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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 18:02

Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ?
Grégoire Lalieu, Michel Collon


7 mars 2011

Depuis trois semaines, des affrontements opposent les troupes fidèles au colonel Kadhafi à des forces d’opposition issues de l’est du pays. Après Ben Ali et Moubarak, Kadhafi sera-t-il le prochain dictateur à tomber ? Ce qui se passe en Libye est-il semblable aux révoltes populaires en Tunisie et en Egypte ? Comment comprendre les frasques et les retournements de veste du colonel ? Pourquoi l’Otan se prépare-t-elle à la guerre ? Comment expliquer la différence entre un bon Arabe et un mauvais Arabe ? Dans ce nouveau chapitre de notre série Comprendre le monde musulman,

Mohamed Hassan répond aux questions d’Investig’Action...

 
 
Interview : Grégoire Lalieu & Michel Collon

 
Après la Tunisie et l’Egypte, la révolution arabe aurait-elle gagné la Libye ?
Ce qui se passe actuellement en Libye est différent. En Tunisie et en Egypte, le manque de libertés était flagrant. Mais ce sont les conditions sociales déplorables qui ont véritablement poussé les jeunes à la révolte. Tunisiens et Egyptiens n’avaient aucune possibilité d’entrevoir un avenir.
 
En Libye, le régime de Mouammar Kadhafi est corrompu, monopolise une grande partie des richesses et a toujours réprimé sévèrement toute contestation. Mais les conditions sociales des Libyens sont meilleures que dans les pays voisins. L’espérance de vie en Libye est plus importante que dans le reste de l’Afrique. Les systèmes de santé et d’éducation sont convenables. La Libye est d’ailleurs l’un des premiers pays africains à avoir éradiqué la malaria. Même s’il y a de fortes inégalités dans la répartition des richesses, le PIB par habitant est d’environ 11.000 dollars. Un des plus élevés du monde arabe. Vous ne retrouvez donc pas en Libye les mêmes conditions objectives qui ont conduit aux révoltes populaires en Tunisie et en Egypte.
 

Comment expliquez-vous alors ce qui se passe en Libye ?
 
Pour bien comprendre les événements actuels, nous devons les replacer dans leur contexte historique. La Libye était autrefois une province ottomane. En 1835, la France s’empara de l’Algérie. Par ailleurs, le gouverneur égyptien Mohamed Ali, sous tutelle de l’Empire ottoman, menait une politique de plus en plus indépendante. Avec, d’une part, les Français en Algérie et, d’autre part, Mohamed Ali en Egypte, les Ottomans craignaient de perdre le contrôle de la région : ils envoyèrent leurs troupes en Libye.
 
A cette époque, la confrérie des Senoussis exerçait une influence très forte dans le pays. Elle avait été fondée par Sayid Mohammed Ibn Ali as Senoussi, un Algérien qui, après avoir étudié dans son pays et au Maroc, alla prêcher sa vision de l’islam en Tunisie et en Libye. Au début du 19ème siècle, Senoussi commençait à faire de nombreux adeptes, mais n’était pas bien perçu par certaines autorités religieuses ottomanes qu’il critiquait dans ses prêches. Après un passage en Egypte et à la Mecque, Senoussi décida de s’exiler définitivement en Cyrénaïque, dans l’est de la Libye.
 
Sa confrérie s’y développa et organisa la vie dans la région, y percevant des taxes, résolvant les conflits entre les tribus, etc. Elle possédait même sa propre armée et proposait ses services pour escorter les caravanes de commerçants passant par là. Finalement, cette confrérie des Senoussis devint le gouvernement de fait de la Cyrénaïque, étendant même son influence jusque dans le nord du Tchad. Mais ensuite, les puissances coloniales européennes s’implantèrent en Afrique, divisant la partie sub-saharienne du continent. Cela eut un impact négatif pour les Senoussis. L’invasion de la Libye par l’Italie entama aussi sérieusement l’hégémonie de la confrérie dans la région.

 
En 2008, l’Italie a versé des compensations à la Libye pour les crimes coloniaux. La colonisation avait été à ce point terrible ? Ou bien Berlusconi voulait se faire bien voir pour conclure des accords commerciaux avec Kadhafi ?
 
La colonisation de la Libye fut atroce. Au début du 20ème siècle, un groupe fasciste commença à diffuser une propagande prétendant que l’Italie, vaincue par l’armée éthiopienne à la bataille d’Adoua en 1896, devait rétablir la primauté de l’homme blanc sur le continent noir. Il fallait laver la grande nation civilisée de l’affront infligé par les barbares. Cette propagande affirmait que la Libye était un pays sauvage, habité par quelques nomades arriérés et qu’il conviendrait aux Italiens de s’installer dans cette région agréable, avec son paysage de carte postale.
 
L’invasion de la Libye déboucha sur la guerre italo-turque de 1911, un conflit particulièrement sanglant qui se solda par la victoire de l’Italie un an plus tard. Cependant, la puissance européenne ne contrôlait que la région de la Tripolitaine et devait faire face à une résistance tenace dans le reste du pays, particulièrement dans la Cyrénaïque. Le clan des Senoussis y appuyait Omar Al-Mokhtar qui dirigea une lutte de guérilla remarquable, dans les forêts, les grottes et les montagnes. Il infligea de sérieux dégâts à l’armée italienne pourtant mieux équipée et supérieure en nombre.
 
Finalement, au début des années trente, l’Italie de Mussolini prit des mesures radicales pour éliminer la résistance. La répression devint extrêmement féroce et l’un de ses principaux bouchers, le général Rodolfo Graziani écrivit : « Les soldats italiens étaient convaincus qu’ils étaient investis d’une mission noble et civilisatrice. (…) Ils se devaient de remplir ce devoir humain quel qu’en fût le prix. (…) Si les Libyens ne se convainquent pas du bien-fondé de ce qui leur est proposé, alors les Italiens devront mener une lutte continuelle contre eux et pourront détruire tout le peuple libyen pour parvenir à la paix, la paix des cimetières…  ».
 
En 2008, Silvio Berlusconi a payé des compensations à la Libye pour ces crimes coloniaux. C’était bien sûr une démarche intéressée : Berlusconi voulait bien se faire voir de Kadhafi pour conclure des partenariats économiques. Néanmoins, on peut dire que le peuple libyen a terriblement souffert du colonialisme. Et parler de génocide ne serait pas exagéré.
 
Omar Al-Mokhtar
 

Comment la Libye gagna-t-elle son indépendance ?
 
Pendant que les colons italiens réprimaient la résistance en Cyrénaïque, le chef des Senoussis, Idriss, s’exila en Egypte pour négocier avec les Britanniques. Après la Seconde Guerre mondiale, l’empire colonial européen fut progressivement démantelé et la Libye devint indépendante en 1951. Appuyé par la Grande-Bretagne, Idriss prit le pouvoir. Pourtant, une partie de la bourgeoisie libyenne, influencée par le nationalisme arabe qui se développait au Caire, souhaitait que la Libye soit rattachée à l’Egypte. Mais les puissances impérialistes ne voulaient pas voir se développer une grande nation arabe. Elles appuyèrent donc l’indépendance de la Libye en y plaçant leur marionnette, Idriss.

 
Le roi Idriss répondit-il aux attentes ?
 
Tout à fait. A l’indépendance, les trois régions qui constituent la Libye - la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque - se sont retrouvées unifiées dans un système fédéral. Mais il faut savoir que le territoire libyen est trois fois plus grand que la France. A cause du manque d’infrastructures, les limites de ce territoire n’ont pu être clairement définies qu’après l’invention de l’avion. Et en 1951, le pays ne comptait qu’un million d’habitants. De plus, les trois régions nouvellement unifiées avaient une culture et une histoire très différentes. Enfin, le pays manquait de routes permettant aux régions de communiquer. En fait, la Libye était à un stade très arriéré, ce n’était pas une véritable nation.

 
Pouvez-vous préciser ce concept ?
 
L’Etat-nation est un concept lié à l’apparition de la bourgeoisie et du capitalisme. En Europe, durant le moyen-âge, la bourgeoisie capitaliste souhaitait développer son commerce sur une échelle aussi large que possible, mais était freinée par toutes les contraintes du système féodal. Les territoires étaient morcelés en de nombreuses petites entités, ce qui imposait aux commerçants de payer un grand nombre de taxes pour livrer une marchandise d’un endroit à un autre. Sans compter les divers privilèges dont il fallait s’acquitter auprès des seigneurs féodaux. Toutes ces entraves ont été supprimées par les révolutions bourgeoises capitalistes qui ont permis la création d’Etats-nations avec de grands marchés nationaux sans entraves.
 
Mais la nation libyenne a été créée alors qu’elle était encore à un stade précapitaliste. Elle manquait d’infrastructures, une grande partie de la population était nomade et impossible à contrôler, les divisions étaient très fortes au sein de la société, l’esclavage était encore pratiqué… De plus, le roi Idriss n’avait aucun projet pour développer le pays. Il était totalement dépendant des aides US et britanniques.

 
Pourquoi la Grande-Bretagne et les Etats-Unis le soutenaient-ils ? Le pétrole ?
 
En 1951, le pétrole libyen n’avait pas encore été découvert. Mais les Anglo-Saxons avaient des bases militaires dans ce pays qui occupe une position stratégique pour le contrôle de la mer Rouge et de la Méditerranée.
 
Ce n’est qu’en 1954 qu’un riche Texan, Nelson Bunker Hunt, découvrit le pétrole libyen. A l’époque, le pétrole arabe se vendait aux alentours de 90 cents le baril. Mais le pétrole libyen était acheté à 30 cents le baril tellement ce pays était arriéré. C’était peut-être le plus misérable d’Afrique.
 

De l’argent rentrait pourtant grâce au pétrole. A quoi servait-il ?
 
Le roi Idriss et son clan, les Senoussis, s’enrichissaient personnellement. Ils redistribuaient également une partie des revenus pétroliers aux chefs des autres tribus pour apaiser les tensions. Une petite élite s’est développée grâce au commerce du pétrole et quelques infrastructures ont été construites, principalement sur la côte méditerranéenne, la partie la plus intéressante pour commercer avec l’extérieur. Mais les zones rurales dans le cœur du pays restaient extrêmement pauvres et des tas de miséreux s’amassaient dans des bidonvilles autour des cités. Cela a continué jusqu’en 1969, quand trois officiers ont renversé le roi. Parmi eux, Kadhafi.

 
Comment se fait-il que la révolution soit venue d’officiers de l’armée ?
 
Dans un pays profondément marqué par les divisions tribales, l’armée était en fait la seule institution nationale. La Libye n’existait pas en tant que telle sauf à travers cette armée. A côté de ça, les Senoussis du roi Idriss possédaient leur propre milice. Mais dans l’armée nationale, les jeunes Libyens issus des différentes régions et tribus pouvaient se retrouver.
 
Kadhafi a d’abord évolué au sein d’un groupe nassériste, mais lorsqu’il a compris que cette formation ne serait pas capable de renverser la monarchie, il s’est engagé dans l’armée. Les trois officiers qui ont destitué le roi Idriss étaient très influencés par Nasser. Gamal Abdel Nasser était lui-même un officier de l’armée égyptienne qui renversa le roi Farouk. Inspiré par le socialisme, Nasser s’opposait à l’ingérence des puissances néocoloniales et prônait l’unité du monde arabe. Il nationalisa d’ailleurs le canal de Suez, jusque là géré par la France et la Grande-Bretagne, s’attirant les foudres et les bombardements de l’Occident en 1956.
Le panarabisme révolutionnaire de Nasser avait eu un effet important en Libye, notamment dans l’armée et sur Kadhafi. Les officiers libyens auteurs du coup d’Etat de 1969 suivirent le même agenda que Nasser.

 
Quels furent les effets de la révolution en Libye ?
 
Kadhafi avait deux options. Soit laisser le pétrole libyen aux mains des compagnies occidentales comme l’avait fait le roi Idriss. La Libye serait alors devenue comme ces monarchies pétrolières du Golfe où l’esclavage est encore pratiqué, où les femmes n’ont aucun droit et où des architectes européens peuvent s’éclater à construire des tours farfelues avec des budgets astronomiques qui proviennent en fait des richesses des peuples arabes. Soit suivre une voie indépendante des puissances néocoloniales. Kadhafi a choisi cette deuxième option, il a nationalisé le pétrole libyen, provoquant la colère des impérialistes.
 
Dans les années 50, une blague circulait à la Maison Blanche, au sein de l’administration Eisenhower qui se développa ensuite en véritable théorie politique sous Reagan. Comment distinguer les bons des mauvais Arabes ? Un bon Arabe fait ce que les Etats-Unis lui disent. En échange, il reçoit des avions, est autorisé à déposer son argent en Suisse, est invité à Washington, etc. Eisenhower et Reagan nommaient ces bons Arabes : les rois d’Arabie Saoudite et de Jordanie, les cheikhs et émirs du Koweït et du Golfe, le Shah d’Iran, le roi du Maroc et bien-sûr, le roi Idriss de Libye. Les mauvais Arabes ? Ceux qui n’obéissaient pas à Washington : Nasser, Kadhafi, Saddam plus tard…
 

Tout de même, Kadhafi n’est pas très…
 
Kadhafi n’est pas un mauvais Arabe parce qu’il fait tirer sur la foule. On fait la même chose en Arabie Saoudite ou au Bahreïn et les dirigeants de ces pays reçoivent tous les honneurs de l’Occident. Kadhafi est un mauvais Arabe parce qu’il a nationalisé le pétrole libyen que les compagnies occidentales considéraient - jusqu’à la révolution de 69 - comme leur appartenant. Ce faisant, Kadhafi a apporté des changements positifs en Libye, au niveau des infrastructures, de l’éducation, de la santé, de la condition des femmes, etc.

 
Bon, Kadhafi renverse la monarchie, nationalise le pétrole, s’oppose aux puissances impériales et apporte des changements positifs en Libye. Pourtant, quarante ans plus tard, c’est un dictateur corrompu, qui réprime l’opposition et qui ouvre à nouveau les portes du pays aux compagnies occidentales. Comment expliquer ce changement ?
 
Dès le départ, Kadhafi s’est opposé aux grandes puissances coloniales et a généreusement soutenu divers mouvements de libération dans le monde. Je trouve qu’il a été très bien pour ça. Mais pour être complet, il faut aussi préciser que le colonel était anticommuniste. En 1971 par exemple, il fit dérouter vers le Soudan un avion transportant des dissidents communistes soudanais qui furent aussitôt exécutés par le président Nimeyri.
 
En fait, Kadhafi n’a jamais été un grand visionnaire. Sa révolution était une révolution de nationaliste bourgeois et il a instauré en Libye un capitalisme d’Etat. Pour comprendre comment son régime est parti à la dérive, nous devons analyser le contexte qui n’a pas joué en sa faveur, mais aussi les erreurs personnelles du colonel.
Tout d’abord, nous avons vu que Kadhafi était parti de rien en Libye. Le pays était très arriéré. Il n’y avait donc pas de gens éduqués ou une forte classe ouvrière pour appuyer la révolution. La plupart des personnes ayant reçu une éducation faisaient partie de l’élite qui bradait les richesses libyennes aux puissances néocoloniales. Evidemment, ces gens n’allaient pas soutenir la révolution et la plupart d’entre eux quittèrent le pays pour organiser l’opposition à l’étranger.
 
De plus, les officiers libyens qui ont renversé le roi Idriss étaient très influencés par Nasser. L’Egypte et la Libye prévoyait d’ailleurs de nouer un partenariat stratégique. Mais la mort de Nasser en 1970 fit tomber le projet à l’eau et l’Egypte devint un pays contre-révolutionnaire, aligné sur l’Ouest. Le nouveau président égyptien, Anouar al-Sadate, se rapprocha des Etats-Unis, libéralisa progressivement l’économie et s’allia avec Israël. Un bref conflit éclata même avec la Libye en 1977. Imaginez la situation dans laquelle se trouvait Kadhafi : le pays qui l’avait inspiré et avec lequel il devait conclure une alliance capitale devenait soudainement son ennemi !
 
Un autre élément contextuel a joué en défaveur de la révolution libyenne : la baisse importante du cours du pétrole dans les années 80. En 1973, dans le cadre de la guerre israélo-arabe, les pays producteurs de pétrole décidèrent d’un embargo, faisant grimper en flèche le prix du baril. Cet embargo provoqua le premier grand transfert de richesses du Nord vers le Sud. Mais dans les années 80, eut lieu ce qu’on pourrait appeler une contre-révolution pétrolière orchestrée par Reagan et les Saoudiens. L’Arabie Saoudite augmenta considérablement sa production de pétrole et inonda le marché, provoquant une chute radicale des prix. Le baril passa de 35 dollars le baril à 8 dollars.
 

L’Arabie Saoudite ne se tirait-elle pas une balle dans le pied ?
 
Cela eut en effet un impact négatif sur l’économie saoudienne. Mais le pétrole n’est pas le plus important pour l’Arabie Saoudite. Sa relation avec les Etats-Unis prime avant tout, car c’est le soutien de Washington qui permet à la dynastie saoudienne de se maintenir au pouvoir.
 
Ce raz-de-marée pétrolier eut des conséquences catastrophiques pour de nombreux pays producteurs de pétrole qui s’endettèrent. Et tout cela se produisit dix années seulement après la montée au pouvoir de Kadhafi. Le dirigeant libyen, parti de rien, voyait en plus les seuls moyens dont il disposait pour construire quelque chose, fondre comme neige au soleil avec la chute des cours du pétrole.
Notez également que cette contre-révolution pétrolière accéléra la chute de l’URSS, alors empêtrée en Afghanistan. Avec la disparition du bloc soviétique, la Libye perdait son principal soutien politique et se retrouva très isolée sur la scène internationale. Isolement d’autant plus grand que l’administration Reagan avait placé la Libye sur la liste des Etats-terroristes et imposé toute une série de sanctions.
 

Qu’en est-il des erreurs commises par Kadhafi ?
 
Comme je l’ai dit, ce n’était pas un grand visionnaire. La théorie développée autour de son livre vert est un mélange d’anti-impérialisme, d’islamisme, de nationalisme, de capitalisme d’Etat et d’autres choses encore. Outre son manque de vision politique, Kadhafi a d’abord commis une grave erreur en attaquant le Tchad dans les années 70. Le Tchad est le cinquième plus grand pays d’Afrique et le colonel, considérant sans doute que la Libye était trop petite pour ses ambitions mégalomaniaques, a annexé la bande d’Aozou. Il est vrai qu’historiquement, la confrérie des Senoussis exerçait son influence jusque dans cette région. Et en 1935, le ministre français des Affaires étrangères, Pierre Laval, voulut acheter Mussolini en lui proposant la bande d’Aozou. Mais finalement, Mussolini se rapprocha d’Hitler et l’accord resta lettre morte.
 
Kadhafi a néanmoins voulu annexer ce territoire et s’est livré à une lutte d’influence avec Paris dans cette ancienne colonie française. Finalement, les Etats-Unis, la France, l’Egypte, le Soudan et d’autres forces réactionnaires de la région, ont soutenu l’armée tchadienne qui mit en déroute les troupes libyennes. Des milliers de soldats et d’importantes quantités d’armes furent capturés. Le président du Tchad, Hissène Habré, vendit ces soldats à l’administration Reagan. Et la CIA les utilisa comme mercenaires au Kenya et en Amérique latine.
 
Mais la plus grande erreur de la révolution libyenne est d’avoir tout misé sur les ressources pétrolières. En effet, les ressources humaines sont la plus grande richesse d’un pays. Vous ne pouvez pas réussir une révolution si vous ne développez pas l’harmonie nationale, la justice sociale et une juste répartition des richesses.
Or, le colonel n’a jamais supprimé les discriminations ancestrales en Libye. Comment mobiliser la population si vous ne montrez pas aux Libyens que, quelque soit leur appartenance ethnique ou tribale, tous sont égaux et peuvent œuvrer ensemble pour le bien de la nation ? La majorité de la population libyenne est arabe, parle la même langue et partage la même religion. La diversité ethnique n’est pas très importante. Il était possible d’abolir les discriminations pour mobiliser la population.
 
Kadhafi a également été incapable d’éduquer le peuple libyen sur les enjeux de la révolution. Il n’a pas élevé le niveau de conscience politique de ses citoyens et n’a pas développé de parti pour appuyer la révolution.

 
Pourtant, dans la foulée de son livre vert de 1975, il instaure des comités populaires, sorte de démocratie directe.
 
Cette tentative de démocratie directe était influencée par des concepts marxistes-léninistes. Mais ces comités populaires en Libye ne s’appuyaient sur aucune analyse politique, aucune idéologie claire. Ce fut un échec. Kadhafi n’a pas non plus développé de parti politique pour appuyer sa révolution. Finalement, il s’est coupé du peuple. La révolution libyenne est devenue le projet d’une seule personne. Tout tournait autour de ce leader charismatique déconnecté de la réalité. Et lorsque le fossé se creuse entre un dirigeant et son peuple, la sécurité et la répression viennent combler le vide. Les excès se sont multipliés, la corruption s’est développée de manière importante et les divisions tribales se sont cristallisées.
 
Aujourd’hui, ces divisions resurgissent dans la crise libyenne. Il y a bien sûr une partie de la jeunesse en Libye qui est fatiguée de la dictature et qui est influencée par les événements en Tunisie et en Egypte. Mais ces sentiments populaires sont instrumentalisés par l’opposition dans l’est du pays qui réclame sa part du gâteau, la répartition des richesses étant très inégale sous le régime de Kadhafi. Bientôt, les véritables contradictions vont apparaître au grand jour.
 
On ne sait d’ailleurs pas grand-chose sur ce mouvement d’opposition. Qui sont-ils ? Quel est leur programme ? S’ils voulaient vraiment mener une révolution démocratique, pourquoi ont-ils ressorti les drapeaux du roi Idriss, symboles d’un temps où la Cyrénaïque était la province dominante du pays ? Ont-ils demandé leur avis aux autres Libyens ? Peut-on parler de mouvement démocratique lorsque ces opposants massacrent les Noirs de la région ? Si vous faites partie de l’opposition d’un pays, que vous êtes patriotique et que vous souhaitez renverser votre gouvernement, vous tentez cela correctement. Vous ne créez pas une guerre civile dans votre propre pays et vous ne lui faites pas courir le risque d’une balkanisation.
 

 
 
Selon vous, il s’agirait donc plus d’une guerre civile résultant des contradictions entre clans libyens ?
 
C’est pire, je pense. Il y a déjà eu des contradictions entre les tribus, mais elles n’ont jamais pris une telle ampleur. Ici, les Etats-Unis alimentent ces tensions afin de pouvoir intervenir militairement en Libye. Dès les premiers jours de l’insurrection, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a proposé d’apporter des armes aux opposants. Dans un premier temps, l’opposition organisée sous le Conseil National a refusé toute ingérence des puissances étrangères, car elle savait que cela jetterait le discrédit sur son mouvement. Mais aujourd’hui, certains opposants en appellent à une intervention armée.
 
Depuis que le conflit a éclaté, le président Obama a dit envisager toutes les options possibles et le sénat US appelle la communauté internationale à décréter une zone de non-vol au-dessus du territoire libyen, ce qui serait un véritable acte de guerre. De plus, le porte-avion nucléaire USS Enterprise, positionné dans le golfe d’Aden pour combattre la piraterie, est remonté jusqu’aux côtes libyennes. Deux navires amphibies, l’USS Kearsage et l’USS Ponce, avec à leur bord plusieurs milliers de marines et des flottes d’hélicoptère de combat, se sont également positionnés dans la Méditerranée.
 
La semaine passée, Louis Michel, l’ancien commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire de l’Union Européenne, s’est demandé avec force sur un plateau de télévision quel gouvernement aurait le courage de défendre devant son parlement la nécessité d’intervenir militairement en Libye. Mais Louis Michel n’a jamais appelé à une telle intervention en Egypte ou à Bahreïn. Pourquoi ?
 

La répression n’est-elle pas plus violente en Libye ?
 
La répression était très violente en Egypte, mais l’Otan n’a jamais positionné des navires de guerre le long des côtes égyptiennes pour menacer Moubarak. On l’a tout juste appelé à trouver une issue démocratique !
 
Pour la Libye, il faut être très prudent avec les informations qui nous parviennent. Un jour, on parle de 2.000 morts et le lendemain, le bilan est revu à 300. On a aussi dit dès le début de la crise que Kadhafi avait bombardé son propre peuple, mais l’armée russe, qui surveille la situation par satellite, a officiellement démenti cette information. Si l’Otan se prépare à intervenir militairement en Libye, nous pouvons être sûrs que les médias dominants vont diffuser la propagande de guerre habituelle.
 
En fait, la même chose s’est passée en Roumanie avec Ceausescu. Le soir du réveillon de Noël 1989, le premier ministre belge Wilfried Martens a fait un discours à la télévision. Il a prétendu que les forces de sécurité de Ceausescu venaient de tuer 12.000 personnes. C’était faux. Les images du fameux charnier de Timisoara ont également fait le tour du monde. Elles étaient censées démontrer la violence aveugle du président roumain. Mais il s’est avéré plus tard que tout cela était une mise en scène : des cadavres avaient été sortis de la morgue et placé dans des fosses pour impressionner les journalistes. On a aussi dit que les communistes avaient empoisonné l’eau, que des mercenaires syriens et palestiniens étaient présents en Roumanie ou bien encore que Ceausescu avait formé des orphelins pour en faire des machines à tuer. C’était de la pure propagande pour déstabiliser le régime.
 
Finalement, Ceausescu et sa femme furent tués après un simulacre de procès qui dura 55 minutes. Bien sûr, tout comme Kadhafi, le président roumain n’était pas un enfant de chœur. Mais que s’est-il passé depuis ? La Roumanie est devenue une semi-colonie de l’Europe. La main d’œuvre bon marché y est exploitée. De nombreux services ont été privatisés au profit des compagnies occidentales et sont hors de prix pour une grande partie de la population. Et maintenant, chaque année, des tas de Roumains vont pleurer sur la tombe de Ceausescu. La dictature était une chose terrible, mais depuis que le pays a été économiquement détruit, c’est pire !
 

Pourquoi les Etats-Unis voudraient-ils renverser Kadhafi ? Depuis une dizaine d’années, le colonel est devenu à nouveau fréquentable pour l’Occident et a privatisé une grande partie de l’économie libyenne au profit des compagnies occidentales.
 
Il faut analyser tous ces événements à la lumière des nouveaux rapports de force dans le monde. Les puissances impérialistes sont en déclin alors que d’autres forces sont en plein essor. Récemment, la Chine a proposé de racheter la dette portugaise ! En Grèce, la population est de plus en plus hostile à cette Union Européenne qu’elle perçoit comme une couverture de l’impérialisme allemand. Les mêmes sentiments se développent dans les pays de l’Est. Par ailleurs, les Etats-Unis ont attaqué l’Irak pour s’emparer du pétrole mais au final, seule une compagnie US en profite, le reste étant exploité par des compagnies malaisiennes et chinoises. Bref, l’impérialisme est en crise.
 
Par ailleurs, la révolution tunisienne a fortement surpris l’Occident. Et la chute de Moubarak encore plus. Washington tente de récupérer ces mouvements populaires, mais le contrôle lui échappe. En Tunisie, le premier ministre Mohamed Ghannouchi, un pur produit de la dictature Ben Ali, était censé assurer la transition et donner l’illusion d’un changement. Mais la détermination du peuple l’a contraint à démissionner. En Egypte, les Etats-Unis comptent sur l’armée pour maintenir en place un système acceptable. Mais des informations me sont parvenues confirmant que dans les innombrables casernes militaires disséminées à travers le pays, de jeunes officiers s’organisent en comités révolutionnaires par solidarité avec le peuple égyptien. Ils auraient même fait arrêter certains officiers associés au régime de Moubarak.
 
La région pourrait échapper au contrôle des Etats-Unis. Intervenir en Libye permettrait donc à Washington de briser ce mouvement révolutionnaire et d’éviter qu’il ne s’étende au reste du monde arabe et à l’Afrique. Depuis une semaine, des jeunes se révoltent au Burkina-Faso mais les médias n’en parlent pas. Pas plus que des manifestations en Irak.
 
L’autre danger pour les Etats-Unis est de voir émerger des gouvernements anti-impérialistes en Tunisie et en Egypte. Dans ce cas, Kadhafi ne serait plus isolé et pourrait revenir sur les accords conclus avec l’Occident. Libye, Egypte et Tunisie pourraient s’unir et former un bloc anti-impérialiste. Avec toutes les ressources dont ils disposent, notamment les importantes réserves de devises étrangères de Kadhafi, ces trois pays pourraient devenir une puissance importante de la région. Probablement plus importante que la Turquie.
 

Pourtant, Kadhafi avait soutenu Ben Ali lorsque le peuple tunisien s’est révolté.
 
Cela montre à quel point il est faible, isolé et déconnecté de la réalité. Mais les rapports de force changeants dans la région pourraient modifier la donne. Kadhafi pourrait changer son fusil d’épaule, ce ne serait pas la première fois.
 

Comment pourrait évoluer la situation en Libye ?
 
Les puissances occidentales et ce soi-disant mouvement d’opposition ont rejeté la proposition de médiation de Chavez. Ce qui laisse entendre qu’ils ne veulent pas d’issue pacifique au conflit. Mais les effets d’une intervention de l’Otan seront désastreux. On a vu ce que cela a donné au Kosovo ou en Afghanistan.
 
De plus, une agression militaire pourrait favoriser l’entrée en Libye de groupes islamistes qui pourraient s’emparer d’importants arsenaux sur place. Al-Qaïda pourrait s’infiltrer et faire de la Libye un deuxième Irak. Il y a d’ailleurs déjà des groupes armés au Niger que personne ne parvient à contrôler. Leur influence pourrait s’étendre à la Libye, au Tchad, au Mali, à l’Algérie… En fait, en préparant une intervention militaire, l’impérialisme est en train de s’ouvrir les portes de l’enfer !
 
En conclusion, le peuple libyen mérite mieux que ce mouvement d’opposition qui plonge le pays dans le chaos. Il lui faudrait un véritable mouvement démocratique pour remplacer le régime de Kadhafi et instaurer la justice sociale. En tout cas, les Libyens ne méritent pas une agression militaire. Les forces impérialistes en déroute semblent pourtant préparer une offensive contre-révolutionnaire dans le monde arabe. Attaquer la Libye est leur solution d’urgence. Mais cela leur retomberait sur les pieds.
 
 

http://michelcollon.info/Libye-revolte-populaire-guerre.html

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 05:07
Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 04:36

 


par Manlio Dinucci

Le 6 mars 2011
ilmanifesto.it

 

Le déploiement aéronaval étasunien et allié en Méditerranée se développe, pour la grande « opération humanitaire » en Libye. Tandis que le président Obama décidait l’utilisation d’avions militaires, officiellement pour rapatrier de Libye les émigrés égyptiens, le secrétaire à la défense Robert Gates a « ordonné au Commandement Africa de prendre la direction de la planification de la défense concernant la situation en Libye ». Ceci signifie que les opérations aéronavales vont être dirigées par le quartier général des Forces navales du Commandement Africa étasunien, à Naples, où se trouvent aussi les commandements des Forces navales étasuniennes et de la Force conjointe alliée, tous trois dans les mains du même amiral étasunien Sam J. Locklear III. 

  

Dans le cadre de cette opération, le patrouilleur Libra de la marine italienne a levé l’ancre dans le port de Catane (Sicile) : équipé de canon OtoMelara et de mitrailleuses lourdes, officiellement pour apporter à Bengazi de la nourriture et des médicaments aux insurgés. Alors qu’est rentré au port le torpilleur lance-missiles Mimbelli, de retour d’une « mission de secours humanitaire » en Libye, armé de trois canons à tir rapide, 16 missiles Aspis, ainsi que fusées et torpilles. Prêts à partir, les navires amphibies San Marco et San Giorgio.

  

Unités modernes, disparaissant cependant face au navire d’assaut étasunien amphibie Kearsarge qui, flanqué du navire d’appui Ponce et du torpilleur lance-missiles Barry, se positionne actuellement devant les côtes de Libye, toujours pour l’ «opération humanitaire ». Le Kearsarge est le plus grand des navires amphibies : long de 250 mètres, il a une double fonction : porte-avions pour des avions à décollage vertical et hélicoptères de combat, et, par ailleurs, doté de puissants véhicules de débarquement, capables de transporter à chaque fois jusqu’à 400 marines, chars d’assaut et autres véhicules de combat. Ces véhicules hovercraft, soutenus par un coussin d’air, se déplacent rapidement aussi bien sur l’eau que sur un terrain plat côtier. Le Kearsarge peut ainsi lancer une attaque massive par avions et hélicoptères et, simultanément, débarquer rapidement presque 2 mille marines.

 




Le Kearsarge



Depuis le Détroit de Gibraltar, est en train de le rejoindre la frégate britannique Westminster, équipée de missiles (parmi lesquels les Sea Wolf et les Harpoon), canons à tir rapide et autres armements parmi les plus modernes qui soient, gérés par des systèmes électroniques de dernière génération. De France arrive, pour « évacuer les réfugiés », le porte-hélicoptères Mistral, escorté de la frégate Georges-Leygues. Le Mistral, qui opère comme navire de commandement et unité d’assaut amphibie, a à son bord 16 gros hélicoptères de combat (Tigre, Puma et Panthère), 13 chars d’assaut (lourds) et 500 commandos. Du Canada arrive sur les côtes libyennes la frégate Charlottetown et, de Corée du Sud, le navire de guerre Choi Young, qui a quitté l’ « opération anti-piraterie » dans l’Océan Indien pour l’ « opération humanitaire » en Méditerranée.

  

Devant cet imposant déploiement militaire, on se demande : si c’était une opération vraiment humanitaire, ne vaudrait-il pas mieux envoyer des navires civils, beaucoup plus adaptés pour le transport de personnes et de vivres, escortés par quelque unité militaire ? Pourquoi envoyer les plus gros navires d’assaut amphibie ? La réponse est simple : pour donner l’assaut à ce qui intéresse le plus : l’or noir libyen. L’histoire se répète. « Des murs de Montezuma aux plages de Tripoli » : c’est ainsi que commence l’hymne des marines qui, en 1805, débarquèrent en Libye soutenus par les canons de l’U.S. Navy.

 


Edition de dimanche 6 mars 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/06-Marzo-2011/art42.php3  

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23545

 

Manlio Dinucci est géographe.

 

 

Lire aussi :

 

 

Les Irakiens aussi se soulèvent, mais… silence médias !

 

La vérité ? Les Révolutions arabes conçues par le NWO vers la 3e guerre mondiale

 

Les vérités cachées sous les Révolutions arabes (Johan Livernette )

 

Kadhafi, le fils Kadhafi, Blair, le Prince Andrew.. petites combines entre amis

 

Une société israélienne recrute des mercenaires pour Kadhafi, selon un site israélien

 

Déstabilisation du Proche-Orient : la réalisation d’un plan sioniste conçu dans les années 80

 

Jeux vidéo et propagande impérialiste

 

Pétrole et manipulations, le combat des géants.

 

La France impliquée dans la répression des insurrections arabes

 

Révolutions en Tunisie et en Égypte, mais guerre américano-sioniste en Libye !

 

Général israélien: "Un soldat qui n'attaque pas, on lui loge une balle dans la tête !"

 

Libye : Graves médiamensonges ? Pas de bombardements de Tripoli ?

 

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Le Pentagone investit les réseaux sociaux: Opérations d'intoxication..

 

Opération Libye en préparation - Balkanisation (pétrole) comme en Yougoslavie ?

 

Israël, le sionisme, la guerre permanente, les Révolutions arabes...

 

L’OTAN va-t-elle intervenir en Libye ?

 

 

 

 

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Révolutions populaires nations arabo-musulmanes :

la marche en avant vers le 3 è guerre mondiale !


Un nouvel article vient d'etre ecrit sur le blog revelations4.

Pour le consulter, il suffit de cliquer sur ce lien:

 

 

http://revelations4.blogs.fr/

 

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 02:45

Consignes aux militaires français en Afghanistan : déni de valeurs et profil bas - que se passe-t-il vraiment ?

  • Ça fait quand même moins de morts que dans la Somme, au Chemin des Dames ou à Verdun, non ? Et là, je n’entends pas de chanson de Craone, sauf la voix du Padré. Respects. La chair à canon aujourd’hui est sous contrat, donc... Donc, si on signe on est aux ordres du diable. Et (...)
    Bourguignoul
    Lire les réactions

Ce n’est pas le devoir de réserve qu’on transgresse, c’est nos valeurs !

Le pavé dans la mare a été lancé par un aumônier, le père Benoît Jullien, détaché au 2°REP (régiment étranger parachutiste). Le devoir de réserve est-t-il transgressé lorsqu’il s’agit de rendre compte de ce que l’on a vu ? Il faut croire que oui puisque, aux dernières nouvelles, le père a été prié de « quitter » la Légion. Quel est le péché de ce prêtre opérationnel, para jusqu’à l’âme et réputé ne pas mâcher ses mots ? Il fustige et accuse simplement la hiérarchie – et tout ce qu’il y a derrière – de compromission envers les islamistes combattus en Afghanistan et musulmans soutenus par nos troupes par une obligation de « profil bas » devant l’Islam. Apprécié par tous, il est dans le collimateur de sa hiérarchie pour avoir parlé de « dysfonctionnements importants qui ont conduit à des dérives graves  ».


Aujourd’hui les langues se délient et ce qui se disait dans les popotes se retrouve à présent dans les médias ; les militaires français en Afghanistan en ont gros sur le cœur et commencent à le faire savoir. On ne peut pas, longtemps, cacher de telles consignes déshonorantes et poursuivre sereinement sa mission. Mais chut, secret oblige, il a été très difficile d’obtenir des informations, les militaires, conscients des impacts, notamment des réactions des talibans et y compris sur leurs carrières n’iront pas plus loin que le courageux aumônier ; tout est dans son rapport, rien ne sera, pour l’instant, dit de plus.

 

Le problème dans cette affaire, ce n’est pas la transgression du devoir de réserve ou plus prosaïquement celui de fermer sa gueule mais bien de déterminer un seuil de résistance aux ordres : à partir de quand notre système de valeurs est-il en contradiction avec les exigences du commandement ? Sachant que tout militaire doit s’interroger sur la légalité de tout ordre exécuté, peut-il aussi faire marcher son cerveau par une autre interrogation : celle de la congruence entre ce qui lui est ordonné et ce qu’il fait ? Il est clair que la différence entre les deux données est aux antipodes l’une de l’autre, dans le cas global qui nous préoccupe c’est d’une consigne dont il s’agit : celle de ne pas froisser l’Islam et d’adapter nos attitudes, fussent-elles méprisables … à nos yeux.

 

Le rapport : cliquez sur l’image

PDF - 156.2 ko

Il fait chaud, très chaud, près de 50 degrés, la femme en uniforme, française, qui distribue, action humanitaire ? des tapis de prières aux femmes afghanes d’un village (c’est dans le rapport), doit avoir les bras couverts, le prêtre ne mâche pas ses mots en sous entendant que les tapis sont financés par le contribuable français. Tout ce que nous apportons, construisons, livrons est accepté avec mépris, le mépris de ceux qui ont déjà perdu la guerre, c’est le ressenti exprimé du père Jullien. Mépris aussi envers cette jeune sous-officier féminin contrainte par sa hiérarchie de dissimuler sa tête ne laissant que le visage, une partie seulement, visible au motif de respect envers…je vous laisse deviner la suite…


S’adapter aux valeurs de l’Islam afghan, c’est perdre les nôtres et accepter que les dérives deviennent acceptables, puis normales, au risque de perdre tout sens moral, puisque là bas, c’est normal d’être le mari de 50 ans d’une fillette de 10 ans. Alors on passe, et de normalité en normalité, on accepte de transgresser nos valeurs. En France, un homme de 50 ans avec une fillette de 10 ans, c’est de la pédophilie (dans le rapport). Pour ne pas déplaire, nos soldats peuvent sombrer dans une servilité dont les psychiatres parviendront ou ne parviendront pas à réparer les effets pervers, les cerveaux incapables de connecter ce qu’ils observent à leurs acquis moraux et valeurs républicaines aux ordres légaux reçus.

 

Ces « deux poids deux mesures » morales à des milliers de kilomètres de distance peuvent déstabiliser gravement le psychisme de nos soldats. C’est ainsi qu’ils peuvent assister à la quasi mise à mort d’une mère de famille par son mari qui l’assomme, au sol, de coups de pieds, aux cris et hourras de liesse de ses enfants mâles. « C’est comme ça ici… » Et on passe son chemin. Les ordres, les consignes, sont des contre-sens humains, tabasser une femme pour le plaisir devrait, normalement, conduire son exécuteur en prison, ou devant un juge, ici le juge c’est le mari barbu qui donne les coups, la femme est son objet, sa bête de somme, sa prison est son voile et le militaire français un passager du temps qui n’est ni le sien ni celui de ses valeurs, simple observateur qui se déshumanise.

Cérémonie militaire troublée

Pendant qu’on rendait hommage à un légionnaire tué, drapeau français dans le vent, militaires au présentez-armes, minute de silence, des dignitaires locaux invités aux cérémonies sont restés assis plaisantant bruyamment entre eux. Il est même rapporté que certains, fort nombreux, se sont rapidement portés vers le foyer des soldats pour écluser bière sur bière n’oubliant pas d’en provisionner, au passage, les larges poches de leurs burnous.

Nos militaires se battent déjà dans des conditions difficiles. Ils risquent leurs vies en permanence. Faut-il, en plus, leur imposer des consignes qui nous déshonorent tous ?

Louis Pinou

 

Le rapport : cliquez sur l’image

PDF - 156.2 ko

10 février 2011

 

 

http://www.armees.com/info/actualites/consignes-aux-militaires-francais-en-afghanistan-deni-de-valeurs-et-profil-bas-que-se-passe-t-il,34554.html

 

 

 

On demande aux soldats de couvrir le pillage des pays, leur occupation, et lorsqu'ils sont témoins de scènes intolérables, comme en Afghanistan, obscurantiste, ils doivent se taire: La complaisance doit être totale - la soif de profit excuse tout. L'Occident démocrate tolère les dictateurs, et les met en place aussi, d'ailleurs, et il tolère également des comportements inadmissibles - tout cela pour l'appât du gain (pour une minorité). Et naturellement, le discours est lénifiant: Protégons la liberté, la démocratie, les femmes... Il y a loin du discours aux actes ! Mais les politiques n'arriveront pas à étouffer la conscience de certains Eva R-sistons

 

 

Dernier commentaire :

 

Jean- Claude Meynet il y a 2 jours

Il faut ne pas connaître le métier de militaire pour écrire que celui-ci doit obéir car c’est son premier devoir.
Même s’il est de son devoir d’être aux ordres de ses chefs ce n’est pas pour cette raison qu’il doit être idiot..
Je rejoints pour cela le discours de l’aumonier que je félicite d’avoir eu le courage de son opinion.

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Published by eva r-sistons - dans Exactions
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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 02:44

 

 

. Libye : Kadhafi jette les jalons d’une guerre civile

 

 

http://www.espacefeminin.org/23-02-2011-libye-kadhafi-jette-les-jalons-d-une-guerre-civile

 

 

Une guerre civile provoquée en Libye afin de justifier une intervention militaire des États-Unis et de l'OTAN ?
Mahdi Darius Nazemroaya

 

Le 1 mars 2011

 

Est-ce que Tripoli est poussée à la guerre civile pour justifier une intervention militaire des Etats-Unis et de l'OTAN dans la Libye qui regorge de pétrole? 

Est-ce que les pourparlers relatifs aux sanctions sont le prélude à une intervention de type Irak?

Il y a quelque chose de pourri dans la “Jamahiriya” de Libye

Il est certain que le Colonel Mouammar Kadhafi (Al-Gaddafi) est un dictateur. Il a été le dictateur et "caïd" de la Libye pendant à peu près 42 ans. Il apparaît aujourd'hui qu'on a fait monter les tensions et qu'on a attisé les flammes de la révolte sur place en Libye. Ceci inclut les déclarations du Secrétaire des Affaires Etrangères britannique William Hague comme quoi le Colonel Kadhafi avait quitté la Libye pour le Vénézuela. [1] Cette déclaration à servi à amplifier la révolte contre Kadhafi et son régime en Libye.

Bien qu'ils soient tous les trois  dictateurs, le Libyen Kadhafi est assez différent du tunisien Ben Ali et de l'égyptien Moubarak. Le pouvoir en Libye n'est pas tellement subordonné aux Etats-Unis et à l'Union Européenne. Contrairement aux cas de la Tunisie et de l'Egypte, la relation qui existe entre Kadhafi et les ETats-Unis et l'Union européenne est un modus vivendi. En clair, Kadhafi est un dictateur arabe indépendant et non pas un "dictateur supervisé" comme Ben Ali et Moubarak. 

En Tunisie et en Egypte, le statu quo prévaut, la machine militaire et le néo-libéralisme restent intacts, tout ceci roule dans le sens des intérêts des Etats-Unis et de l'Union Européenne. Par contre en Libye, les Etats-Unis et l'Union Européenne ont pour objectif de bouleverser l'ordre établi.

Les Etats-Unis et l'Union Européenne. veulent maintenant capitaliser sur la révolte contre Kadhafi et sa dictature en espérant se forger une position plus forte que jamais en Libye. Des armes entrent en Libye par ses frontières sud pour pousser la révolte. La déstabilisation de la Libye aurait aussi des conséquences significatives pour l'Afrique du Nord, l'Afrique de l'Ouest et les réserves d'énergie globales.

 


Le Colonel Kadhafi en bref

L'accession au pouvoir de Kadhafi a commencé quand il était lieutenant libyen au sein d'un groupe d'officiers qui ont fomenté un coup d'Etat. Le coup d'Etat de 1969 était contre la jeune monarchie libyenne et son roi Idris Al-Sanusi. Sous cette monarchie, la Libye était passive vis-à-via des intérêts des Etats -Unis et de l'Europe de l'ouest.

Bien qu'il n'aie aucun poste officiel ou gouvernemental, Kadhafi a alimenté et profondément enraciné une culture politique du favoritisme, de la corruption et des privilèges en Libye, dès le coup d'Etat de 1969. De plus, en toile de fond, il a aussi renforcé le culte de la personnalité en Libye.

Kadhafi a tout fait pour s'ériger en héros devant les masses, et en particulier les Arabes et les Africains. Ses aventures militaires au Tchad étaient aussi liées au fait de laisser sa marque dans l'histoire et de créer un état client  en morcelant le Tchad. Le "cahier vert" de Kadhafi a été fortement décrit et vénéré en tant qu'exploit politique et philosophique. De nombreux intellectuels ont été obligés ou payés pour le soutenir.

Avec le temps, le Colonel Kadhafi a essayé de se forger une image romantique d'homme du peuple. Ceci implique notamment de vivre sous la tente. Il a tout fait pour se faire remarquer. Ses réprimandes à l'égard des autres dictateurs arabes, comme le Roi Abdallah d'Arabie Saoudite pendant les sommets de la Ligue Arabe ont fait la une des journaux et ont été bien accueillis par beaucoup d'Arabes. Pendant ses visites d'état, il s'est ostensiblement entouré d'une garde rapprochée féminine pour attirer l'attention. De plus, il s'est aussi auto-proclamé imam ou leader des Musulmans, et homme de Dieu, discourant sur l'Islam en Libye et en dehors.

La Libye est gérée par un gouvernement sous la coupe de Kadhafi. La peur et le favoritisme ont été le nerf de la guerre pour maintenir l'ordre en Libye parmi les officiels aussi comme les citoyens. Des Libyens et aussi des étrangers ont été tués ou ont disparu pendant plus de dix décades. Le cas du Libanais Musa Al-Sadr, le fondateur du mouvement Amal, est l'un des plus fameux et a toujours été une entrave pour les relations Libano-Libyennes. Kadhafi a eu une influence très négative en créant et en conditionnant une hiérarchie entière d'officiels corrompus à Tripoli. Chacun poursuit son propre intérêt aux frais des Libyens.

Ruptures et Tensions dans la Hiérarchie du Régime de Kadhafi.

A cause de la nature du régime de Kadhafi à Tripoli, il y a beaucoup de tensions internes en Libye et dans la structure du régime elle-même. L'un de ces sujets de tension est entre Saif Al-Islam Kadhafi et le cercle des ministres plus âgés de son père.  Les ministres libyens sont en général divisés entre ceux qui se regroupent autour de Saif Al-Islam et ceux qui font partie de la vieille garde.                     

Il y a même des tensions entre Kadhafi et ses fils. En 1999, Mutassim Al-Kadhafi essaya de renverser son père quand le Colonel Kadhafi était hors de Libye. Mutassim Kadhafi dispose d'un panel de sociétés libyennes en tant que conseiller en sécurité nationale.  Il est fameux parmi les Libyens en tant que play-boy ayant passé la plupart de son temps en Europe et à l'étranger. Il y a aussi Khames Kadhafi qui a sa milice de nervis, qu'on appelle la milice Khames. Il a toujours été vu comme un candidat sérieux pour la succession par rapport à ses frères.

On a toujours eu en Libye des craintes au sujet de la succession en cas de disparition du Colonel Kadhafi. Au fil du temps, Kadhafi a purgé en profondeur la Libye de toute forme d'opposition organisée et a empêché quiconque, à part sa famille, d'acquérir suffisamment de pouvoir pour défier son autorité.

Le problème de la loyauté et de la défection en Libye.

Sans aucun doute, il n'y a pas une grande loyauté envers Kadhafi et sa famille. C'est par peur que les Libyens se sont tenus tranquilles. Au niveau du gouvernement libyen et des militaires libyens, bons ou corrompus, ils  se sont tenus tranquilles par peur et par intérêt personnel. Cette chape de peur vient de sauter. Les affirmations et les déclarations de dénonciations contre le régime de Kadhafi arrivent des officiels, des villes et des casernes dans toute la Libye.

Aref Sharif, commandant de la Force Aérienne libyenne, a lâché Kadhafi. Le Ministre de l' Intérieur Abdul Fatah Al-Yunis (Al-Younis), qui est de Bengazi et supervise une section des opérations spéciales en Libye a démissionné. On rapporte que Yunis est le numéro deux de Kadhafi, mais c'est inexact. Abdullah Sanusi, le chef des services secrets libyens et allié à Kadhafi par son mariage, serait plutôt numéro deux dans la structure du pouvoir à Tripoli.

On a rapporté que deux pilotes libyens se seraient réfugiés à Malte et que des vaisseaux de la marine libyenne auraient refusé d'attaquer Bengazi.  Les défections continuent en cascade au sein de l'armée et du gouvernement. Maintenant, il faut une pause pour analyser la situation.

L'opposition libyenne

Il est temps de se demander qui est l'opposition en Libye. L'opposition n'est pas  monolithique.  Son commun dénominateur est l'opposition au système de Kadhafi et de sa famille. Il faut dire que les "actions d'opposition ou de résistance contre l'oppresseur" et un "mouvement d'opposition" sont deux choses différentes. Principalement, les gens ordinaires et les officiels libyens corrompus, qui génèrent une haine bien ancrée envers Kadhafi et sa famille, sont maintenant dans le même camp, mais il y a des différences.

Il y a une forme d'opposition authentique qui n'est pas organisée, et une forme d'opposition systématique, qui est soit externe, soit menée par des personnalités du régime libyen proprement dit.  L'opposition interne des gens authentiques en Libye n'est pas organisée et les "actions de l'opposition" venant du peuple ont été spontanées. Pourtant, l'opposition et la révolte ont été encouragés et relatées depuis l'extérieur de la Libye à travers les réseaux sociaux, les chaînes de nouvelles internationales et les évènements à travers le reste du Monde Arabe. [2]

Le leadership de l'opposition interne qui émerge en Libye vient de l'intérieur du régime lui-même. Les officiels corrompus qui se sont rebellés contre Kadhafi ne sont pas choisis par le peuple. Ces figures de l'opposition ne sont pas opposées à la tyrannie; elles sont surtout opposées à la férule du Colonel Kadhafi et de sa famille. Aref Sharif et Al-Yunis sont eux-mêmes des personnalités du régime libyen.

Il faut voir que quelques officiels libyens qui se sont retournés contre Kadhafi le font pour se sauver, alors que d'autres vont travailler à mollir ou durcir leurs positions. Abdel Moneim Al-Honi, le délégué libyen à la Ligue Arabe au Caire, peut être pris comme exemple.  Al-Honi a dénoncé Kadhafi, mais il faut remarquer qu'il était l'un des membres du groupe des officiers libyens qui ont fait le coup d'Etat de 1969 avec Kadhafi et que plus tard en 1975, il a lui même essayé de prendre le pouvoir en un coup d'Etat manqué. Après ce coup manqué, il a fui la Libye et ne revint qu'en 1990 après que Kadhafi lui eût pardonné.

Al-Honi n'a pas été le seul diplomate libyen à démissionner. L'ambassadeur libyen en Inde en fit autant. Il y a une intention de la part de ces officiels à être partie-prenante du pouvoir en Libye après l'éviction de Kadhafi:

L'ambassadeur de Libye en Inde Ali al-Essawi a déclaré à la BBC qu'il démissionnait, opposé à l'attitude violente du gouvernement envers les manifestants.

M. Al-Essawi avait été Ministre à Tripoli et pourrait être une personnalité importante dans un gouvernement alternatif, au cas où le Président libyen Mouammar Kadhafi perde le pouvoir.

Le second diplomate libyen à démissionner fut le représentant permanent auprès de la Ligue Arabe  Abdel Moneim al-Honi, qui déclara au Caire qu'il devait quitter son poste pour "rejoindre la révolution" dans son pays.

"J'ai remis ma démission en protestation contre les actes de répression et de violence contre les manifestants, et je rejoins les rangs de la révolution," a déclaré M. Al-Honi. Le second Secrétaire Hussein Sadiq al Musrati, a annoncé sa démission depuis la Chine, dans un interview à Al-Jazeera, et a appelé l'armée à intervenir dans le soulèvement. [3]

A nouveau, ces officiels en révolte, comme Al-Yunis et Sharif, sont issus du régime. Ce ne sont pas des diplomates, mais d'anciens ministres. Il y a aussi la possibilité que ces "figures de l"opposition" pourraient avoir fait ou faire des arrangements avec des puissances étrangères.

Puissances étrangères en jeu en Libye

Les gouvernements des Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne et Italie savaient très bien que Kadhafi est un despote, mais cela ne les a nullement empêchés de faire des affaires lucratives avec Tripoli. Quand les media ont couvert la violence en Libye, on aurait pu aussi se demander, d'où viennent les armes qu'on a utilisées? Les ventes d'armes que les Etats-Unis et l'Union Européenne ont faites à la Libye doivent être examinées. S'agit-il d'une partie de leur programme de promotion?

Depuis le rapprochement entre les Etats-Unis et la Libye, les forces militaires des deux pays se sentent des points communs. La Libye et les E.U. ont  des transactions militaires, et depuis le rapprochement, Tripoli s'est montré très intéressé à acheter du matériel lourd américain. [4] En 2009, une porte-parole du Pentagone, le Lieutenant-Colonel Hibner, a affirmé que cette relation était au mieux; "[Les E.U.] considéreront les demandes libyennes pour des équipement de défense qui permettent [à la Libye] de se renforcer dans des zones qui servent nos intérêts mutuels [ou les intérêts synchronisés des Etats-Unis et de la Libye]." [5] Le critère est ici les intérêts des Etats-Unis, c'est-à-dire que le Pentagone n'armera la Libye que sur la base des intérêts étasuniens.

Il semble que ce qui est arrivé hier, c'est l'arrivée en Libye de tout un arsenal de matériel de défense des Etats-Uis.  Des jets F-16 made in USA, des hélicoptères Apache et des véhicules sont utilisés en Libye par Kadhafi. Si elle est confirmée, cette révélation est choquante. Il n'y a pas de confirmation officielle au sujet de ce matériel militaire en provenance des Etats-Unis dans l'arsenal libyen. Par rapport aux F-16, les jets libyens sont traditionnellement des Mirages de fabrication française et des MIGs russes.

Silvio Berlusconi et le gouvernement italien ont également été d'ardents  supporters  du régime de Kadhafi.  Il y a une information en provenance de Libye selon laquelle il y aurait des pilotes italiens au sein de l'Armée de l'Air libyenne. [7] Il y a également des mercenaires venant du Tchad, du Soudan, du Niger et du Nigeria.  Ceci a été vérifié sur des vidéos en provenance de Libye. Le régime libyen envisage également de passer des contrats avec des sociétés de sécurité américaines ou européennes (mercenaires). [8]

Les Politiques d'Al Jazeera

Le gouvernement libyen a coupé Internet et les lignes téléphoniques, une guerre de l'information est en cours. Bien qu'étant l'un des réseaux d'information les plus professionnels du monde, il faut reconnaître qu'Al Jazeera n'est pas neutre. Il est subordonné à l'Emir du Quatar et au gouvernement Quatari, qui est aussi une  autocratie. En sélectionnant et choisissant ce qu'il rapporte, la couverture de la Libye par Al Jazeera est biaisée. Ceci saute aux yeux quand on examine la couverture de Barheïn par Al Jazeera, qui a été tronquée en raison des liens politiques entre Barheïn et Quatar.

Les retours d'Al Jazeera sur les jets libyens faisant feu sur les manifestants à Tripoli et dans les villes principales ne sont pas confirmés et posent question. [9] D'où les relations selon lesquelles les jets libyens  auraient attaqué les gens dans les rues n'ont pas été vérifiées. On n'a aucune preuve visuelle de l'attaque des jets, alors que les autres évènements de Libye ont été confirmés par des preuves visuelles.

Al Jazeera n'est pas le seul à avoir biaisé les informations venant de Libye. Les media d'Arabie Saoudite se délectent également des évènements en Libye. Asharq Al-Awsatest un journal appartenant à un Saoudien, et qui est strictement aligné sur les intérêts des Etats-Unis dans la région du Moyen-Orient Afrique de l'Est (MENA). Son rédacteur en chef fait actuellement des éditoriaux glorifiant la Ligue Arabe pour sa décision d'exclure la Libye, à cause de  l'usage de la force par Tripoli envers les manifestants libyens - pourquoi de telles mesures n'ont-elles pas été prises pour l'Egypte, la Tunisie, le Barheïn ou le Yémen? - A l'intérieur comme à l'extérieur du Monde Arabe, les media principaux créent actuellement les conditions pour une intervention en Libye.

Le Rôle des intérêts étrangers en Libye

Kadhafi et ses fils ont géré la Libye comme une propriété privée. Ils ont gaspillé ses forces et ses ressources naturelles. L'un des fils de Kadhafi est connu pour avoir payé la chanteuse américaine Beyonce Knowles au moins un million de dollars US pour un concert privé. [10] Les sociétés étrangères jouent également un rôle dans cette histoire.

Les positions et les actions des sociétés étrangères, des Etats-Unis et de l'Union Européenne face à la Libye ne devraient pas être ignorées. 

Se poser des questions sur le rôle des gouvernements et des sociétés étrangers en Libye, voilà qui est très important. Les gouvernements italien et américain devraient être interrogés quant au rôle des pilotes de nationalité italienne, et de toutes les nouvelles armes mises en jeu en Libye.

Il est très clair que la démocratie est employée comme un prétexte pratique uniquement contre les dictateurs qui ne font pas allégeance aux intérêts américains et européens. Il suffit de regarder comment Mutassim Kadhafi fut accueilli les bras ouverts à Washington le 21 avril 2009 par Hillary Clinton et l'administration Obama. Après le meeting, la Secrétaire d'Etat Clinton a déclaré en public:

Je suis très heureuse d'accueillir le Ministre Kadhafi au Département d'Etat. Nous attachons beaucoup d'importance à la relation entre les Etats-Unis et la Libye. Nous avons beaucoup d'occasions pour approfondir et renforcer notre coopération, et je souhaite vivement  investir dans cette relation. Alors, M. le Ministre, bienvenue ici. [11]

Ce que veulent les Etats-Unis et l'Union Européenne maintenant, c'est tirer un maximum de profit de la Libye. La guerre civile, c'est ce que Bruxelles et Washington ont derrière la tête.

La balkanisation de la Libye et la marche vers la guerre civile.

Le fils de Kadhafi Saif Al-Islam a fait des déclarations sur la télévision libyenne sur des organisations religieuse apparentées aux Talibans et qui prendraient le dessus en Libye ou essayeraient de le faire. Rien n'est moins vrai. Il a aussi mis en garde contre la ruine et la guerre civile. C'est un exemple des efforts de la famille Kadhafi pour garder le pouvoir en Libye, mais une avancée vers la guerre civile apparaît en Libye.

Parmi les personnalités en vue chez les militaires, Mahdi Al-Arab, le chef adjoint de l'Etat-Major libyen, aurait renié Kadhafi.  [12] Al-Arab a cependant modifié sa position en disant qu'il ne veut pas voir la Libye s'enfoncer dans la guerre civile que déclencherait une intervention étrangère ou une mise sous tutelle.  [13] C'est pourquoi Al-Arab a empêché les gens de sa ville, Zawarah, de se joindre à la révolte et d'aller à Tripoli, ville voisine.  [14]

Le penchant vers la guerre civile en Libye est encouragé par deux facteurs. L'un est la nature du régime de Kadhafi. L'autre est un désir extérieur d'affaiblir et de diviser la Libye. 

Kadhafi a toujours agi de façon à diviser les Libyens. Cela fait des années que l'on craignait que les fils de Kadhafi ne déclenchent entre eux une guerre civile, ou qu'un autre haut dignitaire n'intervienne pour prendre le pouvoir après la disparition de Kadhafi. Une guerre civile sur les bases des ethnies, du régionalisme ou du tribalisme, ce n'est pas une très grosse menace. On peut coopter ou s'allier avec des tribus ou des régions, mais ceux qui voudraient déclencher la guerre civile sont des puissants du régime. Les risques de guerre civile viennent des rivalités entre les officiels du régime eux-mêmes. Il faut bien comprendre que ces rivalités ont été soigneusement entretenues afin de diviser la Libye.

Les feux de la guerre sont ravivés en Libye. Dans de nombreux cercles stratégiques à Washington, Tel-Aviv, Londres et aux Quartiers Généraux de l'OTAN, on voit d'un bon oeil le chaos dans le Monde Arabe. Si la Libye est en proie à la guerre civile ou devient balkanisée, les bénéficiaires seront les Etats-Unis et l'Union Européenne, à long terme, et il y aura de sérieuses implications géopolitiques.

Tous les états voisins en Afrique du Nord seraient déstabilisés par les évènements en Libye. L'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale seraient également déstabilisées. Les frontières tribales de Libye et du Tchad s'étendent jusqu'au Niger, à l'Algérie et au Soudan. Le chaos en Libye aurait également un impact non négligeable en Europe et sur l'énergie au niveau global. Les évènements en Libye servent de test pour le contrôle du Cercle Arctique et de ses ressources énergétiques. [15]

 


Quelle sera la chute de Kadhafi? 

Il y a de fortes chances pour que Kadhafi n'aie pas une sortie du pouvoir aussi heureuse que Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte. Kadhafi aura du mal à trouver un pays d'accueil. En général, Kadhafi est considéré comme une assurance par les autres gouvernements. L'Arabie Saoudite, que l'on peut dépeindre comme un refuge pour les dictateurs, n'accordera sans doute pas le refuge à Kadhafi. La Libye et l'Arabie Saoudite ne sont pas en bons termes. Il est également recherché pour témoignage au Liban. En général, la relation de Kadhafi avec les leaders des pouvoirs pétroliers arabes du Golfe Persique est tendue et négative. Personne ne l'accueillera dans le Golfe Persique.

En général, les gouvernements arabes auront peur de l'accueillir. Dans ses efforts pour passer pour un champion du peuple, il a insulté beaucoup de ses pairs dictateurs arabes. Cependant il faut dire que les déclarations de Kadhafi aux meetings de la Ligue Arabe ou au sujet de la Palestine ou de l'Irak sont beaucoup plus populaires et candides que ce qu'ont fait le reste des dictateurs.

Il est très improbable qu' un pays d'Amérique Latine, d'Europe ou ex-soviétique lui donne refuge. On le verrait mieux dans un pays d'Afrique sub-Saharienne.

Ses options sont limitées et il est déterminé à garder le pouvoir. La guerre civile semble surgir à l'horizon. Il y a fort peu de chances qu'il quitte la Libye pacifiquement, et les Etats-Unis et leurs alliés on sans aucun doute examiné ce scénario. Les 23 et 24 février 2010, il a rencontré les chefs des trois plus importantes tribus de Libye (Werfala, Tarhouna et Wershfana), pour s'assurer de leur soutien . [16] Sa propre tribu, Qaddafa, le soutient et il semble que les tribus Madarha et Awlad Slieman le soutiennent aussi. [17]

Les risques d'intervention de l'OTAN et les E.U. et l'U.E.  Contrôler la Libye

La Libye est dans le collimateur du Pentagone depuis des années. Selon Wesley Clark, le général en retraite qui était le commandant en chef de l'OTAN, la Libye était sur la liste des pays à envahir après l'Afghanistan contrôlé par les Talibans. La liste incluait l'Irak, la Somalie, le Soudan, le Liban, la Syrie et enfin l'Iran. Les propos de Clark:

"Alors je suis rentré pour le voir [un officier de haut rang au Pentagone] quelques semaines après, nous étions alors en train de bombarder l'Afghanistan." "- allons nous toujours faire la guerre avec l'Irak?" "- Oh, c'est pire que ça." Il rejoint son bureau. Il prit une feuille de papier" - Je la rapporte tout juste du 1er étage aujourd'hui." - ce qui voulait dire du bureau du Secrétaire de la Défense -. Il ajouta: "C'est un mémo qui explique comment nous allons prendre sept pays en cinq ans, d'abord l'Irak puis la Syrie, le Liban, la Somalie, le Soudan et pour finir l'Iran." [18]

D'une manière ou d'une autre, toutes les nations de la liste ont été attaquées de manière directe ou indirecte, et toutes, sauf la Syrie et l'Iran, ont succombé aux Etats-Unis et à ses alliés. Je répète, les seules exceptions sont l'Iran et son alliée la Syrie. Au Liban, les Etats-Unis ont partiellement gagné, mais il y a un recul avec le déclin de l'alliance du 14 mars conduite par Hariri.

La Libye a entamé des négociations secrètes avec Washington en 2001, qui se sont concrétisées par un rapprochement formel après la chute de Bagdad provoquée par les troupes britanniques et américaines en 2003. En fait, les Etats-Unis et leurs alliés ont toujours voulu étendre leur influence sur le secteur énergétique de la Libye et s'approprier les grandes richesses de la Libye. Une guerre civile offre la meilleure des couvertures en ce sens.

Les Libyens doivent être conscients du prétexte d'intervention pour aide humanitaire.

Les Libyens doivent absolument être sur leurs gardes. Il est clair que les Etats-Unis et l'Union Européeenne soutiennent les deux camps. Les Etats-Unis et l'Union Européenne ne sont pas les alliés des peuples du Monde Arabe. A ce propos, les Etats-Unis supportent Kadhafi au sol par du matériel militaire, alors qu'ils supportent également l'"opposition". Si les soi-disant gouvernements des pays occidentaux étaient sérieux au sujet de la démocratie, ils auraient coupé les liens commerciaux avec la Libye, et spécialement le secteur énergétique, avant 2011.

Washington et le pouvoir de Bruxelles pourraient conjointement coopter les forces d'opposition. Ils ont soutenu Kadhafi, mais ils ne le contrôlent pas, ni lui ni son régime, de même qu'ils n'ont pas contrôlé Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte. La Libye, c'est une toute autre histoire. Les objectifs de Washington et de Bruxelles seront de renforcer leur contrôle sur la Libye soit par un changement de régime, soit par une guerre civile.

Les "Actions de l'opposition à Kadhafi" sont puissantes, mais il n'y a pas de véritable "mouvement d'opposition." Les deux choses sont différentes. La démocratie n'est pas garantie, à cause de la nature de la coalition opposée à Kadhafi, qui compte de nombreux officiels corrompus du régime.

On discute actuellement d'une "intervention humanitaire" en Libye, comme en Yougoslavie et en Irak. Une "interdiction de survol" au dessus de la Libye a été évoquée, ainsi qu'une possible intervention de l'OTAN. Les intentions derrière ces déclarations ne sont pas humanitaires, mais visent à justifier une ingérence étrangère qui pourrait potentiellement mener à une invasion. Si ceci se mettait en place, la Libye deviendrait un pays occupé. Ses ressources seraient pillées et ses richesses privatisée et contrôlées par des compagnies étrangères comme c'est le cas de l'Irak. 

Aujourd'hui les fantômes d'Omar Mukhtar et de Saladin sont encore très vivants et actifs en Libye et dans le Monde Arabe. Se débarrasser de Kadhafi et de ses fils, ce n'est pas la solution. Tout le système corrompu de gouvernance en Libye, et la culture de la corruption politique doivent être démantelés.  En même temps il faut pourtant ne pas laisser s'installer en Libye les ingérences étrangères.  Si le peuple libyen est mobilisé et ferme, il peut combattre ces méthodes.

 


Article original en anglais : Libya: Is Washington Pushing for Civil War to Justify a US-NATO Military Intervention?, publié le 25 février 2011.

Traduction par Madelaine Chevassus

NOTES 

[1] “UK Hague: some information that Qaddafi on way to Venezuela,” Reuters, 21 février  2011.
[2] On revient en arrière vers la prolifération de drapeaux libyens lors du coup de 1969. D'où viennent tous ces drapeaux?
[3] “3 Libyan Diplomats resign,” The Hindu, 22 février 2011.
[4] James Wolf, “U.S. eyes arms sales to Libya,” Reuters, 6 mars 2009.
[5] Ibid.
[6] Informations venant de sources en Libye, non encore confirmées.
[7] Ibid.
[8] Ibid.
[9] Ibid.; J'ai donné des explications sur ce point.  La première explication, c'est que des agents du gouvernement de Libye ont répandu des contre-informations auprès d'Al-Jazeera. Ceci inclut les rapports faits à Al-Jazeera selon lesquels des jets avaient attaqué des civils dans les rues. Kadhafi a joué là-dessus pour discréditer Al-Jazeera  sur le plan intérieur en Libye en affimant au peuple Libyen qu'il n'y avait pas eu d'attaques de jets, et qu'Al-Jazeera  diffusait des contre-informations. La seconde explication est qu'Al-Jazeera diffuse tout simplement des contre-informations. En tout cas, les deux explications coïncident sur le fait qu'il n'y a pas eu jusqu'à présent d'attaque des manifestants par des jets libyens.
[10] Marine Hyde, “Beyonce and the $2m gig for Colonel Gaddafi’s son,” The Guardian (U.K.), 8 janvier 2010;le concert était pour  Mutassim et non pas  Hannibal Kadhafi (l'article a tort). L'article n'est pas fondamental et a été cité pour montrer que ce genre d'escapade est à peine connu des journaux grand public en Grande-Bretagne et en Europe de l'Ouest.
[11] U.S. State Department, “Remarks With Libyan National Security Adviser Dr. Mutassim Qadhafi Before Their Meeting,” 21 avril 2009: <http://www.state.gov/secretary/rm/2009a/04/121993.htm>.
[12] Informations venant de sources en Libye, non encore confirmées.
[13] Ibid.
[14] Ibid.
[15] David Ljunggren, “Libya turmoil puts focus on Arctic oil: Greenland,” ed. Robert Wilson, Reuters, 23 février 2011.
[16] Informations venant de sources en Libye, non encore confirmées. On m'a dit que Kadhafi promettait des réformes aux tribus et qu'il allait se retirer dans environ un an. Et également qu'il affirmait qu'aucun de ses fils ne serait au pouvoir en Libye
[17] Ibid.
[18] General (retired) Wesley Clark, “92 Street Y Exclusive Live Interview,” interview by Amy Goodman, Democracy Now, 2 mars 2007.


Mahdi Darius Nazemroaya specialisé dans le Moyen-Orient et l'Asie Centrale. Il est chercheur associé du Centre de recherche sur la Mondialisation.

 

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23455

 

 

Lire  aussi :

 

Les USA réservent à Kadhafi le sort de Saddam Hussein

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 02:39
Libye, le rébus de la zone d'interdiction aérienne

 

 

 

Mondialisation.ca, Le 3 mars 2011

 

Les leaders des rebelles, réunis hier (mercredi 2 mars) dans leur quartier général de Bengasi, ont conclu qu’ils n’arriveront pas seuls à renverser Kadhafi. Ils demandent donc, à la majorité, une intervention aérienne Usa/OTAN, en commençant par l’imposition d’une zone d’interdiction aérienne sur la Libye. « Les Etats-Unis -disent-ils- ont apporté la démocratie quand ils sont intervenus au Kosovo ». Une partie des rebelles cependant est contre : « Nous devons nous libérer seuls, demander une intervention étrangère équivaudrait à une trahison ».

 

Le même jour, à Washington, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a confirmé que l’imposition d’une zone d’interdiction aérienne sur la Libye est prise « en sérieuse considération » par les Usa et leurs alliés. C’est pourtant le secrétaire à la défense Robert Gates qui refroidit les enthousiasmes : il a déclaré que « ce n’est pas le moment pour les Etats-Unis d’entrer dans une autre guerre ». Le républicain Gates, auparavant secrétaire à la défense de l’administration Bush, prend dans ce cas le rôle de la « colombe », tandis que la démocrate Clinton prend celui du « faucon ». Du Pentagone, hier, Gates, avec à ses côtés le chef d’état-major Mike Mullen, a déclaré qu’il convient de réfléchir avant d’envoyer des militaires dans un autre pays, étant donné que les Etats-Unis ont déjà 50 mille soldats en Irak et 100 mille en Afghanistan.

 

L’amiral Mullen a ajouté qu’imposer une zone d’interdiction aérienne sur la Libye est « une opération extrêmement complexe ». Ce qu’a confirmé le général Mattis, chef du Commandement central des Etats-Unis. « Il n’y a pas d’illusions à se faire » a-t-il  dit hier à la commission sénatoriale sur les services armés, « ce serait une opération militaire ». Etant donné que les forces de Kadhafi disposent de missiles terre-air, il faudrait « mettre hors d’usage les défenses aériennes libyennes par des attaques aériennes ». Cela demanderait « un grand nombre d’avions, qui opéreraient depuis les bases étasuniennes en Italie méridionale ». Pour cette opération, d’autres aéroports seraient aussi nécessaires, surtout en Egypte et en Tunisie.

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU, bien qu’ayant décrété des sanctions contre Kadhafi, n’a pas décidé l’imposition d’une zone d’interdiction aérienne, à laquelle Chine et Russie s’opposent. Pour Washington, cet obstacle est secondaire, étant habitué à mettre les autres pays devant le fait accompli. Le Sénat étasunien a en effet, à l’unanimité, voté hier en faveur d’une zone d’interdiction aérienne sur la Libye. L’administration Obama, en ce point, a carte blanche. Sur ordre du président, le Pentagone est en train de repositionner les forces navales et aériennes pour préparer « la gamme complète d’options », y compris l’attaque aérienne pour mettre hors d’usage les défenses de Tripoli et mettre en oeuvre la zone d’interdiction aérienne. Gates a annoncé que le navire d’assaut amphibie Kearsarge, avec à bord marines et hélicoptères de combat Cobra et flanquée d’une unité d’appui, est entré en Méditerranée par le Canal de Suez afin de prendre position face aux côtes libyennes, où viendra aussi se ranger le porte-avions nucléaire Enterprise. L’objectif  officiel étant l’ « aide humanitaire ».

 

Au Commandement des forces navales étasuniennes en Europe, à Naples, dans la base de Sigonella et dans les autres bases étasuniennes en Italie, tout est prêt.  Dans le désintérêt complet du parlement, presque toute l’ « opposition » comprise, qui attend la décision de la Maison Blanche, en ignorant les lourdes implications de l’utilisation du territoire italien pour une opération guerrière, dirigée par les USA, dans l’Afrique du Nord voisine.

 

Edition de jeudi 3 mars 2011 de il manifesto

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Lire également : Opération Libye en préparation, Le Pentagone « repositionne » les forces navales et terrestres, publié le 2 mars 2011. 


Manlio Dinucci
est géographe et collaborateur au quotidien italien il manifesto

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23488

 

 

 

Le Pentagone « repositionne » les forces navales et terrestres

par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, Le 2 mars 2011




« Les Etats-Unis sont en train de repositionner leurs forces navales et aériennes dans la région » pour préparer « leur gamme complète d’options » à l’égard de la Libye : c’est ce qu’annonce hier (mardi 1er mars) le porte-parole du Pentagone, colonel de marines Dave Lapan. Il a ainsi dit que « c’est le président Obama qui a demandé aux militaires de préparer ces options », car la situation en Libye empire. Les militaires ont donc commencé « la phase de planification et préparation » pour une intervention en Libye. Les stratèges du Pentagone travaillent à plusieurs plans spécifiques, en fonction desquels a commencé le « repositionnement des forces » de façon à avoir la plus grande flexibilité  pour mettre en acte n’importe quelle option.

 


Le colonel de marines états-uniennes Dave Lapan

Dans ce cadre, le porte-avions nucléaire USS Enterprise, envoyé dans le Golfe d‘Aden officiellement pour des opérations anti-piraterie, a commencé à remonter la Mer Rouge pour traverser le Canal de Suez et se placer devant les côtes libyennes. Même déploiement pour le navire amphibie de débarquement USS Kearsarge, avec à son bord une escadrille d’hélicoptères d’attaque et 2 mille marines. Une première option pourrait être l’imposition d’une « no-fly zone » sur la Libye : les chasseurs étasuniens et d’autres pays de l’OTAN empêcheraient tout avion de décoller pour survoler le territoire libyen, en l’abattant s’il le faisait. Cette mesure, dont la motivation officielle serait d’empêcher les chasseurs de Kadhafi de frapper les rebelles, isolerait, en pratique, la capitale. Une autre mesure, qui pourrait être mise en œuvre en même temps, serait d’interrompre toutes les télécommunications entre la capitale et le reste du pays. On prépare simultanément une troisième option : le débarquement de forces en Libye, officiellement pour ouvrir « des couloirs humanitaires ».

 

Les opérations aéronavales sont dirigées par le Commandement des forces navales USA en Europe, à Naples, où se trouvent aussi le quartier général des forces navales du Commandement Africa et celui de la Force conjointe alliée. Les trois commandements sont dans les mains du même amiral étasunien Sam J. Locklear III.  Un rôle important revient aussi à la base aéronavale de Sigonella (en Sicile), d’où opère depuis longtemps une force spéciale étasunienne pour des missions secrètes en Afrique. Mais c’est tout le réseau des bases USA/OTAN en Italie, Sixième flotte comprise,  qui est en état d’alerte pour « la gamme complète des options ». C’est ce qu’a confirmé le secrétaire étasunien « à la défense » (guillemets de la traductrice) Robert Gates, dans une interview au Wall Street Journal et au Weekly Standard : à propos de l’imposition d’une no-fly zone sur la Libye, il a déclaré que « la France et l’Italie ont les structures qui permettraient de mettre en acte l’opération plus rapidement ».

  

Ce que serait la couverture politique de l’opération, c’est la secrétaire d’Etat Hillary Clinton qui l’a anticipé. Dans une intervention depuis la base aérienne d’Andrews, elle a annoncé que les Etats-Unis sont en train de prendre « des contacts avec de nombreux Libyens qui s’organisent dans la partie orientale du pays, tandis que la révolution avance vers l’ouest ». Ceci confirme indirectement les informations, provenant de diverses sources, que « des conseillers » étasuniens et OTAN sont déjà au travail chez les rebelles. Le feu vert à l’imposition d’une « no-fly zone » et au débarquement de forces USA/OTAN en Libye serait donné à la demande des rebelles eux-mêmes ou d’un « gouvernement provisoire », dirigé par quelque notable qui ait quitté en temps utile la barque du raïs pour passer sur celle des rebelles.

 

Ce qui apparaît ressemble à un plan de « balkanisation » de la Libye, qui exploite le mécontentement et la haine évidente pour le chef et son clan accumulés chez une partie de la population et, donc, la lutte de ceux (surtout des jeunes) qui se battent sincèrement pour la démocratie et la justice sociale. Un plan, conçu à Washington, qui ne prévoit pas d’éteindre les flammes de la guerre civile, mais de les alimenter pour affaiblir ultérieurement la Libye. La mise est claire : le contrôle des précieuses réserves énergétiques libyennes. Le mot « révolution » dans la bouche de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton devrait résonner comme un signal d’alarme quant au type d’ « assistance » qu’elle offre « à quiconque désire la recevoir des Etats-Unis ».

 

Edition de mercredi 2 mars 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20110302/pagina/05/pezzo/298325/  

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 
Manlio Dinucci est géographe et collaborateur au quotidien italien il manifesto

 

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=2345

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 02:35
Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 00:21

 





Le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, a procédé en janvier à une nouvelle répartition des tâches en matière d’intervention militaire sur le Net.

Désormais, le Strategic Command (qui gère la force de frappe nucléaire) est responsable du hacking et de la cyber-défense. L’état-major interarmes est responsable des opérations d’intoxication. Tandis que le Special Operation Command est responsable de la récupération d’informations utiles aux opérations secrètes.
Cette division des tâches n’empêche pas les commandements régionaux de se doter de leurs propres services d’intervention sur le Net. Ainsi, le Central Command (responsable du Moyen-Orient élargi) vient d’acquérir un logiciel créé pour lui par Ntrepid pour 2,7 millions de dollars. Ce matériel permet aux militaires d’usurper de fausses identités en nombre sur les réseaux sociaux, d’entretenir ces profils de manière cohérente, et de mener toutes sortes d’opération d’infiltration, de renseignement, de manipulation ou d’intoxication sans qu’il soit possible de révéler leur supercherie.

Ntrepid est le fabriquant du célèbre logiciel Anonymiser© dont on peut désormais penser qu’il livre au Pentagone l’identité de les démasquer.

http://www.voltairenet.org http://www.voltairenet.org

 

Le Pentagone investit les réseaux sociaux

 

 

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La LOPPSI 2, un Patriot Act français

La LOPPSI 2, un Patriot Act français


 

par Jean-Claude Paye | Bruxelles (Belgique) | Focus | Le Parlement français vient d’adopter une nouvelle loi fourre-tout qui transcrit en droit français diverses mesures du Patriot Act états-unien. Pour le sociologue Jean-Claude Paye, l’inefficacité du vaste système de surveillance progressivement mis en place atteste que sa finalité réelle est autre que le but annoncé. Les sociétés occidentales évoluent vers un modèle infantilisant où seul le fait de se placer sous le regard enveloppant du pouvoir génère un sentiment de sécurité.
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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 02:24
http://www.demassieux.fr/TDFWeb/TDFWebFull-CXVIII_.htmlLA FERME RAVAGÉE PAR LA GUERRE. – La guerre est toujours un grand malheur pour les peuples, quel qu'en soit le résultat, et les vainqueurs souvent n'y perdent pas moins que les vaincus. La où les batailles se livrent, les campagnes sont dévastées : la vie entière dans tout le pays est suspendue, le commerce est arrêté et ne reprend
 images/TDFWebFull209.jpgensuite qu'avec peine.

Gross malheur la guerr' !


Il arrivait parfois, par ces mots,  à quelques soldats allemands des troupes régulières d'occupation (Wehrmacht)  de s'excuser presque auprès des Français qu'ils avaient pour mission d'envahir. Dans ma prime jeunesse, je passais de long moments, assis dans le fossé avec une sentinelle d'un certain âge, qui, de toute évidence, se demandait ce qu'il flanquait là. Il ne parlait pas un mot de ma langue, pas plus que moi de la sienne. mais nous synpathisions malgré tout; il me laissait jouer avec son fusil. ..

Jacques Dufilho avait écrit et interprété un sketche "Le Paysan prisonnier" qui dénonçait, en la raillant, la stupidité criminelle de ces affrontements périodiques entre nos deux peuples, l'un plus conquérant que l'autre, l'autre plus revanchard que l'un. Les soldats n'étaient pas de plomb, et leurs veuves ravalaient leurs larmes. C'était la bonne vieille guerre dans la plus pure tradition bouchère. Mais tout évolue, surtout dans ce domaine où les états souverains consacrent la plus grande partie de leur budget à s'armer jusqu'aux dents, afin de donner la tremblotte au voisin possiblement vorace; 800 milliards de dollars octroyés aujourd'hui aux militaires US, pour qu'ils nous envoient dans les étoiles avec des fusées-suppositoires ou nous vitrifient avec leurs derniers gadgets.

Hier encore on s'accommodait presque, à contre-coeur, de l'existence de tyrans: Hitler, Staline, Franco, et tout le menu fretin satellitaire, auteurs d'innombrables exactions, d'inimaginables destructions de peuples et de biens. Le temps a passé, la Terre s'est secouée de ces monstres parasitaires de civilisations.… 

La Sagesse, la Paix, n'étant pas, en définitive, le propre de l'Homme en société, d'autres, inévitablement sont venus franchir la marche suivante: celle qui le mène à sa Perte, celle de l'Espèce! Car, à quelques petits tyranneaux près (Kim-Jong-Il, Ahmadinejad, et autres fêlés) on ne peut mettre un visage sur les programmateurs de la Destruction finale, sinon découvrir qu'il s'agit d'entités anonymes, gluantes de devises, qui prétendent mener la danse, et jonglent avec notre espoir de perdurer. Le  Big Brother nouveau est arrivé, et il n'aura pas un goût fruité, mais bien de poudre, de radiations et de pourriture. 

Son problème, qui pourrait toucher un observateur à l'esprit logique, c'est "lorsqu'il aura asservi les peuples, et détruit le vaisseau Terre, où va-t-il bien pouvoir, ce Grand Frère, se retirer pour de longues vacances? S'il devait exister un dieu (ils sont déjà plusieurs en concurrence, dans la tête des pions qui s'entretuent pour les défendre, ces vues de l'esprit humain) l'inviterait-il à s'asseoir à sa …gauche pour jouer encore un tour à re-écrire un nouveau scénario moins foireux, dans lequel, (après avoir rayé en priorité toute idée de pouvoir et de béquilles, les monnaies, pour le soutenir) on remettrait les pendules astronomiques à zéro, et le bon sens à la mode, histoire de VivrEnPaix!

Quelques citations, glanées sur le site EVENE:

• La crainte de la guerre est encore pire que la guerre elle-même SÉNÈQUE
• Je connais maintenant la définition de la guerre: la guerre c'est la mort des autres; On ne la laisse
   durer que parceque ce sont les autres qui la font et qui en meurent. JEAN GUÉHENNO
• Les guerres ont toutes sortes de prétextes, mais n'ont jamais qu'une cause: l'armée. Otez l'armée,
   vous ôtez la guerre. VICTOR HUGO (extr. Actes et paroles)
• Faites de que vous voulez, a décidé le dieu, mais faites taire ce vacarme de guerre qui m'empêche de    rêver. GERARD KLEIN (Ext. Les Seigneurs de la Guerre)
• Il suffit de chaNter un chant de paix avec gesticulations et grimaces pour qu'il devienne un chant de
   guerre. JEAN GIRAUDOUX (Extr. la Guerre de Troie n'aura pas lieu)
• L'humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l'humanité. JOHN
   FITZGERALD KENNEDY
• Les profits sont intéressants tant que dure la guerre! La guerre dure tant que les entrepreneurs y
   trouvent leurs profits. JACUES LAMARCHE (Extr; La Dynastie des Lanthiers)
• Le ministre de la guerre a donné sa démission; la guerre est supprimée. JULES RENARD
• La guerre n'est jamais fatale, mais elle est toujours perdue. GERTRUDE STEIN
• La guerre n'est rien d'autre que la continuation de la politique par d'autres moyens. CARL VON
   CLAUSEWITZ
• Les monuments aux morts des guerres que l'on perd sont moins laids que les monuments aux morts
   des guerres que l'on gagne. NICOLE VÉDRÈS (Ext. Suite parisienne)
• La guerre de 14-18 avait fait un civil tué pour dix militaires. La guerre de 39-40, un civil pour un
   militaire. Le Viêt Nam, 100 civils pour un militaire. Pour la prochaine, les militaires seront les seuls
   survivants. Engagez-vous ! COLUCHE
• Le footbal américain, c'est comme la guerre nucléaire: il n'y a pas de vainqueur, juste des survivants
   FRANK GILFORD
• On est volé à la Bourse comme on est tué à la guerre, par des gens qu'on ne voit pas. ALFRE CAPUS
• On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut. NICOLAS MACHIAVEL 
• Toutes les guerres sont civiles car c'est toujours l'homme contre l'homme qui répand son propre sang
   FÉNELON (Extr. Dialogue des morts)
• La guerre! C' est une chose trop grave pour la confier à des militaires. GEORGES CLEMENCEAU
• Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent. JEAN-PAUL SARTRE
• Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts; ERNEST RENAN
• Le nerf de la guerre, c'est l'argent. BION DE PHLOSSA
• On peut beaucoup plus largement se passer des hommes que des femmes; c'est pourquoi c'est eux
   qu'on sacrifie dans la guerre; GEORGE BERNARD SHAW
• On ne ment jamais tant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse.  
   GEORGES CLEMENCEAU
• Les après-guerre sont faites pour enterrer les morts et trouver quelques belles phrases. F.BLANCHE
• Les diplomates sont là pour commencer les guerres et les soldats pour les finir. WILL ROGERS
• Défilé patriotique…ces défilés sont l'un des plus répugnants phénomènes qui accompagnent
   accessoirement la guerre. FRANZ KAFKA
• Tout ce qui touche à la guerre est une gifle au bon sens. HERMAN MELVILLE
• Le jour où personne ne reviendra de guerre, c'est qu'elle aura été bien faite. BORIS VIAN
• Je me demande si la guerre n'éclate pas dans le seul but de permettre à l'adulte de faire l'enfant, de
   régresser avec soulagement jusqu'à l'âge des panoplies et des soldats de plomb. M. TOURNIER
• il est plus facile de faire la guerre que la paix; GEORGES CLEMENCEAU
• Dans une guerre, c'est toujours l'adversaire qui commence. FRANCIS BANCHE
 
LIENS (EVA RESISTONS)


Nous sommes probablement près de la 3e Guerre mondiale: Voici pourquoi

Guerre froide USA-Chine - Mon blog NO WAR - Impérialisme évangélique

J'accuse le Gouvernement français d'avoir déclaré la guerre aux Musulmans !

 


http://kelbo.khaos.over-blog.com/article-gross-malheur-la-guerr-47100275.html

 


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Published by eva r-sistons - dans Guerres
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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 02:15

Comment gagner une guerre lorsqu’on dispose de ressources limitées ? Réflexions sur la guerre low cost...

  • Bonjour. Je viens de faire l’acquisition de cet ouvrage. Bien, que je n’ais pas terminé sa lecture, à priori, je suis un peu étonné des réflexions des auteurs ! J’eusse aimé que quelques uns eussent combattus les armes à la main sur un terrain de bataille, c’est à (...)
    Janmary
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Hier, la guerre était une activité de luxe et risquée. Rien n’a changé ou presque. Ce « presque » est ce qui a été nommé « les guerres low-cost ». Outre l’affrontement de volonté, la guerre est aussi un transfert de richesses et une extraordinaire destruction de ressources. Il devient aisé de comprendre que des stratégies et des tactiques low-cost puissent être mises en œuvre pour dépenser moins et gagner plus.

Les organisations non-étatiques, par la force des événements et des ressources, se sont adaptées selon cette logique. Et si progressivement le politique ne pouvait plus se permettre de sacrifier des hommes pour des opérations militaires qui ne sont plus systématiquement soutenues par la population ?

La technologie réellement maîtrisée et suffisante pourrait permettre de baisser les coûts dans de nombreux domaines, en réservant les hautes technologies aux domaines permettant d’avoir une supériorité presque certaine, au moins pendant quelques années.

Le coût de la guerre est soumis au filtre médiatique, à l’effet potentiellement très amplificateur. L’émergence de la guerre au sein des populations s’avère à la fois un des « symtômes » du déclin provisoire du concept d’État, au plan international, et de la limitation des moyens financiers et humains nécessaires pour mener une guerre industrielle de grande ampleur.

L’adaptation demeure une alternative au déclin relatif ou absolu de forces armées ne disposant plus des moyens de mener une guerre industrielle coûteuse dans la durée.

Au-delà de pistes de réflexions, ce recueil explorant le concept de low-cost appliqué à la défense pose l’équation particulièrement difficile à résoudre : « Comment conserver l’essentiel, sans négliger la préparation de l’avenir ? »

Alliance géostratégique est une fédération de blogs francophones de stratégie, de défense et de géopolitique, qui propose des thèmes mensuels de réflexion et de débats. À ce premier cahier, réalisé sous la direction de Stéphane Dossé, ont participé Charles Bwele,

COLLECTION LES CAHIERS D’ALLIANCE GÉOSTRATÉGIQUE - 124 PAGES

FORMAT 15,5 X 23,5 CM - BROCHÉ - ISBN : 978-2-915960-91-4 LES GUERRES LOW-COST

 

Stéphane Dossé (dir.)

 

 

Cliquez sur l’image pour l’agrandir et visualiser les modalités de commande de l’ouvrage

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 02:30


Mondialisation.ca, Le 28 janvier 2011 WSWS Des dépêches diplomatiques américaines citées par le quotidien norvégien Aftenposten révèlent au grand jour des entretiens entre des députés américains et des officiels israéliens en vue de préparer la prochaine guerre au Moyen-Orient. Ces documents font clairement ressortir à la fois les préparatifs d’Israël en vue d’une autre guerre majeure dans la région et le soutien inconditionnel de membres du Congrès, démocrates et républicains, qui, […]


By Daniel Tencer October 31st, 2010 ICH - Washington Post political correspondent David Broder has kind words for President Barack Obama in in his opinion column Sunday, arguing that it isn't the president's fault the economy is stuck in reverse. But the four-decade-plus veteran of Washington politics offers a startling solution to the president's political and economic woes: March off to war with Iran. The president, who is "much smarter" and "more inspirational" than any of his opponents, […]


Le Grand Soir 9 janvier 2011 Titre original: Les dépêches de Wikileaks révèlent les pourparlers de guerre américano-israéliens (WSWS) Go to the original : http://www.wsws.org/articles/2011/j... Par Bill VAN AUKEN (WSWS) Des dépêches diplomatiques des USA citées par le quotidien norvégien Aftenposten font état d’entretiens entre des législateurs étasuniens et des officiels israéliens en vue de préparer la prochaine guerre au Moyen-Orient. Ces documents font clairement ressortir à la fois les […]


Internationalnews Par Bill Van Auken WSWS 19 novembre 2010 Le sénateur républicain en vue Lindsey Graham a annoncé après les élections de mi-mandat l’intensification des menaces américaines contre l’Iran en appelant publiquement à une guerre totale qui « neutraliserait » Téhéran, laissant le pays dans l’incapacité de résister. Graham a fait cette déclaration samedi lors d’une conférence sur la sécurité internationale à Halifax, Canada. « L'endiguement n’est plus à l’ordre du jour, » a-t-il […]


Le Grand Soir 29 septembre 2010 « L’Iran voudrait se doter de l’arme nucléaire. Et nous devons tout faire pour l’en empêcher. » Effectivement, la majorité des médias et gouvernements occidentaux nous pousse à craindre cette menace qui ne ferait aucun doute. Ils sont très sûrs d’eux, péremptoires, catégoriques. Pourtant, ces médias et gouvernements, toujours les mêmes, au Royaume Uni, et aux Etats-Unis en tête, nous ont déjà menti, de façon flagrante, ou ont substitué la propagande à […]


Global Research, August 30, 2010 We have We have reached a decisive transition in the evolution of US military doctrine. The "Global War on Terrorism" (GWOT) directed against Al Qaeda launched in the wake of 9/11 is evolving towards a full-fledged "war of religion", a "holy crusade" directed against the Muslim World. US military dogma and war propaganda under the Bush administration, was predicated on combating Islamic fundamentalism: The counter-terrorism campaign was not directed against […]


Mondialisation.ca, Le 15 aout 2010 Faut-il rappeler l’absolue désolation de 20 ans d’embargo, trois guerres et des millions de victimes d’un Irak totalement détruit et en proie à des attentats quotidiens depuis l’illégale intervention américano-britannique en 2003 ; rappeler aussi les bombardements continus sur l’Afghanistan qui après 10 ans de résistance contre l’invasion par URSS en est bientôt à 10 ans de résistance contre l’invasion par les USA et l’OTAN ; rappeler encore l’interminable […]


Internationalnews Global Research, August 1, 2010 Part I: Global Warfare Humanity is at a dangerous crossroads. War preparations to attack Iran are in "an advanced state of readiness". Hi tech weapons systems including nuclear warheads are fully deployed. This military adventure has been on the Pentagon's drawing board since the mid-1990s. First Iraq, then Iran according to a declassified 1995 US Central Command document. Escalation is part of the military agenda. While Iran, is the next […]

Internationalnews Le Figaro 23 juillet 2010 L'US Navy débute ce dimanche au large de la Corée des manœuvres militaires navales Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie On va beaucoup jouer de l'étrave, dans les jours qui viennent, dans les eaux bordant la péninsule coréenne. Les États-Unis et la Corée du Sud commencent dimanche des manœuvres militaires navales de grande ampleur. Elles doivent mobiliser un porte-avions américain -le George Washington-, une vingtaine de navires et de […]


Internationalnews WSWS By Kumaran Ira 16 July 2010 Several major French newspapers are demanding that European governments increase their military spending, in preparation for major wars in the future. These demands, and the dire scenarios the media are laying out, are a serious warning to the working class. As part of spending cuts in response to the sovereign debt crisis, governments across Europe are announcing temporary cuts or freezes in defence spending. France plans to save some €5 […]


Internationalnews Mondialisation.ca Le 14 juin 2010 Original: UN "Green Light" for a Pre-emptive US-Israel Attack on Iran? Security Council Resolution Transforms Iran into a "Sitting Duck" La résolution du Conseil de sécurité transforme l'Iran en proie facile «Une proie facile est une victime sans défense, une cible facile, vulnérable à l'attaque. » Cette dernière résolution laisse non seulement entendre que Washington et ses alliés de l'OTAN ont le contrôle du Conseil de sécurité de l'ONU, […]


Internationalnews Voltaire 1 juin 2010 English version: Why did Israel attack civilians in the Mediterranean? Titre original: Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ? par Thierry Meyssan* Israël a pesé à l’avance les conséquences de l’attaque qu’il a lancé contre un convoi humanitaire maritime. Quels sont ses objectifs en déclenchant une crise diplomatique mondiale, pourquoi a t-il défié son allié turc et son protecteur états-unien ? L’attaque conduite par trois […]
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Mécanopolis no-war 27 mai 2010 Lors de la visite du président fantoche de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, qui s’est déroulée du 10 au 14 mai dernier à Washington, des attachés militaires français ont rapporté une surprenante déclaration du général James Cartwright, l’adjoint du patron des armées US : les forces armées américaines vont s’engager dans de nouvelles guerres. Depuis plusieurs semaines, en prévision de l’accueil réservé à Karzaï au Département d’État, au Pentagone et à la […]


Internationalnews Mondialisation.ca, Le 18 mai 2010 Go to the original: http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=19025 Le texte suivant constitue la préface du livre The Global Economic Crisis. The Great Depression of the XXI Century, de Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall (éditeurs), Montréal, Global Research, 2010, qui sera publié à la fin mai. Dans ce recueil bien à propos, chaque auteur lève le voile sur une trame complexe de tromperie et de déformation médiatique […]

Internationalnews Stop NATO May 8, 2010 In Brussels in the first week of May NATO Secretary General Anders Fogh Rasmussen delivered his urbi et orbi (to the city and the world) monthly address, the bloc’s Military Committee assembled the defense chiefs of 49 nations supplying troops for the war in Afghanistan and U.S. Vice President Joseph Biden visited the Alliance’s headquarters. As the world faces an almost two-year economic downturn epitomized by the national crisis in Greece and […]

 

 

http://www.internationalnews.fr/categorie-10211408.html

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 02:21

https://mecanoblog.wordpress.com/tag/bresil/

 

Révolutions populaires nations arabo-musulmanes : la marche en avant vers le 3 è guerre mondiale !

Le 01/03/2011


La population à très large majorité chiite (tout comme l'est le pouvoir Iranien, et cela est très important), du Bahreïn conteste le pouvoir sunnite.


A proximité du Bahreïn se situe l'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole dont le pouvoir, tout comme le Bahreïn, est détenu par les sunnites.


La coalition israélo-sunnite est en passe d'être rompue, en d'autres termes la division arabo-musulmane sunnite/chiite ne sera plus d'actualité et laissera la place à un front arabo-musulman chiite unifié, au côté de l'Iran, pour former un équilibre des forces géostratégiques, comme convenu par l'élite de la franc-maçonnerie, pour déclencher le 3e conflit international.


A cela, il ne manque plus qu'un effondrement financier, économique des États-unis.
Le démarrage des préparatifs du 3e conflit international a été effectif dès cette première quinzaine de janvier 2011 au travers de la « révolution populaire » en Tunisie, et formalisé le 11 février 2011 avec le départ de l'Égyptien Hosni Moubarak.

  

 

L'élite de la franc-maçonnerie a crée l'outil numérique (dont les réseaux sociaux tel " Facebook") pour servir d'arme à double-tranchant. En d'autres termes, la jeunesse tant égyptienne que tunisienne est tombé dans un piège monumental tendu par l'élite de la franc-maçonnerie dont l'objectif n'est nullement une marche en avant vers la démocratie, bien au contraire, une marche en avant vers le 3è conflit international où bloc occidental et islamique s'affronteront !

 

Contrairement à ce que pourrait croire la population arabo-musulmane, ces révolutions ne vont nullement dans le sens d'une marche en avant vers la démocratie, tout au contraire, vers une marche en avant vers le 3e conflit international.


Sans ces différentes « révolutions populaires », les divisions arabo-musulmanes sunnites et chiites seraient toujours d'actualité et le front israélo-musulman sunnite (Israël - Égypte - Arabie saoudite - Bahreïn), bien en place, et l'État d'Israël non isolé.

 

En isolant Israël, les conditions d'un affrontement « monde arabo-musulman (chiite) / monde occidental judéo-chrétien », seront réunies…

 

http://revelations4.blogs.fr/

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  • Divorcée, père origine bordelaise, mère russe. Licenciée es-lettres modernes, diplômée Ecole de Journalisme. Journaliste-écrivain. Carrière: Presse écrite, radio, TV, et productrice d'émissions. Auteur de plusieurs ouvrages (Hachette etc)
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