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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 01:36

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Introduction d'eva R-sistons

 

En cherchant une illustration sur Google,  j'ai atterri sur un site contenant, en note d'article, cet excellent post que j'ai aussitôt remarqué, et qui a un tort, sans doute, celui d'avoir raison trop tôt. Pour moi, il est prophétique, hélas... Je crois aussi qu'un jour, surtout avec des cow-boys à la gâchette facile (comme Sarkozy ou Bush, préférant la force au Droit), les armées seront privatisées, et les scrupules disparaîtront complètement. On fera des guerres pour le profit, et tant pis pour les dommages collatéraux sur les populations. Je crois plausible tout ce qui est écrit dans cet article. Notre monde sera... immonde !  Et ces guerres, suprême cynisme, se feront discrètement, grâce au silence complice des Médias occidentaux, aux ordres...

Quant à la privatisation de l'Etat, au gouvernement par les multinationales, on y vient : Ce sera la conséquence directe du Nouvel Ordre Mondial.

Ne nous voilons pas la face : Les politiques sont déjà dictées par les Multinationales, et dans l'intérêt d'actionnaires toujours plus voraces. La Police, la Gendarmerie, l'Armée... seront privatisées. Bientôt, les services et les équipements publics, les protections sociales, la Sécurité Sociale, l'Enseignement gratuit, la Santé pour tous, le Droit du Travail, etc, seront du passé. Et quand cela ne suffira pas, une fois que tout sera privatisé, une fois que les citoyens précarisés, appauvris,  ne pourront plus être pressurés davantage, il restera l'ultime solution pour encore et toujours, faire du profit : La guerre mondiale, source de gains juteux pour les multinatinales de l'Armement, de la Chimie, du Pétrole, du Nucléaire, de la Reconstruction...

Aux mains d'individus sans foi ni loi, sans scrupules, comme Sarkozy ou Berlusconi, obsédés par l'Argent, la réussite, la gloire et insensibles à la souffrance humaine, le monde est condamné. Il court à sa perte. 

Déjà, la nature est blessée, les animaux sont torturés, les guerres se multiplient. Les Révolutions sont provoquées, confisquées, détournées, récupérées, quand elles ne sont pas réprimées ou bombardées. Au moment où j'écris, je regarde un documentaire retraçant l'histoire de la révolution georgienne. Encore une révolution provoquée pour permettre à l'Occident anglo-saxon et isaélien de substituer, comme en Yougoslavie ou en Afghanistan, un pouvoir totalement soumis, aux ordres, à un gouvernement indépendant, souverain. Les manifestants croient qu'ils ont eu ce qu'ils voulaient : En réalité, ils ont eu ce que d'autres, à Washington, à Londres ou à Tel-Aviv, ont décidé pour eux, et contre leurs intérêts. Conditionnement, manipulation, encore et toujours. Souvenez-vous, en Ukraine: Les manifestants, glacés, étaient ravitaillés en soupes chaudes via des "organisations juives charitables" pour qu'ils tiennent le coup. Les peuples sont toujours dupés ! Ces organisations n'avaient rien de charitable... Ukraine comme Georgie sont des régions stratégiques, notamment pour les pipe-lines.  Et en agissant ainsi, Israël préparait les prédations futures...

Il faut voir le bonheur des manifestants georgiens... mais de courte durée ! Quelques mois après,  le désenchantement pointait déjà. La situation, loin de s'améliorer, avait empiré !  Evidemment, car les multinationales anglo-saxonnes, les financiers, les grands dirigeants, se moquent pas mal de l'intérêt des peuples. Ce qu'ils veulent, c'est piller les ressources des nations, soumettre les habitants, tout contrôler. Et tant pis si les citoyens sont piétinés, écrasés, broyés, sacrifiés, tant pis si la planète retentit des cris des opprimés, des meutris, des affamés, des désespérés, des blessés...

Tunisiens, Egyptiens, attention ! Ne vous faites pas voler vos révolutions..

Et vous citoyens libyens, syriens, africains de Côte d'ivoire, vous avez peut-être des dirigeants qui ont concentré entre leurs mains le pouvoir, qui en ont abusé, aussi, mais n'oubliez pas : Ce que l'Occident vous offrira sera pire encore, comme avec Areva en Guinée où tout est peu à peu pollué, contaminé. Comme en Irak où des murs se dressent entre des communautés désormais prêtes à s'entre-déchirer (sans parler du reste: infrastructures détruites, Education et Santé en pleine régression, pétrole rationné... !), comme en Yougoslavie, aussi, où l'unité, et le  niveau de vie ont explosé, comme au Kosovo où la Mafia règne en maître, sans parler de l'URSS désintégrée sous les coups de butoir de l'Occident et du Vatican, et où les disparités, colossales, ont fait leur apparition, chassant les plus modestes, même très âgés, hors de leurs logements, ou dans la rue, et jetant dans les égoûts des hordes d'enfants livrés à eux-mêmes...

Kadhafi avait fait de la Libye le pays le plus riche du continent africain (§). La Côte d'Ivoire était, en Afrique, un pays phare. Livrés à l'Occident, à la fureur guerrière de dirigeants occidentaux et à l'appétit du FMI (via Ouattara) comme des multinationales, que vont-ils devenir ? On peut prévoir le scénario, celui que les apprentis-sorciers d'  Occident préfèrent : Guerres civiles, scissions, destabilisations, guerres ethniques ou rivalités de clans, pillage des ressources, appauvrissement des citoyens, ruines,  infrastructures détruites... sans parler des innombrables victimes, morts, bessés, handicapés, familles décimées, et même, à travers l'utilisation d'armes de destruction massive, malformations, cancers, etc...

Amis Lecteurs, nos ennemis ne sont pas iraniens, musulmans, russes, chinois... Nos vrais  ennemis, les vrais ennemis de l'humanité toute entière, sont à côté de nous. En Occident. Un Occident de plus en plus fou, de plus en plus prédateur, de plus en plus assassin... Plus les ressources se raréfient, plus il dévaste la planète pour satisfaire les appétits de son Oligarchie.

Jamais le monde n'a été aussi loin dans la barbarie... Assisterons-nous, inertes, à l'auto-destruction de l'humanité ?

eva R-sistons à l'intolérable

 

§ "N’oublions pas que les citoyens libyens avaient une espérance de vie plus haute que les autres nations arabes environnantes, qu’elles ne payaient pas d’impôts, ni la lumière, ni le gaz, ni l’électricité, qu’un million et demi de travailleurs étrangers étaient venus en Libye pour y trouver du travail qu’ils n’ont maintenant plus. L’essence coûtait jusqu’à aujourd’hui un euro… les 18 litres. (..) Les Libyens savent qu’ils devront payer après l’occupation otanienne car le pétrole et le gaz ne seront plus leur propriété Comment l'Occident intervient : Libye, Syrie, Côte d'Ivoire... comme en Iran ou à Cuba

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La force de frappe française bientôt privatisée ?
par "Krokodilo"

 



Dit comme ça, on pense à une mauvaise blague, mais il n’en est rien.
Une réflexion sur la privatisation de nos forces armées est bien engagée au sein du gouvernement, dans les états-majors et au sein de « think tank » discrets et influents qui regroupent nombre d’officiers généraux et de membres éminents du lobby militaro-industriel.


Historiquement, les mercenaires ont une solide tradition pleine de hauts faits d’arme. Ils ont occupé des fonctions prestigieuses : pensons aux gardes suisses du Vatican. Ils incarnent depuis l’antiquité le culte du guerrier, commun à de nombreuses cultures, de la philosophie spartiate aux célèbres samouraïs.


Récemment, les États-Unis ont expérimenté les armées privées en Irak et en Afghanistan, à une échelle encore jamais vue, et avec succès : le vrai coût de la guerre peut être masqué aux parlements, et on peut toujours leur attribuer les bavures éventuelles. De toute façon, les drones sont dirigés depuis le pays par des civils sous contrat avec le Pentagone. Les guerres modernes ont de moins en moins besoin de soldats classiques : pourquoi salarier tant de fonctionnaires, quand l’heure est aux coupes claires dans la fonction publique ?


En France même, le développement des polices municipales a été très avantageux : la mégalomanie des élus locaux a été comblée par le fait d’avoir « leur » police, l’État s’est désengagé de certaines missions de service public trop coûteuses et a taillé dans les budgets formation de la police ; pourquoi gaspiller des centaines de balles en formation quand une seule bien placée suffit ?


Qui ignore la réputation de discipline des écoles privées ? Nos prisons seront demain en crédit-bail, et notre Pentagone à la française sera construit par Bouygues en location-vente. Tous les signes sont là.


D’une manière générale, sous l’impulsion des accords du GATT et de AGCS, relayés par l’UE, la notion même de service public s’efface devant celle de la marchandisation et de la mise en concurrence des biens et des services, y compris l’eau potable, l’éducation - et maintenant l’armée.


Le commerce des armes est, depuis longtemps, international : on ne marchande plus avec les Arabes comme des marchands de tapis, mais entre clients et marchands de mort : ti m’rachètes tes vieux zavions français tout pourris, et j’ti prends quelques Rafales, mais ti’m fais un prix pour l’ilectronique.


La guerre s’est internationalisée, professionnalisée ; après le matériel, il était inévitable que le commerce des hommes eux-mêmes s’ensuive au 21e siècle.
Les troufions ont cédé la place aux pros ; maintenant, les pros eux-mêmes deviendront les mercenaires des multinationales, bardés de « high-tech ». Après quoi celles-ci loueront leurs services aux États, au prix fort.


Areva, très bientôt privatisée, est pressenti pour « manager » (gérer, en français) la force de frappe nucléaire – ils ont une grosse expérience, tant pour frapper des citoyens au porte-monnaie que pour « subventionner » tous les réfractaires, citoyens, élus ou scientifiques. Ils connaissent le nucléaire, l’arme financière et la guerre psychologique n’ont pas de secret pour eux : ils sont fin prêts.


Avantage annexe : il sera facile de rentabiliser nos forces militaires privées. Là où jadis quelques scrupules ou d’obscures notions d’éthique bridaient les États, là où des accords internationaux nous empêchaient d’intervenir, seul le profit guidera nos décisions : la chose militaire sera enfin gérée comme une société, avec en balance les coûts et les profits, le retour sur investissement. Si telle mission paye bien, rapporte du gaz ou du pétrole, OK, on fonce ! Si c’est pour libérer des femmes voilées dont on ne sait même pas si elles sont jolies, tout en protégeant leurs trafiquants de drogue de maris, on passe !


Appliquant strictement le modèle marchand à notre défense stratégique, ils feront largement appel à la publicité pour baisser les coûts d’exploitation : nos missiles balistiques seront équipés de bandeaux publicitaires « Ce missile vous est offert par Pschittola, la boisson qui pétille ! » ou « Famas, le fusil qui vous rattrape ! », « Bad Luck, le drone qui vous voie », « le missile de croisière s’amuse », etc. Pourquoi la guerre serait-elle toujours triste, privée de la jeunesse et de la joie de vivre qui débordent de nos écrans ? D’ailleurs, avec de tels slogans publicitaires, ne vendra-t-on pas plus facilement notre production ? Eurosatory avec les nanas du salon de l’auto, ça aurait quand même plus de gueule, non ?


Mieux : Areva ou Thalès savent aussi rationaliser la production : pourquoi mettre tant de plutonium dans nos bombes atomiques ? Je prends le pari qu’en quelques mois, ils auront diminué de moitié la taille de nos missiles, et donc de nos sous-marins nucléaires, ce qui veut dire des ports plus petits, et au final une meilleure empreinte écologique.


Avec quelques brainstormings et en boostant les process, je pense qu’on pourra raccourcir la piste d’envol du Charles-de-Gaulle, au lieu de la rallonger comme des militaires subventionnés.


On peut prévoir quelques troubles sociaux, car, pour des questions de coût, les équipages de La Royale seront naturellement Maltais, Ukrainiens ou Indiens, comme dans la marine marchande. Honnêtement, les cargos font leur job correctement, non, avec leurs équipages cosmopolites et privés ? Ce sera pareil pour les sous-marins nucléaires et les porte-avions.


Naturellement, les centres de commandement seront externalisés, et le PC de Taverny transféré à Pekin ou New-Delhi.


Ultime étape de cette privatisation de la force de frappe, et de l’armée dans son ensemble : privatiser l’État, et transférer le pouvoir aux multinationales – ne riez pas, c’est en cours...

 

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EFpElyplyZdXpczRib.shtml

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 02:01

 

Le Service de recherche du Congrès US vient de publier une étude sur les « sous-traitants armés » du Pentagone. Il apparaît que le nombre de mercenaires en Irak a diminué de moitié, une tendance qui correspond au déplacement des troupes US hors d’Irak vers d’autres Etats du Proche-Orient. Au contraire, le nombre de ces sous-traitants a été multiplié par cinq en deux ans.


En réalité les deux phénomènes ne sont pas comparables. Les « sous-traitants armés » en Irak sont des mercenaires étrangers. Ils avaient été engagés durant l’ère Rumsfeld avec l’idée que dans un monde capitaliste, les armées aussi devaient être privatisée. Il s’agissait de faire baisser les coûts des expéditions coloniales en faisant appel à la concurrence. Cette politique est révolue, principalement parce que les militaires se sont opposés à la destruction de leur statut.


Au contraire, les « sous-traitants armés » en Afghanistan sont des Afghans qu’il n’a pas été possible d’intégrer dans des forces nationales et que le Pentagone loue auprès de chefs de guerre. Dans ce cas, il s’agit d’un échec dans la construction de l’Etat qui est temporairement masqué par la domestication des chefs de guerre.

Selon cette étude, le recours à des mercenaires a profondément perturbé les opérations de contre-insurrection et les a fait échouer. Le Service de recherche du Congrès préconise donc la limitation de leur emploi aux seules tâches habituellement dévolues aux sociétés de gardiennage et de transport de fonds dans les Etats développés.


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The Department of Defense’s Use of Private Security Contractors in Afghanistan and Iraq : Background, Analysis, and Options for Congress, par Moshe Schwartz, Congressional Research Service, 26p., 2011 (300 Ko).

 

http://www.voltairenet.org/article168784.html

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 03:16

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De Mégara à Wall Street

octobre 3rd, 2010

  
  
Les plus connues se nomment Xe (anciennement Blackwater), DynCorp International ou MPRI. Dirigées le plus souvent par d’anciens militaires, elles réalisent chaque année un chiffre d’affaires de 200 milliards de dollars, soit environ 145 milliards d’euros (à peu près 4 fois le budget de la Défense en France) : ce sont les sociétés militaires privées, les multinationales des mercenaires du XXIe siècle.
  
La profession est bien sûr fort ancienne, l’emploi de mercenaires ne datant pas d’aujourd’hui : il suffit de relire Salammbô pour constater que leur « usage » constituait la manière « normale » de faire la guerre jusqu’à la naissance des États-nations, aux XVIIIe et XIXe siècles. À ce moment-là, les citoyens deviennent soldats, pour le meilleur comme à Valmy… ou pour le pire quand on songe à la boucherie que fût la guerre de 1914-1918.
  
  
Des barbouzes…
  
Les États ont toujours détesté se « salir les mains » dans des « actions extérieures » où ils ne souhaitent pas se trouver « piégés » ou officiellement engagés. D’où le recours, surtout durant la guerre froide, à quelques troupes de mercenaires dirigées par leurs services secrets pour réaliser un coup d’État ou « orienter » la destinée de plusieurs pays, notamment en Amérique latine ou en Afrique.
  
Pour être détestables et condamnables, ces procédés n’en restaient pas moins limités en « volume » : de la tentative ratée de renverser Fidel Castro aux barouds d’un Bob Denard aux Comores en passant par le coup d’État contre Allende au Chili, on oscillait constamment entre les méthodes de barbouzes et celles des pieds nickelés.
  
  
… à la guerre as a business
  
Cette époque d’« amateurs » est désormais révolue. L’abandon de la conscription et la professionnalisation des armées d’une part, l’immixtion des méthodes de gestion du privé (variabilisation des coûts, recherche d’un retour sur investissement le plus élevé possible…) dans la sphère publique d’autre part, sans oublier le lobbying forcené du secteur militaro-industriel, ont complètement changé la donne : place à la privatisation, à la sous-traitance, à un nouveau business model de la guerre.

Le véritable « décollage » de ces armées privées date de la guerre en Irak et de la volonté du couple Bush-Cheney de donner des gages (et des bénéfices !) à ce qu’Eisenhower appelait déjà, en 1961, le « complexe militaro-industriel ». Dans son dernier discours, il y a près de 40 ans, il soulignait que « nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens… Seuls des citoyens avisés et informés peuvent être conscients de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle… »
  
Vision prophétique de la part d’un Président républicain, qui se révèle aujourd’hui parfaitement exacte : les États-Unis et le Royaume-Uni ont tracé la voie d’un « accroissement injustifié » de l’influence du complexe militaro-industriel en « externalisant » la guerre pour le plus grand profit de ce même complexe. Pour faire passer la pilule au bon peuple, un argument-massue : les décès des mercenaires n’apparaissent pas dans les pertes officielles des armées nationales… Un moyen supplémentaire pour dissimuler la réalité et l’impact des conflits auprès des citoyens.
  
  
Les effets pervers
  
Citons-en deux, particulièrement dangereux et délétères :

• en sous-traitant des actions et tâches de plus en nombreuses à des sociétés de mercenaires, les États ont mis le doigt dans un engrenage fatal : ces sociétés détiennent autant – sinon plus – de renseignements et de savoir-faire que les États et peuvent désormais proposer des « solutions complètes » : recherche de renseignements, scénarios stratégiques puis mise en œuvre du scénario retenu, incluant logistique, présence sur le terrain…
  
En résumé, on peut aujourd’hui acheter la guerre « clés en mains », à condition d’avoir les moyens de se la payer. Dans ce contexte, les multinationales de mercenaires, acteurs « en pointe » du complexe militaro-industriel, ont les moyens d’influer très fortement sur les décisions des États et des organisations de défense internationales (OTAN notamment), participant ainsi à un mouvement général qui renforce le pouvoir des TGE (très grandes entreprises) au détriment des États (voir en ce sens Le monde selon Picsou et Sic transit).
  
La décision de Sarkozy de réintégrer la France dans le commandement intégré de l’OTAN (voir OTAN : tout ce qu’on vous cache) permet donc, indirectement, aux sociétés de mercenaires de « placer leurs pions » pour que, le moment venu, la France suive à son tour « l’exemple » anglo-saxon.

• second effet pervers : l’intérêt des multinationales de mercenaires est de multiplier les conflits et les tensions, quitte à les susciter, non de les résoudre. Quand la guerre est un business, la paix est une ennemie. Toute la stratégie des MPRI et autres Xe consiste donc à prolonger les conflits, à les aggraver si nécessaire et si possible, afin d’augmenter leurs profits.


Le retour du mercenariat sur une grande échelle est donc un élément de plus qui caractérise l’entrée de notre société dans un « nouveau Moyen Âge », abordée dans plusieurs billets. La force armée étant liée au pouvoir financier par une courroie de transmission de plus en plus directe, les multinationales de mercenaires sont un outil de plus dans la « panoplie » des moyens d’action des TGE pour faire évoluer les relations internationales dans une direction conforme à leurs intérêts financiers.

 

Quant aux affaires intérieures, on peut craindre qu’une solution semblable – celle de la mise en place de milices et polices privées – ne soit retenue par ces mêmes TGE pour tenir en laisse les citoyens.
  
  
Lundi
© La Lettre du Lundi 2010 


 

http://lalettredulundi.fr/2010/10/03/de-megara-a-wall-street/

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 03:51

 

Anthony Arnove.

INTERVIEW – Anthony Arnove veint d'écrire «Irak, retrait immédiat»...

Essayiste américain, éditeur et agent littéraire de Noam Chomsky. Auteur de «Irak, retrait immédiat», éditions Demopolis, 19,50 euros

Opposant à l'intervention américaine en Irak, vous plaidez aujourd'hui pour un retrait immédiat des troupes. Les démocrates et certains républicains réclament un retrait progressif. Qu'est-ce que cela vous inspire?
Contrairement à ce qu'on croit, les démocrates et les républicains ne plaident pas en faveur d'un retrait. Il y a un consensus bipartite sur cette question. Ils veulent un redéploiement dans les pays voisins ou dans d'autres régions d'Irak. Car l'objectif reste le même: assurer la présence à long terme des Etats-Unis dans la région, qui possède les deux-tiers des approvisionnements mondiaux en pétrole.

Le contingent va toutefois être réduit d'ici à la fin de l'année...

Oui, mais parallèlement, le nombre de mercenaires privés augmente. Ils sont 180.000 aujourd'hui en Irak. C'est une armée parallèle. Peu de gens le savent aux Etats-Unis, malgré la médiatisation de l'affaire Blackwater (agence privée de sécurité impliquée dans une fusillade en Irak, ndlr).

Vous affirmez que le mouvement anti-guerre, dont vous faites partie, s'illusionne sur les démocrates en croyant qu'ils veulent un retrait, et plaidez pour son indépendance par rapport à ce parti...

C'est d'autant plus préoccupant qu'on s'approche de la présidentielle américaine de 2008. Le mouvement anti-guerre subit une forte pression pour devenir un lobby en faveur des démocrates. Cela fait débat au sein du mouvement. Certains redoutent l'instrumentalisation politique, d'autres, comme MoveOn, encouragent activement une stratégie électorale. Je pense que le mouvement sera plus efficace s'il s'affranchit des partis politiques, car il pourra faire pression sur les deux, républicains et démocrates, comme ce fut le cas pour la guerre du Vietnam.

Ces divisions ne sont-elles pas instrumentalisées par les partis?
Si. Récemment, un républicain a lancé l'offensive contre MoveOn dans le New-York Times, appelant les gens à prendre leurs distances avec cette puissante organisation. Cela oblige les anti-guerres à se poser des questions. On doit ouvrir le débat: quel rapport entretient-on avec les partis? Quel retrait veut-on? Immédiat, progressif? Nous aurons plus d'impact en ayant le même discours.

Quel écho le mouvement anti-guerre a-t-il aujourd'hui aux Etats-Unis?
Il est confronté à un dilemme intéressant. Une grande majorité des Américains pensent qu'envahir l'Irak était une erreur. Mais peu s'investissent concrètement, car ils ont l'impression qu'ils ne peuvent rien faire à leur échelle.

Quelles sont les évolutions positives?
La plus significative, c'est l'émergence de l'association des vétérans d'Irak et du Vietnam (IVAM). Ils ont pris la tête du mouvement anti-guerre. Ils peuvent décrypter et expliquer en connaissance de cause les discours fallacieux de l'administration Bush. Quand on nous dit "soutenez nos soldats", c'est en fait un appel à soutenir les politiques, lesquels envoient les soldats américains au front. Ils sensibilisent aussi les jeunes sur ce qui les attend réellement s'ils s'engagent dans l'armée.

Propos recueillis par Faustine Vincent
http://www.20minutes.fr/article/189910/Monde-Les-soldats-americains-sont-remplaces-par-des-mercenaires-prives-en-Irak.php
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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 19:37

 

 

Sara Daniel : Les mercenaires de Blackwater

constituent la plus grande armée privée au monde.

 

Ils sont devenus, sous Bush, une pièce maîtresse de la machine militaire américaine. Qui sont ces nouveaux prétoriens qui multiplient les coups tordus et se pensent au-dessus des lois ?

Une enquête de Sara Daniel

Ils sont armés de M4 automatiques capables de tirer 900 balles par minute, portent des lunettes noires Oakley et des pistolets. Ils ont des couteaux fixés aux jambes par des Velcro et des écouteurs vissés aux oreilles. Arrogants, brutaux, ils exhibent leurs biceps de 50 centimètres de circonférence dans les rues de Bagdad, Kaboul ou Peshawar, où ils veulent en découdre avec les musulmans, qu'ils appellent « hadjis ». Ils sont précédés par ce parfum de testostérone et de bavures qui soulève la haine sur leur passage. Ce sont les mercenaires de Black water, la plus grande armée privée au monde. Leur chef s'appelle Erik Prince.
Tout a commencé en 1997, quand ce milliardaire chrétien fondamentaliste de 28 ans se sent investi d'une mission divine et crée une entreprise militaire privée pour former les soldats américains.

 

Après les attentats du 11 septembre 2001, elle va devenir l'une des pièces maîtresses du dispositif de guerre américain déployé par George W. Bush. Et l'administration Obama, engagée sur deux fronts, ne sait plus très bien aujourd'hui comment se passer de cette garde prétorienne. Car l'armée de Prince s'est rendue indispensable en se chargeant discrètement des basses besognes de la lutte contre le terrorisme.
Ses hommes sont au-dessus des lois et regardent avec mépris leurs camarades soldats qui doivent rendre des comptes à leur état-major. «Nous, nous sommes intouchables : si on est mis en cause, notre hiérarchie nous exfiltrera en douce dans le coffre d'une voiture... », racontait un employé de Blackwater, croisé en Irak. Car un décret établi par l'autorité provisoire de la coalition en 2004 protégeait les privés : selon « l'ordre 1 7», véritable permis de tuer, « les contractuels sont immunisés contre toute poursuite judiciaire émanant de l'Etat irakien » ... Depuis, le décret a été aboli. Le jeudi 16 avril 2010, deux anciens employés de Blackwater ont été arrêtés aux Etats-Unis pour avoir tué deux Afghans et blessé un troisième, en mai 2009, à Kaboul.
Les deux mercenaires, âgés de 27 et 29 ans, sont poursuivis pour « meurtres sans préméditation » et « tentative de meurtre ». Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Ce serait une première : contrairement à plus de 300 militaires, aucun employé de Blackwater, en neuf ans de guerre, n'a encore été condamné pour des exactions commises en Irak ou en Afghanistan.
La tuerie de la place Nissour
Et pourtant... le 16 septembre 2007, un convoi de gardes du corps de Blackwater ouvre le feu sur les automobilistes de la place Nissour à Bagdad. Bilan : 17 civils tués et une vingtaine de blessés. C'est une terrible bavure, l'action mercenaire la plus sanglante de l'occupation irakienne. Un mois après le massacre, le fondateur de Blackwater est convoqué devant le Congrès pour s'expliquer. Erik Prince a troqué son treillis contre un beau costume bleu. Entouré d'une nuée d'avocats qui le coachent comme un sportif, il se drape dans son patriotisme. Comment ose-t-on lui demander des comptes, à lui qui défend son pays contre les « méchants » ? Les démocrates espèrent alors que le carnage de Bagdad, qui, selon un militaire américain, a eu des conséquences aussi graves que le scandale des tortures à la prison d'Abou Graib, va enfin avoir raison de la première armée privée du monde. La tuerie de la place Nissour n'est-elle pas le 168e crime que la société se voit reprocher par le gouvernement irakien ? Hillary Clinton exige une loi qui interdirait tout simplement Blackwater en Irak.
Deux ans et demi ont passé et les démocrates, désormais au pouvoir, se montrent nettement moins sourcilleux. Hillary Clinton, devenue secrétaire d'Etat, a fait plusieurs fois appel à Blackwater pour assurer sa sécurité lorsqu'elle s'est rendue en Irak. En décembre 2009, un juge fédéral américain, alléguant des «irrégularités dans la procédure criminelle », a rejeté toutes les charges contre les mercenaires mis en cause dans la tuerie de la place Nissour. Aujourd'hui, les hommes de, Prince assurent toujours la sécurité de l'ambassade américaine à Kaboul, et Blackwater pèse 1,2 milliard de dollars.
La privatisation de la guerre serait-elle devenue un phénomène irréversible ? L'armée américaine, exténuée par deux guerres, n'arrive plus à se passer de ses « employés privés», et même des pires d'entre eux. Il y a aujourd'hui autant de chiens de guerre que de soldats réguliers en Irak. En Afghanistan, on compte 104 000 mercenaires pour 68 000 soldats américains. Fin 2010, ils seront environ 130 000 pour 120 000 militaires réguliers. Plus inquiétant : 50% des agents clandestins de la CIA sont des privés. Selon Michael Ratner, président du Centre pour les Droits constitutionnels, qui tente de traduire en justice les responsables de bavures, ce système est une subversion de la démocratie : « L'utilisation croissante de contractuels rend les guerres plus faciles à mener. Il faut juste de l'argent, pas l'accord des citoyens. » ?
L'entreprise de Prince, qui a décroché plus de 1,5 milliard de dollars de contrats publics entre 2001 et 2009 (dont plus de la moitié sans appel d'offres), est « une armée capable de renverser la plupart des gouvernements de ce monde », selon un membre du Congrès. Elle dispose de l'un des plus importants stocks privés d'armes lourdes, d'une flotte d'avions, d'hélicoptères Blackhawk, de navires, de véhicules blindés, de stands de tir, et ses bases américaines forment 30 000 policiers et militaires par an.
Son inquiétante puissance doit beaucoup aux liens qui unissent la famille Prince à la frange la plus religieuse du Parti républicain. Né en 1969 à Holland dans le Michigan, Erik Prince appartient à une riche et puissante dynastie d'équipementiers automobiles, qui contribue au financement de la droite religieuse. En 1992, le jeune homme, qui vient de soutenir la candidature de Pat Buchanan, leader de l'extrême-droite chrétienne, s'engage dans les Navy Seals, le corps d'élite des marines. Il servira en Haïti, au Moyen-Orient et en Bosnie. Lorsque son père meurt d'une crise cardiaque, Prince quitte à contrecoeur l'armée pour gérer la fortune familiale. Avec son héritage, qui s'élève à plusieurs centaines de millions de dollars, il décide de créer un centre d'entraînement privé pour les militaires américains. Il y a un marché à prendre : depuis les réductions budgétaires décidées par Dick Cheney, lorsqu'il était le secrétaire à la Défense de Bush père, l'armée a rogné sur ses budgets formation.
En 1997, donc, Prince crée Blackwater sur un terrain marécageux situé à Moyock, en Caroline du Nord. Il a compris le parti à tirer de la volonté du ministre de la Défense de sous-traiter à des entreprises privées une partie des tâches de l'armée. En 1999, à la suite du massacre du lycée de Columbine, dans le Colorado, au cours duquel 12 élèves sont assassinés par un de leurs camarades, Blackwater se voit confier le soin de former la police pour ses interventions en milieu scolaire. Mais c'est grâce à Ben Laden que l'entreprise va voir sa puissance décupler.
Après l'attaque suicide lancée contre le destroyer « USS Cole » en octobre 2000 dans le port d'Aden, Blackwater obtient un contrat de 37 millions de dollars avec la marine. Sur viennent les attentats du 11-Septembre. Pour l'administration Bush, le recours au privé devient une des clés de la victoire dans la «guerre contre la terreur». «Private is beautiful, explique Prince. Quand vous êtes pressé, avez-vous recours à la poste ou à Federal Express ?»
A l'époque, Rumsfeld vient de lancer sa campagne contre les prétendues armes de destruction massive irakiennes. Il cherche à réduire le pouvoir de la CIA , dont les démentis exaspèrent les conservateurs. «Notre ennemi est bien plus proche de nous. C'est la bureaucratie du Pentagone », déclare le ministre de la Défense. Selon lui, le recours à une garde prétorienne permettra de dissimuler certaines opérations sensibles à la vigilance du Congrès. C'est à ce moment que Prince ressent le besoin impérieux de reprendre le service actif. Le suprématiste chrétien, qui se sent investi d'une mission divine, ne veut pas se contenter d'engranger des contrats publics. Il contacte la CIA , qui l'éconduit dans un premier temps au motif qu'il n'a pas assez d'expérience de terrain... Ce n'est que partie remise.

Privatiser les casques bleus

En 2004, selon des sources proches desservices de renseignement américains, la CIA finit par intégrer Prince dans un réseau de citoyens-espions. Il prend du galon et coordonne des agents qui travaillent dans les pays de l'« axe du mal ». Il assure financer ses missions sur sa cassette personnelle : « Le Congrès me dépeint sous les traits d'un profiteur de guerre, alors que je paie de ma poche toutes sortes d'activités de renseignement pour renforcer la sécurité nationale des Etats-Unis», confie-t-il au magazine américain « Vanity Fair ». Blackwater se met à décrocher des contrats de plus en plus « sensibles ». L'entreprise avec sa filiale « renseignement » - Total Intelligence Solutions ressemble à une unité d'élite de la CIA. A ceci près que ses employés sont payés dix fois plus que les agents fédéraux. L'hémorragie des as du renseignement vers les officines privées est si importante que le directeur de la CIA , Porter Gross, demande aux sociétés privées d'arrêter de recruter dans la cafétéria de Langley (le siège de la CIA ). Même Rob Richer, numéro deux du service des opérations clandestines de la CIA , a rejoint Blackwater...
L'entreprise s'est peu à peu rendue indispensable au dispositif militaire américain. L'assurance et l'ambition de Prince ne connaissent plus de limites. Il rêve de se substituer aux armées défaillantes du monde entier. Et d'abord à la plus vulnérable d'entre elles, celle des casques bleus : «Faites-moi la liste, si vous en êtes capable, des opérations de maintien de la paix que l'ONU aura vraiment menées à bien...», persifle le barbouze milliardaire en janvier 2006. Pour optimiser l'efficacité de l'organisation internationale, il a une idée : « Nous pourrions organiser une brigade internationale de professionnels. » Privatiser les casques bleus, l'idée est aussi irréaliste que choquante, mais elle séduit certains cercles influents de républicains évangélistes qui s'indignent des massacres au Darfour. Et aussi des experts plus indépendants, comme Max Boot, membre éminent du cercle de réflexion Council on Foreign Relations, qui publie dans le «Los Angeles Times » un article titré : « La solution pour le Darfour : envoyer des mercenaires ». C'est un véritable plaidoyer pour les guerriers privés : «Les géants moralisateurs qui dirigent l'ONU prétendent qu'employer des mercenaires est inacceptable. Plus inacceptable, semble-t-il, que de voter de vaines résolutions, d'envoyer des forces de maintien de la paix inefficaces et de laisser se poursuivre le génocide » (1).
Assassinats ciblés

Si Erik Prince, malgré le soutien de ses lobbyistes, ne réussit pas à convaincre « les géants moralisateurs » de privatiser les forces d'interposition de l'ONU, il collabore de 2004 à 2009 à la mission la plus secrète de l'histoire de l'administration Bush : les assassinats ciblés. Depuis le 11-Septembre, George Bush a en effet autorisé la CIA à supprimer des membres d'AlQaida sans laisser de traces. C'est dans la propriété personnelle de Prince, entre la piscine et le tennis, sur le stand de tir du domaine, que le commando va s'entraîner loin des curieux. Selon une gorge profonde de la CIA , ses cibles auraient été Mamoun Darkazanli (un financier d'Al-Qaida résidant à Hambourg) ou encore Abdul Qadeer Khan, le scientifique pakistanais qui a transmis son savoir-faire nucléaire à l'Iran et à la Corée du Nord. Washington décide finalement de renoncer à l'opération. Mais les Etats-Unis et Prince n'en ont pas encore fini avec le « business » des assassinats...
En juin 2009, Leon Panetta, nouveau directeur de la CIA , réunit les commissions du renseignement du Congrès. Il vient de découvrir que l'Agence a dissimulé un vaste programme d'opérations clandestines au centre duquel se trouvent Blackwater et Erik Prince. Le 20 août, le « New York Times » révèle que Blackwater se chargeait entre autres d'armer les bombes sur les drones, ainsi que de pourchasser, voire de tuer, des membres d'Al-Qaida. Erik Prince, le sous-traitant de la CIA , disposait d'un « permis de tuer » sur la terre et dans les airs. Comment ce programme secret a-t-il pu ainsi fuiter dans la presse ? L'homme aux influences occultes est amer. Pour la première fois depuis des années, il consent à s'exprimer dans la presse.
C'est Adam Ciralsky, un ex-avocat de la CIA devenu journaliste, qui dresse son portrait dans « Vanity Fair » au mois de janvier dernier. Le Darth Vader de la croisade contre le terrorisme y donne sa version des faits et laisse entendre qu'il détient des informations compromettantes pour le système de renseignement américain. Il se présente comme un homme bien mal récompensé de son engagement au service des Etats-Unis. Il prétend qu'il veut se mettre au vert et, pourquoi pas, enseigner dans un collège !
Faut-il croire sur parole Prince, le barbouze mercenaire mégalomane qui est aujourd'hui à la tête de l'armée privée la plus puissante au monde ? Il sait bien que l'Amérique ne peut plus s'en passer. La créature de la droite religieuse, hydre à plusieurs têtes, est présente sous différents noms (elle en compte des dizaines) en Irak, mais aussi au Japon, dans les zones tribales pakistanaises ou en Azerbaïdjan. Elle prend en charge la sécurité intérieure, la technologie de surveillance, la guerre contre la drogue ou les opérations de maintien de la paix. Elle a ses fans et ses lobbies dans cette Amérique des milices et des « tea parties », ces rassemblements populistes de la droite anti-Obama qui se développent à la faveur de la crise, vomissent l'Etat fédéral et voudraient tout privatiser, même la conduite de la guerre.
L'émergence d'armées privées autonomes pourrait-elle conduire à « envisager l'avènement d'intérêts oligarchiques transnationaux ? », se demandait Georges-Henri Bricet des Vallons, dans un livre très informé sur les armées privées en Irak (2). Ce serait bien dans l'esprit du dernier projet d'Erik Prince : la création d'une brigade à déploiement rapide qui, moyennant finances, pourrait se mettre au service de gouvernements étrangers. Une manière de s'affranchir un peu de la tutelle d'une administration américaine qui a publiquement pris des distances envers son « Prince de l'ombre », sans jamais cesser, pourtant, de l'utiliser en coulisses.

Sara daniel,

 Le Nouvels Obs,

 6 mai 2010
source: nouvelobs
(1) Cité dans «Blackwater. L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde », de Jeremy Scahill, Actes Sud
(2) «Irak, terre mercenaire », Favre

21 mai 2010

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=5163

 

 

 Le "DOSSIER de PAKISTAN" est visible sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

 

Lire aussi:

 

http://www.reopen911.info/News/2010/05/08/profession-chiens-de-guerre/

 

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