a pas récupéré.

A la fin de la première décennie du XXIème siècle, le déclin de l’économie fut temporairement arrêté par des subsides fédéraux pour les achats de voitures et de maisons. Les subsides de 8 000 US$ pour l’accession à la propriété des nouveaux mariés ont aidé grandement, car ils représentaient une grosse partie des arrhes à verser dans un marché de l’immobilier en dépression. Les subsides pour l’achat de véhicules ont transféré les demandes future dans le présent. Quand ces subsides ce sont taris, le système de support artificiel de vie de l’économie fut débranché.

Des problèmes avec la gestion statistique du chômage, de l’inflation, du PIB, masquèrent l’aggravation de l’économie. Les ajustements saisonniers utilisés pour arrondir les angles des données brutes au cours de l’année n’étaient pas faits pour cadrer avec une récession prolongée. Ni du reste le modèle “naissance-décès” utilisé par le bureau des statistiques du travail (BLS) pour estimer les emplois non reportés par les compagnies start-ups et les pertes des compagnies qui étaient déjà en faillite. Le modèle naissance-décès a été créé pour une économie en expansion et pendant les creux de vague, surestime le nombre d’emplois créés.

“L’effet de substitution” utilisé dans l’index de prix de consommation sous-estime l’inflation en assumant que les consommateurs substituent des denrées alimentaires meilleur marché pour celles dont le prix augmente. Par exemple, si le prix du steak augmente à New York, ceci n’apparaît pas dans l’index de prix de consommation à cause de la supposition que les gens vont acheter une viande moins chère.

Bidouillage de comptabilité

La mesure la plus largement utilisée pour évaluer “l’inflation de base” n’inclut pas l’alimentaire ou l’énergie. Cette mesure est importante pour ceux qui veulent procéder à une pirouette optimiste de la situation.

En sous-évaluant l’inflation, le gouvernement peut surestimer la croissance réelle du PIB, ainsi créant un effet optimiste. De manière similaire, en utilisant la mesure du taux d’emploi connue sous le non de U.3, le gouvernement peut sous-estimer le chômage.

Le taux de chômage officiel, celui qui fait les manchettes et sur lequel les médias et la presse financière se basent, était de 9,2% en Juin 2011. Mais ce taux n’inclut pas les chômeurs découragés. Ceux-ci sont des personnes qui ont cessé de rechercher un emploi, parce qu’il n’y en a pas. Un chômeur découragé ne figure nulle part, il ne figure pas dans la force de travail et ne figure pas dans les chômeurs répertoriés U.3

Le gouvernement fédéral sait parfaitement que tout ceci est une fraude et a une mesure U.6 du taux de chômage qui compte les découragés à court-terme. Cette mesure, qui n’est quasiment jamais rapporté dans les médias place le taux de chômage réel aux Etats-Unis à 16,2% en Juin 2011.

Le statisticien John Williams (de shadowstats.com) continue lui de compter les chômeurs découragés à long-terme, de la façon dont cela était fait dans les années 1980. En Juin 2011, la mesure totale du taux de chômage réel aux Etats-Unis était de 22,7%

En d’autres termes, en 2011, entre 1/5ème et le quart de la force de travail états-unienne était sans travail.

Au cours de l’année 2011, les Etats-Unis ont fait face à trois crises économiques simultanées. Une crise survint des pertes d’emplois américains, du PIB, des revenus des consommateurs et de la base fiscale causée par les corporations délocalisant leur production pour le marché américain. Au lieu de faire leurs produits sur le sol américain avec le labeur américain, donnant ainsi des emplois et aux Etats et localités des revenus fiscaux, les entreprises américaines donnèrent tout cela à des pays comme la Chine, l’Inde et l’Indonésie. Cette pratique eut pour résultat que le stimulus donné à l’économie fut incapable de la relancer et les Américains ne peuvent plus être rappelé au travail qui a été délocalisé.

Une autre crise fut celle résultant de la crise financière par la dérégulation, la fraude et la rapacité. Les emprunts perdirent leur sécurité; les créateurs de ces emprunts n’avaient plus l’avantage de la certaineté de la valeur du crédit de l’emprunteur, parce que les créateurs d’emprunts les vendaient à des tierces parties qui combinaient ces emprunts avec d’autres et les vendaient à des investisseurs.

Comme les emprunts étaient donnés pour des commissions, plus il y avait d’emprunts, plus haut était le revenu des commissions. Afin de toucher ces commissions, certains créateurs d’emprunts falsifièrent les rapports de crédit des emprunteurs. Avec l’immobilier florissant, beaucoup de gens prirent des emprunts afin de faire de l’argent à la revente des propriétés. Avec les prix de l’immobilier montant rapidement, le versement d’arrhes et les soucis de solvabilité du crédit devinrent des concepts du passé. La crise fnancière fut empirée par la capacité des banques d’investissement de pouvoir contourner les exigences du capital et ainsi, faire levier sur leur équité en s’endettant énormément. Quand toutes ces bulles explosèrent, le château de cartes s’effondra.

L’armageddon économique

La troisième crise fut celle des déficits budgétaires fédéraux de 1500 milliards de dollars, qui étaient par trop importants pour pouvoir être financés sans que la réserve fédérale n’achète la nouvelle dette de trésor. Connu sous le vocable de monétarisation de la dette, la réserve fédérale a acheté des bons du trésor, des billets en créant un compte-chèque, duquel la trésorerie tirerait pour payer les dettes du gouvernement. L’hémorragie de dette du trésor inquiéta à propos de la valeur d’échange du dollar et de son rôle come monnaie de réserve et ceci fît monter la peur de l’inflation. Les prix de l’or et l’argent montèrent alors que le dollar déclina dans les marchés des changes.

Chacune de ces crises était sérieuse. Combinée, elles impliquent un armageddon économique.

Il n’y avait pas de porte de sortie évidente, mais même s’il y en avait une, le gouvernement, lui, était préoccuppé ailleurs: sur les guerres.

En plus des opérations militaires continuelles en Irak, Afghanistan, Pakistan, Yémen et Somalie, les Etats-Unis et l’OTAN commencèrent des opérations militaires contre la Libye le 19 Mars 2011. Tout comme les autres guerres, le véritable but de cette agression contre la Libye ne fut pas reconnue et explicitement dite, mais il devint très vite clair que le but de cette guerre était d’évincer la Chine de ses investissements pétroliers en Libye orientale. A l’encontre des protestations arabes antérieures, la rebellion libyenne était une insurrection armée dans laquelle certains virent la main de la CIA.

La guerre de Libye remonta le risque d’un cran, car bien que se cachant derrière le voile des protestations du monde arabe, les Etats-Unis étaient en fait en train de confronter la Chine en Libye. Similairement, avec la rebellion armée en Syrie supportée par les Etats-Unis, la cible de Washington était en fait la base navale russe de Tartus. Renverser le gouvernement Al-Assad en Syrie et installer un regime ami mettrait un prix exhorbitant sur la présence navale russe en Méditerannée.

En masquant ses buts derrière les protestations du monde arabe en Libye et en Syrie, qu’ils pourraient avoir déclanché, Washington évita un conflit frontal avec la Chine et la Russie, mais néanmoins ces deux super-puissances comprirent que Washington attaquait leurs intérêts. Ceci monta d’un sérieux cran la folie des politiques agressives de Washington en initiant une confrontation avec deux puissances nucléaires, dont l’une d’entr’elles possède un certain pouvoir financier sur l’Amérique car étant son plus grand créditeur étranger.

Les investissements pétroliers de la Chine en Angola et au Nigéria étaient une autre cible. Pour contrer la pénétration économique de la Chine en Afrique, les Etats-Unis ont créé l’American African Command dans les dernières annés de la première décennie du XXIème siècle. Dérangés par la montée en puissance de la Chine, les Etats-Unis ont entrepris d’empêcher la Chine d’obtenir des sources d’énergie indépendantes. Le grand jeu qui dans la passé a toujours mené à la guerre est encore en train d’être joué.

Le 11 Septembre 2001 a donné aux Etats-Unis une “nouvelle menace” pour remplacer la menace défunte en 1991 de l’URSS. Malgré l’absence du grand ennemi soviétique, le budget militaire et de la sécurité a été gardé intact pendant une décennie. Le 11 septembre injecta une croissance rapide dans le budget militaro-sécuritaire. Dix ans plus tard, ce budget culmine à environ 1100 milliards de dollars par an, ou approximativement 70% du déficit du budget fédéral, qui handicape le dollar et menace la note du crédit de la trésorerie américaine.


Focalisé sur les guerres du Moyen-Orient, Washington perdait la guerre pour l’économie américaine.

Alors que l’espoir d’une reprise de l’économie pour 2011 s’évaporait au cours de l’année, le besoin d’une guerre devint de plus en plus impératif. (voir Antiwar.com, “Sen. Graham ‘Very Close to War”.)


Ancien éditeur associé du Wall Street Journal et chroniqueur pour BusinessWeek, le Dr. Paul Craig Roberts a servi comme membre de comité au parlement et au sénat américain; il fut secrétaire d’état aux finances durant l’admnistration Reagan. Il fut un académique dans six universités. Récipiendaire de la médaille d’argent du trésor américain et officier de la légion d’honneur.


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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 07:52

Vers un marché mondial de la guerre pour les compagnies militaires privées
 
 

blackwater_logo_ado_stuporcollidercomAprès la banque mondiale, la monnaie mondiale et le gouvernement mondial, la dernière lubie des Etats-Unis et du Royaume Uni est de mettre en place un marché mondial pour les compagnies militaires privées, ces mercenaires du XXI e siècle. Autrement dit, une sorte d’armée mondiale à la solde de personne et tout le monde à la fois, pourvu qu’on en ait les moyens.

 

Les médias ne s’étalent pas sur le sujet, mais il s’agit d’une régression assez dramatique : l’ordre au niveau mondial est sur le point de devenir un simple marché privé, répondant aux règles de base du capitalisme et du libéralisme, c’est-à-dire en un mot : la rentabilité à court terme.

Depuis quelque temps, on est occupé à créer un cadre légal international qui permette de mettre en place un marché mondial de la guerre. « On », ce sont les compagnies militaires privées, bien sûr, mais aussi les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Evidemment, ils n’appellent pas cela comme ça, et préfèrent parler de « réguler les compagnies militaires et de sécurité privées », comme le mentionne un câble diplomatique de l’ambassade US à Londres daté du 12 septembre 2008, et révélé par Wikileaks. On argue qu’il faut établir des standards internationaux stricts pour ce type d’entreprise. Au lieu de les prohiber tout simplement, mais bref.

Sauf qu’un peu plus tôt la même année, la chambre des Lords évoquait une régulation qui ressemble à celle des lobbys : inscription volontaire sur un registre et signature éventuelle d’une charte. Efficacité garantie. Mais c’est depuis 2002, semble-t-il, que l’Angleterre se préoccuper de normaliser le secteur des armées privées[1].

On revient au Moyen Age, quand les rois devaient emprunter à des grandes familles pour payer des mercenaires chargées d’aller taper sur le voisin. Sauf que l’armée en question pouvait vite se retourner contre eux au moindre défaut de payement, ou si l’adversaire avait l’idée incongrue de surenchérir... Question fiabilité, on trouve difficilement pire que ce genre de troupe.

Il faut savoir que beaucoup de ces compagnies privées sont basées à Londres, et encore un bon paquet aux Etats Unis, qui sont aussi leurs principaux employeurs. Ils ont donc tout intérêt à créer les normes qui leur conviendront avant que trop de monde ne se pointe dans le secteur. La mission anglaise auprès de l’ONU revendiquait encore en juin 2011 de « promouvoir de hauts standards dans l’industrie anglaise des SMP ». Question à 10.000 : d’où vient l’inspiration de ces « hauts standards » ? Du « code international de conduite pour les contractants privés de sécurité »…

Qu’on ne se trompe pas avec les termes de « régulation » ou « code de conduite » : comme avec les banques il s’agit de faire l’inverse, etKeefeM20071007A certaines parties prenantes en Angleterre évoquaient déjà en 2008 une « auto régulation », c’est-à-dire zéro norme. Ce qui arrangera bien les PDG et les actionnaires de ces compagnies (dont le poids dans l’économie mondiale était estimé à environ 100 ou 120 milliards de dollars en 2009[2]), beaucoup moins les pays qui en seront victimes. Et comme dans le cas des banques qu’on devait réguler, qui va-t-on consulter pour élaborer lesdites normes ? Les compagnies concernées, bien sûr.

Toute une propagande est en train de se mettre en place dans les hautes sphères, à grand renfort d’études et autres analyses, afin qu’il finisse par sauter aux yeux de tout le monde qu’il faut absolument mettre en place ce cadre international. On légitime ainsi le processus, en sachant qu’après la moulinette du lobbying les textes auront été largement vidés de leur substance.

Au chapitre “The Market for Military and Security Services” de l’une de ces études[3], on nous explique que des compagnies mondiales comme Group4/Security (G4S), qui ne semblent axées que sur la sécurité, collaborent avec les sociétés militaires privées (SMP, comme on dit). D’après ce rapport, quand les Etats-Unis ont débarqué en Irak en 2003, plus d’un soldat sur dix était déjà un civil. On apprend aussi que des SMP de partout dans le monde sont en train d’accomplir un formidable travail pour les gouvernements US et anglais, notamment en Irak. D’ailleurs, elles cherchent à s’imposer sur un nouveau créneau : celui de l’humanitaire, voire même remplacer à terme les casques bleus.

Il paraît qu’en 2008, un rapport parlementaire a calculé qu’il y avait plus de 190.000 contractants privés[4] en Irak en 2007[5], deux fois et demi plus que lors des conflits précédents. En 2009, en comptant l’Afghanistan[6] et l’Irak, il y avait autour de 240.000 contractants privés.

Dès les années 90, des pays comme l'Angola, la Sierra Leone, la Croatie, la Bosnie ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée avaient recours aux services de ces boites.

Ces entreprises sont aussi un moyen pour les Etats de contourner les lois, de ne pas être directement responsables des bavures qui ne manquent pas sur le terrain. « Selon un rapport du Congrès sur les agissements de Blackwater en Iraq, les gardes de cette société auraient été impliqués dans près de 200 épisodes d’escalade de la violence marqués par des échanges de tirs − le personnel de Xe/Blackwater ayant ouvert le feu en premier dans 80 % des cas − survenus en Iraq depuis 2005. Malgré la décision des autorités iraquiennes et les rapports du Congrès, Xe/Blackwater a poursuivi ses activités en Iraq jusqu’en septembre 2009 au moins », nous dit l’ONU. Pourtant, aucun employé de Blackwater n’a été inquiété pour cela, et les autorités US non plus.

Une autre précision avant de continuer, car c’est toujours bien de le préciser : l’efficacité de ces sociétés privées pose question, du coup leur rentabilité aussi. Par exemple, LE Monde expliquait que le personnel de HEB, une boite chargée de la formation d‘armuriers en Irak, avait du partir précipitamment Kandahar sur ordre du commandant de l'armée nationale afghane de cette ville pour motif d'incompétence. Celui-ci racontait que « Les gens de HEB se contentent de nettoyer les armes des soldats sans jamais leur apprendre à utiliser leur matériel, et les balles perdues sont courantes. ». Le quotidien précisait en outre : « HEB, qui recevrait près de 9 millions de dollars par mois pour cette prestation, devait former 300 personnes entre 2008 et 2010. Seules 26 personnes ont été brevetées à ce jour » (en décembre 2009).

 

peacekeepingL’auto régulation, y’a que ça de vrai

Il y a en effet un bug au niveau du droit international, c’est qu’une armée essentiellement composée de civils aurait très peu d’arguments à faire valoir devant un tribunal international, surtout en cas d’incursions illégales telles que celles dont Israël a fait sa spécialité depuis des lustres.

Enfin, bref, ledit rapport applaudit l’autorégulation déjà mise en place depuis 2005, et se satisfait que fait que « au lieu de travailler à rendre cette industrie illégale, la plupart [des contestataires] se préoccupent d’augmenter la régulation de leur comportement ».

Les lobbies de ces multinationales de la guerre défendent aussi une régulation, vague et non contraignante si possible. Par exemple, la British Association of Private Security Compagnies (BAPSC, la plus grosse fédération anglaise du secteur[7]), explique sur sa page d’entrée qu’elle « a pour but d’augmenter les standards opérationnels de ses membres et de cette industrie émergente, et assurer le respect des règles et des principes du droit humanitaire international et des normes en matière de droits de l’homme ».

Dès 2001, 54 SMP se sont regroupées dans une association dénommée « International Peace Operations Association ». Aujourd’hui devenue l’ISOA (pour « international stability operations association »), elle comptait parmi ses membres les plus grosses boites de mercenaires de l’époque, comme Dyn Corp, MPRI ou Armor Group, et la liste n’est plus vraiment la même, car des entreprises actives dans d’autres secteurs ont rejoint l’association. Via ce machin, ces boites comptaient s’afficher dans des opérations dites de « maintien de la paix » aux côtés d’ONG ou de gouvernements. En janvier 2010, l’IPOA a expliqué aux gouvernements comme les SMP pouvaient être utiles à Haïti, et Triple Canopy, dont des employés ont été impliqués dans des exactions contre des civils en Irak, a eu des contrats avec le groupe haïtien des maladies infectieuses pour distribuer de l’aide de première nécessité. A côté de cela, l’association disait aussi vouloir instaurer un code de conduite pour les SMP.

On retrouve aussi des patrons de SMP dans d’autres associations pour la paix, comme Fund For Peace, au conseil d’administration duquel on trouve par exemple l’ex major general Michael Davidson, également co fondateur de CRA Inc, une entreprise de sécurité basée à Washington. Après avoir conseillé la Maison Blanche, le Pentagone et le secrétariat de la Défense, ce vétéran du Vietnam aide notamment ses clients à faire des affaires avec le département de la Défense et celui de l’Intérieur.

Au sujet du lobbying, il y aurait eu 224 anciens hautes fonctionnaires et membres du gouvernement américain à avoir été recruté comme lobbyistes par les 20 plus gros contractants privés US. Et en 2001 déjà, les 10 plus grosses SMP US avaient dépensé plus de 32 millions de dollars en lobbying, tout en finançant les campagnes électorales à hauteur de 21 millions de dollars… Il semble que plus le temps passe, plus ces entreprises militaires dépensent en lobbying. Ainsi, Xe Services aurait dépensé plus de 750.000$ en lobbying en 2010, contre 400.000$ en 2007 et 2008. Sur la somme dépensée en 2010, 730.000$ ont servi à payer Misc Defense, un lobbie spécialisé dans ce domaine qui a touché plus de 16 millions de dollars des industries de la défense en 2010. En 2010, les lobbys US spécialisés dans la Défense ont touché près de 150 millions de dollars, trois fois plus qu’à la fin des années 90.

Même combat en Angleterre, où, par exemple, l’ex parlementaires (conservateur) et secrétaire d’Etat à la défense et de l’étranger Malcolmblackwater Rifkind, est devenu président d’Armor Group (très présente dans les ambassades anglaises et près des pipelines algériens), qu’il a revendue en 2008 à Group/4 Security (G4S) pour 43 millions de livres après un scandale dans lequel Armor Group était accusé d’avoir tué des civils irakiens. Et où retrouve-t-on ce bon vieux Rifkind aujourd’hui ? Auprès du premier ministre David Cameron, qui l’a nommé en janvier 2010 au poste de président du comité sur la sécurité et le renseignement. Il est aussi, accessoirement, député.

Dans tout ce brouhaha, ces messieurs soulignent quand même une chose intéressante : la notion de mercenaire n’est plus à jour. On considère qu’un mercenaire doit gagner beaucoup plus qu’un simple soldat, mais ce n’est pas toujours le cas, et en plus il doit être « étranger ». Ils peuvent faire partie des forces armées, puisque celles-ci « se composent de toutes les forces, tous les groupes et toutes les unités armés et organisés qui sont placés sous un commandement responsable de la conduite de ses subordonnés devant cette partie », disent les conventions de Genève. Et les membres des forces armées sont des combattants, même si les mercenaires ne peuvent pas être des combattants. Bref, il y a du boulot. Surtout en France, où on condamne les mercenaires, sans que les SMP entrent dans cette catégorie. Même l’armée applaudit leur action. Bref, les SMP évoluent dans ce que certains appellent un « vide juridique total »…

Il faut donc, certes, réviser la notion de « mercenaire », notamment, et c’est là qu’on entame une belle partie de tango entre lobbies et législateurs.

En France, l’idée fait son chemin, comme si, refrain connu, il n’y avait « pas d’alternative » à la privatisation de l’armée et du maintien de l’ordre. En mars 2010, un colloque intitulé « les forces armées face au défi de la privatisation de l’action militaire » a eu lieu à l’école militaire de Paris. Sarko et ses copains pensent à légaliser le mercenariat par petites touches, d’abord en permettant à des entreprises d’embarquer des gardes armés sur les bateaux qui passent dans les zones de piraterie. Depuis plus d’un an, un groupe de travail se réunirait même toutes les semaines au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) pour en discuter.

Le conseil des droits de l’homme de l’ONU a lui aussi lancé un groupe de travail sur les mercenaires en 2005, afin d’étudier leur impact sur les droits de l’homme mais surtout d’établir les principes de base que ces entreprises devront respecter. Même si ce groupe est lucide sur les bourdes, voire les exactions de certains, ou sur la nécessité de rappeler que l’exercice de la force légitime ne peut concerner que les Etats, la charte qu’il préconise en 2010 reste assez vagues. Beaucoup de déclarations de principe, peu de contraintes. Par exemple, le groupe de travail aimerait interdire aux SMP et à leurs employés de toucher aux armes nucléaires, biologiques etc., ou encore de participer aux opérations militaires ou d’espionnage, de faire de prisonniers etc.

Il y a aussi toute une liste de préconisations pour les Etats, censés interdire pas mal de choses aux SMP, censés les encadrer, leur octroyer des licences, être responsables etc. Au final, on se demande quel serait l’intérêt économique des SMP si l’Etat doit contrôler chaque action de ces boites militaires. Et on se demande encore ce qu’elles pourraient avoir à faire avec un cadre réglementaire aussi contraignant voire plus que celui qui vaut pour les vraies armées…

blackwater_thuggishAngleterre, France, Etats-Unis, Israël… tout le monde se presse pour établir des standards –ou pas- qui favorisent les SMP du cru. Parce qu’aujourd’hui, les crânes d’œuf qui nous dirigent considèrent qu’il en va de la sécurité nationale !

Pourtant, le jeu de ces SMP peut aller à l’encontre de l’intérêt national, comme dans le cas de ce « ressortissant français » tué en Libye, à Benghazi, en mai 2011. Il est vite apparu que le type en question, Pierre Marziali, un ancien parachutiste, était le PDG d’une boîte de sécurité, Secopex, sur place sans être couverte par les autorités françaises. Et qu’il a été tué lors d’un contrôle à un check point qui a mal tourné, par les rebelles libyens. Malgré que cette boite dise être spécialisée dans l’ « appui stratégique et opérationnel », la France ne considère pas qu’il s’agit de mercenaires[8]… Enfin bref, les circonstances de la mort de Marziali sont très troubles, et certains évoquent un règlement de comptes. « Les rebelles du Conseil national de transition (CNT) libyen ont décidé d'arrêter Pierre Marziali et quatre autres Français (toujours détenus à ce jour) parce qu'ils les soupçonnaient de mener « des activités illicites » qui « mettaient en danger la sécurité de la Libye » , ont-ils fait savoir. Les quatre hommes qui l’accompagnaient ont d’ailleurs été arrêtés en même temps. Eux disent qu’ils ont été appelés par le conseil national de transition pour assurer la formation des rebelles, mais ils pourraient aussi avoir joué un rôle d’espion, mais pour le compte de qui ? Les rebelles désignent cas Khadafi.

 

Un rôle quasi régalien

Aux Etats Unis, Bush ne s’est pas autant pris la tête quand il a décrété que Blackwater (aujourd’hui Xe Services) faisait partie des « forces totales » de l’armée US. Mais il faut préciser que la plupart de ces mercenaires travaillent avec des entreprises, comme les pétrolières, ou KBR (entreprise dont Dick Cheney touche encore beaucoup d’argent) qui fournit tout le matériel et la logistique pour l’armée US en Irak et en Afghanistan. Ils peuvent aussi servir au maintien de l’ordre sur le sol des Etats Unis, comme lorsque Bush a sollicité Blackwater pour assurer l’ordre après l’ouragan Katrina. C’est encore dans un camp d’entraînement de Blackwater près de la base navale de Norfolk que plus de 50.000 militaires et policiers ont été formés aux techniques anti terroristes.

Quant à Dyn Corp., je cite La Tribune : « La société se vante de ses performances en informatique qui lui ont valu les contrats de gestion des données comptables de plus de trente agences et ministères de l’Etat américain, y compris le FBI, le département d’Etat, le département de la Justice, le département de la Défense, l’Agence de répression contre les stupéfiants (DEA), le Bureau des prisons et l’Office national de la politique contre la toxicomanie. C’est l’une des rares sociétés ayant accès au système PROMIS, qui permet un accès illimité à tous les comptes bancaires de la planète ». Une courte parenthèse au sujet du système PROMIS (Prosecutor's Management Information System) : il s’agit d’une sorte de trappe dans les programmes informatiques vendus au monde entier et pas seulement les banques (nombre de multinationales et de services de renseignements les utilisent aussi), et qui permet à celui qui a la clé de savoir tout ce qu’il y a dans l’ordinateur équipé de ce logiciel de recoupement de bases de données.

Pour résumer, le rôle de ces boîtes ne fait qu’augmenter, on les voit présentes dans tous les domaines liés à la guerre, au maintien de Blackwater_cartoon_anderson_2007114666026l’ordre et à la surveillance. De plus, elles ont tendance à diversifier leurs activités. Au lieu de se contenter d’entraîner les troupes, Blackwater, par exemple, a créé ses propres équipes destinées à travailler avec l’armée ou l’état major dans de nombreux domaines.

Quant aux patrons de ces SMP, il s’agit souvent d’anciens de la CIA, du MI6, du SAS, de la DGSE, du Mossad ou de l’armée. Par exemple, Blackwater a été créée par deux anciens des forces spéciales de la Navy, dont un dénommé Price, chrétien intégriste et milliardaire. Beaucoup de cadres de ces entreprises viennent du même endroit, ce qui augmente la proximité entre l’Etat et les SMP. Un peu comme nos barbouzes, qui ont souvent deux ou trois copains prêts à donner un coup de main chez les flics ou les RG. Il y a un certain nombre de patrons aux idées plutôt limites, dans ce secteur. Tim Spicer, PDG d’Aegis et ancien lieutenant colonel chez les commando, a aussi collaboré à la vente illégale d’armes à la Sierra Leone en 1998, et a formé deux militaires chargés d’assassiner un militant catholique de 18 ans en Irlande du Nord, en 1992. Cela ne l’empêche pas de décrocher de juteux contrats en Irak.

En outre, le tourniquet tourne à plein, et on retrouve ne nombreux anciens officiels parmi les cadres des SMP. Par exemple, l’ancien conseiller de Clinton à la Maison Blanche, et ancien chef de cabinet d’Al Gore, passé ensuite par la direction du cabinet de lobbying « Quinn Guillespie and associates » est devenu récemment « directeur indépendant » de Xe Services. Le général William Kernan, après une brillante carrière dans l’armée, a pris sa retraite en 2002 pour rejoindre société militaire la direction des opérations internationales de MPRI, filiale de L3 Communication, qui a de nombreux contrats avec le gouvernement.

Et du côté des actionnaires, on retrouve évidemment un paquet de fonds de pension. Dyn Corp est passée dans les mains du fonds Veritas Capital en 2005 et en 2010 par Cerberus Capital Management. Vinnell, aujourd’hui une filiale de Northrop Grumman qui a contribué à assurer l’ordre et à former la garde nationale en Arabie Saoudite, a aussi appartenu à Carlyle[9] qui avait aussi beaucoup d’intérêts dans le coin.

 

abutortureEn guise de conclusion

Rappelons quelques problèmes posés par cette privatisation de la guerre :

-         Le privé n’a qu’une règle : l’argent. Il peut donc retourner sa veste au moins aussi vite qu’une armée normale. Il n’y a pas de morale derrière le combat. Des mercenaires ont participé à moult coups d’Etat, depuis celui contre les sandinistes au Nicaragua, en passant par les Seychelles, Haïti, le Bénin, les Comores, etc. Il peut aussi s’allier avec les entreprises, contre l’intérêt général et l’intérêt des Etats. Le cas de Blackwater, devenue « Xe Services après de nombreux scandales en Irak, a été rachetée par Monsanto, on se demande pourquoi. L’entreprise a toujours travaillé dans le domaine de l’intelligence économique pour des multinationales, via deux entreprises fondées par le créateur de Blackwater, Erik Prince (Total Intelligence Solutions, dirigée par Cofer Black, ex dirigeant de la CIA et Terrorism Research Center). Total Intelligence est ainsi devenue l’ « organe de renseignement de Monsanto », destinée à espionner et à infiltrer les militants anti OGM et écolos.

-         Le savoir-faire, sur le terrain mais aussi en amont au niveau du renseignement, de même que la maîtrise des technologies, vont progressivement être le seul attribut du privé. L’Etat ne pourra payer que la jeune chair à canon sortie d’une classe de pauvres qui augmente à vitesse exponentielle.

-         Une déresponsabilisation des Etats, qui n’auront plus à payer pour les « soldats » morts et blessés. De l’autre côté, des contractants privés ne seront probablement plus à cheval sur les droits de l’homme que les armées « publiques ». Envers qui ces boites seront-elle responsables si tout n’est pas écrit noir sur blanc dans le contrat, et surtout s’il n’y a personne pour contrôler leurs activités ?

-         La sortie du droit international en matière de conflits, puisque les sous traitants privés ne sont pas considérés comme des « combattants ».

-         Le problème du transfert de technologies et de savoir faire: les SMP apprennent auprès d’une armée, enrichissent leur savoir faire et le revendent à d’autres.

-         Des entreprises privées se trouvent au milieu des plus gros secrets d’Etat, puisque certains de leurs employés travaillent aux côtés des services secrets, notamment dans la traque et l’assassinat des « terroristes » comme ceux d’Al Quaida[10], ou carrément à l’état major, comme ce fut le cas pour Dyn Corp et Pacific A&E qui ont contribué à la direction US des opérations dans les Balkans.

-         Un embrouillage total dans les conflits, puisqu’une même SMP pourrait avoir des contrats avec les deux parties d’un même conflit armé. De même qu’avec les amis ou ennemis des uns et des autres, etc. Dans le rapport anglais de 2002, on peut lire quelques interrogations au sujet des SMP, comme le fait de se demander si les intérêts de ces boites ne risquent pas de court-circuiter ceux de l’Angleterre, ou s’il n’y a pas un risque de collaborer avec des mercenaires qu’on forme donc au combat, pour se retrouver face à eux quelques mois plus tard. Et accessoirement, est-ce que le gouvernement est responsable si une opération menée par une SMP tourne mal ?

-         Le fait que des entreprises pourraient elles aussi embaucher des armées de mercenaires pour taper sur le concurrent. A l’échelle qu’on imagine dans le cas de deux multinationales qui se disputeraient le sous sol d’un petit pays comme l’Indonésie…

-         Qui va payer pour les bavures[11] ?

 


[1] Avec la publication par le ministère des Affaires étrangères anglais d’un livre vert intitulé « Private Military Companies: Options for Regulation », et qui conclut étrangement que le public n’aurait pas grand intérêt à voir disparaître des compagnies privées, notamment en cas d’ « incident international ». Il va sans dire, l’auto régulation était la panacée pour les auteurs dudit rapport : il s’agit en effet d’une bonne « alternative » à la « compulsion régulatrice », des mots qu’on dirait tout droit sortis d’un cabinet de lobbying.

[2] On estime que le marché des SMP augmente de 6 à 8% par an.

[3] “Governance Dynamics and Regulation in the Global Private Security Market”, de Deborah Avant, membre d’un groupe de travail du Buffet Center sur les services de sécurité.

[4]C’est-à-dire le personnel de sécurité privée (sécurité armée et services d'escorte), le personnel logistique, ceux qui contribuant à la « reconstruction » (formation de la police et de l’armée qui est « systématiquement incluse dans le service », construction, développement).

[5] Ce nombre serait descendu à 120.000 en juin 2009, mais une bonne partie, si pas la totalité, se sont juste déplacés en Afghanistan.

[6] D’après le Washington post, les contractants privés représentaient déjà plus de 69% du personnel du Pentagone en Afghanistan fin 2009.

[7] Créée en 2006, elle représente une vingtaine de compagnies, dont certaines, comme Page Group ou Team Fusion, travaillent aussi à « procurer une surveillance de la population » et à vérifier que les « mouvements ne sont pas pilotés ou compromis »

[8] Car, pour le ministre de l’Intérieur Gérard Longuet, il n’y a pas de sociétés militaires privées basées en France. Après l’affaire Secopex, on a dit que Secopex était la seule SMP en France…

[9] Carlyle elle-même dirigée à l’époque par Franck Carlucci, ancien secrétaire à la Défense sous Bush Ier, ancien conseiller à la sécurité  et ex directeur de la CIA.

[10] En 2004, Blackwater a été mandatée par la CIA pour assassiner des leaders d’Al Quaida, malgré le fait que la CIA n’a officiellement plus le droit de commanditer des assassinats depuis qu’elle a raté Fidel Castro en 1976.

[11] Pour ne citer qu’un exemple, tiré de faits connus, les tortures de prisonniers à Abu Ghraib, les soldats de l’armée US n’étaient pas les seuls à opérer. Ils étaient accompagnés de SMP également impliquées dans le scandale, Titan et California Anlysis Center Incorporated (CACI). Des employés de cette dernière ont même expliqué avoir utilisé des chiens à Abu Ghraib et énuméré une liste de traitements dégradants qu’ils ont fait subir aux prisonniers. L’un d’eux donnait même les ordres aux soldats. Cependant, seuls les employés de base étaient poursuivis, par l’employeur.

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http://dondevamos.canalblog.com/archives/2011/07/31/21710134.html

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 07:47

A Benghazi, l'insurrection colorée se délite

Les musulmans sont invités à cesser les hostilités durant le mois de Ramadan. Rien de significatif ne devrait donc avoir lieu au plan militaire en Libye jusqu’au 28 août. Mais à qui profite le temps qui passe ?


Thierry Meyssan
Mardi 2 Août 2011


A Benghazi, l'insurrection colorée se délite
En ce début de Ramadan, l’opération militaire de l’OTAN en Libye s’enfonce dans la confusion la plus totale, note Alexis Crow.

L’analyste de Chatham House spécialisée dans l’étude de l’Alliance atlantique avait été un des premiers experts de think tanks occidentaux à aborder publiquement la question du rôle d’Al Qaida au sein des « forces rebelles ». Elle est aujourd’hui la première à mettre les pieds dans le plat : les dirigeants politiques de l’Alliance ont abandonné leurs buts de guerre, officiels et officieux. Ils n’ont pas à proprement parler de stratégie de rechange, hormis la recherche d’une sortie de crise qui leur permette de garder la tête haute. À l’évidence, ce n’est plus simplement l’état-major français, mais aussi Londres qui s’inquiète de voir ses forces embourbées en Libye sans solution en vue.

La « protection des populations civiles » n’a jamais été qu’un slogan déconnecté de la réalité. Mais il n’est plus question pour l’OTAN de « changer le régime » à Tripoli, ni même de diviser le pays en deux États distincts ayant pour capitales Tripoli et Benghazi. Tout au plus Bruxelles espère obtenir un statut d’autonomie pour quelques enclaves.

Conscient du désastre politico-militaire, Washington cherche une sortie négociée, tout en faisant savoir que ce n’est pas parce que l’OTAN a perdu la guerre qu’elle doit arrêter ses bombardements. Le temps joue en notre faveur, affirment les émissaires états-uniens, tandis que le Conseil national de transition vide les comptes bancaires de la Jamahiriya gelés par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Quoi qu’il en soit, si Washington s’est trompé et ne parvient pas à rétablir la situation, c’est qu’il ne comprend rien au comportement des Libyens. Intoxiqués par leur propre propagande, les États-Unis croyaient avoir à faire à une dictature centralisée et verticale, ils découvrent un système horizontal et opaque dans lequel le Pouvoir est émietté, y compris l’autorité militaire. Ils rencontrent en diverses capitales de nombreux émissaires dont ils ne parviennent pas à mesurer la représentativité. Et par dessous tout, ils ne comprennent rien aux réactions de Mouammar Kadhafi, insaisissable, qui est —lui aussi— persuadé que le temps joue en sa faveur.

La stratégie occidentale était simple : profiter de la normalisation de la Libye et de son ouverture économique pour constituer une classe de golden boys et de technocrates libyens qui finiraient par préférer l’American Way of Life au Livre Vert. Une fois ce processus arrivé à maturité, la CIA a organisé les événements de Benghazi et leur déformation médiatique. Les Français et les Britanniques ont été mis en avant, avec leur discours humanitaire, en vue d’une possible action au sol qui eut nécessité de la chair à canon. Le Conseil national de transition a été créé en récupérant des membres américanisés de la classe dirigeante, en y ajoutant de vieux exilés organisés par la CIA depuis la chute de la monarchie, plus des combattants d’Al Qaida encadrés par une faction saoudienne.

Bien qu’hétéroclite en apparence, cette coalition repose sur l’histoire commune des individus qui la composent. La plupart ont travaillé pour les États-Unis depuis longtemps et ont changé plusieurs fois d’appartenance politique au gré des changements tactiques que leur ordonnait Washington. Beaucoup sont secrètement membres de la confrérie des Frères musulmans.

Fidèle au Livre vert, Mouammar Kadhafi a consciemment accentué cette fracture de classe en annonçant le 22 février la dissolution de plusieurs ministères et la distribution de leur budget à parts égales entre tous les citoyens (soit 21 000 USD par personne). Voyant le « Frère Guide » renouer avec son projet anarchisant, les privilégiés qui se sont enrichis durant l’ouverture économique ont pris peur. Certains ont choisi de fuir en Occident avec leur famille et leur magot, d’autres ont cru en une victoire rapide de l’Alliance atlantique et se sont ralliés au CNT, espérant gouverner la Libye de demain.

Pour réaliser cette insurrection colorée, Washington disposait d’une seule carte : le débauchage d’un des compagnons de Mouammar Kadhafi, le général Abdel Fatah Younes, ministre de l’Intérieur. C’est son retournement qui a rendu possible la transformation de cette opération de déstabilisation politique en aventure militaire. Or, l’assassinat du général Younes par ses rivaux, le 28 juillet 2011, provoque l’effondrement de « l’armée rebelle » et révèle le caractère artificiel du Conseil national de transition.

Il existe aujourd’hui plus de 70 groupes armés dits « rebelles ». Presque tous reconnaissaient l’autorité d’Abdel Fatah Younes, lequel tentait de les coordonner. Dès l’annonce de sa mort, chacun de ces groupes a repris son autonomie. Certains, qui ont créé leur propre gouvernement, tentent de se faire reconnaître par des États membres de la Coalition —notamment le Qatar— au même titre que le CNT. Chaque localité a son seigneur de la guerre qui veut la proclamer indépendante. En quelques jours, la Cyrénaique s’est « irakisée ». Le chaos est tel que le propre fils du général Younes, lors de ses obsèques, a appelé au retour de Kadhafi et du drapeau vert, seul moyen selon lui de rétablir la sécurité des populations.

Dès lors, il suffit d’écouter les interventions de Mouammar Kadhafi pour comprendre sa stratégie. Tandis que les rues de Benghazi se sont vidées, de gigantesques manifestations populaires sont organisées aux quatre coins de la Tripolitaine et du Fezzam pour conspuer l’OTAN. Le « Frère Guide » y intervient par haut-parleurs et dialogue avec la foule. Il explique qu’une trêve rapide se ferait au détriment de l’unité nationale, tandis que la poursuite de la guerre donne le temps de renverser le pouvoir illégitime du CNT et donc de préserver l’intégrité territoriale de la Libye. Le colonel Kadhafi, qui a déjà rallié à lui les tribus, entend maintenant rallier à lui les individus qui soutiennent encore le CNT. Dans ses interventions audio, il appelle ses concitoyens à se préparer à libérer les villes occupées. Il devront se déplacer en foule, sans armes, pour reprendre le contrôle des poches « rebelles » de manière non-violente.

Mouammar Kadhafi qui a déjà vaincu politiquement le pouvoir aérien de l’OTAN, pense pouvoir vaincre aussi politiquement au sol les « rebelles ».

Dans cette situation inextricable, où la plupart des protagonistes ne savent que faire, les réflexes tiennent lieu de pensée. Les partisans du Livre vert entendent profiter de la fuite des technocrates pour revenir aux fondamentaux de la Révolution ; ceux qui, autour de Saif el-Islam, croyaient pouvoir marier le kadhafisme et la globalisation négocient avec leurs amis occidentaux ; et l’OTAN bombarde une nouvelle fois, les sites qu’elle bombardait déjà hier, et avant-hier.

http://www.voltairenet.org/A-Benghazi-l-insurrection-coloree http://www.voltairenet.org/A-Benghazi-l-insurrection-coloree

 

http://www.alterinfo.net/A-Benghazi-l-insurrection-coloree-se-delite_a61812.html

 

 

 

  • LA FRANCE INSCRIT L'OPÉRATION EN LIBYE DANS LA DURÉE

 

La France inscrit l'opération en Libye dans la durée

 

PARIS (Reuters) - La France entend s'inscrire dans la durée pour mener des frappes en Libye et enverra des Rafales sur une base de l'Otan en Sicile, déclare le ministre français de la Défense Gérard Longuet.

Ce redéploiement vise à tenir compte du rapatriement probable du porte-avions Charles de Gaulle à l'automne pour cause de maintenance après dix-huit mois de mer, dit-il dans le Journal du dimanche (JDD).

Gérard Longuet souligne également que la base de l'Otan de Sigonella, en Sicile, n'est située qu'à 500 km de Tripoli alors que celle de Solenzara en Corse, d'où opèrent les autres avions français, est distante de 1.000 km.

Le ministre avait déjà évoqué le 20 juillet le probable retrait du groupe aéronaval, précisant que l'armée de l'air prendrait le relais, notamment à partir de la Crète et de la Sicile.

"Nous continuons à adapter de façon permanente notre dispositif, permettant à la fois de durer et de tenir compte des contraintes de maintien en conditions opérationnelles de nos équipements, qui pourraient nous amener à rapatrier le Charles-de-Gaulle après dix-huit mois de mer", explique-t-il dans le JDD.

"Et Sigonella est située à 500 km de Tripoli, contre 1.000 pour la Corse", ajoute le ministre.

Prié de dire si ce redéploiement indique que Paris s'installe dans la guerre, Gérard Longuet répond: "Nous affichons notre capacité à durer".

"Je ne suis pas ministre des Affaires étrangères, je ne gère pas la solution politique du conflit libyen. Ce que je sais en revanche, en tant que ministre de la Défense, c'est qu'à aucun moment, la contrainte militaire ne doit empêcher nos diplomates et nos politiques de rechercher une solution politique", dit-il.

"Nous nous inscrivons dans la durée et par ce biais, nous facilitons une solution négociée. Nous disons à Kadhafi que nous ne relâcherons pas notre pression et à ses opposants que nous ne les abandonnerons pas", ajoute-t-il.

Paris opère en Libye à partir du porte-avions Charles-de-Gaulle, avec à son bord une vingtaine d'aéronefs - notamment des avions de chasse Rafale et Super Etendard - de Crète et de la base aérienne de Solenzara.

En outre, des hélicoptères d'attaque interviennent depuis le début du mois de juin à partir du bâtiment de projection et de commandement français Tonnerre.

Pour Gérard Longuet, l'intervention en Libye a un coût mais il en "coûterait davantage de ne pas aller jusqu'au bout".

Le JDD soulignant que la guerre coûte chaque jour à la France 1,2 million d'euros, le ministre rétorque: "Nos moyens militaires n'ont pas vocation à animer des parades."

 

suite ici :

http://fr.news.yahoo.com/la-france-inscrit-lop%C3%A9ration-en-libye-dans-la-183919145.html

 

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Commentaire reçu :

 

Donc, personne ne sera surpris d'apprendre que son beau-frère s'appelle Vincent Bolloré... et qu'un autre, Didier Leroux, se trouve en Nouvelle-Calédonie.  Le cacao, les mines du nickel et le ministre de la guerre.  Une si simple affaire de "famille" à l'affiche.


Commentaire n°1 posté par Marie hier à 07h12
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