Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 01:00
SYRIE: Les Forces spéciales britanniques, la CIA et le MI6 appuient l’insurrection armée. Une intervention de l’OTAN est envisagée.

 

 

Plusieurs articles dans les médias britanniques confirment que les Forces spéciales britanniques (UKSF) entraînent les rebelles syriens.

 

Le modèle sous-jacent est similaire à celui de la Libye où les Special Air Services (SAS) britanniques étaient sur le terrain avant le lancement de l’intervention militaire de l’OTAN.

 

Une intervention de l’OTAN, calquée sur celle de la Libye, est envisagée en vertu de la responsabilité de protéger (R2P). L’Armée syrienne libre (ASL) est une création paramilitaire de facto de l’OTAN.

 

Les reportages confirment que des agents de l’armée et du renseignement sont déjà sur le terrain en Syrie :

 

Il ya de plus en plus de rumeurs indiquant que les Forces spéciales britanniques assistent d’une manière quelconque les forces alignées contre le régime syrien.

 

Des reportages de la fin novembre de l’an dernier mentionnent que les Forces spéciales britanniques ont rencontré des membres de l’Armée syrienne libre (ASL), le bras armé du Conseil national syrien. Le but apparent de ce contact initial était d’établir la puissance des forces rebelles et d’ouvrir la voie à toute forme future d’opération d’entraînement.

 

Des reportages plus récents ont indiqué que des Forces spéciales britanniques et françaises ont entraîné activement des membres de l’ASL sur une base en Turquie. Certains reportages mentionnent qu’un entraînement a lieu également en Libye et au nord du Liban. Des agents du MI6 britannique et du personnel de l’UKSF (SAS/SBS (Special Boat Service)) auraient entraîné des rebelles pour le combat en zone urbaine et leur auraient fourni des armes et de l’équipement. Des agents de la CIA et des forces spéciales des États-Unis apporteraient de l’aide aux rebelles dans le secteur des communications. (British Special Forces Training Syrian Rebels?, Elite UK Forces, 5 janvier 2012. C’est l’auteur qui souligne.)

 

Ces reportages confirment sans équivoque une interférence étrangère dans les affaires d’un État souverain.

 

Il ne s’agit pas d’une révolte populaire.

 

L’insurrection ainsi que les meurtres de civils ont été commandités dès le début par des puissances occidentales.

 

Des agents des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles, en violation du droit international. Des reportages confirment que les rebelles sont des tireurs qualifiés et des membres d’organisations associées à Al-Qaïda.

 

La Grande-Bretagne se prépare à un combat en Syrie qui pourrait être plus important et plus sanglant que la bataille contre Kadhafi. Le ministre de la Défense dresse des plans secrets pour une zone d’exclusion aérienne sous l’égide de l’OTAN, mais celle-ci doit d’abord être appuyée par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

Alors que les troubles et les tueries s’intensifient au sein de l’État arabe en crise, un représentant de la sécurité a révélé que des agents du MI6 et de la CIA sont déjà en Syrie pour évaluer la situation.

 

Des forces spéciales discutent également avec des soldats dissidents.

 

Ils veulent savoir de quelles armes et de quels instruments de communications les forces rebelles auront besoin si le gouvernement décide de les aider.

 

Une source bien placée a affirmé : « Le MI6 et la CIA sont en Syrie pour infiltrer et connaître la vérité.  ».

 

« Nous avons les SAS et les SBS qui ne sont pas très loin. Ils veulent savoir ce qui se passe et se renseignent sur l’équipement dont les soldats dissidents ont besoin. (Deborah Sherwood, Syria will be bloodiest yet, Daily Star, 1er janvier 2012. C’est l’auteur qui souligne.))

 


Article original en anglais publié le 7 janvier 2012 : SYRIA: British Special Forces, CIA and MI6 Supporting Armed Insurgency. NATO Intervention Contemplated

 

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28574



Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues). 

 

.

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

 

.

 

www.maghrebemergent.info/actualite/maghrebine/7794-le-directeur-...

il y a 2 jours – Des bandes audio de chefs d'Etat arabes enregistrés à leur insu par Mouâamar Kadhafi sont détenues par Michane Djabouri. L'ancien député ...

 

  .

 

Libye. Barack Obama envoie des centaines de soldats sur place.

Libye – Barack Obama envoie des centaines de soldats sur place. Mouammar Kadhafi Un accord secret a été trouvé entre les renégats du CNT et les Etats-Unis, pour venir à bout de la vraie révolution…

 

Pour lire la suite cliquez ici

 

.

 

 

Le déclin des puissances occidentales.

Le déclin des puissances occidentales (II) texte publié sur le blog de l'indépendance des chercheurs. Le Monde daté du vendredi 13 janvier 2012 annonce à la une « Prés d'un tiers des Français…

 

Pour lire la suite cliquez ici

 

.

 

Ce que j’ai vu à Tripoli ? Le calme avant la tempête, par Simon de Beer sur le site de Michel Collon.

Ce que j’ai vu à Tripoli ? Le calme avant la tempête. Par Simon de Beer J'ai écrit ce texte de retour de Libye, en août dernier. La « chute » de Tripoli m'avait dissuadé de le publier, estimant que…

 

Pour lire la suite cliquez ici

 

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 00:53

 


 

L'horreur usraélienne et européiste

eva R-sistons

 

 

"Les guerres de l'Empire devraient être calquées sur le modèle de la guerre contre la Libye" (Liesi).  Voilà un article intéressant, qui confirme certaines de mes analyses, à savoir que la  Libye a été le ballon d'essai de nouvelles méthodes de guerres, conciliant techniques de désinformation et de manipulation de l'Opinion (avec des Médias au service des Industriels de l'Armement, et plus généralement de l'Empire usraélien) et déstabilisation d'un pays (provoquer la guerre civile, arriver en "sauveur", bombarder et ruiner le pays, le balkaniser en groupes ethniques ou religieux rivaux, et profiter du désordre pour piller les ressources, contrôler le pouvoir - des Libyens, par ex, sont envoyés en Syrie contre le Régime en place -, installer des bases militaires, etc, le tout pour préparer l'attaque nucléaire contre la Russie et la Chine : Ainsi seront éliminés tous ceux qui font obstacle à la domination du monde par les Anglo-Saxons et leurs alliés, domination synonyme de pauvreté et d'asservissement des citoyens. C'est diabolique !)

 

Avant d'être à son tour déstabilisé,  l'Iran voit ses meilleurs chercheurs en matière de nucléaire assassinés par les agents du Mossad, les services secrets israéliens. Les Médias "sionisés" ne parlent jamais de l'entité sioniste, pourtant c'est elle qui pousse à toutes les guerres dans la région, pour dominer, contrôler, piller - et établir le Grand Israël, comme déjà en Irak. Et ne permettre à aucun pays du Moyen Orient de posséder l'arme nucléaire !

 

Les Occidentaux font de notre planète un monde invivable, les individus, les animaux, la nature tout est sacrifié au profit de quelques-uns et accessoirement, de leurs laquais serviles. Les maîtres-mots sont aujourd'hui les pseudos "guerres humanitaires" et "la compétitivité", une notion qui masque la cupidité des maîtres du Monde: Comment rivaliser avec les Chinois, par exemple, dont les salaires sont ridiculement bas, à moins de payer au maximum 400 euros les travailleurs européens comme on l'envisage désormais en Grèce afin de satisfaire les banksters ? Non, la TVA patronale anti-sociale ou la disparition des protections sociales comme des services publics ne rendront pas nos produits plus compétitifs, mais elles engraisseront les grands patrons du MEDEF, les gangsters du Cartel bancaire, les industriels de mort et accessoirement, leurs valets sans scrupules. Alerte ! Le monde qu'on nous prépare dépasse en horreur tout ce que les spécialistes de la Science Fiction ont entrevu et décrit !

 

Quant à Nicolas Sarkozy, comme je l'ai toujours dit, il est un pion placé dans notre pays pour servir les intérêts anglo-saxons et israéliens, pour verrouiller l'information, pour américaniser notre pays à marche forcée, avec à la clef inégalités croissantes, médecine à 2 vitesses, pauvreté exponentielle, violence, répression brutale etc, et guerres partout qui profitent aux Industries de mort (armement, chimie, pétrole, nucléaire etc), à la Haute Finance, et aux valets de l'Empire.

 

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/picrochole/veaux/moises.jpg

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/picrochole/veaux/moises.jpg

 

 

Notre pays doit accepter, sous Sarkozy 1er (valet du CRIF, du Medef, des Anglo-Saxons et plus généralement du Nouvel Ordre Mondial), de gré ou de force, l'Europe de Bruxelles et de l'OTAN, l'ultra-libéralisme, l'austérité (notamment la TVA anti-sociale au profit du MDEF), le nucléaire, le mode de vie et les valeurs américaines, les guerres impériales, les Médias aux ordres (Pensée unique criminelle, au service des intérêts de l'Oligarchie), le détricotage des protections sociales, des services publics, de l'Etat de Droit et du Droit du Travail,  le communautarisme sulfureux, l'acculturation "au bénéfice de l'Europe supra-nationale" et des Anglo-Saxons, etc etc.  Et des personnages comme BHL, reconnaissant publiquement qu'il agit dans l'intérêt du pays de son coeur, Israël, sont les meneurs du jeu monstrueux qui avilit la France et met à feu et à sang la planète, hier en Libye, demain en Syrie, en Iran etc.

 

Et pour mieux nous faire accepter l'horreur planétaire, les Médias valets des ennemis usraéliens de l'humanité, nous conditionnent en permanence. Ainsi, la très sioniste FR2 présente les Syriens de Bachar-el-Assad, agressés de l'Extérieur par les mercenaires de l'OTAN et leurs d'Al Quaïda, comme "les bourreaux", et les opposants - formés et financés par la CIA pour déstabiliser le pays comme en Libye - comme "les victimes" ! Les journaleux comme Pujadas et toute la clique d'Arte ou de France24 et des autres Médias, même dits de "Gôche", sont des criminels, comme leurs maîtres d'ordres, qu'on devrait traîner en Justice pour incitation à la haine (raciale, notamment, contre les Arabes), à l'acceptation de l'ultra-libéralisme assassin et de ses guerres impérialistes, néo-coloniales, meurtrières ! Et à l'instant, C dans l'Air au sujet de la perte du Triple A (qui sera utilisée pour nous forcer à endurer toujours plus d'austérité au profit du Medef, de l'Oligarchie financière etc), nous prépare  à "sanctionner le Système social français", qui serait coupable de tous les problèmes ! On nous prend pour des imbéciles ! Partout les néo-sionistes infestent les Rédactions des télévisions et de la Presse, les livres d'Histoire, le Cinéma hollywoodien, les fausses ONG et Organisations de Droits de l'Homme etc, afin de  nous manipuler, partout les néo-sionistes (Cohn-Bendit, Attali, BHL etc etc) s'infiltrent auprès des dirigeants afin d'orienter la politique dans le sens des intérêts de l'Oligarchie militaro-financière ! Ca suffit, ce cancer de l'humanité ! Non seulement ils occupent la France à travers Sarkozy leur agent, mais le monde entier, particulièrement aux USA où les dirigeants se couchent devant eux, au point que les derniers esprits non pollués, libres, mettent en garde contre le fait qu'ils causent la perte de leur allié américain ! Et à l'instant, France24 orchestrée par le couple de sionistes néo-conservateurs Ockrent-Kouchner, sous la rubrique "La répression en Syrie, quel crédit accorder à la Ligue arabe ?", donne la parole... à un néo-sioniste,  Eric Goldstein, de la pseudo association des Droits de l'Homme créée par la CIA "Human  Rights Watch", pour conditionner l'Opinion internationale ! Ce n'est plus du journalisme, de l'information, mais de l'incitation à la déstabilisation d'un Etat souverain au profit des intérêts de l'entité terroriste usraélienne et de ses larbins européens, Sarkozy en tête !

 

Il est temps de se débarrasser de toute cette vermine usraélienne et européiste au service des Banques Centrales qui pourrit la planète ! Le Travail ou le Capital, les peuples ou les prédateurs cupides, sans scrupules et psychopathes, il faut choisir : Les 1%, ou les 99 % !  Il y a urgence ! Tout s'accélère: Les destructions, les rackets planétaires, les guerres de dépopulation et de pillage, le saccage de l'environnement, la mort des Etats souverains, le détricotage du social et du Droit  ... Ca suffit l'enfer sur terre ! Retrouvons la maîtrise de notre destin et la recherche du Bien commun !


Eva R-sistons

 

 

Les guerres de l’Empire devraient être calquées sur le modèle de la guerre contre la Libye

De l’analyse géostratégique de la dernière décennie, les militaires américains ont compris que la gestion du terrain, occupé militairement, était bien difficile. Cela coûte cher, tant sur le plan humain que budgétairement. Quant aux résultats obtenus? Ils sont bien maigres, très loin même des objectifs initiaux recherchés. C’est ainsi que peut se comprendre le commentaire du patron de l’Otan à la suite de la guerre engagée contre la Libye : « Mais de façon plus générale, je pense que ceci pourrait établir UN MODELE. Nous avons démontré notre capacité à agir en soutien des Nations-Unies et nous avons démontré notre capacité d’inclure des partenaires extérieurs à l’Otan dans de telles opérations ». Par conséquent, on doit craindre que le complexe militaro-industriel à la tête de l’Otan ne finisse la sale besogne en s’en prenant à la Syrie. A quand le processus sans retour ?

Un ancien membre du Congrès américain, Walter Fauntroy, récemment rentré d’une mission de paix (négociateur de bonne volonté pour tenter de stopper la guerre) en Libye, a déclaré « qu’il s’est caché pendant environ un mois en Libye après avoir été témoin d’évènements horribles pendant la sanglante guerre civile ». Une guerre qui, selon Fauntroy, est soutenue par les « forces européennes ». Prisonnier avec les journalistes du Réseau Voltaire dans l’Hôtel Rixos, il n’a échappé que de justesse à la mort : « Nous pouvons témoigner que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait personnellement donné l’ordre de l’exécuter. Il n’a dû son salut qu’à l’intervention d’une très haute personnalité militaire américaine ». Autrement dit, les guerres de l’Empire feront de plus en plus de dégâts collatéraux. On peut lire cet article.

 

Les assassinats surviennent même avant les guerres, comme le laisse suggérer la récente liquidation d’un responsable nucléaire iranien, assassiné dans l’explosion de sa voiture, près d’une faculté à Téhéran. C’est la quatrième attaque visant des scientifiques iraniens depuis janvier 2010. Bien sûr, les Américains et les sionistes ont démenti toute intervention… Pensez donc, ils sont tellement occupés par la prêche des droits de l’homme à travers le monde, cette religion de la tempérance pour la promotion des réseaux salafiste et Cie, bouillonnant d’impatience de faire la peau de ces Occidentaux si détestés par les agences de notation des familles de Wall Street. Au lieu de se faire les esclaves des financiers américains, les politiciens européens feraient mieux de faire acte de civisme et de se comporter comme des “patriotes”, une expression bien désuète. Non seulement ils gagneraient en dignité, mais ils éviteraient à leurs propres enfants de terminer dans des camps de rééducation.

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 06:32
Jeudi 6 octobre 2011
Moscou dénonce la tendance de l'Otan à imposer le scénario libyen

Dans la même rubrique:
< >
Mercredi 5 Octobre 2011 - 19:31 Le printemps arabe aura-t-il lieu en Algérie ?
Mercredi 5 Octobre 2011 - 14:32 La corne de l'Afrique a faim


Ria Novosti
Mercredi 5 Octobre 2011


Moscou dénonce la tendance de l'Otan à imposer le scénario libyen
Les actions déployées par l'Otan pour protéger la population civile en Libye constituent un "abus grossier des décisions du Conseil de sécurité de l'Onu", et la Russie s'opposera aux efforts de l'Alliance pour faire de ces actions une norme du droit international, indique un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

"Nous nous opposerons fermement à la tendance à faire du « scénario libyen » une norme internationale", car cette tendance "porterait préjudice à l'autorité et à la réputation du Conseil de sécurité de l'Onu",  lit-on dans le communiqué.

La Russie dénonce les démarches de l'Otan visant à utiliser les mêmes méthodes à l'encontre de la Syrie.

"Le projet de résolution bloqué le 4 octobre était fondé sur le désir d'attiser les tensions et d'accuser unilatéralement Damas, et il contenait des menaces de sanctions à l'encontre des autorités syriennes", constate le document de la diplomatie russe.

Moscou juge cette position particulièrement inquiétante compte tenu des affirmations de l'Otan selon lesquelles ses actions visant à appliquer la résolution du Conseil de sécurité sur la Libye constituent un "modèle" que l'Alliance envisage d'utiliser à l'avenir pour assurer la "protection des populations civiles".
.
http://www.alterinfo.net/Moscou-denonce-la-tendance-de-l-Otan-a-imposer-le-scenario-libyen_a64592.html
.
Voir aussi :
Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 06:18
Jeudi 6 octobre 2011

drapeaubolivie.pngLe président Évo Morales, dans son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, a dénoncé l’insécurité générée par les nouvelles méthodes des Etats-Unis et de l’Otan visant la déstabilisation et le renversement de gouvernements. La crise économique les pousse vers les pays riches en pétrole, minerais et richesses de toute nature.

 

Cette déclaration fait suite  à une nouvelle tentative de déstabilisation dont a été victime la Bolivie, comme le rappelle dans son article le québecquois Oscar Fortin, à l'occasion de la mise en chantier par une entreprise brésilienne d'une autoroute qui passe par le Territoire Indigène et le Parc National Isiboro Sécure ((TIPNIS) lequel relie les départements
 de Beni et Cochabamba (ce qui peut à la fois désenclaver des communautés indigènes pour l'accès au soin et l'accès de leurs producteurs aux marchés agricoles, et accélérer l'exploitation de l'Amazonie par les multinationales). Il s’agit d’un parc où vivent plusieurs communautés indiennes. Un certaine nombre de communautés (mais pas toutes car certaines sont favorables à l'autoroute) ont manifesté tout au long de l’été contre le passage de cette route sur leur territoire. Le 15 août dernier, une marche, regroupant près de 600 personnes a été organisée pour protester contre ce projet. Elle avait pour destination la capitale La Paz.

 

À plusieurs reprises le Président s’est dit ouvert au dialogue et a délégué divers représentants de haut niveau pour entamer des négociations avec les communautés locales et leurs dirigeants. La dernière de ces délégations a été envoyée la semaine du 20 septembre. Le ministre des Relations extérieures, lui-même indien de source, a dirigé cette délégation. Un dérapage imprévisible s'est produit lorsque la délégation gouvernementale, le ministre en tête, a été prise en otage et forcée de marcher en tête de la marche, servant de bouclier humain pour franchir la ligne de protection policière qui était là pour éviter qu’il y ait confrontation avec un autre groupe d’indiens, ceux-là en faveur de la route. Les otages ont pu être libérés et la confrontation entre les deux groupes opposés a pu être évitée. Cet incident a aussitôt été rapporté à la commission des droits de l’homme de l’Organisation des États Américains (OEA). Le lendemain (25 septembre), un responsable des forces policières a donné l’ordre d’évacuer les indiens contestataires et de prendre les moyens nécessaires pour y arriver. Cette répression (qui aurait fait des morts) a soulevé la colère dans tout le pays.

 

Devant l’ampleur de cette crise, le président Morales a fait appel à la Commission des droits de la personne des Nations Unies, à celle qui la représente en Bolivie, aux représentants des communautés indiennes ainsi qu’à la secrétaire d’UNASUR de participer à l’enquête devant faire toute la lumière sur cet événement et s’assurer que tous les responsables de ces actes aient à répondre de leurs gestes.

 

Les accusations d'ingérence extérieure dans l'affaire de l'autoroute du TIPNIS présentées à l'ONU par Evo Morales ne sont pas gratuites. La Ligue pour la défense de l'environnement - Liga por la Defensa del Medio Ambiente (LIDEMA) - financée par l'agence publique américaine USAID et par la Fondation Konrad Adenauer qui travaille à la déstabilisation du gouvernement cubain à Bruxelles est présente aux côtés des manifestants et finance des actions parmi les communautés indigènes. Des câbles de Wikileaks ont montré qu'USAID cible spécifiquement les communautés indigènes, ce que le militant Federico Fuentes (auteur d'un livre sur le parti de Morales, le MAS) appelle un "impérialisme vert". Au delà de cette action des ONG mêlée aux marches indigènes, il y a aussi les appels à la démission de Morales dans la presse conservatrice, les homélies de l'église institutionnelle en faveur du "dialogue" (comme si Evo Morales n'avait pas recherché le dialogue depuis le début - la moitié du gouvernement au totals s'est rendue sur place pour discuter).

 

Dans un article du 27 septembre qui ne cite que la presse de droite, Mathilde Gérard du journal Le Monde semble se réjouir à l'idée que "Malgré les distances prises par Evo Morales avec les violences du week-end, la bataille d'opinions ne joue pas en sa faveur. Le président est en train de perdre le soutien des Indiens, soit la moitié de la population du pays, celle qui avait largement contribué à son ascension politique." Une fois de plus la machine à déstabiliser est en marche.

 

 

Lire aussi sur ce site :

 

.

Partager cet article
Repost0
7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 15:52
Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 17:48

Egypte : une armée formée et équipée par le Pentagone
par Manlio Dinucci*


La mise en image de la situation actuelle en Egypte par les médias atlantistes assimile l’insurrection populaire à une guerre civile et érige l’armée en arbitre. C’est évidemment faux. Le régime du président Hosni Moubarak et son armée sont les produits de la politique des Etats-Unis dans la région et de leur soutien inconditionnel à Israël.


 


4 février 2011

Depuis
Rome (Italie)

Outils

 Imprimer
 Envoyer

Pays
 Egypte

JPEG - 29.1 ko
La tribune des officiers supérieurs lors des exercices Bright Star 05/06 à Moubarak Military City. L’armée égyptienne est formée et équipée par les Etats-Unis pour mettre en oeuvre la paix séparée israélo-égyptienne.

L’image des chars d’assaut qui surveillent les centres névralgiques du Caire, entourés par la marée de manifestants, est emblématique. Ce sont des M1A1 Abrams, les terribles tanks états-uniens de dernière génération, qui sont fabriqués en Egypte sur la base d’un accord de coproduction. Ils symbolisent à quel point les Etats-Unis se sont engagés dans la construction des forces armées égyptiennes et l’ampleur de la confiance qu’ils ont accordée au régime de Moubarak. En trente ans, Washington lui a fourni des aides militaires pour une valeur d’environ 60 milliards de dollars, selon les chiffres officiels, à quoi se sont ajoutés d’autres financements secrets.

Actuellement le régime de Moubarak reçoit des USA environ 2 milliards de dollars annuels, se plaçant ainsi parmi les principaux bénéficiaires après Israël. La majeure partie de cette somme est dépensée dans l’achat d’armes états-uniennes. Comme leur valeur dépasse la disponibilité financière du gouvernement égyptien, celui-ci a accumulé une dette envers les Etats-Unis. Mais Washington a été généreux : en 1990, pour récompenser l’Egypte de sa participation à l’imminente guerre contre l’Irak, il lui a accordé une remise de dette militaire de 7 milliards de dollars. Dix ans après, il lui a concédé un crédit extraordinaire de 3,2 milliards de dollars pour la modernisation des forces armées : celles-ci ont ainsi pu acquérir 24 chasseurs-bombardiers F-16 de dernière génération, 3 batteries de missiles Patriot et d’autres systèmes d’armes avancés. Le Pentagone a en outre fourni aux forces armées égyptiennes des armes qu’il a en excédent, ou qui sont remplacées par d’autres de nouvelle génération, pour une valeur annuelle de centaines de millions de dollars. En même temps il a entraîné des officiers et des soldats égyptiens, surtout des forces spéciales, en organisant tous les deux ans l’opération Bright Star, une grande manœuvre qui se déroule en Egypte avec la participation d’environ 25 000 militaires états-uniens.

De façon significative, dans les commandements établis par le Pentagone à l’échelle mondiale, l’Egypte de Moubarak n’entre pas dans le Commandement Afrique (AfriCom), mais a été détaché du continent pour être annexé au Commandement Central (CentCom), dont l’aire de responsabilité couvre le Proche-Orient pétrolier. L’Egypte, explique le CentCom, « joue un rôle clé dans l’exercice d’une influence stabilisatrice au Proche-Orient », en particulier pour « faire face à l’instabilité croissante de Gaza ». Le CentCom continue donc à opérer en contact étroit avec les forces égyptiennes pour « bloquer les envois illicites d’armes aux extrémistes à Gaza, et pour empêcher que l’instabilité de Gaza ne se propage en Egypte et au-delà ». Le gouvernement égyptien, de fait, doit « faire face à une menace extrémiste interne ». L’aide extérieure états-unienne est donc « fondamentale pour renforcer le gouvernement égyptien ».

JPEG - 26.7 ko
L’US Army a formé les militaires égyptiens aux combats de rue (ici lors des exercices à Mubarak Military City). Le soutien stratégique de l’Egypte à Israël interdit toute forme de démocratie dans un pays où la population est majoritairement opposée au projet sioniste. Il exige l’organisation par les Etats-Unis d’une dictature militaire.

Dans ce tableau, le thème de la dernière manœuvre Bright Star est significatif : « Des opérations militaires en terrain urbain ». Dans la manœuvre, conduite en octobre 2009 sous la direction du Pentagone et avec la participation de forces spéciales états-uniennes, des forces égyptiennes ont été entraînées à combattre une guerre non pas dans le désert mais à l’intérieur d’une grande métropole. La Bright Star s’est déroulée dans la Moubarak Military City, le camp militaire construit exprès pour cette manœuvre, à quoi on a donné évidemment le nom du dictateur.

Tout est prévu, donc, pour affronter la « menace extrémiste intérieure ». Sauf le fait que celle-ci a pris les dimensions d’une insurrection populaire. Sauf le fait qu’on ne sait pas comment vont se comporter ces militaires, en grande partie conscrits, qui à bord des chars d’assaut états-uniens made in Egypt, devraient assurer que l’Egypte, une fois Moubarak déchu, reste dans la sphère d’influence états-unienne.


http://www.voltairenet.org/article168360.html

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 03:20

  Mediapart


Je le verrai bien dans mon salon!

http://missbobby.free.fr/wordpress/?paged=47


Comme ce fut toujours le cas, seule la mise au point de nouvelles armes fait vraiment avancer les technologies. Nous en avons un nouvel exemple avec les annonces récentes de l'US Army.


Le XM25

Il s'agit d'abord d'un lanceur de grenade « intelligent ». L'objet réinvente le fameux fusil à tirer dans les coins, rêve de tous les combattants confrontés à des ennemis qui se cachent derrière des murs ou dans des fossés pour tirer sur eux sans risques. Il a été baptisé XM25 Counter Defilade Target Engagement System, ou Système capable d'atteindre une cible cachée.

Des années de recherche/développement auraient été nécessaires pour aboutir au produit final, d'un coût individuel de 25 à 30.000 dollars. L'armée compte en commander en 2011 au moins 12.000 afin d'équiper les forces d'infanterie et les forces spéciales engagées en Afghanistan. La nouvelle arme devrait selon les experts changer sensiblement le rapport des forces dans la lutte de proximité contre les Talibans. Ceux-ci y ont généralement l'avantage vu leur bonne connaissance du terrain.

Le militaire au prise dans un combat de rue ou sur un terrain accidenté avec un adversaire qui se dissimule derrière un mur, dans un fossé ou à l'intérieur d'un bâtiment ouvert, n'aura que quatre opérations à faire si la cible se trouve à moins de 700 mètres: ajuster au dessus de l'endroit où se cache l'adversaire un viseur à laser doté de différents capteurs sophistiqués, recueillir les données de tirs rassemblées par le système, introduire ces données dans la micro-puce incluse dans la grenade du lance-grenade et faire feu.

La grenade explosera exactement au dessus ou à côté de la cible de façon à l'atteindre par des éclats meurtriers. L'opération ainsi décrite semble complexe, mais les automatismes sont tels qu'un soldat de seconde classe peut s'en acquitter après un court entraînement. Les dégâts collatéraux (touchant des civils) seraient ainsi considérablement diminués. Sans ce dispositif en effet, les militaires visés font généralement usage en riposte à des armes beaucoup plus lourdes et imprécises.

Inutile de préciser que l'arme, que l'on prévoit d'utiliser aujourd'hui en Afghanistan et au Pakistan, pourra servir dans d'éventuels combats de rue menés sur le territoire national lui-même. On sera il est vrai loin alors du Taser.

Pour en savoir plus, voir:

Les systèmes de type MAARS ((Modular Advanced Armed Robotic System)

Dans les combats urbains, en dehors du XM25 que nous venons de présenter, l'US Army et les compagnies privées engagées à son côté sont de plus en plus intéressées par l'emploi de robots capables de se substituer momentanément ou durablement aux personnels humains. Mais que l'on n'imagine pas des robots humanoïdes sur le modèle de RobotCop. Il suffit de faire appel à de petits engins robotisés: mini-chars d'assaut de la taille d'une voiture d'enfant ou drones de 1 à 2 m. d'envergure.

Les modèles en cours de développement sont équipés d'un grand nombre de capteurs et d'effecteurs les rendant aussi autonomes que possible dans des tâches délicates telles que l' exploration d'un immeuble miné ou la recherche d'un sniper embusqué. Ils peuvent aussi servir de sentinelles infatigables pour garder des enceintes protégées ou des frontières. Selon les missions, ils peuvent faire appel aux différents modèles d'armes dont ils sont équipés, ou servir d'observateurs rapprochés pour guider des tirs de missiles sol-sol ou air-sol.

Dans la plupart des cas, ils sont suivis par des techniciens se trouvant loin de la ligne de tirs, capables de relayer le robot en cas de problèmes non prévus. Mais ils disposent cependant d'une large autonomie, afin de pouvoir faire face seuls aux difficultés.

L'US Army a organisé récemment pour tester ces machines des « Robotics Rodeo » se déroulant dans des décors urbains réels. L'une de leur qualité, très appréciée, est – outre la capacité à détecter le moindre événement suspect pouvant échapper à un observateur humain - leur indifférence à la peur. Selon l'expression d'un des experts, qu'il ne sera pas nécessaire de traduire: « they do'nt panic under fire ». Ce serait au contraire les insurgés qui paniqueraient lorsqu'ils se trouveraient confrontés à un engin de la taille d'une tondeuse à gazon qui leur enverrait sans prévenir des rafales de tirs mortels

La firme iRobot fondée par Rodney Brooks, bien connue de nos lecteurs, est très engagée dans le développement de tells armes. Mais le marché est vaste et attire bien d'autres brillants roboticiens. Pour être juste, quelques débats se font jour sur le caractère éthique s'attachant à l'emploi de robots dans des opérations militaires ou de maintien de l'ordre. De tels débats sont organisés par exemple à l'initiative du Yale Interdisciplinary Center for Bioethics. Nous y avons déjà fait allusion. Le robot, ou même le technicien distant censé dans certains cas le contrôler, sauront-ils clairement distinguer un ennemi d'un ami? Loin d'être diminués, les risques de dégâts collatéraux aux dépens des civils pourront en être augmentés. Plus généralement, l'utilisation de ces armes, ayant pour résultat de minimiser les pertes humaines, ne va-t-elle pas produire des armées ou des nations dites « trigger-happy », autrement dit portées sur la gâchette. Cela pourrait, à une certaine échelle, non seulement favoriser une course aux armements de haute technologie, mais même de nouveaux conflits.

Les experts en stratégie militaire, les industriels de l'armement et même certains défenseurs des droits civils plaident l'argument contraire. Les futurs combattants, étroitement « mariés » à des systèmes d'intelligence artificielle selon le modèle de l'anthropotechnique que nous utilisons dorénavant couramment pour notre part (voir notre essai « Le paradoxe du Sapiens » http://www.editions-bayol.com/pages/livres-titres/paradoxe.php ) seront infiniment plus prudents, avertis et respectueux des lois de la guerre que des militaires livrés à leurs seuls réflexes.

De toutes façons, disent-ils, la question ne se pose déjà plus. Ils rappellent qu'en Irak et en Afghanistan, l'utilisation de drones plus ou moins robotisés ( Predator, Reaper, Raven et Global Hawk ) a permis d'éviter aux militaires des milliers de sorties qui auraient été meurtrières. Actuellement, par ailleurs, l'armée emploie plus de 6.000 robots télécommandés pour détruire divers armes létales telles que les IED (improvised explosive device) ou mines improvisées.

Ceux qui voient loin, parmi ces stratèges, font valoir dans certains échanges privés que ces armes insensibles aux sentiments seront bien utiles lors des futures guerres civiles qu'ils prévoient sur le territoire américain lui-même, opposant par exemple l'Etat fédéral à des gangs armés d'immigrants, sinon à des Etats ou des villes sécessionnistes, Alors l'US National Guard ou l'US Army ne devront pas faire comme le firent certains (rares) soldats français durant la Commune, refuser de tirer sur les insurgés.

 

* Démonstration de MAARS. http://www.youtube.com/watch?v=n6Fisf5_9T4

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22231

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 20:51

L'OTAN a officiellement approuvé, samedi 20 novembre, à Lisbonne, son projet de transfert progressif du pouvoir aux forces afghanes, entre l'été 2011 et la fin de 2014. Par ailleurs, un 'partenariat de long terme' a été signé avec le président Hamid Karzaï. Cet accord est censé durer au-delà de la mission de combat proprement dite. Lire la suite l'article

Officiellement, la transition sera 'un processus conditionnel, non dicté par un calendrier', affirment les alliés. Et la transition, précisent-ils, ne signifie pas le retrait d'Afghanistan mais son évolution vers un rôle de soutien, puis 'de mentorat, de facilitation et enfin de pérennisation', tant pour la sécurité, que la bonne gouvernance et le développement du pays.

L'ALLIANCE 'VOUÉE À LA DÉFAITE'

Les talibans ont réagi, samedi après-midi, au projet de l'OTAN en déclarant que l'Alliance était 'vouée à la défaite'. 'Il apparaît clairement qu'après neuf ans d'occupation, les envahisseurs sont voués au même sort que ceux qui ont emprunté la même voie avant eux', affirme-t-ils dans un communiqué.

A quelles conditions s'opèrera le passage progressif du pouvoir ? Les forces afghanes devront faire la démonstration qu'elles sont capables d'affronter les défis de la sécurité. Et le gouvernement devra instaurer un état de droit ainsi que gérer les administrations locales. Quant aux régions, elles devront soutenir le développement économique. Car la transition est censée être irréversible.

L'OTAN N'EST PAS UNE 'FORCE D'OCCUPATION'

Une commission conjointe OTAN-Afghanistan, s'appuyant sur l'avis d'experts soumettra ses conclusions au gouvernement de Kaboul, qui décidera ensuite du processus de transition.

L'armée sera-t-elle en mesure d'assurer ensuite le contrôle du pays ? La question reste posée et ne reçoit généralement pas de réponse précise. Les effectifs de cette armée devaient atteindre 134 000 hommes à l'automne 2010 et 37 000 de plus l'an prochain. La police devrait, elle, regrouper quelque 140 000 hommes à la fin de 2010.... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr

 

Les peuples sont bien dupés !


Communication pure et simple.

En réalité,  on enlèvera des troupes, certes,

mais on en gardera.

Et surtout, les agents US seront là pour s'assurer que la politique de l'Afghanistan est conforme aux  intérêts des multinationales impériales. Autrement dit, le pays sera OCCUPE par les Anglo-Saxons, les Israéliens et leurs alliés...

Tout n'est qu'imposture ! eva

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 07:25

Sept ans après l'invasion de l'Irak, Dirk Adriaensens dresse le bilan d'une des guerres les plus ignominieuses de l'Histoire moderne. L'auteur nous explique comment les forces de la coalition ont, sur base d'un mensonge, entrepris de détruire méthodiquement un pays et son peuple. Les responsables aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne seront-ils un jour jugés pour crime contre l'humanité ? (Investig'Action)

Première partie : “Victoire !” un bilan dévastateur

1RFiskbombin98b0-48cb9.jpg

 

Au lendemain de l’invasion de 2003, le verdict triomphaliste des médias occidentaux était que, la guerre venait d’être gagnée, l’Irak se voyait assuré d’un avenir radieux et démocratique. Journaliste au New York Times, William Rees-Mogg exultait, célébrant la victoire : « 9 avril 2003, le Jour de la Libération pour l’Irak. » Libération obtenue par « ce moteur de libération mondiale » que sont les États-Unis. « Après 24 années d’oppression, trois guerres et trois semaines de bombardements continus, Bagdad émerge à peine de l’âge des ténèbres. La journée d’hier était une journée de libération historique[1].

 

 

« Le problème de cette guerre pour, je pense, pour de nombreux Américains, demeure que les prémisses qui nous semblaient en justifier le déclenchement, à savoir la détention par Saddam Hussein d’armes de destruction massive, se sont avérés invalides », déclara aux reporters le Secrétaire à la Défense Robert Gates, en visite officielle en Irak. « De sorte que, si on regarde les choses sous cet angle et qu’on cherche rétroactivement comment on devrait aborder cette guerre, même si le bilan est plutôt positif au point de vue des USA, l’ombre au tableau reste la manière dont elle a démarré »[2].

 

 

Robert Gates reconnaît donc bien ici que cette guerre était illégale du point de vue du droit international car il n’y avait en réalité aucun « casus belli ». Mais dans la même phrase, il n’en déclare pas moins que le bilan est plutôt positif pour les États-Unis. Mais qu’entend-il par là exactement ? Comment le bilan colossal des victimes et des destructions pourrait-il s’avérer positif pour les USA ? Et que dire des responsabilités ? Lorsqu’on sait que l’Irak paie encore aujourd’hui des réparations pour son invasion du Kuwait de 1990, qu’en est-il du paiement de réparations par les USA pour les destructions infligées illégalement à l’Irak ?

 

« Nous avons combattu ensemble, nous avons ri ensemble et parfois pleuré ensemble. Nous sommes restés côte à côte, payant ensemble le prix du sang », déclarait le Général Ray Odierno aux officiers irakiens et aux centaines de soldats et d’officiers américains réunis pour la cérémonie qui mettait officiellement fin aux opérations de combat. « C’était pour les idéaux de liberté et de justice que nous partageons »[3]. Oui, ils ont ri ensemble, comme riaient les infâmes auteurs des « meurtres collatéraux » de l’attaque en hélicoptère de combat contre les civils de Bagdad, en juillet 2007 – dont l’enregistrement vidéo a été récemment publié par Wikileaks – et qui tua plus d’une douzaine d’Irakiens, dont deux journalistes de Reuters. Quant au sang, nul doute qu’ils l’ont effectivement versé ensemble, et fort généreusement ! Celui de plus d’un million de mères, de pères, d’enfants et de vieillards irakiens… Et tout cela, M. Odierno, au nom des « idéaux de liberté et de justice que nous partageons ? » La plupart des Irakiens ne sont pas de cet avis. Pour eux au contraire, le pays a depuis sombré dans l’âge des ténèbres.

 

 

Les faits
 

 

Depuis 1990, début du régime de sanctions imposé par l’ONU, le taux de mortalité infantile a augmenté de 150% en Irak. En 2008, à peine 50% des enfants en âge d’entrer en école primaire étaient scolarisés, contre 80% en 2005 et près de 1 500 enfants étaient incarcérés dans des centres de détention. En 2007, les statistiques gouvernementales officielles dénombraient 5 millions d’orphelins en Irak. Plus de 2 millions d’Irakiens sont réfugiés hors du pays et près de 3 millions sont réfugiés (ou déplacés) à l’intérieur du pays. 70% des Irakiens n’ont plus accès à l’eau potable. Le nombre de chômeurs (sans indemnités) atteint officiellement les 50%, il est de 70% officieusement. 43% des Irakiens sont réduits à un épouvantable niveau de pauvreté. 8 millions d’entre eux auraient immédiatement besoin d’une aide d’urgence. 4 millions d’Irakiens sont sous alimentés et ont un urgent besoin d’assistance humanitaire. 80% des Irakiens ne disposent plus d’aucun système sanitaire (égouts et eaux usées). Les minorités religieuses sont au bord de l’extinction[4]. Dans une récente étude commanditée par Oxfam, 33% des femmes n’avaient reçu aucune assistance humanitaire depuis 2003 ; 76% des veuves n’avaient reçu aucune pension ; 52% des femmes étaient sans emploi ; 55% avaient été déplacées depuis 2003 et 55% avaient été victimes de violences – 25,4% avaient été victimes de violences de rue, aveugles ou indiscriminées ; 22% de maltraitances familiales ou conjugales ; 14% avaient subi des violences infligées par des miliciens ; 10% avaient subi des mauvais traitements ou avaient été enlevées ; 9% avaient été abusées sexuellement et 8% avaient subi des violences des forces multinationales[5]. En Irak, le Parlement est incapable de fonctionner, les bidonvilles ne cessent de s’étendre, les maladies prolifèrent de plus en plus, et on constate une véritable épidémie de maladies mentales. Le fait que des innocents soient quotidiennement tués fait désormais partie de la vie de tous les jours.

 

William Blum brosse des aspects « bénéfiques » de cette guerre, un aperçu concis et particulièrement éloquent. « Aucun Américain ne devrait pouvoir oublier que la nation irakienne, la société irakienne, ont été détruites, ruinées, anéanties. Après 1991, les Américains ont bombardé douze années durant, avec toutes sortes d’excuses, puis envahi, puis occupé [l’Irak], en ont renversé le gouvernement, massacré et torturé la population à leur guise… Les habitants de cette malheureuse région ont littéralement tout perdu : leurs maisons, leurs écoles, leur électricité, leur eau potable, leur environnement, leur vie de quartier, leurs mosquées, leur archéologie, leur travail, leurs carrières, leurs professionnels, leurs services publics, leur santé physique, leur santé mentale, leur système de santé, leur couverture sociale, leurs droits des femmes, leur tolérance religieuse, leur sécurité, leurs enfants, leurs parents, leurs passé, leur présent, leur avenir, leurs vies… Plus de la moitié des habitants sont morts, blessés, traumatisés, emprisonnés, déplacés ou exilés à l’étranger… L’uranium appauvri pollue leur air, leurs terres, leur eau, leur sang, leurs gènes… Ils en enfantent des monstres épouvantables… Des éléments non explosés de bombes à fragmentation gisent un peu partout, attendant que des enfants les ramassent »[6].

 

A ce sinistre tableau, Hannah Gurman ajoute le défi suivant : « Quelque zèle que le gouvernement américain puisse mettre à effacer le passé de l’Irak et à en prédire l’avenir, les Irakiens ordinaires n’en seront pas moins confrontés aux réalités bien plus chaotiques et complexes du présent. Je défie Obama ou quiconque au sein de l’appareil politique américain, d’aller en Irak et d’y regarder un enfant dans les yeux. Un enfant qui sept ans après l’invasion américaine, n’a toujours pas de logement, d’eau potable, de sanitaires, d’électricité ni d’école. Allez lui dire maintenant, à cet enfant là, que la guerre d’Irak était une réussite »[7].

 

Il suffit de lire cette évaluation de la success story irakienne, par le Dr Riad El Taher :

A ce jour, le bilan de l’aventure de Bush et Blair est le suivant : l’avenir des Irakiens est désormais entièrement aux mains de voyous et de profiteurs économiques. Aucun d’entre eux ne s’est jamais soucié le moins du monde de se rendre utile aux Irakiens. A preuve, la fortune considérable que Chalabi, Alawi, Maliki, Sistani, Hakin, Bayati, Bachachi, Baher Alom et Rubai ont instantanément tiré de leur aventure politique. Les ressources naturelles de l’Irak sont hypothéquées pour les 50 années à venir, au profit de compagnies pétrolières internationales. Les cerveaux comme les talents irakiens sont contraints d’émigrer. Les querelles religieuses s’enveniment, encouragées par la constitution. Les minorités religieuses – chrétiens, sabéens, etc. – sont harcelées ou contraintes à l’exil. Les droits de l’Homme, et en particulier concernant les femmes, sont constamment violés et ont largement régressé, notamment dans le domaine de la santé, de la maternité et de l’emploi. Les problèmes d’éducation, de santé, d’environnement et de gestion des ressources en eau sont complètement laissés de côté, et il en va de même de l’agriculture, des industries et de la culture. Grâce à Bush et Blair, plusieurs élections « démocratiques » se sont tenues en Irak, dont les votes furent achetés massivement par clientélisme, menaces ou intimidation. Aujourd’hui, les Irakiens ont accès par leurs téléphones cellulaires à de nombreuses chaînes télévisées détenues par la pègre de la Zone Verte et ses sponsors américains, britanniques ou koweitiens.

 

La destruction de l’Irak a produit deux millions de réfugiés mais ils ne sont pas les bienvenus en Occident. A l’ONU, le Haut Commissariat pour les Réfugiés s’est dit préoccupé par ce problème et a dénoncé le rapatriement forcé systématique des réfugiés irakiens appréhendés en Europe, suite au renvoi par avion de 61 d’entre eux à Bagdad[8].

 

La contradiction fondamentale de ces « succès » est que les 100 décrets de Bremer ont fait de l’Irak, ce cauchemar infernal pour les Irakiens, un vaste paradis pour affairistes de tous crins. Ils ont littéralement colonisé le pays pour le capital : pillage organisé à grande échelle, un véritable coupe-gorge capitaliste expérimental comme arme de destruction de masse. On n’a pas laissé aux Irakiens le moindre rôle à jouer dans la planification et aucun des contrats de sous-traitance ne leur a été accordé pour partager les bénéfices. La nouvelle législation économique a institué une détaxation quasi-totale. Les investisseurs étrangers détiennent désormais 100% des actifs irakiens, avec en prime le droit d’expatrier l’intégralité des profits, d’importer à volonté et sans restriction. Il bénéficient en outre de contrats et de leasings à long terme, sur 30 ou 40 ans, dépossédant les Irakiens pour des décennies de leurs propres ressources, mais sécurisés de telle façon qu’aucun gouvernement ultérieur ne puisse les modifier, écrit Stephen Lendman[9].

 

Selon un rapport de Transparency International, la corruption qu’on observe en Irak est vouée à devenir « le plus grand scandale de corruption de l’Histoire »[10]. Tandis que les Américains se retirent, ils laissent derrière eux des centaines de projets abandonnés ou incomplets. Selon un audit d’une agence de surveillance financière américaine, plus de 5 milliards de dollars des contribuables américains se sont ainsi évaporés – soit plus de 10% des quelque 50 milliards que les Américains ont dépensés dans la prétendue reconstruction de l’Irak. Il ne s’agit d’ailleurs manifestement que d’une sous-estimation qui repose sur l’analyse, par l’Inspecteur Général Spécial pour la Reconstruction de l’Irak, de plus de 300 rapports d’experts comptables[11]. Malgré les 53 milliards « d’aide » dépensés depuis l’invasion de 2003, 70% des Irakiens n’ont toujours ni électricité ni eau potable. Ces fonds ont simplement rempli les poches d’entrepreneurs militaires étrangers et de membres corrompus de l’administration[12]. Selon l’Inspecteur Général Spécial pour la Reconstruction de l’Irak, pour près de 8.7 milliards de dollars, le Département de la Défense US est incapable de produire la moindre comptabilité crédible. Pour 9 autres milliards, 96% n’a pas été comptabilisé du tout. Il est d’ailleurs intéressant de souligner que la plupart de ces sommes ne provenaient pas d’aides mais de la vente du gaz et du pétrole irakien, ainsi que de plusieurs avoirs ou actifs gelés depuis la période de Saddam Hussein et vendus eux aussi[13].

 

Les autorités irakiennes ont dernièrement entamé la construction d’une enceinte de sécurité autour de la capitale Bagdad, rapporte la chaîne nationale Al-Iraqiya TV, citant le porte-parole de la sécurité à Bagdad. Ce mur de béton percé de huit postes de contrôle devrait être terminé vers l’été 2011[14]. De sorte que, bien que la population de Bagdad soit d’ores et déjà contrainte de vivre en communautés fermées (avec des barrières de « sécurité » en béton entre chaque quartier), c’est bientôt toute la ville qui sera enfermée et coupée du reste du pays comme une forteresse médiévale.

 

En mai dernier, une étude intitulée l’Étude Mercer sur la Qualité de Vie[15], a rendu ses résultats concernant « les villes les plus habitables » en 2010. Bagdad était de loin la dernière – c’est à dire la ville la moins habitable de la planète. Cela tient à la totale destruction des réseaux d’égouts, des installations d’épuration, des usines, des écoles, des hôpitaux, des musées et des centrales électriques d’Irak par l’armée américaine[16]. UN-HABITAT, une agence des Nations Unies, a récemment publié un rapport de 218 pages intitulé L’État des villes dans le monde 2010-2011 : réduire la fracture urbaine[17]. Pour Adil E Shantoo, un fait particulièrement choquant y s’y trouve presque délibérément passé à la trappe, concernant les populations urbaines d’Irak : au cours des décennies qui précèdent l’invasion américaine de l’Irak, en 2003, les bidonvilles regroupaient moins de 20% de la population urbaine d’Irak. Aujourd’hui, ce pourcentage est de 53%, soit 11 millions de citadins sur 19 au total. Au cours de la dernière décennie, la plupart des pays ont fait des progrès pour diminuer la population des bidonvilles. L’Irak glisse au contraire dangereusement dans la direction opposée[18].

 

Lancé en 2007, le Global Peace Index (GPI) classe chaque année les pays en fonction de la tranquillité qui y règne, sur la base d’indices caractéristiques de paix ou de violence. Dans son rapport de 2009, sur 144 pays, l’Irak arrivait dernier, l’Afghanistan avant dernier. En avril 2010, Amnesty International publiait un rapport intitulé « Irak : compte-rendu sur les droits de l’Homme ». Leur conclusion était que : « la situation des droits de l’homme dans le pays reste grave. Toutes les parties du conflit en cours ont commis des abus choquants et la population civile continue d’assumer le coût des violences qui se poursuivent. La situation sur le plan sécuritaire est toujours précaire en dépit de quelques améliorations en 2009. Arrestations, kidnappings, fusillades et attaques armées contre des civils demeurent quotidiennes ».

 

Il n’y a toujours aucun gouvernement digne de ce nom en Irak. Comme l’écrit Saad Jawad, qui enseigne les Sciences Politiques à l’Université de Bagdad, « certains analystes cyniques estiment que la situation actuelle reflète exactement ce que visaient les États-Unis (et Israël) ou ce que Washington avait en tête en jetant les bases de la nouvelle Constitution. Les tensions qui divisent actuellement l’Irak continuent d’affaiblir le pays et le maintiennent à la merci des USA, permettant à ceux-ci d’y conserver leur rôle de puissance tutélaire afin d’y perpétuer leur présence »[19].

 

Mais qui menace réellement la sécurité de l’Irak ? Qui est à l’origine des attaques meurtrières et des attentats à la voiture piégée ? Dans de nombreux cas, on dénonce la complicité des forces de sécurité. Le 28 août, les forces américaines ont arrêté un député d’Ahmad Chalabi, Ali Faisal al Lami – qui fut un temps le politicien irakien favori de l’administration Bush – pour son implication dans une série d’attentats qui avaient coûté la vie à des ressortissants américains et Irakiens. Al Lami est un responsable Shiite, membre du parti Sadriste et responsable du Justice and Accountability Committee, dirigé par Chalabi[20]. Ce que démontre cette information, c’est que les crapules qui sont venus en Irak avec les troupes américaines et dont les milices étaient armées, formées et financées par les USA, sont au moins partiellement responsables des séries d’attentats qui ravagent le pays.

 

Lorsqu’on garde de tels faits à l’esprit, il semble ahurissant d’entendre des responsables américains parler, au sujet de l’Irak, d’un « bilan positif pour les USA ». Obama a proclamé la prétendue suspension définitive de la Mission de Combat en Irak[21]. Mais il refuse toujours de faire réellement le bilan de ces sept années de catastrophe, préférant regarder vers l’avenir et éluder ses responsabilités. L’un des commentaires les plus pertinents du discours officiel d’Obama fut sans doute celui de Chris Floyd :

 

Après avoir fallacieusement déclaré le 30 août « la fin de la Mission de Combat en Irak », […] Obama a lâché ce qui était peut-être le mensonge le plus énorme, le plus honteusement malhonnête de la soirée : “A travers ce remarquable chapitre de l’histoire des États-Unis et de l’Irak, nous avons assumé nos responsabilités ». Nous avons assumé nos responsabilités ! Non, Monsieur le Président ! Certainement pas ! Pas tant que de nombreux Américains, et de très haut rang, n’auront été jugés pour crimes de guerre. Pas avant que les États-Unis n’auront payé des centaines de milliards de dollars de réparations sans restrictions aux Irakiens pour le viol de leur pays et l’extermination de sa population. Pas avant que les États-Unis n’aient ouvert leurs frontières à tous ceux et celles qui ont été et vont être chassés d’Irak par l’épouvantable niveau de destructions que nous avons infligé à leur pays, ou qui le quitteront pour fuir les ignobles crapules et les fanatiques qui nous doivent aussi bien la puissance que la totale liberté d’action qu’ils ont acquise dans le pays. Pas avant que vous-même, Monsieur le Président, faisant pénitence avec le sac et la cendre, n’ayez proclamé une Journée Nationale de la Honte, à célébrer chaque année par des lamentations, des réparations et des confessions, pour les crimes contre l’humanité que nous avons commis en Irak[22].

 

Mais les États-Unis n’ont aucune intention de payer la moindre réparation pour les destructions commises. Au contraire : Christopher Crowley, directeur d’USAID en Irak, a lui-même déclaré que les pressions qui exigent des Irakiens qu’ils prennent en charge le coût du Programme d’aides aux victimes américaines faisait partie d’un accord général sur l’ensemble des programmes d’assistance en Irak. Les USA “entendent obtenir l’augmentation de la contribution du gouvernement [irakien] à ces programmes, afin qu’ils puissent être maintenus sur le long terme », déclare-t-il. Selon Crowley, nombreux sont ceux qui aux USA estiment que l’Irak, avec les troisièmes plus grandes réserves mondiales de pétrole brut, a largement les moyens de payer d’une manière ou d’une autre pour les reconstructions de l’après-guerre. Lorsqu’on lui demande pourquoi le gouvernement irakien devrait payer des compensations pour les victimes des opérations américaines, il répond que les victimes « sont des citoyens irakiens »[23]. C’est littéralement incroyable : les USA exigent que ce soit le gouvernement irakien qui paie des compensations pour l’ensemble des morts et des destructions que la machine de guerre américaine a infligé à l’Irak. Et les raisons qu’ils avancent sont : 1) l’Irak peut vendre suffisamment de pétrole pour reconstruire le pays ; 2) les victimes sont irakiennes, donc les compensations doivent être payées par… les Irakiens ! C’est le monde à l’envers ! Commentaire d’un Irakien : « Quelqu'un pénètre chez moi illégalement, y détruit tout ce qui peut l’être, massacre ma famille, et exige que ce soit à moi de payer pour ce qui a été commis ? Mais à qui on parle, là ? A des sauvages à peine sortis de l’âge des cavernes ? »

 

Certes, toutes ces destructions ont coûté énormément d’argent au contribuable américain. « Tandis que les États-Unis mettent fin aux combats en Irak, il s’avère que notre estimation de trois mille milliards de dollars (qui incluait à la fois le coût direct de la guerre pour le gouvernement US et l’impact général de celle-ci sur l’économie américaine), était de toute façon sous-évaluée. Par exemple, le coût de l’indemnisation des vétérans – diagnostics, soins, versement de compensations, s’avère supérieur à nos prévisions », écrit Joseph Stiglitz dans le Washington Post[24]. Un rapport publié en Inde par le Groupe de Prévision Stratégiques, dans un ouvrage intitulé Le coût des conflits du Proche-Orient, calcule en outre que, sur les 20 dernières années, ces conflits ont coûté aux nations et aux populations de la région plus de 12 mille milliards de dollars. Ce rapport précise que le Proche-Orient a enregistré « une forte augmentation des dépenses militaires au cours des 20 dernières années, et qu’il est désormais considéré comme la région la plus lourdement armée du monde »[25]. Imaginez les mêmes sommes dépensées en infrastructures rurales et urbaines, en réservoirs, en systèmes de désalinisation et d’irrigation, en reforestation, en pisciculture, en médecine et santé publique, en logement, en information et technologie, en emplois, en programmes d’intégration équitable de villes et de villages, en réparation des ravages des guerres, plutôt que dans des armes qui ne peuvent que semer la destruction.

 
L’insupportable légèreté des services publics irakiens 

 

Comme nous l’avons vu plus haut, la très grande majorité des Irakiens n’ont plus accès aux services de première nécessité, tels que la distribution d’eau potable, le ramassage des ordures ménagères, un réseau électrique fiable, un réseau d’égouts fonctionnel, l’emploi, le système de santé, etc. L’Irak a d’ores et déjà sombré dans l’âge des ténèbres, non seulement au sens figuré mais même au sens le plus littéral du terme, car même la lumière est devenue une denrée rare. Des plaintes de plus en plus nombreuses dénoncent des coupures de courant qui réduisent l’alimentation électrique publique à seulement quelques heures par jour. Le 22 août dernier, les forces de l’ordre irakiennes ont eu recours aux canons d’eau et aux matraques pour disperser les manifestants dans la ville irakienne du Sud, Nasiriyah, et réprimer les émeutes qui avaient éclaté en protestation contre les coupures de courant, qui handicapent toute activité, et contre l’insuffisance des services publics. Des protestations similaires avaient déjà eu lieu à Nasiriyah en juin dernier lorsque 1 000 manifestants avaient essayé de prendre d’assaut le siège du Conseil Régional défendu par les forces de l’ordre, ainsi qu’à Bassorah, où deux personnes avaient été tuées lors d’affrontements avec la police[26]. Des émeutes similaires ayant éclaté pendant tout le mois de juin contre les pénuries d’électricité dans plusieurs villes d’Irak, le ministre Kareem Waheed fut finalement contraint de démissionner[27].  

 

Il fut remplacé par Hussain al-Shahristani, ministre irakien du Pétrole, débarqué en Irak en 2003 dans le sillage des chars américains et britanniques. Il publia alors un décret interdisant toute activité syndicale et suspendant toute forme de coopération ou de pourparlers avec les syndicats de l’électricité publique. Il a lui-même supervisé les opérations de police imposant la fermeture des bureaux des syndicats et la confiscation de tout ce qui s’y trouvait : documents, mobilier, ordinateurs, etc. Akram Nadit, Représentant International de la Fédération des Syndicats et Conseils d’Ouvriers en Irak ( http://fwcui.org/french/french.html), a alors lancé un appel à la population, lui demandant d’adresser des lettres de protestations à Al-Shahristani : « Cet ordre est une violation patente de la réglementation internationale du travail que votre gouvernement est tenu de faire respecter. Nous donc faisons appel vous pour que cette situation soit rétablie et qu’on mette fin à cet assaut contre les syndicats irakiens »[28].

 

Après la campagne de bombardement de l’Opération Tempête du désert de 1991, les centrales électriques et les lignes à haute tension irakiennes étaient détruites à 91% : soit 95 centrales électriques ainsi que l’intégralité des lignes de 400 000 et 135 000 volts. La distribution du pétrole était totalement stoppée et les sites de forage de Kirkuk, au Nord du pays et de Rumaila au Sud, ainsi que les raffineries, stations essence et sites de stockage du pétrole pour l’export des ports pétroliers d’Umm Qasr et de Fao étaient intégralement détruits. Les Irakiens parvinrent néanmoins à rétablir l’électricité en à peine six mois, en dépit des sanctions drastiques imposées au pays. La campagne de reconstruction qui suivit la fin des hostilités en mars 1991 fut un véritable exploit aux dimensions stupéfiantes. A l’heure actuelle, sept ans après la « libération », les principaux services publics ne fonctionnent toujours pas correctement.

 

Un bloggeur irakien écrivait récemment : « Sous le précédent ministre, nous avions généralement droit à deux heures d’électricité puis quatre heures de coupure. Ce qui nous faisait en moyenne huit heures d’électricité par jour. Parfois c’était moins que ça. Aujourd’hui, sous Shahristani, on a moins de quatre heures d’électricité par jour pendant l’infernal été irakien où, plus de trois mois durant, la température ne descend jamais au-dessous de 50°C. Le grand vizir a trouvé une explication à ce problème et une solution simple pour résoudre le dilemme de l’électricité. Il estime que nous, les Irakiens, nous gaspillons l’électricité, et que dans chaque maison toute la famille devrait se rassembler le soir dans une même pièce et y dormir ensemble. Je ne sais pas comment il peut seulement dire une chose pareille ou même imaginer une solution aussi honteuse »[29].

 

A vrai dire, la chaleur torride de l’été, Shahristani ne s’en soucie guère. Ces chiffres donnent une idée des salaires de certains pontes irakiens : environ 700 000 $ US par an pour le Président et quelque 600 000 $ US pour les Vice-présidents – quoique selon certaines agences de presse irakiennes l’ensemble des revenus mensuels du Vice-président Adel Abdul Mahdi atteindrait le million de dollars US. Le salaire d’Al-Maliki [le Premier Ministre] est, lui, identique à celui du Président irakien. Le Président du Conseil de la Magistrature touche environ 100 000 dollars US par mois (sans compter les allocations). Leur retraite s’élève à 80% du montant de leur dernière paie, et ce jusqu’à la fin de leurs jours[30].

Liberté ? Justice ?

Deuxième partie : L’interminable occupation et ses effets pernicieux.

 

 

guerre503jpg6d0a-fdbd1.jpgQuel retrait ?

Lors même que le Président Barack Obama annonçait la fin des combats en Irak, les forces américaines poursuivaient leurs opérations militaires, malgré la prétendue fin de leur mission de combat en Irak. Le 1er septembre, les soldats américains prenaient d’assaut un village du Nord, tandis que leurs supplétifs irakiens en pillaient les maisons et y arrêtaient des dizaines d’insurgés présumés[31].

 

« A l’instar de la Grande Muraille de Chine », disait l’Ambassadeur Hill, « l’Ambassade US de Bagdad est l’une des choses qu’on peut voir à l’œil nu depuis l’espace. Je veux dire… elle est énorme ! »[32]. C’est le moins qu’on puisse dire ! S’étendant sur plus de 420 km2, c’est de très loin la plus grande ambassade du monde. Outre ses six immeubles résidentiels, elle dispose d’une piscine de luxe, ainsi qu’une installation de traitement de l’eau et d’uns station d’épuration. (…) Le Département d’État a exigé la présence d’une véritable mini armée pour protéger cette petite Amérique fortifiée – avec notamment 24 hélicoptères Black Hawk et une cinquantaine de véhicules anti-bombes[33].

 

Après ce mois de retrait, il restera encore 50 000 soldats américains dans 94 bases militaires US d’Irak, pour « conseiller » et former l’armée irakienne, « assurer la sécurité » et encadrer des missions « contre-insurrectionnelles ». Environ 5 800 d’entre eux appartiennent à l’armée de l’Air a déclaré le Major-Général Joseph Reynes, directeur de l’Air Component Coordination Element for U.S. Forces-Iraq[34].

 

Dans le même temps, le gouvernement américain ne fait pas que changer l’étiquette de l’occupation, il la privatise aussi. Quelque 100 000 supplétifs privés [contractors] travaillent pour les forces d’occupation, dont plus de 11 000 sont des mercenaires armés. Ce sont presque exclusivement des ressortissants de pays tiers et assez souvent de pays en voie de développement. Un Péruvien et deux Ougandais d’une compagnie de sécurité ont été tués il y a une quinzaine de jours lors d’une attaque à la roquette sur la Zone Verte[35].

 

Bien que le Pentagone réduise drastiquement ses forces de combat en Irak, l’armée américaine n’en prévoit pas moins de contrôler plus étroitement la couverture médiatique de ce qui s’y passe et la manière dont elle est présentée au public, en Irak aussi bien qu’aux USA [ou en Europe]. « Il est essentiel pour le succès du nouveau gouvernement irakien et de la mission des forces américaines en Irak, que tous deux communiquent efficacement en direction de nos publics stratégiques (à savoir le public irakien, arabe, international, américain et les forces américaines stationnées en Irak), afin d’assurer à nos principaux thèmes et messages un soutien optimum », claironnait le texte d’un appel d’offre pour une équipe de 12 experts civils destinée au secteur des « services de gestion des communications stratégiques » en Irak[36]. 

 

 

De toute évidence, la guerre et l’occupation continueront jusqu’à ce que le peuple irakien et le reste du monde imposent à Washington un retrait total d’Irak. La population des États-Unis a donc le devoir moral d’organiser un vaste mouvement d’opposition politique particulièrement déterminé contre l’actuelle occupation de l’Irak et la guerre qui y est menée par le gouvernement des Etats-Unis. Inutile d’imaginer que l’administration Obama ou aucune autre ultérieure quitte un jour l’Irak de son propre gré, conclut Kenneth J. Theisen du groupe américain anti-guerre World Can’t Wait[37]. La Résistance Populaire Nationale irakienne a récemment intensifié ses activités contre l’occupation : Selon le Général de Brigade Ralph O. Baker, commandant en second des Forces Américaines du centre de l’Irak, le nombre d’attaques à la roquette ou au mortier contre la Zone Verte fortifiée et l’aéroport de Bagdad a lui aussi fortement augmenté. Le Général Baker déclarait récemment qu’il y avait eu une soixante d’attaques de ce genre au cours des deux derniers mois, contre « deux ou trois » seulement dans les mois précédents[38].

 

La honteuse sous-évaluation du bilan des victimes civiles

 

 Tandis qu’à Washington, l’élite dominante voit dans la destruction de l’Irak « un bilan plutôt positif pour les États-Unis », la plupart des journalistes des médias corporatistes s’efforcent de maintenir le nombre officiel des victimes civiles irakiennes autour de 100 000 morts. Un mensonge de plus, une sous-estimation flagrante et une insulte aux souffrances du peuple irakien. Ce chiffre est celui de l’Iraq Bodycount, une organisation qui effectue un remarquable travail d’inventaire des victimes civiles dont le décès est attesté dans les médias de langue anglaise[39]. Bien évidemment, ce type de calcul peut difficilement servir de fondement scientifique à une estimation pertinente du nombre réel des victimes civiles irakiennes.

 

Voici quelques exemples : sur 34 000 médecins inscrits en Irak, 20 000 ont quitté le pays suite à l’invasion américaine[40]. Depuis avril 2009, moins de 2 000 médecins y sont revenus et le même nombre y a été tué pendant la guerre[41]. Dans sa base de données, Iraq Bodycount signale seulement 70 médecins tués en Irak[42], ce qui signifie qu’ils ont pris en compte à peine 3,5% du nombre réel des médecins victimes du conflit.

 

108 intellectuels universitaires apparaissent dans leur base de données. Le BRussells Tribunal possède une liste non exhaustive de 448 universitaires assassinés[43], établie par recoupement de diverses sources. Bien que cette liste soit loin d’être complète, Iraq Bodycount mentionne à peine 24% du nombre des universitaires assassinés dont le BRussells Tribunal ait pu réunir les noms.

 

La catégorie de victimes la mieux suivie de ce conflit est sans doute celle des journalistes. Le BRussells Tribunal a pu dresser une liste de 354 de professionnels des médias victimes de la guerre[44]. En septembre 2007, M. Habib al-Sadr, directeur général d’Al-Iraqiya [la chaîne de télévision nationale irakienne], confiait à l’AFP que depuis sa prise de fonctions en 2005, au moins 75 membres de son personnel avaient été tués et 68 autres blessés[45]. A l’époque, la liste du BRussells Tribunal consacrée aux professionnels des médias contenait moins du tiers de son total actuel. Mais pour Iraq Bodycount, le cumul dans cette catégorie ne dépasse pas 241 morts.

 

Auteur de deux importantes études sur la mortalité en Irak, publiées dans la revue scientifique britannique The Lancet, l’épidémiologiste Les Roberts s’est défendu le 20 septembre 2007 contre des allégations dénonçant ses enquêtes comme « totalement biaisées », avec cet argument :

 

« Présentée lors d’une conférence à Harvard, une recherche portant sur treize pays frappés par la guerre, a récemment montré que plus de 80% des morts violentes survenues au cours de conflits ne sont signalés, ni par la presse, ni par les gouvernements. Récemment cités dans Middle East Online, des membres de l’administration de la ville irakienne de Nadjaf expliquaient que 40 000 corps non-identifiés avaient été enterrés dans cette ville depuis le début du conflit. Dans son discours aux membres du Rotary Club du 5 septembre dernier – retransmis par le réseau américain C-SPAN (Réseau câblé et satellitaire pour les affaires publiques), Samir Sumaida’ie, l’ambassadeur irakien aux USA, a déclaré qu’il y avait 500 000 veuves récentes en Irak. La Commission Baker-Hamilton elle-même a constaté que le Pentagone ne signalait à peine le dixième du nombre d’incidents violents survenus pendant le conflit. Enfin, le vénérable institut de sondage britannique ORB a récemment publié les résultats d’un sondage selon lequel 22% des foyers irakiens ont perdu au moins un parent, victime des violences sous l’occupation, ce qui équivaut à un total d’un million deux cent mille de morts. Cette découverte corrobore assez largement les résultats d’un autre sondage effectué par la BBC en février dernier, selon lequel 17% des Irakiens avaient perdu au moins un de leurs proches dans le conflit. A l’heure actuelle, ce sont donc deux sondages et trois études scientifiques qui démontrent que les chiffres officiels et les estimations basées sur les déclarations médiatiques ont bien occulté 70 à 95% du total des victimes de la guerre en Irak. Et tout semble indiquer que la proportion d’occultation des faits par les médias ne cesse d’augmenter avec le temps » [46].

 

Une note de Sir Roy Anderson, Conseiller scientifique en chef auprès du Ministère britannique de la Défense, insiste que « l’approche méthodologique de l’étude [du Lancet] est solide et recourt à des méthodes que l’on peut considérer comme étant aussi proche que possible des « meilleures pratiques » de ce domaine, étant donné les difficultés spécifiques de la collecte et du contrôle des données, dans les circonstances qui prévalent actuellement en Irak ». Dans un courrier électronique publié par le Ministère britannique des Affaires Etrangères, dans lequel un responsable demande des précisions sur l’enquête du Lancet, celui-ci écrit : « Pour autant, la méthodologie de l’enquête employée ici peut difficilement être prise à défaut, c’est un mode d’évaluation de la mortalité dans les zones de conflit qui a depuis longtemps fait ses preuves »[47].

 

La polémique autour du nombre des victimes est sans doute loin d’être close, mais nous pouvons avancer avec certitude un excédent de plus d’un million de décès directement imputables à cette guerre – pour la plupart de mort violente. On peut trouver sur le site du BRussells Tribunal un archivage non exhaustif des articles relatant les virulentes polémiques répercutées dans la presse et les blogs au sujet du décompte des victimes civiles de l’occupation US :  http://www.brusselstribunal.org/Lan...

 

Un été noir pour les intellectuels irakiens

 

Le BRussells Tribunal s’est rendu célèbre par la vaste campagne lancée en 2005, qui visait à sensibiliser le public au sort des intellectuels irakiens. Le BRussells Tribunal reçoit régulièrement d’un large éventail de sources irakiennes, des informations complémentaires sur les exécutions sommaires d’intellectuels et d’universitaires irakiens. Voici un aperçu des principales exécutions répertoriées dans le courant de l’été :

Ehab Al-Ani : Directeur d’hôpital à Al Qa’im, tué le 5 juin 2010 par une bombe artisanale. D’après l’enquête initiale, Dr. Al Ani n’a pas été tué au hasard.

Ahmed Jumaa : Vice-chancelier de l’Université islamique à Ramadi, tué le 29 juin 2010 à Hit par une bombe artisanale. Le même jour, le professeur Ali Sayegh Zidane, cancérologue de l’Hôpital d’Harithiya à Bagdad, était abattu par des tireurs embusqués ou des snipers.

14 juillet 2010 : La police irakienne découvre le cadavre décomposé d’un professeur d’université Adnan Al-Makki, poignardé à mort, chez lui, à Bagdad. Le même jour, un autre professeur d’université est abattu dans l’Ouest de Bagdad par des tireurs ou des snipers. Son nom ne nous a pas été communiqué.

11 août 2010 : Tôt le matin, un groupe de tueurs fait irruption chez le Dr. Intisar Hasan Al Twaigry, directeur de l’H

ôpital d’obstétrique Illwiyah, à Bagdad. Le Dr. Al Twaigry est assassinée, son mari est ligoté mais laissé en vie. Les tueurs emportent avec eux environ 20 000 dollars US.

Mohammed Ali El-Din : Expert en pharmacologie, assassiné dans l’après-midi du 14 août 2010, dans la région d’An Numaniya. Abattu par des tireurs ou des snipers, Mohammed Ali El-Din était rentré en Irak à peine quelques mois plus tôt, après un séjour d’études à l’Université de George Washington, USA.

Dr Kamal Qasim Al Hiti : Professeur de sociologie kidnappé dans Bagdad le 14 août 2010, à 16 h. Quelques semaines auparavant, il avait reçu une lettre de menaces contenant une balle et lui enjoignant de quitter le pays. Son corps mutilé, le visage en partie brûlé, a été retrouvé le 22 août dans le Tigre en face de la Zone Verte, dans le district al-Karada (sous contrôle du Conseil Suprême Islamique – Brigade Badr). Il a été torturé puis pendu. Très ouvertement critique contre l’occupation, il était l’éditeur du journal Al Mustaqila dont le siège avait été récemment mis à sac et qui fut finalement interdit pour avoir dénoncé l’occupation et ses milices[48].

28 août 2010 : Le BRussells Tribunal reçoit le courrier électronique suivant : « Je voudrais ajouter le nom de mon ami très proche Dr. Samer Saleem Abbas, abattu à bout portant dans sa clinique privée par un homme armé d’un pistolet à silencieux, qui a froidement annoncé aux patients : « Inutile d’attendre ou de rester dans la clinique, votre médecin est mort ! » Le Dr. Samer a été abattu de 5 ou 6 balles, dont une dans la bouche… Il a été tué un stylo à la main. Il était spécialiste en radiologie et Président du département de radiologie de la section chirurgicale Al-Jerahat de la Cité de la Médecine, à Bagdad. Nous avons donné son nom à l’amphithéâtre de son département. Nous discutions ensemble et rêvions de donner une nouvelle impulsion à la radiologie en Irak après la guerre. J’espère sincèrement que ces informations vous seront suffisantes pour rajouter son nom à votre liste ».  

 

On ne voit toujours pas la fin de cette campagne d’assassinats systématique des meilleurs et les plus brillants cerveaux d’Irak. Il semble que près de 40% des Irakiens de classe moyenne avaient déjà fui le pays vers la fin de 2006. La situation n’a fait qu’empirer depuis, bien que la proportion de départs semble diminuer progressivement. Les actions visant à stopper et inverser cette fuite de cerveaux demeurent indispensables. Pour la plupart des observateurs hélas, force est de constater que le gouvernement ne prend aucune mesure concrète susceptible de créer les conditions nécessaires au retour en Irak des classes moyennes éduquées. Privé de classes moyennes, l’Irak n’a aucun avenir viable.


Sources : Dirk Adriaensens, brussellstribunal.org

[1] Roy Greenslade, Press Gang : How Newspapers Make Profits From Propaganda, revised ed., London, Pan Books, 2004.  Voir aussi “Time to Judge the Iraq Pundits”   http://www.buzzle.com/editorials/4-... 

[2] “Gates : Iraq outcome 'will always be clouded by how it began'”, 1er septembre 2010, http://www.mcclatchydc.com/2010/09/...

[3] “As U.S. combat role ends in Iraq, new commander takes charge”, 1er septembre 2010, http://www.mcclatchydc.com/2010/09/...

[4] “Iraq's ignored minorities face extinction - new MRG report”, 26 février 2007, http://www.minorityrights.org/682/p... 

[5] Mission accomplished ? Not for the Iraqi people, 27 juin 2010,  http://www.sfgate.com/cgi-bin/artic... 

[6] “The Anti-Empire Report”, 1er septembre 2010, http://killinghope.org/bblum6/aer85.html 

[8] “UNHCR concerned at continuing deportations of Iraqis from Europe”, 3 septembre 2010,

http://www.unhcr.org/4c80ebd39.html

[9] “Iraq Today : Afflicted by Violence, Devastation, Corruption, and Desperation”, 27 avril 2010, http://sjlendman.blogspot.com/2010/...

[10] “Corruption In Iraq May Account for More Than 1/3 of the Total Cost of the US-Iraq Occupation”, 15 avril 2008, http://www.americanchronicle.com/ar... 

[11] “AP IMPACT : US wasted billions in rebuilding Iraq”, 29 août 2010,

http://news.yahoo.com/s/ap/20100829/ap_on_bi_ge/ml_iraq_us_reconstruction_legacy

[12] “Mission accomplished ? Not for the Iraqi people”, 27 juin 2010, op. cit.

[13] “US 'fails to account' for Iraq reconstruction billions”, 27 juillet 2010,

http://www.bbc.co.uk/news/world-south-asia-10774002

[14] “Iraq starts construction of security wall around Baghdad”, 4 mai 2010,

http://www.twocircles.net/2010may03/iraq_starts_construction_security_wall_around_baghdad.html

[15] “Quality of Living worldwide city rankings 2010 – Mercer survey”, 26 mai 2010, http://www.mercer.com/qualityoflivingpr

[17] “State of the World's Cities 2010/2011 - Cities for All : Bridging the Urban Divide”,

http://www.unhabitat.org/content.asp?cid=8051&amp ;catid=7&typeid=46&subMenuId=0

[18] “What You Will Not Hear About Iraq”, 20 août 2010,

http://www.fpif.org/articles/what_you_will_not_hear_about_iraq

[19] “A local dilemma or US design ?”, 22 juillet 2010, http://www.bitterlemons-international.org/inside.php?id=1292

[20] “Chalabi aide arrested on suspicion of Baghdad bombings”, 28 août 2010, http://www.mcclatchydc.com/2008/08/28/51031/chalabi-aide-arrested-on-suspicion.html

[21] “Obama Declares an End to Combat Mission in Iraq”, 31 août 2010, http://www.nytimes.com/2010/09/01/w...

[23] “US Wants Iraq to Pay Bill for War Victims”, 12 août 2010,  http://abcnews.go.com/International...

[24] “The true cost of the Iraq war : $3 trillion and beyond”, 5 septembre 2010,

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/09/03/AR2010090302200.html

[25] “Middle East Loses Trillions As U.S. Strikes Record Arms Deals”, 3 septembre 2010,

http://rickrozoff.wordpress.com/2010/09/03/middle-east-loses-trillions-as-u-s-strikes-record-arms-deals/

[26] “Iraq police, protesters clash over power shortages”, 22 août 2010, http://alertnet.org/thenews/newsdesk/LDE67L04Z.htm

[27] “Iraq electricity minister resigns after deadly protests”, 21 juin 2010, http://www.bbc.co.uk/news/10371581

[28] “Iraq : Minister closes all union offices in Saddam-style move”, 14 août 2010, http://www.ahewar.org/eng/show.art....

[29] “Bring us back the old fever”, 13 août 2010,  http://blogs.mcclatchydc.com/iraq/2...

[30] “Iraq’s Top Ten Salaries… And The Best Pension in The World, I guess”, 9 juin 2010,  http://blogs.mcclatchydc.com/iraq/2...

[31] “U.S. forces still in fight at end of Iraq combat mission”, 1er septembre 2010, http://www.salon.com/news/feature/2...

[32] “Outgoing U.S. Envoy Defends Iraq Progress”, 11 août 2010, http://www.npr.org/templates/story/...

[34] “More than 5,000 airmen will remain in Iraq”, 24 août 2010,

http://www.airforcetimes.com/news/2010/08/MONDAYair-force-iraq-5800-airmen-remain-082310w/

[35] “The US isn't leaving Iraq, it's rebranding the occupation”, 4 août 2010, http://www.guardian.co.uk/commentis...

[36] “Pentagon tries to steer media coverage on Iraq”, 25 mai 2010,

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/05/24/AR2010052403839.html

[37] “A Combat Brigade Leaves ; U.S. War of Terror Against Iraq Continues”, 19 août 2010,

http://www.worldcantwait.net/index.php/home-mainmenu-289/6594-a-combat-brigade-leaves-us-war-of-terror-against-iraq-continues

[38] In Baghdad, U.S. Officials Take Note of Milestone”, 1er septembre 2010,

http://www.nytimes.com/2010/09/02/world/middleeast/02iraq.html?_r=2

[41] “The Iraq withdrawal : An Orwellian success”, op.cit.

[46] “Ignorance of Iraqi death toll no longer an option”, 22 septembre 2007, http://www.globalresearch.ca/index.php?context=viewArticle&amp ;code=ROB20070922&articleId=6848

[47] “Iraqi deaths survey 'was robust'”, 26 mars 2007,  http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/politics/6495753.stm

[48] http://www.brusselstribunal.org/academicsList.htm

http://www.michelcollon.info/Irak-l-age-des-tenebres.html

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 00:41
Europe, Maghreb et Proche-Orient : La manoeuvre américaine
Imprimer
Samedi, 09 Octobre 2010 [Liste des articles]
 

Opération séduction de l'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Rivkin, accompagné de l'acteur afro-américain Samuel L. Jackson, dans une banlieue parisienne le 13 avril 2010.Opération séduction de l'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Rivkin, accompagné de l'acteur afro-américain Samuel L. Jackson, dans une banlieue parisienne le 13 avril 2010.

Europe, Maghreb et Proche-Orient : La manoeuvre américaine


Depuis un certain temps et en particulier depuis la victoire d’Obama, les États-Unis se livrent à une politique d’approche et de captation dans le monde arabo-musulman. Les ambassades américaines s’activent auprès de certaines catégories de la population (étudiants, intellectuels, artistes, économistes, etc.) par de nombreux contacts, invitations aux États-Unis, projets culturels, etc., que ce soit au Maghreb ou au Moyen-Orient. Tout est mis en œuvre pour améliorer l’image des États-Unis auprès de populations généralement hostiles, compte tenu du soutien inconditionnel des administrations américaines successives à l’entité sioniste (Israël), sans parler des agressions contre l’Irak, l’Afghanistan et maintenant le Pakistan.

Tout cela s’inscrit dans une stratégie bien précise : trouver et influencer des interlocuteurs dans les pays arabes, en complément des gouvernements actuels soumis à Washington mais très largement discrédités. Ce n’est pas un hasard si cette opération de séduction a lieu sur fond de crise économique et de déficits permanents que traverse l’économie américaine. Il s’agit d’attirer en plus grand nombre les capitaux de ces pays arabes. Les banques islamiques sont incitées à placer leurs fonds aux États-Unis afin de contribuer à soutenir l’économie américaine, et donc en réalité à soutenir l’effort politique et militaire de domination mondiale des États-Unis. Les économistes ont observé que ces banques islamiques n’avaient pas été touchées (ou très peu) par le krach bancaire. Le droit islamique interdit le prêt à intérêt. Ceci est un frein salutaire aux spéculations qui caractérisent notre économie virtuelle et la condamnent à une fuite en avant permanente pour essayer d’éviter la faillite généralisée.

Un tel enjeu doit vaincre plusieurs obstacles. Tout d’abord, redonner confiance en l’économie américaine, qui ne se survit que grâce à sa domination militaire, politique et culturelle. Cela suppose de maintenir et développer une image positive de la « démocratie américaine » auprès des nouvelles couches sociales des pays arabes qui formateront leurs opinions publiques. Le temps où quelques frappes de l'US Air force et quelques coups d’État « made in CIA » suffisaient à faire entrer dans le rang les pays récalcitrants est terminé. L’échec présent et à venir en Irak, en Afghanistan et au Pakistan montre les limites de l’action militaire. C’est pourquoi, la conquête idéologique de cette couche sociale dont sont issus les décideurs d’aujourd’hui et de demain, est primordiale. Il est devenu difficile pour les dirigeants des pays arabes, quel que soit leur degré de soumission, de continuer à soutenir l’économie américaine et donc Israël, contre leur propre opinion publique, et surtout contre leurs éléments les plus éduqués.

Il y a un double objectif à la stratégie américaine vis-à-vis du monde arabo-musulman. D’abord détourner un flux de capitaux arabes vers les États-Unis – ce qui contrera les autres pays émergents tels la Chine, le Brésil, l’Inde, etc. – afin d'alléger la dépendance du dollar vis-à-vis de l’économie chinoise. Cela permettra également de continuer à saupoudrer de miettes les classes populaires d’Amérique et d’Europe, les rendant ainsi solidaires du système. L’autre but, complémentaire du premier, est d’américaniser la partie la plus dynamique de cette couche moyenne du Maghreb et du Proche-Orient. On imagine facilement que cette américanisation impliquera une adhésion aux « valeurs » de l’Empire. Ce dernier disposerait alors de ponts suffisants pour mieux faire passer sa politique dans cette région du monde.

Qu’en est-il en France ?  Depuis quelques années déjà, les médias ont observé la politique de l’ambassade américaine à Paris en direction de Français d’origine maghrébine et africaine. Cette politique a été confiée par Condoleezza Rice à Daniel Fried, chargé des affaires européennes, en 2005. De nombreuses rencontres ont eu lieu à l’ambassade américaine à Paris avec des délégations essentiellement composées de maghrébins et de noirs de France (Le Figaro, 09/07/2008). Le conseiller culturel à l’ambassade américaine était à l’époque James Bullock. Ce dernier a déjà sélectionné des dizaines de leaders de pays arabes où il exerçait, avant d’être en poste à Paris. Toujours selon Le Figaro, James Bullock a déclaré : « Cela n’en fait pas toujours des alliés, mais au moins nous pouvons parler le même langage, et c’est important dans les négociations ». Nous trouvons dans ces propos la confirmation du rôle de « pont » ou de « passerelle » que nous avons déjà cité.  Et M. Bullock d'ajouter : « Le but n’est pas de convaincre mais d’initier » … aux valeurs américaines, bien entendu !

La victoire de Barack Obama, et les illusions qu’elle a pu engendrer dans beaucoup de milieux, a contribué à renforcer cette action nord-américaine dans nos banlieues. En France, le but est le même qu’au Maghreb et au Proche-Orient : capter le plus grand nombre de Français musulmans qui occupent une position d’influence dans la vie associative ou les médias pour le compte de Washington. Il ne s’agit donc pas d’une action isolée, spécifique à la France, mais d’un vaste plan stratégique nord-américain, en direction de l’opinion arabe et africaine en général.

Cette opération de charme a également pour but de tenter d’isoler les véritables antisionistes parmi ces populations, en leur faisant croire que les États-Unis ne sont qu’une juxtaposition de communautés toutes égales. Ainsi, la prépondérance du lobby sioniste est cachée et la communauté juive américaine n’est plus alors qu’une communauté parmi d’autres, sur un pied d’égalité !  C’est cette vision fausse des États-Unis que les services de l’ambassade veulent donner aux jeunes de nos banlieues. Leur objectif est de  former pour plus tard des élites politiques déjà acquises aux USA et à sa politique. Naturellement, la défense de « la seule démocratie du Proche-Orient » (l’entité sioniste) fait partie des valeurs américaines véhiculées par ces missionnaires américains un peu spéciaux.

Cette recherche d’une partie d’une opinion publique jusque-là ignorée ou méprisée est un signe supplémentaire de la crise que traversent les États-Unis. Il leur faut renforcer leur influence continuellement afin de préserver leur pouvoir. Mais ce ne sont pas quelques invitations à Washington où quelques colloques organisés çà et là qui pourront faire oublier le soutien total de Washington à Tel Aviv, et l’agression permanente que représentent les États-Unis pour toutes les nations du monde. Il y a fort à parier que les Américains parviendront, comme partout, au résultat inverse : augmenter l’hostilité à leur encontre tant leur arrogance et leur hypocrisie les rendent impopulaires. Et si cela avait échappé à Barack Obama ?


Yahia Gouasmi,
Président du Parti Anti Sioniste.

 

http://www.partiantisioniste.com/communications/europe-maghreb-et-proche-orient-la-manoeuvre-americaine-0513.html

Partager cet article
Repost0
30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 01:21
Samuel Huntington en 2004 au Forum économique mondial de Davos.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Huntington

 

Le choc des civilisations ou la prophétie autoréalisatrice

jeudi 24 juillet 2008, par Maïram Guissé

 

En 1993, dans « le Choc des civilisations », Samuel P. Huntington, ancien expert auprès du Conseil national de sécurité américain, décrivait un monde déchiré entre Occidentaux et musulmans, au profit de l’hyper­puissance américaine.


Après la guerre froide, ou l’ère était à un ordre bipolaire, le monde du XXIe siècle reposera sur un ordre multipolaire, fondé sur les civilisations. Le XXIe siècle se caractérisera donc par des affrontements de grandes civilisations. Telles sont les prédictions du « prophète » Samuel P. Huntington, professeur à ­l’université de Harvard et ancien expert auprès du Conseil national américain de sécurité sous la présidence de Jimmy Carter, dans son ouvrage le Choc des (...)
.

http://www.politis.fr/Le-choc-des-civilisations-ou-la,4239.html
.
.
Voyez mon blog contre le choc de civilisations,
http://eva-communion-civilisations.over-blog.com/
.


Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog d'eva R-sistons
  • : Géopolitique, Politique, Médias. Le blog d'une journaliste écrivain opposée aux guerres, administratrice de R-sistons à l'intolérable. Articles de fond, analyses, conseils pratiques, résistance, dénonciation de la désinformation. Blog engagé d'une humaniste pacifiste, gaullienne de gauche, croyante, citoyenne du monde universaliste. Et attachée à l'indépendance nationale !
  • Contact

Profil

  • eva r-sistons
  • Divorcée, père origine bordelaise, mère russe. Licenciée es-lettres modernes, diplômée Ecole de Journalisme. Journaliste-écrivain. Carrière: Presse écrite, radio, TV, et productrice d'émissions. Auteur de plusieurs ouvrages (Hachette etc)
  • Divorcée, père origine bordelaise, mère russe. Licenciée es-lettres modernes, diplômée Ecole de Journalisme. Journaliste-écrivain. Carrière: Presse écrite, radio, TV, et productrice d'émissions. Auteur de plusieurs ouvrages (Hachette etc)

Recherche

Archives