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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:44

A la fin de la seconde guerre mondiale, l’Aide au Développement s’affirme sous l’aspect de la reconstruction : transfert de denrées, de compétences, etc. ; notamment avec le Plan Marshall en Europe et son appendice l’ONG humanitaire CARE[1]. Même s’il existe aujourd’hui un projet de Plan Marshall Global défendu par Al Gore[2], il n’en reprend que le nom. La logique impériale qui conditionne son développement est toute autre. La stratégie dont Truman hérita avec le Plan Marshall a depuis largement montré ses limites. L’idée qu’il suffirait de transférer les technologies et les connaissances occidentales aux pays pauvres n’eut pas l’effet escompté. Il fallut donc redéfinir ce qui s’apparentait déjà plus à une logique de domination qu’à un principe d’aide extérieure neutre. La « société ouverte », concept émergeant dés l’entrée dans la Guerre Froide, fit son chemin. Aujourd’hui,  et en particulier pour L’Open Society de George Soros et ses satellites, « ouvrir les sociétés fermées » est synonyme de domination impériale par la déstabilisation et la guerre. Les paragraphes 138 et 139 de la résolution 63/308 adoptée le 7 Octobre 2009 par l’assemblée générale des Nations Unies ou « Responsabilité de Protéger » permet pour la première fois une intervention militaire au nom de considérations philosophiques et humanitaires.

Considérations philosophiques de la « Société Ouverte »

La théorie de la « société ouverte », développée par le »philosophe », en fait épistémologue viennois, Karl Popper dans son ouvrage « The Open Society and Its Enemies » est parue en 1945. Voulant ruiner toute métaphysique ou idée supérieure,  elle est une critique de la philosophie allemande classique qui voit dans l’Etat une forme organique à défendre qui soit le modèle de la liberté individuelle. Cette pensée se popularise au cours d’une  période de maturation. Ce travail qui mêle considérations de philosophie des sciences et militantisme politique,  contient entres autres l’idée qu’une « société ouverte » est une société dans laquelle les dirigeants peuvent être remplacés sans qu’il y ait d’intervention militaire. En somme un coup d’Etat permanent, mais sans putsch. Cette théorie, une fois transposée dans la réalité politique et matérielle du monde, se révèle naturellement  comme une manière habile de favoriser les formes et les mouvements impériaux. En effet, la « société ouverte », même si elle exclut officiellement la possibilité du « bain de sang intérieur », ne peut néanmoins exister qu’en procédant à plusieurs étapes de déstabilisation des « sociétés fermées », soient des Nations visées par l’Empire qui emploie cette théorie. A l’époque de la Guerre Froide, cette théorie est largement utilisée pour lutter contre le communisme. Cette idée de l’ « open society »  sera adoptée par un autre militant politique dont la défense des intérêts américains n’est plus à démontrer : George Soros[3]. Ce dernier émigrera comme courtier  à Londres, tout comme y triomphera Popper lorsqu’il sera fait chevalier et anobli par la reine d’Angleterre en 1965.

La Méthode : de Popper à Soros

L’application pure et simple de la méthode poppérienne de déstabilisation du pouvoir  est néanmoins impossible sans passer par plusieurs étapes ; il s’agit d’un authentique discours de la méthode, non pas pour bien conduire sa raison et chercher la vérité, mais pour diminuer la raison d’autrui et chercher l’accès au pouvoir à toute occasion. Cette méthode a depuis été revue et corrigée, notamment par les réseaux de George Soros et les institutions internationales.

- Premièrement, elle agit en définissant des normes d’appréciation puis de législation – les premières justifiants les secondes dans le cas de la R2P – afin d’évaluer la qualité du gouvernement d’un Etat. Pour ceci, l’emploi des médias est central, comme dans le cas de l’ONG de Soros Project Syndicate. Cette logique s’appuie également sur des ONG prétendument démocrates appartenant au(x) même(s) réseau(x) comme le Democraty Coalition Project

- Créer des réseaux d’ONG  plus larges, en réunissant des organisations acquises à la défense de causes humanitaires. Le but est de parvenir à un consensus de la part de la société civile mondiale, tout en continuant d’en orchestrer la communication externe. C’est par exemple le cas du Réseau « Soudan 365 ».[4]

- Détruire toute unité nationale au sein de la Nation visée, en prodiguant une défense des droits humains selon des critères excessifs et sans jamais présenter une analyse objective qui prend en compte la réalité historique ou politique de la Nation visée. Ce rôle est principalement attribué à l’ONG Human Rights Watch.

- Développer à partir de ces postulats des concepts axiologiques. Le « développement durable » permet par exemple de redéfinir des critères économiques dans la bonne gestion agraire des Etats. Il s’agissait à l’époque d’imposer une politique énergétique, économique, sociale, etc., au nom d’une bonne vision de ce que doit être la gestion d’un Etat. On doit en grande partie cette théorie à Barbara Ward (Lady Jackson) qui a également œuvré dans la construction de l’organisme à la base de la R2P.

- Procéder à une première intervention par le haut, en employant les institutions internationales, tout en cooptant les initiatives de la société civile des pays visés. C’est par exemple le moyen utilisé dans le cadre de la Bonne Gouvernance, choisie pour poursuivre les logiques prédatrices des programmes d’ajustements structurels du FMI et de la Banque Mondiale. La bonne gouvernance choisit d’incorporer la société civile locale dans son organisation, ce qui explique en partie l’accroissement exponentiel du nombre d’ONG accréditées par les institutions internationales (OMC ; OMS ; etc.).[5] Cette société civile locale est par ailleurs souvent fédérée par des organisations plus importantes, voire par la NED.[6]

Le but recherché est manifestement l’érosion des souverainetés étatiques dans un premier temps, puis l’octroi du droit ou des moyens d’intervention à la place des garants originels de ces souverainetés. Il est utile de noter que ces opérations ne peuvent se réaliser qu’avec l’appui d’organismes non gouvernementaux (ONG), qui sont précisément en dehors des processus souverains. Ceci correspond parfaitement à la volonté d’ « ouvrir une société » dont on juge la souveraineté comme étant un handicap. Les garants de la souveraineté y subissent alors une constante déstabilisation, en provenance de ce qui est « en dehors ». La volonté de « société ouverte » ne doit donc pas être interprétée comme une simple volonté de créer une stabilisation dont le garant local sera un soutien à l’Empire. Il s’agit au contraire de favoriser une déstabilisation généralisée, globalisée. Cette déstabilisation constitue le centre nerveux de la société ouverte car celle-ci permet à l’Empire d’agir impunément et dans la confusion. A cet effet les organisations de George Soros  sont absolument efficaces. Elles sont nombreuses et occupent les différents rôles qui s’alternent dans la déstabilisation d’un régime, voire jusque dans la justification légale d’une intervention militaire comme c’est le cas présentement en Libye avec la R2P. En effet, Karl Popper ne mentionne pas l’inévitable issue de sa théorie au sein de certaines sociétés : Le bain de sang devenant inévitable, il faut s’octroyer le droit de l’empêcher et/ou de le diriger. La R2P (Responsabilité de Protéger) est donc le véritable point d’orgue de cette stratégie puisqu’elle permet de s’emparer de la force militaire pour aboutir à la déstabilisation absolue d’un Etat. C’est ce processus qui fut utilisé pour créer le Kosovo, il s’agissait ensuite de l’institutionnaliser puis de s’en servir.

La CIISE

La R2P ou Responsabilité de Protéger a été formalisée pour la première fois dans le rapport de la Commission Internationale de l’Intervention et de la Souveraineté des Etats (CIISE) publié en Décembre 2001 par le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI).  Cette commission avait été annoncée par le Ministre Canadien des Affaires étrangères, M. Lloyd Axworthy dans son allocution à l’Assemblée Générale de l’ONU au Sommet du 7 septembre 2000 à New-York. Il répondait ainsi au challenge lancé par le secrétaire général des Nations Unies qui avait mis la communauté internationale au défi de résoudre le problème fort complexe de la souveraineté des États et de la responsabilité internationale.[7] Il s’agit de sujets parfaitement relatifs aux problématiques soulevées par le concept de « société ouverte ». C’est tout naturellement que Lloyd Axworthy se saisit de la problématique onusienne, dont l’interprétation ne peut qu’aboutir à la question de l’ingérence humanitaire ; un sujet qu’il maîtrise parfaitement. En effet, dans une tribune de la Revue de l’OTAN datée de Décembre 1999, il avait salué l’intervention au Kosovo par ces mots «  La réaction des Alliés a montré à quel point la défense de la sécurité humaine est devenue une préoccupation mondiale: c’est l’impératif humanitaire qui a poussé l’OTAN à entrer en action. Notre Alliance avait à la fois les moyens et la volonté d’intervenir, et je suis certain qu’elle agira de même si la nécessité s’en présente. »[8] . La conception belliciste de l’humanitaire de Lloyd Axworthy, lui ouvrirent certainement les portes d’influents think-tanks dont il est ou fut membre : l’Aspen Institute, la Mac Arthur Foundation, mais aussi celles des ONG : il acquiert un siège au conseil d’administration de l’ONG Human Rights Watch de George Soros et se voit par ailleurs récompensé par le CARE International Humanitarian Award.

Genèse du CRDI

Le CRDI, qui publia le rapport de la CIISE en 2001, est un organisme d’état canadien voué à favoriser le développement des pays défavorisés en les aidant face aux problèmes sociaux, économiques et environnementaux qu’ils rencontrent. Cette organisation s’est bâtie sur le constat de l’échec de la politique d’aide au développement prodigué par Truman à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale. La genèse du CRDI s’effectue dans un contexte où il y a rupture avec la conception traditionnelle de l’aide au développement et tire donc les leçons du passé en prenant en compte l’existence d’un monde hétérogène mais interdépendant. C’est sur le principe d’intégration de l’aide au développement et de « société ouverte » que l’idée de la création du CRDI va se populariser, notamment grâce à Barbara Ward, puis plus tard, trouver une assise politique au Canada. Le déploiement de l’idée de « société ouverte » va largement influencer la réflexion autour de la création du CRDI, usant pour ce faire d’une donnée économique : Les budgets alloués par les Etats à l’aide au développement ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions. La création du CRDI devra donc initier un élan d’intérêt pour cette question sur la scène internationale. [9]En réalité, il s’agit de globaliser le concept, c’est le rôle qu’incarnera doublement Lester Pearson : d’une part en tant que premier ministre du Canada lorsqu’à l’occasion du centenaire de la Nation Canadienne en 1967, il lança officiellement la commission qui donnera lieu à la création du CRDI et plaça à sa tête Maurice Strong. D’autre part et après son mandat de Premier Ministre du Canada, en conduisant la Commission d’étude de l’Aide Internationale à la Banque Mondiale en 1969, dans laquelle il sommera « Les pays dispensateurs d’accroître leurs dons et leurs souscriptions en capital aux organismes multilatéraux de financement en les portant, d’ici 1975, à un minimum de 20 % du total des contributions sur fonds publics à l’aide au développement. »[10]. Cette commission lui avait été confiée par Robert McNamara, l’ex secrétaire général à la défense des Etats-Unis passé alors directeur de la Banque Mondiale. On considère en outre Lester Pearson comme le père du concept moderne de « maintien de la paix » et on lui attribue la création de la FUNU (Force d’Urgence des Nations Unies), pour laquelle il a reçu le prix Nobel de la Paix en 1957. Au bout de quelques années, et grâce aux efforts conjoints de Barbara Ward, Maurice Strong et Lester Pearson, le projet du CRDI est officialisé par le Parlement Canadien. La Loi du CRDI de mai 1970 est adoptée à l’unanimité tant à la Chambre des Communes qu’au Sénat. Le Canada se dote alors d’un instrument impérial supplémentaire et qui se révèlera fortement utile pour l’avenir de l’OTAN.

Le Rapport CIISE et le R2P

En 2000, la rédaction de la CIISE qui donnera lieue à la théorie du R2P est confiée à un groupe d’experts personnellement désigné par Lloyd Axworthy avant d’être publié par le CRDI. La commission reçoit en outre les bonnes grâces des Fondations Rockefeller ; Carnegie ; Mac Arthur ; Simons et Hewlett ; sous forme de financements.[11] A sa tête, on retrouve Gareth Evans et Mohamed Sanoun. Tous deux sont de fervents défenseurs du concept R2P et de l’impérialisme humanitaire. Le premier, Gareth Evans, est l’ancien premier ministre d’Australie, il a depuis été nommé à la tête de l’international Crisis Group en 2000, l’organisation de George Soros. Le second, présenté comme un spécialiste de la Corne de l’Afrique, est en outre membre du Bureau de l’International Crisis Group et de nombreuses autres organisations de George Soros : la Democraty Coalition Project ; Human Rights Watch ; et surtout le Global Center for The Responsability to Protect. Cette dernière organisation, coprésidée par Gareth Evans, rassemble des ONG souhaitant alors soutenir le projet d’institutionnalisation du R2P. On y retrouve Oxfam ; Human Rights Watch ; Refugees International (dont George Soros et Frank Wisner sont administrateurs) ; l’International Crisis Group, etc.

Il s’agit donc pour les organisations de Soros, d’aboutir à de vastes partenariats afin de favoriser l’endoctrinement du R2P. Une stratégie que l’on retrouve également dans l’ONG Crisis Action, une énième organisation Sorosienne financée par les mêmes organismes (Oxfam ; Open Society ; mais aussi la Pears Foundation, fondée en l’honneur de l’initiateur du CRDI). La Crisis Action aboutit finalement à un nombre immense de partenaires afin de soutenir la doctrine Sorosienne : Amnesty International ; CARE ; Action Contre la Faim ; World Vision ; etc.[12]

Revenons en aux contributeurs de la CIISE publié par le CRDI. Outre les deux présidents, on retrouve notamment parmi les membres de la Commission: Cornelio Sommaruga (administateur de l’Open Society de Budapest) ; Klaus Nauman, qui a été président du Comité militaire de l’OTAN (1996-1999) et qui a joué un rôle central dans la gestion de la crise du Kosovo et dans le développement de la nouvelle structure de commandement militaire intégrée de l’OTAN.

Les apôtres de l’interventionnisme humanitaire sont donc bien organisés sous la houlette des organisations de Soros d’une part et des postulats militaires et tactiques de l’OTAN d’autre part. Interventions militaires et humanitaires peuvent désormais se confondre ouvertement au sein d’une Méthode complète. Il s’agit là du franchissement d’une étape dans la conception de l’humanitaire : De la même manière que le CRDI tirait les conclusions de l’échec de la stratégie Truman à la fin des années 60, les membres de la CIISE ont compris que le modèle impérial de l’aide au développement et de l’humanitaire se devait d’évoluer vers la propagation brutale de la « société ouverte » via la R2P.

Les médias et la société ouverte : l’ultime raison.

Grâce au R2P, l’usage de la force est désormais remis entre les mains de ceux qui ne pouvaient en user continuellement sans générer des oppositions dans l’opinion publique et sans avoir à combattre des dispositions juridiques. En adoptant une posture humanitaire, et en fournissant des rapports, articles et études mettant en demeure des gouvernements d’intervenir dans leur vie politique intérieure (en matière de droits humains par exemple), l’interventionnisme belliciste usé au Kosovo pourra se réitérer avec le soutien d’une grande partie de la sphère humanitaire. Mais aussi avec plus d’assise dans l’opinion publique, via les médias mis sous perfusion des organisations de Soros. La R2P fonctionne donc avec deux composantes : la première est institutionnelle, son but étant l’acquisition d’un droit d’ingérence humanitaire. La seconde consiste en une stratégie de communication élaborée par les ONG de George Soros et visant à asseoir la solution envisagée par l’OTAN.

En Libye

Cette stratégie de communication fut utilisée dans le cadre de l’intervention en Libye, où les organisations de Soros se sont coalisées pour favoriser l’intervention de l’OTAN. Dans une tribune de l’ONG Project Syndicate en date du 27 Février 2011, Gareth Evans, le père de la R2P, évoque avec insistance le besoin d’une intervention militaire en Libye : « Les options militaires devraient toujours être le dernier ressort, mais elles ne peuvent être exclues dans des cas extrêmes. Et il est difficile de faire plus extrême que la  Libye. ». Dominique Moïsi quant à lui décrypte « la guerre de Sarkozy » dans une tribune du 21 Mars 2011 pour le Project Syndicate. Il y décrit la « Guerre de Nicolas Sarkozy » comme un vecteur de « fierté pour les français ». Une vision qui fait peu nuance avec son rôle de conseiller spécial pour l’IFRI et de membre du Comité du bureau français de l’ONG Human Rights Watch. Ce comité, présidé par Jean-Louis Servant-Schreiber et ayant entres autres pour membre Christine Ockrent et Dominique Moïsi, garantit à l’organisation et à ses satellites une entrée dans les médias français afin d’y distiller la propagande sorosienne.

En Syrie

En Syrie, la stratégie de la « société ouverte » est à l’œuvre mais n’en est qu’au premier stade : celui de l’appréciation de sa politique intérieure, avant d’entrer dans la phase de déstabilisation pure. Le directeur de l’International Crisis Group à Damas, Peter Harling prétend définir les « circonstances » désavantageuses dans lequel se trouve le gouvernement Syrien. Le responsable du Project Syndicate à Damas n’est autre que Ribal Al-Assad, le cousin du président Bachar Al-Assad, auquel il est opposé, notamment sur la question du rapprochement avec l’Iran. Dans une tribune du Project Syndicate en date du 2 Mars 2011, il appelle Bachar Al-Assad à lever l’état d’urgence, en cours depuis 1963. Le 27 mars 2011, le gouvernement Syrien lève l’état d’urgence. Il s’agit là encore de s’attaquer aux prérogatives régaliennes d’une Nation en exigeant certains changements. Que l’on juge ces changements bons ou mauvais ne change rien au fait qu’ils interviennent suite à une pression extérieure dont l’influence est certes difficile à mesurer, mais toutefois pas anodine.

Conclusions

Ces réalités doivent conduire à s’interroger sur le rôle parfois contradictoire des ONG qui, depuis plusieurs décennies, soutiennent à leur insu ou non, la propagation du concept de Société Ouverte. Il convient donc de remettre en cause la légitimité de ces organisations lorsqu’elles soutiennent des procédures interventionnistes, et la poursuite de l’institutionnalisation de leurs pratiques. Après l’institutionnalisation du R2P, la dernière étape qui permettrait de verrouiller ce système concentrique serait l’institutionnalisation des normes de la « société ouverte ». C’est ce à quoi appelle Jacques Attali : la création d’un consortium d’ONG regroupé au sein d’une nouvelle institution internationale chargée d’évaluer la qualité de vie et le respect des droits de l’homme.[13] Rappelons à ce propos que Jacques Attali n’en est pas à sa première intervention en faveur d’une organisation de ce type, et qu’il considère le « droit au crédit » comme un Droit de l’Homme.


Julien Teil, pour Mecanopolis



[1] Les ONG, instruments des gouvernements et des transnationales ? ; Julien Teil ; Réseau Voltaire ; 30 Juillet 2009 : http://www.voltairenet.org/article161139.html#article161139

[2] http://news.stanford.edu/news/2005/november16/gore-111605.html

[3] George Soros, spéculateur et philanthrope ; Réseau Voltaire ; 15 Janvier 2004 ; http://www.voltairenet.org/article11936.html

[4] http://www.sudan365.org/

[5] « L’institutionnalisation de la société civile » ; Thibault Le Texier ; Janvier 2010 ; http://tibo.lt.free.fr/IMG/pdf/LE_TEXIER_-_L_institutionnalisation_de_la_societe_civile_01.2010_.pdf

[6] « La Ned, vitrine légale de la CIA » ; Thierry Meyssan ; Réseau Voltaire : http://www.voltairenet.org/article166549.html

[7] Discours à l’assemblée plénière du sommet du millénaire de l’organisation des Nations Unies
(Annonçant le mise sur pied d’une commission internationale indépendante sur l’intervention et la souveraineté des États.) Premier ministre du Canada, New York, le 7 septembre 2000

[8] http://www.nato.int/docu/revue/1999/9904-02.htm

[9] Histoire du CRDI : http://www.idrc.ca/fr/ev-26547-201-1-DO_TOPIC.html

[10] « Pearson sollicité par la Banque Mondiale » ; Archives Radio Canada : http://archives.radio-canada.ca/politique/premiers_ministres_canadiens/clips/9180/

[11] Financements de la CIISE : http://www.iciss.ca/sponsors-fr.asp

[12] http://crisisaction.org/en/

[13] http://blogs.lexpress.fr/attali/2011/01/31/transitions-2/

 

 

De la Société Ouverte à l’Impérialisme Humanitaire

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:40
La guerre en Libye, le pouvoir américain et le déclin du système des pétrodollars

par Peter Dale Scott

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Mondialisation.ca, Le 1 mai 2011



La campagne actuellement menée par l’OTAN contre Kadhafi en Lybie a suscité beaucoup de confusion, autant chez ceux qui ont lancé cette campagne inefficace que chez ceux qui l’observent. Beaucoup de personnes pour lesquelles j’ai habituellement du respect la conçoivent comme une guerre nécessaire contre un « méchant » – bien que certains aient choisi de voir en Kadhafi le « méchant » tandis que d’autres désignent ainsi Obama.   

 

Au contraire, mon avis sur cette guerre est qu’elle est mal préparée et dangereuse – représentant une menace pour les intérêts des Libyens, des Américains, du Moyen-Orient et potentiellement du monde entier. Derrière la prétendue inquiétude concernant la sécurité des civils libyens réside une préoccupation plus profonde qui est à peine reconnue : la défense par l’Occident de l’économie globale des pétrodollars aujourd’hui en déclin.  

 

La confusion qui règne à Washington, incarnée par l’absence de discussion sur un objectif stratégique prépondérant pour justifier l’implication des Etats-Unis dans ce conflit, est symptomatique du fait que le Siècle américain touche à sa fin, et ce d’une manière autant prévisible à long terme qu’erratique et hors de contrôle dans son déroulement.

 

Confusion à Washington et à l’OTAN

 

Concernant le soulèvement de la Lybie, les opinions à Washington varient entre celles de John McCain – qui aurait exhorté l’OTAN à apporter « tous les moyens disponibles d’assistance, excepté des troupes au sol», afin de renverser Kadhafi1– et celles du député Républicain au Congrès Mike Rogers, qui a exprimé une grande préoccupation, y compris sur toute livraison d’armes à un groupe de combattants que l’on connait peu.2 

   

Nous avons pu observer la même confusion à travers le Moyen-Orient. En Egypte, une coalition d’éléments non-gouvernementaux a contribué à préparer la révolution non-violente dans ce pays, tandis que l’ancien ambassadeur des Etats-Unis Frank Wisner Jr. s’est rendu en Egypte afin de persuader Moubarak de s’accrocher au pouvoir. Pendant ce temps, dans des pays qui étaient d’un intérêt majeur pour les Etats-Unis comme la Jordanie et le Yémen, il est difficile de discerner une quelconque politique américaine cohérente.

 

Au sein de l’OTAN également, il règne une certaine confusion qui menace occasionnellement d’éclater en conflit ouvert. Des 28 membres composant l’OTAN, seulement 14 sont impliqués dans la campagne libyenne, dont seulement 6 dans la guerre aérienne. Parmi ces derniers, seulement trois pays – les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France – offrent un appui tactique aérien aux rebelles combattant au sol. Lorsque de nombreux pays membres de l’OTAN gelèrent les comptes en banque de Kadhafi et de ses proches soutiens, les Etats-Unis, par un acte suspect et peu exposé dans la presse, ont gelé l’intégralité des 30 milliards de dollars de fonds du gouvernement libyen auxquels ils avaient accès (voire plus bas pour de plus amples détails sur ce sujet). L’Allemagne, nation la plus puissante de l’OTAN après les Etats-Unis, s’est abstenue lors du vote de la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies ; et son ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle, a depuis déclaré : « Nous ne verrons pas de solution militaire, mais une solution politique. »3 

         

Un tel chaos aurait été impensable durant la période culminante de l’hégémonie des Etats-Unis. Obama semble paralysé entre son objectif déclaré – l’exclusion de Kadhafi du pouvoir – et les moyens dont il dispose, au vu de l’engagement couteux des Etats-Unis dans deux guerres, et du fait de ses priorités de politique intérieure. 

 

Afin de comprendre la confusion des Etats-Unis et de l’OTAN au sujet de la Libye, nous devons observer d’autres phénomènes : 

 

• L’alerte lancée par Standard & Poor’s concernant l’imminence d’un abaissement de la notation des Etats-Unis.

 

• La hausse sans précédent du prix de l’or au dessus du seuil des 1500 dollars l’once.

 

• Le blocage politique aux Etats-Unis au sujet des déficits de l’Etat fédéral et des Etats fédérés, et comment agir dans cette situation.

 


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En pleine remise en question libyenne de ce qu’il reste de l’hégémonie américaine, et en partie comme conséquence directe de la stratégie confuse des Etats-Unis en Libye, le baril de pétrole a atteint les 112 dollars. Cette hausse de prix menace de ralentir ou même de renverser la reprise économique chancelante des Etats-Unis, et démontre en quoi – parmi de nombreuses autres raisons – la guerre en Libye n’est pas en train de servir les intérêts nationaux des Etats-Unis. 

 

Depuis le début, la confusion au sujet de la Lybie a été évidente à Washington, particulièrement depuis que la secrétaire d’Etat Clinton a défendu une politique de non-survol, que le Président Obama a déclaré ne vouloir envisager qu’en option, et contre laquelle le secrétaire à la Défense Gates a lancé des mises en garde.4Il en a résulté une série de mesures temporaires, au cours desquelles Obama a justifié une réponse américaine limitée en désignant les implications astreignantes des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.

 

Pourtant, malgré un enlisement s’installant au sein-même de la Libye, une série de nouvelles escalades graduelles ont été envisagées, de la fourniture aux rebelles d’armes, de fonds et de conseillers jusqu’à l’introduction de mercenaires, voire même de troupes étrangères. Le scénario américain commence de plus en plus à ressembler à celui du Vietnam, où la guerre a aussi débuté sur une échelle modeste avec l’introduction secrète d’opérateurs puis de conseillers militaires.  

 

Je dois avouer que le 17 mars, j’étais moi-même hésitant concernant la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui établissait ostensiblement en Libye une zone de non-survol destinée à la protection des civils. Mais depuis lors, il est apparu que la menace contre les rebelles incarnée par les troupes et la rhétorique de Kadhafi était bien moindre qu’elle n’était alors perçue. Pour citer le professeur Alan J. Kuperman :

 

« […] Le Président Barack Obama a grossièrement exagéré la menace humanitaire afin de justifier une action militaire en Libye. Le Président a avancé qu’une intervention était nécessaire afin d’éviter un ‘bain de sang’ à Benghazi, seconde ville de Libye et bastion des rebelles. Mais Human Rights Watch a publié des données concernant Misrata, troisième ville la plus peuplée de Libye qui a été le théâtre de combats prolongés. [Ces données] révèlent que Mouammar Kadhafi n’est pas en train de massacrer délibérément des civils mais plutôt qu’il cible étroitement les rebelles armés qui combattent contre son gouvernement. La population de Misrata est d’environ 400 000 habitants. En presque deux mois de guerre, seulement 257 personnes – incluant des combattants – sont morts là-bas. Parmi les 949 blessés, seulement 22 – soit moins de 3 % – sont des femmes. […] De même que Kadhafi n’a jamais proféré la menace d’un massacre de civils à Benghazi, tel qu’Obama l’a prétendu. La mise en garde ‘sans pitié’ du 17 mars ciblait seulement les rebelles, comme il a été rapporté dans le New York Times, qui nota que le dirigeant de la Libye promît l’amnistie à ceux « qui jetteraient leurs armes ». Kadhafi a même offert aux rebelles une voie de détresse et une frontière ouverte avec l’Egypte pour éviter un combat ‘à l’issue amère’. »5

   

 

L’histoire des interventions toujours en cours des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan suggère que nous devrions nous attendre à un lourd bilan humain si l’actuel enlisement en Libye perdure ou donne lieu à des escalades supplémentaires.  

 

Le rôle des intérêts pétroliers et financiers dans cette guerre

 

Dans American War Machine, j’écris comment :

 

« A travers une dialectique apparemment inévitable, […] la prospérité dans les Etats importants a encouragé l’expansion, et celle-ci a créé au sein des Etats dominants des disparités de revenus grandissantes.6Dans ce processus, l’Etat dominant lui-même a été altéré, puisque ses services publics furent progressivement appauvris dans le but de renforcer des arrangements sécuritaires bénéficiant à peu de personnes tout en oppressant la majorité.7

 

Ainsi, pendant de nombreuses années, les affaires étrangères de l’Angleterre en Asie en sont arrivées à être conduites en grande partie par la Compagnie anglaise des Indes orientales […]. D’une façon similaire, l’entreprise américaine Aramco, représentant un consortium composé des majors pétrolières Esso, Mobil, Socal et Texaco, conduisit sa propre politique étrangère en Arabie, disposant de connexions privées avec la CIA et le FBI.8[…]

 

De cette manière, la Grande Bretagne et les Etats-Unis ont hérité de politiques qui, lorsqu’elles furent adoptées par les Etats métropolitains, devinrent inamicales à l’ordre public et à la sécurité. »9 

 

Dans les derniers stades du pouvoir hégémonique, l’on observe de plus en plus d’interventions brutes menées pour des intérêts restreints, sabordant les efforts antérieurs aspirant à la création d’institutions internationales stables. Prenons en considération le rôle du raid Jameson – qui résultait d’une conspiration –  dans la République sud-africaine des Boers à la fin de l’année 1895. Ce raid, conçu pour favoriser les intérêts de Cecil Rhodes, contribua à engendrer la Seconde Guerre des Boers.10Ou envisageons la conspiration franco-anglaise avec Israël en 1956, fomentée dans une tentative absurde et vaine de garder le contrôle du Canal de Suez.    

 

A présent considérons les efforts de lobbying des majors pétrolières comme étant des facteurs de l’entrée en guerre des Etats-Unis au Vietnam (1961), en Afghanistan (2001) et en Irak (2003).11Bien que le rôle des compagnies pétrolières dans l’implication des Etats-Unis en Libye reste obscure, il est quasiment certain que les réunions de la Commission d’études énergétiques de Dick Cheney ne traitaient pas seulement des réserves pétrolières sous-exploitées de l’Irak, mais également de celles de la Libye – estimées à environ 41 milliards de barils, soit environ un tiers des réserves de l’Irak.12

 

Ensuite, certains à Washington s’attendaient à ce qu’une rapide victoire en Irak soit suivie par des attaques similaires contre la Libye et l’Iran. Il y a quatre ans, le général Wesley Clarke a déclaré à Amy Goodman sur Democracy Now que peu après le 11-Septembre, un général au Pentagone l’informa que de nombreux pays seraient attaqués par l’armée des Etats-Unis. La liste incluait l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran.13En mai 2003 John Gibson, directeur général de la division Services énergétiques de l’entreprise Halliburton, déclara dans un entretien avec l’International Oil Daily : « Nous espérons que l’Irak sera le premier domino et que la Libye et l’Iran suivront. Nous n’aimons pas être mis à l’écart des marchés car cela donne à nos concurrents un avantage déloyal. »14

 

Il est également de notoriété publique que la résolution 1973 de l’ONU imposant le 17 mars une zone de non-survol suivait de peu la menace publique proférée par Kadhafi le 2 mars d’exclure les compagnies pétrolières occidentales de Libye ; de même qu’elle suivait son invitation faite le 14 mars aux firmes russes, chinoises et indiennes à produire le pétrole libyen à leur place.15De façon significative, la Chine, la Russie et l’Inde (rejoints par le Brésil, leur allié parmi les BRICS) se sont abstenus durant le vote de la Résolution 1973.

 

La question du pétrole est étroitement liée à celle du dollar, car le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale dépend largement de la décision de l’OPEP de libeller les achats du pétrole de l’OPEP en dollars. L’économie actuelle des pétrodollars se fonde sur deux accords secrets passés durant les années 1970 avec les Saoudiens pour recycler les pétrodollars dans l’économie des Etats-Unis. Le premier de ces accords assurait une participation spéciale et durable de l’Arabie saoudite dans la santé du dollar U.S. ; le second sécurisait un soutien saoudien continuel pour la tarification de l’intégralité du pétrole de l’OPEP en dollars. Ces deux accords garantissaient que l’économie des Etats-Unis ne serait pas affaiblie par les hausses de prix du pétrole de l’OPEP. Depuis lors, le plus lourd fardeau a en fait été porté par les économies des pays les moins développés, qui doivent acheter des dollars pour leurs fournitures en pétrole.16  

 

Comme Ellen Brown l’a relevé, d’abord l’Irak et ensuite la Libye ont décidé de défier le système des pétrodollars et de stopper leurs ventes de pétrole en dollars, peu avant que ces deux pays ne soient attaqués :

 

« Kenneth Schortgen Jr., écrivant pour Examiner.com, remarqua que ‘[s]ix mois avant l’entrée des Etats-Unis en Irak pour faire chuter Saddam Hussein, cette nation pétrolière avait entrepris la démarche d’accepter les euros au lieu des dollars pour son pétrole, et cela devint une menace pour l’hégémonie globale du dollar en tant que monnaie de réserve, et pour sa domination en tant que pétrodollar’. 

 

Selon un article russe intitulé ‘Bombardement de la Libye – La punition de Kadhafi pour sa tentative de refuser le dollar U.S.’, Kadhafi a entrepris une même démarche audacieuse : il initia un mouvement destiné à refuser le dollar et l’euro, et appela les nations arabes et africaines à utiliser à la place une nouvelle monnaie, le dinar or. Kadhafi suggéra d’établir un continent africain uni, avec ses 200 millions de personnes utilisant cette monnaie commune... Cette initiative était perçue négativement par les Etats-Unis et l’Union européenne, le Président français Nicolas Sarkozy qualifiant la Libye de menace pour la sécurité financière de l’humanité ; mais Kadhafi continua d’appuyer la création d’une Afrique unie. 

 

Et cela nous ramène à l’énigme de la banque centrale libyenne. Dans un article posté sur Market Oracle, Eric Encina observa :

 

‘Un fait très rarement mentionné par les politiciens occidentaux et les experts médiatiques : la Banque Centrale de Libye est à 100% détenue par l’Etat […] Actuellement, le gouvernement libyen fabrique sa propre monnaie, le dinar libyen, grâce aux installations de sa propre banque centrale. Peu de personnes peuvent remettre en question le fait que la Libye soit une nation souveraine avec de vastes ressources, capable d’alimenter son propre destin économique. Un problème majeur pour les cartels bancaires globalistes est que, pour faire des affaires avec la Libye, ils doivent passer par la Banque Centrale libyenne et par sa propre monnaie, un endroit où ils n’ont absolument aucun ascendant ou aucune capacité d’influence. Par conséquent, faire chuter la Banque Centrale de Libye (BCL) peut ne pas apparaître dans les discours d’Obama, de Cameron et de Sarkozy, mais cet objectif est certainement au sommet de l’ordre du jour globaliste consistant à absorber la Libye dans sa ruche de nations dociles.’ 17

 

La Libye n’a pas seulement du pétrole. Selon le FMI, sa banque centrale renferme environ 144 tonnes d’or dans ses coffres. Avec une telle réserve d’actifs, qui aurait besoin de la BRI [Banque des Règlements Internationaux], du FMI ou de leurs règles ? » 18 

 

La proposition récente de Kadhafi d’introduire un dinar or pour l’Afrique ravive l’idée d’un dinar or islamique émise en 2003 par le Premier Ministre malaysien Mahathir Mohamad, ainsi que par des mouvements islamistes.19Cette idée, qui contrevient aux règles du FMI et qui est conçue pour les contourner, a eu du mal à être concrétisée. Mais aujourd’hui, les pays stockant de plus en plus d’or plutôt que des dollars n’incluent pas seulement la Libye et l’Iran, mais également la Chine, la Russie et l’Inde.20   

 

L’intérêt de la France à mettre un terme aux initiatives africaines de Kadhafi

 

L’initiative des frappes aériennes semble être venue initialement de France, avec un soutien précoce de la Grande Bretagne. Si Kadhafi était parvenu à créer une Union africaine soutenue par la monnaie et les réserves d’or de la Libye, la France, qui reste le pouvoir économique prédominant dans la plupart de ses anciennes colonies centre-africaines, aurait été la grande perdante. D’ailleurs, un rapport de Dennis Kucinich aux Etats-Unis a corroboré l’assertion de Franco Bechis en Italie, transmise par le Réseau Voltaire en France, selon laquelle « des plans pour déclencher la rébellion de Benghazi furent initiés par les services de renseignement français en novembre 2010. »21  

 

Si l’idée d’attaquer la Libye provient de la France, Obama a rapidement soutenu les plans français visant à contrecarrer l’initiative africaine de Kadhafi avec sa déclaration unilatérale d’une urgence nationale, nécessaire pour geler l’intégralité des 30 milliards de dollars de la Banque de Libye auxquels les Etats-Unis avaient accès. (Cette opération fut rapportée de manière trompeuse dans la presse U.S. comme étant un gel des fonds du « Colonel Kadhafi, de ses enfants et de sa famille, ainsi que des membres importants du gouvernement libyen »22Mais en réalité la seconde section du décret d’Obama visait explicitement « Toutes les propriétés et intérêts […] du Gouvernement de Libye, ses agences, ses représentants et ses entités sous son contrôle, ainsi que la Banque Centrale de Libye. »23) Alors que ces dernières années les Etats-Unis ont activement utilisé des armes financières, cette confiscation de 30 milliards de dollars, « la plus importante somme gelée par une sanction ordonnée par les Etats-Unis », avait un précédent : la confiscation –potentiellement illégale, et résultante certaine d’une conspiration – des actifs iraniens en 1979 au nom de la Chase Manhattan Bank alors menacée.24 

 

Les conséquences, pour l’Afrique autant que pour la Libye, de ce gel de 30 milliards de dollars ont été clairement expliquées par une observatrice africaine :

 

« Les 30 milliards de dollars U.S. gelés par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale de Libye et ont été affectés en tant que contribution libyenne à trois projets clés qui auraient ajouté les touches finales à la fédération africaine – la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye ; l’établissement en 2011 du Fond Monétaire Africain qui devait être basé à Yaoundé avec un fonds de capitaux de 42 milliards de dollars ; enfin la Banque Centrale Africaine située à Abuja au Nigéria, qui lorsqu’elle commencera à imprimer de l’argent africain sonnera le glas du franc CFA grâce auquel Paris a réussi à maintenir son emprise sur certains pays africains durant ces cinquante dernières années. Il est aisé de comprendre la colère de la France contre Kadhafi. »25  

 

Cette même observatrice énonce les raisons qui la portent à croire que les plans de Kadhafi pour l’Afrique ont été plus bienveillants que ceux de l’Occident :

 

« Ceci débuta en 1992, lorsque 45 nations africaines établirent la RASCOM (Organisation Régionale Africaine de Communications par Satellite) qui aurait ainsi fourni à l’Afrique son propre satellite et aurait réduit les couts des communications dans le continent. C’était à une époque où les appels téléphoniques vers et depuis l’Afrique étaient les plus chers du monde à cause de la redevance de 500 millions de dollars U.S. empochée par l’Europe pour l’utilisation de ses satellites – comme Intelsat – pour les conversations téléphoniques, incluant celles au sein d’un même pays.

 

Un satellite africain coutait seulement un payement unique de 400 millions de dollars U.S., et ainsi le continent n’aurait plus à payer une location de 500 millions de dollars annuels. Quel banquier n’aurait-il pas financé un tel projet ? Mais le problème demeurait – comment des esclaves, cherchant à s’émanciper de l’exploitation de leurs maîtres, peuvent-ils demander de l’aide à ces derniers pour obtenir cette liberté ? Sans surprises, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, les Etats-Unis et l’Europe ont seulement fait de vagues promesses durant 14 ans. Kadhafi mit fin à ces futiles appels aux ‘bienfaiteurs’ occidentaux et leurs taux d’intérêts exorbitants. Le Guide libyen mit 300 millions de dollars U.S. sur la table ; la Banque Africaine de Développement ajouta 50 millions de dollars de plus et la Banque de Développement de l’Afrique de l’Ouest 27 millions supplémentaires – et c’est de cette manière que l’Afrique obtint son premier satellite de communications le 26 décembre 2007. »26  

 

Je ne suis pas en position de corroborer l’ensemble de ses assertions. Néanmoins, pour ces raisons et pour bien d’autres encore, je suis persuadé que les actions occidentales en Libye ont été conçues pour contrecarrer les plans de Kadhafi aspirant à instaurer une Afrique véritablement postcoloniale, et pas seulement ses actions contre les rebelles à Benghazi.   

 

Conclusion

 

Je dois conclure de toute cette confusion et de ces déformations que les Etats-Unis sont en train de perdre leur capacité d’imposer et de maintenir la paix, aussi bien lorsqu’ils agissent seuls qu’avec leurs alliés nominaux. Je proposerais, si ce n’est au moins pour stabiliser et abaisser les prix du pétrole, qu’il est dans les meilleurs intérêts des Etats-Unis de se joindre à Ban Ki-Moon et au Pape pour appuyer un cessez-le-feu immédiat en Libye. Négocier un cessez-le-feu induira certainement des problèmes, mais l’alternative probable à mettre fin à ce conflit est le cauchemar de le voir inexorablement s’aggraver. Les Etats-Unis sont déjà arrivés à cette situation, avec des conséquences tragiques. Nous ne voulons pas subir des pertes similaires au nom du système injuste des pétrodollars, dont les jours pourraient d’ailleurs être comptés.

 

Ce qui est en jeu n’est pas seulement la relation des Etats-Unis avec la Libye, mais également avec la Chine. L’ensemble de l’Afrique est un espace où l’occident autant que les pays des BRIC investiront. Il est attendu qu’à elle seule, la Chine assoiffée de ressources investira annuellement 50 milliards de dollars en 2015, une somme (financée par le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine) que l’occident ne peut pas dépenser.27 La coexistence pacifique de l’Est et de l’Occident dépendra de la capacité occidentale à accepter une diminution graduelle de son influence là-bas, sans avoir recours à des stratagèmes fourbes (comparables au stratagème franco-anglais à Suez en 1956) visant à maintenir cette influence. 

 

Dans le passé, les transitions d’hégémonie globale ont été marquées par des guerres, par des révolutions, ou par les deux en même temps. La prévalence, à l’issue de deux guerres mondiales, de l’hégémonie américaine sur l’hégémonie britannique constitua une transition entre deux pouvoirs qui étaient essentiellement alliés et culturellement proches. Le monde entier a un immense intérêt à s’assurer que la transition difficile vers un ordre dans lequel les Etats-Unis ne sont plus hégémoniques sera réalisée aussi pacifiquement que possible.


Article original : The Libyan War, American Power and the Decline of the Petrodollar System, publié le  29 avril 2011.

Traduction :  Maxime Chaix


Notes de l’auteur 

 

1« McCain calls for stronger NATO campaign », monstersandcritics.com, 22 avril 2011, lien.

 

2Ed Hornick, « Arming Libyan Rebels: Should U.S. Do It? » CNN, 31 mars 2011.

 

3« Countries Agree to Try to Transfer Some of Qaddafi’s Assets to Libyan Rebels », New York Times, 13 avril 2011, lien.

 

4« President Obama Wants Options as Pentagon Issues Warnings About Libyan No-Fly Zone », ABC News, 3 mars 2011, lien. Auparavant, le 25 février, Gates mit en garde sur le fait que les Etats-Unis devraient éviter de s’engager dans d’autres guerres au sol comme celles combattues en Irak et en Afghanistan, [et] qu’ils ne devraient pas oublier les difficiles leçons apprises de ces conflits :

 

« Selon moi, chaque futur secrétaire à la Défense qui conseillera au Président d’envoyer une nouvelle fois une grosse armée américaine au sol en Asie ou au Moyen-Orient ou en Afrique devra ‘passer un examen de la tête’, comme le général MacArthur l’avait dit si délicatement » (Los Angeles Times, 25 février 2011, lien).

 

5Alan J. Kuperman, « False Pretense for War in Libya? » Boston Globe, 14 avril 2011.

 

6La disparité de revenus aux Etats-Unis, mesurée par son coefficient de Gini, est à présent parmi les plus importantes du monde avec le Brésil, le Mexique et la Chine. Voir Kevin Phillips, Wealth and Democracy, pp. 38, 103 ; Greg Palast, Armed Madhouse  (New York : Dutton, 2006), p. 159.

 

7C’est le sujet de mon livre La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, pp. 4-9.

 

8Anthony Cave Brown, Oil, God, and Gold (Boston : Houghton Mifflin, 1999), p. 213.

 

9Peter Dale Scott, American War Machine: Deep Politics, the CIA Global Drug Connection, and the Road to Afghanistan [Rowman & Littlefield, 2010], p. 32. On pourrait également citer l’expérience de la Troisième République française et la Banque de l’Indochine ou les Pays Bas et la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.  

 

10Elizabeth Longford, Jameson’s Raid: The Prelude to the Boer War (Londres : Weidenfeld and Nicolson, 1982) ; The Jameson Raid: a centennial retrospective (Houghton, Afrique du Sud : Brenthurst Press, 1996).

 

11Les documents de Wikileaks d’octobre et de novembre 2002 révèlent que Washington nouait des accords avec les compagnies pétrolières avant l’invasion de l’Irak, et que le fait pour le gouvernement britannique d’exercer du lobbying au nom de BP était inclus dans ces accords (Paul Bignell, « Secret memos expose link between oil firms and invasion of Iraq » Independent (Londres), 19 avril 2011, repris par ReOpen911).

 

12Reuters, 23 mars 2011.

 

13Saman Mohammadi, « The Humanitarian Empire May Strike Syria Next, Followed By Lebanon And Iran »,  OpEdNews.com, 31 mars 2011.

 

14« Halliburton Eager for Work Across the Mideast » International Oil Daily, 7 mai 2003.

 

15« Gaddafi offers Libyan oil production to India, Russia, China » Agence France-Presse, 14 mars 2011, lien.

 

16Peter Dale Scott, « Bush’s Deep Reasons for War on Iraq: Oil, Petrodollars, and the OPEC Euro Question » ; Peter Dale Scott, Drugs, Oil, and War (Lanham, MD : Rowman & Littlefield, 2003), pp. 41-42 : « De ces développements ont émergé des phénomènes jumeaux, sous-tendant le 11-Septembre, d’un unilatéralisme U.S. triomphaliste d’un côté, et d’un endettement global du tiers monde de l’autre. Les accords secrets augmentèrent l’interdépendance entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite au détriment de la courtoisie internationale qui avait été la base de la prospérité des Etats-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale ». Voir Peter Dale Scott, La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, (Paris : Editions Demi-Lune, 2010), p. 37.   

 

17« Globalists Target 100% State Owned Central Bank of Libya », lien.

 

18Ellen Brown, « Libya: All About Oil, or All About Banking », Reader Supported News, 15 avril 2011.

 

19Peter Dale Scott, « Bush’s Deep Reasons for War on Iraq: Oil, Petrodollars, and the OPEC Euro Question » ; citant « Islamic Gold Dinar Will Minimize Dependency on US Dollar », Malaysian Times, 19 avril 2003.

 

20« Gold key to financing Gaddafi struggle », Financial Times, 21 mars 2011, lien.

 

21Franco Bechis, « La France préparait depuis novembre le renversement de Kadhafi », Réseau Voltaire, 25 mars 2011. Cf. le depute au Congrès des Etats-Unis Dennis J. Kucinich, « November 2010 War Games: ‘Southern Mistral’ Air Attack against Dictatorship in a Fictitious Country called ‘Southland’ », Global Research, 15 avril 2011, lien ; Frankfurter Allgemeine Zeitung, 19 mars 2011.

 

22New York Times, 27 février 2011.

 

23Ordre Exécutif du 25 février 2011, citant la loi International Emergency Economic Powers Act (50 U.S.C. 1701 et suiv.) IEEPA), la loi National Emergencies Act (50 U.S.C. 1701 et suiv.) (NEA), et la section 301, titre 3, United States Code, qui permet de saisir l’ensemble des biens du Gouvernement libyen, 25 février 2011, lien. L’autorité conférée au Président par l’International Emergency Economic Powers Act « peut seulement être exercée dans le but de gérer une menace inhabituelle et extraordinaire au sujet de laquelle une urgence nationale a été déclarée dans les objectifs du présent chapitre et ne peut être exercée pour d’autres motifs. » (50 U.S.C. 1701).

 

24« Billions Of Libyan Assets Frozen », Tropic Post, 8 mars 2011, lien ; Peter Dale Scott, La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, (Paris : Editions Demi-Lune, 2010), pp. 123-137 (le gel des avoirs iraniens).

 

25« Letter from an African Woman, Not Libyan, On Qaddafi Contribution to Continent-wide African Progress, Oggetto: ASSOCIAZIONE CASA AFRICA LA LIBIA DI GHEDDAFI HA OFFERTO A TUTTA L'AFRICA LA PRIMA RIVOLUZIONE DEI TEMPI MODERNI », Vermont Commons, 21 avril 2011, lien. Cf. Manlio Dinucci, « Financial Heist of the Century: Confiscating Libya's Sovereign Wealth Funds (SWF) », Global Research, 24 avril 2011, lien.

 

26Ibid. Cf. « The Inauguration of the African Satellite Control Center », Libya Times, 28 septembre 2009, lien ; Jean-Paul Pougala, « The lies behind the West's war on Libya » Pambazuka.org, 14 avril 2011.

 

27Leslie Hook, « China’s future in Africa, after Libya », blogs.ft.com, 4 mars 2011 (50 milliards de dollars). En 2010, le déficit commercial des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine était de 273 milliards de dollars.


Peter Dale Scott est docteur en sciences politiques, professeur émérite de Littérature anglaise à l’Université de Californie (Berkeley) et ancien diplomate canadien. The Road to 9/11 est son unique livre traduit en français, récemment publié aux Editions Demi-Lune sous le titre La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, 50 ans d’ambitions secrètes des États-Unis. Cet ouvrage a fait l’objet d’une recension élogieuse de la part du général d’armée aérienne (5 étoiles) Bernard Norlain dans la prestigieuse Revue Défense Nationale de mars 2011.

   
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est le dernier livre de Peter Dale Scott, récemment publié en anglais chez Rowman & Littlefield. On compte notamment parmi ses ouvrages précédents Drugs Oil and War et The War Conspiracy: JFK, 9/11, and the Deep Politics of War. Son site web, qui contient nombre de ses écrits, est http://www.peterdalescott.net.  

Citation recommandée : Peter Dale Scott, « The Libyan War, American Power and the Decline of the Petrodollar System », The Asia-Pacific Journal Vol. 9, Issue 18 No. 2, 2 mai 2011.

 

 


Peter Dale Scott est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Peter Dale Scott publiés par Mondialisation.ca


 SOURCE :  http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24571

 

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Derrière l’attaque contre la Libye :

les stratégies de la guerre économique
 

 

par Manlio Dinucci*

 


L’agression occidentale contre la Libye n’a pas eu pour but de s’emparer du pétrole local que des compagnies occidentales avaient déjà été autorisées à exploiter depuis la normalisation des relations diplomatiques. Il ne s’agit donc pas d’une guerre de ressources. Par contre, relate Manlio Dinucci, cette guerre, la reconnaissance précipitée par la France du Conseil national de transition (10 mars) et le sommet de Londres (30 mars), ont permis aux multinationales occidentales de modifier les termes de leurs contrats et de ne plus payer que des droits d’exploitation symboliques. De ce point de vue, il s’agit donc d’une guerre coloniale classique.

 

 

 

 

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L’OTAN a concentré ses interventions de « support aérien » aux rebelles armés autour de la raffinerie de Ras-Lanouf, qui concentre les 2/3 des capacités de raffinage du pays.

L’invasion de la Libye, contrairement à ce qui se dit, a déjà commencé. Les unités d’assaut qui, opérant depuis longtemps sur le territoire libyen, ont préparé la guerre sont en train de l’effectuer : ce sont les puissantes compagnies pétrolières et les banques d’investissement étasuniennes et européennes.


Quels sont les intérêts en jeu ? Ceci émerge d’un article du Wall Street Journal, le réputé quotidien d’affaires et de finance [1]. Après l‘abolition des sanctions en 2003, les compagnies pétrolières occidentales ont afflué en Libye avec de grandes attentes, mais ont été déçues. Le gouvernement libyen, sur la base d’un système connu sous le nom d’Epsa-4, concédait les licences d’exploitation aux compagnies étrangères qui laissaient à la compagnie étatique (National Oil Corporation of Libya, NOC) le pourcentage le plus élevé du pétrole extrait : étant donnée la forte compétition, ce pourcentage arrivait à environ 90 %. « Les contrats Epsa-4 étaient ceux qui, à l’échelle mondiale, contenaient les termes les plus durs pour les compagnies pétrolières », dit Bob Fryklund, auparavant président de la société étasunienne ConocoPhillips en Libye.

 

 

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En 2005-06, après la normalisation des relations de la Libye avec l’Occident, la NOC a réalisé trois appels d’offres internationaux pour l’exploration et l’exploitation de ses réserves pétrolières, les plus importantes d’Afrique. Cependant, les contrats passés avec les multinationales étrangères ont pris la forme de joint-venture particulièrement favorables à la nation libyenne. C’est pour « libéraliser » ce système que le Conseil national de transition a créé la LOC et que les « volontaires » lui ont reconnu le droit d’exporter le pétrole libyen, lors du sommet de Londres, le 29 mars 2011. La gestion de la LOC a été confiée au Qatar qui, en échange, a mis Al-Jazeera à disposition des « volontaires » pour déstabiliser la Syrie.

Les raisons apparaissent ainsi clairement —par une opération décidée non pas à Benghazi mais à Washington, Londres et Paris— de la création par le Conseil national de transition de la « Libyan Oil Company » : une coquille vide, semblable à une des sociétés clé en mains, prêtes pour les investisseurs dans les paradis fiscaux [2]. Elle est destinée à se substituer à la NOC, quand les « volontaires » auront pris le contrôle des zones pétrolifères. Sa mission sera de concéder des licences à des conditions extrêmement favorables pour les compagnies étasuniennes, britanniques et françaises. Seraient par contre pénalisées les compagnies qui, avant la guerre, étaient les principales productrices de pétrole en Libye : avant tout l’italienne ENI qui a payé en 2007 un milliard de dollars pour s’assurer les concessions jusqu’en 2042, et l’allemande Wintershall qui venait au deuxième rang. Plus pénalisées encore seraient les compagnies russes et chinoises, à qui Kadhafi a promis le 14 mars (2011) de donner les concessions pétrolières retirées aux compagnies européennes et étasuniennes. Les plans des « volontaires » prévoient aussi la privatisation de la compagnie d’État, qui serait imposée par le Fond Monétaire International en échange d’ « aides » pour la reconstruction des industries et infrastructures détruites par les bombardements des « volontaires » mêmes.

Il apparaît aussi clairement pourquoi a été créée, en même temps, à Bengazi, la « Central Bank of Libya », autre coquille vide mais avec une mission future importante : celle de gérer formellement les fonds souverains libyens —plus de 150 milliards de dollars que l’État libyen avait investi à l’étranger— quand ils seront « dégelés » par les États-Unis et par les plus grandes puissances européennes. Qui les gèrera effectivement est démontré par le colosse bancaire britannique HSBC, principal « gardien » des investissements libyens « congelés » au Royaume Uni (environ 25 milliards d’euros) : une équipe de hauts cadres d’HSBC est déjà au travail à Bengazi pour lancer la nouvelle « Central Bank of Libya » [3]. Il sera facile pour HSBC et d’autres grandes banques d’investissement d’orienter les investissements libyens en fonction de leurs stratégies.

Un de leurs objectifs est de couler les organismes financiers de l’Union africaine, dont la naissance a été rendue possible en grande partie par les investissements libyens : la Banque africaine d’investissement, avec siège à Tripoli ; la Banque centrale africaine, siège à Abuja (Nigeria) ; le Fond monétaire africain, siège à Yaoundé (Cameroun). Ce dernier, avec un capital programmé à plus de 40 milliards de dollars, pourrait supplanter en Afrique le Fond monétaire international, qui a jusqu’à présent dominé les économies africaines en ouvrant la voie aux multinationales et aux banques d’investissement étasuniennes et européennes. En attaquant la Libye, les « volontaires » essaient de couler les organismes qui pourraient un jour rendre possible l’autonomie financière de l’Afrique.

 

 

http://www.voltairenet.org/article169673.html

 

 

 

 

Kadhafi :

 

Les peuples tunisien et égyptien ont fait tomber des despotes. Leurs
révolutions sont compréhensibles suite aux souffrances qu’ils ont
endurées de la part de leurs dirigeants. Pour la Lybie, le problème est
autre. Et son bombardement ne fait qu’attiser la flamme du doute
concernant les « intentions humanitaires » des Occidentaux sachant que
d’autres révoltes auraient pu susciter également des interventions. Mais
on sait qu’à causes égales, les effets sont inégaux… telle est la devise
de Septentrion.

L’ONU, appelée le « machin » par le Général De Gaulle s’avère être, en
fait, une « machine » à laquelle il faudrait rajouter, à juste titre, «
…de guerre ». Sous le couvert de la légalité, laquelle n’existe
aucunement concernant l’État d’Israël qui peut occire à volonté sans que
le monde ne s’en émeuve, voici que l’organisation censée regrouper le
monde dans la paix ne cesse d’assassiner des innocents. Elle l’a déjà
fait en Irak, en organisant un embargo criminel causant la mort de plus
de 500 000 enfants et prolonge ses méfaits en Afghanistan puis
aujourd’hui en Libye.

Et c’est mon sujet car c’est encore là que le bât blesse sérieusement !
Le monde arabe a enfin compris, au demeurant il n’est jamais trop tard
pour bien faire, qu’il devait se débarrasser de ses dictateurs. Il a
commencé le nettoyage épique en Tunisie, puis l’a continué en Egypte.
Mais dans ce dernier pays la révolution arabe a réussi à ôter les
éléments mis en place par les puissances occidentales lesquelles
n’avaient jamais cessé de favoriser les dictateurs estimant qu’ils
constituaient des pions primordiaux mais surtout des idiots utiles et de
bons traitres pour leurs politiques d’exploitation et de néo
colonisation. Néanmoins, quelle que soit la puissance de l’occupant,
quelle que soit la forme d’exploitation qu’il tente d’entreprendre
celles-ci sont inopérantes face à la volonté et à la détermination d’un
peuple. Et l’égyptien l’a montré. Les tyrans à la botte ont été chassés
par la révolution populaire. Plus que Benali, Moubarak était un élément
essentiel au Moyen-Orient, perdu, hélas pour elles, par les puissances
occidentales, perdu aussi et surtout pour « la seule démocratie de la
région ». C’est pourquoi il fallait trouver un substitut d’urgence en
Méditerranée.

Quoi de mieux que la Libye ! Et ce pour plusieurs raisons :


      - Le pays possède d’importantes réserves d’une richesse
particulièrement convoitée : le pétrole.
      - Kadhafi est un ennemi d’Israël.
      - La Libye se situe en Méditerranée et pourrait remplacer l’Égypte
perdue si d’aventure une révolution éclatait.
      - Que les peuples tunisien et égyptien s’insurgent, cela peut
s’expliquer par la mal vie ou plutôt la survie sachant que leurs pays ne
possèdent pas de richesses naturelles et que leurs dirigeants
s’accaparaient du peu qu’ils pouvaient produire.

Mais c’est une toute autre histoire concernant la Libye car celle-ci :


      - Possède un produit intérieur brut par habitant dépassant les 11
500 dollars et connu comme étant l’un des plus importants du monde.
      - Connait la plus forte longévité d’Afrique puisqu’allant jusqu’à
72 ans pour l’homme et 76 ans pour la femme.
      - Peut se vanter d’avoir un niveau socio-économique, un
enseignement et un système de santé dépassant ceux du Canada.
      - Voit ses bénéfices redistribués.

Certes, il manque au tableau ce que les Occidentaux adorent tout en
l’appliquant de manière très fragmentaire et seulement lorsque cela les
intéresse : la démocratie. Certes, le Colonel Kadhafi a su tirer à son
avantage la substantifique moelle de la rente pétrolière quoique sa
richesse ne fût aucunement comparable à celles des deux autres larrons
bien que le pays soit plus riche. Certes, l’homme n’est pas un saint et
qu’il est doublé d’un esprit pas très… catholique. Toutefois, on
comprend mal qu’un peuple pour le moins nanti, mangeant à sa faim,
vivant matériellement de façon très confortable puisse se révolter au
seul but de la « démocratie ». Je crois en la vocation des peuples à se
libérer d’un tyran qui les dépossède, qui les martyrise, qui les fait
souffrir mais à pas à celle de le faire pour la simple raison de pouvoir
dire ce qu’ils pensent.

C’est pourquoi, la pseudo-révolution libyenne me parait porter la marque
de fabrication étrangère. Ce n’est pas un mouvement spontané, on ne peut
donc pas parler de révolution au sens propre du terme. Et le fait que
l’OTAN, mandaté soi-disant, bombarde ce seul pays alors qu’il y avait eu
autant de sang versé au début dans d’autres, prouve aisément que ce
n’est pas pour protéger la population libyenne d’un carnage mais pour
s’approprier les richesses par autre tyran inféodé et soumis à la botte
occidentale. Je ne crois ni aux bonnes intentions, ni à l’esprit
humanitaire des dirigeants septentrionaux et encore moins aux défenseurs
de la veuve et de l’orphelin qu’ils prétendent être. Tout cela n’est que
pipeau. La Libye est un enjeu stratégique et énergétique qui ne leur a
certainement pas échappé. Ils agissent uniquement avec cette idée en
tête. Le bien des peuples ne les intéresse pas et il faut être bien
niais, ou complice, pour le croire.

On ne libère pas un peuple s’il n’a pas la volonté de le faire lui-même.
Et je comprends mal que la France puisse être mêlée à pareille affaire.
Mais, sachant que notre Empereur n’agit qu’en tant que Vice-roi
d’Israël, je peux comprendre qu’il engage nos troupes dans une guerre
qui n’est pas la nôtre mais celle du petit État très démocratique du
Moyen Orient. À cela je voudrais ajouter qu’il est stupéfiant de
constater que la gauche française ne s’émeuve aucunement à la suite des
bavures de l’OTAN lesquelles ont toutefois emporté des enfants
innocents… mais bon on nous chantera encore le couplet des « dégâts
collatéraux » !

Au fait… cibler la mort d’un individu est considéré par le statut de
Rome comme crime de guerre. L’OTAN, après avoir visé Kadhafi et tué sa
famille, sera-t-elle jugée pour cela ?

Makhlouq


Paru chez Altermonde-sans-frontière

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:36
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La balkanisation de la Libye: les plans des États-Unis et de l’OTAN pour le remodelage du territoire libyen

par Mahdi Darius Nazemroaya

Le 2 mai 2011
Life Week Magazine (Chine)

Note de l’éditeur



Mahdi Darius Nazemroaya a été interviewé par Xu Jingjing pour un article ayant pour sujet la guerre de Libye pour le magazine Life Week. Life Week est un des plus importants magazines établi à Pékin. Cet interview parle de l’impasse dans laqualle la guerre se trouve et comment cela fait partie de la stratégie du pentagone et de l’OTAN pour la division de la Libye. L’interview couvre également les rôles de la Turquie et de l’Allemagne ainsi que les plans de L’UE d’envoyer une force de maintien de la paix. L’importance économique de Misrata est aussi mise en exergue. Ce qui suit est la transcript (traduit de l’anglais) de l’interview ayant eu lieu le 26 Avril 2011.

 

 

XU JINGJING:

Il apparait que la coalition occidentale a relenti ses actions durant les trois dernières semaines. A votre avis, quelles sont les raisons de cette impasse ?

NAZEMROAYA:

L’impasse en Libye est calculée. Les Etats-Unis et l’OTAN veulent maintenir un statu quo stratégique entre le gouvernement libyen à Tripoli et le conseil de transition à Benghazi. Ils utilisent cette stratégie du point mort afin de manipuler à la fois Tripoli et Benghazi. Plus les parties sont fatiguées et affaiblies, et plus les chances qu’elles se tournent toutes deux vers les USA et ses partenaires de l’OTAN pour mettre fin au conflit, seront grandes. Le conseil transitoire fera également plus de deals avec les Etats-Unis et l’UE. Le régime libyen à Tripoli demandera aux USA et a l’UE de mettre fin au conflit et fera par là-même des concessions. Les Etats-Unis et l’UE désirent que les deux côtés soient plus dépendant de Washington et de Bruxelles comme arbitres de la situation en Libye. La finalité de tout cela sera que la Libye se transformera en ce que les USA et l’Europe de l’Ouest désirent depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945.

Leur but est de faire de la Libye un pays divisé. Ils sont experts en cela. Ce sont des experts à retourner les gens les uns contre les autres et à détruire des nations. Ils ont divisé les Arabes qui devraient n’être qu’une seule nation ou au pire, cinq nations arabes. Ils ont aidé à la division du peuple de l’Inde. Ils ont divisé les slaves du sud dans les Balkans, ils ont divisé les gens d’Asie du Sud-Est. Ils ont travaillé d’arrache-pied à diviser l’île de Taiwan et la Chine continentale. Ils ont oeuvré pour que l’Ukraine se batte contre la Russie. Avec Israël et l’Arabie Saoudite, ils ont divisé politiquement les Palestiniens et le Liban. Maintenant les Etats-Unis et L’UE ont l’intention d’encore plus diviser les Arabes, mais aussi de créer des divisions sur le sol africain et les pays sud-américains. Ils continuent de surcroi à diviser le monde musulman en identifiant deux parties: les chi’ites et les sunnites. Ils continuent à travailler de concert pour diviser la Russie, l’Iran et la Chine.

Avant 1951, les Etats-Unis, la France, l’Italie et la Grande-Bretagne avaient un accord entr’elles afin de diviser la Libye en sphères d’influence et même de prévenir que la Libye ne devienne un pays libre, unifié et indépendant. Ces puissances impérialistes ont même voulu que la Libye soit divisée en trois parties, trois territoires différents. Les Libyens s’y sont opposés farouchement. Washington , Londres et Paris ont même tenu a l’époque une discussion avec l’URSS sur la question d’établir trois mandats des Nations Unies appelés la mise sous tutelle de la Libye. Un de ces mandats auraient été en Cyrénaïque sous contrôle britannique, un autre au Fazzan sous contrôle français et le dernier en tripolitaine sous contrôle italien. Les Etats-Unis surpervisant l’ensemble. Mais les soviétiques avaient des idées différentes sur la question et désiraient le mandat en tripolitaine ou le partager avec l’Italie. Finalement, aucun accord ne put être conclus et la Libye devint indépendante après un dèbat à l’ONU.


Quand les Etats-Unis, La Grande-Bretagne, la France et l’Italie tombèrent d’accord pour donner l’indépendance à la Libye, il fut décidé que cela se ferait comme un état fédéral sous la férule du roi Idris. Idris fut placé comme chef d’état libyen par les britanniques et les puissances coloniales et sous ce système fédéral les autres petits émirs s’occuperaient de la cyrénaïque et du Fazzan et seraient les représentants non-élus de ces deux territoires.


En Tripolitaine, où se concentrait la vaste majorité de la population libyenne, les représentants libyens seraient choisis par le peuple, mais sous un système fédéral qui donnerait une importance équivalente à la Tripolitaine, au Cyrénaïque et au Fazzan. Les représentants choisis par le peuple libyen serait placés en minorité face aux émirs et autres sheikhs. Dans le système fédéral souhaité par Washington, les émirs non élus représentant les populations plus petites du Cyrénaïque et du Fazzan seraient la majorité dans l’assemblée nationale libyenne. Ce que les Etats-Unis et leurs alliés essayaient de faire était d’éliminer toute forme d’auto-détermination de la part des Libyens. Les USA et leurs alliés tentaient de transformer la Libye en un émirat come le Bahraïn, le Qatar, le Koweit ou les Emirats Arabes Unis.

 


Aujourd’hui les Etats-Unis et l’UE sont en route pour forcer un nouveau système fédéral en Libye ou pour diviser le pays entre au moins deux administrations, celle de Tripoli et celle de Benghazi.

 

Ces pays sont aussi la force qui poussent pour une guerre tribale en Libye, ce qui transformerait le pays en une seconde Yougoslavie. Les guerres tribales en Libye se répandraient au-delà des frontières de la Libye au reste de l’Afrique, de l’Afrique de l’Ouest, centrale et à l’Est.

 


XU JINGJING:

Les négociations politiques sont-elles dans une impasse ou au-delà ? Comment voyez-vous ces pays attribuer les obligations de la guerre et les intérêts de l’après-guerre ?

NAZEMROAYA:

Les britanniques ont élaboré un schéma qui veut que les membres arabes de la coalition contre la Libye enverront leurs troupes en Libye ou financeront une armée massive de mercenaires étrangers. Une invasion en partie privée de la Libye aura lieu. A cet égard, les britanniques veulent que les pays arabes comme le Qatar et les Emirats Arabes Unis financent des mercenaires britanniques et américains en Libye. Comme ils l’ont déjà fait à Oman il y a quelques années, Londres va même autoriser des membres de l’armée britannique à temporairement quitter l’armée et aller travailler ou combattre en Libye comme mercenaires. Voilà pourquoi les Etats-Unis étaient contre le fait d’inclure un article dans la résolution de l’ONU 1973, qui aurait permis de poursuivre en justice des mercenaires étrangers qui ne font pas partie de la cour internationale de justice.

Alors que les Etats-Unis ont été responsables de mener l’attaque sur la Libye, ce sera les européens de l’ouest qui se chargeront de l’occupation. L’UE veut maintenant occuper la Libye. Ils le feront sous la couverture d’un mandat d’une force de maintien de la paix. Ceci ne fera que diviser la Libye plus avant. Les deux gouvernements de Tripoli et de Benghazi s’éloigneront irrémédiablement l’un de l’autre sous les yeux des forces d’occupation. La Libye sera gouvernée de manière séparée ou sous un sytème fédéral.

Les Etats-Unis et l’UE ont aidé à créer une nouvelle banque centrale à Benghazi, ainsi qu’une nouvelle compagnie pétrolière. Les USA veulent sans doute se positionner militairement en Libye et peut-être même y amener plus tard le QG de son AFRICOM. Wall Street et les grosses banques européennes géreront également les finances de la Libye. Le secteur de l’énergie sera partagé entre les US et l’UE, avec l’inclusion du Qatar en récompense à son émir pour les services rendus. Celui-ci est déjà responsable de l’accord entre la nouvelle compagnie pétrolière nationale à Benghazi et Al Jazeera a également aidé à créer les stations médiatiques du conseil national de transition.

XU JINGJING:

Voyez-vous une dissidence possible au sein des pays de la coalition se battant contre Kadhafi ? Ont-ils un but différent et un intérêt national ?

NAZEMROAYA:

Je ne vois pas de différent majeur entre les Etats-Unis et leur alliés. S’il y en avait un ce serait entre les côtés anglo-américains d’un côté et franco-allemand de l’autre. Ceci constitue les deux piliers de support de l’OTAN. Tout le monde au sein de l’OTAN suit un de ces fronts. Il a été dit que l’Allemagne et la Turquie ont des vues différentes des Etats-Unis de la GB et de la France avec Rome quelque part entre les deux. Mais les actions de ces pays et de leurs officiels en disent plus long que leurs paroles. Le gouvernement allemand a supporté la guerre dès le départ. Parce que le peuple allemand n’aurait pas permis que l’Allemagne se joigne à l’attaque, Berlin n’a pas pu y prendre directement part. Ce que le gouvernement allemand a fait en revanche, est d’envoyer plus de ressources militaires en Afghanistan de façon à ce que plus de logistiques de l’OTAN puissent intervenir en Libye.

La Turquie et l’Allemagne auraient pu arrêter l’utilisation de l’OTAN s’ils avaient vraiment été contre cette guerre. Un des QG opérationnel est basé en Turquie. La Turquie est aussi l’autorité administrative de l’aéroport de Benghazi ainsi qu’elle aide dans les opérations navales contre la Libye.

Oui, il y a des intérêts divergents entre le bloc américano-britannique et le bloc franco-allemand, surtout en ce qui concerne le contrôle des réserves énergétiques du pays et de l’Afrique du Nord. A l’encontre des USA, l’UE est dépendante de l’énergie libyenne, spécifiquement l’Italie. C’est dans leur intérêt de contrôler les ressources pétrolières et gazières en Afrique du Nord. Si Washington et Londres gagnent le contrôle majeur de ces réserves, ils contrôleront la sécurité économique de l’UE. Mais je pense que les USA et l’UE travaillent en associés en Afrique du Nord et coordonnent en fait des opérations contre la Chine et ses alliés en Afrique.

XU JINGJING:

Les combats dans la ville de Misrata attirent toute l’attention maintenant, que pensez-vous de l’importance de cette ville ? Comment le résultat de cette bataille peut-il influer sur les mouvements de l’opposition libyenne ?

NAZEMROAYA:

La ville de Misrata est le Shangai de la Libye. Pour le conseil transitoire ce serait une victoire économique majeure. Elle est une base importante de commerce, d’industrie et d’échange pour la Libye et l’Afrique. Parmi les plus grosses compagnies africaines sont basées à Misrata, ceci incluant les grosses compagnies libyennes du fer et de l’acier. Misrata est aussi un port très important. Beaucoup d’entreprises libyennes et d’industries ont leur QG à Misrata et dans les districts avoisinants.

Voilà pourquoi l’Allemagne et l’UE veulent envoyer des troupes à Misrata sous couvert de forces humanitaires. L’UE veut envoyer des militaires là-bas pour des raisons purement stratégiques et économiques et pas du tout pur des causes humanitaires. Les forces de l’UE sont composées des mêmes forces qui composent les forces de l’OTAN. Ils utilisent simplement un autre nom. La différence entr’une force européenne et l’OTAN est une différence purement technique.

Ceci qui est d’autant plus ridicule est que les pays qui désirent envoyer des forces de maintien de la paix sur place, sont les mêmes que qui combattent en Libye actuellement. De fait, parce que l’OTAN est entrée en guerre de manière collective, toute nation faisant partie de l’OTAN est une nation combattante. Ceci inclut l’Allemagne. Ceci doit disqualifier l’ensemble des nations européennes comme force de paix en Libye. Seuls des parties neutres et non combattantes peuvent faire office de force d’interposition et de maintien de la paix. Des nations comme la Russie, la Chine, l’Algérie, le Kazakhstan, la Biélorussie, le Brésil, la Malaisie et le Vénézuela devraient envoyer des forces de maintien de la paix. Même l’Organisation de Coopération de Shangai devrait y jouer un rôle ainsi que les Russes et leurs anciens partenaires des forces de l’ancien bloc de l’Est. Il est d’un intérêt stratégique pour la Chine et ses alliés de faire en sorte de s’assurer que la Libye n’est pas colonisée ou victimisée comme l’est l’Afghanistan sous les forces d’occupation de l’OTAN. Les évènements de Libye sont en fait un pas en avant pour l’occident d’isoler plus l’Iran, la Russie et la Chine ainsi que l’Eurasie.

XU JINGJING:

Pensez-vous que les Etats-Unis sont toujours des acgteurs décisifs et pourquoi ?

NAZEMROAYA:

Oui, sans l’ombre d’un doute. Pour répondre à cette question, définissons en premier lieu la coalition qui est impliquée dans cette guerre d’agression contre la Libye. Le Pentagone a transféré les opérations militaires à l’OTAN après quelques jours. Ainsi la guerre est maintenant officiellement pilotée par l’OTAN. Quelques autres pays comme le Qatar, la Jordanie, les Emirats Arabes Unis, la Suède sont aussi partenaires sous commandement de l’OTAN. Dès lors et avant que je n’analyse l’OTAN, voyons de plus près une autre alliance militaire datant de la guerre froide appelée le pacte de Varsovie.

Washington et l’Europe occidentale ont eu l’habitude de critiquer l’ancienne union soviétique en disant que le pacte de Varsovie était en fait une organisation tronquée, qu’en fait cela n’était que l’Armée Rouge soviétique. En d’autres termes que la Bulgarie, la Roumanie, l’Allemagne de l’Est, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l’Albanie n’etaient pas une force réelle du pacte et que le Pacte de Varsovie n’était que l’URSS qui agissait derrière un pseudo-bouclier de multilatéralisme en Europe de l’Est.

Je ne discuterai pas ce point.

L’OTAN est bien plus compliquée que la Pacte de Varsovie et n’est pas gérée par un seul pays. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne sont les piliers de cette force et ils sont le vrai pouvoir décisionnaire à Bruxelles. La Turquie, à cause de l’héritage de Kamal Ataturk a aussi une certaine indépendance au sein de l’OTAN. Toutes les autres nations ou bien suivent les anglo-américains ou bien suivent le bloc franco-allemand.

Mais au-delà de tout ceci, l’OTAN est juste un pacte de Varsovie plus sophistiqué Les Etats-Unis devraient regarder dans le miroir. L’argument critique de Washington envers la Pacte de Varsovie s’applique à eux-mêmes et à l’OTAN.

L’OTAN d’aujourd’hui n’est pas très différente de ce que les USA qualifiaient le Pacte de Varsovie d’être, à savoir l’URSS sous un drapeau multilatéral. L’OTAN elle-même et les commandants du pentagone disent que l’OTAN n’est presqu’exclusivement constituée que de l’armée américaine. En d’autres termes, l’OTAN est l’armée américaine, renforcée par la GB, la France, l’Allemagne, la Turquie, la Canada, l’Italie et quelques autres pays européens auxiliaires. Les Etats-Unis font la guerre, puis envoient ces pays pour occuper les pays défaits, pour privatiser leurs économies sous contrôle étranger. Au bout du compte, l’OTAN est en réalité l’armée américaine avec le support politique et financier de ces autres pays.

Le sénateur McCain et le sénat états-uniens ont demandé il y a quelques semaines que le reste de l’OTAN finance les Etats-Unis pour faire la guerre en Libye. La plupart des membres de l’OTAN sont en fait des pays satellites des Etats-Unis; l’OTAN sans les USA n’auraient jamais pu faire la guerre en Yougoslavie et en Afghanistan, sans même parler de déclancher une guerre contre la Libye. Regardez simplement le rôle que jouent les Etats-Unis dans les bombardements en Libye. Ils y ont fait le plus gros des bombardements et du gros travail de pilonage. En fait, réellement, les Etats-Unis se cachent derrière l’image de multilatéralisme offerte par l’OTAN. Ils ne veulent pas du tout apparaitre comme étant en charge de tout ce qui se passe. Washington a peur de l’opinion publique.

Voilà donc pourquoi Obama, Clinton et Gates ont prétendu publiquement que le gouvernement américain était contre la création d’une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Libye et ce jusqu’au tout dernier moment lorsque les véritables objectifs des Etats-Unis devinrent apparents. En même temps qu’Obama disait être contre la zone d’exclusion, les Etats-Unis se préparaient à intervenir et se mobilisaient pour attaquer la Libye. Paris et Londres ont juste joué les rôles de leaders sur la place publique à des fins déceptives.

Je désire ici faire une remarque finale et importante. Le président Obama, le premier ministre Cameron, le président Sarkozy se cachent tous derrière le paravent de l’OTAN, parce que l’OTAN est une organisation internationale qui échappe à toute forme de responsabilité politique. L’OTAN ne peut-être rendue responsable de ses actes devant aucune institution officielle ayant droit de vote. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne peuvent bombarder a Libye pendant des mois et clamer que tout cela est dans les mains de l’OTAN et donc de sa responsabilité et que l’OTAN est en charge de la guerre. De fait. Obama, Cameron et Sarkozy essaient tous d’échapper a toute responsabilté politique en tant qu’hommes politiques et devant le public simplement en laissant l’OTAN faire la guerre et en se cachant derrière elle pour se protéger.


Article original en anglais (traduit du chinois): http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24527, le 28 avril 2011.

Traduit de l’anglais par Résistance 71, le 30 Avril 2011.


Mahdi Darius Nazemroaya est un spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale. Il est chercheur associé à Mondialisation.ca

 

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24593

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:34
Des armes clandestines et des stupéfiants dans les avions militaires américains

c17Le 10 février dernier, un avion C17 de l'armée de l'air états-unienne se posait sur la piste de l'aéroport Ezeiza de Buenos-Aires. La cargaison de l'aéronef avait au préalable été soumise aux autorités argentines : du matériel de maintien de l'ordre destiné au Groupe d'intervention spécial de la police fédérale argentine (GEOF) dans le cadre d'une formation dispensée par des instructeurs venus de Washington.

 

Mais lors du contrôle de la cargaison, la police argentine découvrit un arsenal bien plus important que celui qui avait été déclaré au préalable par l'armée  états-unienne. Selon le quotidien Pagina12, "une mitrailleuse, des fusils et une étrange malle n'avaient fait l'objet d'aucune déclaration. Des caisses, portant toutes le cachet de la 7ème Brigade de parachutistes basée en Caroline du Nord ont également été découvertes. Au total, près d'un tiers de l'avion était constitué de matériel clandestin après que l'avion eut observé des transits à Panama et à Lima".


Sommé de se justifier sur cette cargaison, l'équipage refusa de répondre et empêcha l'ouverture des malles. Sur ordre de la présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, des agents argentins utilisèrent la méthode forte et procédèrent à l'ouverture des différentes caisses. A l'intérieur figuraient "des équipements de transmission, des programmes informatiques cryptés, des produits stupfiants et des produits stimulants destinés au système nerveux".


Des supports informatiques ont également été interceptés parmi lesquels deux clefs USB et un disque dur estampillé "secret" ainsi qu'une très utile brochure pour les hommes d'équipage... Ce document, traduit en une quinzaine de langues, permet aux militaires états-uniens en mauvaise posture à l'étranger de faire appel à leur réseau diplomatique : "Je suis un soldat des Etats-Unis. Veuillez, s'il vous plaît, informer mon ambassade de mon arrestation"...

 


Source :

 

Sur le même thème :

http://meridien.canalblog.com/archives/2011/02/24/20477438.html

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:17

http://www.mecanopolis.org/wp-content/uploads/2009/01/suicide-soldats.jpg

http://www.mecanopolis.org

 

 

Note d'eva : 

 

Ils partent souvent pour financer leurs études si chères

(comme en Angleterre, 10.000 euros l'année)

et n'oublions pas que les parents doivent faire une double journée

pour payer l'école de leurs enfants.

 

Et ils reviennent détruits.

Nombreux se suicident... qui en parle ?

 

 


 

http://laplumedaliocha.wordpress.com/

http://www.youtube.com/watch?v=-DjqR6OucBc&feature=player_embedded

 

21 avril 2011 : Deux photojournalistes ont été tués hier à Misrata en Libye. Chris Hondros de Getty Images et Tim Hetherington qui travaillait pour Vanity Fai

 

Tim Hetherington était célèbre pour son travail sur les soldats américains en Afghanistan, dont il avait tiré un film Restrepo. Il faut aussi regarder le portfolio de Vanity Fair. Ses portraits de soldats sont fascinants.

 

Quant à Chris Hondros, sa mémoire restera attachée à une photo inoubliable, celle d’une petite fille de 5 ans en larmes dont les parents irakiens viennent d’être tués. Elle est ici. The Guardian a mis en ligne une rétrospective de son travail.


Un reporter de Match était lui aussi à Misrata. Son reportage permet de comprendre la situation sur place et de mesurer le danger que ces journalistes n’hésitent pas à affronter simplement pour faire leur travail : informer.

 

Leur disparition porte à 4 le nombre de journalistes tués en Libye depuis le début du conflit

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:15

 

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« Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie »
André Malraux

« Ce soir, je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les Etats-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden, le dirigeant d’Al Qaîda, un terroriste responsable du meurtre de milliers d’innocents. (...) Et en un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al Qaîda : justice est faite. » C’est par ces mots que le président Obama s’est adressé urbi et orbi. Cela nous rappelle la posture de Bush en mai 2003 sur le porte-avions pour annoncer la fin de la guerre en Irak ou encore celle de Paul Bremer le proconsul américain en Irak :« Nous l’avons eu » quand Saddam, aux abois, a été arrêté : Lorsque Barack Obama emploie le mot « justice », il pense d’une part aux familles des victimes du 11 septembre 2001, et d’autre part, peut-être, à une forme de justice divine.

De quoi s’agit-il en fait ? Le soir du 1er mai 2011, vers 20h30 UTC, Oussama Ben Laden, qui n’était pas armé, est tué dans la ville d’Abbottabad au Pakistan lors d’une opération militaire au sol menée par une vingtaine de Seal (commandos de l’US Navy). Sa dépouille a été immergée en haute mer. Le corps aurait bien été recouvert d’un linceul blanc. Dans la tradition musulmane, l’inhumation doit avoir lieu dans les vingt-quatre heures suivant le décès. C’est d’ailleurs, ainsi que les Américains ont justifié leur décision de se séparer si vite du corps d’Oussama Ben Laden. Pourtant, en Irak, les corps de Uday and Qusay Hussein, les fils musulmans du dictateur irakien, ont été conservés onze jours par les autorités militaires américaines....

Pour cet « exploit, » le président des Etats-Unis a salué la coopération des autorités pakistanaises à cette opération. Pourtant, le Pakistan a exprimé sa préoccupation estimant que de telles « actions unilatérales non autorisées » ne devraient pas se reproduire. Les Etats-Unis n’ont pas informé le Pakistan de l’opération contre Oussama Ben Laden, car ce pays « aurait pu alerter » le chef d’Al-Qaîda de l’imminence du raid, a déclaré le directeur de la CIA, Leon Panetta, dans un entretien au magazine américain Times.

La carrière de Ben Laden

Qui est ce personnage qui a déclaré, d’après les médias occidentaux, la guerre à l’Occident ? Comment ce fils de milliardaire quitte le luxe et l’opulence familiale pour aller mener une vie, traqué à travers le monde, notamment dans les montagnes de Bora Bora ? En 1979, à l’âge de 22 ans après ses études, ce riche fils d’un entrepreneur proche de la famille royale saoudienne est approché par le prince Turki Al Fayçal, alors chef des services secrets de l’Arabie Saoudite (de 1977 à 2001). À l’époque, le régime du shah d’Iran vient d’être renversé par une révolution qui porte à sa tête l’ayatollah Khomeini, tandis que l’Urss envahit l’Afghanistan quelques mois plus tard. L’islamisme commence à devenir une force géopolitique importante, remplaçant peu à peu le marxisme et le panarabisme comme principale idéologie populaire au Moyen-Orient. De nombreux moudjahidin viennent combattre en Afghanistan contre l’Urss, soutenus par l’Arabie Saoudite qui y voit une possibilité de diffusion du wahhabisme, le Pakistan via son Inter-Services Intelligence qui se verrait à terme à la tête d’une future internationale islamique. Officiellement, la CIA a commencé à soutenir les moudjahidin en 1980.

Mieux encore, selon Zbigniew Brzezinski ancien conseille à la sécurité du président Carter, ce dernier aurait signé la première directive sur leur assistance clandestine le 3 juillet 1979, avec pour but d’entraîner une intervention militaire des Soviétiques, ce qui fut le cas. Le 24 décembre 1979, l’armée soviétique a envahi l’Afghanistan. Le prince saoudien Turki demande à Ben Laden d’organiser le départ des volontaires pour l’Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L’amateurisme règne. Ben Laden aurait coordonné l’arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée « Bureau des services ».

Il aurait mis en place une véritable organisation et assuré la formation militaire et idéologique des combattants (camps d’entraînement, mosquées, écoles, etc.) ainsi que l’approvisionnement en armes. Peu à peu, il aurait pris en charge les familles. Il se serait occupé de veuves et de l’éducation religieuse d’enfants. D’après Noam Chomsky, les moudjahidin auraient en fait été entraînés, armés et organisés par la CIA, les services de renseignement français, l’Égypte, le Pakistan, etc. pour livrer une guerre sainte aux Soviétiques. En 1989, son ami, le Palestinien Abdallah Youcef Azzam, est assassiné. Oussama ben Laden se retrouve alors à la tête de l’organisation Oussama Ben Laden se retrouve alors à la tête de l’organisation. Elle est la base d’Al Qaîda, qui se transforme bientôt en logistique du djihadisme international, certains vétérans d’Afghanistan partant ensuite combattre sur d’autres fronts (en Tchétchénie, en Yougoslavie, etc.). (1)

Durant toute cette décennie, Ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki, effectuant de nombreux voyages en Arabie Saoudite. (...) En février 1989, les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan. Les djihadistes veulent poursuivre le combat jusqu’à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif, et l’Arabie Saoudite, stoppent le financement et le soutien logistique massif en 1990. Oussama Ben Laden se sent trahi, mais à son retour en Arabie Saoudite, il est considéré comme un héros. Lors de la guerre du Golfe (1990-1991), Oussama Ben Laden propose au roi Fahd d’utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes. (1)

Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l’armée américaine, prêtant ainsi le flanc à l’accusation selon laquelle il aurait autorisé les « infidèles » à « souiller le sol sacré » de l’Arabie Saoudite...Au début d’avril 1994, l’Arabie Saoudite le prive de sa nationalité. Il vit alors à Khartoum, au Soudan, de 1992 à 1996. Il reste en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien (la famille royale est en effet peu unie). De même, il aurait gardé des relations avec la CIA ; nom de code « Tim Osman ». Selon Leonide Chebarchine, ancien directeur adjoint du KGB, Al Qaîda serait une création des États-Unis et Oussama Ben Laden n’aurait jamais cessé d’être un agent de la CIA.(1)

Ben Laden condamne l’évolution de la civilisation islamique depuis la disparition du califat (le dernier calife était le sultan ottoman jusqu’en 1924). Cet objectif passe par un renversement des gouvernements arabes « laïcs » et « impies » protégés par les États-Unis. Ce fut l’une des raisons principales de son rejet par la famille royale d’Arabie Saoudite. Lors de son interview par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré : « Le peuple comprend maintenant les discours des ouléma dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l’empire américain. [...] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien. »

Pour Oussama Ben Laden, les bases militaires présentes en Arabie Saoudite ne sont pas acceptables. Il souhaite que la présence américaine au Moyen-Orient disparaisse, afin, selon sa rhétorique, de retrouver la « liberté » du peuple musulman. À l’origine ces bases américaines devaient être provisoires, le temps de remporter la guerre contre Saddam Hussein. Lors de la dernière guerre en Irak, l’état-major américain n’a pas fait partir l’offensive américaine d’Arabie Saoudite,

Par la suite, le FBI, qui a Ben Laden placé depuis juin 1999 sur sa liste des dix criminels les plus recherchés suite aux attentats des ambassades américaines en Afrique, offrait 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant sa capture, somme portée par le Sénat à 50 millions de dollars en 2007.

Pour rappel, Ben Laden a été accusé des attentats du 11 septembre malgré ses protestations. Le 16 septembre 2001, dans un communiqué diffusé sur la chaîne d’information internationale Al Jazeera et relayé par plusieurs médias occidentaux (Associated Press, 16/09/01 ; CNN, 17/09/01 ; Washington Post, 17/09/01), il déclare : « Je voudrais dire au monde que je n’ai pas orchestré les récents attentats [...] ». Ce même jour, l’agence Afghan-Islamic Press reçoit également un démenti dans lequel Ben Laden affirme : « Les Etats-Unis pointent le doigt sur nous, mais je déclare catégoriquement que je ne l’ai pas fait. » (Reuters, 16/09/01 ; Daily Telegraph, 16/09/01 ; The Independent, 16/09/01 ; BBC News, 16/09/01 ; CBS, 16/09/01 ; Guardian, 17/09/01 ; Le Monde, 18/09/01).

Le 8 janvier 2002, le journaliste de la CBS Dan Rather faisait remarquer que le 10 septembre 2001, la veille des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, Oussama Ben Laden avait été soumis à une dialyse dans un hôpital militaire au Pakistan. Il n’était pas en mesure de se cacher ou de se terrer dans les grottes profondes de Bora Bora.

Le 28 septembre 2001, dans une interview donnée au quotidien pakistanais Ummat, Ben Laden explique une nouvelle fois qu’il n’est « pas impliqué dans les attentats du 11 septembre ». Il précise : « Les Etats-Unis devraient rechercher les auteurs de ces attentats en son sein » (Ummat, 28/09/01).

La soi-disante revendication des attentats par Oussama Ben Laden repose exclusivement sur deux « vidéos-confession » régulièrement présentées comme preuve indiscutable de sa culpabilité alors qu’elles sont en réalité falsifiées ou fortement sujettes à caution.

Al Quaida existe-t- elle encore ?

Selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction générale de la Sécurité extérieure, Al Qaîda n’existe plus depuis 2002. Ce qui n’empêche pas le renseignement américain de placer l’organisation de Ben Laden en tête des menaces auxquelles doit faire face l’Amérique, Alain Chouet intervenait, le 29 janvier 2010, à la Commission des affaires étrangères du Sénat. Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d’idées reçues : « Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j’estime, sur la base d’informations sérieuses, d’informations recoupées, que la Qaîda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora-Bora en 2002. »(2)

« Et quant aux revendications plus ou moins décalées qui sont formulées de temps en temps par Ben Laden ou Ayman al-Zawahiri, à supposer d’ailleurs qu’on puisse réellement les authentifier, elles n’impliquent aucune liaison opérationnelle, organisationnelle, fonctionnelle entre ces terroristes et les vestiges de l’organisation." Plus aucune action terroriste dans le monde ne serait donc imputable à Al Qaïda depuis huit ans ; l’organisation ne compterait plus que quelques dizaines d’individus ; et les revendications de Ben Laden au fil des ans ne seraient même pas sûres.

Le journal suisse Le Matin s’est justement ému de ce dernier point, le 25 janvier 2010, dans un article intitulé "Messages de Ben Laden : de l’info très intoxiquée" : "Depuis les attentats du 11 septembre 2001, une soixantaine de messages sont attribués à Oussama ben Laden et sa nébuleuse. Il peut y avoir des années sans aucun signe de vie (2005) et d’autres plus prolixes : sept en 2009, quatre en 2008, cinq en 2007 ou quatre en 2006. Pour la CIA, l’authenticité du premier message audio, justement publié par Al-Jazira le 12 novembre 2002, ne fait aucun doute. Une théorie mise à mal, deux semaines plus tard par les chercheurs de l’Idiap (Institut Dalle Molle d’intelligence artificielle perspective) de Martigny (VS). Avec les conditionnels de rigueur propres aux scientifiques, le message serait celui d’un imposteur. Leurs logiciels démasquent les imitateurs, tout aussi doués soient-ils. « Ils peuvent assez facilement berner l’être humain, mais c’est beaucoup plus difficile de tromper la machine », soulignait, en 2002, le Dr Samy Bengio."

Quant à la quasi disparition d’Al Qaïda, Eric Denécé l’avait déjà soutenue sur AgoraVoxil y a un an ; interviewé en janvier 2009, l’ancien officier de renseignement, aujourd’hui directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, m’avait indiqué : "Al-Qaïda a été quasiment réduite à néant. Il reste quelques centaines d’hommes. Quant à la structure centrale, qui est apparue à partir de 1989, elle a quasiment disparu. Hormis Ben Laden et Al-Zawahiri, tous les grands leaders ont été arrêtés".

« Aux Etats-Unis, en revanche, Al Qaïda n’a pas disparu. C’est à peine quelques jours après la mise au point d’Alain Chouet que Hillary Clinton déclarait qu’Al Qaïda demeurait la "menace principale" pour les Etats-Unis, devant l’Iran. La secrétaire d’Etat américaine ne faisait que reprendre l’analyse faite le 2 février 2010, devant la Commission du renseignement du Sénat, par l’ensemble des représentants du renseignement américain. Dans la liste des menaces qu’ils ont alors dressée, Al Qaïda devance les programmes nucléaires iranien et nord-coréen, les cartels criminels, et l’éventualité d’une faillite économique dans les pays développés durement touchés par la récession.

Le Directeur du Renseignement national, Dennis Blair, interrogé par la présidente de la Commission sur la probabilité d’une tentative d’attaque terroriste aux Etats-Unis dans les six mois à venir, a répondu qu’elle était "certaine". Les quatre autres officiels interrogés de la même manière – Robert Mueller III, directeur du FBI, Leon Panetta, directeur de la CIA, et les officiers supérieurs du renseignement des Départements d’Etat et de la Défense – ont tous produit la même réponse (Washington Post du 3 février 2010) L’attaque pourrait survenir dans un délai de trois à six mois. De son côté, Leon Panetta a considéré que l’attaque à venir d’Al Qaïda ne s’apparenterait probablement pas à "un nouveau 11-Septembre", mais serait bien plutôt une opération du style "lone wolf" (loup solitaire), nécessitant peu de moyens. A l’image de la tentative d’attentat du jeune Nigérian Omar Farouk Abdulmutallab, qui a voulu faire exploser un avion de ligne reliant Amsterdam et Detroit le 25 décembre dernier ».

Ben Laden l’homme au plusieurs vies

On le voit Al Quaida détruite que peut faire Ben Laden et est-il aussi dangereux ? A l’instar de Duncan Mc Leod du feuilleton Highlander, le chef d’Al Qaîda a de nombreuses fois été annoncé mort. En janvier 2002, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, estimait que l’islamiste serait mort de déficience rénale. En juillet 2002, le chef du FBI, Dale Watson, pensait qu’il n’était « probablement plus de ce monde ».

En décembre 2002, c’est le chef de la diplomatie pakistanaise, Khurshid Kasuri, qui affirme que Ben Laden avait succombé à la suite d’opérations militaires américaines. Le 23 septembre 2006, le quotidien français L’Est Républicain révèle l’existence d’une note classée « confidentiel-défense » de la Dgse qui indique que les services secrets saoudiens seraient convaincus qu’Oussama Ben Laden serait mort le 23 août 2006 d’une crise de fièvre typhoïde.

Le 2 novembre 2007, Benazir Bhutto, candidate à la présidence du Pakistan, mentionne dans une entrevue avec David Frost sur les ondes d’Al Jazeera English, le nom d’un homme « qui a tué Oussama Ben Laden ». Enfin, le 21 décembre 2008, Dick Cheney, vice-président américain sortant, a indiqué ne pas être sûr qu’Oussama Ben Laden soit encore vivant, dans un entretien à la chaîne de télévision américaine Fox News Channel.(1)

Pourquoi la mort de Ben Laden maintenant et pas avant ?

Les explications seraient nombreuses. A-t-il terminé sa mission historique à la lumière des révolutions arabes, ou était-il encombrant ? Robert Bibeau s’interroge quant à lui sur la légitimité de cet acte. Ecoutons-le : « De quoi avaient-ils peur ? L’empressement marqué des assassins états-uniens à exécuter Ben Laden et à faire disparaître son cadavre laisse perplexe. Un escadron de paras, bardé d’armes sophistiquées, le casque à la Nintendo posé sur le nez, monté à la Zorro sur quelques hélicos, fond sur sa proie un jour de mai. La cible : un retraité, retiré dans sa datcha au nord d’Islamabad la mafieuse, peinard avec sa famille nombreuse, inactif depuis quelques années, regardant à la télé les franchisés légitimés de la soi-disant organisation Al Qaîda, s’exciter à la périphérie des combats que mène la résistance des peuples arabes opprimés, révoltés. L’exécution extra- judiciaire des « injusticiers » surarmés aura permis de faire taire un témoin gênant, c’est la seule conclusion que l’on puisse tirer de ce coup fourré à l’américaine. (...) Il résistait et il en savait trop pour être rapatrié et interrogé ; de toute façon, tout ce qu’il aurait pu révéler, l’état-major américain le savait déjà. Alors, à quoi bon laisser parler ce ressuscité devant les caméras de la télé, à la face du public hébété ; et lui donner l’occasion de raconter les malversations des puissants et les complots des malfaisants ? Que nenni, il en savait trop ce « héros ! »(...)( 3)

Pouvait-il révéler des informations cachées, des complicités, l’origine de ses informateurs, la provenance des armes de son organisation, qui a entraîné ses satrapes (si ce sont bien eux qui ont fait le coup !), qui les a cachés, armés, payés, le nom de ses alliés ? Autant de questions que l’on ne pourra jamais lui poser. (...) »(3)

Ce qui restera de Ben Laden

Que peut-on dire de Ben Laden et de son héritage ? Il faut comprendre que l’islamisme radical dont il était le porte-drapeau se mourait à la fin des années 1990 : Ben Laden fut surtout la caution de tous ces gouvernements qui ont démesurément exagéré la menace terroriste pour faire voter des textes liberticides comme le Patriot Act aux Etats-Unis et les lois liberticides en Occident .

« Que reste-t-il d’Al Qaeda – si elle existe encore [ndR] - après Ben Laden écrit Pacal Riché ? L’organisation devrait être remplacé par le stratège de l’organisation, Ayman al-Zawahiri, moins charismatique. (…) Flingage de Ben Laden sans autre forme de procès, bombardement de la baraque de Kadhafi avec la mort d’ un de ses fils et 3 de ses petits enfants, pour sûr, Obama peut fêter sa "victoire", les USA se peaufinent une image dans le Moyen-Orient aux petits oignons après l’ Irak et l’ Afghanistan... Sans parler du fait qu’ une bonne partie de ces talibans ont été formés et financés par la CIA et les Etats-Unis pour contrer le communisme, on voit le résultat. Ben Laden tué au Pakistan ? Mais pourquoi dans ces conditions, les Occidentaux font-ils depuis 10 ans la guerre en Afghanistan, une guerre qui aura fait davantage de victimes civiles que l’attentat du 11 septembre ? Aussi condamnables que soient les actes de terrorisme, la loi du talion n’est pas censée régir les relations internationales...(4)

Sommes-nous dans la logique de « oeil pour oeil, dent pour dent ». Est-ce la fin de l’Histoire pour paraphraser l’idéologue du Pentagone, Francis Fukuyama, ? Cette phrase qui se voulait décrire le triomphe défintive du capitalisme et du libéralisme sauvage sur toute autre forme de système socio-économique. C’est àdire que plus rien ne s’opposera à cette mondialisation laminoir triomphante qui écrase les peuples les dientités et leurs spritualités si elles ne sont pas dans la ligne traçée par l’empire ?

Est-ce un coup d’accélérateur de l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore qui débouchera, à Dieu ne plaise, sur la guerre de tous contre tous et la mondialisation de l’insécurité ? Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint au Trésor, explique la deuxième mort de Ben Laden par la diversion. Ecoutons-le : « Sans doute le président Obama a désespérément besoin d’une victoire. Il a commis l’erreur de l’imbécile, de redémarrer la guerre en Afghanistan, et maintenant, après dix ans de combat, la Zunie est dans l’impasse, si ce n’est la défaite. Les guerres des régimes Bush et Obama ont mis la Zunie en faillite, laissant dans leur sillage de formidables déficits et la baisse de la roupie. Et le moment de réélection approche. (...) Souvenez-vous, dès le début, l’unique raison de l’invasion de l’Afghanistan était d’attraper Ben Laden. Maintenant que le président Obama a dit que Ben Laden a pris une balle dans la tête, il n’y a plus de raison de continuer la guerre.(5)

Après décantation, nous saurons tôt ou tard par les futurs Wikileaks ce qui s’est réellement passé. Nous verrons dans les faits, la réalité de l’octroi d’un prix Nobel à quelqu’un qui assiste en direct à la mort de Ben Laden devant ses enfants et sa femme. Pourtant, la fin de la guerre en Afghanistan, et la fin des ingérences multiformes seront les plus sûrs marqueurs d’une ère nouvelle que nous appelons,- naïvement, peut être mais a-t-on le choix ?- de nos vœux.

Professeur Chems eddine Chitour
Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz

 

 
P.S.

1.Oussama Ben Laden Encyclopédie Wikipédia

2.http://nemesisnom.info/conspiration...

3.Robert Bibeau : www.legrandsoir.info/L-assas... de -Ben Laden.html

4. Pascal Riché : Ben Laden tué au Pakistan, son corps immergé en mer Rue89 02/05/2011

5.Paul Craig Roberts : La seconde mort d’Oussama Ben Laden. Alterinfo.net 2 mai 2011

 
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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:02

 

Attali dévoile les esquisses du Plan Pike aux non-initiés

(Vidéo, cliquer sur le lien)

 

L’inénarrable Jacques Attali décrit aux téléspectateurs profanes son menu pour la création d’un Gouvernement Mondial. Bien sûr la maxime « Ordo ab Chao » est toujours au centre de la réflexion Mondialiste avec la nécessité d’une « grande crise » pour instaurer ce « Nouvel Ordre »: « il y aura une nouvelle grande catastrophe comme la première, la seconde guerre mondiale, pour faire prendre conscience qu’il faut en arriver là » (au gouvernement mondial).

 

Comme Alice Bailey (maître à penser de la Théosophie et dans une certaine mesure du New Age) qui avait prôné en son temps l »externalisation de la hiérarchie », c’est à dire rendre public au plus grand nombre les secrets jusque là réservés aux initiés, dans un but de préparation des esprits, Attali « externalise » lui aussi.
Ses « prédictions » ne sont pas sorties de sa boule de cristal, mais s’appuie simplement sur le grand plan déssiné par Albert Pike qui prévoit l’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial en trois guerres mondiales :


« La Première Guerre mondiale doit permettre aux Illuminatis de renverser le pouvoir des tsars en Russie et de faire de ce pays une forteresse du communisme athée. Les divergences causées par l’agentur » (agents) des Illuminatis entre les Empires Britanniques et Germaniques sera utilisée pour fomenter cette guerre. A la fin de la guerre, le communisme sera construit et utilisé pour détruire les autres gouvernements et dans le but d’affaiblir les religions. »
 
« La Seconde Guerre mondiale doit être fomentée en profitant des différences entre les fascistes et les sionistes politiques. Cette guerre doit être réalisée de telle sorte que le nazisme soit détruit et que le sionisme politique soit assez fort pour instaurer un Etat souverain d’Israël en Palestine . Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le communisme international doit devenir assez fort afin d’équilibrer la chrétienté, qui serait alors contenue et tenue en échec jusqu’au moment où nous en aurions besoin pour le cataclysme social final »
 
« La troisième guerre mondiale doit être fomentée en profitant des différences causées par l’agentur » des « Illuminatis » entre les Sionistes politiques et les dirigeants du monde islamique. La guerre doit être menée de telle manière que l’islam (les musulmans Monde Arabe) et le sionisme politique (l’État d’Israël) se détruisent mutuellement. Pendant ce temps les autres nations, une fois de plus divisées sur cette question, seront contraintes de se battre jusqu’au point de complet, physique, moral, spirituel et l’épuisement économique …»

Vidéo : Cliquer sur le lien
Jacques Attali annonce le chaos
par Khalemvideo

Pour en savoir plus sur le Plan Pike : http://infoguerilla.fr/?page_id=292
Fidèles à ce qu’ils ont toujours fait, les mondialistes annoncent tout, de manière presque subliminale, c’est ce qu’on appelle une « conspiration à ciel ouvert » (voir Open Conspiracy du non moins illustre Aldous Huxley)

.

.

 


http://www.alterinfo.net/Attali-devoile-les-esquisses-du-Plan-Pike-aux-non-inities_a58557.html
Pour un gouvernement mondial,
par Jacques Attali

 

Jacques Attali, fervent partisan d’une vraie gouvernance mondiale, d’une démocratie à l’échelle mondiale, d’une monnaie mondiale,vient de publier chez Fayard « Demain, qui gouvernera le monde ? ». En fait, ce titre est inapproprié car ce n’est pas à cette question que répond le livre, mais plutôt dans l’ordre :


1- Quelles catastrophes vont encore nous tomber dessus si nous continuons ainsi dans un tel chaos, dans un concert des nations sans chef d’orchestre, jouant le sauve-qui-peut, la préservation des intérêts de chacune à court terme au détriment de l’intérêt général à long terme ? Une vision d’avenir effrayante, des projections argumentées par des chiffres imparables … Désordres financiers en chaîne, démographie hors de contrôle, guerres en cascade, pénurie de matières premières et de denrées alimentaires, destruction de la nature et des espèces, chocs probables d’astéroïdes,… rien ne nous sera épargné d’ici 2030 si le monde continue ainsi sa course.


2- En quoi les pouvoirs politiques, cantonnés au niveau des nations et parfois de continents (Europe) sont devenus impuissants face au pouvoir grandissant des marchés dans la mondialisation, de la pieuvre des mafias et du terrorisme, des pandémies ? En quoi ce qu’on appelle « la communauté internationale », l’ensemble des ONG et institutions internationales (ONU, OMC, OIT, FMI, Banque mondiale, les Gx, etc.) est insuffisant, mal coordonné, souvent inefficace, parfois illégitime sur le plan démocratique, pour résoudre les immenses défis écologiques, démographiques, alimentaires, sanitaires, énergétiques, économiques et financiers, météorologiques, etc. qui surgissent en même temps ?


3- Quel seraient la structure et le mode de fonctionnement d’un gouvernement mondial idéal, avec légitimité démocratique et doté de moyens d’action appropriés, de pouvoirs de sanction, qui au-delà d’un dispositif permettrait d’élaborer, de construire, de financer de véritables projets mondiaux d’intérêt général, de préserver les biens publics, d’assurer à tous un accès équitable à l’eau, à l’énergie, aux matières premières ?
Un projet fédéral et fédérateur, qui assure la subsidiarité (les Etats nationaux et supranationaux comme l’Europe délégueraient au gouvernement mondial uniquement les compétences qui relèvent des problèmes qui ne peuvent être résolus qu’à ce niveau supra). Envisager un Parlement élu par les citoyens du monde, un Sénat représentant les nations, une chambre garantissant les intérêts des générations futures sous tous les aspects, un gouvernement exécutif nommé par les trois chambres, un système judiciaire crédible …


4- Comment passer de la situation actuelle à ce gouvernement idéal ? Il ne s’agit pas de casser les instances multilatérales existantes mais de les transformer et de les faire évoluer tout en les complétant vers le gouvernement idéal, en garantissant leur coordination, la cohérence de leurs actions : par exemple le FMI deviendrait ministère des finances du monde, la BRI la Banque centrale mondiale, avec une monnaie fondée sur trois piliers : le dollar, l’euro, le yuan, la Banque mondiale le financier des biens publics mondiaux et l’acteur de la croissance planétaire. Le regroupement de peuples, de nations, dans des ensembles régionaux pas nécessairement disjoints (par exemple la Turquie pourrait à la fois être membre d’une Union européenne et d’une Union orientale, ou encore des regroupements sur la culture et la langue, sur des thèmes tels que le nucléaire ou la production de matières premières,…). Sans oublier les nouvelles formes d’action citoyenne transnationale dans une démocratie mondialisée, avec l’aide d’Internet et des réseaux sociaux.

5- Quelles réformes proposer et quels chantiers prioritaires lancer ?

Pour ne pas tout dévoiler et vous laisser découvrir le livre, j’en resterai là. Un livre indispensable recommandé à tous, lucide et constructif par ses propositions crédibles. Voir aussi cet article des Echos, et écouter les émissions sur France Culture et sur BFM.


Pour acheter ce livre, aller de préférence chez votre libraire pour soutenir le commerce de proximité, sinon ici sur Internet.


« Un jour, l’humanité comprendra qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour d’un gouvernement démocratique du monde, dépassant les intérêts des nations les plus puissantes, protégeant l’identité de chaque civilisation et gérant au mieux les intérêts de l’humanité.

Un tel gouvernement existera un jour. Après un désastre, ou à sa place.
Il est urgent d’oser y penser, pour le meilleur du monde.
» Jacques Attal
http://www.lepost.fr/article/2011/04/16/2468514_pour-un-gouvernement-mondial-par-jacques-attali.html

Commentaires :

La mondialisation c'est une bande d'affairistes qui veulent gérer le monde.
http://www.dailymotion.com/video/xc4fnb_les-invites-du-groupe-bilderberg-de_news
La mondialisation,c'est tout simplement être gouvernés par les réseaux financiers et économiques mondiaux,c'est une vraie escroquerie qui va détruire les peuples et leur civilisation et surtout la qualité de notre vie.
Mondialisation=2% de richards et 98% de miséreux au service de l'immoralité!
Rapport Attali: les points forts
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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 13:47
Un président en guerre

 

par Danilo Zolo
30 avril 2011

 

 



Président de la République italienne, chef des Forces Armées, Giorgio Napolitano en compagnie de l’actuel président du conseil, Silvio Berlusconi (photo prise en février 2009)

Source de la photo : http://news.bbc.co.uk/2/hi/7878270.stm


J’ai récemment soutenu[1] que la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies, relative à la guerre civile en Libye, est dépourvue de fondement sur le plan du droit international. La Charte même des Nations Unies, à l’article 2, exclut que tout Etat membre puisse « intervenir dans des questions de compétence interne à un autre    Etat ». Et il est évident que cette norme interdit, à plus forte raison, que puisse être utilisée la force pour intervenir à l’intérieur d’une guerre civile en cours. Ceci est d’autant plus évident s’il s’agit d’une guerre civile de proportions réduites, comme c’est le cas pour la Libye. Dans des cas comme celui-ci, la paix internationale n’est pas en danger et ceci exclut la compétence du Conseil de sécurité pour attribuer à n’importe quel Etat membre le droit d’utiliser la force. 

J’insiste sur cet argument pour une raison d’importance notable : l’intervention militaire contre la Libye, voulue par les Etats-Unis et partagée par certains pays européens, a été subitement passée à la compétence de l’OTAN. Rien ne peut juridiquement être plus contestable étant donné que l’OTAN est une organisation militaire nord-atlantique qui ne peut utiliser la force au service des Nations Unies sans une décision explicite du Conseil de sécurité. On ne devrait pas oublier que la Charte des Nations Unies, dans son chapitre VII, attribue aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité -Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine- le devoir de créer un Comité d’Etat Major sous sa dépendance et responsable de la direction stratégique de toutes les forces armées mises à sa disposition.  L’OTAN n’a donc pas la moindre compétence. 

Tout ceci pourrait sembler évident, mais ne l’est pas quand on sait que le Président de la République italienne, chef des Forces Armées, Giorgio Napolitano, s’est rangé apertis verbis, en faveur de l’intervention militaire de l’OTAN contre la Libye de Kadhafi. Il soutient qu’il est « inutile de répéter des choses que tout le monde devrait savoir : la Charte des Nations Unies prévoit un chapitre, le VII, qui, dans l’intérêt de la paix retient que sont aussi à autoriser des actions avec les forces armées destinées à réprimer les violations de la paix ». 

En réalité, il serait utile de répéter au Président de la République que : la résolution 1973 en tant que telle n’attribue à aucun Etat et à aucune organisation militaire le devoir de « faire la guerre » contre la Libye. Le seul devoir -de toutes façons illégalement attribué- est d’imposer la « no-fly zone », ce qui ne comporte pas le moins du monde le bombardement de villes, villages, refuges souterrains etc., et la tuerie de personnes sans défenses.  

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Nous avons appris hier (jeudi 28 avril, NdT) que le Président de la République s’est ouvertement rangé en faveur du gouvernement italien et en particulier de son leader Berlusconi. Il en a approuvé la récente décision de satisfaire la volonté des Etats-Unis : il s’agit de convertir la no-fly zone en une véritable guerre d’agression, très probablement en vue d’une occupation non désintéressée de la précieuse terre libyenne. Giorgio Napolitano a approuvé la décision prise par le gouvernement italien de commencer les bombardements aériens avec ses propres Tornado et ses propres missiles anti-radar. Il a expliqué que l’ « ultérieur engagement de l’Italie en Libye » n’est que « le développement naturel» du choix accompli par l’Italie à la mi-mars sur la base de la résolution 1973 du Conseil de sécurité.  Un choix, ajoute le Président, « conforté par un ample consensus du Parlement italien ».  

En utilisant la formule « développement naturel», Napolitano semble ne pas prendre en considération non seulement la Charte des Nations Unies, mais aussi la Constitution italienne. Il ignore et contredit avant tout la célèbre formule de l’art. 11 : « L’Italie répudie la guerre comme instrument d’offense à la liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des controverses internationales »[2]. Et contredit l’art. 52 qui légitime l’utilisation de la force seulement en « défense de la patrie ». Il ignore que l’art. 78 stipule que dans le cas où éclate une guerre les Chambres doivent formellement délibérer « l’état de guerre » et attribuer au Gouvernement les pouvoirs nécessaires. Et il ignore, enfin, que l’art. 87 prescrit que ce soit le Président de la République qui déclare formellement l’état de guerre délibéré par les Chambres. On peut dire que le Président de la République semble ignorer la tragédie de la guerre et ne pas se préoccuper de la vie de centaines, peut-être de milliers, de personnes innocentes.

On prétend depuis longtemps que l’actuel président du conseil, Silvio Berlusconi, se contrefiche de la Constitution italienne et se propose de la manipuler à ses usage et profit pour satisfaire, dans ce domaine aussi, son ambition de dandy de la politique italienne et de prochain président de la République. Il nous reste à espérer que Giorgio Napolitano n’aille pas satisfaire aussi ce « développement naturel ».

 

Edition de samedi 30 avril de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110430/manip2pg/01/manip2pz/302323/    

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio  

 

[1] Intervention en Libye : Une imposture criminelle, L’exaltation des droits humains, la garantie de la sécurité et de la paix sont pure rhétorique, Danilo Zolo. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23870   

[2] Art.11: L'Italie répudie la guerre comme instrument d'offense à la liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des controverses internationales; consent, en condition de parité avec les autres États, aux limitations de souveraineté nécessaires pour des règles qui assurent la paix et la justice entre les Nations; promeut et soutient les organisations internationales tendant vers ce but. http://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_l'Italie

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24565

 

 

Bientôt des troupes britanniques

à la frontière tuniso-libyenne?

http://www.alterinfo.net/Bientot-des-troupes-britanniques-a-la-frontiere-tuniso-libyenne_a58151.html

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 06:52



L'Union européenne, étage régional du pouvoir mondial

L’Europe c’est la paix ? Non, l’Europe c’est la guerre !

"L'Europe, c'est la paix", un credo toujours martelé comme une évidence, mais jamais démontré. La simple chronologie historique révèle pourtant autre chose : si la paix a prévalu jusqu'aux années 1960, ce n'est pas grâce à "l'Europe" communautaire : elle n'existait pas ! C'est hélas l'équilibre de la terreur pendant des décennies, qui a assuré la paix en Europe et évidemment pas les montagnes de paperasses des technocrates de la Commission de Bruxelles visant à harmoniser l’éclairage des voitures ou le pourcentage de matières grasses dans le beurre de cacao. Aujourd'hui, si la guerre classique d’État à État tend à s’éteindre dans l’ensemble des pays développés, c’est essentiellement sous l'effet de la hausse des niveaux de vie, de l’éducation et l'information permanente qui contribuent à une sorte de conscience universelle. Désormais, les guerres entre pays développés sont beaucoup plus sournoises. Elles se font de façon invisible pour l’homme de la rue. Les guerres du XXIe siècle usent d’autres moyens, beaucoup plus perfides et sophistiqués. Tragique ruse de l’Histoire, le principe même de la construction européenne consiste précisément à repousser les pays du Maghreb et d’Afrique à l’extérieur du périmètre de prospérité européen, la candidature du Maroc à l’entrée dans l’Union européenne ayant d’ailleurs été officiellement rejetée. La définition purement conventionnelle de ce que sont des continents ne devrait pas primer sur une réflexion sage sur ce qu’il convient de faire pour préserver la paix des futures générations des deux côtés de la Méditerranée. En réalité, le raisonnement cynique et dur des européistes prouve en quoi l’Europe, loin de nous assurer la paix, est au contraire en train de nous amener la guerre.



L’Europe c’est la paix ? Non, l’Europe c’est la guerre !
L'Europe vers la guerre ?

par François Asselineau*


L’affirmation selon laquelle la construction européenne aurait installé la paix sur le continent européen doit être étudiée avec beaucoup de précision car il s’agit de l’un des arguments les plus efficaces de la propagande européiste.


Tirant parti de ce qu’il n’y a pas eu de conflit armé, en effet, entre la France et l’Allemagne depuis 1945, la propagande européiste nous assure que cette situation heureuse découle indubitablement de la construction européenne et que celle-ci ne saurait donc être remise en question, sauf par de dangereux va-t-en guerre.


Pour beaucoup de Français, cet argument selon lequel « l’Europe, c’est la Paix » est d’autant plus intimidant qu’il semble incontestable. Il joue même un rôle décisif pour les Français qui ont personnellement des souvenirs d’enfance de la Seconde Guerre mondiale. Comme l’ont révélé les sondages post-électoraux effectués par tranche d’âge après le référendum de 2005, l’argument de la paix explique principalement pourquoi ce sont les électeurs de plus de 60 ans – et davantage encore ceux âgés de plus de 70 ans – qui ont été les seuls à voter majoritairement en faveur de la Constitution européenne.


Pourtant, cet argument selon lequel « l’Europe, c’est la Paix » est à la fois faux et très dangereux. Et l’UPR tient non seulement à ne pas le passer sous silence mais elle tient par-dessus tout à en expliquer la fausseté. Car, comme bien souvent dans l’histoire des hommes, une construction politique prétendument porteuse de paix est en train de nous conduire à la guerre.


Examinons pourquoi.


1) La construction européenne n’a été pour rien dans le maintien de la paix en Europe depuis 1945


Contrairement à ce qu’assène la propagande, la construction européenne n’a été pour rien dans le maintien de la paix sur le continent européen depuis 1945 (plus exactement dans sa partie occidentale, car le continent a connu plusieurs conflits très meurtriers dans l’ancienne Yougoslavie).
Qu’est-ce qui permet de l’affirmer ?
Tout d’abord la simple chronologie des faits.
En effet, si la fameuse Déclaration Schuman date du 9 mai 1950, le Traité de Rome n’a été signé quant à lui que le 25 mars 1957 et les institutions communautaires ne se sont mises en place que très progressivement ensuite. Ce simple rappel des dates a une conséquence logique immédiate : si la paix a prévalu entre 1945 et, disons, le début des années 1960, il est tout simplement impossible d’en attribuer le bénéfice à quelque chose qui n’existait pas.
Ainsi, ce n’est pas grâce à la CECA balbutiante ou au Traité de Rome, puisqu’il n’existait pas, que le blocus de Berlin de 1953 ou que l’insurrection hongroise de 1956 n’ont pas dégénéré en conflit mondial. Si la France et l’Allemagne ne sont pas entrées en guerre l’une contre l’autre pendant les années 50, c’est parce que ce n’était tout simplement pas le sujet du moment, loin s’en faut. La guerre qui menaçait d’ensanglanter l’Europe ne risquait pas d’opposer les deux rives du Rhin mais le camp occidental sous influence américaine et le camp socialiste sous influence soviétique.
Or, ce qui a préservé la paix porte un nom : l’équilibre de la terreur. C’est-à-dire la perspective d’une « destruction mutuelle assurée » – c’était le nom même du concept stratégique (« MAD » pour « Mutual Assured Destruction » en anglais) entre les troupes de l’OTAN et celles du Pacte de Varsovie -, à l’issue d’une apocalypse nucléaire qui aurait anéanti le continent et sans doute même la planète entière.
Ainsi donc, et l’on se sent presque gêné de devoir le rappeler tant la propagande européiste a occulté la réalité des faits, si la paix a prévalu entre 1945 et la chute du Mur de Berlin en 1991, c’est parce que l’Europe était, de part et d’autre du rideau de fer, armée jusqu’aux dents. C’est une triste réalité mais elle est indéniable : ce sont les bombes thermonucléaires, les sous-marins lanceurs d’engins, les forces aériennes stratégiques et les missiles balistiques ou de croisière, qui ont assuré la paix en Europe. Ce ne sont pas les montagnes de paperasses des technocrates de la Commission de Bruxelles visant à harmoniser l’éclairage des voitures ou le pourcentage de matières grasses dans le beurre de cacao…
D’accord. Mais maintenant ? Eh bien maintenant, il faut regarder le monde tel qu’il est en 2010 et non pas le monde tel qu’il était il y a cinquante ou cent ans.


2) Les trois évolutions majeures de l’Occident depuis 1945


Trois évolutions structurelles extrêmement puissantes se sont imposées en Europe occidentale depuis la fin du second conflit mondial.


2.1. – Première évolution majeure : la fin des guerres classiques entre pays développés


La première de ces évolutions concerne la fin des guerres classiques entre pays développés.
L’histoire européenne a été marquée, depuis la Renaissance, et surtout depuis la Guerre de Trente Ans et le Traité de Westphalie de 1648, jusqu’en 1945, par la guerre classique, c’est-à-dire des conflits opposant les armées d’État à État (armées de mercenaires d’abord, régulières ensuite).
Or ce type de conflits classiques tend désormais à disparaître, sinon de toute la surface de la planète, du moins de tous les pays très développés.
Pourquoi ? Pas du tout sous l’effet des institutions communautaires. D’ailleurs, les Français envisagent-ils davantage de faire la guerre à la Norvège qu’à la Finlande parce que la première n’est pas dans l’Union alors que la seconde l’est ? Evidemment non.
Autre exemple : un coup de chasse-mouche du dey d’Alger contre l’envoyé de Charles X avait été un motif jugé suffisant pour que la France intervienne militairement en Algérie en 1830. Mais, un siècle et demi après, le gouvernement français n’a jamais même simplement envisagé d’envoyer des soldats français en Algérie pour empêcher qu’un nombre significatif de nos compatriotes s’y fassent assassiner pendant les années 1980 et 1990. L’Algérie n’étant pas dans l’Union européenne, ce refus français d’entrer en guerre, si exactement contraire à ce que fut l’attitude française en 1830, tient donc à des causes qui n’ont rien à voir avec la construction européenne.


Quelles sont ces causes ?


Si la guerre classique d’État à État tend à s’éteindre dans l’ensemble des pays développés, c’est essentiellement sous le double effet :
* – d’une part d’un profond changement des mœurs, découlant de la hausse des niveaux de vie et de la généralisation de l’éducation,
* – d’autre part de la généralisation des moyens de communication visuels et instantanés : la télévision, puissamment relayée désormais par Internet.
Les Etats-Unis ont perdu la Guerre du Vietnam en 1975, d’abord et avant tout parce que le peuple américain ne supportait plus de voir les appelés du contingent mourir en direct sur le petit écran jour après jour, et que la conscience universelle n’aurait pas toléré que Washington usât de l’arme nucléaire dans ce cas.
C’est l’instantanéité et l’omniprésence de l’information qui rend la guerre classique de plus en plus inacceptable aux yeux des opinions publiques des pays développés, et nullement les institutions bureaucratiques de Bruxelles.
Cet état de fait entraîne deux conséquences majeures :


a) l’apparition de guerres nouvelles et d’un type inconnu entre les pays développés


La première conséquence, c’est que les États développés ne peuvent plus réellement se faire de guerre classique entre eux. Cela ne signifie hélas pas qu’ils ne se font plus la guerre du tout ! Cela signifie seulement que les guerres qu’ils se livrent sont d’une toute autre nature que les guerres classiques.
Désormais, les guerres entre pays développés sont beaucoup plus sournoises. Elles se font de façon invisible pour l’homme de la rue : il n’y a plus de déclarations de guerre, les armements classiques n’apparaissent plus, les destructions matérielles et humaines sont devenues très faibles.
Les guerres du XXIe siècle usent d’autres moyens, beaucoup plus perfides et sophistiqués :
- leurs armes sont les médias, les campagnes de propagande, les opérations de désinformation, les manipulations psychologiques, les actes terroristes à la paternité douteuse ;
- leurs cibles sont les cerveaux de chaque individu, leur mise en conditionnement pour accepter des évolutions et des prises de contrôle souvent bien plus totales que ce à quoi parvenaient les guerres classiques d’autrefois.
C’est en pensant à ce nouveau type de « guerre inconnue », de guerre du XXIe siècle, que François Mitterrand a livré, dans le testament politique qu’il a confié au journaliste George Marc Benamou quelques semaines avant sa mort, ces terribles phrases que j’évoque dans certaines de mes conférences : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort…apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort ! » (Source : Le dernier Mitterrand de Georges-Marc Benamou – Date de publication : 27/1/1997 – Editeur : Plon – Omnibus).


b) – la relégation des guerres classiques dans des zones périphériques et hors du champ des médias


La seconde conséquence, c’est que lorsque les pays très développés ont encore recours à des interventions militaires, ils ne le font désormais que dans des zones périphériques du monde, éloignées et difficiles d’accès pour les médias, et sous des contraintes très fortes : en n’utilisant plus de conscrits mais une armée de métier, en ayant pour objectif le « zéro mort » pour leurs propres soldats, donc en privilégiant les bombardements aériens aux opérations terrestres, en visant à ce que le conflit soit le plus bref possible, et enfin en verrouillant le plus possible la couverture de presse.
C’est ce type de guerre qui se déroule dans plusieurs régions du monde, et notamment en Afghanistan ou en Irak, où les armées des pays membres de l’Union européenne sont d’ailleurs très largement engagés, sous couvert d’opérations de l’OTAN.


2.2. – Deuxième évolution majeure : le déclin du taux de natalité dans les pays d’Europe


La deuxième évolution structurelle concerne le déclin du taux de natalité dans les pays d’Europe, qui entraîne depuis des années un vieillissement accéléré des populations.
Cette évolution est tout spécialement spectaculaire en Allemagne puisque l’un des scénarios démographiques probables envisage que l’Allemagne perde 13,7 millions d’habitants d’ici à 2050, et cela malgré l’immigration annuelle massive de 100 000 personnes. En 2050, les personnes de plus de 60 ans représenteraient plus de 40 % de la population allemande et seraient presque trois fois plus nombreuses que les moins de 20 ans. (source : article « Démographie de l’Allemagne » dans Wikipédia).
Ces données démographiques sont capitales car tous les historiens savent que les guerres naissent très généralement entre des zones pauvres enregistrant une forte croissance de leur population et des zones riches de faible pression démographique. De ce point de vue, quel historien ou spécialiste des conflits peut sérieusement croire que la guerre est plausible entre les pays de l’ouest européen, alors que ceux-ci sont menacés de dénatalité et que les personnes âgées y sont d’année en année plus nombreuses ?


2.3. – Troisième évolution majeure : la démographie des pays du sud de la Méditerranée (Maghreb et Afrique)


Enfin, la troisième évolution structurelle concerne justement la démographie des pays du sud de la Méditerranée (Maghreb et Afrique), ainsi que, de façon plus éloignée géographiquement, celle du sous-continent indien.
Pour les raisons que l’on vient de rappeler, tout spécialiste sérieux ne peut pas ignorer que la disparité des situations démographiques et économiques entre les deux rives de la Méditerranée constitue le principal risque de guerre pour l’Europe dans les décennies qui viennent.
Or, et c’est là la tragique ruse de l’Histoire, le principe même de la construction européenne consiste précisément à repousser les pays du Maghreb et d’Afrique à l’extérieur du périmètre de prospérité européen (la candidature du Maroc à l’entrée dans l’Union européenne ayant d’ailleurs été officiellement rejetée).
Les européistes peuvent évidemment rétorquer que les pays du Maghreb ou d’Afrique n’ont pas leur place dans une « construction européenne », comme si la définition purement conventionnelle de ce que sont des continents devait primer sur une réflexion sage sur ce qu’il convient de faire pour préserver la paix des futures générations des deux côtés de la Méditerranée.
En réalité, ce raisonnement cynique et dur des européistes prouve en quoi l’Europe, loin de nous assurer la paix, est au contraire en train de nous amener la guerre. Si les européistes croyaient sincèrement que ce sont les dizaines de milliers de pages de directives d’harmonisation émanant de la Commission de Bruxelles qui ont empêché une nouvelle guerre en Europe depuis un demi-siècle, alors ils devraient logiquement proposer d’intégrer au plus vite les pays du sud dans cette construction politique censée garantir la paix.
En rejetant au contraire ces pays, ils font la preuve de leur terrible inconséquence et ils révèlent à leur corps défendant que la construction européenne n’est bien qu’une opération conçue depuis des années à Washington pour faire de l’Europe un glacis géostratégique américain.


Cet asservissement politique nous conduit tout droit au Choc des Civilisations théorisé précisément par Washington.



*Président de l'Union populaire républicaine (UPR) : site


Samedi 30 Avril 2011
L'Observatoire De l'Europe
L'Europe vers la guerre ? 
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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 06:38
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http://fr.euronews.net
La Chine est le nouveau Ben Laden, Orwell a écrit le script

par Paul Craig Roberts

Le 12 mai 2011

Georges Orwell, le nom de plume de l’écrivain Eric Blair, avait le don de la prophécie, ou il était sacrément chanceux. En 1949, dans son roman “1984”, il décrivit l’Amérique d’aujourd’hui et j’en ai bien peur, également sa Grande-Bretagne natale, qui n’est plus grande depuis un moment et suit Washington, lui léchant les bottes et se soumettant a son hégémonie sur l’Angleterre et l’Europe et s’épuisant fnancièrement et moralement afin de supporter l’hégémonie américaine sur le reste du monde.

 

Dans la prophétie d’Orwell, le gouvernement du Grand Frère gouverne sur des sujets qui ne posent pas de questions, incapables de pensées indépendantes et qu’on espionne en permanence. En 1949, il n’y avait pas d’internet, de facebook, de twitter, de GPS etc. L’espionage de Big Brother se faisait par le moyen de caméras, de microphones dans les endroits publics, comme en Angleterre aujourd’hui, et par le truchement de télévisions qui étaient équipées de matériel de surveillance pour surveiller les gens à la maison. Comme tout le monde pensait ce que le gouvernement voulait qu’il pense, c’était facile d’identifier le peu de gens qui avaient des doutes sur le système.


La peur et la guerre étaient utilisées pour maintenir tout le monde dans la ligne de conduite, mais même pas Orwell n’avait imaginé un département de la sécurité intérieure (Homeland Security) qui ferait palper les organes génitaux des passagers aériens et des clients de supermarchés. Tous les jours de la vie des gens, venaient les deux minutes de haine quotidienne à la télévision. Une image d’Emmanuel Goldstein, une création propagandiste du Ministère de la Vérité, qui est désigné comme l’ennemi numéro 1 d’Océanie et apparaissait sur les écrans. Goldstein était le non-existant ennemi de l’état, dont l’organisation inexistante “la Fraternité » (NdT: Orwell rendait ainsi hommage aux Anarchistes qu’il admirait et avait côtoyé durant la révolution espagnole durant laquelle il combattit aux côtés des POUM) était l’ennemi terroriste d’Océanie. La menace de Goldstein justifiait la “sécurité intérieure” qui violait tous les droits connus des Anglais et maintenait Océanie “sécure”.


Depuis le 11 Septembre 2001, mis à part quelques diversions venant de sheikh Mohammed et de Mohamed Atta, les deux “rivaux principaux” de Ben Laden pour être les “cerveaux du 11 septembre”. Oussama Ben Laden a joué le rôle du Emmanuel Goldstein du XXIème siècle. Maintenant que le régime Obama a annoncé la mort du Goldstein moderne, un nouveau démon doit être inventé avant que les guerres d’Océanie ne se tarissent en justifications.


Hillary Clinton, l’abrutie de bas-étage qui sert de secrétaire d’état est très occupée à faire de la Chine le nouvel ennemi d’Océanie. La Chine est le plus gros créditeur de l’Amérike (NdT: dans cet article, le Dr Roberts écrit tout au long “Amerika” vraisemblablement pour “fasciser” le nom…), mais ceci n’a pas empêché cette semaine, l’idiote Hillary de dénoncer la Chine “pour cause de violations des droits de l’Homme” et pour l’absence de démocratie , ce devant un parterre de hauts-dignitaires chinois.


Pendant qu’Hillary éructait et faisait preuve d’une inommable hypocrisie bien amérikaine (NdT: faute volontaire pour respecter l’esprit de l’auteur dans ce pamphlet), la sécurité intérieure avait organisé la police locale et les forces du shériff d’une petite ville qui abrite l’université de l’Illinois de l’Ouest et dont les étudiants faisaient leur fête annuelle dans les rues de la ville. Il n’y a eu aucune violence ou émeute, aucun dégât à la propriété, mais la police anti-émeute et les brigades d’intervention de la sécurité intérieurs sont intervenues avec des canons à ultra-sons, ont gazé les étudiants et les ont matraqués.


http://www.youtube.com/watch?v=ufKv-5t0t4E

 

En fait, si d’aucun se soucie de ce qu’il se passe en Amérike aujourd’hui, il constatera qu’une police militarisée et la sécurité intérieure sont en train de détruire les droits constitutionnels du droit au rassemblement pacifique, à la manifestation et à la libre-parole.


Pour des raisons pratiques, la constitution états-unienne n’existe plus. La police peut à tout moment frapper, taser, mollester, et arrêter de manière abusive des citoyens américains et n’en subir aucune conséquence néfaste.


La branche exécutive du gouvernement fédéral, que nous avions l’habitude de solliciter pour nous protéger des abus de l’état et des pouvoirs locaux, a acquis le droit sous le régime Bush d’à la fois ignorer la loi amérikaine et la loi internationale, ainsi que d’ignorer la constitution des Etats-Unis et les pouvoirs constitutionnels du congrès et de la branche judiciaire. Aussi loin qu’il y a un “état de guerre” comme celui que représente la “guerre contre le terrorisme” qui n’a pas de fin visible, la branche exécutrice du pouvoir est au dessus des lois et ne peut pas être rendue responsable devant la loi.

 

L’Amérike n’est pas une démocratie mais un pays dirigé par un exécutif césarien.

Hillary, bien sûr, tout comme le reste du gouvernement US est effrayée par le récent rapport du FMI qui dit que la Chine va devenir le leader économique mondial dans cinq ans.


De la même manière que le complexe militaro-industriel et de la sécurité fit pression sur le président Kennedy pour commencer une guerre contre l’URSS en prenant pour prétexte la crise des missiles cubains alors que les Etats-Unis avaient toujours l’avantage nucléaire, Hillary est maintenant en train de transformer la Chine en Emmanuel Goldstein. La haine doit être mobilisée avant que Washington ne puisse bouger la masse de patriotes ignorants vers la guerre.


Comment Océanie peut-elle continuer si l’ennemi déclaré, Oussama Ben Laden, est mort. Le Grand Frère doit immédiatement inventer un”nouvel ennemi du peuple”.


Mais Hillary étant une imbécile parfaite, a choisi un pays qui a bien plus que des armes militaires. Alors que l’amérike supporte les “dissidents” en Chine, qui sont suffisamment idiots pour croire que la démocratie existe en Amérike, le gouvernement chinois insulté, lui, est assis sur 2000 milliards de dollars en fonds US, qui peuvent être passés au tout à l’égoût, détruisant ainsi la veleur marchande du dollar et le dollar comme monnaie de réserve, la source principale de la puissance amérikaine.


Hillary, dans un acte hypocrite sans précédent, a dénoncé la Chine pour “des violations des droits de l’Homme”. Ceci venant d’un pays, qui a violé les droits humains de millions de victimes de manière contemporaine en Irak, en Adfghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Libye, en Somalie, en ajoutant Guantanamo, Abu Ghraïb, les prisons secrètes de la CIA localisés aux quatre coins de la planète, dans les cours de justice amérikaine, et dans l’arrestation et la saisie de documents des activistes anti-guerre. Il n’y a pas pire violeur de droits de l’Homme sur cette planète que le gouvernement amérikain, et le monde le sait parfaitement.


La fierté mal placée et l’arrogance des idéologues états-uniens ainsi que les mensonges qu’ils inculquent au public américain est en train d’exposer Washington à la guerre avec le pays le plus peuplé de la planète, un pays qui a une alliance militaire avec la Russie, qui a suffisamment d’armes nucléaires pour éradiquer toute vie sur terre. Les abrutis peureux de Washington se désespèrent de remplacer Ben Laden par la Chine, le nouveau visage des deux minutes de haine à chaque heure d’information télévisée, afin que la seule super-puissance au monde puisse éliminer les Chinois avant qu’ils ne dépassent les Etats-Unis au rang de numéro un.


Aucun pays au monde n’a un gouvernement aussi irresponsable et aussi intouchable que le gouvernement qu’ont le Américains. Mais quoi qu’il en soit, les Américains défendront leur propre oppression et celle du monde, jusqu’au bout du bout du banc.


Article original en anglais : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24715

 

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24740

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