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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:11

 

Les Frères Musulmans Syriens Veulent Démanteler La Syrie Pour Installer Un Etat Islamique Avec La Complicité Du CNS De Ghalioun Marionnette De L’Axe Washington Tel Aviv Paris Et C°

« Au diable l’identité syrienne ! Nous ne reconnaissons pas la Syrie » Zuhayr Salim porte parole des Frères Musulmans en Syrie exilé à Londres. Les Frères Musulmans sont une composante incontournable du CNS/ALS dont le président, Burhan Ghalioun- le laquais exilé syrien communicant de l’Axe Washington Tel Aviv Paris et C°- dans une interview au WSJ précise clairement objectifs et ambitions.



Les Frères Musulmans Syriens Veulent Démanteler La Syrie Pour Installer Un Etat Islamique Avec La Complicité Du CNS De Ghalioun Marionnette De L’Axe Washington Tel Aviv Paris Et C°

Les Frères Musulmans sont une des principales composantes du CNS regroupant des exilés syriens sous la houlette de Burhan Ghalioun pseudo professeur de sociologie mais comploteur et traitre à son peuple que la Sarkozie finance pour renverser le gouvernement d’Assad avec l’argent des contribuables français. Un comble que le président d’un pays dont la laïcité est l’un des piliers de sa Constitution soutienne un groupe (CNS) qui vise à instaurer une dictature islamique en Syrie.

Dans une interview accordée à un site kurde KurdWatch ous l’intitulé «To Hell with Syrian (identity) ! We do not recognize Syria » (04/12/20111)le porte parole des Frères Musulmans en Syrie, Zuhayr Salim, révéle les véritables intentions de ce courant extrémiste musulman une fois arrivés au pouvoir en Syrie.

Zuhayr Salim, comme toutes les personnalités qui dominent le CNS, est un exilé syrien qui vit à Londres comme écrivain selon le site KurdWatch.

Ci-dessous quelques extraits traduits :

Sur le nationalisme arabe sur lequel s’appuie depuis des décennies la famille Assad et le parti Ba’th pour gouverner :

ZS : « Les Frères Musulmans ont toujours été en conflit avec les nationalistes arabes. Nous rejetons les demandes nationalistes. «

Sur la possibilité de créer des partis sur une base confessionnelle en Syrie ce à quoi s’oppose le régime actuel séculier d’Assad :

ZS : » Nous demandons à ce que chacun puisse former le parti qu’il veut. Le peuple ensuite décide quels partis le représentera : séculier, ethnique ou des partis religieux peuvent être formés… »

Sur l’état syrien :

ZS :« La Syrie n’est pas pour l’instant un état ; la Syrie est un projet d’état. L’Accord Sykes-Picot n’a pas seulement été rejeté par les Kurdes mais aussi par les Arabes et par tous les Syriens. Nous sommes sur le point de laisser Sykes-Picot derrière nous… »

Sur l’identité syrienne et l’état syrien :

«KW : Pourquoi on ne laisse pas de côté le terme « Arabe » parlons plutôt de l’identité syrienne ?

ZS : Vous et moi nous ne reconnaissons pas Sykes-Picot. Vous Kurdes estimez que vous avez été traité injustement par Sykes-Pïcot. Nous estimons aussi que nous avons été mal traités par Sykes-Picot. La Syrie est un phénomène temporaire, un état qui n’existe que temporairement. Notre objectif c’est la création d’un état pour toute la Umma. Un Kurde sera dirigeant dans cet état, car il sera soutenu par un peuple qui compte entre 35 et 40 millions d’individus.

…Nous voulons tourner la page de Sykes-Picot et vivre ensemble de nouveau comme nous l’avons fait pendant 1500 ans… »


ZS évoque dans cette interview un référendum pour décider de l’identité syrienne.

« KW : Parlez vous en fait d’un état kurde indépendant ?

ZS : non d’un état islamiste pour tous. Arabes, Kurdes, Turcs, Circassiens, et tous les autres qui vivent ici. »


Burhan Ghalioun le Communicant Syrien de l’Axe Washington Tel Aviv Paris et C° Grand Manipulateur Politique

Le CNS qui regroupe différents groupes minoritaires d’exilés syriens et les Frères Musulmans n’a pas encore été reconnu officiellement comme représentant le « peuple syrien » comme l’avait été le CNT en Libye.

Mais dans les coulisses des magouilles diplomatiques et préparations militaires contre le régime d’Assad il est le partenaire et talentueux manipulateur au service de l’Axe Washington Tel Aviv Paris et C°.

Burhan Ghalioun n’a pas été choisi par hasard pour diriger le CNS. C’est le directeur du Centre d'Etudes sur l'Orient Contemporain (CEOC) à Paris mais il est aussi professeur de sociologie politique à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3. En d’autres termes c’est un universitaire communicant qui a mis ses compétences d’orateur au service du CNS dont il définit ainsi les objectifs dans l’interview accordée au WST le 05/12/2011 :

BG : « Le CNS est actuellement un acteur principal pour façonner l’opinion publique mondiale et la politique visant à s’occuper de la question de la Syrie. Nous sommes en pourparlers continuels avec nos amis et ils nous consultent pour avoir notre opinion sur toute décision prise concernant la Syrie…

Je pense qu’il y a une accélération des évènements concernant la Syrie et les mesures prises place le régime syrien dans la position d’un régime en faillite un régime incapable de subvenir à ses besoins. Nous avons demandé à nos amis en Europe et dans le monde de faire comprendre au public en Syrie qu’il n’est pas question de garder Assad au pouvoir…. »


A propos du financement du CNS :

BG : « Jusqu’à présent nous avons reçu des dons de généreux hommes d’affaires syriens. Plusieurs pays arabes nous ont promis de l’aide. Nous sommes ouverts à toute donation. Parmi eux figurent les Libyens par exemple. Ils ne disposent pas encore de liquidités pour l’instant mais ils ont promis de donner. Les dons provenant de l’intérieur de la Syrie sont à 90% d’hommes d’affaires. » (certainement majoritairement sunnites liés aux pays du Golfe pour leurs affaires ndlt).

A propos des plans de corridor humanitaire et ou zone tampon pour « protéger les civils » l’argument choc de ce comploteur dont le soutien du peuple syrien est quasi nul et son objectif avoué : rouler les Russes dans la farine pour obtenir une intervention étrangère sous couvert d’humanitaire en Syrie :

BG : « Le principal obstacle c’est le Conseil de Sécurité - le veto de la Russie et de la Chine. Toutes les suggestions et propositions sont des façons de contourner le veto et trouver une façon de protéger les civils… Nous pensons que l’utilisation de ces mécanismes aidera collectivement à affaiblir le régime…. »

A propos de la création d’une zone d’exclusion aérienne :

BG : « La décision dépend de l’utilisation par la Russie de son veto (au CS). La garantie pour que la Russie n’utilise pas son veto ce serait qu’il n’y ait pas d’intervention étrangère. Pour le moment il s’agit de développer des négociations : comment convaincre les Russes d’accepter une certaine forme d’intervention qui ne se transformerait pas en intervention militaire type Libye. Il faut présenter cette intervention dans le cadre de la protection de civils et créer les conditions nécessaires pour que les syriens décident eux-mêmes et ne pas décider à leur place…. »

Ghalioun a été reçu à Moscou plutôt fraîchement. La Russie demande à ce que soit instauré un dialogue entre toutes les composantes syriennes et les problèmes résolus entre Syriens. Les Russes ont acté le fait que Ghalioun et sa clique veulent renverser Assad et ne cherchent pas dans l’intérêt général du peuple syrien à dialoguer avec tous. Malgré cela Ghalioun utilise ses compétences d’universitaire spécialisé en Sociologie Politique pour essayer de manipuler Moscou en mentant et ne s’en cache pas.

BG : « C’est ce que j’ai dit aux Russes : nous sommes venus ici pour empêcher toute intervention étrangère et pas pour la légitimer. Si nous voulions une intervention militaire nous ne serions pas venus en Russie. Nous sommes venus en Russie pour mettre la pression sur vos amis en Syrie pour qu’ils acceptent une solution pacifique négociée. Négociation ne veut pas dire s’asseoir ou discuter avec le régime ; c’est une négociation sur le transfert du pouvoir. Ce sont des négociations avec le régime pour un gouvernement qui représente le peuple non pas un accord avec le régime. »

En d’autres termes Ghalioun en « bon démocrate » qu’il est veut négocier sans négocier la chute du régime d’Assad qui est pourtant soutenu par la majorité des Syriens ce dont lui BG ne bénéficie pas.

Compte tenue des dernières réactions des Russes - qui par exemple ont condamné la manipulation politique du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU et son dernier rapport sur la Syrie qualifié « d’inacceptable » - Ghalioun malgré son indéniable talent de manipulateur politique n’a pas convaincu Moscou bien au contraire.

Sur les dangers d’une main mise des Islamiste sur le CNS :

BG : « Les Frères Musulmans syriens sont en exil depuis 30 ans et leur coordination interne est inexistante. Les gens qui protestent et la société en général est pieuse. Mais tout musulman n’est pas un islamiste. C’est une grande erreur de perception. Etre quelqu’un qui prie ou jeune cela ne veut pas dire qu’on veut un état islamique … »

De deux chose l’une ou bien Ghalioun n’est pas au courant des déclarations citées ci-dessus du porte parole des Frères Musulmans syriens, Zuhayr Salim, qu’il connaît bien et a rencontré lors des réunions en Turquie du CNS, ou il ment et sert de feuille de vigne face à l’opinion publique occidentale qu’il a dit vouloir manipuler pour obtenir son soutien à une opération R2P en Syrie.

Concernant l’installation de la Charia comme jurisprudence d’état donc d’un état islamiste comme le veulent les Frères Musulmans selon les dires (voir plus haut) de leur porte parole Zuhayr Salim.

BG : « La source de la législation c’est le parlement et si le parlement est composé d’une majorité de musulmans il reflètera leur culture ou tendances. »

Autrement dit comme la Syrie est majoritairement musulmane le parlement sera à majorité musulmane - donc des partis crées sur des bases religieuses sectaires- et la Charia sera imposée dans un pays jusqu’à présent laïque où réside une importante communauté chrétienne.

Sur les relations qu’il envisage une fois qu’il aura pris le pouvoir lui et ses amis islamistes en Syrie avec l’Iran et le Hezbollah :

BG : « La relation actuelle entre la Syrie et l’Iran est anormale. C’est un fait sans précédent dans l’histoire de la politique étrangère de la Syrie. Une nouvelle Syrie sera membre indispensable de la Ligue Arabe et travaillera pour améliorer le rôle de la Ligue Arabe et le rôle des états arabes régionalement spécialement parce qu’ils ont pris une décision historique et sans précédent de soutenir le peuple syrien. La Syrie est le centre de l’Orient arabe. Elle ne peut pas vivre en dehors de sa relation avec la péninsule arabe, les pays du Golfe, l’Egypte et les autres. Nous avons besoin du soutien économique d’investissement de nos frères arabes dans le futur. Note futur est indiscutablement lié au monde arabe et au Golfe en particulier. Dans le futur nous aurons besoin de soutien financier et économique sérieux pour reconstruire la Syrie.

Nos relations avec l’Iran seront revues comme avec tout autre pays de la région sur la base d’échanges basés sur des intérêts diplomatiques et économiques dans le contexte d’une amélioration de la stabilité dans la région et non pas celle d’un partenariat spécial. Il n’y aura pas de relation spéciale avec l’Iran. Le problème central c’est l’accord militaire. Briser la relation spéciale cela veut dire briser l’alliance stratégique militaire. Nous n’avons rien contre des relations économiques.

« …Comme notre relation avec l’Iran changera de même notre relation avec le Hezbollah changera. Le Hezbollah après la chute du régime syrien ne sera plus le même. … »


De par ses propos il est clair pour le compte de qui agit Burhan Ghalioun : L’Axe Washington Tel Aviv Paris qui vise à travers le renversement du gouvernement d’Assad l’Iran et le Hezbollah principaux adversaires de poids militairement du régime sioniste au Moyen Orient.

Burhan Ghalioun n’a que faire de la démocratie en Syrie les intérêts du peuple syrien il s’en moque la seule chose qui compte à ses yeux de collaborateur et marionnette des Américano Sionistes c’est de servir le mieux possible ses maîtres et ce aux frais de la princesse (payé par l’état français et protégé aux frais des contribuables français).
La France du XXIème n’a pas vocation à servir de tremplin à des traîtres à leur pays et leur peuple mentalement esclaves d’une époque coloniale révolue.

Information Complémentaire

Syrie: La crédibilité de l’opposition syrienne à l’épreuve du parrainage franco turc

Interview de Zuhayr Salim

Interview de Burhan Ghalioun

Lundi 5 Décembre 2011
Mireille Delamarre
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Par ailleurs, lire :

Monde Arabe: Comment l'Occident a négocié ses intérêts

Deux jeunes palestiniennes forcées de s'agenouiller devant des soldats de l'armée sioniste qui les aspergent de gaz lacrymogène pendant la démolition de maisons à Umm Fagarah

Gorges Malbrunot du Figaro : l’ASL obéit à Erdogan et aux Frères musulmans pas au CNS et à Burhan Ghalioun

27941.jpg  La guerre, ça suffit!
- par Mondialisation.ca - 2011-12-07
 
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SYRIE

28062.jpg  Nouvelle croisade contre la Syrie
L’art de la guerre
- par Manlio Dinucci - 2011-12-06
 
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 Syrie : ....un rapport ...puis une nouvelle guerre !
- par Irib - 2011-12-05
Syrie : Burhan Ghalioun tombe le masque
- par Pierre Khalaf - 2011-12-05
28028.jpg La guerre de l'ombre en Syrie
L'oeil vif
- par Pepe Escobar - 2011-12-04
Cible : la Syrie – objectif stratégique qui dépasse la Libye. Le décor est planté. Les enjeux ne pouvaient pas être plus élevés. la Syrie vaut elle deux fois la Libye?
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28019.jpg Dans la vallée de l'Oronte : Où en est l’agression contre la Syrie ?
Témoignage
- par Marie-Ange Patrizio - 2011-12-03
Je reprends mon récit à partir de ce que j’ai entendu cette semaine sur la Syrie dans nos media, et en particulier sur Homs. « Images volées qui mettent en danger la vie de ceux qui font ces images »...
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28003.jpg Syrie: La crédibilité de l’opposition syrienne à l’épreuve du parrainage franco turc
- par René Naba - 2011-12-02
 
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28001.jpg Syrie : Le reportage de Sofia Amara mis en question
Contre enquête
- par Karbalaqsa - 2011-12-02
 
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27996.jpg Ce chemin de Damas semé d’embûches
- par Pepe Escobar - 2011-12-02
 
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27984.jpg La Syrie calomniée par les médias du système: conditionnement des esprits pour une nouvelle guerre impérialiste
- par Claude Beaulieu - 2011-12-01
 
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27979.jpg Syrie: le génocide de l’OTAN approche
Le rapport de l’ONU sur la Syrie a été co-écrit par le directeur d’un think-tank privé américain
- par Tony Cartalucci - 2011-12-01
Il a été révélé que le rapport du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en ce qui concerne “les crimes syriens contre l’humanité” a été en fait co-écrit par Karen Koning AbuZayd, une directrice du think-tank américain privé de Washington.
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27951.jpg A défaut d’intervention… Sarkozy prépare la guerre civile en Syrie
- par Louis Denghien - 2011-11-30
 
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27950.jpg Manœuvres des pays du Golfe contre le peuple syrien
- par Sami Kleib - 2011-11-30
 
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Alerte en mer: des navires de guerre russes font route vers la Syrie
- par RT - 2011-11-29
 La Russie menace de bloquer les routes de ravitaillement de l’OTAN
- 2011-11-29
27915.jpg Mensonges et vérités sur la Syrie
Guerre médiatique
- par Thierry Meyssan - 2011-11-28
Les quatre mensonges de l'OTAN et les quatre évidences cachées par l'OTAN.
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27905.jpg À propos des manifestations en Syrie : qui sont les opposants ?
- par Françoise Wallemacq - 2011-11-27
 
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IRAN

28074.jpg Israël et Iran : Quelques pensées qui OCCUPENT mon esprit
Le prochain gala de la performance : Mort et destruction
- par William Blum - 2011-12-06
 
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28000.jpg L’Occident averti contre l’agitation anti-iranienne
- par Press TV - 2011-12-02
 
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Programme nucléaire de l’Iran : on recycle la propagande orchestrée pour la guerre en Irak - par Seymour Hersh, Amy Goodman - 2011-12-01
27982.jpg Les Iraniens détestent le Royaume-Uni, mais les sanctions ne sont qu'une toute petite partie de l'histoire
- par Robert Fisk - 2011-12-01
 

 

 

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IRAN: les forces militaires se préparent au combat

by bodyspiritzen

6 décembre 2011 | Auteur: Jo ^^ ZEROHEDGE - L’Iran estime qu’elle n’a plus rien à perdre. Après une série d’explosions mystérieuses et la destruction de drones d’attaque de l’OTAN, il semble que le pays riche en pétrole est de plus en plus enclin à la probabilité d’une guerre. Selon Ynet News, l’Iran serait entrain de « déplacer des missiles [...]

Lire la suite

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Rappel :

Syrie: La crédibilité de l’opposition syrienne à l’épreuve du parrainage franco turc


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Paris – L’affaire syrienne est symptomatique des dérives mentales et politiques de l’ensemble arabe et de ses crispations ethnico-religieuses. Au delà des vives critiques fondées sur les nombreuses tares du pouvoir syrien, il faut savoir raison garder.

L’affirmation peut paraitre monstrueuse, mais elle correspond néanmoins à la réalité. Le clan Assad, Hafez puis Bachar, a assuré la stabilité de la Syrie, au terme d’une double décennie turbulente marquée par pas moins de huit de coups d’état téléguidés depuis Beyrouth ou Amman (1), mais cette stabilité a été obtenue au prix d’un autoritarisme sans faille tout au long d’un règne cumulé de quarante ans qui a gangréné la vie publique du pays, faute de respiration politique, faute de régénérescence démocratique.

Quiconque a eu affaire à la bureaucratie tatillonne de la Syrie a pu mesurer instantanément l’état de délabrement de son administration, le conformisme de ses médias, l‘omniprésence des services de sécurité, les turpitudes du régime, son hermétisme, son autarcie, son népotisme, ainsi que son fort degré de corruption, comparable d’ailleurs en cela aux autres régimes arabes, même les plus proches de la grande démocratie américaine.

De ce fait, Bachar Al Assad (3) a eu incontestablement un retard à l’allumage. Il n’ignorait pas que son pays était dans l’œil du cyclone, que la dynastie wahhabite nourrissait des visées à l’encontre de la Mosquée des Omeyyades depuis le coup de force anti nassérien de Ma’amoun Kouzbari, représentant de la bourgeoise compradore, en 1961, au coup d’état anti bassiste du général Salim Hatoun, en 1966, en pleine phase du détournement des eaux du Jourdain par Israël, au soulèvement islamique de Hama, en 1982, réprimé par le propre beau frère de l’actuel Roi Abdallah d’Arabie, le Général Rifa’at Al Assad, frère du président syrien de l’époque Hafez Al-Assad. Il n’ignorait pas non plus que les Etats-Unis et l’Arabie attendaient la première occasion pour récupérer le pouvoir pour le compte des sunnites, dont l’alliance Rafic Hariri, ancien premier ministre sunnite du Liban, Abdel Halim Khaddam, vice président sunnite de la république syrienne, n’en était que le signe précurseur. Pas ignorer surtout que les revers militaires successifs d’Israël face au Hezbollah libanais, en 2006, puis face au Hamas palestinien à Gaza, en 2008, de même que le retrait sans gloire des Américains de l’Irak, fin 2011, reportait sur la Syrie le poids de la revanche visant à briser l’épine dorsale de l’axe de résistance à l’hégémonie israélo-américaine.

Il devait accomplir son «printemps de Damas» dans la foulée de son investiture présidentielle, en 2001, plutôt de subir dix ans plus tard les contrecoups des soulèvements arabes de l’hiver 2010; Pourquoi avoir rejeté les initiatives d’opposants, tels l’alaouite Riad Seif, le chrétien Michel Kilo, le sunnite Haitham Al-Maleh, ou encore et surtout «le Mandela syrien», le communiste Riad Turk, tous d’authentiques patriotes nullement suspectés de la moindre velléité conspirationniste? Pourquoi n’avoir pas réprimé les appétits de sa coterie familiale, les prétentions abusives de sa sœur Bouchra qui se rêvait Première Dame de Syrie en substitution de l’épouse du président, Asma, infiniment plus populaire et pertinente, ou la rapacité de son cousin Rami Makhlouf? Pour avoir trop tardé à engager les réformes, bridé les tendances réformistes qui lui étaient prêtées, ménager les intérêts de son clan au détriment de ceux de son pays, Bachar Al Assad récolte une tempête populaire à l’effet de réduire à néant sa magistrale maîtrise de la manœuvre diplomatique face à l’offensive israélo-américaine visant à remodeler un «Grand Moyen Orient». L’opprobre qui le frappe son pouvoir risque d’emporter son pouvoir et son clan, implosant le projet nationaliste dont il est porteur, son bien le plus précieux.

Mais cela ne justifie en aucun cas la mise à l’index de la Syrie, sa mise au ban du Monde arabe par une conjuration de cloportes qui tendent à placer sur le même pied Israël et la Syrie pour se dédouaner à bon compte d’une servitude vomitive à l’égard du couple israélo-américain. Non, au grand jamais, non, Israël et la Syrie ne partagent pas le même intérêt. L’Etat hébreu cherche à constituer une ceinture d’états vassaux sur son pourtour, la Syrie à se dégager du nœud coulant glissé autour de son cou pour la forcer à la reddition. Israël est l’auteur d’un plan de balkanisation du Monde arabe adopté comme feuille de route par Washington, alors que la Syrie s’applique à le mettre en échec.

C’est à Damas, en effet, que Khaled Mechaal, le chef du Hamas, -alors boycotté par Amman, Le Caire et Ryad et quelque peu négligé par ses frères musulmans égyptiens-, a trouvé aide et refuge et que le chef Kurde Jalal Talabani, président actuel de l’Irak, a trouvé protection diplomatique face à la répression du sunnite baasiste Saddam Hussein, donnant à la Syrie la possibilité de refreiner les tendances centripètes de l’irrédentisme kurde dans le nord de l’Irak. C’est la Syrie, qui a accueilli à bras ouverts, sans conditions, au risque de déstabiliser l’équilibre démographique du pays, près de deux millions de réfugiés irakiens, dégâts collatéraux de l’invasion américaine de l’Irak, fuyant les exactions de l’armée irakienne et de leurs supplétifs kurdes sans le moindre soutien financier arabe ou international. C’est la Syrie enfin qui a fait office de «verrou arabe du Liban» au moment de l’offensive israélo-américaine visant à instaurer un axe Le Caire Beyrouth Tel Aviv par la signature d’un traité de paix libano israélien, en 1983, sous la présidence du phalangiste Amine Gemayel; C’est encore la Syrie qui a servi d’hinterland stratégique au Hezbollah chiite libanais et au Hamas sunnite palestinien dans leur guerre asymétrique contre Israël;

Beaucoup savent gré à la Syrie, par son alliance de revers avec l’Iran chiite, d‘avoir évité que le conflit irako-iranien ne dégénère en un conflit entre Arabes et Perses pour le plus grand bénéficie de l’ennemi officiel du Monde arabe; gré à ce point d’ancrage du «Front de refus arabe» d’avoir assuré la relève de l’Egypte défaillante, en maintenant vivace la flamme du combat nationaliste et irréductible le refus de l’hégémonie israélienne; gré d’avoir préserver les intérêts à long terme du monde arabe, sans s’inféoder à une logique de vassalité avilissante, sans hypothéquer ses choix stratégiques, sans aliéner sa souveraineté et son indépendance; Gré, enfin, d’avoir constitué le refuge ultime quand la quasi totalité des pays arabes plongeait dans la logique de la soumission à l’axe israélo-américain. Peu de pays arabes peuvent se targuer de pareils palmarès.

Aucune justification toutefois ne saurait tenir lieu d’excuse absolutoire, ni le complexe d’encerclement, réel, dont la Syrie fait l’objet, ni les manœuvres de déstabilisation, répétitives, dont il est la cible de la part de l’aile dure du trône wahhabite, ni les campagnes de dénigrement, effectifs, dont il est l’objet de la part de la presse conservatrice arabe et ses alliés occidentaux. Nul projet nationaliste, si exaltant soit-il, ne saurait justifier la captation des richesses d’un pays au profit d’une personne, si nécessaire soit il à la protection du pouvoir. Nul projet nationaliste, si glorieux soit il, ne saurait justifier la mise sous observation permanente de son peuple, la mise en coupe réglée son pays. Et cette position privilégiée ne saurait se vivre en rente de situation. La réforme s’impose, radicalement, sous peine de dénaturation du projet nationaliste, en dépit des menées de la contre révolution téléguidée par l’Arabie saoudite et le concours de Robert Ford, ambassadeur des Etats-Unis à Damas, l’assistant de John Negroponte à Bagdad du temps où l’ancien chef des services des renseignements américains, le déstabilisateur du régime sandiniste du Nicaragua, était à l’œuvre en Irak (2003-2004).

La Syrie doit turbuler, personne ne le conteste. Mais il est choquant qu’un pays qui a soutenu trois guerres contre Israël, la première puissance militaire de la zone, soit sanctionné dans l’allégresse par des anciens confettis de l’empire français, que le sort de la Palestine, le point focal du contentieux entre Orient et Occident, la ligne de fracture majeure entre l’Occident et le Monde arabo musulman, soit notamment confié à Djibouti, dont la principale activité se réduit à la consommation du Qat et à la location d’une base franco américaine, ainsi qu’aux îles Comores, dans le giron français de l’Océan indien, à des milliers de kms du champ de bataille. Monumentale supercherie qu’il importe de dénoncer sans ménagement en ce qu’elle constitue une insulte à la démocratie et à l’intelligence humaine.

Que le Qatar, dont le quart de la superficie est occupé par une base américaine, prenne la tête de la croisade contre un des principaux pays du champ de bataille, que la mise en quarantaine de la Syrie soit décidée par une coalition de huit monarchies vassaux de l’Amérique, antidémocratiques, de surcroît pour la plupart des alliés souterrains d’Israël, -de la Jordanie, au Maroc-, en association avec la Libye, la nouvelle plateforme occidentale, constituent une insulte aux sacrifices des milliers de soldats morts dans les conflits israélo-arabes, aux dizaines de milliers de militants torturés dans les geôles arabes pour l’avènement de la démocratie, particulièrement dans les pétromonarchies du Golfe. Les remous suscités au sein d’«Al Jazira» dans la couverture parcellaire des révolutions arabes, axée depuis peu davantage sur la Libye et la Syrie que sur Bahreïn ou le Sultanat d’Oman, avec la spectaculaire démission d’une des vedettes chaine transfrontière arabe Ghassane Ben Jeddo, en porte témoignage. Mais comparaison n’est pas raison et nul ne saurait se prévaloir des turpitudes d’autrui.

Les décisions de la ligue arabe sont obérées et son fonctionnement faussé par la prépondérance monarchique. Les huit monarchies disposent en effet du tiers bloquant des voix et sont en mesure de peser sur les décisions majeures engageant l’avenir du Monde arabe, alors qu’ils sont les principaux bénéficiaires des coups de butoir d’Israël contre le noyau dur du monde arabe. Elle fait office de vecteur de sous-traitance de la stratégie occidentale. Dans son fonctionnement actuel, elle est antidémocratique, qu’il importe de dénoncer sans la moindre réserve. Son nouveau secrétaire général, M. Nabil Al Arabi en est la meilleure preuve en ce que ce cacique de l’ancien régime Moubarak a doublement servi, d’abord en tant que membre de la délégation qui avait accompagné Sadate à Jérusalem, en 1977, puis en tant que représentant de l’Egypte sous Moubarak aux Nations-Unies.

A-t-on d’ailleurs jamais vu la Ligue Arabe voté une motion de défiance à l’égard de l’Amérique pour sa partialité dans le conflit israélo-palestinien? Le zèle pétro monarchique contre la Syrie est inversement proportionnel à la passivité déployée par les gérontocrates lors de la destruction de Beyrouth et du sud Liban en 2006, par les Israéliens, et de Gaza, en 2008. Il est donc frappé d’une lourde suspicion. L’Islam pétrolier doit être dénoncé avec la même virulence que ne le sont les dérives de la Syrie et de sa féroce répression des manifestations populaires; dénoncé pour ce qu‘il est: Un islam pétrolier atlantiste et maléfique en ce qu’il instrumentalise l’organisation pan arabe, dans une politique qui a précipité le Monde arabe dans une régression épouvantable, sous couvert de régénérescence démocratique du «printemps arabe».

Soyons donc prudents avec les stratégies occidentales. L’Afghanistan a été sinistré, l’Irak aussi et il n’est pas indifférent de relever, dans ce contexte, que les quatre pays arabes qui se sont abstenus de voter des sanctions contre la Syrie, -L’Algérie, l’Irak, Le Liban et le Yémen- sont des pays qui ont eu à pâtir d’une guerre civile et qu’ils sont donc avertis du prix des ingérences étrangères et du coût humain, économique et social pour leur pays.

La déstabilisation de la Syrie vise à compenser le basculement de l’Egypte dans le camp de la contestation arabe et à rompre la continuité stratégique entre les diverses composantes de l’axe de la résistance à l’hégémonie israélo américaine en coupant les voies de ravitaillement du Hezbollah au sud Liban. L’effet secondaire est de détourner l’attention sur la phagocytose de la Palestine par Israël avec la complicité des états occidentaux. Il est faux d’affirmer dans ce contexte une communauté d’intérêts entre la Syrie et Israël; Non Israël et la Syrie ne partagent pas le même intérêt. L’Etat hébreu cherche à constituer une ceinture d’états vassaux sur son pourtour, la Syrie à se dégager du nœud coulant glissé autour de son cou pour la forcer à la reddition. Israël viole en toute impunité la loi internationale, La Syrie la subit. Israël a annexé la quasi-totalité de la Palestine. La Syrie victime d‘un arbitraire colonial, amputé de son territoire arbitrairement par la France, au bénéfice de la Turquie, du temps de son mandat sur le pays, dont elle recherche cent ans après à y reprendre pied par une opération de déstabilisation sous couvert de démocratie.

A-Les griefs … Le Golan, Tiran et Sanafir

Quatre des principaux griefs contre la Syrie portent sur l’instauration d’une «dynastie républicaine», l’opacité de son système politique, sa présumée passivité à propos du Golan, une accusation constamment véhiculée par les Frères Musulmans, de même que sa prédation de l’économie libanaise au cours des trente ans de sa présence au pays voisin.

-La succession dynastique doit être prohibée, mais ce principe doit s’appliquer sans exception à Bachar Al-Assad, certes, mais aussi à Saad Hariri, qui a succédé à son père Rafic Hariri, sans la moindre préparation, à la tête d’un pays situé à l’épicentre du Moyen orient. A Ali Bongo dont la France a truqué les élections pour favoriser le maintien du clan à la tête de l’état gabonais. A Joseph Kabila jr et Mobutu, qui s’y prépare en Afrique. A Amine Gemayel, élu à l’ombre des blindés israéliens en remplacement de son frère assassiné Bachir, lui même élu à l’ombre des blindés israéliens. A Nicolas Sarkozy qui a veillé à propulser son fils Jean à la tête de l’EPAD (Hauts de Seine). A Hosni Moubarak qui se préparait à passer la main à son fils Jamal, avec la bénédiction des occidentaux dont Sarkozy saluera le courage de son départ, sans le moindre mot pour la courageuse lutte du peuple égyptien.

La libre détermination des peuples est un droit sacré inaliénable. Mais ceci doit s’appliquer en Syrie, comme en Palestine. Au Kosovo, au sud Soudan, comme au Sahara Occidental.

-Le Golan: La disproportion des forces provoquée par la défection de l’Egypte, son basculement proaméricain et son retrait du champ de bataille ont conduit le régime syrien a développé la stratégie de la Moumana’a, substituant au choc frontal le choc oblique, la guerre périphérique et asymétrique à la guerre classique. Si le plateau du Golan n’a pas été récupéré, son chef lieu chef, Quneitra, l’a été au terme de la guerre d’octobre 1973, une restitution infiniment plus importante que ne l’ont été les territoires saoudiens sous occupation israélienne: Les îlots de Tiran (80 km2) et de Sanafir (39km2), à l’entrée du Golfe d’Akaba sur la Mer rouge, occupés depuis 44 ans, sans que les Etats-Unis, le meilleur allié tant d’Israël que de l’Arabie saoudite, ne lève le plus petit doigt pour en obtenir la restitution ou que le royaume wahhabite en fasse la requête. La libération du Golan est, certes, un impératif au même titre que les autres lieux saints musulmans et chrétiens de Jérusalem, y compris la Mosquée «Al Aqsa» dont le Roi d’Arabie en a le devoir en sa qualité de «gardien des lieux saints» musulmans.

Le Liban: La prédation de l’économie libanaise par les Syriens pendant trente ans est un fait incontestable. Mais cette captation de richesses a été faite en partenariat avec une classe affairiste pro occidentale dont les chef de file auront été Rafic Hariri, l’ancien premier ministre sunnite assassiné, et Walid Joumblatt, chef druze du parti socialiste progressiste, sous l’autorité des figures de proue de la présente opposition syrienne, notamment Abdel Halim Khaddam, en charge du dossier libanais pendant trente ans, dont la France s’honorerait de le poursuivre en justice pour enrichissement sans cause.

B- La France, la Turquie, le contentieux d’Alexandrette sur fond d’une opposition syrienne amnésique.

L’opposition syrienne, qui se veut la relève d’un pouvoir pourri, se doit d’être exempte de tout reproche. Elle paraît frappée d’amnésie, oublieuse de l’histoire de son pays, oublieuse d’inscrire son combat dans la continuité de sa mémoire historique. Faire cause commune avec le philosophe Bernard Henry Lévy, l’un des adversaires les plus résolus des aspirations légitimes des peuples arabes en ce qu’il avoue agir, sans ambages, par «fidélité au sionisme et à Israël» relève d’une grave aliénation mentale d’autant plus déplorable que, sous couvert de «combat de l’Islam des Lumières» contre « l’Islam des ténèbres», il vise à constituer une ceinture d’états vassaux à Israël. Se vautrer dans le giron des anciens bourreaux de la Syrie, la France et la Turquie, les artisans de son démembrement par l’amputation du district syrien d’Alexandrette et son rattachement à la Turquie, constitue une insupportable insulte à la mémoire de Youssef Al Azmeh et aux 310 martyrs tombés sur la champ d’honneur de Maysaloun, face à l’occupant français, en 1920, bataille fondatrice de la conscience nationale syrienne; une insulte aux milliers d’Algériens carbonisés à Sétif (1945), aux centaines de morts de Suez (1966) du fait de l’agression tripartite franco-anglo-israélienne, de Bizerte (1958) et d’ailleurs.

Comment s‘adonner ainsi sans retenue à un pays, la France, qui n’a cessé de nourrir de visées à l’égard de son ancienne possession, dont elle cherche près d‘un siècle après son mandat onusien à y reprendre pied; confier sans la moindre hésitation la mission de restaurer la démocratie en Syrie à un pays, pourtant propulsé par des pulsions xénophobes cycliques du Code noir de l’Esclavage, au Code de l’indigénat, aux expositions ethnologiques, aux pensions de guerre cristallisées des anciens combattants basanés, sans compter les stigmatisations lapidaires permanentes, du «Bougnoule au sauvageon», «des bruits aux odeurs», «du karcher aux moutons que l’on égorge dans les baignoires». S’adonner sans la moindre pudeur à un président, Nicolas Sarkozy, dont le projet phare l’Union Pour La Méditerranée visait à constituer un front arabo israélien contre l’Iran, dont la mandature s’est attelée à éradiquer méthodiquement toute sensibilité pro palestinienne de l’administration préfectorale et de l’audiovisuel extérieur français avec la mise à l’écart de Bruno Guigue (administration préfectorale), l’éviction de Richard Labévière (Média) et de Wahib Abou Wassel, seul palestinien du dispositif médiatique extérieur, et, la promotion concomitante de personnalités au philo sionisme exacerbé de Bernard Kouchner (Quai d’Orsay), Pierre Lellouche (Affaires européennes), Dominique Strauss Khan (FMI), Arno Klarsfeld (Matignon, puis Office National de l’Immigration), François Zimmeray, ancien vice-président de la commission d’études politiques du CRIF, Ambassadeur pour les Droits de l’homme, Dov Zerah, (Agence française pour le développement), Christine Ockrent (pôle audiovisuel extérieur), Philippe Val (France inter), enfin, Valérie Hoffenberg, présidente de la section française de l’American Jewish Committee, chargée de suivre le volet économique des négociations israélo-palestiniennes.

La priorité revient aux opposants de l’intérieur, particulièrement Michel Kilo, interdit de paroles à Paris, Fayez Samara, Haitham Al Maleh, Riad Turk, Riad Seif, cinq militants qui n’ont jamais déserté le combat sur le terrain, payant de leur liberté leurs convictions. La présence d’opposants de la dernière heure dans la galaxie de l’opposition, de surcroît imposés par l’étranger, en la circonstance parachutés par la France au terme d’une carrière exclusivement bureaucratique, sans aucune tradition de lutte, émargeant alternativement sur le budget de l’administration française ou sur celui de la Ford Foundation, à la remorque du forum de Bilderberg, l’organisation tricontinentale atlantiste, relève d’un opportunisme méprisable à l’effet de réhabiliter, à bon compte, le rôle particulièrement négatif de la France dans la zone, maitre d’œuvre de l’institutionnalisation et du confessionnalisme politique et de son instrumentalisation corrosive.

Ce parachutage doublé de l’aménagement d’une plateforme opérationnelle de la DGSE dans le nord du Liban en vue former des opposants syriens à des opérations commandos contre le pouvoir alaouite, en pleine violation de la souveraineté libanaise, répond au double souci de Paris (2) de disposer d’un levier d’influence au sein de l’opposition syrienne, en même temps qu’il vise à bonifier auprès des Arabes l’image du plus pro israélien des dirigeants français; de renflouer Saad Hariri, au moment l’ancien premier ministre sunnite libanais, en pleine déconfiture politique, a choisi curieusement Tripoli, le chef lieu du Nord Liban, au mépris de tous les usages, pour y célébrer, avec une semaine de retard, la Fête Nationale Libanaise; une action d’éclat destinée à redorer le blason de ce fugitif permanent, par l’aménagement d’une zone sécurisée visant à l’établissement d’un corridor humanitaire en direction de la Syrie, dans une démarche qui représente le degré ectoplasmique de la politique.

Curieux comportement d‘une opposition syrienne qui pactise avec ses bourreaux la France et la Syrie. Curieux comportement d’une opposition syrienne qui tolère dans ses rangs la présence de personnages sulfureux tels Abdel Halim Khaddam, le prédateur du Liban, et le général Rifa’at Al -Assad, le boucher de Hama. Curieux comportement que de faire alliance avec le principal artisan du blocus de Gaza, le principal soutien aux dictateurs méditerranéens de Ben Ali de Tunisie à Moubarak d’Egypte, ses partenaires dans le projet d’Union Pour la Méditerranée. Curieux comportement que celui de la France qui menace la Syrie des foudres de la Guerre pour une psychanalyste assignée à résidence, Rafah Nached, et se prosterne devant le roitelet d’Abou Dhabi qui a embastillé depuis cinq ans un professeur de la Sorbonne, Nasser Bin Ghaith, et quatre de ses collègues, oubliant que l’Université n’est pas seulement prestataire de services d’enseignement ou de recherche, mais un sujet moral.

La France qui se préoccupe de légiférer sur les binationaux, voire même de fonder une «allégeance aux armes» pour s’assurer de la loyauté de citoyens jouissant de la double nationalité, ne s’embarrasse guère de considérations opportunistes. La dualité qui frappe l’un des porte paroles de l’opposition syrienne est comparable à celle qui avait prévalu en Géorgie avec la transmutation en 2003 de l’ambassadrice de France en Tbilissi, Salomé Zourabichvili, en ministre des Affaires étrangères de la Géorgie, en 2004, avant d‘être « démissionnée » fin 2005, pour cause de mésentente de la transfuge franco géorgienne avec la présidente du parlement. Elle est comparable à celle qui frappe le binational franco israélien, Arno Klarsfeld, réserviste de l’armée israélienne et directeur de l’Office nation

al de l‘Immigration. Des bouffons, il n’en manque pas en France à tous les niveaux de la classe politique et de la haute administration.

Que l’opposition syrienne ne commette pas les mêmes erreurs que l’égyptien Anouar el Sadate, l’irakien Saddam Hussein ou le libyen Mouammar al- Kadhafi. Sadate a répudié l’alliance stratégique de l’Egypte avec l’URSS, le pays qui lui a pourtant fourni les armes de la victoire pour le franchissement du Canal de Suez, en 1973, pour se rallier aux Etats-Unis. Il a été assassiné par les protégés de l’Amérique. Saddam Hussein a engagé une guerre meurtrière et ruineuse de dix ans contre l’Iran pour fixer, pour le compte des pétromonarchies sunnites, la révolution chiite islamique iranienne, avant d’être lâché et abattu par ses bailleurs de fond. Mouammar Kadhafi a dévoilé tout un pan de la coopération nucléaire inter arabe aux services occidentaux pour sauver sa tête. Il n’a bénéficié que d’un sursis. Il a été lynché et son trésor de guerre confisqué, son héritier présomptueux, Seïf Al Islam, qui voulait moderniser la Libye selon le schéma occidental capturé avec l’aide des services anglais, signant la fin de la dynastie.

Réclamer l’intervention de la Turquie, au prétexte d’une identique communauté religieuse sunnite, dresse, d’une part, le constat d’une incapacité des Arabes à régler leurs propres différends hors de toute interférence étrangère. Il révèle, d’autre part, la complaisance malsaine des Arabes à l’égard des turpitudes anciennes de la Turquie, laquelle, pendant cinquante ans, en tant que partenaire stratégique d’Israël, a constitué la deuxième manche de la tenaille qui étranglait le Monde arabe et entravait sa libération et son développement. L’appartenance de la Turquie au sunnisme n’a pas constitué un obstacle dirimant à son alliance de revers avec Israël, un pays considéré par la majorité des sunnites comme l’«usurpateur de la Palestine».

La Turquie n’est pas si désintéressée que cela en cela en ce qu’au-delà des constructions théoriques, le choix atlantiste de la Turquie repose sur un pacte tacite conclu avec le camp occidental, fondé sur l’occultation de la responsabilité de la Turquie dans le génocide arménien en contrepartie de l’implication de ce pays de culture musulmane non seulement dans la défense du «Monde libre» face à l‘Union soviétique, mais aussi dans une alliance stratégique avec Israël contre le Monde arabe.
Son zèle vise à s’emparer du leadership sunnite régional du fait de la défaillance saoudienne et égyptienne afin de se poser en gardien du dogme de l’orthodoxie sunnite face aux hérétiques chiites iraniens comme en témoigne l’installation sur son sol du bouclier anti missiles dirigé principalement contre l’Iran, la Russie et la Syrie avec à l’arrière plan le vœu secret de régler la question kurde par l’aménagement d’une zone autonome en territoire syrien dans la zone de Jisr al Choughour. La géographie des minorités de Turquie sous tend sa géopolitique. Héritage de l’Empire Ottoman, la Turquie est un pays multi ethnique et multi religieux. Consubstantiels à son histoire, la problématique des minorités arméniennes et kurdes a longtemps conditionné les choix diplomatiques de la Turquie post Atatürk, quand bien même ils étaient masqués du halo de la modernité et de l’occidentalisation.

La promotion de la Turquie au rôle de pôle de référence diplomatique régionale vise à compenser en outre, aux yeux des Occidentaux, les déboires d’Ankara dans ses vaines tentatives d’intégrer l’Union européenne, de compenser l’humiliation de se voir signifier que l’édifice européen est exclusivement réservé aux blancs, dans la pire tradition de la ségrégation raciale «for white only». Il n’est pas indifférent de noter que les quatre pays arabes qui se sont abstenus de voter des sanctions contre la Syrie, -L’Algérie, l’Irak, Le Liban et le Yémen- sont des pays qui ont eu à pâtir d’une guerre civile et qu’ils sont donc avertis du prix des ingérences étrangères et du coût humain, économique et social pour leur pays.

Au-delà des fanfaronnades du nouveau Field Marshall du Monde arabe, l’Emir du Qatar, la balkanisation du Monde arabe est en œuvre dans le droit fil des schémas israéliens et américains. «La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front Est; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces Etats. La Syrie va se diviser en plusieurs états suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la côte deviendra un Etat alaouite chiite; la région d’Alep, un Etat sunnite; à Damas, un autre Etat sunnite hostile à son voisin du Nord : les Druzes constitueront leur propre Etat, qui s’étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Hourân et en Jordanie du Nord. Cet Etat garantira la paix et la sécurité dans la région» se proposait déjà comme objectif la stratégie israélienne depuis la décennie 1980 (5).

Gardons nous donc d’un emballement comparable à celui qui s’est manifesté, dans la décennie 1980, avec des militants enthousiastes s’engageant dans le Djihad, dans un combat pour la démocratie et la libération de l’Afghanistan du joug soviétique. Un combat mené, à six mille kms du champ de bataille de la Palestine, le champ de la véritable bataille, sans diriger le moindre pétard mouillé vers les territoires occupés.

Le partenariat que cherche à promouvoir les Etats-Unis avec les Frères Musulmans ne résulte pas d’un amour immodéré pour les Musulmans, mais vise à livrer une compensation au rabais des turpitudes antérieures à leur égard, notamment en ce qui concerne la question palestinienne; à assurer la pérennité de l’économie du marché dans les pays arabes, qu’ils jugent plus assurée par les régimes islamiques que par un système nationaliste contestataire avec son cortège de syndicats et de revendications professionnelles et patriotiques. La docilité de l’Arabie saoudite à l’égard des menées américaines s’explique ainsi pour une large part par la crainte d’une nouvelle partition du Royaume, une menace régulièrement brandie en catimini par Les Etats-Unis et théorisée par le lieutenant-colonel américain, Ralph Peters, dans la revue militaire américaine, AFJ (Armed Forces Journal), en juin 2006, préconisant la constitution d’un état islamique dans la province du Hedjaz, sur le périmètre qui englobe les Lieux saints de La Mecque et Médine, ainsi que le détachement de la province chiite du Hassa et son rattachement à l’état chiite d’Irak (6).

C- Purger le non dit

Aucun régime arabe ne bénéfice de la confiance populaire, pas plus le syrien Bachar Al-Assad que le saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz. Mais que l’opinion internationale, particulièrement française et arabe, se focalise exclusivement sur la Syrie paraît indécent, sauf à y purger un non dit permanent des relations inter arabes, à savoir: Bachar al Assad est Haram parce que alaouite, et le Roi d’Arabie, tout lui est Halal, parce que sunnite. Ceci pourrait expliquer sans toutefois la justifier la duplicité occidentale qui fait qu’une semaine de répression en Arabie saoudite, en octobre 2011, avec près de 80 morts, ne soulève pas la moindre protestation, de même qu’au Yémen et au Bahreïn.
La crainte se fait jour que ne survienne une troisième vague de colonisation du Monde arabe par les Occidentaux, avec le concours, cette fois, des supplétifs arabes: Sud soudan, Irak, Libye, blocus de Gaza… la liste est longue des coups de force occidentaux contre la souveraineté arabe et la sécurisation de son espace national. Le combat pour l’avènement de la démocratie dans le monde arabe incombe au premier chef, non aux gérontocrates repus, mais à l’ensemble de la communauté des citoyens démocratiques du Monde arabe dans un large front fédérant les diverses composantes de la société, ouvriers, artisans, agriculteurs, professions libérales, chrétiens et musulmans, du Machreq ou du Maghreb, laïcs ou religieux, jusque même les intellectuels enfin sortis de leur léthargie et de leur servilité……….tant il est vrai que de «Min Yafa Ila Beyrouth Cha’ bon Wahad Lan yamout». (De Yafa à Beyrouth un peuple unique ne saurait mourir).

Beaucoup d’observateurs de la guerre civile du Liban (1975-1990) gardent le souvenir vivace des campagnes psychologiques de désinformation et de diabolisation pour ne pas inciter à la prudence. La duplicité occidentale est un fait, le double standard de son langage aussi, de même que le jeu trouble de BHL, le chef de file de la stratégie médiatique israélo-américaine sur le théâtre européen.

L’Arabie, de notoriété publique, a de tout temps privilégié la survie de la dynastie wahhabite au détriment de la sécurisation de l’espace national arabe. Épargnons-nous donc les indignations vertueuses qui masquent souvent des protestations sélectives. Gardons nous d’une nouvelle méprise comparable, par ses dégâts, à l’exaltation qui s’est emparée de larges factions de la population arabe et musulmane, la décennie 1980, lors du «djihad» anti soviétique d’Afghanistan, avec les conséquences désastreuses sur le monde arabe et musulman, en ce que le principal bénéficiaire de cette opération, Les Etats-Unis, font barrage à l’admission de la Palestine à l’ONU, tandis que la victime, la Russie, s’applique à faire reconnaitre la légitimité internationale de l’Etat de Palestine.

Appliquons à la Palestine ce que l’on exige de la Syrie. Une zone tampon, des observateurs étrangers pour sécuriser la population civile, l’interdiction de recourir aux forces armées pour la répression des manifestations, un couloir humanitaire. La Ligue arabe retrouvera alors sa crédibilité et cessera alors d’être perçue comme le faux nez de la politique de reconquête impériale occidentale de l’ensemble arabe. La planète cessera alors de prendre les Arabes pour des imbéciles à qui l’on peut faire prendre les vessies pour des lanternes.

Il y a des potences qui tardent à être dressées. «Le malaise arabe» provient aussi de ses reniements.

Références

1- Le décompte des 18 coups d’état dans le monde arabe entre 1945-2000: Huit pour la seule Syrie: Hosni Zaim, Sami Hennaoui et Adib Chichakli en 1949, Faysal Al-Attassi, février 1954, Colonel Nahlaoui auteur du coup d’état qui a entraîné la rupture syro égyptienne le 28 septembre 1961, Ziad Harari 8 mars 1963 qui inaugure la série des coups d’état baasistes présentés comme des corrections de trajectoire avec Salah Jedid, 23 février 1966 et Hafez Al-Assad, 15 novembre 1970. En deuxième position dans l’ordre putschiste, l’Irak avec quatre coups de force notamment celui de Abdel Karim Kassem contre le trône hachémite (14 juillet 1958), lui même sera renversé par le général Aref en 1961 avant que son frère ne lui succède à la suite de son décès accidentel et que celui-ci ne soit évincé à son tour par les baasistes, le tandem Ahmad Hassan Al-Bakr-Saddam Hussein en 1968. L’Egypte avec Farouk, en 1952, L’Imam Badr au Yémen, en 1961, le Liban avec le coup d’état avorté de la Saint Sylvestre 1961 mené par le parti populaire syrien, le Roi Senoussi en Libye en 1969, le Sultan Qabous d’Oman qui a évincé son père en 1971, de même que le cheikh Zayed d’Abou Dhabi qui a évincé son frère le cheikh Chakhbout ainsi que la Tunisie avec le coup d‘état médical du général Ben Ali contre le président Bourguiba, en 1987, ainsi que l’Emir de Qatar qui a détrôné son père en juin 1995 ferment la liste des Etats putschistes.

2- La famille Assad- Le clan alaouite au pouvoir en Syrie est articulé autour de l’alliance scellée entre deux familles Al-Assad et Makhlouf, concrétisé par le mariage de Hafez Al-Assad et Anissa Makhlouf. Rami Makhlouf, cousin du président Bachar, est le fils du général Mohamad Makhlouf, pro consul de la région nord de Syrie du temps de la mandature de Hafez al Assad, qui choisit de soutenir le président, lors de la guerre fratricide qui opposa Hafez à son frère cadet Rifa’at, à l’époque chef des troupes spéciales «Saraya ad dif’a » responsable à ce titre de la répression du soulèvement de Hama, en 1982, qui fit plusieurs milliers de morts. Dénommé «Roi de Syrie» Rami Makhlouf est un richissime homme d’affaires. Il incarne, à ce titre, la corruption et le népotisme du régime.

Quant aux autres membres de la fratrie, L’ainé Bassel, destiné au départ à succéder à son père, a trouvé la mort dans un accident de voiture. Bouchra, l’unique fille de la famille, est l’épouse de Assef Chawkat, ancien chef des services de sécurité dont les Occidentaux réclamaient la tête en compensation de l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri. Assef Chawkat entretient des relations houleuses avec le frère cadet du président, le colonel Maher, le nouvel homme fort du régime, au point que le benjamin de la fratrie a blessé à l’estomac d’un coup de pistolet en 1999, en plein palais présidentiel. Réputée autoritaire, Bouchra passe pour nourrir une forte intimité à l’égard de l’épouse de Bachar, Asma, fille d’un médecin de la grande bourgeoisie syrienne, ancienne spécialiste des transactions boursières dans un établissement londonien, à la forte présence médiatique. Le frère cadet du fondateur de la dynastie, Rifa’at Al Assad, ancien vice président de la république, est entré en dissidence fin 1983. Il vit en exil en Espagne. Ses deux fils, Sumar et Ribal, organisent depuis Londres la campagne médiatique contre le régime via la chaine de télévision ANN TV, (Arab Network News). Deux autres cousins Mounzer et Fawwaz Al-Assad, fils de Jamil Al Assad, cousins germains du président, se comportent en chefs de milices dans les montagnes alaouites, berceau de la famille, à l’ouest du pays.

3- L’opposition syrienne: La fondation du Conseil National Syrien découlerait d’un accord entre Américains, Turcs et Frères musulmans. Son objectif st de fédérer les trois principales tendances de l’opposition: « nationalistes », « libéraux » et « islamistes ». Présidé par Bourhane Ghalioun, cet universitaire basé à Paris, auteur d’un ouvrage critique sur le monde arabe «Le malaise arabe» (Editions la découverte) est assisté dans ses fonctions par Mme Basma Kodmani, ancienne attachée de recherche à l’IFRI, Institut Français des Relations Internationales, le fortin atlantiste de la pensée stratégique de la diplomatie française, par ailleurs ancienne directrice pour le Moyen Orient de la Ford Foundation, dont elle a assumé les fonctions pendant cinq ans en Egypte avant de retourner à Paris présider l’initiative démocratique arabe, un institut de recherche opérant en collaboration avec des instituts européens et américains.

A-L’opposition interne:

Riad Seif (1946-): Ancien député, Alaouite, cet homme d’affaires syrien, réputé pour sa lutte contre la corruption, s’est signalé par sa dénonciation de l’attribution dans des conditions arbitraires d’une licence téléphonique au cousin du président Rami Makhlouf. Détenteur depuis 1993 de la franchise Adidas en Syrie, réputé pour son sens social, il a crée une garderie pour enfants pour ses employés, une cantine, des transports en commun entre l’entreprise et le domicile de ses employés. Son fils Lyad, 21ans, a péri dans des circonstances mystérieuses, le 2 août 1996, deux ans après cette dénonciation. Fondateur, en 2000, du «forum du dialogue national» (rassemblement d’intellectuels et de personnalités syriennes de la société civile, signataire de la «Déclaration de Damas pour le Changement National Démocratique Pacifique en Syrie», Il est arrêté pendant le «printemps de Damas». Le pouvoir avait alors signé une «autorisation spéciale» pour lever son immunité parlementaire et engager des poursuites. Il restera cinq ans en prison.

Riad al-Turk (1930-), un poids lourd de l’opposition interne. Surnommé le «Mandela syrien», ce symbole du communisme syrien a été emprisonné pendant 17 ans pour avoir dénoncé la répression contre les Frères Musulmans. Fondateur avec Jamal Al-Atassi, en 1979, du Rassemblement national démocratique, groupement de personnalités syriennes hostiles à la coalition au pouvoir autour du parti Baas. En 2005, il avait participé à la rédaction de la Déclaration de Damas du 16 octobre, réclamant un «changement démocratique et radical» du pouvoir de façon «pacifique et graduelle».

Haytham al-Maleh (1931-) Cet avocat islamiste modéré est un symbole des droits de l’homme en Syrie. De tendance conservatrice sociale et islamiste, ce sunnite a été arrêté et emprisonné de 1980 à 1986 car il plaidait en faveur de réformes constitutionnelles. Emprisonné plusieurs fois, interdit de voyager, il a créé, en 2002, une association de défense des droits de l’homme en Syrie. Il a été remis en liberté le 8 mars 2011 à la suite de l’amnistie pour les plus de 70ans, décidée par Bachar el-Assad.

B-L’opposition externe
Sur la problématique des «Frères musulmans à l’épreuve de la révolution» cf. à ce propos la série
Egypte: Les Frères musulmans à l’épreuve de la révolution de René Naba

1ère partie: L’Arabie saoudite, le foyer de la contre-révolution arabe
http://www.renenaba.com/egypteles-freres-musulmans-egyptiens-a-l%E2%80%99epreuve-de-la-revolution/

2eme partie: Le rôle mobilisateur de Saïd Ramadan
http://www.renenaba.com/egypteles-freres-musulmans-egyptiens-a-l%E2%80%99epreuve-de-la-revolution-2/

3eme partie: Les Frères Musulmans aux portes du pouvoir
http://www.renenaba.com/egypteles-freres-musulmans-egyptiens-a-l%E2%80%99epreuve-de-la-revolution-3/

Abdel Halim Khaddam (1932-), Sunnite ministre des Affaires étrangères, puis vice président de la République sous Hafez Al-Assad, il sera l’un des plus fermes opposants à la politique d’ouverture prônée par Bachar à la succession de son père, dont il redoutait les conséquences comparables à la perestroïka soviétique. Logeant dans l’ancienne résidence de l’armateur grec Aristote Onassis, gracieusement mise à sa disposition par la famille Hariri, à Paris, il a fait alliance avec les Frères Musulmans syriens, la bête noire du régime et mène, depuis Paris, une opposition syrienne en exil, après avoir été le proconsul syrien au Liban dont il assurera la ponction de son économie en partenariat avec Rafic Hariri, l’ancien premier ministre libanais assassiné. Fondateur en 2006 du Front de Salut national (FSN), il est condamné par contumace en 2008 par un tribunal militaire syrien pour avoir notamment «organisé un complot en vue de renverser le pouvoir politique».

4-Selon le Canard enchaîné, dans son édition du 23 novembre, 2011 des officiers de la DGSE, le service de contre-espionnage français, ont été envoyés au nord du Liban et en Turquie avec pour mission d’instruire et de structurer les « contingents » de l’ »Armée syrienne libre », censée regrouper des « milliers » de « déserteurs » syriens. Et dont le chef nominal, le colonel Ryad al-Asaad, se trouve précisément réfugié en Turquie depuis deux mois. L’activisme français a donné lieu à une réplique de la Russie qui a dépêché trois bâtiments de sa flotte au large du port syrien de Tartous pour une mission de collecte de renseignements et de neutraliser les manœuvres de la France contre un pays anciennement sous son mandat, qui a constamment tenu la dragée haute en soixante ans d’indépendance.

5 -Stratégie pour Israël dans les années 1980. Document publiée article par la Revue d’Etude Palestiniennes au printemps 1982, à trois mois avant l’invasion israélienne du Liban. Pour l’intégralité de ce document sous ce lien ((http://www.renenaba.com/revue-d%E2%80%99etude-palestiniennes-n%C2%B0-14-fevrier-1982; Ce document fourni par Israël Shahak, ancien président de la Ligue israélienne des Droits de l’Homme, est également paru dans Kivunim (Orientations), n° 14, février 1982 (Revue publiée par le Département de l’Organisation Sioniste mondiale, Jérusalem). Dans sa préface, Israël Shahak avait attiré l’attention des lecteurs sur la proximité entre cette «stratégie pour Israël» et la pensée néoconservatrice américaine, la même qui présidera à la politique étrangère des Etats-Unis depuis l’accession de George W. Bush au pouvoir. L’éclatement de l’Irak, les tensions communautaires dans la plupart des pays arabes, l’annexion aussi de Jérusalem et d’une bonne partie de la Cisjordanie dotent l’article d’Oded Yinon, vingt-cinq ans après sa publication, d’une funeste actualité.

6- Le Pentagone redessine le monde: L’article de ce militaire américain, intitulé «Frontières ethniques, que faire pour améliorer le Moyen-Orient», part du principe qu’il faut lever le tabou de la sacro-sainte frontière inamovible. Pour l’auteur, les nouvelles frontières doivent se modeler en fonction du critère ethnique et confessionnel. Même s’il n’est pas possible de tracer des frontières respectant la totalité des particularismes en tout genre nombreux et numériquement très variables, il faut pour Ralph Peters se rapprocher au maximum de ce concept. Comme il le souligne: «Nous parlons de difformités énormes faites par les hommes qui n’arrêteront pas de générer la haine et la violence tant qu’elles n’auront pas été corrigées.» Dans son esprit, il s’agit de remettre radicalement en cause les frontières nées des Accords Sykes-Picot de 1916 préparant le démantèlement de l’Empire ottoman.

En observant l’ensemble de cette zone en partant de la péninsule Arabique, on constate immédiatement le démantèlement du royaume d’Arabie saoudite. Les propos de l’auteur sont très clairs à l’égard d’un pays qui a bénéficié de la protection américaine suite aux discussions entre le président Roosevelt et le roi Ibn Saoud, le 14 février 1945, à bord du croiseur USS Quincy. Désormais, le royaume d’Arabie saoudite passe à la trappe. Deux grandes entités territoriales échappent à l’autorité de Riyad.

Sur la côte Ouest, il s’agit de créer un « Etat sacré islamique ». Comme le précise Ralph Peters dans des propos lourds de conséquences: «La cause principale de la large stagnation du monde musulman réside dans le traitement réservé à la Mecque et à Médine considérés comme leur fief par la famille royale saoudienne. Les lieux saints de l’Islam soumis au contrôle de la police d’Etat de la part d’un des plus bigots et oppressifs régimes au monde ont permis aux Saoud (ndlr: la famille régnante d’Arabie saoudite) de projeter leur croyance wahhabite à la fois intolérante et disciplinée au-delà de leurs frontières. [...] Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un Etat sacré islamique — une sorte de super Vatican musulman — où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé». Ce point est capital puisqu’il révèle la volonté de réformer l’Islam afin de l’adapter aux principes occidentaux. Une sorte «d’Islam des Lumières» élaboré au cœur de cet Etat sacré islamique permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste. Il est vrai que contrôler les esprits a toujours permis de contrôler les hommes.

C’est d’ailleurs dans le même ordre d’idée que l’on retrouve ces mesures préconisées par la fondation Bertelsmann, think tank allemand qui, dans ses travaux débattus dans le cadre des «discussions de Kronberg» en 2002 et 2003 (Europe, the mediterranean and the Middle East, strengthening responsibility for stability and development et Die Zukunft der europäischen Politik im Nahen Osten nach dem Irak Krieg), relève l’inadéquation de l’Islam à l’évolution du monde moderne et prône une refonte des mentalités et la remise en cause des frontières. Ces recommandations allemandes soulignent aussi la convergence des buts à atteindre de part et d’autre de l’Atlantique pour refondre entièrement le Moyen-Orient. Il est vrai aussi que les concepts ethno-confessionnels développés par Ralph Peters cadrent parfaitement avec la vision ethniciste germanique. Sur la côte du golfe Persique, c’est la province de Hassa dont la population est majoritairement chiite qui est détachée de l’Arabie saoudite et intégrée à un «Etat chiite arabe», vestige d’un Irak littéralement explosé.

L’application de cette mesure entraînerait la mort économique du royaume car c’est à cet endroit que se concentre l’essentiel de l’extraction des hydrocarbures autour de la triade Dammam-Dharhan-Al-Khobar. L’Etat chiite arabe verrait ses réserves pétrolières et gazières monter en flèche et deviendrait incontournable car, outre les vastes ressources de Hassa et de la production off-shore, il faudrait ajouter celles de la région de Bassora (ex-Irak) et des provinces arabes iraniennes, détachées de Téhéran, riches en hydrocarbures jouxtant le Chatt el-Arab (Arabes chiites du Khouzistan et Arabes sunnites du Bouchir). De plus, Riyad perdrait ses provinces du Sud (Jizrane, Najran et l’Assir) au profit du Yémen, territoires acquis en 1934 lors du Traité de Taëf, et qui ont conservé leur identité yéménite. Enfin, la curée sera complète avec l’octroi d’une façade maritime à la Jordanie.

Armed Forces Journal (AFJ) est une revue affiliée à un véritable empire de la presse militaire américaine. Fondé en 1863, ce mensuel s’adresse aux officiers des Etats-Unis traitant de sujets aussi variés comme: la technologie militaire, la logistique, la stratégie, la doctrine ou encore la tactique. AFJ est coiffé par une maison mère, Army Times Publishing Company, dont les publications s’articulent autour de trois axes: 1) The Military Times Media Group qui publie : Army Times, Navy Times, Air Force Times et Marine Corps Times, 2) The Defense News Media Group, groupe mondial des revues de défense et qui publie : Defense News, Armed Forces Journal (AFJ), Training & Simulation Journal et C4ISR Journal (renseignement, surveillance et reconnaissance); Enfin 3 The Federal Times, hebdomadaire d’informations traitant des nouvelles technologies et des sujets financiers. Depuis le 1er août 1997, Army Times Publishing Company est une filiale d’un groupe encore plus puissant, la société Gannett. Fondé en 1906 par Frank Gannett, cet empire de presse et des médias publie aux Etats-Unis près de 90 quotidiens dont les plus connus sont USA Today et USA Weekend et contrôle 22 stations de télévision. Ses activités débordent aussi au Royaume-Uni puisque 17 quotidiens sont sous son influence. L’ensemble génère des revenus financiers colossaux estimés à 7,6 milliards de dollars pour 2005.

Pierre HILLARD http://www.armedforcesjournal.com/2  Publication originale : Balkans Infos, n°113, septembre 2006.

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René Naba : Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information, est l’auteur notamment des ouvrages suivants : —« Liban: chroniques d’un pays en sursis » (Éditions du Cygne); « Aux origines de la tragédie arabe"- Editions Bachari 2006.;  "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002. « Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000); « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998); "De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde", Editions l'Harmattan Mai 2009.

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28003

 


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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:05

Les États faillis d’Europe et d’Amérique nous offriront-ils une "Guerre de Noël" ?

Les États faillis d’Europe et d’Amérique nous offriront-ils une « Guerre de Noël »

 

La faillite occidentale à l’heure de l’Orient convulsionnaire


D’un côté, un monde arabe secoué de spasmes tectoniques avec deux épicentres actuels, l’Égypte et la Syrie, de l’autre, les deux pôles de la puissance occidentale, États-Unis et Union européenne, cheminant cahin-caha au bord de l’abîme ! Reste à savoir si la conjonction de ces deux menaces ou la rencontre de ces deux dynamiques entropiques aboutiront ou non à une « Guerre de Noël » ? Cadeau vénéneux que des élites faillies pourraient bien apporter aux peuples sidérés pour se dédouaner de leurs échecs et « suspendre » la démocratie ! Cela afin d’être libres d’appliquer les plans quasi totalitaires qu’ils nous ont concoctés : austérité, contrôle social et projections des forces vives dans le brasier de guerres sans fin… Conflits ultimes servant à justifier un ordre social fondé sur l’idolâtrie de la marchandise, soit un Nouvel Ordre innommable aux mains d’oligarchies d’argent, ennemies résolues du genre humain.
Ce dimanche 24 novembre au Caire, après six jours d’émeute et 41 morts sur la Place des Martyrs, alors que la junte militaire tenant les rêne du pouvoir depuis le 11 février semble lâcher du lest, alors que commence le long accouchement, étalé sur quatre mois, des élections législatives, la « crise » égyptienne paraît plus que jamais sans issue et même, passablement inquiétante. Car la rue égyptienne se trouve maintenant divisée entre manifestants exigeant un « changement radical » et contre-manifestants réclamant le retour au calme et à l’ordre pour relancer une économie plongée dans un coma profond depuis un an. Ceux qui hier encore étaient unis pour chasser Moubarak se retrouvent donc aujourd’hui presque au bord de l’affrontement. Une seule certitude : comme en Tunisie et au Maroc, les Frères musulmans devraient sortir grands vainqueurs du processus électoral.
Ce même jour, le Premier ministre qatari, Hamad al-Thani, annonçait au Caire, en clôture d’un Conseil extraordinaire des ministres de la Ligue arabe, l’adoption contre la Syrie d’un train de sanctions économiques, ceci afin de contraindre le régime à cesser toute répression des mouvements subversifs œuvrant au renversement du régime baasiste… gel des comptes bancaires du gouvernement syrien dans les pays arabes, suspension des liaisons aériennes… Peu de chose apparemment, mais une « première » révélatrice de l’alignement des gouvernements arabes sur les desiderata occidentaux. Sur les 21 membres de la Ligue arabe – exception faite de la Syrie suspendue depuis la mi-novembre - 19 ont approuvé sanctions, l’Irak et le Liban s’en étant « dissociés » aux dires de cheikh Hamad ! Pendant ce temps, l’ineffable M. Juppé, après avoir reconnu les rebelles du « Conseil national syrien [comme] l’interlocuteur légitime », déclarait qui allait proposer à l’Union européenne, et au nom de la France qui n’en peut mais, l’instauration en Syrie des « zones sécurisées pour protéger les populations civiles ». Chacun pourra constater ici, qu’à quelques nuances près, le scénario qui s’écrit ces jours-ci, ressemble come deux gouttes d’eau à celui déjà appliqué à la Jamahiriya Libyenne : reconnaissance de la dissidence comme interlocuteur étatique et amorce d’un grignotage du territoire d’un État souverain sous prétexte d’action humanitaire… Arrêtons-nous un instant sur ces deux crises disjointes mais qui se développent en parallèle…


Égypte : révolution confisquée, système verrouillé, les Frères musulmans bientôt aux commandes… avec l’aval des É-U


Les Frères Musulmans, qui attendent ce moment depuis trente longues années, sont a priori les favoris des législatives qui démarrent ce lundi 28 novembre (1). Ils leur faudra cependant compter avec la jeunesse désœuvrée qui campe place Tahrir, bien décidée qu’elle est à faire bouger les lignes et à dépasser les collusions et les clivages actuels : il s’agira en conséquence pour les Frères de se démarquer nettement du Conseil suprême des forces armées qui assure actuellement la transition, mais aussi plus discrètement la continuité entre l’Égypte de Moubarak et celle d’une révolution en passe d’être confisquée… et c’est justement ce que refusent les foules en colères : se faire voler leur révolution.
Masses dont la mémoire politique est assez vive – aiguisée par les restrictions de liberté mentale qui leur ont été imposées depuis un demi siècle – pour savoir que chasser Moubarak, comme les Algériens le firent de Chadli en janvier 1992, et lui substituer un parti majoritaire en lieu et place d’un parti unique, n’a rien à voir avec une démocratie véritable. En un mot les foules attentives ont compris qu’un pouvoir semblable au précédent mais habillé de neuf était en train de s’installer silencieusement à leur corps défendant. Une conscience et une détermination impressionnante pour une plèbe en principe analphabètes, sans guide et sans idéologie autre que la volonté d’exprimer librement haut et fort leur espérance de pouvoir vivre à présent dans la dignité. Ce pourquoi elles rejettent ce qui pourrait succéder à la junte militaire : « le président sans pouvoir d’un État fantoche, des ministres impuissants et un parlement sans poids ». Au final, les Frères et leurs épigones - tel le Mouvement de la Jeunesse du 6 avril, le même qui appelle actuellement les Égyptiens à la mobilisation - seront à n’en pas douter ceux qui incarneront le mieux - d’ailleurs avec ou sans le soutien des É-U car rien n’est clair en ces temps troublés ! - le retour vital à l’ordre… et aux touristes que tous attendent avant les hypothétiques présidentielles d’avril 2012.
Inutile au demeurant de se demander pourquoi aucun des objectifs de la révolution - pourtant fort clairs : changements radicaux de la structure du système soit une rupture totale avec le régime précédent – n’a été atteint jusqu’ici excepté l’élimination de symboles trop voyants et la dissolution du Parti national démocratique, quand on sait ce qu’est vraiment la machine militaire qui a pris le relai.
En tout état de cause, le maréchal Mohamed Tantaoui, ministre de la Défense et président du Conseil suprême des forces armées est de facto le chef d’État avec Omar Souleimane pour vice-président… or les deux hommes, s’ils n’ont pas été directement désignés par les États-Unis, ont-ils été du moins explicitement agréés par Washington (2). En ce qui concerne le premier, celui-ci a noué des liens étroits avec le Pentagone lorsqu’accédant en 1991 au portefeuille de la Défense et commandant en chef des forces armées égyptiennes, il participe à la première Guerre du Golfe aux côtés de la Coalition anglo-américaine [Cf.Wikipedia]. Plusieurs câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks, le décrivent en 2008 comme « charmant et courtois… âgé [il est né le 31 octobre 1935] et particulièrement insensible au changement ». Enfin pour clore provisoirement le chapitre, sachons que les États-Unis contribuent à hauteur d’1,5 md de $ annuel au budget égyptien dont la majeure partie engraisse l’armée. La cause est entendue, et le système largement verrouillé. Quelque soit le cas de figure, il semble bien que les É-U continueront à tirer les ficelles… le cas échéant par Frères interposés sauf deus ex machina, autrement dit à ce que la révolution égyptienne ait vraiment lieu à l’issue d’un soulèvement général. Ce qui semble peu probable. Reste une troisième possibilité au regard des frustrations restées à vif, celle d’un chaos durable et d’une instabilité explosive chronique dont le voisin immédiat n’aurait guère à se plaindre puisque tout l’art de ses dirigeants consiste à régner sur la Région ordo ab chao (3). D’où le pandémonium syrien pour lequel les politiques français semblent n’avoir qu’une hâte, celle d’y foncer tête baissée… 

 

Syrie, guerre indirecte : les Pieds Nickelés anglo-franco-allemands sont à la manœuvre, les derniers jours de Bachar El-Assad ?


Tandis que M. Cameron, Premier ministre britannique annonce benoîtement la « guerre civile » en Syrie, en France le Canard enchaîné « révèle » que Paris, Londres et Ankara plancheraient activement sur la préparation d’une offensive… limitée il est vrai [23 nov. 2011].
Pour sa part, M. Juppé, qui prétend représenter les intérêts français hors frontières, durci sa chaque jour davantage sa position à l’égard du pouvoir alaouite d’Assad, déclarant avec un bel aplomb [France Info 28/11] que « ses jours sont désormais comptés »… Vous m’en direz tant ! Or si ce n’est pas une déclaration de guerre, cela y ressemble bigrement. M. Juppé estime en outre que les sanctions économiques adoptées par la Ligue arabe contre le régime syrien vont l’isoler toujours plus, et à partir de là, réaffirme la nécessité d’établir des « corridors humanitaires… seule façon d’alléger à court terme le martyr des populations » (4). Des propos abondamment repris et amplifiés par la caisse de résonnance journalistique sans que quiconque ne songe à s’esclaffer devant tant de Tartuferie ! Comme si Juppé se préoccupait du sort des populations ? Sauf à ce que, schizophrène, il ait fini par croire à sa propre logomachie… en dépit des démentis apportés à ses projets d’ingérence armée par la Cheftaine des opération militaires des Nations unies, Valérie Amos, estimant quant à elle, que « les besoins humanitaires identifiés en Syrie ne justifient par la mise en place de tels mécanismes ».
D’ailleurs, au moment même où s’écrivent ces lignes, le 28 nov. 2011, des dizaines de milliers de personnes ne sont-elles pas rassemblées à Damas sur la place Sabaa Bahrat, au cœur de la ville, pour conspuer et dénoncer les sanctions imposées la veille par la Ligue arabe en brandissant drapeaux géants et portraits du président Assad, tandis que dans le nord du pays, à Alep et Hassaké, d’autres manifestants défilaient en rangs serrés ? Quand cessera-t-on de mentir en nous faisant croire à une révolte populaire en Syrie alors qu’il s’agit de la dissidence de groupes factieux entrainés, monnayés, équipés de l’extérieur ?
Reste que rien de l’actuelle offensive diplomatique, médiatique - et souterrainement militaire – dirigée contre Damas n’aurait pu avoir existé sans le spectaculaire retournement de la Turquie passé du camp anti-impérialiste et ami de la Syrie, à celui de supplétif de l’empire financier anglo-américain et de leurs tributaires franco-allemands.
Pendant ce temps-là, le Département d’État imperturbable – comme le sont tous les « rouleaux compresseurs » remplissant scrupuleusement un cahier des charges et suivant pas à pas un agenda - enjoint à ses ressortissants de quitter immédiatement le territoire syrien tout en faisant courir la rumeur que le porte-avion George H.W. Bush et sa flotte de combat, aurait quitté le Golfe arabo-persique pour gagner les eaux de la Méditerranée orientale. Laissant entendre ou suggérant que les États arabes et la Turquie se seraient tombés d’accord pour imposer une zone d’exclusion aérienne auquel la Marine américaine apporterait un soutien logistique… En clair, si l’on se réfère au précédent libyen, une « no fly zone » n’est qu’un violent euphémisme désignant une formidable campagne de bombardements de cibles diverses et variées… Ce que réclame à point nommé « sur certaines cibles stratégiques »,le colonel Riad Al-Assaad, chef de la prétendue Armée syrienne libre - basée en Turquie d’où partent les opérations de guerre subversive conduites sur le sol syrien (5) - et très impatient de voir matraquée depuis les airs sa terre natale… Au demeurant – réponse du berger à la bergère - la Russie prévoit d’envoyer en 2012 une flotte de guerre en Syrie (6) alors même qu’un regain de tension se manifeste entre Moscou et les Atlantistes, non seulement à propos de la crise syrienne mais aussi en raison du déploiement programmé d’un bouclier anti-missiles américain en Europe orientale et en mer Baltique. Une concomitance entre deux dossiers sensibles qui ne doit certainement rien au hasard en ce qu’il est singulièrement illustratif de la dégradation des relations Est/Ouest (7). C’est de ce contexte qu’il convient à présent d’appréhender le revirement d’une Turquie prête encore hier à former un triangle du refus avec Damas et Téhéran ?
 

Le stupéfiant retournement de la Turquie


Stupéfiant au premier abord, pas si l’on regarde les choses au fond. Le 17 mai 2010, les ministres des Affaires étrangères iranien, brésilien et turc signaient à Téhéran un accord sur un projet d’échange de combustible nucléaire à l’issue d’un sommet tripartite en présence des présidents Ahmadinejad, Lula da Silva et du Premier ministre turc Erdogan… ceci à la grande colère de Mme Clinton dont la politique de sanction à l’égard de l’Iran était ainsi battue en brèche. Un épisode qui faisait suite au coup d’éclat d’Erdogan le 29 janvier précédent à Davos où il infligea un spectaculaire camouflet au président israélien Pérès en rompant brutalement un échange relatif à la situation de la Bande Gaza après Plomb durci ? Plus récemment l’on se souvient du rappel réciproque des ambassadeurs, l’État hébreu ayant refusé de présenter des excuses pour l’assaut du navire humanitaire turc Mavi Marmara – cherchant à forcer le blocus de Gaza - dans lequel 9 militants avaient trouvé la mort sous les balles des commandos israéliens.
Nous sommes en outre bien loin de cette photographie historique où se trouvaient réunis à Istanbul, lors du Sommet du Comité Permanent pour la Coopération Économique et Commerciale le 9 nov. 2009, les présidents Abdallah Gull, Bachar el Assad et Mahmoud Ahmadinejad… Que s’est-il donc passé ? Comment expliquer le retour dans d’Ankara dans le giron occidentaliste, alors que tous croyaient la Turquie - au moins depuis 2003 et son refus de prêter main-forte aux anglo-américains dans leur assaut contre l’Irak baasiste - dans le camp de ces nouveaux Non-Alignés que sont les grandes puissances émergentes ? Et que l’on était en droit de s’attendre, dans la crise syrienne, à un rôle de médiateur et de bons offices de la part du gouvernement turc, alors que c’est l’exact contraire qui s’est produit ! 

 

Éléments d’explication


Au lendemain du rapprochement turco-syrien et turco-iranien, les potentats du Golfe se sont attelés à détourner le tandem Gull/Erdogan de leurs tropismes syro-iraniens, obéissant en cela à leurs peurs de voir se constituer un pôle régional dominé par les Chiites exécrés… satisfaisant en cela à toutes les attentes de Washington.
Résultat, le Qatar, base arrière avancée de l’influence américaine dans la Péninsule, s’est empressé d’annoncer son intention de construire en Turquie un complexe gazier de liquéfaction destiné aux exportation vers l’UE. Ajoutons au nombre des carottes, que les Turcs fort marris de porter à leur flanc sud la tumeur du PKK expression de l’irrédentisme kurde, convoitait la possession de drones tueurs, maîtres incontestés des champs de bataille asymétriques dans les conflits de basse intensité.
Dans un premier temps, Tel-Aviv en a vendu à Ankara, mais les machines de mort ont été réexpédiées à l’envoyeur parce que défectueuses… D’ailleurs l’une des raisons sous-jacentes de la dégradation de relations entre les deux capitales ! Puis la Turquie a tenté de s’équiper auprès de la France et de l’Italie. En vain, les Israéliens ayant mis des bâtons dans les roues et fait capoter les accords. Au bout du compte, une demande à Washington - également bloquée un certain temps par Congrès sous la pression du lobby israélien - finit par aboutir. Des Predators sont désormais prépositionnés sur la base aérienne d’Incirlik, ce qui suppose, à l’évidence… un échange de bons procédés !
S’ajoute à cela les relations historiques existant entre le parti au pouvoir en Turquie, « Développement et Justice », islamiste réputé modéré, et les Frères musulmans, principale force de l’opposition syrienne en exil. Mais in fine aucun des éléments évoquée ne suffit à lui seul, ou tous ensembles, à expliquer l’actuel acharnement de la Turquie contre le régime syrien. En fait, il aura fallu aux fins stratèges du Département d’État de trouver la façon de canaliser les velléités d’expansion régionale d’Ankara. Car il est impossible d’ignorer les ambitions pantouraniennes et néo-ottomanes qui travaillent depuis des lustres l’inconscient collectif des élites turques, kémalistes ou religieuses, où elles étaient en sommeil. Et d’abord parce qu’elles sont une donnée structurelle de la Turquie de toujours dont les représentants d’aujourd’hui sont génétiquement héritiers du mouvement des Jeunes Turcs… ceux-là mêmes qui abolirent le Khalifat, pour mieux – puisqu’ainsi fonctionne le balancier de l’histoire – œuvrer présentement à sa reconstitution sur le pourtour méditerranéen à l’occasion de ces « Printemps arabes » et du Projet d’Union euroméditerranéenne du président sarkozy… La boucle est bouclée.
Il fallait donc en plus de la « gazinière », des drones de combat, donner un os à ronger aux puissants appétits d’Ankara… auxquels Washington à su faire miroiter l’éventualité proche d’un leadership turc sur la Communauté des croyants ! Un Khalifat modernisé sous la forme de démocraties islamiques, pluralistes et… libérales autant que faire se peut, la Charia devant s’adapter elle-aussi au monde moderne. Ainsi Washington ayant échoué « à donner » l’Europe à la Turquie - et pas seulement l’y faire entrer – est parvenu à désamorce les tensions, réelles ou simulées, qui ont opposé Ankara et Tel-Aviv… en jetant la Syrie en pâture à la Turquie, c’est-à-dire en semblant souscrire aux ambitions régionales de l’AKP, Washington a réintégré le Turc - un moment tenté par le néo Tiers-mondisme des Émergents - dans sa propre stratégie d’unification du Marché régional, sur les décombres des nations arabes morcelées en entités confessionnelles et/ou ethniques, mais en passe de se trouver rassemblées au sein d’une aire islamique homogène dans la diversité.
En un mot comme en cent la crise syrienne scelle le retour de la Turquie dans l’orbite américaine. Ce qui marque, pour l’heure, une victoire de la diplomatie de l’Administration Obama, mais constitue un danger immédiat pour nous Européens qui devront, une fois de plus, payer le prix de la guerre. L’ancien ambassadeur d’Israël à Washington, Itamar Rabinovitch, dans les colonnes de l’International Herald Tribune [19 nov. 2011] a eu l’amabilité de nous expliquer qu’avant l’arrivée au pouvoir en 1970 des Alaouites « la République syrienne était un État faible et instable, une arène pour les rivalités régionales et internationales ». Or pour le docte analyste, ces derniers mois signifient précisément un retour à la « situation ante quo, c’est-à-dire prévalant avant 1970 ». Une Syrie faible, en proie au chaos voilà donc ce qui sied à M. Rabinovitch « profondément préoccupé par la menace iranienne, Israël pense qu’enlever la brique syrienne du mur iranien pourrait déboucher sur une nouvelle phase de la politique régionale ». Serait-ce là l’ultima ratio des événements vu de l’autre côté des collines du Golan ? N’en doutons pas. Nous savions déjà que de la révolte contre Damas et des manœuvres qui lui sont connexes, ne visent pas seulement la Syrie, mais aussi la Palestine, le Liban et l’Iran... Cette fois-ci seulement, c’est « eux » qui le disent !  

 

Notes :


1- Le vote du lundi 28 qui intervient après une semaine d’affrontements place Tahrir qui ont fait 42 morts et 3 000 blessés, ne concerne qu’un tiers des gouvernorats soit 17,5 millions sur quelque 40 millions d’électeurs, notamment au Caire, Alexandrie et Louxor en Haute Égypte. Les Frères musulmans qui disposent d’une véritable organisation escomptent 30% des suffrages. Les résultats définitifs ne seront pas connus avant mi-janvier 2012.
2 - Les deux hommes sont ceux qui ont couvert les programmes dit de « restitution extraordinaire » de la CIA quant à l’hébergement et au « traitement » de certains prisonniers du champ de bataille afghan et irakien, soumis à des interrogatoires « non conventionnels » ne pouvant être conduits sur les bases ou le territoire américains. Cf. Parlement canadien : http://www.parl.gc.ca/Content/LOP/r....
3 - Il ne sort malheureusement pas que du bon pour les semeurs de zizanie de la Boîte de Pandore qu’ils ont ouverte : encore ce 28 nov. au matin des « saboteurs » ont fait sauter dans le Sinaï pour la 9e reprise un gazoduc alimentant Israël à l’heure où les bureaux de votes commençaient à ouvrir… un avertissement représentatif de la poudrière que devient à vitesse grand V l’Égypte du Siècle des tempêtes. L’Égypte fournit 43% du gaz naturel consommé en Israël à partir duquel 40% de sa consommation électrique est produite. Le gaz égyptien couvre également 80% des besoins jordaniens pour sa propre production d’électricité, soit 6,8 millions de mètres cubes de gaz quotidiens.
4 - L’éternel prétexte humanitaire dont les corridors sont un fleuron, brandi par tous ces gens qui entendent nous faire croire en leurs impérieux sentiments « moraux ». Mais lors que l’armées américaines massacrait en Afghanistan, dans le mépris plus absolu des lois et coutumes de guerre, des prisonniers (l’écrasement sous les bombes de la prison forteresse de Kalat i Jambi ou ce fameux convoi de prisonniers du champ de bataille qui n’achemina à Bagram en décembre 2001 que des cadavres mitraillés), ou lorsqu’en février 1991, elle enterrait vivants les fantassins de Saddam dans leurs tranchées à la frontière koweitienne, sonnés qu’ils étaient par deux semaines de bombardement, ou encore quand l’aviation coalisée carbonisait des colonnes de fuyards sur « l’autoroute de la mort » à coup de bombes à dépression, ou bien quand le généralissime Schwarzkopf engageait sereinement une « bataille d’annihilation » - qu’il ne conduisit pas à son terme - c’est-à-dire de destruction totale des personnels ennemis, en l’occurrence les 500 000 soldats irakiens déployés face à la coalition occidentale… sans oublier les engins au phosphore lancées sur les civils gazaouis en 2009 à l’occasion de l’Opération Plomb durci et de ses 13 000 morts… lesquelles n’émurent pas grand monde dans la classe médiatique. Aucune des grandes gueules qui posent aujourd’hui à l’autorité morale ne l’ouvrait alors. Or c’est l’héritage de siècles et de la civilisation qui se trouve bafoué, refoulé et nié dans et par une telle attitude !
5 - La solidarité sunnite se trouve également à l’œuvre au nord du Liban. Les camps palestiniens près de Saïda regroupent de nombreux salafistes entraînés, ceux-là qui en 2008 donnèrent du fil à retordre à l’armée libanaise. De source locale fiable, environ 17 000 - chiffre considérable - de ces combattants, aguerris sur différents théâtres d’opérations, seraient déjà « opérationnels » en Syrie.
6 - Selon les Izvestia, le porte-avion russe, Amiral Kouznetsov, vient en effet de quitter la Mer de Barents avec son escadre à destination de la base navale russe dans la rade syrienne de Tartous qui devrait atteindre en janvier 2012n officiellement pour une simple escale prévue depuis 2010. L’analyste dissident T. Meyssan signale depuis Damas que la Russie aurait également envoyé deux croiseurs à Tartous où du matériel de guerre serait dès à présent débarqué « à flux tendu comme à l’époque d’Andropov ». – Voir aussi Russia warships to enter Syria waters in bid to stem foreign intervention. Haaretz – 18 nov. 2011. Il aura fallu attendre le 28 nov. Pour que l’AFP diffuse cette information.
7 – 23 nov. 2011. AP. Le président Dimitri Medvedev a déclaré mercredi que la Russie déploierait ses missiles vers les sites américains anti-missile en Europe si Washington continuait à ignorer les demandes de Moscou relatives à ce « bouclier ». De son côté la Maison Blanche a fait savoir que les États-Unis ne limiteront pas ou ne changeront pas leurs projets dans ce domaine en dépit des nouvelles menaces de la Russie.

http://www.geopolintel.fr

 

http://www.alterinfo.net/Les-Etats-faillis-d-Europe-et-d-Amerique-nous-offriront-ils-une-Guerre-de-Noel_a67525.html

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:03

http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-les-guerres-en-preparation-iran-syrie-pakistan-chine-russie-mondiale-86616675.html

  aap1.jpg


Iran et 3ème guerre mondiale en préparation: Moscou et Pékin avertissent de concert les puissances occidentales: “pas touche à l’Iran” !…

le décembre 2, 2011 par Résistance 71


Puisqu’il y a un blocus total sur certains aspects de l’information. Nous estimons qu’il est normal d’essayer de rétablir un semblant d’équilibre dans la diffusion de l’information. On nous sert la soupe propagandiste impérialiste otanesque (et clownesque) matin, midi et soir contre l’Iran et la Syrie…

 

Voici ce qui se dit de l’autre côté.


Dans un silence assourdissant en Occident décadent, la Russie et la Chine sermonnent les puissances impérialistes dans la pure tradition d’une nouvelle guerre froide qui se profile.

 

Ces deux puissances ont maintenant tracé une ligne bien visible dans le sable concernant la Syrie et l’Iran. La Chine a terminé des manœuvres militaires avec l’armée pakistanaise. Le Pakistan a fermé la route de ravitaillement de l’OTAN en Afghanistan passant par ses frontières. La Russie menace de faire de même de son côté si l’affaire du “bouclier antimissiles” de l’OTAN (donc de l’Amérique) n’est pas révisé.


Le temps se couvre pour l’empire. Il est minuit moins cinq à l’horloge du 3ème conflit mondial… Gageons que les habituels va t’en guerre vont mettre quelques bémols. Déjà l’empire a mis une sourdine dans la réthorique usuelle. Déjà les vacances ?

– Résistance 71 –

Press TV

Le 1er Décembre 2011,

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/213296.html

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~


Les gouvernements chinois et russe ont appelé les pays occidentaux à montrer une retenue en ce qui concerne l’Iran, les mettant en garde contre une escalade des tensions avec la pays.


“Nous espérons que les pays impliqués vont demeurer calmes, rationnels et avoir la retenue nécessaire pour éviter toute réaction émotionnelle, qui pourrait agraver la situation”, a dit le porte-parole du ministre des affaires étrangères chinois Mr Hong Fei dans une conférence de presse à Pékin Jeudi et cité par l’agence Xinhua.

Les remarques sont venues après que le secrétaire du ministère des affaires étrangères britannique eut ordonné la fermeture de l’ambassade d’Iran à Londres suite à la manifestation de Mardi mise en scène par des étudiants iraniens devant l’ambassade britannique à Téhéran.

La manifestation étudiante suivît le vote d’une loi par le parlement iranien (Majlis) qui vise à réduire les liens avec le Royaume-Uni et en protestation contre les politiques britanniques hostiles à la république islamique d’Iran.

Jeudi, et en apparente réaction contre la manifestation, les ministres européens des affaires étrangères ont imposé des sanctions contre plus de 180 personnes et compagnies iraniennes, mais ont échoué dans leur entreprise d’imposer un embargo contre le secteur pétrolier du pays. Les ministres ont néanmoins stipulé qu’ils continueraient à travailler au développement d’autres mesures restrictives, qui affecteront directement l’industrie pétrolière de l’Iran.

Hong a ajouté que la Chine “a pris bonne note” des réponses aggressives vis à vis des manifestations étudiantes.

La Russie a également mis en garde les pays occidentaux contre la tentation de rendre leurs relations avec l’Iran plus amères qu’elles ne le sont.

“Nous dénonçons catégoriquement l’escalade des tensions et de la confrontation sur des sujets liés à l’Iran. Nous pensons que ceci… ne peut mener qu’à de sévères conséquences”, a dit le porte-parole du ministère des affaires étrangères russe Alexander Lukashevich Jeudi.

“La montée des tensions dans les relations avec l’Iran bloque essentiellement le renouvellement des pourparlers” entre l’Iran et les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, la Grande-Bretagne, La Chine, la France, la Russie et les Etats-Unis, plus l’Allemagne (P5+1) au sujet du programme nucléaire de l’Iran, a ajouté Lukashevich.

Le 21 Novembre, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada ont imposé des sanctions unilatérales sur les secteurs iraniens de l’énergie et de la finance après qu’un rapport du 8 Novembre de l’IAEA sur le programme nucléaire iranien ait stipulé une soi-disant diversion des activités nucléaires de la république islamique.

Le rapport a été rejeté par Téhéran comme étant “biaisé, non professionnel et préparé avec une motivation politique sous-jacente, sous la pression politique essentiellement des Etats-Unis.”

Les Etats-Unis, Israël et quelques uns de leurs alliés accusent l’Iran de poursuivre des objectifs militaires avec son programme nucléaire et ont utilisé ce prétexte afin de pousser à l’imposition de sanctions sur Téhéran ainsi que pour appeler au lancement d’une attaque militaire sur le pays.

L’Iran, quoi qu’il en soit, réfute les allégations comme étant “sans fondement” et maintient qu’en tant que signataire du traité de non-prolifération nucléaire ainsi que comme membre de l’AIEA, elle a tous les droits d’acquérir et de développer la technologie nucléaire à des fins pacifiques.

L’agence a procédé à de nombreuses inspections des facilités nucléaires iraniennes, mais n’a jamais trouvé de preuve de la déviation du programme nucléaire civil iranien.

 

http://resistance71.wordpress.com/

 

 

Voir aussi :

 

http://leveil2011.syl20jonathan.net/?p=7344

 La Chine confirme son soutien et celui de la Russie à l'Iran

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:02


 

 

La guerre, ça suffit !

 

par Mondialisation.ca

 

Le 7 decembre 2011

 

Au cours des dernières semaines, il est devenu évident à la lecture des nouvelles que la dépendance du monde occidental à la guerre est sans bornes. La Libye se remet de l’intervention « humanitaire » de l’OTAN, qui a paralysé un pays auparavant prospère, détruit ses infrastructures, dévasté sa population et lui a volé ses nombreuses ressources. Toutefois, pour les puissances militaires occidentales, cela ne suffit pas. L'Iran, la Syrie, le Yémen – la liste noire prend une ampleur exponentielle, tout comme les enjeux.

L’avarice n’aura pas de limites tant et aussi longtemps que nous ne nous lèverons pas en disant « ça suffit ». En fait, ça dépasse les bornes. Les appels à la guerre se font entendre et c’est à nous de choisir d’y répondre ou de réécrire l’histoire.

À une époque de désinformation médiatique, Mondialisation.ca se concentre essentiellement sur la « vérité non dite ». Depuis ses débuts en 2011, nous avons archivé une importante quantité d’articles, de reportages et d’analyses approfondies sur des sujets à peine couverts par les médias dominants. Depuis ses débuts modestes, pratiquement sans ressources, le Centre de recherche sur la mondialisation est devenu un groupe médiatique alternatif dynamique.

Qu’est-ce qui nous motive? La même chose qui vous motive à visiter notre site web et à lire les articles, regarder les vidéos et à les partager dans vos réseaux : nous voulons la vérité. Nous avons BESOIN de la vérité. Notre vie et celle des générations futures en dépendent.

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L'équipe du CRM (Centre de recherche sur la mondialisation)

 

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http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27941

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 14:58
Jeudi 1 décembre 2011

 

Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, envisage des frappes contre l’Iran…Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, envisage des frappes contre l’Iran…Israël est la seule menace nucléaire dans la région, mais c’est l’Iran qui est dans le collimateur !


Le chef d'état-major adjoint des forces iraniennes, le général Massoud Jazayeri, a menacé, mercredi 9 novembre, l’entité sioniste de « destruction » si ce pays attaquait ses installations nucléaires.
« Le centre de recherche nucléaire israélien de Dimona est le site le plus accessible que nous pouvons viser et nous pouvons aller plus loin. A la moindre action de l’entité sioniste contre l'Iran, nous assisterons à sa destruction », a averti le général Jazayeri cité par la télévision iranienne en arabe, Al-Alam.

« Notre réponse à une attaque ne sera pas limitée au Proche-Orient, nous avons des plans prêts pour réagir », a également affirmé le général Jazayeri sans donner de précisions. De son côté, le général Amir Ali Hadjizadeh, commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, a déclaré qu’ « une poignée de dirigeants américains écervelés et atteints, semble-t’il, de la maladie d’Alzheimer, menacent d’assassiner les commandants des Gardiens de la révolution. Ils ne doivent pas oublier que des commandants américains se trouvent en Afghanistan, en Irak et dans les autres pays de la région. Si vous tuez l’un des nôtres, nous tuerons dix des vôtres ».

Les responsables militaires iraniens affirment régulièrement que l'Iran, qui considère les Etats-Unis coresponsables d'une éventuelle frappe israélienne, pourrait s'en prendre à des objectifs militaires américains s'il était attaqué par l’entité sioniste. A plusieurs reprises, ils ont souligné que les forces américaines au Moyen-Orient, et notamment dans le Golfe, étaient vulnérables face aux forces navales iraniennes.

Selon le directeur adjoint du Centre des Etudes internationales chinois de l'Université Tsinghua, Liu Jiangyong, l'entité sioniste ne possède pas les moyens réels d'attaquer les installations nucléaires iraniennes et ses récentes menaces sont purement rhétoriques. « Actuellement, les Etats-Unis et Israël ne peuvent pas faire usage de la force militaire contre l'Iran. Pourquoi lancent-ils alors, de vaines menaces ? », interroge-t’il. D’après l'expert, ces menaces ont pour but de provoquer un mouvement de spéculation sur le marché financier international. Conscients des répercussions de la situation en Libye sur les bourses, « certains lobbys financiers et pétroliers américains » cherchent conjointement avec l'entité sioniste, à peser sur les prix des contrats à terme.

Dimanche 6 novembre, avant que l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) ne rende son rapport sur le programme nucléaire de l'Iran, le président israélien Shimon Peres a averti que « la possibilité d'une attaque militaire contre l'Iran était plus proche qu'une option diplomatique ».
Cependant, l’entité sioniste qui battait les tambours de guerre, a estimé que le dernier rapport de l'AIEA éloignait le scénario d'une attaque contre l'Iran.

La « sévérité sans précédent » du rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien éloigne, pour le moment, le scénario d'une attaque israélienne contre l'Iran, ont indiqué mardi soir deux chaînes de télévision israéliennes.

Ce rapport permet à l’entité sioniste d'attendre « quelques semaines, voire quelques mois » pour voir si la communauté internationale adopte ou pas des « sanctions paralysantes » visant notamment le boycott total de la Banque centrale iranienne et les exportations de pétrole. Le commentateur militaire de la télévision publique israélienne, Yoav Limor, a également estimé « qu'avec ce rapport, l'option militaire est mise de côté. Désormais, le débat dans le monde va porter sur la nature des sanctions qui doivent être imposées à l'Iran ». La dirigeante de l'opposition et chef du parti centriste Kadima, Tzipi Livni, a pour sa part affirmé dans un communiqué, que l’entité sioniste devait utiliser ce rapport pour pousser le monde à agir plus fermement contre le programme nucléaire iranien.   

L'AIEA s’est dit inquiète d’une « possible dimension militaire » du programme iranien mais ne dit rien des 200 ogives nucléaires que possède l’entité sioniste, seule puissance atomique dans la région ! Elle ne dit rien non plus des deux sites israéliens de recherche nucléaire à Dimona et Soreq, qui ne sont jamais inspectés ! Le dernier missile balistique israélien, Jéricho III, est capable d’atteindre l’Iran et toute l’Europe et peut transporter une bombe nucléaire plus de 1000 fois plus puissante que celle lâchée sur Hiroshima. Mais il est vrai qu’Israël n’a jamais voulu signer le traité de non-prolifération des armes nucléaires…


URL : www.partiantisioniste.com/articles/939
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  Journal TV - PAS L'Info !

 

Communications du PAS :

La fin de l’euro avant 2012 ?

Le Printemps arabe se poursuit… en Arabie saoudite !

Nucléaire israélien : Incontrôlable et dangereux !

Le Parti Anti Sioniste renouvelle son appel à la dissolution de la Ligue arabe !

Banqueroute pour une guerre ?

Présidentielle 2012 : Communiqué du Parti Anti Sioniste

 

Actualités antisionistes : 

Syrie : Ce que nos médias ne disent pas…

Israël est la seule menace nucléaire dans la région, mais c’est l’Iran qui est dans le collimateur !

Suite à la manifestation contre la christianophobie… [Communiqué du Centre Zahra France]

 

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extrait d'article :

 

« La troisième guerre mondiale doit être fomentée en profitant des différences causées par l’agentur » des « Illuminatis » entre les Sionistes politiques et les dirigeants du monde islamique. La guerre doit être menée de telle manière que l’islam (les musulmans Monde Arabe) et le sionisme politique (l’État d’Israël) se détruisent mutuellement. Pendant ce temps les autres nations, une fois de plus divisées sur cette question, seront contraintes de se battre jusqu’au point de complet, physique, moral, spirituel et l’épuisement économique … »

« Nous allons libérer les nihilistes et les athés, et nous allons provoquer un formidable cataclysme social qui, dans toute son horreur montrera clairement aux nations l’effet de l’athéisme absolu, origine de la sauvagerie et de la tourmente la plus sanglante. Alors, partout, les citoyens, seront obligés de se défendre eux-mêmes contre une minorité de révolutionnaires dans le monde, d’exterminer ces destructeurs de la civilisation, et les masses déçues par la chrétienté dont les esprit déistes seront à partir de ce moment sans boussole, à la recherche d’un idéal, sans savoir vers quoi tourner leur adoration, recevront la vraie lumière grâce à la manifestation universelle de la pure doctrine de Lucifer, enfin révélée aux yeux de tous, manifestation qui suivra la destruction de la chrétienté et de l’athéisme, simultanément soumis et exterminés en même temps. »

Ordo Ab Chao

Nous retrouvons le thème classique des Illuminatis « Ordo ab Chao » qui signifie crée l’ordre (un ordre nouveau) à partir du chaos. Se servir des élèments pour faire progresser sa cause et mieux encore, les créer de toute pièce pour manipuler l’avenir.

Même si les aspects mystiques échappent à l’esprit du 21 e siècle, le principe est tout à fait cohérent. Les Illuminatis se sont appuyés sur les travaux d’Hegel (1770-1831; contemporain d’Adam Weishaupt, fondateur des Illuminés de Bavière). Selon le philosophe Hegel, les sociétés fonctionnent sur le principe de la « thèse » et de l’ »antithèse », le gouvernement et l’opposition. De ce conflit d’idées résulte en un compromis qui fait que chaque partie adopte certains aspects de l’autre formant un espèce d’hybride appelé « synthèse ». Le but étant de gérer ce conflit permanent et sans vainqueur, car selon Hegel : « le conflit aboutit au changement et le conflit planifié aboutit au changement planifié »

Nous rertouvons donc cette philosophie dans le plan de Pike, avec toujours cette logique de thèse et antithèse. Mais le changement planifié voulu par la secte poursuit un autre but : celui de cheminer lentement vers un Nouvel Ordre Mondial régit par un gouvernement unique.

On peut également observer que la SDN fut crée en réaction à la boucherie de la première guerre mondiale. L’ONU, son grand frère, à la fin de la seconde guerre mondiale. Plus recemment, on parle de gouvernement mondial pour répondre aux crises financières mondialisées, aux pandémies et aux changements climatiques. Toutes ces menaces mondialistes, mondialisées, sans frontières qui nécéssitent l’instauration d’un gourvernement mondial ou d’une autorité mondiale.

Ordo Ab Chao, c’est en fin de compte la traduction latine du « pompier pyromane », allumer un feu pour ensuite prétendre être le seul à pouvoir l’éteindre.

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 05:41

http://s2.lemde.fr/image/2010/02/02/540x270/1300320_3_03c1_l-amiral-michael-mullen-chef-d-etat-major-des.jpg

http://s2.lemde.fr/image/2010/02/02/540x270/1300320_3_03c1_l-amiral-michael-mullen-chef-d-etat-major-des.jpg

Les chefs d’Etat-major des forces américaines se mobilisent pour éviter la guerre

30 novembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Une source haut placée du magazine EIR dans le renseignement américain, a confirmé hier que le Comité des chefs d’États-majors interarmées (Joint Chiefs of Staff – JCS) est pleinement mobilisé pour éviter une guerre, craignant que le Président Obama ne soit devenu – pour employer un euphémisme – « imprévisible ». La source a insisté sur le fait que, tant que la situation iranienne restera incertaine, les plus hauts gradés des forces américaines s’opposeront à toute opération militaire, y compris contre la Syrie.

Ce qu’ils craignent le plus, étant donnée l’instabilité mentale d’Obama, c’est d’être embarqués dans une guerre à laquelle ils s’opposent virulemment et qui résulterait d’une attaque israélienne contre l’Iran, entraînant à son tour une riposte iranienne contre Israël, les forces américaines et les alliés des Etats-Unis dans le Golfe persique. Les Etats-Unis ont des accords bilatéraux avec plusieurs pays membres du Conseil de coopération du Golfe (GCC), accords qui seraient activés dans l’éventualité d’attaques iraniennes contre eux.

Une fois les Etats-Unis embarqués dans une telle guerre, il n’y aura aucune limite au conflit, y compris le recours à l’arme nucléaire. De plus, la source a insisté sur le fait que les Etats-Unis sont toujours déployés en Irak, et que les relations avec le Pakistan sont devenues extrêmement complexes. On craint davantage une crise militaire avec le Pakistan, qu’un conflit impliquant la Syrie. Et il y a toujours une possibilité réelle que la Libye tombe dans une violence sectaire qui se transforme en guerre civile. C’est pour toutes ces raisons, a insisté la source, que les responsables du Pentagone sont clairement opposés à une quelconque escalade contre la Syrie ou l’Iran. La source a rajouté que la seule guerre dans laquelle le Pentagone souhaite s’engager, et immédiatement, c’est une guerre contre le Congrès et ses coupes budgétaires dans la Défense.

La source a aussi reconnu que la position russe sur les plans américains de bouclier antimissile (BAM) en Europe de l’Est est parfaitement légitime, et doit être prise en compte. Ni l’administration Obama ni aucun des pays de l’OTAN n’ont fait suffisamment pour qu’un véritable partenariat puisse s’établir avec la Russie sur le BAM. Cet état de fait s’est notamment confirmé par la détérioration des relations d’Obama avec Medvedev et Poutine.

 

http://www.solidariteetprogres.org/Les-chefs-d-Etat-major-des-forces-americaines-se-mobilisent-pour-eviter-la_08341

 


À lire ou voir aussi...

 

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Le plan Pike pour Trois Guerres Mondiales

by bodyspiritzen

29 novembre 2011 | Auteur: Jo ^^ La 3ème Guerre Mondiale est inévitable parce qu’elle est prévue depuis longtemps, parce qu’elle est déjà enclenchée (avec l’entrée des États-Unis en Irak) et parce que tous les indices géopolitiques sont actuellement manifestés pour qu’elle se produise dans les prochaines semaines ou prochains mois.  L’idée ici n’est pas de [...]

Lire la suite

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 05:39

http://img.src.ca/2011/11/29/635x357/AFP_111129_b358e_attaque_ambassade_uk_iran_sn635.jpg

http://img.src.ca/2011/11/29/635x357/AFP_111129_b358e_attaque_ambassade_uk_iran_sn635.jpg

 

 

Commentaire sur un article du blog Affaires étrangères de Jauvert

IRAN. Pourquoi l'ambassade britannique a été visée

 

 

Si vous comprenez l'anglais, peut-être que cet article vous édifiera
http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/liam-fox-adam-werritty-and-the-curious-case-of-our-man-in-tel-aviv-6268640.html

Mais les média ne parlent jamais quand l'occident planifie à bombarder les autres. Seuls les "civilisés" ont ce droit


 

Liam Fox, Adam Werritty, and the curious case of Our Man in Tel Aviv

This odd trio met six times - not that the Government wants you to know that, of course. What did they discuss? Did it include Iran? And who exactly is Adam Werritty? Brian Brady investigates a Whitehall mystery which is slowly unravelling

 

 

They were the Odd Couple: the men with identical morning suits, matching jackets and jeans but from radically different generations. They commanded more column inches than any X Factor wannabe. The Mysterious Case of the Defence Secretary and the Strange Bloke with the Cheap Business Card gripped us all, until it culminated in Liam Fox's resignation.

What on earth had they been up to, the nation wondered. The plot thickened somewhat when an official inquiry confirmed that the curious duo was in fact, at times, a trio. They had had two meetings with Matthew Gould, Britain's ambassador to Israel, adding to claims that they were running a pirate (pro-Israel, or anti-Iranian?) foreign policy. Then, before we had got to know Adam Werritty properly, it all went quiet.

He has not been seen in the UK or abroad for several months; no neighbour has reported his presence at any of the various addresses unearthed when he was being sought by every news outlet in the country.

However, the trail has not gone cold because it emerges that Liam Fox and his adviser met Britain's ambassador at least four times more than was previously admitted. So why were we not told this before? Isn't this yet more evidence that they were operating outside the control of the Foreign Office?

The fog seems to extend even to the Cabinet Secretary, Sir Gus O'Donnell, whose report into the affair, which sealed Dr Fox's fate, identified just the two meetings between the former minister, Mr Werritty and Mr Gould.

The three men met in Tel Aviv at "a private dinner with senior Israelis" and, before Mr Gould took up the ambassador's post in Tel Aviv, for "a general discussion of international defence and security matters". Sir Gus observed that Mr Werritty was invited "as an individual with some experience in these matters".

Even this was a bit unsatisfactory, said Sir Gus. His report highlighted the September 2010 meeting in the UK with Mr Gould, then the UK ambassador-designate to Israel, ruling that "as a private citizen, with no official locus, it was not appropriate for Mr Werritty to have attended this meeting".

Yet it has been left to the former UK ambassador Craig Murray to uncover four more similar meetings – although Sir Gus claimed last week that "some of those ... took place before the election".

The suspicion of even more secret meetings, an inquiry which did not cover all the ground and the spectre of a favourite bogeyman is a gift to conspiracy theorists. However there are legitimate questions to be answered. The IoS revealed last month that Mr Werritty had visited Iran on several occasions and was so highly regarded by the Israeli intelligence service Mossad that he was able to arrange meetings at the highest levels of the Israeli government.

The disclosure that he – and Dr Fox – had met Britain's most senior official in Israel on more occasions than previously thought underlines their interest in the region.

The Labour MP Paul Flynn questioned why the official inquiry into the Fox affair had failed to investigate all the activities of Mr Werritty. He asked the Cabinet Secretary, during his appearance before the Public Administration Select Committee: "Are you satisfied that you missed out on the extra four meetings that took place, and does this not mean that those meetings should have been investigated because of the nature of Mr Werritty's interests?"

The accusation was not received well. Sir Gus rejected any criticism of his work, noting instead that: "If you look at some of those meetings, some people are referring to meetings that took place before the election." Mr Murray, however, has established that there have been at least five meetings altogether since the election and one beforehand.

Sir Gus added that "some issues arose where I wanted to be sure that what [Dr Fox] was doing had been discussed with the Foreign Secretary. I felt reassured by what the Foreign Secretary told me."

Craig Murray submitted a Freedom of Information request to the Foreign Office very late one night last week, asking for all communications between Mr Gould and Mr Werritty; barely an hour later, he received a rejection, explaining that his request was "likely to exceed the cost limit". Given that Freedom of Information requests normally take at least a fortnight to be answered, the swift, late-night reaction has done nothing to douse suspicions.

"It is plainly nonsense that to gather correspondence between two named individuals would be too expensive," Mr Murray said. "They could just ask Gould."

The Foreign Office remains nonplussed by questions about Mr Gould's conduct. "The FCO has total confidence that Matthew Gould has acted appropriately at all times and at no stage was he acting independently, or out of line with government policy," a spokesman said yesterday.

Clearly not satisfied with the efforts of Sir Gus and his attempts to question him last week, Paul Flynn is calling for a wider investigation. He said: "Witnesses before a select committee have said that the inquiry into the Werritty affair was rushed and inadequate, and possibly in breach of the ministerial code as it was not conducted by the only person who is the enforcer of the code: the independent adviser on ministerial affairs [Sir Philip Mawer].

"As the inquiry was conducted for reasons of political expediency to avoid embarrassment for the Government, and as new evidence is available, should we not have a full legitimate inquiry conducted by Sir Philip?"

The demand has, so far, received a response that would make Sir Gus's reaction seem enthusiastic

 

http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/liam-fox-adam-werritty-and-the-curious-case-of-our-man-in-tel-aviv-6268640.html


http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/liam-fox-adam-werritty-and-the-curious-case-of-our-man-in-tel-aviv-6268640.html

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 05:38

http://www.planetenonviolence.org/photo/art/default/1125949-1442668.jpg?v=1289419515

http://www.planetenonviolence.org/photo/art/default/1125949-1442668.jpg?v=1289419515

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Obama rallume la mèche pakistanaise

dans la poudrière mondiale

29 novembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Dans un contexte international d’escalade militaire et après des centaines d’assassinats ciblés par drone sur le sol pakistanais, l’ « inexplicable » attaque des forces américaines de l’OTAN samedi sur deux bases militaires frontalières du Pakistan n’a fait qu’augmenter la possibilité de déclenchement d’une guerre mondiale. Pour les autorités pakistanaises, c’est la « bavure » de trop ; le porte-parole des forces terrestres, le général Akhtar Abbas, a déclaré que ce raid aérien aura « des conséquences très sérieuses ». Rappelons que le Pakistan dispose de l’arme atomique et entretient des relations étroites avec la Chine.


C’est dans le cadre d’une opération du Commandement conjoint des forces spéciales américaines (JSOC) à l’intérieur des frontières du Pakistan, avec la bénédiction de l’OTAN, que des drones, des hélicoptères et des bombardiers ont attaqué simultanément deux bases de réapprovisionnement pakistanaises dont les coordonnées GPS avaient été fournies par les forces de l’OTAN. L’incident est vite monté en épingle, des «  officiels occidentaux à Kaboul  » appartenant à l’OTAN affirmant que des pakistanais ou des insurgés proches de leurs bases, ont tiré les premiers sur les forces du JSOC. Même si elle était vraie, cette « justification » est absurde, car les forces américaines ont attaqué de manière massive les bases pakistanaises durant deux heures ; on est loin d’une simple mésentente.


Évidemment la Présidence Obama n’a fait aucune déclaration. Si la secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le secrétaire à la Défense Leon Panetta ont exprimé leurs condoléances pour les soldats pakistanais tués, le Pentagone n’a en revanche pas exprimé le moindre regret concernant l’attaque. Comme nous l’avons rapporté ces derniers mois, le JSOC s’est transformé en véritable armée secrète, très prisée par le Président Obama pour mener à bien son programme d’assassinats ciblés.


La veille de l’attaque et dans cette même région, les armées pakistanaise et chinoise venaient juste de terminer d’assez importantes manœuvres militaires antiterroristes. En effet, la Chine et le Pakistan coopèrent étroitement dans la lutte contre les séparatistes armés ouïgours qui utilisent les zones tribales pakistanaises comme base-arrière. Les deux pays sont des partenaires stratégiques et coopèrent étroitement dans le domaine commercial, industriel, infrastructurel, diplomatique et militaire.


L’agence de presse Xinhua a rapporté que suite à une réunion d’urgence du Comité de la Défense du Cabinet (DCC), présidé par le Premier ministre Syed Yusuf Raza Gilani, le Pakistan a demandé samedi aux États-Unis d’évacuer la base aérienne de Shamsi (sa base de drones) dans le Sud-ouest de la province du Baloutchistan d’ici 15 jours, et a également décidé de fermer sur le champs et pour une durée indéterminée la route d’approvisionnement logistique de l’OTAN en Afghanistan, qui passe par le Pakistan et son port de Karachi.


Au sein de la population pakistanaise, cette attaque de l’OTAN n’a fait que renforcer les partisans du candidat présidentiel et agent britannique Imran Khan, qui ont multiplié les manifestations dans tout le pays samedi soir et dimanche, demandant la fin de la coopération avec les U.S.A. La montée d’Imran Khan, un pachtoune – et donc apprécié des militaires à cause des problèmes d’Islamabad dans les zones pachtounes – est une victoire impériale britannique car elle ne sert ni la stabilité du Pakistan et de la région, ni la sécurité des États-Unis.


Cette escalade est le fruit de la politique va-t-en-guerre de l’agent britannique Barack Obama, dont les forces armées réitèrent de telles attaques en viol de la souveraineté pakistanaise dans le simple but – comme l’ont confirmé des sources américaines à nos collègues de l’EIR« de les frapper par en haut pour leur rappeler qui commande ». Pour Lyndon LaRouche il s’agit d’une « guerre psychologique absolument délirante » qui prend un tour dangereux dans le contexte d’escalade militaire entre les forces de l’OTAN et la Russie et la Chine.


Dorénavant, certains dans les cercles militaires pakistanais de haut niveau ainsi que parmi les politiciens alliés au ferment anti-Américain autour d’Imran Khan, craignent que le Président Zardari puisse remettre les clés des installations nucléaires pakistanaises aux Américains – qui, d’une manière ou d’une autre, vont se les procurer. Des agents secrets du JSOC cherchent déjà à localiser l’ensemble des installations et les militaires pakistanais tentent de les détourner avec des leurres et des fausses pistes. A l’heure actuelle, la Chine est au courant de cette situation et, dans une zone au Nord du Pakistan, garde les yeux sur les installations nucléaires, à la demande des militaires pakistanais.


Il est donc clair que les politiques délirantes de l’empereur Obama mènent droit à une confrontation thermonucléaire, et ne peuvent être stoppées que par sa destitution, et rapidement.

 

http://www.solidariteetprogres.org/Obama-rallume-la-meche-pakistanaise-dans-la-poudriere-mondiale_08335

 

Dernière minute : la Chine accuse

les États-Unis de répandre la terreur


Dans une brève publiée hier soir, l’agence Reuters rapporte : « Mardi, le principal quotidien du régime chinois a accusé les États-Unis de bafouer le droit international et d’attiser le terrorisme après l’attaque de l’OTAN qui a tué 24 soldats pakistanais, avertissant que la capacité d’Islamabad a assurer la sécurité pourrait être dangereusement affaiblie (...) »

...la suite en anglais ici.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 05:37

 




 Les croisiéristes de l’US Navy

L’art de la guerre

 

par Manlio Dinucci

 

Le 29 novembre 2011

« Une occasion unique de pouvoir visiter le Vatican » : c’est ce que s’est exclamé un marin du chasseur torpilleur lance-missiles Truxtun, en abordant Civitavecchia le 23 novembre. Ceci est un des services de bord, offerts au personnel par la marine étasunienne du département Mwr (Moral, welfare, récréation).

Le Truxtun et quelques autres navires de guerre, qui ont mouillé d’abord en Espagne et au Portugal, font partie du Strike Group (groupe d’attaque) du porte-avions Uss George H. W. Bush, arrivé à Marseille deux jour plus tard. Là aussi ont été organisés pour l’équipage des sorties touristiques, parmi lesquelles un tour à Paris, et des activités récréatives, dont une partie de foot dans une école. A la lecture de ces chroniques de l’US Navy, on a l’impression qu’elle promène ses bâtiments de par le monde non pas pour faire des guerres, mais pour tenir la promesse faite aux marins que, en s’engageant, ils feraient le tour du monde. Un système un peu coûteux : l’Uss George H.W. Bush, le plus moderne et puissant porte-avions, a coûté plus de 6 milliards de dollars, à quoi s’ajoute une dépense opérationnelle de centaines de millions annuels.  Long de 333 mètres (trois terrains de foot) et large de 77, avec 20 ponts au-dessus de sa ligne de flottaison, 90 avions et hélicoptères et un équipage de 6mille hommes (et femmes, Ndt), c’est une véritable base flottante, actionnée par deux réacteurs nucléaires. Son Strike Group comprend dix navires de guerre et deux escadres aériennes.

Il a commencé sa croisière en mai dernier, quand il a levé l’ancre à Norfolk, accompagné au départ par quatre navires. Entré dans l’aire de la Sixième flotte, il a fait escale en juin à Naples. Il a ensuite repris sa navigation en allant donner un coup de main pour l’attaque contre la Libye. Le Canal de Suez traversé, le porte-avions et son groupe de bataille, avec un équipage total de 9mille hommes, sont entrés dans la zone de la Cinquième flotte. Là les avions de l’Uss George H.W. Bush, déployé en Mer d’Arabie, ont été utilisés pour bombarder l’Afghanistan. En août, le porte-avions (devenu opérationnel en 2009) a atteint la « pierre milliaire » de 20mille atterrissages sur le pont de vol. Le commandant de la Cinquième flotte, Marc Fox, monté à bord alors que le bateau était dans le Détroit d’Hormuz, s’est congratulé avec l’équipage, en rappelant que « la marine U.S. existe pour protéger nos intérêts nationaux dans le monde entier et nous avons d’énormes intérêts dans cette partie du monde ». En septembre, le Uss George H. W. Bush fait une visite aux Emirats arabes unis, où les marins se sont amusés en chevauchant des chameaux et en visitant le musée Ferrari de voitures de course. Et le croiseur lance-missiles Anzio du Strike Grup a visité le Bahrein où un groupe de marins a donné une leçon d’anglais dans les écoles. Puis, le 20 novembre, le Uss George H. W. Bush a complété ses cinq mois d’ « opérations de combat » dans l’aire de la Cinquième flotte, où il a été remplacé par le porte-avions John C. Stennis, puis est rentré dans l’aire de la Sixième flotte en Méditerranée. Le Jour du Remerciement appelé par les indigènes nord-américains Thanksgiving, NdT …), le 24 novembre, a été célébré à bord dans une chaleureuse atmosphère familiale. Tandis que le président Obama, remerciant les militaires qui venaient tout juste de bombarder l’Afghanistan en tuant même des enfants, portait le coup de graciait à la Maison Blanche deux dindes aux noms emblématiques de Liberté et Paix.

 

Edition de mardi 29 novembre 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20111129/manip2pg/14/manip2pz/314144/  

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27933

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 05:36

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A la veille de la Troisième Guerre mondiale, par Helga Zepp-LaRouche

24 novembre 2011 - 11:35

 

 

« J’ai bien peur que cela ne devienne un "fait accompli" (…) que l’on se réveille un matin en apprenant que les frappes ont eu lieu. »

Voilà les remarques faites par le général Joseph P. Hoar, ancien commandant en chef de l’US Central Command (CENTCOM), à nos confrères du magazine Executive Intelligence Review (EIR) concernant le danger de frappes militaires contre l’Iran. 

Quelques jours plus tôt, le chef d’état-major des forces armées russes, Nikolaï Makarov, estimait lui aussi que la Russie pourrait être amenée à s’engager dans des conflits régionaux pouvant dégénérer en guerre nucléaire mondiale. Beaucoup d’autres responsables militaires américains ont averti, ces derniers jours, que des frappes contre l’Iran auraient pour conséquence le déclenchement d’une Troisième Guerre mondiale.

Face à une menace si terrible qu’elle dépasse les capacités habituelles de notre entendement, la psychologie humaine a tendance, pour se protéger, à se réfugier dans ce qu’on appelle cliniquement un déni de réalité. L’idée qu’il puisse y avoir une Troisième Guerre mondiale, impliquant l’utilisation d’armes de destruction massive, fait partie de ce type de situation. Après la guerre contre la Libye et les menaces proférées depuis contre la Syrie et l’Iran, beaucoup ont l’intuition qu’il se trame quelque chose de terrible. Ils ont une impression de « déjà vu » (cette propagande rappelle celle entendue dans la période préparatoire à l’avènement de la guerre d’Irak) et ils sont un certain nombre à avouer qu’ils ne veulent plus écouter ou lire les nouvelles car elles ne parlent que des préparatifs pour les hostilités à venir.

Cependant, mieux vaut faire face à l’impensable, car ce n’est qu’en imaginant, avec force détails, toutes les conséquences d’une guerre qui déploierait des armes de destruction massive, que citoyens et gouvernements pourront changer le cours de l’histoire afin d’éviter ce danger de guerre, pour ainsi dire « à minuit moins cinq ».

C’est un fait : des forces existent pour qui la réduction de la population mondiale de 7 milliards actuels à 1 ou 2 milliards est un résultat souhaitable. Mais que serait la vie pour ceux qui survivraient ? Et même si vous et moi étions parmi les survivants, y aurait-il quelque raison de s’en réjouir ? Ne maudirions-nous pas ce jour, souhaitant avoir été nous aussi parmi les morts ?

L’objectif de cet appel est d’ébranler l’opinion publique et d’appeler ceux qui occupent des positions d’influence à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher cette guerre. Nous appelons les gouvernements à faire comme le ministre danois des Affaires étrangères, Villy Soesndal, en déclarant qu’en aucune circonstance, ils ne prendront part à une guerre contre la Syrie ou l’Iran. Il s’agira ensuite d’éliminer toute la dynamique sous-jacente au danger de guerre, c’est-à-dire l’effondrement à venir du système financier transatlantique et de l’euro en particulier.

Le cataclysme économique

« Un cataclysme financier menace le cœur des nations européennes » ; « seule l’Allemagne peut survivre, tous les autres pays feront faillite » ; « l’inévitable effet domino qui frappera l’euro » : la rivalité entre les médias pour présenter le scénario du pire indique clairement que la fin est proche. La dernière manœuvre fut de tenter d’obtenir de l’Allemagne qu’elle se fasse hara-kiri en donnant son accord pour que la Banque centrale européenne (BCE) ouvre toutes grandes ses vannes afin d’acheter toutes les obligations souveraines des pays européens insolvables, ainsi que les titres toxiques détenus par les banques privées.

La BCE en tant que prêteur de dernier ressort, ceci constitue un péché mortel contre la stabilité monétaire, ainsi qu’une violation flagrante des statuts de la BCE ! Ce serait ouvrir la porte à une hyperinflation à la Weimar 1923, sauf que cette fois-ci, l’hyperinflation ne serait pas limitée à un seul pays, mais étendue à toute la région transatlantique !

La politique du « changement de régime » est depuis longtemps celle appliquée aux Etats « voyous » partout dans le monde ; elle est désormais l’arme testée et déployée contre tout gouvernement européen qui refuserait de réduire de 50 % le niveau de vie de ses citoyens et de baisser leur espérance de vie à travers des coupes dans les dépenses de santé et les programmes sociaux.

Déjà les gouvernements d’Irlande, du Portugal, de la Grèce, d’Italie et, ce week-end, d’Espagne, ont succombé à cette politique. Des élus sont désormais remplacés par des technocrates non élus, tels Lucas Papademos en Grèce ou Mario Monti en Italie. Avec le nouveau président de la BCE, Mario Draghi, tous ont été employés par la banque d’affaires Goldman Sachs, ou en ont été de proches collaborateurs. Les machinations de Goldman Sachs font actuellement l’objet d’enquêtes par plusieurs procureurs généraux des Etats-Unis, après que le rapport Angelides du Congrès américain sur les causes de la crise financière lui eut consacré de longs passages. Sans oublier que ce sont des hommes de Goldman Sachs qui ont aidé le gouvernement grec à maquiller ses comptes afin de pouvoir rejoindre la zone euro.

Ainsi, la démocratie n’est plus à la mode dans l’Union européenne ; elle a été remplacée par une dictature ouverte des banquiers. « Nous n’avons pas besoin d’élections, nous avons besoin de réformes » a déclaré le Président de l’Europe, Herman Van Rompuy. Mais peut-il se targuer d’avoir été élu par quelqu’un ?

Si nous poursuivons cette course à l’austérité la plus brutale contre la population, sous prétexte de réduire des dettes résultant des plans de renflouement des banques, si nous cédons notre dernière parcelle de souveraineté à une « union fiscale » , à un gouvernement économique européen ou même à une Union politique européenne, alors il y aura une révolte populaire.

Car il n’existe rien qui ressemble à un « peuple européen » . Il y a dans l’Union européenne 27 nations différentes, chacune avec sa langue, sa culture et son histoire. Donner le pouvoir à une bureaucratie supranationale dont les traités, les procédures et les orientations sont encadrés dans un espéranto incompréhensible à toutes ces nations, les relèguera de facto dans une situation comparable à celle ayant précédé l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, où seuls les académiques pouvaient dialoguer en latin, alors que les masses ne pouvaient lire aucun texte écrit dans leur langue.

Avec cette Europe, nous avons affaire à un empire, et le problème est que les politiciens européens ont intériorisé eux aussi la logique d’empire. Cette attitude a été on ne peut plus claire lors de la guerre en Libye, où l’ancien Premier ministre Tony Blair, le président français Nicolas Sarkozy et d’autres ont été prompts à oublier que quelque temps auparavant, ils laissaient Kadhafi monter sa tente dans la capitale de leur pays, afin d’obtenir de juteux contrats.

Quelles leçons devons-nous tirer de cette guerre de l’OTAN contre la Libye qui, selon le président Barack Obama, ne devait être qu’une « intervention humanitaire » , alors qu’on a fini par éliminer brutalement un chef d’Etat sans autre forme de procès ? Dans un article publié dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung , intitulé Leçons de la guerre de Libye , le politologue Lothar Rühl écrit : « Des opérations depuis des avions – comprenant, davantage encore à l’avenir que par le passé, l’utilisation de drones et de missiles de croisière – sont les moyens préférés pour mener une intervention militaire. Cette leçon est aussi bonne à retenir pour les plans de la Bundeswehr, l’armée allemande, pour qui les déploiements aéroportés avec des bombardiers, hélicoptères et drones, devraient être la priorité. » Evoquant ensuite la situation de la Syrie et de l’Iran, Rühl pose une question qu’il laisse sans réponse : « Le temps nous est compté. Quelle est notre priorité en vue d’une intervention ou de frappes préventives ? » Ce type de pensée est révélateur des plans qui mènent directement à l’apocalypse.

Arrêter cette course à l’affrontement dans laquelle nous sommes lancés est la seule chance d’éviter à l’humanité cette catastrophe imminente qui nous menace. Il n’existe aucun conflit dans notre XXIe siècle qu’on ne puisse résoudre par des moyens diplomatiques. La guerre n’est pas une option, car on court le risque d’éliminer l’ensemble de l’espèce humaine.

L’expérience monétaire supranationale européenne – la création d’une union monétaire entre des nations qui n’ont jamais représenté une « zone monétaire optimale »  et ne pourront certainement pas le devenir dans un futur proche – est un échec. La seule réponse honnête et responsable à cet état de faits est de l’admettre et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Il y a certainement une porte de sortie : tous les traités de l’Union européenne, depuis celui de Maastricht jusqu’à celui de Lisbonne, doivent être abrogés. Les nations européennes doivent retrouver la souveraineté de leur monnaie et de leur économie. Un accord doit être trouvé pour rétablir les taux de change fixes, afin de mettre un terme à la spéculation contre les monnaies et l’épargne populaire.

Un système bancaire séparant banques d’affaires et banques de dépôt doit être mis en place immédiatement ; dans ce système, seules les banques de dépôt qui servent le bien commun et l’économie physique seront protégées par l’Etat. Les banques d’affaires et du secteur bancaire de l’ombre ( shadowbanking ), devront s’organiser sans l’aide des contribuables et leurs avoirs spéculatifs seront dévalués. Un système de crédit productif public devra financer l’économie réelle et les investissements dans l’équipement, suivant des critères de productivité réelle de l’économie physique, créant ainsi les conditions pour honorer dans le futur les dettes légitimes de l’ancien système.

A la place de cette course suicidaire à l’affrontement avec la Russie et la Chine – stratégie qui ne peut venir que d’une vision impériale perverse – nous devons conclure des accords de coopération pour des périodes de 50 ou 100 ans avec ces nations et d’autres, autour de projets destinés à assurer la sécurité d’approvisionnement en énergie et matières premières, de grands projets d’infrastructures, de gestion de l’eau, verdissement des déserts, expansion de la production agricole pour une population mondiale en pleine croissance, ainsi que de recherche sur les conséquences des phénomènes galactiques sur le climat de la Terre, ou encore sur les vols habités dans l’espace – en somme, des projets qu’on pourrait décrire comme intéressant les objectifs communs de l’espèce humaine.

C’est l’existence de l’espèce humaine qui est en jeu. Face à ce moment tumultueux de l’histoire, pouvons-nous montrer que nous sommes des êtres humains, dans le sens où l’entendait le grand poète et dramaturge allemand, Friedrich Schiller, et non des barbares ?

 

http://www.solidariteetprogres.org/A-la-veille-de-la-Troisieme-Guerre-mondiale-par-Helga-Zepp-LaRouche_08315

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