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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 14:12

 

 

Réflexions du President Kennedy sur ce que serait une guerre thermonucléaire  

                                          apocalypse-1

 

 

 

21 mars 2012 (Nouvelle Solidarité) – Ces quelques réflexions du président John Fitzgerald Kennedy ont été tirées de discours prononcés par lui à diverses occasions. Nous espérons qu’elle permettront à nos dirigeants de sortir de leur aveuglement actuel.


« Dans l’âge thermonucléaire, tout mauvais jugement de chaque côté sur les intentions de l’autre pourrait provoquer plus de dévastation en quelques heures que tout ce qui a été fait dans toutes les guerres de l’humanité. »


– Rapport au peuple américain sue la crise de Berlin, le 25 juillet 1961

« Aujourd’hui, tout habitant de cette planète doit contempler le jour où cette planète ne serait peut-être plus habitable. Tout homme, toute femme et enfant vit sous l’épée nucléaire de Damoclès, retenue par le fil le plus fin, pouvant être coupé à tout moment par accident, par erreur de calcul ou par folie. Les armes de guerre doivent être abolies avant qu’elles ne nous abolissent. »


– Discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies, New York, le 25 septembre 1961

« Je parle de paix à cause du nouveau visage que prend la guerre. Le guerre totale n’a plus de sens dans un âge où de grandes puissances peuvent maintenir des forces nucléaires importantes et relativement invulnérables et refusent de se rendre sans y avoir recours. Cela n’a plus de sens dans un âge où une seule arme nucléaire contient presque dix fois la puissance explosive utilisée par les forces alliées au cours de la seconde Guerre mondiale. Cela n’a plus de sens dans un âge où le poison mortel produit par un échange nucléaire peut être transporté par les vents et les sols vers les quatre coins de la Terre et vers des générations qui doivent encore naître. »


– Début d’un discours à l’American University, le 10 juin 1963

« Une guerre aujourd’hui ou demain, si elle conduisait à une guerre nucléaire, serait très différente de toute autre guerre dans l’histoire. Un échange nucléaire total durerait moins de 60 minutes, avec les armes aujourd’hui existantes, et pourrait balayer plus de 300 millions d’Américains, d’Européens et de Russes, ainsi que de nombreux autres habitants dans d’autres parties du monde. Et les survivants, comme l’a dit le Président Kroutchev aux communistes chinois, "les survivants envieraient les morts". Car ils hériteraient d’un monde tellement dévasté par des explosions, un poison et un feu dont nous ne pouvons aujourd’hui concevoir l’horreur. Efforçons-nous donc d’éloigner le monde de la guerre. Utilisons cette opportunité, toutes les opportunités pour réduire la tension, pour ralentir la course périlleuse à l’arme nucléaire, et pour freiner la dérive du monde vers l’annihilation.

« Si une seule bombe thermonucléaire était lancée sur une ville américaine, russe ou autre, que ce soit par accident ou de manière délibérée, par un fou ou un ennemi, par une petite nation ou une grande, de n’importe quel coin du monde, une seule bombe pourrait relâcher plus de puissance destructive sur les habitants de cette pauvre ville que toutes les bombes lancées au cours de la deuxième Guerre mondiale. »


– Discours au peuple américain sur le Traité interdisant les essais nucléaires, le 26 juillet 1963.

 

http://www.solidariteetprogres.org/Reflexions-du-president-Kennedy-sur-ce-que-serait-une-guerre_08719


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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 14:58
Jeudi 1 décembre 2011

 

Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, envisage des frappes contre l’Iran…Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, envisage des frappes contre l’Iran…Israël est la seule menace nucléaire dans la région, mais c’est l’Iran qui est dans le collimateur !


Le chef d'état-major adjoint des forces iraniennes, le général Massoud Jazayeri, a menacé, mercredi 9 novembre, l’entité sioniste de « destruction » si ce pays attaquait ses installations nucléaires.
« Le centre de recherche nucléaire israélien de Dimona est le site le plus accessible que nous pouvons viser et nous pouvons aller plus loin. A la moindre action de l’entité sioniste contre l'Iran, nous assisterons à sa destruction », a averti le général Jazayeri cité par la télévision iranienne en arabe, Al-Alam.

« Notre réponse à une attaque ne sera pas limitée au Proche-Orient, nous avons des plans prêts pour réagir », a également affirmé le général Jazayeri sans donner de précisions. De son côté, le général Amir Ali Hadjizadeh, commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, a déclaré qu’ « une poignée de dirigeants américains écervelés et atteints, semble-t’il, de la maladie d’Alzheimer, menacent d’assassiner les commandants des Gardiens de la révolution. Ils ne doivent pas oublier que des commandants américains se trouvent en Afghanistan, en Irak et dans les autres pays de la région. Si vous tuez l’un des nôtres, nous tuerons dix des vôtres ».

Les responsables militaires iraniens affirment régulièrement que l'Iran, qui considère les Etats-Unis coresponsables d'une éventuelle frappe israélienne, pourrait s'en prendre à des objectifs militaires américains s'il était attaqué par l’entité sioniste. A plusieurs reprises, ils ont souligné que les forces américaines au Moyen-Orient, et notamment dans le Golfe, étaient vulnérables face aux forces navales iraniennes.

Selon le directeur adjoint du Centre des Etudes internationales chinois de l'Université Tsinghua, Liu Jiangyong, l'entité sioniste ne possède pas les moyens réels d'attaquer les installations nucléaires iraniennes et ses récentes menaces sont purement rhétoriques. « Actuellement, les Etats-Unis et Israël ne peuvent pas faire usage de la force militaire contre l'Iran. Pourquoi lancent-ils alors, de vaines menaces ? », interroge-t’il. D’après l'expert, ces menaces ont pour but de provoquer un mouvement de spéculation sur le marché financier international. Conscients des répercussions de la situation en Libye sur les bourses, « certains lobbys financiers et pétroliers américains » cherchent conjointement avec l'entité sioniste, à peser sur les prix des contrats à terme.

Dimanche 6 novembre, avant que l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) ne rende son rapport sur le programme nucléaire de l'Iran, le président israélien Shimon Peres a averti que « la possibilité d'une attaque militaire contre l'Iran était plus proche qu'une option diplomatique ».
Cependant, l’entité sioniste qui battait les tambours de guerre, a estimé que le dernier rapport de l'AIEA éloignait le scénario d'une attaque contre l'Iran.

La « sévérité sans précédent » du rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien éloigne, pour le moment, le scénario d'une attaque israélienne contre l'Iran, ont indiqué mardi soir deux chaînes de télévision israéliennes.

Ce rapport permet à l’entité sioniste d'attendre « quelques semaines, voire quelques mois » pour voir si la communauté internationale adopte ou pas des « sanctions paralysantes » visant notamment le boycott total de la Banque centrale iranienne et les exportations de pétrole. Le commentateur militaire de la télévision publique israélienne, Yoav Limor, a également estimé « qu'avec ce rapport, l'option militaire est mise de côté. Désormais, le débat dans le monde va porter sur la nature des sanctions qui doivent être imposées à l'Iran ». La dirigeante de l'opposition et chef du parti centriste Kadima, Tzipi Livni, a pour sa part affirmé dans un communiqué, que l’entité sioniste devait utiliser ce rapport pour pousser le monde à agir plus fermement contre le programme nucléaire iranien.   

L'AIEA s’est dit inquiète d’une « possible dimension militaire » du programme iranien mais ne dit rien des 200 ogives nucléaires que possède l’entité sioniste, seule puissance atomique dans la région ! Elle ne dit rien non plus des deux sites israéliens de recherche nucléaire à Dimona et Soreq, qui ne sont jamais inspectés ! Le dernier missile balistique israélien, Jéricho III, est capable d’atteindre l’Iran et toute l’Europe et peut transporter une bombe nucléaire plus de 1000 fois plus puissante que celle lâchée sur Hiroshima. Mais il est vrai qu’Israël n’a jamais voulu signer le traité de non-prolifération des armes nucléaires…


URL : www.partiantisioniste.com/articles/939
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  Journal TV - PAS L'Info !

 

Communications du PAS :

La fin de l’euro avant 2012 ?

Le Printemps arabe se poursuit… en Arabie saoudite !

Nucléaire israélien : Incontrôlable et dangereux !

Le Parti Anti Sioniste renouvelle son appel à la dissolution de la Ligue arabe !

Banqueroute pour une guerre ?

Présidentielle 2012 : Communiqué du Parti Anti Sioniste

 

Actualités antisionistes : 

Syrie : Ce que nos médias ne disent pas…

Israël est la seule menace nucléaire dans la région, mais c’est l’Iran qui est dans le collimateur !

Suite à la manifestation contre la christianophobie… [Communiqué du Centre Zahra France]

 

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extrait d'article :

 

« La troisième guerre mondiale doit être fomentée en profitant des différences causées par l’agentur » des « Illuminatis » entre les Sionistes politiques et les dirigeants du monde islamique. La guerre doit être menée de telle manière que l’islam (les musulmans Monde Arabe) et le sionisme politique (l’État d’Israël) se détruisent mutuellement. Pendant ce temps les autres nations, une fois de plus divisées sur cette question, seront contraintes de se battre jusqu’au point de complet, physique, moral, spirituel et l’épuisement économique … »

« Nous allons libérer les nihilistes et les athés, et nous allons provoquer un formidable cataclysme social qui, dans toute son horreur montrera clairement aux nations l’effet de l’athéisme absolu, origine de la sauvagerie et de la tourmente la plus sanglante. Alors, partout, les citoyens, seront obligés de se défendre eux-mêmes contre une minorité de révolutionnaires dans le monde, d’exterminer ces destructeurs de la civilisation, et les masses déçues par la chrétienté dont les esprit déistes seront à partir de ce moment sans boussole, à la recherche d’un idéal, sans savoir vers quoi tourner leur adoration, recevront la vraie lumière grâce à la manifestation universelle de la pure doctrine de Lucifer, enfin révélée aux yeux de tous, manifestation qui suivra la destruction de la chrétienté et de l’athéisme, simultanément soumis et exterminés en même temps. »

Ordo Ab Chao

Nous retrouvons le thème classique des Illuminatis « Ordo ab Chao » qui signifie crée l’ordre (un ordre nouveau) à partir du chaos. Se servir des élèments pour faire progresser sa cause et mieux encore, les créer de toute pièce pour manipuler l’avenir.

Même si les aspects mystiques échappent à l’esprit du 21 e siècle, le principe est tout à fait cohérent. Les Illuminatis se sont appuyés sur les travaux d’Hegel (1770-1831; contemporain d’Adam Weishaupt, fondateur des Illuminés de Bavière). Selon le philosophe Hegel, les sociétés fonctionnent sur le principe de la « thèse » et de l’ »antithèse », le gouvernement et l’opposition. De ce conflit d’idées résulte en un compromis qui fait que chaque partie adopte certains aspects de l’autre formant un espèce d’hybride appelé « synthèse ». Le but étant de gérer ce conflit permanent et sans vainqueur, car selon Hegel : « le conflit aboutit au changement et le conflit planifié aboutit au changement planifié »

Nous rertouvons donc cette philosophie dans le plan de Pike, avec toujours cette logique de thèse et antithèse. Mais le changement planifié voulu par la secte poursuit un autre but : celui de cheminer lentement vers un Nouvel Ordre Mondial régit par un gouvernement unique.

On peut également observer que la SDN fut crée en réaction à la boucherie de la première guerre mondiale. L’ONU, son grand frère, à la fin de la seconde guerre mondiale. Plus recemment, on parle de gouvernement mondial pour répondre aux crises financières mondialisées, aux pandémies et aux changements climatiques. Toutes ces menaces mondialistes, mondialisées, sans frontières qui nécéssitent l’instauration d’un gourvernement mondial ou d’une autorité mondiale.

Ordo Ab Chao, c’est en fin de compte la traduction latine du « pompier pyromane », allumer un feu pour ensuite prétendre être le seul à pouvoir l’éteindre.

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 12:33

 


Les nuages de la guerre se forment au dessus de l’Iran

par Wayne Madsen

Le 14 novembre 2011

Le puissant lobby d’Israël à Washington, L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), une organisation composée de collaborateurs israéliens, d’infiltrés, et de purs traîtres aux Etats-Unis, est en train de faire passer en force au parlement la loi H.R.1905, qui interdit au président des Etats-Unis, au secrétaire d’état (NdT: ministre des affaires étrangères américain), aux membres de ministère des affaires étrangères ou de tout envoyé spécial, d’avoir de quelconques contacts diplomatiques officiels ou officieux, avec tout membre ou agent du gouvernment iranien. Seulement quand le président en avertit les comités idoines, pourra t’il s’engager dans des contacts diplomatiques avec l’Iran. Israël est ainsi de facto en contrôle de tous les comités des affaires étrangères du congrès américain, ainsi toute demande pour obtenir un contact diplomatique avec l’Iran sera automatiquement transmis au premier ministre israélien Benjami Netanyahou à Jérusalem et israël pourra ainsi circonvenir tout contact irano-américain. L’AIPAC avec cette résolution ne fait que pousser plus avant la vassalité des Etats-Unis à l’état juif.

La stratégie d’Israël est de se rendre certaine que ses plans d’attaque de l’Iran et ses centrales nucléaires, ainsi que peut-êttre d’autres cibles, ne rencontre aucune opposition des cercles diplomatiques états-uniens. Israël a placé ses propres intérêts bien avant et en complète contradiction avec ceux des Etats-Unis.

Face à la probabilité d’une attaque israélienne sur l’Iran, soutenue par l’Arabie Saoudite, l’allié secret d’Israël dans la région, cela a provoqué une véritable onde de choc à travers le Moyen-Orient et l’Asie.

Des pays asiatiques se ruent pour rejoindre l’Organisation de la Coopération de Shangaï (OCS) comme membres à part entière. Confrontés par une intention belligérante des Etats-Unis, de l’OTAN et d’Israël  de renverser les gouvernements de Syrie et d’Iran, le pacte économique, culturelle et de facto de sécurité qui comprend la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan, l’Ouzbekhistan et le Tajikistan, a annoncé après le sommet de leurs premiers ministres à St Petersbourg que l’OCS ouvritait très bientôt ses portes pour l’acquisition de membres de plein-droit pour l’Inde, le Pakistan et l’Iran. Les nations asiatiques veulent geler les interférences des Etats-Unis en Asie.

Avant le sommet de St Pétersbourg, la Russie et la Chine avaient fortement averti l’occident contre quelque ataque militaire contre l’Iran que ce soit. Les mots utilisés en diplomatie internationale rappelaient grande,ent ceux utilisés lors de la guerre froide, quoi qu’il en soit, c’est l’occident ici qui joue le rôle de l’agresseur, même si c’est un agresseur mené par Israël, ses espions et ses infiltrés implantés au sommet de la hiérarchie gouvernementale à Washington, Londres, Paris, Berlin et aussi au sein de la hiérarchie des Nations-Unies.

Même l’état vassal des Etats-Unis, l’Afghanistan, est avide de se libérer de ses liens avec l’OTAN et Washington et a obtenu le statut d’observateur au sein de l’OCS. Des commentaires récents du commandant adjoint à la force d’entraînement de l’OTAN en Afghanistan, le général américain Peter Fuller, ont confirmé que le leadership du gouvernment afghan est erratique, ingrat et coupé de la réalité parce que le président Hamid Karzaï a dit que l’Afghanistan se rangerait du côté du Pakistan si les Américains attaquaient le Pakistan; ces dires résultèrent en son limogeage. Les commentaires de Fuller incitèrent également Karzaï à demander le statut d’observateur dans l’OCS alors que l’agression américaine contre le monde musulman et son opposition à la souveraineté de la Palestine ont vu le respect et le soutien pour Washington dans le monde chuter dramatiquement.

Une autre nation où la CIA, le Pentagone, ont leurs agents rampant et envahissant, la Mongolie, est également un observateur de l’OCS. Il y a également des ‘partenaires en dialogue” de l’OCS, des nations qui pourraient obtenir les statuts d’observateurs ou de membres dans le futur. Celles-ci sont la Biélorussie, le Sri Lanka et une qui devrait inquiéter Tel Aviv et Washington… la Turquie, un membre de l’OTAN. Moscou et Ankara sont tombés d’accord sur le fait que la Turquie devrait éventuellement devenir un membre à part entiére de l’OCS. La Turquie a de très forts points communs historiques et culturels avec les nations d’origine turque d’Asie centrale ainsi qu’avec bon nombre de républiques autonomes d’obédience turque de Russie comme Tuva, le Bashkortostan et l’Adygeya.

La Turquie en a ras le bol de l’interférence israélienne dans ses affaires intérieures et extérieures, comme en est témoin l’attaque vicieuse et sanglante israélienne sur le vaisseau turc d’aide à Gaza le Mavi Marmara, le soutien constant du Mossad pour les attaques terroristes du PKK kurde en Turquie et l’empêchement sous couvert israélien dans l’affaire du réseau de “l’état profond” d’Ergenekon en Turquie.

L’Iran vient de voir l’allié secret le plus connu d’Israël, l’Arabie Saoudite, appointer l’ancien chef du renseignement égyptien et ami très proche de Nethanyahou, Omar Suleiman, comme conseiller de l’héritier apparent du trône des Saouds, le prince Nayef bin Abdul Aziz al-Saud, qui est aussi le ministre de l’intérieur. L’axe Jerusalem-Ryadh se cimente toujours plus alors que le gouvernemnt Obama fait passer 4 000 troupes de l’Irak au koweït and renforce d’autres liens militaires au Bahreïn, QG de la 5ème flotte américaine et au Qatar, aux Emirats Arabes Unis et Oman. La CIA et le pentagone ont établi des bases de drones Predator à Djibouti, aux Seychelles, en Ethiopie et d’après certains rapports, en Arabie Saoudite.

Le faisant fonction de président du Kyrgyzstan, le premier ministre Almazbek Atambaev a annoncé qu’il voulait que les Etats-Unis et l’OTAN quittent le centre de transit aérien de Manas situé dans son pays après à l’expiration du contrat en 2014. Déjà des agents d’ONG financés par Georges Soros au Kyrgyzstan tentent d’insinuer que sous la nouvelle constitution Kyrgyzste, Atambaev n’a pas l’autorité de fermer la base aérienne. C’est exactement ce type d’interférence dans les affaires intérieures des nations asiatiques qui pousse l’OCS à étendre sa base de membres pour inclure deux nations qui ont reçu des menaces directes de l’Amérique: l’Iran et le Pakistan. Les suspicions sur les intentions américaines et les plans militaires ont enterré les demandes de Washington à devenir un partenaire dans le dialogue interne de l’OCS.

Les intérêts de Washington à participer aux sommets de l’OCS ont plus à faire avec une infiltration de la CIA qui jusqu’ici n’a pas le succès escompté au sein du cœur de l’organisation et ce même au travers de ses “alliés” comme le Pakistan, l’Afghanistan et la Mongolie, que de vraiment dialoguer avec les membres de l’OCS et de ses membres observateurs. Après tout, l’AIPAC a réussi avec ses sbires à pousser une loi au travers du parlement américain, qui interdit toute relation diplomatique avec Téhéran.

Le président Obama est sous une extrême pression de la part du lobby israélien et ce pendant une année électorale, de soutenir une attaque militaire israélienne sur l’Iran, action qui inévitablement impliquera les forces armées américaines du moyen-orient et dans le golfe à une guerre contre l’Iran pour les intérêts du régime de Tel- Aviv et de Jérusalem-ouest. Au sommet de G20 à Cannes, le président français Nicolas Sarkozy a été officieusement entendu dire au président Obama qu’il ne “pouvait plus voir Netanyahou, qu’il était un menteur”. Ce à quoi Obama répondît: “tu en as marre de lui, mais moi je dois le gérer tous les jours.”

L’échange entre Sarkozy et Obama est très instructif. Obama n’a pas manifesté de désaccord sur le fait que Nétanyahou est un menteur patenté qui fera ou dira tout ce qu’il peut pour faire avancer les intérêts d’Israël ou globalement du sionisme et ce par dessus tout, même au point de mentir à propos d’une menace nucléaire bidon que serait l’Iran afin de promouvoir une attaque sur celle-ci.

Israël, utilisant ses agents d’influence au sein des délégations des Nations-Unies, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, du Canada, de la Suède et des Pays-Bas, s’est assurée que le directeur de l’agence internationale pour l’énergie atomique (IAEA), Yukiya Amano, teinte son rapport sur les développements du nucléaires iraniens de telle manière que cela n’aurait jamais été toléré par son prédécesseur, Mohamed El-Baradei. Amano n’a certainement pris aucun intérêt du fait que sa propore nation, le Japon, produisait secrètement des armes nucléaires dans le complexe de Fukushima et ce en opposition avec la règlementation de l’IAEA. L’après tremblement de terre, tsunami a mis au grand jour le travail secret qui se déroulait à Fukushima. Amano agit parfaitement volontairement comme un décodeur pour Israël et le lobby israélien en “découvrant” les soi-disant violations de l’IAEA de l’Iran.

Le bulletin des scientifiques de l’atome “Doomsday clock” (NdT: qu’on pourrait traduire par “l’horloge du jugement dernier”), qui est une mesure pour savoir quelle est la distance qui sépare le monde d’une guerre nucléaire, a réajusté la pendule a six minutes avant minuit. En considérant les machinations d’Israël contre l’Iran, la déliquescence totale de l’administration Obama et de la Maison blanche avec l’éviction de son chef du personnel Bill Daley, ainsi que l’invitation par l’OCS faite à l’Iran de venir sous l’ombrelle protectrice de la Russie et de la Chine, la pendule vient juste d’avancer de plusieurs minutes…


Article original en anglais : War Clouds Form over Iran, publié le 10 novembre 2011.

Traduction : Résistance 71

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27657

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 13:58

 

Bombarder.jpg « Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien... »  Harold Pinter (Prix Nobel de littérature)

 


 « L’opération humanitaire » en Libye, qui a été menée tambour battant par les Etats-Unis et l’OTAN, a débouché finalement sur un désastre abominable. Le but de cette équipée guerrière, on le sait, était de faire main basse sur le pétrole et les ressources financières du pays (en plus de déstabiliser la région). Non pas que les sociétés multinationales n’aient pas eu déjà accès à l’or noir, mais il s’agissait expressément pour celles-ci de modifier les termes des contrats d’exploitation (particulièrement favorables au pays) afin de ne plus payer que des droits symboliques...

Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous : les puissances occidentales ont constamment mis la main, d’une façon ou d’une autre, depuis très longtemps, sur les ressources d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie. Les guerres sont pratiquement toujours de nature économique, en ce sens qu’elles tendent à servir les intérêts de grandes firmes bien déterminées. Un système basé sur la course au profit maximum impose littéralement aux multinationales de dominer et de piller les pays « périphériques ». Du reste, étouffés par le poids de la dette, ces pays ne peuvent opposer aucune résistance significative au pillage (c’est à cela justement qu’aboutissent les formules concoctées par le FMI et la Banque Mondiale).

Admettons donc : les multinationales sont « objectivement obligées » de s’emparer des ressources d’autrui, parce que sinon leurs rivaux ne tarderont pas à le faire. Soumises à une compétition acharnée à l’échelle du monde, elles ont besoin d’accéder aux matières premières sans restriction, d’exploiter le travail bon marché, de trouver des débouchés pour leurs capitaux et finalement de contrôler les voies stratégiques des flux commerciaux… Hélas, les forfaits commis ne se limitent pas aux richesses extorquées. Les rapines s’accompagnent toujours d’exactions et de crimes organisés. Les uns ne vont pas sans les autres ; ils sont intimement associés.

 

Il y a plus de deux mois au sujet de la Libye, le CRG (Center for Research on Globalisation) a révélé le recours par l'OTAN à l'uranium appauvri. (1) On ne se contentait donc pas d’envoyer les chasseurs-bombardiers sur les maisons, les hôpitaux et autres infrastructures majeures. Il fallait aussi que des bombes couplées à cette joyeuseté du génie militaire (et de la science) pleuvent par milliers sur la population libyenne. « Dans les empennages des missiles Tomahawk se trouvent des barres d’uranium appauvri de 300 kilos. Si l’on pense qu’un projectile anti-char construit avec du métal d’uranium appauvri en contient environ 30 gr. seulement, on peut imaginer la quantité de poussières d’uranium qui se répand dans l’atmosphère dans les zones d’impact… Là-dessus le silence est total ». (2)

Oui, motus et bouche cousue. Aucun officiel, aucun journaliste (des médias dominants), aucun de ces « experts » qui hantaient les talk show n’avaient fait allusion à cette pluie d’uranium appauvri, une pluie mortelle et sans pitié qui attendait les civils libyens.

Ceux qui consentent aux crimes, fournissent des raisons pour les blanchir ou prennent le parti de se taire sont sans doute plus abjects que les criminels eux-mêmes. Martin Niemöller, un pasteur protestant, disait (années trente) : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité ». (3)                                                                                                                                                                                                       

Une « opération humanitaire pour protéger la population civile » a-t-on dit et répété. Les maitres du monde sont habitués aux subterfuges les plus éhontés. Et les dégâts et pertes en vies humaines sont incommensurables.« Contrairement à ce que la sémantique pourrait laisser entendre, elles [les bombes à uranium appauvri] constituent des armes terrifiantes de destruction massive. Les bombes à uranium appauvri ont été utilisées pour la première fois par Israël dans la guerre du Kippour (octobre 1973) contre l’Egypte. Elles furent ensuite utilisées au Liban, par Israël, et en ex-Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan et en Libye par les USA et diverses “coalitions” occidentales. Elles furent également utilisées par Israël à Gaza (enquête de l’association ACDN). Les bombes à uranium appauvri génèrent cancers, mutations et stérilités dans ces pays-mêmes ou chez les militaires participant aux opérations. [... Elles] libèrent des isotopes dont la durée de vie est de plusieurs milliards d’années ». (4)

  Otan en Libye

Les néo-colonisateurs avides et astucieux sont conduits à détruire méthodiquement les infrastructures et tout ce qui tient debout. La moindre des choses, disent-ils, serait d’avoir l’opportunité plus tard de tout reconstruire (contre espèces sonnantes et trébuchantes). Soit… mais pourquoi contaminer les terres et l’atmosphère par l’uranium appauvri ? Pourquoi utiliser des armes dont l’impact est destiné à durer dans le temps ? Pourquoi générer les cancers, les stérilités et les malformations génétiques à la naissance ? Ce n’est donc pas une simple question de rivalités commerciales, de course au profit, de pétrole, de priorité de contrats mirifiques accordée par les nouveaux satrapes ?

L’administration étasunienne (celle de Bush et celle d’Obama), qui a soutenu et couvert politiquement le recours aux formes de torture les plus cruelles (dont la privation sensorielle), utilise volontiers et vend un peu partout les bombes au phosphore blanc et les grenades antipersonnel. De la même manière qu’elle s’est opposée à la création de la Cour Criminelle Internationale, elle a refusé de signer le traité interdisant les bombes à fragmentation parrainé par l’ONU et adopté par 111 pays en mai 2008.

 

L’Irak, l’Afghanistan et tous les pays que l’Empire et ses vassaux ont voulu « libérer » à coups de missiles, de F-16, d’uranium appauvri et de bombes à fragmentation, sont livrés aux hécatombes, à la détresse et au chaos. Des crimes commis en toute impunité (une résolution contre l’Otan est-elle envisageable ?). En Irak, comme le relève W. Blum, « plus de la moitié de la population est soit morte, mutilée, en prison ou en exil à l’étranger... leur air, leur sol, leur eau, leur sang et leurs gênes sont imprégnés d’uranium appauvri... les enfants naissent avec d’abominables déformations... des bombes à fragmentation n’attendent qu’un enfant pour exploser... une rivière de sang coule aux côtés de l’Euphrate et du Tigre... dans un pays qui ne sera peut-être jamais reconstruit ». (5)

Dans le même sens, P. Sacré écrit : « L’uranium appauvri permet d’augmenter la puissance de perforation des obus contre des cibles blindées ou des bâtiments. Soyons certains que l’Iran aura sa ration d’uranium appauvri, si la “diplomatie” échoue. Depuis le déferlement “libérateur” des hélicoptères et des tanks anglo-saxons […], les habitants de Fallujah [en Irak] ont 4,22 fois plus de risques de développer un cancer que les Egyptiens ou les Jordaniens. Cette probabilité est 12,6 fois plus grande chez les enfants de moins de 14 ans. Le risque de leucémie chez les personnes de 0 à 34 ans est 38,5 fois plus élevé. La mortalité infantile atteint des taux record : 80/1000, soit 4 fois les taux égyptien et jordanien. À partir de 2009, ce taux passe même à 136/1000 !! […] Les radiations provoquent des changements au niveau de l’ADN dont les effets se font en général sentir sur les descendants ». (6)

A cela, il faut ajouter les cinq millions d’orphelins irakiens recensés en 2008… Cinq millions ! Il faudrait combien de centres d’accueil, d’associations caritatives pour prendre en charge une telle masse d’enfants désemparés ? Une question, parmi tant d’autres, qu’il faudrait à l’occasion poser aux scélérats de la Maison Blanche et du Pentagone. Décidément, en dehors des sinistrés eux-mêmes, nul ne peut avoir idée de l’ampleur de la catastrophe. Le Mal infligé dépasse les limites du mesurable et paraît irréversible. L’observateur, s’il s’attache à mettre des visages humains derrière les chiffres funestes, en vient à être bouleversé ad nauseam. Il est inconsolable à jamais.

 

A Gaza, la campagne militaire criminelle, appuyée au grand jour par l’armée étasunienne, contre la population en décembre 2008 est encore dans les mémoires (voir le film poignant « Gaza-strophe »). Les hordes sionistes ne se contentent pas de déporter les Palestiniens, de détruire leurs maisons et leurs oliviers, de les enfermer dans d’énormes enclos à ciel ouvert, de voler leur eau, d’emprisonner leurs enfants de douze ans, de bombarder leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs ambulances, de leur concocter des bains de sang à répétitions… Un étudiant et blogueur palestinien de 21 ans, vivant à Gaza, en dit ceci :« Ils [les israéliens] ont dû se dire : ils ne seront pas capables de tolérer la vie d’enfer que nous allons leur faire mener, nous allons les étouffer de tous les côtés, nous leur causerons tant de douleurs qu’ils ne tarderont pas à imploser ». (7)

Bombarder-2.jpg

Les leaders sionistes s’en lèchent les babines. Et ce Peres, connu notoirement pour sa fourberie répugnante et jouissant duramollissement cérébral des dirigeants occidentaux... On raconte que lors de sa rencontre avec Angela Merkel, il s’est plaint (je cite de mémoire) que « les élections [législatives palestiniennes de 2006] ont conduit à un mouvement radical et dangereux et les pauvres habitants de Gaza n’ont jamais eu droit à un seul jour de démocratie »… Pour la peine, on largue les bombes, on répand le feu tous azimuts. A défaut de « démocratie », allons-y pour le nettoyage ethnique et le génocide. Résultat : 1.400 morts, en plus des infrastructures dévastées.

L’agression meurtrière appelée « Plomb durci » est qualifiée d’action « défensive ». L’idée n’est pas compliquée : éradiquer le Hamas – une organisation terroriste, cela va sans dire – c’est lutter contre l’Iran. Comme l’Europe est censée avoir peur de ce pays, elle applaudit avec ardeur et sans se faire prier. Lorsqu’on n’a rien compris au sionisme, pourquoi se garderait-on de le faire ? Pour reprendre le mot de N. Chomsky, « il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire ».

I. Pappé considère que l’invasion israélo-américaine de 2008 constitue déjà un génocide, que cette « catastrophe humanitaire d’envergure inimaginable », exigerait qu’Israël soit « relégué au statut d’Etat paria ». Comme le rapport Goldstone, Chomsky considère qu’une telle agression est une manifestation indiscutable du terrorisme d’état. C’est la preuve de « l’indifférence pervertie » du tandem Israël–USA pour la vie humaine. (8)

Le massacre, en effet, est orchestré à coup de bombes à uranium appauvri et au phosphore blanc (interdites par les conventions internationales). Les médias aux ordres se sont fait un devoir de préciser qu’« Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements ». Un malfrat prévient un quidam qu’il sera bientôt agressé ou assassiné ; une fois la nouvelle annoncée, la voie est libre.Aucun reproche n’est ainsi possible. Et pour que chacun comprenne bien la chose, les plumitifs se sont empressés d’ajouter que « c'est le Hamas qui a rompu unilatéralement la trêve ».

C’est ici que la leçon des Nazis vient à l’esprit, comme le rapporte Alan Hart, (auteur de “Zionism, the Real Enemy of the Jews”) : « plus le mensonge est grand, plus on le répète, plus il aura de chances d’être cru dans un monde majoritairement composé de Gentils, de judéo-chrétiens ou d’occidentaux ; et cela d’autant plus si les grands médias sont terrifiés par l’idée d’offenser tant soit peu le sionisme ». (9) Vittorio Arrigoni, notons-le au passage, était le témoin objectif et éloquent des répressions et des tueries avant, pendant et après l’invasion de Gaza. On a fini par l’assassiner.

La soldatesque sioniste se venge de quoi ? La haine a divers mobiles plus ou moins conscients : la victoire du Hamas aux élections législatives en 2006 (les Palestiniens n’avaient pas voté comme il le fallait), la défaite subie la même année au Liban (par une armée pourtant « invincible »), les roquettes artisanales rares et quasi inoffensives (lancées approximativement par des civils démunis), la capture par le Hamas de ce brave soldat israélien (réclamé à cor et à cri par tous les humanistes de la planète), le courage et la ténacité héroïques des Palestiniens (le blocus n’a pas réussi à briser leur volonté de résistance) et surtout leur primauté incontestable sur la terre de Palestine.

N’avez-vous pas remarqué ? Lorsque les médias évoquent les atrocités commises contre les civils palestiniens sans défense, c’est toujours d’une façon expéditive et impassible (sans parler des mensonges). Comment expliquer ce manque flagrant de sensibilité morale et de compassion ? L’accusation d’antisémitisme brandie à tout bout de champ par les porte-paroles du sionisme est-elle à ce point paralysante ?


L’évidence surgit : tous les humains  sont égaux, mais certains moins que d’autres. « Le 11 septembre 2001, se demande P. Sacré, est-il plus insupportable que le bombardement de Gaza, l’opération Plomb Durci, au moyen d’armes génocidaires, sources de souffrances horribles, interdites par les conventions de l’ONU et utilisées sur des civils (uranium appauvri, phosphore blanc) ? Tous ces morts, ce jour-là, sur le sol étatsunien, valent-ils plus que des civils Palestiniens, des Roms ou des Somaliens ? Le 11 septembre 2001 est-il plus condamnable parce que ce sont les tours dorées du World Trade Center, symboles de l’Occidental Way of Life, qui ont été pulvérisées plutôt qu’un taudis en Cisjordanie, un village indonésien, ou une caverne en Afghanistan ? » (10)

Souffrances-ignorees.JPG


Voilà où l’on en est. L’ivresse de la suprématie technologique et militaire, la violence bestiale, les mensonges et l'injustice auront-elles une limite ? Le monde peut-il être autre chose qu'un espace de rivalités, de rapines et d’agressions immorales ?


Il faut bien se rendre compte : prendre sa plume pour dénoncer l’horreur est un acte pour le moins modeste en regard de personnes exceptionnelles qui font face seules aux menaces et aux agressions (Olivia Zemor), qui sont incarcérées (Bradley Manning, Julian Assange) ou qui ont fini par perdre la vie (Vittorio Arrigoni, Rachel Corrie, Stefano Chiarini). C’est un acte insignifiant sans doute face à l’hégémonie vindicative et cruelle de l’Empire, face aux puissants marchands de canons, face aux ravages occasionnés par les média-mensonges…

Mais les plumes se multiplient, les sites d’information alternative font un travail prodigieux et captent une audience de plus en plus forte. Rien n’est perdu.

 

Thami Bouhmouch

Casablanca, 30/08/2011.

Publié in : http://www.legrandsoir.info/phosphore-blanc-bombes-a-fragmentation-uranium-appauvri-et-autres-babioles.html 7 septembre 2011.

 

 

(1) Cf. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp ;aid=23885  Juin 2011

(2) Pascal Sacré, http://www.michelcollon.info/La-Belgique-part-en-guerre-sans.html  Juillet 2011

(3) Cité in  http://www.lepost.fr/article/2011/05/13/2494048_cote-d-ivoire-crimes-d-etat-terreur-totale-et-silence-complice-des-medias-francais.html

(4) Dominique GUILLET, http://www.legrandsoir.info/Fukushima-2012-Contamination-radioactive-de-la-chaine-alimentaire-planetaire.html  Mai 2011

(5) William BLUM, http://www.legrandsoir.info/N-oublions-pas-a-quoi-ressemble-une-intervention-humanitaire.html  Mai 2011. Je souligne.

(6) Pascal Sacré, http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=SAC20100924&articleId=21175  Septembre 2010 

(7) Mohammed Rabah Suliman, http://www.legrandsoir.info/Le-siege-israelien-a-libere-la-jeunesse-de-Gaza-Electronic-Intifada.html  Juin 2011

(8) Cités par Javier SETHNESS, http://www.legrandsoir.info/La-crise-infligee-par-les-Sionistes-a-Gaza-Dissident-Voice.html   Mars 2011

(9) Alan Hart,  http://www.alterinfo.net/Le-sionisme-demasque-un-conte-de-fees-qui-est-devenu-un-cauchemar-terrifiant_a42775.html  Février 2010.

 (10) Pascal Sacré, http://www.legrandsoir.info/Reflexions-a-froid-sur-le-11-septembre-2001.html      Septembre 2010.

 

 

.

 

Tiré à part  

Thami BOUHMOUCH : Phosphore blanc, bombes à fragmentation, uranium appauvri et autres babioles 

Dommages Collatéraux... Otan prolonge...

Guerres de l'Otan

Au jour le jour  

Crimes racistes dont le CNP est l'instrument et l'OTAN l'instigateur. 

1  Politique 

Les parties prenantes

a Libye 

b L'Otan 

c  L’Otan de part le monde 

L'otan a la conquête du monde 

Libye 

Metamag : Libye : Bons baisers de l’OTAN.

d Institutions internationales.

2 Brèves

2-1 Il n’y a aucune preuve étayant la présence de mercenaires dans l’est de la Libye

3  Dossiers

3-1 William BLUM : La Libye et le monde dans lequel nous vivons.

3-2 L’arme secrète de l’OTAN, le racisme. 

4-1 Entretien ; Michel Collon à La Nouvelle République : « L’Occident soutient, arme et excuse des gens qui sont des terroristes et des racistes ».

4-2 Michel Collon : Comment l’Otan va s’y prendre pour cacher les actes de terreur…

4-3 Lizzie Phelan : J’ai vu la transition vers la peur à Tripoli.

4-4 Le Conseil National de Transition : un organe fantoche d’agression impérialiste

 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 


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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 06:21

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Les guerres de civilisation

  

Je fais parvenir régulièrement des informations que l'on devrait trouver naturellement dans la presse grand public. Je dois être particulièrement distrait, mais il me semble que l'usage abusif de "leurres utiles" crée un brouillage médiatique qui nous empêche de nous concentrer sur les vraies informations. Hélas, seules les communications diverses et variées, utiles à l'oligarchie au pouvoir actuellement, sont largement diffusées et reprises en boucle par tous les principaux médias.

 

La guerre menée par l'OTAN à la Libye devient une "intervention humanitaire" pour sauver la population civile. Il devient iconoclaste voire sacrilège d'émettre un quelconque doute sur le bien fondé de cette intervention. Le locataire actuel de l'Elysée, à l'instar du caniche de G.W. Bush qu'était Tony Blair, veut à son tour briller dans la basse-cour de l'empire. Il a donc déclenché cette guerre sous la bénédiction des Etats-Unis en se parant des habits de la vertu que lui a fort opportunément offert le nouveau philosophe de "gôche" qu'est Bernard Henri Lévy.

 

Le plus surprenant est l'espèce d'approbation tacite de tous. Où sont les grandes protestations avant l'intervention militaire en Irak? Serions-nous tous devenus  des adepte de la théorie du "Choc des civilisations" chère à Huntington? Ce néocon célèbre, défenseur de l'idéologie ultralibérale a-t-il réussi à anéantir notre capacité d'indignation? La propagande à grande échelle menée par les tenants de la gouvernance mondiale a-t-elle réussi à nous inculquer la novlangue officielle où il suffit d'affirmer pour que ce soit vrai? La chasse aux « dictatures » donne-t-elle le droit de tuer les populations civiles? L'usage des bombes sales est-il au service du bien?

 

"La main invisible du marché" primerait-elle sur les idéaux humanistes sur lesquels se sont constituées les nations européennes au cours des siècles passés?

 

Devant ce silence assourdissant, je m'efforce d'apporter des éléments utiles à la réflexion. Je ne prétends pas détenir la vérité, qui peut s'en prévaloir? Peut-être les personnes auxquelles Audiard pensait dans la fameuse réplique du film " Les tontons flingueurs ": "Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".

 

Pour étayer mes propos je vous soumets une enquête menée par le grand quotidien de référence dans son édition internet sur les terribles malformations dont sont victimes les nouveaux nés à Fallougia depuis le combat mené par les armées américaines contre la révolte sunnite en 2004 dans cette ville. Il est certain que des munitions à l'uranium appauvri ont été utilisées. Sont-elles à l'origine de ces malformations? Je ne sais pas, il faudrait une enquête internationale sérieuse menée par des scientifiques unanimement reconnus pour trancher la question. On peut seulement remarquer que des journaux anglais et américains avaient déjà traité ce sujet inquiétant.

 

Dans la guerre menée contre la Libye, l'OTAN utilise aussi des bombes à l'uranium appauvri...

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/06/10/a-fallouja-les-bebes-monstres-soulevent-des-questions-sur-les-armes-americaines-utilisees-en-2004_1534674_3218.html

 

.

Lucien PONS

 

 

 

Vous aimerez peut-être :

 

Les avions invisibles de Camp Darby et les bombes transportées par trains

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25506

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 15:08

Le Livre "Agent Orange - Apocalypse Viêt Nam"
de André Bouny, préfacé par Howard Zinn, sera en librairie le 5 juin.

 

L’effroyable réalité d’un écocide chimique

Si l’histoire de l’utilisation des poisons, (venins et toxiques) remonte à la nuit des temps, la synthèse chimique a permis d’en démultiplier les effets maléfiques. La guerre du Viêt Nam fut ainsi la plus grande guerre chimique de l’histoire de l’humanité. L’objet de ce livre est d’expliquer précisément comment et pourquoi.

On y apprend de quelle façon, aujourd’hui encore, un demisiècle après le début des épandages, la dioxine pénètre dans l’organisme, quelles maladies elle engendre, et les terribles effets tératogènes qu’elle inflige aux enfants.

La description scientifique des agents chimiques utilisés est aussi précise que la technologie méthodique mise en oeuvre. Celle de l’effroyable catastrophe écologique fait prendre conscience que la destruction du règne végétal précède et précipite une dévastation plus terrible encore.

Les nombreuses photographies exceptionnelles, signées de très grands noms, illustrent l’ampleur de la tragédie actuelle. Cartes géographiques, documents d’archives inédits et témoignages états-uniens viennent démontrer l’intentionnalité de ce véritable écocide. L’auteur propose en outre un nouveau calcul renversant du volume des agents chimiques déversés au Viêt Nam. Dans cet ouvrage exhaustif, il aborde enfin les aspects juridiques avec les procédures intentées au nom des victimes vietnamiennes dans un total silence médiatique.

À l’image du Tribunal international d’opinion qui s’est tenu en 2009 à Paris, ce livre a pour but d’informer le public, premier pas d’une prise de conscience sur la route de la réparation des torts et des souffrances, car il existe aussi un espoir…

Un document bouleversant, comme l’histoire officielle ne la raconte jamais, pour comprendre l’ampleur de la tragédie que vivent au quotidien une multitude des victimes de l’Agent Orange.

La suite dans le PDF :

PDF - 2.8 Mo
Agent Orange - Apocalypse Viêt Nam

"Agent Orange - Apocalypse Viêt Nam" est un ouvrage exhaustif sur le sujet.

Les liens de l’agenda ci-dessous permettent d’accéder en profondeur aux informations sur ce livre.

À l’occasion de la parution du livre Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam, http://www.editionsdemilune.com/age..., les éditions Demi-Lune en partenariat avec le Collectif Vietnam/Dioxine http://www.vietnam-dioxine.org/ vous invitent à rencontrer son auteur, André Bouny.

Trois rendez-vous à Paris
 
Présentation à la presse et aux associations :
 
*
 
Le mardi 8 juin, à 17 heures
Au siège de l’UGVF,
(Union Générale des Vietnamiens de France)
16 rue du Petit-Musc, Paris 4°
Métro Sully-Morland, ligne 7,
ou Métro Bastille, lignes 1, 5 ou 8.
 
Pour plus d’informations, merci de contacter :
Relations Presse
Roxane Caillon : roxane.caillon@gmail.com
Tél. 06 87 32 67 64
 
Présentations publiques :
 
***
 
Le samedi 12 juin à 17 h 30,
à la librairie Résistances,
4, villa Compoint, Paris 17°
(au niveau du 42 de la rue Guy Môquet)
Métro Guy Môquet (ou Brochant), ligne 13
Bus 31, arrêt Davy-Moines
(également lignes de bus 54, 66, 74 et 81)
 
*** ***
 
Le dimanche 13 juin à 17 heures,
à la librairie Le Merle Moqueur,
51 rue de Bagnolet, Paris 20°
Métro Alexandre Dumas, ligne 2
Bus 76, arrêt La Réunion.
 
*** *** ***
 
Une présentation publique à Montpellier,
Le samedi 19 juin, entre 15 et 20 heures
Salle Fernand Pelloutier.
(Antigone, Avenue Samuel de Champlain)
Dans le cadre d’une journée d’informations sur l’Agent Orange à l’initiative de l’association Ad@ly (les amis de Dalat), en partenariat avec la Ligue contre le Cancer et l’UNICEF : une présentation très originale, mais sérieuse et symbolique, de la plus grande couverture tricotée du monde...
 
Merci de nous aider à communiquer ces informations
en les transmettant le plus largement autour de vous...

Editions Demi-Lune
18 rue Eugène Sue
75018 Paris, France

http://www.editionsdemilune.com

 
 
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article103057

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 03:05

Mondialisation.ca, le 14 novembre 2010

Entretiens avec Fidel Castro : Les dangers d’une guerre nucléaire

mercredi 1er décembre 2010, par Comité Valmy

Dans la nécessaire "bataille d’idées" à populariser, ces analyses fondamentales sont à ne pas manquer et à répercuter largement.

Comité Valmy


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AVANT-PROPOS

Du 12 au 15 octobre 2010, j’ai soutenu à La Havane des entretiens prolongés et détaillés avec Fidel Castro au sujet des périls d’une guerre nucléaire, de la crise économique mondiale, du caractère du Nouvel Ordre mondial et d’autres points.

La première partie de ces Entretiens publiée par mondialisation.ca et CubaDebate est axée sur les périls d’une guerre nucléaire. Le monde se trouve à un tournant dangereux. Nous avons atteint un point critique décisif dans notre histoire.

Les entretiens avec Fidel Castro offrent une interprétation de la nature de la guerre moderne : si les États-Unis et leurs alliés décidaient de lancer une opération militaire contre la République islamique d’Iran, ils ne pourraient pas remporter une guerre conventionnelle et il se pourrait dès lors que celle-ci se convertisse en une guerre nucléaire.

On a occulté à l’opinion publique les détails des préparatifs militaires contre l’Iran.

Comment faire face au présupposé diabolique et absurde de l’administration étasunienne : le recours aux armes nucléaires tactiques contre l’Iran rendra le monde plus sûr ?

Le leader de la Révolution cubaine formule un concept de base : la « bataille d’idées ». Seule une grande bataille de ce genre pourrait modifier le cours de l’histoire mondial, afin d’empêcher l’impensable : une guerre nucléaire qui menace de détruire la vie sur la planète.

Les médias transnationaux participent à ce camouflage en minimisant ou en passant sous silence les conséquences dévastatrices d’une guerre nucléaire. En de telles circonstances, il faudra donc écouter le message de Fidel au monde ; tous les peuples de la planète devront comprendre la gravité de la situation et agir énergiquement à tous les niveaux de la société pour inverser le cours des événements.

La « Bataille d’idées » fait partie d’un processus révolutionnaire. Face à ce torrent de désinformation, Fidel Castro est décidé à répandre la parole d’un bout à l’autre du monde, à informer l’opinion publique mondiale, à « rendre l’impossible possible », à empêcher une équipée militaire qui menace, au vrai sens du mot, l’avenir de l’humanité.

Quand une guerre parrainée par les USA se convertit en un « instrument de paix », et que les institutions mondiales et les plus hautes autorités mondiales, dont l’ONU, l’approuvent et l’acceptent, on atteint un point de non-retour : la société humaine court irréversiblement à sa perte.

La « Bataille d’idées » prônée par Fidel doit se traduire en un mouvement mondial. Les peuples doivent se mobiliser contre ces visées bellicistes diaboliques.

Les peuples pourront éviter cette guerre s’ils mettent la pression sur leurs gouvernements et sur leurs représentants élus, s’ils s’organisent localement dans les villes, les villages et les communes, s’ils répandent la parole, s’ils informent leurs concitoyens des conséquences d’une guerre thermonucléaire et s’ils engagent des débats et des délibérations avec les forces armées.

Il faut un mouvement massif des peuples qui conteste énergiquement la légitimé de la guerre, un mouvement mondial des peuples qui la pénalise.

Dans son message du 15 octobre, Fidel Castro a averti le monde des périls d’une guerre nucléaire : « Les dirigeants politiques et militaires des USA nous disent que la guerre provoque des dommages collatéraux, ce qui leur permet de justifier la mort d’innocents. Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait tout simplement l’existence même de l’humanité. Ayons le courage de dire tout haut que toutes les armes, qu’elles soient nucléaires ou classiques, que tout ce qui sert à faire la guerre doit disparaître ! »

La « Bataille d’idées » consiste à faire front aux criminels de guerre qui occupent de hautes responsabilités afin de briser le consensus – piloté par les USA – en faveur d’une guerre mondiale, de modifier la mentalité de centaines de millions de personnes, d’abolir les armes nucléaires. Bref, la « Bataille d’idées » consiste dans son essence à restaurer la vérité et à jeter les fondations d’un monde de paix.

Michel Chossudovsky,

Centre de recherche sur la mondialisation (CRG) www.mondialisation.ca,

Montréal le 11 novembre 2010, Jour du souvenir


« Si les USA font le choix de la guerre classique en Iran, ils la perdront. Et l’alternative de la guerre nucléaire n’en est une pour personne. Par ailleurs, la guerre nucléaire se convertirait inévitablement en une guerre nucléaire mondiale. »

« Je crois que personne au monde ne désire l’extinction de l’espèce humaine. Voilà pourquoi je suis d’avis qu’il faut faire disparaître non seulement les armes nucléaires, mais aussi les armes classiques. Il faut offrir des garanties de paix à tous les peuples sans distinction. »

« Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait tout simplement l’existence même de l’humanité. Ayons le courage de dire tout haut que toutes les armes, qu’elles soient nucléaires ou classiques, que tout ce qui sert à faire la guerre doit disparaître ! »

« Exigeons que le monde ne soit pas conduit à un désastre nucléaire, exigeons la préservation de la vie. »

Fidel Castro Ruz, octobre 2010


ENTRETIENS

Michel Chossudovsky. Je me sens très honoré d’avoir l’occasion d’échanger avec vous sur des questions si fondamentales, qui concernent la société humaine dans son ensemble, et sur la notion que vous avez présentée dans vos dernières Réflexions, la menace qui pèse sur l’Homo sapiens, et qui me semble essentielle.

Alors, quelle est donc cette menace, ce danger de guerre nucléaire et la menace qui pèse sur les êtres humains, sur l’Homo sapiens ?

Fidel Castro Ruz. Depuis bien longtemps, des années, dirai-je, mais surtout depuis plusieurs mois, je m’inquiète de l’imminence d’une guerre dangereuse qui se convertirait vite en guerre nucléaire.

Avant, j’avais axé mes efforts sur l’analyse du système capitaliste en général, sur les méthodes que la tyrannie impériale a imposées à l’humanité. Les USA violent dans le monde les droits humains les plus élémentaires.

Pendant la Guerre froide, on ne parlait pas de guerre, ni des armes nucléaires ; on parlait d’une paix apparente, censément garantie entre l’URSS et les USA, selon la fameuse théorie de la « destruction mutuelle garantie », et il semblait que le monde allait jouir des délices d’une paix prolongée pour une durée illimitée.

Michel Chossudovsky. La fin de la Guerre froide a mis fin à cette notion de « destruction mutuelle » et la doctrine nucléaire a été reformulée. En fait, personne ne pensait à une guerre nucléaire pendant la Guerre froide. Il existait un danger, bien entendu, comme l’a même dit Robert McNamara à un moment donné… Mais la doctrine nucléaire a été reformulée à partir de la fin de la Guerre froide et surtout à compter du 11 septembre.

Fidel Castro Ruz. Vous m’avez demandé quand j’ai commencé à me rendre compte du danger imminent de guerre nucléaire. Je vous l’ai dit : voilà à peine six mois. L’un des faits qui a le plus attiré mon attention à cet égard est le torpillage du Cheonan durant des manœuvres militaires, le meilleur navire de la marine sud-coréenne, dernier cri. C’est ces jours-là que j’ai trouvé sur le site Global Research l’article de ce journaliste qui offrait une information claire et vraiment cohérente du torpillage du Cheonan, qui ne pouvait pas être l’œuvre d’une torpille lancée par un sous-marin nord-coréen vieux de plus de soixante ans, de fabrication soviétique, alors que le Cheonan n’avait pas besoin d’être doté d’appareils de pointe pour le repérer au cours de manœuvres conjointes avec les bâtiments les plus modernes des USA !

Cette provocation contre la République populaire et démocratique de Corée s’ajoutait à mes inquiétudes déjà plus anciennes au sujet d’une agression contre l’Iran dont je suivais de près l’évolution politique. Je savais parfaitement ce qu’il s’était passé dans les années 50 quand l’Iran avait nationalisé les biens de British Petroleum, qui s’appelait alors Anglo Persian Oil Company.

C’est le 9 juin dernier que les menaces contre l’Iran deviennent à mes yeux totalement réelles, quand le Conseil de sécurité adopte la Résolution 1929 qui condamne ce pays pour ses recherches dans le domaine nucléaire et pour avoir produit une petite quantité d’uranium enrichi à 20 p. 100, et l’accuse de constituer une menace pour le monde. On connaît les positions de chaque membre du Conseil de sécurité : 12 voix pour, dont les 5 à droit de veto, 1 abstention et 2 contre, le Brésil et la Turquie. Une fois cette résolution adoptée, la plus agressive de toutes, un porte-avions étasunien dans le cadre d’un groupe de combat et un sous-marin nucléaire franchissent presque aussitôt le canal de Suez avec la coopération du gouvernement égyptien, et sont ensuite rejoints par des bâtiments israéliens dans le golfe Persique et dans les eaux avoisinantes.

Les sanctions imposées à l’Iran par les USA et leurs alliés de l’OTAN sont absolument abusives et injustes. Et je ne comprends pas pourquoi la Russie et la Chine n’ont pas mis leur veto à cette dangereuse Résolution 1929 du Conseil de sécurité des Nations Unies. De mon point de vue, ça a compliqué terriblement la situation politique et mis le monde au bord de la guerre.

Je me suis souvenu des attaques israéliennes contre des centres de recherche nucléaire de pays arabes : d’abord, en Iraq en juin 1981, sans demander la permission à personne, sans en parler à personne, et l’Iraq a accusé le coup ; ensuite, en 2007, contre un centre de recherche en chantier en Syrie. Dans ce dernier épisode, il y a quelque chose que je ne comprends pas : la tactique, autrement dit les raisons pour lesquelles la Syrie n’a pas dénoncé cette attaque israélienne contre un centre de recherche où elle travaillait incontestablement à quelque chose avec la coopération de la Corée du Nord, quelque chose de légal…

J’avoue franchement ne pas comprendre. Il aurait été important de dénoncer cette attaque. Ce sont là deux précédents très importants.

Il y a bien d’autres raisons, à mon avis, pour penser qu’on tentera de faire pareil contre l’Iran, autrement dit de détruire ses centres de recherche ou ses centres de production d’énergie. Le résidu de l’uranium utilisé dans la production d’électricité, c’est, on le sait, le plutonium.

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Michel Chossudovsky. Il est vrai que cette Résolution du Conseil de sécurité annule en quelque sorte le programme de coopération militaire que la Russie et la Chine ont avec l’Iran, en particulier celui de la Russie au système de défense antiaérienne, avec le système S-300.

Juste après cette décision du Conseil de sécurité entérinée par la Chine et la Russie, le ministre russe des affaires étrangères a dit : « Nous avons approuvé cette Résolution, mais ça ne va pas interrompre notre coopération militaire avec l’Iran. » C’était en juin. Mais quelques mois après, Moscou a confirmé que cette coopération militaire serait interrompue, si bien que l’Iran se retrouve dans une situation très grave parce qu’il a besoin de la technologie russe pour maintenir sa sécurité, sa défense antiaérienne.

Mais toutes les menaces à la Russie et à la Chine visent à ce que ces deux pays ne se mêlent pas de l’Iran, autrement dit qu’en cas de guerre, ils n’interviennent absolument pas, après avoir suspendu leur coopération militaire. C’est là une manière d’étendre la guerre au Moyen-Orient sans confrontation avec la Russie et la Chine. Je crois que c’est un peu le scénario actuel.

Les menaces envers la Russie et la Chine sont multiples aux différentes frontières. Le fait que les frontières de Chine soient militarisées, la mer au sud de la Chine, la Mer jaune, la frontière avec l’Afghanistan, le détroit de Taïwan, tout ceci est en quelque sorte une menace pour dissuader la Chine et la Russie de jouer un rôle de puissances dans l’arène géopolitique mondiale et pour préparer le terrain et le consensus en vue d’une guerre contre l’Iran, qui devrait se battre alors que son système de défense antiaérienne est affaibli… En anglais, il existe une expression : a sitting duck, qui veut dire littéralement « un canard assis » et au figuré : une cible facile. Disons donc que l’Iran est une cible facile compte tenu de ses possibilités de défense antiaérienne

Fidel Castro Ruz. À mon avis modeste et serein, il aurait fallu bloquer cette Résolution..

Ça a tout compliqué à plusieurs égards. Sur le plan militaire, comme vous l’avez expliqué, les Russes s’étaient engagés à livrer des S-300 à l’Iran et avaient signé des contrats. Ce sont des armes antiaériennes très efficaces. Ensuite, il y a les livraisons de carburant qui sont très importantes pour la Chine, parce que c’est le pays dont la croissance est la plus forte, et que son économie exige le plus de pétrole et de gaz. Bien qu’il existe des accords avec la Russie de livraisons de pétrole et de gaz, que la Chine développe aussi l’énergie éolienne et d’autres formes d’énergie renouvelables, qu’elle possède d’énormes réserves de charbon, son énergie nucléaire ne croîtra pas beaucoup et ne produira que 5 p. 100 de l’électricité requise, et ce pour bien des années encore, et elle aura donc besoin de beaucoup de gaz et de pétrole, et je ne conçois vraiment pas comment elle pourra obtenir cette énergie et à quel prix si le pays où elle a fait de gros investissements est détruit par les USA !

Mais le risque pire est une guerre de ce genre contre l’Iran. Qui est un pays musulman, qui possède des millions de combattants entraînés et absolument motivés.

L’Iran compte des dizaines de millions de personnes qui ont suivi un entraînement militaire, formés du point de vue politique et entraînés, des millions d’hommes et de femmes entraînés et n’ayant pas peur de mourir. Ce sont des gens qui ne vont pas se laisser intimider et que la force ne va pas faire changer. Par ailleurs, vous avez les Afghans – assassinés par les drones – les Pakistanais, les Iraquiens, qui ont vu mourir de un à deux millions de leurs compatriotes par suite de la guerre antiterroriste engagée par Bush. Vous ne pouvez pas gagner une guerre contre le monde musulman. C’est insolite ! C’est de la folie !

Michel Chossudovsky. Et c’est tout à fait vrai : ses forces classiques sont énormes. L’Iran peut mobiliser du jour au lendemain plusieurs millions de soldats à la frontière iraquienne, à la frontière afghane, et même s’ils mènent une guerre type blitzkrieg, les USA ne pourront pas éviter une guerre classique tout près de leurs bases militaires dans la région.

Fidel Castro Ruz. Cette guerre classique, ils la perdraient. Personne ne peut gagner une guerre classique contre des millions de soldats et de personnes. La population de tout un pays ne va pas se concentrer à un endroit pour que les Étasuniens la tuent !

J’ai été guérillero, et je me rappelle avoir dû beaucoup penser à la manière dont il fallait utiliser nos forces, et je n’aurais jamais commis l’erreur de les concentrer, parce que plus vos forces sont concentrées et plus les armes de destruction massive vous causeront de pertes.

Michel Chossudovsky. Vous avez dit que l’appui de la Chine et de la Russie à la Résolution 1929 au Conseil de sécurité était très important, car elles se font du tort à elles-mêmes. D’abord, la Russie ne peut plus exporter d’armes, qui sont sa principale source de devises, d’autant que l’Iran était l’un des principaux acheteurs. Ça revient donc à tarir une entrée de devises importante qui soutient l’économie de consommation et les besoins de la population russe.

Vous avez aussi signalé à quel point la Chine a besoin de l’énergie pour sa croissance économique. En fait, que la Chine et la Russie aient rejoint le consensus au Conseil de sécurité veut dire en quelque sorte : « Nous acceptons que vous tuiez notre économie, que vous interrompiez nos accords commerciaux avec un pays tiers. » C’est très grave. Le tort n’est pas seulement contre l’Iran, mais aussi pour ces deux pays. Je ne suis pas un homme politique, mais je suppose qu’il a dû y avoir de terribles divisions au sein des dirigeants russes et chinois pour que ces deux pays acceptent de ne pas opposer leur veto au Conseil de sécurité.

Des journalistes russes m’ont dit que ce n’est pas là un consensus du gouvernement en tant que tel, mais une ligne de conduite. Mais des gens au gouvernement ont d’autres points de vue sur les intérêts de la Russie et sur son attitude au Conseil de sécurité. Comment voyez-vous ça ?

Fidel Castro Ruz. Comment je vois la situation générale ? Si les USA font le choix de la guerre classique en Iran, ils la perdront. Et l’alternative de la guerre nucléaire n’en est une pour personne.

Par ailleurs, la guerre nucléaire se convertirait inévitablement en une guerre nucléaire mondiale. D’où, à mon avis, la dangerosité de la situation actuelle vis-à-vis de l’Iran, compte tenu des raisons que vous avancez et de bien d’autres données qui me font conclure que la guerre prendrait un caractère nucléaire.

Michel Chossudovsky. Autrement dit, comme les USA et leurs alliés sont incapables de gagner une guerre classique, ils vont recourir à l’arme nucléaire, mais comme ils ne peuvent pas non plus gagner cette guerre, nous allons tout perdre.

Fidel Castro Ruz. Tout le monde la perdrait. C’est une guerre que nous perdrions tous ! Que gagnerait la Russie à une guerre nucléaire ? Et la Chine ? Quel caractère aurait cette guerre, comment le monde réagirait-il, quels effets aurait-elle sur l’économie mondiale ? Vous l’avez expliqué à l’Université de La Havane, quand vous avez parlé du système de défense centralisé mis au point par le Pentagone. Ça ressemble à de la science-fiction, ça n’a plus rien à voir avec la Deuxième Guerre mondiale. L’autre point, aussi, est très important : la tentative de convertir les armes nucléaires en armements tactiques classiques.

Aujourd’hui même, 13 octobre, j’ai lu dans une dépêche de presse que les habitants d’Hiroshima et Nagasaki protestaient énergiquement devant les essais nucléaires dits subcritiques réalisés par les USA. On les appelle comme ça parce que l’arme nucléaire est utilisée sans qu’on déploie toute l’énergie que permettrait la masse critique.

La voici. Son titre : « Indignation à Hiroshima et à Nagasaki pour un essai nucléaire des USA. »

Hiroshima et Nagasaki, les deux villes japonaises victime d’une attaque nucléaire à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ont déploré aujourd’hui que les USA aient réalisé en septembre dernier un essai nucléaire dit subcritique, parce qu’il ne déclenche pas de réactions nucléaires en chaîne.

L’essai, le premier de ce genre dans ce pays depuis 2006, a eu lieu le 15 septembre dans un centre du Nevada, aux États-Unis. Selon le journal Japan Times, il a été confirmé officiellement par le département de l’Énergie.

Que dit ce journal ?

« "Je le déplore profondément parce que j’espérais que le président Barack Obama prendrait la tête en vue de l’élimination des armes nucléaires", a déclaré aujourd’hui le gouverneur de Nagasaki, Hodo Nakamura, en conférence de presse. »

Vient toute une série de nouvelles à ce sujet.

« L’essai a aussi provoqué des protestations parmi les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, dont celles de plusieurs survivants des bombes nucléaires qui ravagèrent ces deux villes en août 1945.

« "Nous ne pouvons pas tolérer cette action des USA qui trahit la promesse du président Barack Obama de progresser vers un monde dénucléarisé", a affirmé Yukio Yoshioka, sous-directeur du Conseil des victimes de la bombe nucléaire d’Hiroshima.

« Le gouvernement a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de protester. »

Il laisse ça au domaine social. On lit ensuite :

« Ceci porte à vingt-six la quantité d’essais nucléaires subcritiques réalisés par les USA depuis juillet 1997, date de la première. »

La dépêche ajoute :

« Washington estime que ces essais ne violent pas le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT), car ils ne déclenchent pas de réactions en chaîne et ne dégagent donc pas d’énergie nucléaire, de sorte qu’on peut le considérer des essais de laboratoire. »

Les États-Unis disent que ces essais sont indispensables à la sécurité de leur arsenal nucléaire. Comme ils ont de grands arsenaux nucléaires, ils doivent les protéger.

Michel Chossudovsky. Revenons à la menace contre l’Iran. Vous dites que les USA et leurs alliés ne peuvent pas gagner une guerre conventionnelle. C’est vrai. Mais l’arme nucléaire pourrait être utilisée en remplacement d’une guerre classique, et ça, c’est de toute évidence une menace à l’humanité, comme vous l’avez souligné dans vos écrits.

Ce qui m’inquiète, c’est de voir se développer, après la Guerre froide, la notion d’arme nucléaire à visage humanitaire, sous prétexte qu’il ne s’agirait pas d’une arme dangereuse pour les civils. Il s’agirait en quelque sorte de changer l’étiquette de l’arme nucléaire. Selon ces concepts, l’armée nucléaire ne se différencie pas de l’arme conventionnelle. Et maintenant, les manuels militaires disent que l’arme nucléaire tactique ne fait pas de mal aux civils. Au point que, dans une situation donnée, ceux qui décideraient d’attaquer l’Iran à l’arme nucléaire ne se rendraient même pas compte des conséquences que cela pourrait voir pour le Moyen-Orient, l’Asie centrale, mais aussi pour l’ensemble de l’humanité, car ils pourraient dire : « De notre point de vue, cette arme nucléaire est différente de celle de la Guerre froide, et nous pouvons l’employer contre l’Iran pour garantir la paix mondiale. »

Comment voyez-vous ça ? C’est là quelque chose de terriblement dangereux, parce qu’ils croient à leur propre propagande. Une propagande interne au sein des forces armées, au sein de l’appareil politique.

Selon les documents rendus publics en 2002, en 2003, au sujet de l’arme nucléaire tactique, le sénateur Edward Kennedy a même dit à cette époque que c’était une manière d’effacer la frontière entre armes conventionnelles et armes nucléaires. Or, nous y sommes. Nous sommes à une époque où l’arme nucléaire n’est pas différente de la Kalachnikov… J’exagère, bien entendu, mais ça fait partie en quelque sorte de la boîte à outils – c’est l’expression qu’ils utilisent – d’où ils tirent l’armement à employer, si bien que l’arme nucléaire tactique pourrait être employée sur un théâtre de guerre classique. Ça nous conduirait à des scénarios impensables : une guerre nucléaire régionale qui aurait des répercussions à l’échelle planétaire.

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Fidel Castro Ruz. J’ai écouté ce que vous avez dit au cours de la Table ronde télévisée : que ces armes, censément inoffensives pour les habitants proches du lieu d’impact, ont une puissance explosive allant d’un tiers à six fois celle de la bombe qui fut lancée sur Hiroshima.Or, on connaît parfaitement les terribles dommages qu’elle a causés. Une seule bombe a tué instantanément cent mille personnes. Imaginez une bombe six fois plus puissante, ou deux fois, ou aussi puissante, ou seulement le tiers… C’est absurde !

Vous avez aussi parlé à l’Université de la tentative de la présenter comme une arme humanitaire dont pourraient disposer les troupes en opérations. De sorte qu’à un moment donné, un commandant d’une zone d’opération pourrait décider de l’employer parce que plus efficace que les autres, ce qui serait son devoir dans le cadre des doctrines militaires et des enseignements donnés dans les écoles militaires.

Michel Chossudovsky. Dans ce sens, je ne crois pas que cette arme nucléaire soit utilisée sans l’aval, mettons, du Pentagone ou du commandement centralisé, mais je crois qu’elle pourrait l’être sans celui du président des USA et du commandant en chef des forces armées, autrement dit le président en personne. Bref, nous ne sommes plus du tout dans la logique de la Guerre froide, avec son téléphone rouge…

Fidel Castro Ruz Je comprends que ce que vous dites, professeur, au sujet de cette arme qui serait utilisée comme faculté des instances supérieures du Pentagone, et il me semble correct que vous le précisiez pour qu’on ne vous accuse pas d’exagérer le danger de cette arme.

Mais, quand on sait les antagonismes et les discussions entre le Pentagone et le président des USA, on ne doute guère de ce que serait la décision du Pentagone au cas où le chef d’un théâtre d’opérations demanderait l’autorisation d’employer cette arme s’il le juge nécessaire ou indispensable.

Michel Chossudovsky. Il y a un autre facteur : le déploiement actuel des armes nucléaires dans plusieurs pays européens membres de l’OTAN, qui implique tout un déploiement d’armes nucléaires tactiques, en Turquie, en Italie, en Allemagne, si bien que des tas de petites bombes nucléaires se trouvent tout près du théâtre d’opération. Et, par ailleurs, il y a Israël.

De toute façon, je ne crois pas qu’Israël lance une guerre à son compte. C’est impossible des points de vue stratégique et décisionnel. Dans la guerre moderne, où les systèmes de communications, de logistique et tout le reste sont centralisés, c’est là une décision centralisée. Mais il se pourrait que les USA lui donnent le feu vert et qu’Israël lance alors la première attaque. Ce n’est pas du domaine de l’impossible, bien que certains commentateurs disent maintenant que la guerre va commencer par le Liban et la Syrie sous forme de guerre frontalière classique, ce qui servira de prétexte ensuite à une escalade des opérations militaires.

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Fidel Castro Ruz. Hier, 13 octobre, une foule a accueilli Ahmadinejad au Liban en héros national. J’ai lu une dépêche là-dessus ce matin.

On connaît aussi les inquiétudes d’Israël à ce sujet, car les Libanais sont des combattants, qui possèdent trois fois plus de missiles à réaction que lors du précédent conflit avec ce pays, et les techniciens israéliens disent qu’il leur faut l’aviation pour combattre ces projectiles et qu’Israël ne pourrait attaquer l’Iran que pendant quelques heures, et non pendant trois jours, car il faudrait fairea attention au danger des projectiles libanais. Les Israéliens, de ce point de vue, sont de plus en plus inquiets, parce que ces armes font partie de l’arsenal classique des Iraniens. Ceux-ci possèdent par exemple des centaines de lance-missiles contre des bâtiments de surface du côté de la Mer caspienne. Or, on sait, depuis la guerre des Malouines, qu’un bâtiment de guerre peut se défendre contre un, deux ou trois missiles, mais qu’il est incapable de résister à une pluie de projectiles. Les Iraniens possèdent des bâtiments rapides conduits par des gens bien entraînés, car cela fait trente ans que ce pays prépare ses gens et qu’il a mis au point des armes classiques efficaces.

Durant la dernière guerre mondiale, avant l’apparition des armes nucléaires, plus de cinquante millions de personnes ont été tuées par des armes classiques.

Une guerre aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celles du XIXe siècle, avant l’apparition de l’arme nucléaire. Et elles étaient déjà extrêmement destructives. Les armes nucléaires sont apparues à la dernière minute, parce que Truman a voulu les employer, faire un essai avec la bombe d’Hiroshima, dont la masse critique provenait de l’uranium, tandis que celle de la bombe de Nagasaki est née du plutonium. Toutes deux ont tué environ cent mille personnes d’un coup, sans parler de la quantité de gens qui sont décédés ensuite par blessures et irradiation, et qui en souffrent les effets depuis de longues années.

De plus, une guerre nucléaire provoquerait un hiver nucléaire. Je vous parle des dangers que représenterait une guerre par ses dommages immédiats. Mais il suffirait d’une quantité d’armes limitée, par exemple celles que possèdent les deux puissances qui en ont le moins, l’Inde et le Pakistan, pour provoquer un hiver nucléaire qui durerait de huit à dix ans et auquel aucun être humain ne survivrait. En quelques semaines, on ne verrait plus la lumière du soleil.

L’homme est sur la Terre depuis moins de deux cent mille ans. Jusqu’ici, tout se déroulait d’une manière normale, les lois de la Nature jouaient, les lois de la vie se développaient sur notre planète Terre depuis plus de trois milliards d’années. Selon toutes les études, l’existence de l’homme sur la Terre, de l’Homo sapiens, de l’être intelligent ne représente dans le temps que les huit dixièmes d’un million. Voilà deux cents ans, on ignorait virtuellement tout. Aujourd’hui, on connaît les lois qui régissent l’évolution des espèces. Les scientifiques, les théologiens, voire les religieux les plus sincères, qui se faisaient au départ l’écho de la campagne des grandes institutions religieuses contre la théorie de Darwin, acceptent aujourd’hui les lois de l’évolution comme réelles, sans que cela leur ait interdit de professer leurs croyances dans lesquelles les gens trouvent bien souvent une compensation à leurs souffrances les plus vives.

Je crois que personne au monde ne désire l’extinction de l’espèce humaine. Voilà pourquoi je suis d’avis qu’il faut faire disparaître non seulement les armes nucléaires, mais aussi les armes classiques. Il faut offrir des garanties de paix à tous les peuples, sans distinction, aussi bien aux Iraniens qu’aux Israéliens, et il faut distribuer les ressources de la Nature. Il le faut ! Je ne dis pas que ça va se faire, ni que ce soit facile à faire, mais il n’y a pas d’autres solutions pour l’humanité, dans un monde limité en étendue et en ressources déterminées, même si toutes les forces scientifiques sont capables de se développer pour créer des sources d’énergie renouvelables. Le monde compte presque sept milliards d’habitants : il faut mettre en place une politique démographique. Il faut en fait bien des choses. Quand vous les placez toutes ensemble les unes à côté des autres, vous vous posez la question : L’être humain sera-t-il capable de le comprendre et de surmonter toutes ces difficultés ? Vraiment, seul l’enthousiasme peut pousser quelqu’un à dire qu’on va faire face à un tel problème et le régler facilement.

Michel Chossudovsky. Ce que vous avez dit au sujet de Truman est extrêmement important. Truman avait dit qu’Hiroshima était une base militaire et que les civils ne souffriraient pas.

…La notion des dommages collatéraux, qui semble la continuation de la doctrine nucléaire depuis 1945. Je veux dire : pas au niveau de la réalité, mais au niveau de la doctrine et de la propagande. L’argument en 1945 a été en effet le suivant : nous allons sauver l’humanité en tuant cent mille personnes et en niant qu’Hiroshima est une ville civile, non une base militaire. Mais, de nos jours, la falsification est bien sophistiquée, plus généralisée, et l’arme nucléaire est bien plus avancée. Ainsi donc, quand nous parlons de l’avenir de l’humanité et de la menace d’une guerre nucléaire à l’échelle planétaire, il faut comprendre que le mensonge, que la fiction au cœur même du discours politique et militaire nous conduira à une catastrophe sans même que les politiciens comprennent leurs propres mensonges.

Vous avez dit que les êtres humains intelligents existent depuis deux cent mille ans. Mais cette intelligence traduite au niveau des institutions, de la presse, des services de renseignement, des Nations Unies devient le facteur qui va nous détruire, parce que vous finissez pas croire vos propres mensonges, et la guerre nucléaire surviendra sans même que nous nous rendions compte que ce sera la dernière, comme l’avait dit Einstein clairement : Une guerre nucléaire menace la survie de l’humanité, et c’est là la menace mondiale. »

Fidel Castro Ruz. Ce sont de très bonnes paroles, professeur : le dommage collatéral, en l’occurrence, ce serait tout bonnement l’humanité. La guerre est un crime, il n’y a pas besoin d’une nouvelle loi, car, depuis Nuremberg on la considère comme le plus grand crime contre l’humanité et la paix, le plus horrible de tous les crimes.

Michel Chossudovsky. Les textes de Nuremberg le disent clairement : « La guerre est un acte criminel, c’est l’acte de guerre suprême contre la paix. » Ce texte de Nuremberg est très souvent cité. Après la guerre, les Alliés voulaient l’utiliser contre les vaincus. Je ne dis pas que ça ne soit pas valable, mais le fait est que les crimes qu’ils ont commis, eux, contre l’Allemagne, contre le Japon, personne n’en parle.

Fidel Castro Ruz. Et avec l’arme nucléaire, dans le second cas.

Michel Chossudovsky. Bref, c’est pour moi une question extrêmement importante. Si nous voulons former une contre-alliance pour la paix, la criminalisation de la guerre me paraît fondamentale. Il faut abolir la guerre, éliminer cet acte criminel.

Fidel Castro Ruz. Qui juge les principaux criminels ?

Michel Chossudovsky. Le hic, c’est qu’ils contrôlent aussi les cours de justice, et les juges sont aussi des criminels. Que pouvons-nous faire ?

Fidel Castro Ruz. Je dis que ça fait partie de la bataille d’idées.

Et maintenant, il faut exiger que le monde ne soit pas conduit à une catastrophe nucléaire ; maintenant, il s’agit de préserver la vie. Je ne sais, mais je suppose que si les gens prennent conscience que leur propre existence, celle de leur peuple, celle de leurs être les plus chers, jusqu’aux chefs militaires des USA changeraient d’avis, même s’ils ont été formés dans leurs écoles à obéir à des ordres, bien souvent génocidaires, comme cet emploi d’armes nucléaires tactiques ou stratégiques…

Comme tout ceci est insensé, aucun politique n’est exonéré du devoir de faire connaître ces vérités à la population. Il faut y croire ; sans ça, il n’y aurait rien pour quoi se battre.

Michel Chossudovsky. Je crois que ce que vous dites, c’est que, au moment actuel, le grand débat historique de l’humanité est le danger d’une guerre nucléaire qui menace son avenir et que tout débat sur les besoins essentiels ou sur l’économie exige qu’on évite la guerre et qu’on instaure la paix mondiale afin qu’il soit possible de planifier le niveau de vie à l’échelle mondiale à partir des besoins de base. Et que si nous ne solutionnons pas la question de la guerre, le capitalisme ne pourra pas non plus survivre. Est-ce bien ça ?

Fidel Castro Ruz. Non, compte tenu des analyses que nous avons faites, il ne pourra pas survivre. Le système capitaliste et l’économie de marché qui lui donne vie ne vont pas disparaître du jour au lendemain, mais l’impérialisme fondé sur la force, sur les armes nucléaires et classiques à technologie de pointe doit disparaître si nous voulons que l’humanité survive.

Tenez, voyez ce qu’il passe aujourd’hui et qui prouve l’énorme désinformation dont le monde est victime : la nouvelle que les trente-trois mineurs chiliens attrapés à sept cents mètres de profondeur ont été sauvés a plongé le monde dans une jubilation énorme. Je me demande : que fera le monde s’il prend conscience qu’il y a 6 877 596 300 personnes à sauver ? Si trente-trois ont provoqué une telle allégresse universelle et si les médias du monde entier ne parlent que de ça ces jours-ci, pourquoi ne sauve-t-on pas les presque sept milliards de personnes attrapés par le terrible péril de disparaître et de souffrir une mort aussi horrible qu’à Hiroshima et à Nagasaki ?

Michel Chossudovsky. Vous entrez là dans la couverture médiatique que l’on fait de différents événements et de la propagande qui en émane.

Je pense que les Chiliens ont mené une opération humanitaire fantastique. Mais si une menace comme celle que vous dites pèse sur l’humanité, alors, elle devrait faire la une de tous les journaux du monde, parce que la victime est l’ensemble de l’humanité qui pourrait souffrir les conséquences d’une décision prise par un simple général à trois étoiles. Oui, c’est un fait que les medias, surtout occidentaux, cachent la question la plus grave qui concerne potentiellement le monde entier, à savoir le danger d’une guerre nucléaire que nous devons, hélas, prendre au sérieux parce qu’Obama aussi bien qu’Hillary Clinton ont dit qu’ils avaient l’idée d’employer l’arme nucléaire dans une guerre dite préventive contre l’Iran.

Alors, que répondons-nous ? Que dites-vous à Hillary Clinton et à Barack Obama au sujet du recours unilatéral éventuel à l’arme nucléaire contre l’Iran, un pays qui ne représente aucun danger pour personne ?

Fidel Castro Ruz. Je sais deux choses. Ce qui a été discuté, ce qui a été révélé ces jours-ci, les fortes discussions au sein du Conseil de sécurité nationale des USA. C’est toute la valeur du livre de Woodward qui révèle comment se sont déroulées ces discussions. On connaît la position de Biden, d’Hillary, d’Obama… En tout cas, celui qui s’est montré le plus résolu contre l’extension de la guerre, qui a discuté avec les militaires, c’est Obama. C’est un fait, et j’en ai parlé dans mes dernières Réflexions. Le seul à lui avoir donné un conseil, quelqu’un qui avait été son adversaire en tant que républicain, c’est Colin Powell, qui lui a rappelé que le président des États-Unis, c’était lui. Un conseil encourageant.

Je crois qu’il faut leur faire parvenir à tous ce message dont nous avons parlé : je crois que beaucoup lisent sur Global Research les articles que vous publiez. Je crois qu’il faut les divulguer. Et, compte tenu de nos conversations, je me réjouis à l’idée de les faire connaître, et de faire connaître vos arguments, vos raisonnements, car il existe à mon avis un énorme déficit d’information pour les motifs que vous avez expliqués.

Nous, il faut que nous inventions. Quelles seraient les meilleures manières de faire connaître tout ça. À leur époque, les apôtres n’étaient que douze et ils ont entrepris de divulguer les enseignements qu’un prédicateur leur avait transmis. Bien entendu, ils avaient des centaines d’années devant eux ; nous, en revanche, nous ne les avons pas. J’ai consulté la liste des plus de vingt personnalités qui collaborent à Global Research, des gens prestigieux, assurément, qui soulèvent les mêmes points, mais elles ne disposent pas de centaines d’années. Non, le temps est vraiment très court.

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15 octobre avec équipes de la TV cubaine et de Global Research

Michel Chossudovsky. Le mouvement contre la guerre aux USA, au Canada et en Europe est très divisé. Certains pensent que la menace vient d’Iran, que ce sont des terroristes ; il y a beaucoup de désinformation au sein du mouvement antibelliciste.

Même au Forum social mondial, ce problème de la guerre nucléaire ne fait pas partie des débats chez les gens de gauche, les progressistes. Durant la Guerre froide, on en parlait et les gens en étaient conscients.

À la dernière réunion des Nations Unies sur la non-prolifération, l’accent a été mis sur la menace nucléaire provenant non des États, mais des terroristes. Le président Obama disait que la menace vient d’Al Qaeda qui possède l’arme nucléaire. Si vous lisez les discours d’Obama, vous verrez qu’il insinue que les terroristes sont capables de fabriquer de petites bombes nucléaires, ce qu’ils appellent une bombe sale… Bref, l’accent est absolument modifié.

Fidel Castro Ruz. C’est ce qu’on lui dit, c’est ce que veulent lui faire croire les gens qui l’entourent.

Tenez, qu’est-ce que je fais de mes Réflexions ? Je les distribue aux Nations Unies, je les envoie à tous les gouvernements, celles qui sont courtes, bien entendu, et je sais que beaucoup de gens les lisent. La question est de savoir si vous dites la vérité ou non. Bien entendu, quand vous réunissez toute cette information sur un problème plus concret, ça a plus d’impact. Parce que les Réflexions abordent plusieurs problèmes, et ça se dilue. Je crois que, de mon côté, je dois me concentrer davantage sur les choses essentielles, parce que vous ne pouvez pas tout aborder.

Michel Chossudovsky. J’aimerais vous poser une question, parce qu’il y a une question fondamentale relative à l’histoire de la Révolution cubaine. J’estime que ce débat sur l’avenir de l’humanité fait aussi partie du discours révolutionnaire. Si la société dans son ensemble est menacée par une guerre nucléaire, alors il faut provoquer une révolution de la pensée et des actions pour pouvoir contrer cette menace.

Fidel Castro Ruz. Il faut dire, je le répète, que l’humanité est à huit cents mètres de profondeur et qu’il faut la tirer de là. Qu’il faut faire une sorte d’opération de sauvetage. Voilà le message que nous devons transmettre à beaucoup de gens. Si beaucoup de gens le pensent, alors ils vont faire ce que vous faites et vont appuyer les mêmes causes que vous, et ça ne dépendra plus seulement de ceux qui le disent.

Il faut inventer la manière de toucher les masses les plus conscientes. La solution, ce ne sont pas les journaux. Internet existe, il est plus économique, il est plus accessible. Tenez, je vous ai découvert sur Internet en cherchant des nouvelles, pas à travers les agences de presse, les organes de presse ou CNN, mais à travers un bulletin que je reçois tous les jours contenant des articles publiés sur Internet. Plus de cent pages tous les jours.

Hier, vous disiez qu’aux USA, il y a quelque temps, les deux tiers de l’opinion publique étaient contre la guerre en Iran, et que maintenant la moitié et quelque était en faveur d’actions militaires contre ce pays

Michel Chossudovsky. Ce qu’il s’est passé ces derniers mois, c’est qu’on a dit : « Oui, c’est vrai, la guerre nucléaire est très dangereuse, c’est un danger, mais la menace vient d’Iran. » On a vu des affiches à New York qui disaient : « Dis non à un Iran nucléaire ! » Autrement dit, ces affiches présentaient l’Iran comme une menace à la sécurité du monde, alors que ce pays ne possède même pas l’arme nucléaire ! Voilà où nous en sommes. The New York Times a même publié en début de semaine un article où il est dit que les assassinats politiques sont légaux.

Alors, quand vous avez une presse qui vous présente des choses de ce genre, avec le tirage qu’elle a, vous avez fort à faire pour lutter contre. Nous n’avons pas la possibilité d’inverser ce processus à travers les médias alternatifs. D’autant qu’une bonne partie de ces médias alternatifs sont financés maintenant par le pouvoir économique.

Fidel Castro Ruz. N’empêche qu’il faut se battre !

Michel Chossudovsky. Absolument. Le message que vous avez fait hier, c’est qu’en cas de guerre nucléaire le dommage collatéral serait tout bonnement l’humanité.

Fidel Castro Ruz. Oui, l’humanité, la vie de l’humanité.

Michel Chossudovsky. C’est vrai qu’Internet doit continuer de fonctionner comme un instrument de divulgation pour que cette guerre n’éclate pas.

Fidel Castro Ruz. C’est la seule manière de l’empêcher, si nous croyons en l’opinion mondiale. C’est comme l’exemple que je vous ai donné : il y a presque sept milliards de personnes coincées à huit cent mètres de profondeur. Nous devons utiliser la comparaison avec le Chili pour divulguer ces vérités.

Michel Chossudovsky. J’aime la comparaison que vous faites entre le sauvetage des trente-trois mineurs chiliens, qui ont eu droit à une couverture médiatique colossale, et le sauvetage de presque sept milliards de personnes coincées à huit cents mètres sous terre, dont aucun média ne parle et qui ne comprennent pas ce qu’il se passe, mais qu’il faut sauver, parce que l’ensemble de l’humanité est menacée par les armes nucléaires des USA et de leurs alliés qui vont jusqu’à dire qu’ils sont prêts à y recourir…

Fidel Castro Ruz. Et ils vont y recourir s’il n’y a pas d’opposition, de résistance. Ils se trompent, ils sont drogués par leur supériorité militaire et la technologie moderne, et ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils n’en comprennent pas les conséquences, ils croient que tout ça peut se maintenir. C’est impossible.

Michel Chossudovsky. Ou alors ils pensent que c’est une arme classique quelconque.

Fidel Castro Ruz. Oui, ils se trompent eux-mêmes et ils pensent qu’on peut continuer d’employer cette arme. Ils se trompent d’époque, ils ne se rappellent pas ce que disait Einstein, qu’il ne savait pas avec quelles armes on lutterait dans la troisième guerre mondiale, mais que dans la quatrième, ce serait avec des bâtons et des pierres. Et moi, j’ai juste ajouté : « sauf qu’il n’y aura plus personne pour manier les bâtons et les pierres ». C’est la réalité. Je l’ai écrit dans le bref discours que vous m’avez suggéré d’écrire.

Michel Chossudovsky. Le problème que je vois, c’est que le recours à l’arme nucléaire ne va pas forcément conduire à la fin de l’humanité du jour au lendemain, parce que les retombées radioactives sont un phénomène graduel.

Fidel Castro Ruz. Redites ça, je vous prie.

Michel Chossudovsky. L’arme nucléaire a plusieurs conséquences : 1) l’explosion et la destruction sur le théâtre d’opération, ce qui s’est passé à Hiroshima ; 2) la radioactivité qui s’étend graduellement. .

Fidel Castro Ruz. Oui, l’hiver nucléaire, pour ainsi dire. Le prestigieux chercheur étasunien, Alan Robock, professeur émérite à l’Université Rutgers, de New Jersey, a démontré d’une manière irréfutable qu’une guerre entre deux des huit puissances nucléaires possédant le moins d’armes nucléaires provoquerait un « hiver nucléaire ».

Il a fait cette découverte à la tête d’un groupe de chercheurs qui ont utilisé des modèles informatique ultra-scientifiques.

Il suffirait de l’éclatement de cent armes nucléaires stratégiques – sur les 25 000 que possèdent les huit puissances mentionnées –pour provoquer des températures inférieures à zéro sur toute la planète et une longue nuit qui durerait environ huit ans. C’est quelque chose de si terrible, estime Robock, que les gens tombent dans un « état de déni, qu’ils ne veulent pas penser à ça, qu’ils préfèrent simuler que ça n’existe pas ». Il me l’a dit personnellement, au cours d’une conférence internationale qu’il a prononcée et où j’ai eu l’honneur de converser avec lui.

Mais je pars de la thèse suivante : si une guerre éclate en Iran, elle deviendra forcément une guerre nucléaire mondiale. C’est pour ça que je disais hier qu’il n’avait pas été correct de permettre cette résolution au Conseil de sécurité, parce que ça a tout facilité, vous vous rendez compte ?

Une guerre de ce genre aujourd’hui en Iran ne peut être locale, parce que les Iraniens ne vont pas plier devant la force. Si la guerre se maintient comme guerre classique, les États-Unis et l’Europe ne peuvent pas la gagner, et je soutiens qu’elle deviendra vite nucléaire. Si les USA commettent l’erreur de recourir aux armes nucléaires tactiques, une grande commotion se produirait dans le monde et le contrôle des événements leur échapperait.

Si Obama a dû discuter si dur avec le Pentagone de ce qu’il fallait faire en Afghanistan, imaginez alors sa situation avec les soldats étasuniens et israéliens se battant contre des millions de combattants iraniens… Les Saoudiens ne vont pas se battre en Iran, ni les Pakistanais ni d’autres soldats arabes ou musulmans. Et il se peut que les Yankees aient de sérieux conflits avec les tribus pakistanaises qu’ils attaquent et tuent avec leurs drones, et ils le savent. Quand ils lancent des drones contre elles, ils attaquent d’abord et ils avertissent ensuite le gouvernement, pas avant, et c’est une des choses qui irritent le plus les Pakistanais. Il y a là-bas de forts sentiments anti-étasuniens.

Ils se trompent s’ils croient que les Iraniens se rendront s’ils emploient contre eux les armes nucléaires tactiques, et le monde serait vraiment bouleversé quand il sera peut-être trop tard.

Michel Chossudovsky. Ils ne peuvent pas gagner une guerre classique.

Fidel Castro Ruz. Non, ils ne peuvent pas.

Michel Chossudovsky. On l’a déjà vu en Iraq, et en Afghanistan, ils peuvent détruire le pays, mais ils ne peuvent pas le gagner d’un point de vue militaire.

Fidel Castro Ruz. Mais le détruire à quel prix ! À quel prix pour le monde ! À quel coût économique ! Ce serait la marche à la catastrophe. Les problèmes que vous avez signalés s’aggravent, et même le peuple étasunien réagirait. Parce que le peuple étasunien, même s’il r

éagit bien souvent en retard, finit par le faire, et il le ferait devant les pertes, les morts…

Bien des gens appuyaient l’administration Nixon lors de la guerre du Vietnam. Nixon avait même suggéré à Kissinger d’employer l’arme nucléaire contre ce pays, et Kissinger l’a convaincu de ne pas faire ce pas criminel. Les USA ont été contraints de mettre fin à la guerre par le peuple étasunien, ils ont été contraints de négocier et d’abandonner le Sud. L’Iran devrait renoncer au pétrole de la zone. Qu’est-ce que les USA ont abandonné en partant du Vietnam. Des dépenses. Et vous les voyez maintenant de nouveau au Vietnam, achetant du pétrole, faisant des affaires… De nombreuses vies se perdraient en Iran, et les installations pétrolières seraient peut-être détruites dans une grande partie de la région.

Dans la situation actuelle, il est très probable qu’ils ne comprennent pas notre message. Si la guerre éclate, je suis convaincu que ni eux-mêmes ni le monde n’y gagneront. Si elle restait une guerre conventionnelle, ce qui est très peu probable, ils la perdraient irrémédiablement ; et si elle devenait nucléaire, c’est toute l’humanité qui la perdrait.

Michel Chossudovsky. L’Iran a des forces classiques tout à fait significatives.

Fidel Castro Ruz. Des millions d’hommes.

Michel Chossudovsky. Des forces terrestres, mais aussi des missiles et des possibilités de se défendre.

Fidel Castro Ruz. Tant qu’il restera un homme avec un fusil, c’est un ennemi qu’ils devront vaincre…

Michel Chossudovsky. Et il y a des millions de gens avec des fusils. Et plusieurs millions de fusils.

Fidel Castro Ruz. Des millions. Et Washington devrait sacrifier de nombreuses vies étasuniennes, et ce serait alors, hélas, que le peuple réagirait, quand il serait trop tard. Il faut l’écrire, il faut le divulguer dans toute la mesure de nos possibilités. Rappelez-vous que les chrétiens étaient persécutés, enfermés dans les catacombes, assassinés, lancés dans la fosse aux lions, qu’ils ont refusé pendant des siècles de renier leur foi, et que ce sont eux ensuite qui ont fait pareil aux musulmans sans jamais parvenir à les faire plier.

Il existe de nos jours une guerre réelle contre les musulmans. Comment peut-on oublier ainsi les leçons de l’Histoire ? J’ai lu beaucoup d’articles de vous sur les dangers de cette guerre.

Michel Chossudovsky. Revenons à l’Iran. Ce que je crois très important, c’est que l’opinion mondiale comprenne le scénario de la guerre. Vous dites clairement que les USA perdront la guerre classique, comme ils sont en train de la perdre en Iraq et en Afghanistan, parce que l’Iran dispose de bien plus de forces classiques que l’OTAN.

Fidel Castro Ruz. Bien plus expérimentées et motivées. Les USA sont actuellement en guerre en Afghanistan et en Iraq, mais il y a une troisième guerre qu’ils ne mentionnent pas : les Pakistanais appartenant à la même ethnie que celle qui résiste en Afghanistan, et qu’ils considèrent perdue, comme on peut le constater par les discussions à la Maison-Blanche, selon les révélations du livre de Woodward, Les guerres d’Obama. Imaginez alors un peu qu’on y ajoute la guerre qu’ils devront livrer en Iran pour liquider ce qui restera après les premières frappes !

Donc, les USA se retrouveront soit dans une situation de guerre classique qu’ils ne peuvent pas gagner, soit contraints à une guerre nucléaire mondiale, dans des conditions qui provoqueraient une terrible commotion dans le monde. Je ne sais vraiment pas qui pourrait justifier le genre de guerre qu’ils doivent faire. Ils ont comptabilisé quatre cent cinquante objectifs à détruire en Iran, dont certains par des ogives nucléaires tactiques à cause de leur emplacement dans les montagnes ou de la profondeur où ils se trouvent. Bien des personnels russes et d’autres nationalités qui collaborent avec les Iraniens périraient.

Comment réagirait l’opinion mondiale face à cette frappe que les médias ont stimulée d’une manière tout à fait irresponsable avec le soutien de nombreux Étasuniens ?

Michel Chossudovsky. Par ailleurs, l’Iran, l’Iraq, l’Afghanistan sont tous des pays voisins. L’Iran a des frontières avec l’Afghanistan et avec l’Iraq, tandis que les USA et l’OTAN ont des installations militaires dans les pays qu’ils occupent. Que va-t-il se passer ? Les troupes iraniennes franchiront les frontières aussitôt, je présume…

Fidel Castro Ruz. Je ne sais pas quelle tactique suivra l’Iran. Mais si j’étais eux, je ne concentrerai pas mes troupes, parce qu’elles seraient alors victimes plus faciles de l’attaque aux armes nucléaires tactiques. Compte tenu de cette menace, le mieux serait que l’Iran utilise une tactique pareille à celle que nous avons employée dans le Sud de l’Angola quand nous avons soupçonné que l’Afrique du Sud disposait d’armes nucléaires : nous avons créé des groupes tactiques de mille combattants dotés d’une puissance de feu terrestre et antiaérienne. Ainsi, les armes nucléaires n’auraient jamais pu frapper des concentrations de soldats. Et les missiles à réaction et d’autres armes similaires appuyaient nos forces. Les armes et le terrain changent, et les tactiques doivent changer constamment.

Michel Chossudovsky. Des troupes dispersées, donc.

Fidel Castro Ruz. Dispersées, mais pas des hommes isolés. Un millier d’hommes dotés des armes adéquates, sur un terrain sablonneux : dès qu’ils arrivaient quelque part, ils devaient creuser et se protéger sous terre, en gardant toujours la plus grande distance entre les composants. Nous n’avons jamais offert à l’ennemi l’occasion de frapper un coup décisif sur les 60 000 soldats cubains et angolais dans le sud du pays.

Ce que nous avons fait dans ce pays frère, c’est ce qu’une armée de cent mille hommes aurait fait selon des critères traditionnels. Nous n’étions pas cent mille dans le Sud angolais, mais 60 000 entre Cubains et Angolais. Compte tenu des exigences techniques, les groupes tactiques étaient constitués principalement de Cubains, parce qu’ils conduisaient les chars, maniaient les missiles, la DCA, les communications, mais l’infanterie, elle, était formée de soldats cubains et angolais, dotés d’un grand esprit de lutte, qui n’ont pas hésité un instant à faire face à l’armée blanche de l’apartheid appuyée par les USA et Israël. Qui manipulait les nombreuses armes nucléaires existant alors ?

En Iran, des nouvelles révèlent que les gens creusent des trous, et quand on le leur demande, ils répondent qu’ils font des cimetières pour enterrer les envahisseurs. Je ne sais pas si c’est de l’ironie, mais je crois qu’ils doivent vraiment creuser beaucoup pour protéger leurs forces de l’attaque dont on les menace.

Michel Chossudovsky. Mais l’Iran peut mobiliser plusieurs millions de combattants.

Fidel Castro Ruz. Ce ne sont pas seulement les troupes qui sont décisives, mais aussi les postes de commandement. À mon avis, la déconcentration est très importante. Les attaquants s’efforceront d’empêcher la transmission des ordres. Chaque unité de combat doit savoir d’avance ce qu’elle doit faire en toutes circonstances. L’attaquant s’efforcera de frapper et de désarticuler la chaîne de commandement par ses armes radioélectroniques. Il faut tenir compte de tous ces facteurs. L’homme n’a jamais connu une telle expérience.

En tout cas, l’Afghanistan et l’Iraq sont des bagatelles comparées à ce qu’ils vont trouver en Iran : l’armement, l’entraînement, la mentalité, le type de soldat… Si, voilà trente et un ans, les soldats iraniens nettoyaient les champs de mines en marchant dessus, ils seront sans aucun doute les adversaires les plus redoutables auxquels se heurteront les Étasuniens.

Traduction de l’espagnol par Cuba Debate.

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 07:08
Fidel CASTRO

Huit pays possèdent entre eux plus de vingt mille ogives nucléaires : les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni, la Chine, Israël, l’Inde et le Pakistan, dont plusieurs ont entre eux de profondes différences économiques, politiques et religieuses.

Le nouveau traité START, que les principales puissances nucléaires ont souscrit à Prague en avril, n’est guère plus qu’une illusion au sujet du problème qui menace l’humanité.

La théorie de l’ « hiver nucléaire », élaborée et perfectionnée par Alan Robock, un éminent chercheur et professeur de l’université Rutgers, de New Jersey, un scientifique modeste qui préfère reconnaître les mérites de ses compagnons plutôt que les siens, s’est avérée véridique.

Pour eux, la seule forme d’éviter le recours aux armes atomiques est de les supprimer. Le peuple étasunien, situé à un endroit privilégié de la planète qui lui permet de jouir des niveaux de vie et de richesse les plus élevés au monde malgré ses incroyables gaspillages de ressources non renouvelables, devrait être celui qui s’intéresse le plus à l’information qu’offre les scientifiques. Pourtant, combien d’espace les médias consacrent-ils à ce sujet ?

Selon Robock, la théorie de l’ « hiver nucléaire » nous a appris ceci :

« Si ces armes n’existaient pas, on ne pourrait pas les employer. Et il n’existe absolument aucun argument rationnel pour le moment qui puissent justifier leur emploi. Si on ne peut les employer, alors il faut les détruire, ce qui nous protégerait des accidents, des erreurs de calcul et de toute attitude démentielle.

« …les ordinateurs qui fonctionnaient à partir de modèles ultramodernes sont devenus le seul laboratoire possible, et les événements historiques – dont les villes rasées par les incendies après les séismes et les bombardements en temps de guerre, les colonnes de fumée des incendies de forêt et les nuages causés par les éruptions volcaniques, sont devenus la pierre de touche des évaluations scientifiques. »

La prolifération des armes nucléaires – au sein d’un club où sont entrés Israël, l’Inde et le Pakistan et dont d’autres pays aspirent, semble-t-il, à être membres – a obligé Robok et ses compagnons à réviser leurs premières recherches, aboutissant à des résultats surprenants qu’ils ont détaillés dans une série d’articles récents.

Bien que les USA et la Russie se soient engagés à avril à Prague à réduire leur arsenal nucléaire opérationnel d’environ deux mille ogives, la seule façon réelle d’éviter une catastrophe climatique mondiale serait d’éliminer les armes atomiques.

« …n’importe quel pays qui envisagerait de s’engager sur la voie nucléaire devrait reconnaître qu’il met en danger, non seulement sa population, mais aussi le reste du monde. Il est temps que le monde pense une bonne fois pour toutes aux dangers des armes atomiques, s’engage sur la voie de la paix et élimine la possibilité d’une catastrophe climatique mondiale provoquée par l’énergie atomique, pour la première fois depuis le milieu du siècle dernier.

« …le recours aux armes nucléaires en cas d’une attaque totale contre une ennemi serait suicidaire, à cause du froid et de l’obscurité anormaux que provoquerait la fumée des incendies causés par la bombe. En réalité, la preuve est faite que plus un pays possède de bombes atomiques et moins il est en sûreté. »

Albert Einstein a affirmé : « Le pouvoir libéré de l’atome a tout changé, hormis notre façon de penser, et c’est pourquoi nous avançons sans cap vers une catastrophe sans précédent. » Carl Sagan avait dit que notre politique des armes atomiques était « une voie sur laquelle personne ne pensait ».

A la fin de sa conférence, j’ai demandé au professeur Alan Robock : « Combien de gens dans le monde connaissent ces données ? » À quoi il m’a répondu : « Très peu. » J’ai ajouté : « Et dans votre pays ? » « Pareil, on ne les connaît pas. »

Ne doutant pas de cette triste réalité, j’ai ajouté : « Ça ne sert à rien de les connaître nous-mêmes, il faut que le monde les connaisse. Peut-être faut-il chercher des psychologues qui nous expliquent pourquoi les masses ne comprennent pas. »

« J’ai une réponse – s’est exclamé le scientifique – ça s’appelle le déni. C’est si horrible que les gens ne veulent pas y penser. Il est plus facile de faire semblant de croire que ça n’existe pas. »

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"Hiver Nucléaire"- un fond d’écran téléchargeable...

Sa conférence d’une heure, au cours de laquelle il utilisa des graphiques, des données et des photos projetés sur un écran, fut claire, précise, éloquente. Aussi lui ai-je dit : « Qu’est-ce que c’est que conscientiser, quelque chose dont nous parlons tant ? Qu’est-ce que créer de la culture ? Et à quel point vous sentez-vous découragés, vous les scientifiques, de constater que les gens ne savent même pas ce que vous faites, malgré toutes les heures que vous y investissez ? »

Je lui ai dit qu’il aurait été impossible de divulguer une conférence comme la sienne à Cuba ou dans le monde à l’époque où la radio, la télévision et Internet n’existaient pas, à plus forte raison quand tant de gens ne savaient ni lire ni écrire.

J’ai promis au professeur de divulguer l’information qu’il nous avait fournie sur la théorie de l’ « hiver nucléaire » dans un langage que même des enfants cubains de huit ans pourraient comprendre, une théorie que nous connaissions mal, et que je me suis fait un devoir d’écouter à cause de mon inquiétude concernant l’éclatement d’une guerre atomique mondiale.

Aucune autre époque de l’histoire humaine ne ressemble à la nôtre. Si les décideurs, dotés de l’immense pouvoir que la science et la technologie ont mis entre leurs mains ne comprennent pas de tels risques, alors la prochaine guerre mondiale sera assurément la dernière, et des dizaines de millions d’années s’écouleront peut-être avant que de nouveaux êtres intelligents tentent d’en écrire l’histoire.

Le hasard a voulu que, hier, lundi 20, j’aie appris que le bateau de croisière de Peace Boat arriverait le 21 au petit matin à La Havane en provenance des Canaries, avec plusieurs heures de retard à cause des cyclones. Il s’agit d’une ONG internationale qui possède le statut consultatif spécial auprès de l’ONU et qui organise depuis 1983 des voyages dans le monde pour promouvoir la paix, les droits humains, le développement juste et durable et le respect de l’environnement, et qui a été candidate en 2009 au Prix Nobel de la paix en raison de sa campagne mondiale pour prévenir la guerre.

Yoshioka Tatsuya, fondateur et directeur de Peace Boat, m’a fait parvenir à travers le chef des visiteurs, Nao Inoue, une lettre où il affirme :

« Notre organisation travaille depuis des années, et récemment nous collaborons avec des pays de l’ALBA… qui s’engagent clairement envers l’abolition des armes atomiques, la prohibition des bases militaires étrangères et le règlement pacifique des différends internationaux. […] Le Japon, le seul pays, vous le savez, à avoir souffert un bombardement atomique, conserve toujours une Constitution pacifiste dont l’article 9 stipule formellement le non-recours à la guerre et interdit le recours à la guerre dans les différends internationaux.

« …un des thèmes spécialement intéressants de notre action est la suppression des bases militaires étrangères, une situation que connaissent le Japon et différents endroits du monde, et nous jugeons que des bases étrangères comme celles qui existent à Guantánamo y Okinawa causent des dommages irréversibles à l’environnement et fomentent la guerre et non la paix mondiale. »

Peace Boat a organisé soixante-dix voyages à travers le monde, celui-ci compris, qui ont permis à non moins de quarante mille personnes de visiter plus de cent pays. Son slogan est : « Apprends des guerres du passé pour bâtir un avenir de paix. »

En vingt ans, cette ONG a envoyé son navire dans notre pays à quatorze reprises, surmontant les obstacles et les écueils imposés par les USA ; elle mène des campagnes de dons importants aux secteurs de l’éducation et de la santé, fondamentalement.

Elle est présente aux nombreuses réunions et rencontres internationales de solidarité avec Cuba. C’est une amie vraiment solide de notre patrie. Elle a été décorée en mai 2009 de l’ordre de la Solidarité que décerne le Conseil d’État de la République de Cuba sur proposition de l’Institut Cubain d’Amitié avec les Peuples (ICAP).

Ça a été pour moi un grand honneur d’avoir été invité à une réunion avec une représentation des visiteurs, et je leur ai alors proposé de le faire au palais des Congrès pour qu’elle soit la plus nombreuse possible. M. Nao Inoue a pris la parole, ainsi que Mme Junko Watanabe, une survivante, qui n’avait que deux ans quand la première bombe atomique fut larguée sur Hiroshima : elle se trouvait avec un petit frère dans la cour de chez eux, à dix-huit kilomètres du point d’impact de la bombe qui fit disparaître le plus gros de la ville, tua sur le coup plus de cent mille personnes et causa de graves dommages au reste des habitants.

Elle a raconté ses souvenirs dramatiques, quand, des années plus tard, elle vit les images et apprit les détails de ce bombardement brutal qui causa tant de souffrances à tant d’innocents qui n’avaient rien à voir. L’utilisation de cette arme de destruction massive, alors que l’empire japonais était déjà vaincu, fut un acte inutile conçu à dessein pour terroriser le monde, car elle fut larguée, non sur une installation militaire, mais une population civile désarmée. Les images de ce crime épouvantable n’expriment pas autant que la voix de Junko Watanabe le racontant. J’ai saisi l’occasion pour exposer mes vues et informer nos amis japonais, qui se battent pour abolir les armes atomiques, les bases militaires et la guerre, des efforts que consent notre patrie pour éviter un conflit nucléaire qui pourrait liquider notre espèce humaine.

Fidel Castro Ruz


Le 21 septembre 2010

Traduction J-F Bonaldi, La Havane

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 07:11

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Publié dans Armement, Géopolitique, Géostratégie, Russie, Technologies, États-Unis par Bao le 29 avril 2010

par Saïd Ahmiri

Après plus d’une année d’intenses négociations, les États-Unis et la Russie sont finalement parvenus à accorder leur violon dans le dossier du nouveau traité des armes stratégiques. L’ancien traité, le START I, a expiré le 5 décembre 2009 sans que Washington et Moscou ne soient parvenus à conclure les négociations, en raison notamment de l’implantation du projet de bouclier antimissile en Pologne et en Tchéquie, finalement abandonné par le président Barack Obama et remplacé par une base de missiles SM-3 dans les Balkans. Au premier regard, la signature du traité START III semble être une bonne nouvelle mais faut-il se réjouir pour autant ? La course mondiale à l’armement incite à penser le contraire. Les trois principales puissances mondiales émergentes, la Chine, l’Inde et le Brésil, dépensent des dizaines de milliards de dollars pour acquérir des équipements modernes, en phase avec les risques actuels telle que la guerre électronique. Des acquisitions qui poussent les pays limitrophes à passer commande à leur tour, au plus grand bonheur des marchands d’armes, conduisant ainsi leur région vers la pente dangereuse d’une potentielle déstabilisation.

Dans cette première partie, sera abordée l’histoire du désarmement nucléaire au travers des différents accords bilatéraux américano-russes et des traités internationaux et régionaux.

 


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Les accords bilatéraux

SALT : Acronyme de Strategic Arms Limitation Talks, il s’agit des négociations sur la limitation des armes stratégiques qui ont été entamées le 17 novembre 1969 entre les États-Unis et l’URSS et qui aboutiront à la conclusion des traités de désarmement SALT I en 1972 et SALT II en 1979. Des négociations qui visaient à définir les limites du nombre d’équipements de défense antimissiles balistiques (Traité ABM) et les armements offensifs stratégiques (Accord SALT) mais qui n’interdisait pas la recherche, l’expérimentation et le développement de nouvelles armes. C’est le commencement de l’histoire du désarmement nucléaire qui va déboucher sur une kyrielle d’accords sur les arsenaux nucléaires des deux pays, leur démantèlement progressif ainsi que sur l’entente diplomatique contre le développement d’armements nucléaires par d’autres pays.

SALT I : Les accords du traité SALT I ont été signés le 26 mai 1972, à Moscou, par les présidents Richard Nixon et Léonid Brejnev. Le Traité ABM (Anti-Ballistic Missile) sur la limitation des systèmes de missiles anti-balistiques fut l’accord principal du SALT I. La signature du traité SALT I avait pour principe d’établir un lien entre la limitation des armements stratégiques défensifs et la limitation des armements stratégiques offensifs pour contribuer à renforcer la stabilité mondiale et ainsi limiter la course aux missiles intercontinentaux ICBM (Intercontinental Ballistic Missile). Le traité SALT I a concrétisé le début de « la politique de détente » de la Guerre Froide entre les deux superpuissances.

Le Traité ABM prévoyait trois objectifs fondamentaux : 

 

  1. Le déploiement d’un système ABM sur l’ensemble des territoires étatsunien et russe était interdit. Ce système de défense antimissile n’est autorisé que sur un seul site, soit la capitale du pays soit autour d’un site de lancement de missiles ICBM de longue portée (supérieur à 5.500 km). L’URSS décida d’établir un système ABM autour de Moscou et est opérationnel depuis 1968. Il comprend 4 bases de lancement et 100 missiles. Les États-Unis déployèrent le système Safeguard et décidèrent de protéger une zone de lancement de missiles ICBM, basée à Grand Forks dans l’État du Dakota du Nord. Après des années de travaux, le système ABM étatsunien doté de 2.500 missiles anti-missiles balistiques sol-air LIM-49A Spartan, armés d’une ogive thermonucléaire W71 de 5 mégatonnes (mT), et Sprint, armés d’une ogive thermonucléaire W66 et atteignant une vitesse de Mach 10 en 5 secondes, fut déclaré opérationnel en octobre 1975. Le lendemain, sa fermeture fut décidée par un décret spécial du Congrès des États-Unis et fut effective en février 1976, en raisons des doutes pesant sur l’efficacité du système face aux missiles soviétiques à têtes multiples et l’analyse des effets que produirait la détonation des charges nucléaires de l’intercepteur comme du missile intercepté. Nous savons qu’une explosion nucléaire à haute altitude produit une forte impulsion électromagnétique (EMP) qui a pour effet de détruire les dispositifs électroniques à la surface. Le programme Safeguard aura couté 23,1 milliards de dollars.
  2. Il était interdit de mettre au point ou de déployer des systèmes ABM en mer, dans l’air, dans l’espace extra atmosphérique ou sur des plates-formes terrestres mobiles. Seule était autorisée, la mise au point de nouveaux systèmes antimissiles de défense pour les deux zones autorisées par le Traité ABM. Ces systèmes doivent êtres fixes et terrestres.
  3. Les États-Unis et l’URSS s’engagaient à ne pas transférer à d’autres États ou de déployer hors de leur territoire des systèmes ABM ou leurs composantes.
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Le Sea-Based X-Band Radar (radar marin en bande X, en français) est une station radar flottante et mobile, capable de fonctionner par grand vent et mer forte. Il fait partie du programme de bouclier antimissile étatsunien.

Après l’annonce du retrait officiel rendue public le 13 décembre 2001, les États-Unis ne font plus parties du traité ABM depuis le 13 juin 2002. Des consultations régulières et des échanges d’informations ont été prévus pour dissiper tout malentendu avec la Russie et envisager une coopération pour la défense antimissile de l’Europe.

SALT II : Les accords du traité SALT II ont été signés le 18 juin 1979, à Vienne, par les présidents Jimmy Carter et Léonid Brejnev. Le traité SALT II devait rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 1985. Après ce deuxième round de négociations sur la limitation des armes stratégiques offensives, débuté en 1977 peu de temps avant que le traité SALT I n’arrive à échéance, le traité SALT II apportait d’importantes limitations supplémentaires par rapport aux engagements pris par le traité SALT I et définissait entre autre un plafond précis sur le nombre de bombardiers, de lance-missiles terrestres, la réglémentation de leur emplacement et le nombre de radars. Ce qui impliquait par conséquent la destruction du surnombre. Les différents accords du traité SALT II obligeaient les deux parties à limiter les dispositifs de lancement de missiles ICBM, de missiles balistiques lancés par sous-marin (SLBM pour Submarine Launched Ballistic Missile), de missiles balistiques air-sol et les bombardiers lourds à une quantité totale ne dépassant pas 2.400 unités. Dans un nouvel effort au résultat insignifiant, ce nombre fut réduit par la suite à 2.250 au début de l’année 1981. La quantité totale de missiles balistiques équipés de multiples ogives nucléaires indépendamment guidées (système MIRV) et de bombardiers lourds fut limitée à 1.320 unités; et la quantité totale de missiles balistiques intercontinentaux ICBM équipés de multiples ogives nucléaires indépendamment guidées (système MIRV) fut limitée à 820 unités.

Le traité SALT II a ainsi apporté une première limitation à l’exploitation du système MIRV en réduisant la quantité d’ogives nucléaires par missile. Il limitait à 10 le nombre d’ogives nucléaires dont pouvaient être équipés un nouveau missile balistique intercontinental, à 14 celui d’un missile balistique lancé par un sous-marin et à 10 celui d’un missile balistique largué par un bombardier aérien. 

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Le mirvage d'un ICBM

Le système MIRV, l’acronyme de Multiple Independently targeted Reentry Vehicle, ou mirvage, permet à un missile ICBM ou SLBM d’être équipé de plusieurs ogives nucléaires qui suivent chacune leur propre trajectoire lors de leur entrée dans l’atmosphère et permettent de frapper plusieurs objectifs précis dans une même zone. On parle alors de missile à ogives mirvées ou de missile à têtes multiples. Ce sont les forces armées étatsuniennes qui l’ont développé en premier. Les Soviétiques n’ont pas tardé à mettre au point le leur. Rappelons que les agents secrets pullulaient comme les armes nucléaires durant la Guerre Froide. On utilise rarement l’expression de bombe à sous-munitions (BASM) dans le contexte des armes nucléaires bien que l’effet reste identique. Dans le cas d’une BASM, les trappes du container s’ouvrent et « la pluie du diable » s’abat de manière hasardeuse sur une surface étendue. Ce n’est pas le cas avec les missiles ICBM ou SLBM dont chaque ogive mirvée est dotée d’un réacteur et programmée à l’avance pour frapper une cible définie, même si la surface est étendue. Cette quête de précision, parfois à 10 mètres, pousse les forces stratégiques à poursuivre les essais.

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Le déploiement des huit ogives nucléaires mirvées d'un missile LGM-118A Peacekeeper

 

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Défilé de missiles FOBS R-26 sur la Place Rouge à Moscou

Le délai d’alerte entre les États-Unis et l’URSS était une féroce compétition et les Étatsuniens avaient une grande avance sur les Soviétiques. Pour y parer, le FOBS, l’acronyme de Fractional Orbital Bombardment System qui se traduit par Système de Bombardement Orbital Fractioné, a été un terrifiant programme d’ICBM soviétique dans les années 1960, notamment avec le missile RS-26 (SS-8 Sasin selon le code OTAN). La technique de pénétration FOBS visait à placer, grâce au troisième étage du missile, une charge lourde sur une orbite terrestre basse, entre 150 et 200 km plutôt que les 1000 km habituels des ICBM. Le troisième étage était ensuite manoeuvré à distance dans l’espace extra-atmosphérique puis il décrochait la charge lourde, équipée ou non d’ogives mirvées, quelques instants avant le début de la phase de descente, dite phase balistique, où la vitesse montait jusqu’à 25.000 km/h lorsque l’ogive touchait sa cible. Il n’y avait pas de limite de portée et la cible définie était impossible à retracer à partir de la trajectoire. Tandis que les défenses du Commandement de la Défense Aérospatiale de l’Amérique du Nord, le NORAD (North American Aerospace Defense Command), sont tournées vers le nord, vers l’espace extra-atmosphérique au-dessus du Pôle Nord, le programme FOBS avait été spécialement conçu pour passer par-dessus le Pôle Sud et frapper les États-Unis par le sud. Lorsque la charge se situe à 1000 km d’altitude, l’engin nucléaire est vu dans un délai de 20 minutes avant son impact mais entre 150 km et 200 km d’altitude, il ne reste que 90 secondes à 2 minutes avant l’impact. Ce qui laisse très peu de temps pour agir, alerter et essayer d’intercepter. Inutile de préciser que les sirènes d’évacuation dans les villes ne servaient absolument à rien. Le temps de comprendre qu’une attaque nucléaire était en cours, de réunir ses proches et de courir vers son bunker au fond du jardin ou dans la cave, l’attaque avait déjà eu lieu et le souffle du à l’impact était imminent. Ce programme d’armement, pervers, a été interrompu par les accords du traité SALT II et retiré en 1983.

En dépit de tous les efforts, le traité SALT II n’entra pas en vigueur à cause de l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979 et de la dégradation des relations entre les États-Unis et l’URSS qui s’en suivit.

INF : Acronyme de Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty, il s’agit d’un traité qui visait l’élimination des missiles de croisière et des missiles balistiques de courte portée (inférieure à 800 km) et de portée intermédiaire (inférieure à 5.500 km) pouvant emporter des charges explosives conventionnelles ou nucléaires. Le traité INF a été signé le 8 décembre 1987, à Washington D.C., par les présidents Ronald Reagan et Mikhail Gorbachev, et a été effectif du 1er juin 1988 au 1er juin 1991. A la date butoir du traité INF, un total de 2.692 missiles avaient été détruits : 846 par les États-Unis et 1.846 par l’URSS. Selon les accords du traité, chacune des parties avait le droit d’inspecter les installations militaires de l’autre. Après la dislocation de l’Union soviétique, les douze États successeurs sont devenus parties au traité INF, mais seuls quatre d’entre eux – le Bélarus, le Kazakhstan, la Fédération de Russie et l’Ukraine – ont continué de participer avec les États-Unis au régime d’inspections du traité INF.

Ce traité de désarmement nucléaire fait suite à la crise des euromissiles de 1977 qui fut une période de relations internationales tendues entre l’URSS d’un côté et l’Europe de l’Ouest et les États-Unis de l’autre. Profitant d’une faille dans les accords du traité SALT I, l’URSS a déploié, en Europe de l’Est, des bombardiers supersoniques stratégiques Tupolev 26 (Backfire selon le code OTAN) et installé en Allemagne de l’Est (RDA) des infrastructures mobiles, dits “mille-pattes“, capable de lancer des missiles RSD-10 Pioneer (SS-20 Saber selon le code OTAN), des missiles balistiques nucléaires sol-sol d’une portée intermédiaire d’environ 1.600 km, équipés de 3 ogives mirvées d’une puissance de 150 kilotonnes (kT), soit 450 kT au total, et pouvant parcourir 4.700 km pour atteindre leurs ennemis et rivaux : Europe de l’Ouest, Israël, Arabie Saoudite, Chine, Japon et éliminer tous les moyens de riposte nucléaire de l’OTAN basés en Europe. La réaction étatsunienne ne fut pas immédiate. Des négociations commencèrent entre les pays de l’OTAN et ceux du Pacte de Varsovie sur le retrait des missiles soviétiques d’Europe de l’Est.

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l'emplacement, le nombre et la portée des euromissiles durant la crise de 1977 à 1986

 

Malgré la présence de quelques 200 bombardiers étatsuniens F-111 capables d’atteindre l’URSS et pour faire face à la menace soviétique qui prit en otage les populations d’Europe de l’Ouest, le 12 décembre 1979 lors d’un sommet de l’OTAN en Guadeloupe, les États-Unis de Jimmy Carter, sous la pression des puissances allemande, britannique et française, décidèrent d’installer, en Allemagne de l’Ouest (RFA), 108 MGM-31 Pershing II, des missiles balistiques nucléaires sol-sol d’une portée de 1.800 km avec une seule ogive nucléaire de 50 kT ainsi que 464 missiles de croisière au Royaume-Uni, en Belgique, au Pays-Bas, en RFA et en Italie. Durant la crise des euromissiles, le 23 mai 1980, la France mettait en service, sur le Plateau d’Albion, un groupe de 9 SSBS S3, des missiles balistiques sol-sol d’une portée intermédiaire de 3.000 km et dotés d’une seule ogive nucléaire d’une puissance de 1,2 mT. À titre de comparaison, Little Boy, qui a explosé à Hiroshima, avait une puissance d’environ 15 kT, soit 0,015 mT. En 1983, le nouveau président Ronald Reagan installa des missiles de croisière d’abord en Grande-Bretagne, puis en 1984, des missiles Pershing II en RFA, en Grande-Bretagne et en Italie. La fin de la crise des euromissiles arriva en 1986 au sommet de Reykjavík et l’« Option Zéro » proposé, en 1983, par Reagan fut approuvé. C’est le début du retrait des RSD-10 et des Pershing II ainsi que des missiles de croisière. A la suite de la signature du traité INF, le dernier des 654 missiles RSD-10 Pioneer a été mis hors service le 12 mai 1991 et le dernier des 499 lanceurs ”mille-pattes” le 28 mai 1991.

START I : Acronyme de STrategic Arms Reduction Treaty, il s’agit du premier traité sur la réduction des armes stratégiques offensives, tandis que les traités SALT I et SALT II visaient plutôt des limitations d’armements stratégiques défensifs et offensifs. Remplaçant ainsi les précédents traités de désarmement nucléaire, le traité START I a été signé le 31 juillet 1991, à Moscou, par les présidents George H.W. Bush et Mikhaïl Gorbatchev, et est entré en vigueur le 5 décembre 1994 pour une durée initiale de quinze ans, soit le 5 décembre 2009, mais renouvelable par période de cinq ans. La dissolution de l’Union soviétique en décembre 1991 entraîna différentes complications pour l’adoption et l’application du traité START I. Même si la Fédération de Russie s’était proclamée successeur légal de l’URSS, les nouveaux États du Bélarus, du Kazakhstan et d’Ukraine avaient tous des armes nucléaires sur leur territoire, ce qui affecta le traité START I.

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un parc de bombardiers B-52 détruits selon les accords de START I

Les pourparlers de START I débutèrent en juin 1982 et allaient accoucher sur un volumineux traité comportait plusieurs centaines d’articles spécifiques, 700 pages au total, abordant les réductions des missiles ICBM, des lanceurs de missiles ICBM, des ogives des missiles ICBM, des missiles SLMB, des lanceurs sous-marins des missiles SLBM, des ogives des missiles SLBM et des missiles tactiques avec charge conventionnelle (non-nucléaire) de longue portée. En gros, le traité START I avait pour grande ambition de réduire, dans un premier temps, de presque la moitié le nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées en passant de 10.000 à 6.000 unités chacun, et 1.600 vecteurs stratégiques de lancement. Le traité START I n’abordait pas la question des armes nucléaires stockées mais uniquement celles dites opérationnelles et parées à un envoi immédiat. Lors de cette première des trois phases prévues, la réduction passa de 9.986 à 8.556 ogives étatsuniennes et de 10.237 à 6.449 ogives soviétiques.

Les réductions du nombre d’ogives nucléaires et de vecteurs stratégiques devaient être appliquées en trois phases au cours d’une période de sept ans après l’entrée en vigueur du traité en 1994, autrement dit jusqu’au mois de décembre 2001. Les équipements existants pouvaient être modernisés et remplacés, mais les deux parties s’étaient engager à ne pas fabriquer, essayer en vol ou déployer des missiles ICBM modifiés ou de type nouveau ni des missiles SLBM avec plus de dix ogives.

Deux principales techniques ont été utilisées pour réduire le nombre d’ogives sur les missiles balistiques déployés : 

  1. Démanteler les lanceurs des missiles ICBM et SLBM.
  2. Retirer quatre ogives maximum par missile mirvé. Le nombre d’ogives pouvant ainsi être retirées ne pouvait pas dépasser un total de 1.250 unités.

START II : Ce nouveau traité définissait de nouvelles réductions de missiles nucléaires stratégiques et d’ogives nucléaires des deux pays signataires du traité START I. Le traité START II a été signé le 3 janvier 1993, à Moscou, par les présidents George H.W. Bush et Boris Eltsine, et a été ratifié en janvier 1996 par le Sénat étatsunien et en avril 2000 par la Douma russe. Ce retard de la Russie s’explique par le refus des discussions, en mars/avril 1999, en signe de protestation contre les bombardements de l’OTAN sur la Yougoslavie. Le traité START II n’est jamais entré en vigueur à cause des plaintes russes contre les missiles antimissiles balistiques étatsuniens du Traité ABM interdisant le déploiement d’un système global de défense antimissile sur le territoire étatsunien selon les accords du traité SALT I.

Le traité START II prévoyait une réduction des deux tiers des arsenaux nucléaires stratégiques en deux phases. Plus précisément, dans les sept ans suivant l’entrée en vigueur du traité. Le nombre total des ogives nucléaires déployées de chacun devait être compris entre 3.800 et 4.250 lors de la première phase. La seconde phase fixait une réduction entre 3.000 et 3.500 ogives nucléaires déployées à la date d’échéance fixée au 31 décembre 2007. Sur ce total, le nombre de missiles SLBM à têtes multiples et indépendantes ne pouvait plus excéder 1.750 ogives nucléaires à la date d’échéance fixée au 1er janvier 2003, tandis que, à la même date, les missiles ICBM à têtes multiples et indépendantes devaient avoir totalement disparu des forces stratégiques des deux pays. 

photo_1269622118017-1-0.jpg?w=292&h=512&Au maximum, lors de la première phase, 1.200 ogives pouvaient être déployées sur des missiles ICBM, 2.160 sur des missiles SLBM et 650 sur des missiles balistiques intercontinentaux lourds comme le R-36 russe (SS-18 Satan selon le code OTAN). Ce dernier missile a à la fois la plus longue portée, entre 11.200 et 16.000 km selon le modèle, et est la plus puissante arme thermonucléaire jamais élaborée après la célèbre « Tsar Bomba » lorsqu’elle est équipée d’une ogive unique dont la puissance varie de 18 à 25 mT. Les 88 R-36 en service depuis 1992 et dont la plupart sont déployés sur la base de Dombarovsky dans la région d’Orenbourg, en Oural du Sud, ont la capacité d’effacer des villes entières de la carte. Outre le missile balistique intercontinental sol-sol ICBM Topol-M, « Peuplier » en russe, (SS-27 Sickle B1 selon le code OTAN) doté de 6 ogives mirvées de 0,55 mT chacune et mis en service depuis fin 2009 ainsi que son homologue mer-sol SLBM, le très controversé RSM-56 Boulava, « Esturgeon » en russe, (SS-NX-30 selon le code OTAN) équipé de 6 à 10 ogives mirvées d’une puissance de 100 à 150 kT chacune - dont les treize essais jusqu’à présent se sont achevés par sept succès et six échecs tel que celui qui produisit un incroyable phénomène de spirale lumineuse dans l’atmosphère à Tromsø, en Norvège près de la Mer Blanche, à cause d’une défaillance du troisième étage provoquant une vrille du missile libérant des gaz qui dessinèrent la spirale lumineuse en question - un nouveau missile a été envisagé pour remplacer le surpuissant R-36, il s’agit du RS-20 Voyvoda selon la classification russe. Il était prévu qu’il pourrait percer n’importe quel bouclier antimissile mais avant la signature du nouveau traité START III, en avril 2010, il avait été décidé que le R-36 resterait en service jusqu’en 2014 ou 2016 selon une annonce faite en 2008.

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La chronologie des essais du missile RSM-36 Boulava

Pour la petite histoire, surnommé Tsar Bomba par les Étatsuniens, « Impératrice des Bombes » en russe, cette bombe H a été prévue initialement pour servir de base à des bombes dévastatrices de 100 mT. Tsar Bomba avait une puissance estimée à 57 mT lors de son essai qui a eu lieu le 31 octobre 1961, dans l’archipel de la Nouvelle-Zemble en Océan Arctique. La détonation développa une gigantesque boule de feu de 7 km de diamètre. L’éclair de l’explosion fut visible à plus de 1.000 km du point d’impact et le champignon atomique en résultant parvint à une altitude de 64 km, sept fois plus haut que le mont Everest (8.848 m). Tsar Bomba provoqua une destruction totale dans un rayon de 35 kilomètres. Elle est l’arme la plus puissante jamais utilisée dans l’histoire de l’humanité, jusqu’à nos jours. En comparaison, l’essai étatsunien le plus puissant, et sans doute le plus dramatique, qui a eu lieu le 1er mars 1954, dans l’atoll de Bikini, est Castle Bravo avec 15 mT, mille fois plus que chacune des deux bombes larguées sur le Japon, alors que la puissance était prévue à 5 mT.

SORT : Acronyme de Strategic Offensive Reductions Treaty, il s’agit d’un traité sur la réduction des arsenaux nucléaires, négocié par les États-Unis et la Russie. Il a été signé le 24 mai 2002, à Moscou, par les présidents George W. Bush et Vladimir Poutine, et a été ratifié par la Douma russe et le Sénat étatsunien le 8 mars 2003. Le traité SORT établit que le traité START I reste en vigueur mais il remplace le traité START II, tombé en désuétude, et est une évolution du traité START III non ratifié dont les négociations débutèrent en 1997 entre les présidents Bill Clinton et Boris Eltsine.

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George W. Bush et Vladimir Poutine signant le traité SORT le 24 mai 2002

En signant le traité SORT, les deux parties se sont engagées à réduire de deux tiers leur arsenal d’armes nucléaires stratégiques qui doit ainsi passer de 6.000 têtes nucléaires déployées à une fourchette entre 1.700 et 2.200 ogives nucléaires à la date d’échéance fixée au 31 décembre 2012, conformément aux décisions annoncées lors des entretiens entre les deux présidents à Washington le 13 novembre 2001. Le traité SORT est le traité le plus court de l’histoire du désarmement nucléaire avec seulement 5 articles sur 2 pages. Très critiqué, ce traité n’oblige pas à détruire le surnombre mais autorise le stockage ou la conservation comme réserves opérationnelles. Le traité SORT réserve également le droit de décider de la façon dont chaque pays détruit son arsenal, comme le souhaitait le gouvernement étatsunien. En effet, avant la signature, le 8 janvier 2002, dans un document du Pentagone présenté comme une révision de la stratégie nucléaire américaine (Nuclear Posture Review de 1994), le sous-secrétaire d’État à la défense J.D.Crouch avait annoncé que les États-Unis voulaient garder en réserve une partie des milliers de leurs ogives nucléaires devant être retirées. Dans le traité SORT, aucune indication n’est fixée sur la structure des forces stratégiques ni la répartition des charges nucléaires entre les trois composantes : missiles sol-sol, missiles mer-sol et bombardiers à long rayon d’action. De plus, une simple proposition de création d’une commission bilatérale qui se réunira deux fois par an est mentionnée. Si le traité n’est pas renouvelé avant la date butoir, les États-Unis auront dès lors la possibilité de redéployer 2.400 ogives nucléaires tenues en réserve. De son côté, la Russie dispose de 5.000 armes stratégiques opérationnelles, 3.500 armes tactiques et 11.000 charges nucléaires stratégiques et tactiques qu’elle pourra à nouveau redéployer si le traité SORT n’est pas renouvelé. Au final, le traité SORT est une vulgaire limitation entre les armes nucléaires qui sont déployées et celles qui sont stockées, celles-ci pouvant être réactivées à tout moment en cas de nécessité. Les critiques sont compréhensives car le traité SORT ne représente pas un progrès significatif dans la voie du désarmement nucléaire et les engagements pris à la conférence d’examen du TNP, en mai 2000, n’ont pas été tenus. Il est important de signaler que le traité SORT a été négocié et signé peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001.

START III : (ou New START) est le dernier traité de réduction des armes nucléaires stratégiques offensives qui a été signé le 8 avril 2010, à Prague, par les présidents Barack H. Obama et Dmitri Medvedev. Etant d’actualité, beaucoup d’articles critiquent le traité START III stipulant entre autres que les deux parties s’engagent à ne pas attaquer un État ne possédant pas d’arme nucléaire et dénoncent la mise en garde adressée explicitement à l’Iran et à la Corée du Nord ainsi que la possibilité d’une riposte nucléaire en cas d’attaque à l’arme biologique ou chimique, même contre un État signataire du TNP. Selon ces articles, les accords du traité START III ne limitent pas les arsenaux nucléaires respectifs à proprement parler mais réduisent uniquement la capacité opérationnelle à 1.550 têtes nucléaires déployées par rapport au plafond actuel de 2.200 têtes nucléaires, c’est-à-dire celles qui sont prêtes à un envoi immédiat, et un maximum de 800 vecteurs stratégiques de lancement contre 1.600 auparavant. Dans un entretien avec Le Monde, Eric Edelman, ancien numéro trois du Pentagone de 2005 à 2009 et à présent expert du think tank CSBA de Washington, explique qu’« avant de quitter ses fonctions, le président George W. Bush avait donné instruction pour que les États-Unis aillent vers la limite inférieure, 1 700 charges. Ce qui veut dire que, côté étatsunien, la réduction réelle est de 150 têtes sur un arsenal de plusieurs milliers. »

Nous pouvons dire qu’il est à la fois question d’un très modeste désarmement nucléaire et d’une faible réduction du potentiel d’attaque car un autre point technique essentiel et majeur du nouveau traité START III concerne l’arrêt de l’exploitation du système MIRV pour les missiles ICBM et SLBM. Le système MIRV équipe la majorité des armes nucléaires de longue portée formant l’ossature principale des forces stratégiques étatsuniennes et russes. Tout comme le Traité ABM marqua les accords du traité SALT I en son temps, cet arrêt est la grande évolution du traité START III. Bien sûr, il s’agit uniquement des armes déployées et les armes nucléaires mirvées de courte portée, de moyenne portée et de longue portée seront sans nul doute remplacées par des armes nucléaires dont l’ogive unique sera encore plus puissante. 

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un convoi de missiles russes Topol-M

 

Cela signifie par conséquent que le très controversé missile RSM-56 Boulava ainsi que les RS-24 Topol-M et R-36 sont condamnés à la modification ou à la destruction aux termes de ce nouveau traité ainsi que tous les autres missiles balistiques intercontinentaux sol-sol russes RS-12M Topol, RS-12MS Topol M, RS-18 et RS-20 et ceux embarqués à bord des sous-marins, les R-29RM Sineva à 4 ogives mirvées de 100 kT et d’une portée de 8.300 km, les RSM-50, les RSM-52 et les RSM-54 Shetal équipés de 4 ou 10 ogives nucléaires mirvées d’une puissance de 100 kT chacune et d’une longue portée de 11.000 km. Il en va de même chez les Étatsuniens pour les missiles ICBM LGM-30F Minuteman-II, les 450 LGM-30G Minuteman III dotés de 3 ogives thermonucléaires mirvées W87 dont la puissance varie de 170 à 475 kT chacune et d’une longue portée s’élèvant à 13.000 km, et les dizaines de LGM-118A Peacekeeper MX (nouvelle génération) dotés de 10 ogives thermonucléaires mirvées W87 d’une puissance de 300 kT chacune et d’une longue portée de 10.900 km ainsi que les 528 missiles SLBM UGM-133A Trident II Mk4 D5, Mk5 D5 et Mk5 D5LE (ce dernier étant actuellement en cours d’expérimentation) d’une portée de 19.000 km avec une vitesse maximale de 19.030 km/h et capable de transporter jusqu’à 12 têtes thermonucléaires mirvées ou 8 têtes W88 d’une puissance maximale de 475 kT chacune ou encore 8 têtes W76 de 100 kT chacune mais les traités START I les limitaient déjà à 8 et SORT à 4 ou 5.

Les traités internationaux et régionaux

TNP : Appliqué par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), le Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires a été conclu en 1968, signé par un grand nombre de pays le 1er juillet 1968 et est entré en vigueur le 5 mars 1970 pour une durée de 25 ans. Il a été reconduit pour une durée illimitée en 1995.

Le principe de base du TNP repose sur deux facteurs : les premiers pays dotés de l’arme nucléaire et ayant fait exploser une arme nucléaire avant le 1er janvier 1967 (EDAN ou « club nucléaire »), en l’occurence les États-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni, la France et la Chine (les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU) s’engagent en signant le TNP à ne pas aider un autre pays à acquérir des armes nucléaires. Les seconds pays non dotés de l’arme nucléaire (ENDAN) s’engagent à ne pas fabriquer d’armes nucléaires et à ne pas essayer de s’en procurer, ni de posséder des armes nucléaires étrangères sur son sol. Aujourd’hui, plusieurs pays ne sont pas en règle avec ce dernier point en abritant 400 armes nucléaires étatsuniennes B-61, pour certains depuis les années 1960, dont l’Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie. 

 

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Les armes nucléaires dans le monde et la non-prolifération

Le TNP est surtout censé favoriser les usages pacifiques de l’atome, en affirmant le droit inaliénable de toutes les parties au traité à développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Tous les pays signataires, et notamment les États les plus avancés dans le domaine nucléaire civil, s’engagent ainsi à faciliter un échange aussi large que possible d’informations, d’équipements et de matières nucléaires pour les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire. En théorie.

Malgré la clause de désarmement dans l’article VI du TNP, par laquelle les puissances nucléaires s’engagent à des négociations pour un désarmement sous le contrôle de l’AIEA, la réalité est différente. Dans la pratique, le club nucléaire continue de renouveler et moderniser leurs arsenaux nucléaires et de faire de la recherche en optant pour le qualitatif plutôt que le quantitatif. Autrement dit, des armes nucléaires moins nombreuses mais beaucoup plus puissantes. Les articles V et VI du TNP incluent seulement une obligation de « bonne foi » à négocier la fin de la course aux armements nucléaires, qui n’est pas assortie d’obligation de résultats. En d’autres termes, le TNP malgré son importance est un traité peu efficace, peu respecté, avec des failles exploitables, littéralement négocié en langue de bois et qui peut éventuellement servir de moyen de pression contre une nation membre du TNP qui voudrait développer l’arme nucléaire sous le couvert d’un programme nuclaire à un usage civil sans favoriser les intérêts d’un ou plusieurs membres du club nucléaire craignant l’émergence d’une nouvelle puissance dangereuse et pouvant rivaliser avec un ou plusieurs d’entre eux sur différents points géopolitiques et géostratégiques. Inutile de citer l’Iran comme exemple.

TICEN : Acronyme pour Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires, ou en anglais Comprehensive Test Ban Treaty (CTBT), il s’agit d’un traité international qui interdit les quatre types d’essai nucléaire : atmosphérique, extra-atmosphérique, sous-marin et souterrain. Le TICEN a été ouvert à la signature le 24 septembre 1996, à New York, mais n’est toujours pas entré en vigueur. En effet, il n’entrera en vigueur que lorsque tous les 44 pays, cités dans l’annexe 2, possédant des réacteurs nucléaires et/ou des réacteurs nucléaires de recherche l’auront signé et ratifié par leur parlement. Parmi ces pays cités dans l’annexe 2, la Chine, l’Égypte, les États-Unis, l’Indonésie, l’Iran et Isräel ont signé mais pas ratifié le traité. La Corée du Nord, l’Inde et le Pakistan n’ont pas signé le traité. A la date du 25 novembre 2008, sur les 195 pays cités dans l’annexe 1, 180 États l’avaient signé et 148 l’avaient déjà ratifié.

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les quatre types d’essai nucléaire : atmosphérique (1), souterrain (2), extra-atmosphérique (3), sous-marin (4)

 Selon le 1er article du traité TICEN :
  1. Chaque État partie s’engage à ne pas effectuer d’explosion expérimentale d’arme nucléaire ou d’autre explosion nucléaire et à interdire et empêcher toute explosion de cette nature en tout lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle.
  2. Chaque État partie s’engage en outre à s’abstenir de provoquer ou d’encourager l’exécution – ou de participer de quelque manière que ce soit à l’exécution – de toute explosion expérimentale d’arme nucléaire ou de toute autre explosion nucléaire.

Le TICEN est un traité important qui en a remplacé plusieurs autres, parmi lesquels :

  • l’ancien traité sur l’espace extra-atmosphérique, également appelé « Traité sur l’Espace », qui a été ouvert à la signature le 27 janvier 1967, entré en vigueur en 1968 et ratifié par 95 États. Au commencement de l’ère spatiale largement dominée par les Soviétiques, le traité régissait les activités militaires spatiales des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et autres corps célestes. Il interdisait de mettre sur orbite terrestre un quelconque objet transportant des armes nucléaires ou tout autre type d’arme de destruction massive, ainsi que d’installer de telles armes sur des corps célestes, ou de placer celles-ci dans l’espace extra-atmosphérique de quelque manière que ce soit. L’établissement de bases, d’installations militaires ou de fortifications était également banni, ainsi que les essais de n’importe quel type d’arme et l’exécution de manœuvres militaires sur des corps célestes. En renonçant à installer des armes nucléaires ou autres armes de destruction massive dans l’espace, les deux grandes puissances n’ont en réalité pas sacrifié grand-chose. Il n’était pas interdit de lancer des missiles balistiques transportant des armes nucléaires dans l’espace, et le déploiement dans l’espace d’armes autres que de destruction massive n’était nullement restreint. Le traité sur l’espace extra-atmosphérique a été modifié quatre fois avec l’Accord sur le sauvetage des astronautes, la Convention sur la responsabilité internationale pour les dommages causés par des objets spatiaux, la Convention sur l’immatriculation des objets lancés dans l’espace extra-atmosphérique et l’Accord sur la Lune. Le programme étatsunien surnommé « Guerre des Étoiles », nommé officiellement « Initiative de défense stratégique » (IDS), a été lancé le 23 mars 1983 par le président Ronald Reagan. Un projet de réseau de satellites, formant un bouclier spatial, dont le rôle était la détection et la destruction de missiles balistiques lancés contre les États-Unis. A cette époque, on parlait notamment de lasers tirés depuis l’espace, grâce à des véhicules spatiaux militarisés. De nombreux experts qualifiaient le projet d’irréaliste, pour deux raisons. D’une part, ils considèraient la chose techniquement infaisable, en l’état actuel des technologies, et inefficace face à des avions et des missiles de croisière. D’autre part, ils critiquaient le programme modifiant profondément l’équilibre des forces à l’échelle de la planète et encourageant la militarisation de l’espace. Malgré l’avis des experts, le Congrès débloqua des milliards de dollars pour sa réalisation. Le programme a été abandonné en 1993 par le président Bill Clinton. Réactivé, dans une version réduite avec des missiles intercepteurs lancés depuis la terre, par le président George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001, le nouveau missile russe ICBM RS-24, une nouvelle variante mirvée du missile Topol-M pour les uns, le même modèle avec un nom différent pour les autres, réduisait à néant l’efficacité du projet de bouclier anti-missiles. Les premières phases de vol du RS-24 pouvant atteindre des vitesses supérieures aux précédentes classes de missiles balistiques le rend moins vulnérable aux interceptions par les systèmes anti-missiles. De même que durant sa phase balistique, les dizaines de petits moteurs du MARV (MAnœuvrant Rentry Vehicle), transportant les 4 à 6 ogives mirvées avant leur déploiement, permettent au RS-24 de suivre des trajectoires évasives rendant son interception tout aussi difficile. Le programme fut une nouvelle fois abandonné par le président Barack Obama, en septembre 2009.
  • l’ancien traité SACTS (Seabed Arms Control Treaty ou Seabed), un traité sur le fond des mers qui a été ouvert à la signature en février 1970. Il interdisait quelque chose qui n’existait pas, et qui probablement n’était pas réalisable à cette époque, c’est-à-dire le placement sur les fonds marins ou dans leur sous-sol de toute arme nucléaire ou de tout type d’armes de destruction massive, ainsi que des structures, plateformes de lancement ou toute autre installation spécifiquement destinée au stockage, à l’expérimentation ou à l’utilisation de telles armes.
  • l’ancien traité PTBT (Partial Test Ban Treaty), un traité d’interdiction partielle des essais nucléaires, signé le 5 août 1963, à Moscou, peu de temps après la crise des missiles de Cuba et interdisant les essais nucléaires dans l’atmosphère, dans l’espace et sous l’eau mais pas sous terre. Les États-Unis, l’URSS et le Royaume-Uni l’avaient immédiatement ratifié. La France, la Chine et l’Inde l’ont signé par la suite.

ZEAN : Un traité ZEAN, acronyme pour zone exempte d’armes nucléaires ou zone dénucléarisée, est un traité régional qui stipule que les États s’engagent, pour une durée illimitée, à ne pas développer, acquérir, tester ou posséder des armes nucléaires pour leur propre compte, directement ou indirectement, ou pour le compte d’une tierce entité. Les zones exemptes d’armes nucléaires sont conçues comme des mesures de transition vers un désarmement nucléaire complet et vont encore plus loin que le TNP. Elles représentent un véritable progrès dans la non-prolifération nucléaire et le désarmement nucléaire mondial car il ne s’agit pas, selon les différents traités bilatéraux américano-russes, de se contenter de stocker dans les arsenaux ou de conserver en cas de défaillance d’une ou plusieurs armes nucléaires pouvant ainsi être remplacées par les réserves mais interdisent catégoriquement leur présence et leur existence sur le territoire des États-parties de ces zones. Néanmoins et c’est là leur petite faiblesse, un ou plusieurs protocoles des traités ZEAN contiennent des « assurances négatives de sécurité » (ANS). Ce ou ces protocoles précisent que les cinq pays du club nucléaire doivent également signer et ratifier le ou les protocoles. Ces pays reconnaissent alors et respectent le statut des zones exemptes d’armes nucléaires de la région et qu’ils n’utiliseront pas ou ne menaceront pas d’utiliser des armes nucléaires contre les États-parties de ces zones. Les différentes flottes étatsuniennes et bases militaires à l’étranger sont problématiques car leur champ d’action peut se limiter à cause de ces zones. Les États-Unis sont alors poussés à devoir modifier leur géostratégie ou à ne pas ratifier les traités ZEAN.

Il faut que les zones exemptes d’armes nucléaires et le développement de telles zones fassent partie intégrante de la politique étrangère des États du monde entier et qu’elles soient un débat important au sein de l’Assemblée Générale de l’ONU. Aujourd’hui, la grande majorité des pays européens sont aujourd’hui exempts d’armes nucléaires. Ces pays sont l’Arménie, l’Autriche, l’Azerbaïdjan, le Bélarus, la Bulgarie, la Croatie, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la Géorgie, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, la Moldavie, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Tchéquie et l’Ukraine. Actuellement, il existe six zones dénucléarisées dans le monde et deux territoires dénucléarisés, la Mongolie et la Nouvelle-Zélande ayant même refuser le nucléaire civil. 

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Traité sur l’Antartique : Signé le 1er décembre 1959 et entré en vigueur le 23 juin 1961, le Traité sur l’Atlantique n’est pas un traité ZEAN qui a été spécialement conçu vis-à-vis des armes nucléaires. Il y a juste une mention qui stipule que la réalisation d’essais nucléaires est prohibée, tout comme le dépôt de matériel radioactif. Cependant, le Traité sur l’Antartique a fait de l’Antartique la première zone exempte d’armes nucléaires dans le monde.

Traité de Tlatelolco : Signé à Tlatelolco, un quartier de Mexico, le 14 février 1967 et entré en vigueur le 25 avril 1969, le Traité de Tlatelolco a fait de l’Amérique Latine et des Caraïbes la seconde zone exempte d’armes nucléaires dans le monde et comprend le territoire de tous les États de l’Amérique Latine et des Caraïbes, à savoir, l’Antigua-et-Barbuda, l’Argentine, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, Cuba, la République dominicaine, Dominique, l’Équateur, la Grenade, le Guatemala, Guyana, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Nicaragua, Panamá, le Paraguay, le Pérou, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Sainte-Lucie, le Salvador, le Suriname, Trinité-et-Tobago, l’Uruguay et le Vénézuela. Cuba en 2002 a été le dernier État à ratifier le traité. Le club nucléaire l’a signé et ratifié.

Peu de temps avant la fin officielle de la Guerre Froide, le ministre de la marine brésilienne, Fonseca, expliquait publiquement, en 1987, qu’un traité commercial avec l’Allemagne n’avait qu’un but : acquérir la technique permettant de construire la bombe atomique. En septembre 2009, suite à une thèse universitaire réunissant les connaissances nécessaires pour fabriquer une bombe atomique intitulée « Simulation numérique de détonations thermonucléaires en milieux hybrides de fusion-fission exploités par radiation » et écrite par le physicien Darron ayant réussi à décoder les modèles mathématiques de l’ogive étatsunienne W87, l’AIEA a demandé d’amples détails sur cette thèse aux ministères de la Défense et des Affaires étrangères brésiliennes. Cette thèse publiée dans la presse, et dont l’intégralité n’a pas été dévoilée mais gardée secrète, n’a pas manqué de rappeler l’ancien projet secret du régime militaire (1964-1985) de doter le Brésil de l’arme atomique et qui continua clandestinement au sein de l’armée jusqu’en 1990. Un programme nucléaire militaire qui a été interrompu in extremis, à un mois du premier essai nucléaire, par le président Fernando Collor. En dépit des soupçons sur le fait que le géant sud-américain maîtrise à nouveau les diverses techniques, comme la centrifugation, pour fabriquer la bombe atomique, un porte-parole des Affaires étrangères a rappelé que le Brésil était signataire du TNP et respectait cet accord. Le président Lula soulignait également que le « Brésil est le seul pays au monde qui mentionne dans sa Constitution l’interdiction de posséder une arme nucléaire. » Cela étant dit, il arrive constamment que des constitutions soient réformées comme pour annuler le nombre de mandats présidentiels. Il n’y a pas que les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU qui ont des armes nucléaires et possèder la bombe atomique permet d’être pris au sérieux par les autres grandes puissances mondiales. La vraie crainte à voir ne réside pas tant dans le fait que le Brésil possède ou non une bombe atomique, il faut dire qu’une de plus ou de moins sur les milliers existantes de part le monde ne représente pas vraiment un danger supplémentaire pour l’humanité selon un certain point de vue, mais le risque consiste surtout dans une course à l’armement nucléaire entre les puissances sud-américaines violant à la fois le TNP et le Traité de Tlatelolco, et malgré les efforts d’un désarmement nucléaire mondial. Le Brésil qui a ainsi déjà violé le Traité de Tlatelolco ne manque donc pas d’attiser la méfiance des autres pays d’Amérique du Sud avec son nouveau programme de sous-marins à propulsion nucléaire en collaboration avec la France.

Traité de Rarotonga : Signé à Rarotonga, dans les Îles Cook, le 6 août 1985 et entré en vigueur le 11 décembre 1986, le Traité de Rarotonga a fait du Pacifique Sud la troisième zone exempte d’armes nucléaires dans le monde et comprend le territoire de tous les États du Pacifique Sud, à savoir, l’Australie, les Îles Cook, les Fidji, les Kiribati, Nauru, la Nouvelle-Zélande, Niué, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Îles Salomon, Samoa, les Tonga, les Tuvalu et le Vanuatu. La France et le Royaume-Uni ont signé et ratifié les trois protocoles en 1996. Les Etats-Unis les ont signé la même année mais ne les ont pas ratifiés. La Chine a signé et ratifié les protocoles II et III en 1987.

Traité de Bangkok : Ouvert à la signature à Bangkok en Thaïlande le 15 décembre 1995 et entré en vigueur le 28 mars 1997, le Traité de Bangkok a fait de l’Asie du Sud-Est la quatrième zone exempte d’armes nucléaires dans le monde et comprend le territoire de tous les États de l’Asie du Sud-Est, à savoir, le Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Viêt-Nam qui l’ont tous signé et ratifié. Cependant, aucun État du club nucléaire n’a signé ce protocole en raison de leur crainte que les dispositions du Traité de Bangkok ne restreignent la liberté de mouvement de leurs navires et avions dans les eaux et espaces internationaux à proximité de l’Asie du Sud-Est.

Traité de Pelindaba : Ouvert à la signature au Caire le 11 avril 1996 et entré en vigueur le 15 juillet 2009, le Traité de Pelindaba a fait de l’Afrique la cinquième zone exempte d’armes nucléaires dans le monde suite et le premier continent dénucléarisé. Pour entrer en vigueur, 28 ratifications étaient nécessaires pour cela (soit la moitié des États membres de l’Union Africaine + 1), la ratification par le Burundi était la 28ième ratification. Les cinq États du club nucléaire ont signé les protocoles I et II mais seuls la Chine, la France et le Royaume-Uni les ont ratifiés. La France est l’unique État à avoir signé et ratifié le protocole III. La Russie a refusé de ratifier les protocoles I et II à cause de l’île de Diego Garcia, un atoll de l’archipel des Chagos situé au milieu de l’Océan Indien, contrôlée par le Royaume-Uni qui loue sa base militaire aux États-Unis.

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Les bombardiers B-52 (arrière) et B-2 Spirit (avant) de la base militaire de Diego Garcia

Alambique, l’île de Diego Garcia est indirectement concernée par le Traité de Pelindaba car l’île est réclamée par la République de Maurice comme faisant partie intégrante de son territoire. Diego Garcia constitue le « fer de lance » de l’armée américaine. Une flotte de bombardiers est basée à Diego Garcia dont les fameux bombardiers furtifs B-2 Spirit, pouvant larguer 16 bombes nucléaires d’un poids unitaire de 320 kg à 1090 kg. Il y a aussi une station

du réseau Echelon qui serait basée sur l’atoll ce qui constitue un atout majeur pour le United States Central Command. Suite aux attentats du 11 septembre 2001, la base de Diego Garcia est soupçonnée d’être ou d’avoir été un centre de détention secret pour des prisonniers d’Al-Qaïda. Les États-Unis ont signé les protocoles I et II ajoutant cependant qu’ils se réserveraient le droit de répondre à une attaque biologique ou chimique par un État africain du Traité de Pelindaba, par tous les moyens, y compris l’utilisation d’armes nucléaires.

 

Le Traité de Pelindaba se démarque également des autres traités ZEAN pour quatre raisons :

  1. Selon l’article I, le Traité de Pelindaba utilise le terme « dispositif explosif nucléaire » plutôt qu’« arme nucléaire ». Ce terme couvre toute arme nucléaire ou tout dispositif explosif capable de libérer l’énergie nucléaire. Toutefois, il ne couvre pas les moyens de transports ou les vecteurs de ces armes ou de ces dispositifs.
  2. Chaque État-partie reste libre de décider d’autoriser ou non le transit d’armes ou de dispositifs explosifs nucléaires via son territoire.
  3. L’Afrique du Sud a détenu l’arme atomique et y a renoncé volontairement.
  4. Une clause spéciale interdit le déversement de déchets radioactifs sur le territoire des États-parties.

Traité de Semipalatinsk : Signé le 8 septembre 2006 au polygone nucléaire de Semipalatinsk, un ancien site d’essais nucléaires de l’URSS, situé au Kazakhstan, et entré en vigueur le 21 mars 2009, le Traité de Semipalatinsk a fait de l’Asie Centrale la sixième zone exempte d’armes nucléaires dans le monde et comprend le territoire de tous les États d’Asie Centrale, à savoir, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan. Peu d’informations circulent à propos des ratifications par le club nucléaire. Le Traité de Semipalatinsk étant assez récent et la complexité des guerres en Afghanistan et au Pakistan ont retardé les ratifications des protocoles.

Signalons que c’est la première fois qu’une zone exempte d’armes nucléaires est établie dans l’hémisphère Nord, ayant une frontière directe avec deux puissances nucléaires, la Chine et la Russie, et à proximité de deux autres puissances nucléaires, l’Inde et le Pakistan. Le Traité de Semipalatinsk prend l’exemple sur le Traité de Pelindaba et interdit la recherche liée à la fabrication d’armes nucléaires et autorise la présence d’installations ayant un lien avec le nucléaire comme les installations de communication, de surveillance et de renseignement. Chaque État-partie reste libre de décider d’autoriser ou non le transit d’armes ou de dispositifs explosifs nucléaires via son territoire ou son espace aérien. L’obligation de non-prolifération la plus importante souscrite par les États-parties est de ne pas autoriser le stationnement d’armes nucléaires étrangères sur leurs territoires.

Conclusion

Au prix d’achat par unité comme le missile Minuteman III à 7 millions de dollars sans compter les essais, on peut dire que c’est de l’argent du contribuable jeté par la fenêtre. Il serait sans doute pertinent de faire une estimation du coût total des armes nucléaires créées, testées, retirées, stockées et demantelées ou modifiées en accord selon les différents traités depuis le début de l’histoire du désarmement nucléaire. Un montant auquel il faudrait rajouter les coûts pour les achats des matériaux, pour les recherches scientifiques et pour tous les salaires des techniciens et des militaires. Un chiffre total qui s’élèverait probablement dans les centaines voir les milliers de milliards de dollars rien que pour les États-Unies et la Russie. Cette remarque donne encore plus de sens à la folie des hommes de pouvoir. Toutefois, des progrès réels en matière de désarmement nucléaire ont été notés. Selon certaines sources, rien qu’entre 1990 et 1996, le nombre total de têtes nucléaires a été réduit de 70.000 pour les uns, 80.000 pour les autres à 40.000. Il existerait actuellement encore 23.300 têtes nucléaires dans le monde. Les États-Unis possèdent environ 9.400 têtes, dont au moins 2.600 actives. La Russie possède environ 13.000 têtes, dont 4.840 sont actives. Avec les accords discutables du traité START III mais aussi la volonté de chercher une puissance de destruction augmentée au profit du nombre d’armes nucléaires et la prolifération des bombes Mini-Nuke, nous sommes encore loin d’un monde sans armes nucléaires que le président Barack H. Obama avait souhaité lors de son discours à Prague en 2009. Shelton Williams, du think tank Osgood Center for International Studies à Washington, déclarait ce sujet que « le président Obama doute de la création d’un monde sans armes nucléaires de son vivant. » Il ajoutait ensuite que «ce monde ne peut être créé uniquement si les pays acceptent les garanties universelles et contraignantes, avec des sanctions visant les contrevenants. » Aujourd’hui encore, l’arme nucléaire est un prestige que de nombreux gouvernements souhaiteraient détenir car l’arme nucléaire impose le respect. Comme le disait Albert Einstein à son époque : « Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais je sais qu’il n’y aura plus beaucoup de monde pour voir la quatrième. »

http://blogofbao.wordpress.com/2010/04/29/de-salt-aux-zean-40-ans-de-desarmement-nucleaire/
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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 01:14

Les armes nucléaires états-uniennes en Europe bientôt rassemblées en Italie
par Manlio Dinucci

 
Le sommet de l’OTAN convoqué le 19 novembre à Lisbonne devra adopter la nouvelle doctrine stratégique de l’Alliance atlantique. Dans cette optique, l’OTAN procédera à une réorganisation de ses forces nucléaires. Ainsi que le révèle Manlio Dinucci, toutes les armes nucléaires non-stratégiques US stockées en Europe seront transférées en Italie. Cet Etat pour en faire lui-même usage sous réserve d’un accord préalable de l’Alliance. Bien que l’Italie ait officiellement renoncé à la bombe, elle deviendra de fait et en violation des traités internationaux une importante puissance nucléaire.
 
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Embléme du 510ème Fighter Squadron US,
basé à Aviano (Italie).
    
« Tant qu’il y aura des armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléarisée » : c’est la directive de Washington que le secrétaire général de l’Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen est en train de transmettre et que les alliés européens ont approuvé lors de la réunion des ministres de la Défense qui s’est déroulée à Bruxelles le 14 octobre, en préparation du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des 19 et 20 novembre à Lisbonne. En d’autres termes, les Etats-Unis garderont en Europe un arsenal nucléaire. Pourtant dans son discours « historique » de Prague le 5 avril 2009 [1], le président B. Obama déclarait que les Etats-Unis feraient des pas concrets vers un monde sans armes nucléaires, renforçant le Traité de non-prolifération qui engage les pays nucléaires à les éliminer et ceux non nucléaires à ne pas les acquérir. Il laissait donc entendre qu’il était favorable au déplacement des armes nucléaires états-unienne hors de l’Europe. Sur cette base, cinq membres de l’OTAN -Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège et Pays-Bas- avaient exprimé leur intention de soulever la question au sommet de Lisbonne.

Ce qu’il en est réellement à l’heure actuelle émerge du rapport Les Armes nucléaires non stratégiques des Etats-Unis en Europe, un débat fondamental pour l’OTAN [2], présenté en octobre par un comité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Avant tout celui-ci confirme qu’on ne connaît pas exactement le nombre des armes nucléaires non stratégiques (à portée inférieure à 5 500 kms) que les USA conservent dans quatre pays européens de l’OTAN -Italie, Belgique, Allemagne et Pays-Bas- et en Turquie. Selon une estimation au rabais, citée dans le rapport, il y en aurait entre 150 et 200, dont 70-90 en Italie (à Aviano et à Ghedi-Torre). Selon d’autres estimations, au moins le double. Ce sont des bombes B-61 de différentes versions, dont la puissance va de 45 à 170 kilotonnes (13 fois plus que la bombe d’Hiroshima). Parmi celles-ci, probablement, la B 61-11 qui peut pénétrer dans la terre afin de créer, par explosion nucléaire, une onde de choc capable de détruire des objectifs souterrains. Toutes ces bombes sont déposées dans des hangars spéciaux avec des chasseurs-bombardiers F-15, F-16 et Tornado, prêts pour l’attaque nucléaire.
Le rapport confirme l’existence d’ « accords nucléaires bilatéraux » secrets, en vertu de quoi une partie de ces armes peut être utilisée par les forces armées des pays hôtes une fois que les USA en ont décidé l’emploi. Mais, rappelle-t-on dans le rapport, les partisans du contrôle des armements soutiennent que « l’OTAN a la responsabilité de mettre fin à une telle pratique de partage nucléaire », car elle viole le Traité de non-prolifération : celui-ci interdit aux Etats en possession d’armes nucléaires de les transférer à d’autres (Art. 1) et aux Etats non nucléaires de les recevoir de qui que ce soit (Art. 2).
Entre l’option de garder les armes nucléaires états-uniennes en Europe telles qu’elles sont et celle de les retirer complètement, il y a des propositions intermédiaires. La plus soutenue, selon le rapport, est celle de l’US Air Force, de « regrouper les armes nucléaires dans moins de localités géographiques ». Selon la plus grande partie des experts, « les localités les plus probables pour cette relocalisation sont les bases sous contrôle états-unien d’Aviano, en Italie (région Frioul Vénétie Julie) et Incirlik en Turquie ». Il est significatif, relève le rapport, que, à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN en avril 2010, la question des armes nucléaires états-uniennes en Europe ait été soulevée par l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, alors que l’Italie et la Turquie sont restées silencieuses. Ceci laisse supposer que le gouvernement italien a déjà donné son accord au projet de déplacer les armes nucléaires US d’Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas pour les rassembler à Aviano, où seraient aussi transférées celles de Ghedi-Torre.

 

A Aviano, est stationné le 31ème Fighter Wing, composé de deux escadrilles de chasseurs-bombardiers F-16 : le 510ème Fighter Squadron et le 555ème Fighter Squadron. Sa mission est de « fournir une puissance de combat d’un pôle à l’autre du globe pour poursuivre les objectifs des USA et de l’OTAN ». Puissance nucléaire aussi, comme le montre l’emblème du 510ème Fighter Squadron où, à côté de l’aigle impérial, figure le symbole de l’atome avec trois éclairs qui frappent la terre.
 
http://www.voltairenet.org/article167438.html
 

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