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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:19

 

http://mai68.org/spip/spip.php?article2494
Le Conseil de l’UE prêt à une opération militaire déguisée en opération humanitaire
 
 
Comment camoufler une opération militaire en opération humanitaire. Où comment livrer des armes et des instructeurs en faisant semblant de livrer des aliments ou des médicaments.

Libye : le Conseil de l’UE prêt à une opération militaire

http://fr.rian.ru/world/20110401/18…


22:11 01/04/2011 BRUXELLES, 1er avril - RIA Novosti


Le Conseil de l’UE a annoncé vendredi avoir approuvé un plan prévoyant le lancement d’une opération militaire appelée à faciliter l’octroi d’une aide humanitaire à la population libyenne (opération EUFOR Libya).


"L’UE entamera une opération militaire dans le cadre de la Politique européenne de Sécurité et de Défense (PESD), si le Bureau des Nations unies pour les Affaires humanitaires lui adresse une demande appropriée, en vue de faciliter l’octroi de l’assistance humanitaire dans la région", lit-on dans un communiqué mis en ligne sur le site du conseil.


EUFOR Libye garantira notamment la sécurité des personnes déplacées et soutiendra les agences humanitaires qui opèrent dans la région. L’opération est appelée à assurer le respect des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU portant sur la protection des civils et l’aide humanitaire en Libye.


L’opération EUFOR Libye sera commandée par le contre-amiral italien Claudio Guadiosi. L’état-major de l’opération sera basé à Rome. Survenu le 17 février, le soulèvement populaire pour le départ de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, a dégénéré en guerre civile faisant des milliers de victimes. Plus de 330 000 réfugiés ont quitté le pays.

 

Le 17 mars, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution prévoyant la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye et autorisant le recours à la force pour protéger la population libyenne des troupes du colonel Kadhafi. La Russie s’est abstenue lors du scrutin. L’opération internationale a débuté le 19 mars, en associant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Canada, l’Italie, l’Espagne, le Danemark et d’autres pays. Le 27 mars, le Conseil de l’OTAN a pris le commandement de l’opération militaire en Libye.

 

 

__________________________________________________________________________________________

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On attend toujours les preuves des prétendus 6000 morts en Libye dont on nous a tant parlé il y a plusieurs semaines. Cela ressemble à une propagande mensongère dans le plus pur style Timisoara !

Il n’y a pas eu de soulèvement populaire pour le départ de Mouammar Kadhafi, contrairement à ce qu’on nous dit. Les agents de l’impérialisme ont eu beau (comme en Syrie) manipuler pendant des semaines Facebook et Twitter, qui tous les deux appartiennent à la CIA, ils n’ont jamais réussi à provoquer un raz-de-marée humain de contestation comme en Tunisie ou en Égypte (où ce raz-de-marée était d’ailleurs spontané). Il n’y avait quasiment personne à ces faux rendez-vous de manifs en Syrie ou en Libye postés sur Facebook et Twitter par la CIA. On nous l’a avoué au tout début, en nous prétendant que s’il n’y avait personne, c’était parce que ces "régimes" étaient extrêmement "policiers" (contrairement à la Tunisie et à l’Égypte, peut-être ? Ils se foutent de nous !).

Donc, pour provoquer ou tenter de provoquer un changement dans ces pays (Libye et Syrie), ils ont dû procéder autrement.

C’est-à-dire en présentant comme "manifestations pacifiques" des attaques ultra-violentes de divers lieux stratégiques. Attaques militairement armées pour forcer le "régime" ennemi à entrer dans un cycle violent de répression-mobilisation avec morts à l’appui afin de pouvoir "démontrer" sa prétendue ignominie vis-à-vis de "manifestations" présentées comme étant soit-disant "pacifiques" alors qu’elles étaient ultra-violentes.


Cette technique est expliquée ici plus en détail :

http://mai68.org/spip/spip.php?article2532


Il faut bien sûr savoir aussi comment l’impérialisme s’y prend pour envahir un pays en prétendant le sauver :

http://mai68.org/spip/spip.php?article2362


Dans le spectacle, quand on fait la guerre à un pays, comme en ce moment à la Libye, il faut que cela apparaisse comme étant une opération humanitaire.

Et là, ils osent nous dire qu’ils vont utiliser l’armée pour faire de l’humanitaire sur le sol Libyen ? Ils se moquent de nous !


Voici un exemple d’opération militaire camouflée en opération humanitaire :

http://mai68.org/spip/spip.php?article2364


C’est ça qu’ils veulent rééditer en Libye, mais avec en plus des mercenaires, des agents spéciaux, des militaires, des instructeurs, etc. pour aider et diriger la prétendue "insurrection" soit-disant "libyenne".

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:15
Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 23:30

Libye - US-EU Il n’y a pas à s’illusionner. L’attaque contre la Libye n’est pas un acte de défense des pauvres civils maltraités par Kadhafi, mais a pour objectif le contrôle des ressources minérales (par exemple le phosphate) et du pétrole, dont les réserves sont non seulement parmi les plus importantes en Afrique mais aussi  parmi les meilleures du monde (très peu de soufre).La recette a déjà été appliquée en Serbie. Des pauvres civils en fuite, des télévisions atlantistes qui retransmettent sur les ondes des images de femmes et d’enfants qui pleurent vues seulement d’une partie du front, pendant que l’autre n’a ni femmes ni enfants morts ni déplacés.

 

Après de telles informations, une intervention humanitaire pour tuer ceux qui ne nous plaisent pas et pour corrompre et occuper ceux qui nous plaisent s’impose. Un chef d’Etat comme Kadhafi est devenu seulement maintenant un dictateur, parce qu’hier, on ne savait pas qu’il en fut. A part le fait qu’avant de parler de Kadhafi, il faut définir le terme « dictateur » au vu de la société dont on parle. Notre perception de la vie, en tant qu’Européens, n’est pas la même qu’un Africain. Et ce n’est pas à nous, Européens, de savoir qui a raison mais de laisser chacun respirer l’air qu’il veut dans sa propre maison. Les images et les informations propagées sur nos ondes ne sont pas celles qui sont retransmises dans d’autres parties du monde. Par exemples, ces civils que le président des Etats-Unis, Barack Obama, a défini comme étant « la population libyenne qui devait être protégée », sont des civils qui utilisent des armes automatiques, de l’artillerie légère antiaérienne… armés à partir de l’étranger et aidés par des instructeurs provenant des pays atlantiques, actuellement essentiellement britanniques. La Libye connaît une situation de guerre civile fomentée par l’étranger, guerre dans laquelle l’Occident monte les tribus libyennes les unes contre les autres. La défense de la démocratie n’est donc qu’un prétexte derrière lequel se cache la nécessité d’occuper militairement le pays.

 

En vérité, la vérité est bien différente de celle représentée par ceux qui répandent la mort en Libye. Les uniques producteurs arabes de pétrole encore hors du contrôle atlantiste sont la Libye, la Syrie (l’un des prochains objectifs des Etats-Unis ou de l’OTAN – c’est du pareil au même) et l’Iran, dont l’agression répond à un souhait à peine dissimulé du monde sioniste. On pourrait se demander pourquoi la Ligue arabe a dans un premier temps pris la défense des attaquants ?  On peut se rendre facilement compte que dans cette Ligue se trouvent les plus grands producteurs arabes de pétrole, lesquels ont profité de la crise libyenne pour augmenter les prix de l’or noir tout en s’appropriant déjà une partie de la participation libyenne à la production. Ces pays donnent ainsi un coup de main à ceux qui créent l’environnement dans lequel ils seront pillés, un jour ou l’autre, à leur tour. La définition de la guerre qu’en fait que le grand écrivain Ernest Hemingway est donc toujours d’actualité : « la guerre est provoquée et faite par les porcs qui en retirent quelque profit ». Mais quand la Ligue arabe s’est rendu compte qu’on allait dépasser le stade des sanctions et tuer d’autres frères musulmans pour des motifs autres que chasser du pouvoir Kadhafi, elle s’est opposée aux raids américains, anglais et français. Les mass media atlantistes se sont dans le même temps mis promptement au service du « Grand Frère » et, au lieu de divulguer des informations avérées, créent des images télévisées aux antipodes de la réalité, se rendant complices d’un crime de guerre parce qu’ils incitent à la haine contre le peuple libyen. Ainsi, la chaîne Al Jazira (sous contrôle américain) relatait depuis des jours l’existence de combats à Tripoli, alors que le reporter militaire serbe de réputation mondiale, Miroslav Lazanski, présent sur les lieux depuis le début, témoigne : « je me suis promené ce matin à travers les rues de la ville, et il n’y avait aucun combat. Tripoli est une ville tranquille ; vendredi est ici le jour de repos hebdomadaire (le 18 mars – NDLR), et seul le marché aux poissons près du port est agité par les cris des vendeurs et des clients. Les fontaines sont en état de marche, et les policiers sont tranquillement installés dans leur voiture aux carrefours. On n’entend pas même un coup de feu ».


Les media pro-atlantistes font au contraire état de désordres. Et il faut désormais s’attendre à un missile de la « coalition » frappant ce marché pour détruire cette image idyllique, avec à la clé un nombre toujours trop important d’innocentes victimes civiles coupables de n’avoir pas accepté la politique d’agression et d’occupation de leur pays. Rien que du déjà vu, en somme.

 

Les Libyens affirment qu’il y a à Benghazi soixante-dix instructeurs militaires britanniques dont la mission est d’aider les rebelles. La télévision libyenne a montré les caisses de munitions destinées aux rebelles en provenance du Qatar ; des entretiens téléphoniques entre les ambassadeurs, américain et britannique, et les chefs de l’opposition à Benghazi ont été radiodiffusés. Les deux ambassadeurs  se demandaient dans quelle mesure ils pouvaient les aider.  Les objectifs en Libye seront avant tout des postes de commandement libyen près de Tripoli, les radars, les aéroports militaires d’al-Adam et Tripoli, les écoles militaires près de Benghazi et Misurata, et les bases marines de Tripoli, d’al-Khums, de Derna, etc. Et si Kadhafi continue de résister, nous assisterons aux traditionnels « dégâts collatéraux », c’est-à-dire que l’OTAN frappera des objectifs civils, des infrastructures civiles et les civils eux-mêmes, arguant de regrettables erreurs, même si ces « erreurs » avaient été faites à dessein pour éprouver la résistance du peuple et écorner les soutiens qu’a encore indubitablement Kadhafi auprès de lui. N’oublions pas que les citoyens libyens avaient une espérance de vie plus haute que les autres nations arabes environnantes, qu’elles ne payaient pas d’impôts, ni la lumière, ni le gaz, ni l’électricité, qu’un million et demi de travailleurs étrangers étaient venus en Libye pour y trouver du travail qu’ils n’ont maintenant plus. L’essence coûtait jusqu’à aujourd’hui un euro… les 18 litres. Alors, la démocratie, c’est ce type de vie sociale ou bien celle que nous offrent les agresseurs, une démocratie que nous ne connaissons que trop en Europe.

 

Les Libyens savent qu’ils devront payer après l’occupation otanienne car le pétrole et le gaz ne seront plus leur propriété. Et comment ces agresseurs pensent-ils exporter leur démocratie dans un  pays où n’existe aucun parti mais où les chefs de tribu ont un rôle traditionnel ? Et puis, qui a le droit d’imposer à l’autre son propre mode de vie ? Ce sont ces imbéciles qui n’ont jamais lu le Coran ou pis, qui ne Le respecte pas ou ne respecte pas la religion musulmane ? Les occidentaux doivent se mettre une bonne fois pour toute en tête que ce qui rend heureux un Parisien fait souvent vomir un Libyen, un Serbe ou un bouddhiste. Le hamburger n’est pas le plat de tout le monde. 

 

La Libye a peu d’arguments militaires face à l’OTAN. Des missiles russes de grande portée SA-2, SA-5, puis SA-3, Sa-6 Sa-7, SA-8, SA-9, SA-13 et des missiles français « Crotale ». Des canons antiaériens. En clair, un arsenal militaire sous-dimensionné face à des armées technologiquement bien supérieures. Nous ne savons rien du moral véritable de l’armée libyenne. Mais si cette armée est vraiment décidée à défendre son pays, il faudra s’attendre à des mois de bombardements, du sang versé et une augmentation du prix du pétrole. En clair, une nouvelle crise économique. Ce qui veut dire que les Etats-Unis vont faire porter le poids de cette crise que les épaules des citoyens d’Europe et d’autres continents. C’est l’Oncle Sam qu’il faut tuer !

 

Capitaine Martin, à partir d'un article de Rinascita (http://www.rinascita.eu/index.php)

 

http://www.resistance-politique.fr/article-l-attaque-de-la-libye-un-air-de-deja-vu-70928780.html

 


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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:13

Source : Acrimed

Lexique médiatique de la guerre de Libye
Julien Salingue (avec Henri Maler)

mardi 29 mars 2011, par Comité Valmy

 

Les mots de la guerre au service de la guerre ?

Toutes les informations ne relèvent pas de la propagande ou ne se réduisent pas à de la propagande. Et la propagande ne consiste pas seulement (ni parfois principalement) en mensonges grossiers et délibérés ou en partis pris outranciers, cibles faciles pour la contre-propagande.

Dans les conflits les plus aigus, qu’ils soient sociaux ou militaires, les médias et les journalistes et, le cas échéant, leurs critiques, ne sont jamais de simples observateurs. Ce sont des acteurs. Mais ce n’est pas rêver à une improbable « neutralité » ou à une très aléatoire « objectivité », que de souligner que les partis pris les plus insidieux se dissimulent derrière le vocabulaire apparemment le plus anodin.

Que l’on soit ou non favorable à l’intervention militaire en cours en Libye, on est en droit d’attendre des médias et des journalistes, quelles que soient leurs prises de position, que la condamnation du régime libyen ne se transforme pas en propagande de guerre qui se bornerait à rediffuser, sans les vérifier, les informations fournies par les états-majors, ou, plus simplement, à épouser le vocabulaire diplomatique, politique ou militaire de l’un des camps en présence.

 


« Guerre » - Se dit, dans le cas présent, le moins souvent possible, non seulement dans les déclarations des responsables politiques et militaires, mais sous la plume et dans la bouche de nombre de commentateurs. Comme dans nombre de guerres modernes, l’opération militaire actuellement menée en Libye porte un nom, peu repris il est vrai : « Aube de l’Odyssée ». Pourtant – qui peut le nier ? – cette guerre est une guerre.

« Riposte » - Se dit des opérations militaires de « nos » armées, quand on veut en souligner le caractère prétendument défensif.

Les états-majors et les chefs de gouvernement n’ont pas osé prétendre que l’opération militaire en Libye pouvait être considérée comme une « riposte ». Qu’à cela ne tienne. Certains journalistes ont franchi le pas. Mais ne soyons pas malhonnêtes, ils ne sont pas majoritaires dans la profession. Pour l’instant. Mais, comme le montrent les deux captures d’écran qui suivent, on ne parle pas ici de médias totalement marginaux :

***

Ou encore, sur le site de L’Express : « Pendant que le débat diplomatique se prolonge, certains évoquent un risque réel de voir les forces de Kadhafi gagner la partie sur le terrain avant que les grandes puissances conviennent d’une riposte au conflit » (15 mars).

Une « riposte » ? Les « grandes puissances » ou « l’Occident » auraient-ils été agressés par Kadhafi ? Se borneraient-ils à « répondre » à une attaque, à « riposter » ? À moins d’être de mauvaise foi, la réponse est évidemment non. Alors, a-t-on affaire ici à de simples excès de langage ou à de mauvaises habitudes prises à force de traiter des guerres présentées comme « préventives », c’est-à-dire au cours desquelles l’attaque est une « riposte » par anticipation ? À voir. Mais dans un cas comme dans l’autre, les lecteurs et les auditeurs ne sortent pas gagnants de l’emploi totalement déplacé d’un terme aussi dépourvu d’ambiguïté…

« Les alliés » - Se dit, sans autre précision, des États engagés dans la guerre qui ne dit pas ou fort peu son nom. Ceux-ci peuvent être affublés de plusieurs autres désignations : « la coalition », « le front anti-Kadhafi », voire même « les occidentaux » (par un lapsus fort peu diplomatiques envers ceux qui ne le sont pas)… Mais « alliés » est l’un des termes les plus souvent employés, et l’un des plus significatifs :

« Libye : les alliés mettent au point leur dispositif militaire » (titre d’un article du Figaro, 18 mars) ; « Libye : les alliés verrouillent le ciel » (titre d’un article du Midi-Libre, 21 mars) ; « La route d’Ajdabiah en partie rouverte par les alliés » (site de L’Express, 20 mars) ; etc.

« Les alliés ». Lors de l’invasion de l’Irak déjà, l’attelage américano-britannique (flanqué de quelques troupes auxiliaires, mais privé de « la France »), avait, comme nous le relevions alors, bénéficié de cette appellation. Elle vaut soutien à la guerre en cours : un soutien qui relèverait du débat public, s’il s’assumait comme tel au lieu de s’abriter derrière une référence historique qui renvoie à l’un des deux camps en présence lors de la Deuxième Guerre mondiale. Chacun avouera que la comparaison est des plus osées, pour ne pas dire hasardeuse, quelle que soit l’ampleur des crimes commis par le régime libyen. Rien ne nous garantit, devant l’abondance de la référence aux « Alliés », que Kadhafi ne nous sera pas présenté demain comme le nouvel Hitler. Ou, pour être plus exact, comme le nouveau nouveau nouvel Hitler. Contre lequel la mobilisation armée de la « communauté internationale » ne peut être contestée.

« Communauté internationale » - Se dit, indifféremment, des membres du Conseil de Sécurité qui ont adopté la résolution, de ceux qui la soutiennent et de ceux qui, en s’abstenant, l’ont réprouvé. Cette expression semble désormais moins utilisée que lors de l’euphorie des premiers jours :

«  La communauté internationale montre sa solidarité avec le printemps arabe » (site de La Croix, 20 mars) ; « Kadhafi menace la communauté internationale » (titre tout en nuance d’une dépêche publiée sur le site du Point le 19 mars) ; « Dossier Libye : la communauté internationale décide d’intervenir » (site de Marianne, 19 mars) ; etc.

Ce disant - comme nous l’avions déjà fait remarquer dans un article précédent - les médias ont pendant quelques jours oublié « de rappeler que quelques pays mineurs, périphériques et peu influents, n’ont pas voté la résolution de l’ONU, la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Allemagne… ». On a semblé davantage s’intéresser aux quatre avions (de fabrication française) gracieusement mis à disposition par ce géant qu’est le Qatar qu’aux réactions des gouvernements de pays qui représentent plus de la moitié de l’humanité… Plutôt que de s’efforcer d’informer pour les comprendre, quitte, ensuite, à les soutenir ou les désavouer, l’on n’a guère épilogué sur les raisons pour lesquelles ils n’étaient pas convaincus de cette guerre. Ou plutôt, de ces « frappes ».

« Frappes » - Désigne les bombardements effectués par « les alliés » : en effet, les « alliés » ne bombardent pas, ils « frappent ». Ils « frappent » la Libye, comme d’autres « frappent » à la porte, « frappent » un ballon de football ou se « frappent » dans les mains. On parle pourtant bien de centaines de missiles. Mais chacun avouera que le terme « frappes » n’est pas aussi négativement connoté que le mot « bombardements » :

« Libye. Les frappes militaires devraient baisser d’intensité, selon les USA » (titre glané sur le site internet de Ouest France, 22 mars) ; « Libye : frappes françaises en suspens » (titre d’une dépêche AFP, 21 mars) ; « Le pétrole recule légèrement, malgré la poursuite des frappes en Libye » (site du Parisien, 22 mars) ; etc.

Quant à Kadhafi et ses forces armées, ils ne « frappent » pas, ils « pilonnent » :

« Kadhafi pilonne la population civile » (site de France info, 16 mars) ; « Libye : les pro-Kadhafi pilonnent Zenten » (titre d’une dépêche AFP, 19 mars) ; « Les forces pro-Kadhafi […] ont notamment pilonné la ville pétrolière de Ras Lanouf » (Libération, 11 mars) ; etc.

Ce Kadhafi ne respecte décidément rien. Il aurait pu se contenter d’opérer, comme les « alliés », des « frappes ». Des « frappes », dont on nous assure qu’elles sont « ciblées ».

« Ciblées » - Dans le langage militaro-médiatique, qualifie les « frappes », de préférence à « chirurgicales ». Les « frappes chirurgicales » ont eu leur heure de gloire, chacun comprenant alors que les bombardements étaient effectués avec la précision de chirurgiens qui tentent de sauver des vies et non d’en prendre. Mais la ficelle était peut-être un peu grosse. Désormais les frappes sont « ciblées »  :

« Paris envisagerait des frappes ciblées en Libye » (titre d’une dépêche Reuters, 19 mars) ; «  Les frappes aériennes ciblées contre les troupes du colonel Kadhafi vont-elles suffire à le chasser du pouvoir ? » (question posée par le Télégramme, 22 mars) ; variation sur un même thème avec le site TF1 news : « En Libye, les opérations ciblées de la coalition semblent donner de l’air aux insurgés de Benghazi » (22 mars) ; etc.

On l’aura donc compris : les « frappes » sont « ciblées ». Les journalistes qui reprennent complaisamment cette expression se sont-ils demandé ce que seraient des « frappes non-ciblées » ? On shoote au hasard ? On déverse des bombes au petit bonheur la chance ? Que l’on soit dans un chasseur, un hélicoptère de combat, un navire de guerre ou un char d’assaut, avant de tirer, on vise. Une cible. Le problème n’est pas de savoir s’il y a une cible, mais quelle est la cible. Dire d’une « frappe » qu’elle est « ciblée » est un artifice rhétorique qui tente de relativiser le caractère intrinsèquement violent d’un bombardement. Et de parler, en cas d’erreur sur la cible, de « dommages collatéraux ».

« Dommages collatéraux » - Dans le langage militaro-médiatique, désigne (avec « bavures ») les victimes civiles des « frappes », laissant ainsi entendre que si les guerres font des victimes - du moins quand « nos » soldats y prennent part - c’est toujours par accident. Et que c’est bien « dommage ». Ce triste euphémisme, typiquement militaire, est toujours utilisé par certains journalistes, sans aucune distance critique, et sans guillemet :

« Par ailleurs, il n’y a pas eu de dommages collatéraux du fait de l’armée française. Certains objectifs n’ont pas été visés en raison de risques de dommages collatéraux, a précisé l’état-major français » (site de France-soir, 22 mars) ; « Libye : les dommages collatéraux évités » (titre d’une dépêche sur le site d’Europe 1, 22 mars) ; « Il n’y a pas eu de dommages collatéraux du fait de l’armée française » (site de 20 minutes, 22 mars) ; etc.

Ce n’est pas nouveau : Sur les « frappes », « dommages collatéraux », « bavures » et autres « incidents », voir notamment ici même a href="http://www.acrimed.org/article684.html">le lexique de la guerre en Afghanistan et les mots de la guerre contre l’Irak.

Quant aux « forces ennemies », elles ne font jamais de « dommages collatéraux », puisque il va de soi que, toujours et partout,« elles prennent délibérément pour cible des civils désarmés ». Ce que fait, bien évidemment, l’armée « kadhafiste ».

« Kadhafiste » - Désigne les partisans du dictateur libyen parfois appelés « pro-kadhafi ». Tout comme les « sarkozystes » ou les « pro-sarkozy » sont, en France, les partisans du président français. Soit. Mais ces dernières semaines, l’usage du terme « kadhafiste », s’est souvent substitué à « loyaliste » pour désigner l’ennemi et ses armes.

« Mohamed Nabbous, ingénieur en télécoms, photographe et blogueur improvisé, est mort, tué par un sniper kadhafiste dans une rue de Benghazi » (site de La règle du jeu, 20 mars) ; « L’aviation kadhafiste, qui compte sur le papier plus de 200 appareils de combat, ne semble en mesure d’en aligner qu’une quarantaine » (site de l’Express, 18 mars) ; « Le président français et le gouvernement britannique ont été les avocats les plus fervents de l’instauration d’une zone d’exclusion dans le ciel libyen afin de neutraliser l’aviation kadhafiste » (site de 20 minutes, 15 mars) ; etc.

« Sniper kadhafiste », « aviation kadhafiste »… Imagine-t-on un seul instant les médias français nous parlant de « soldats sarkozystes », d’ «  aviation obamiste » ou de « marine cameroniste » ? Évidemment non. Le passage par un adjectif dérivé du nom du dictateur est une prise de position contre les forces armées libyennes, dont on se gardera ici de minorer la violence. Mais cela ne doit pas interdire de relever un abus de langage qui, consciemment ou non, participe du caractère partisan de l’ « information » diffusée au sujet de la Libye. Le JDD a publié sur son site, le 20 mars, une dépêche dont le titre était : « Libye : Paris confirme avoir abattu un avion kadhafiste ». Si l’inverse s’était produit, le JDD aurait-il titré « Libye : Tripoli confirme avoir abattu un avion sarkozyste » ? C’est peu vraisemblable. Les avions sont « français ». Pour certains, ce sont même « nos » avions...

« Nos soldats » - Se dit, avec « nos » moyens militaires, des forces engagées par l’État français dans la guerre qui ne dit pas son nom. Un appel empathique et patriotique à l’identification avec les soldats français.

Nous l’avions noté dans un précédent article  : certains journalistes ont adopté une attitude tellement va-t-en guerre que l’on se demande parfois s’ils n’ont pas déjà revêtu leur treillis pour aller prendre directement part aux combats. Il semble que jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’ait franchi le pas. Mais à l’écrit, certains y sont déjà, et s’expriment comme s’ils étaient membres à part entière de l’état-major français :

« L’arrivée sur zone du groupe aéronaval constitue donc un renfort important, démultipliant nos moyens militaires dans cette partie de la Méditerranée » (le Parisien, 22 mars) ; « Jusqu’à présent, aucun avion français n’a été directement menacé par la défense aérienne libyenne, mais nos appareils ont été "illuminés" samedi par les radars de poursuite » (Jean-Dominique Merchet, de Marianne, le 21 mars) ; « Alors que nos soldats sont engagés en Afghanistan, l’ouverture d’un nouveau front terrestre en Libye semble peu probable en cas d’enlisement du conflit » (la Dépêche, 22 mars) ; « Nos Mirage ont cependant réellement mis le feu à une concentration de chars et de véhicules kadhafiens aux environs de Benghazi » (Guy Sitbon, de Marianne, le 21 mars) ; etc.

Au cas où le public ne l’aurait pas compris, « nous » sommes en guerre. Ce n’est pas l’armée française qui bombarde la Libye, c’est la France (comme l’ont complaisamment souligné les médias qui, plutôt que de titres sur le déclenchement de la guerre elle-même, ont préféré (comme nous l’avions relevé) proclamer à la « Une », à grand renfort de « cocoricos » que « la France frappe la première »). Ce n’est pas l’armée française qui bombarde la Libye, c’est « notre » armée. Chacun est ainsi invité à se sentir personnellement concerné et impliqué dans l’offensive en cours. Un rappel à l’ordre patriotique, accompagné de moult articles vantant les mérites et les compétences de « notre armée ». À moins qu’il ne s’agisse d’un simple appel au civisme… Pourquoi en douter ? D’ailleurs, « nos » journalistes ne manqueront pas, à l’avenir, d’évoquer le destin de « nos » professeurs, de « nos » magistrats et de « nos » chômeurs, lorsqu’ils se mobiliseront à leur tour. Et ils reprendront, comme ils le font avec « nos » officiers, le moindre de leurs termes.

« Sur zone » - Désigne, dans le langage militaro-médiatique, la localisation de « nos » soldats et de « nos » armes :

« L’arrivée sur zone du groupe aéronaval constitue donc un renfort important » (site du Parisien, 22 mars) ; « Mais le coût des sorties devrait être en partie réduit avec l’arrivée mardi sur zone du porte-avions Charles de Gaulle » (site du Nouvel Obs, 22 mars) ; « La France dispose d’une centaine de Rafale et Mirage 2000, en plus d’avions de surveillance Awacs. Un porte-hélicoptères de type Mistral était de plus récemment sur zone » (site du Parisien, 20 mars) ; ou encore ce titre, mystérieux pour les non-initiés, sur le site du Berry Républicain : « Un Awacs français est sur zone dans le ciel libyen ». Diantre.

L’emploi récurrent de l’expression « sur zone » est un exemple parmi d’autres de reprise quasi-automatique de termes du langage militaire. Nouvelle confirmation de ce désolant mimétisme qui pousse nombre de journalistes qui « couvrent » les guerres à se prendre pour des militaires en singeant leur vocabulaire. Machinalement ou pour avoir le sentiment de participer à l’effort de guerre ? On ne sait… Mais chacun avouera qu’un tel mimétisme qui n’apporte rien à la précision ou à la qualité de l’information est symptomatique d’un certain journalisme de guerre, qui se fait même parfois un peu plus militaire que les propos de l’armée elle-même.

« Propagande » - Se dit (presque) exclusivement, dans les médias français, des interventions du colonel Kadhafi et de ses partisans, des informations qu’ils diffusent et des images qu’ils montrent :

« [Kadhafi] va recourir à l’arsenal complet de ses méthodes à la fois terroristes et de propagande » (Christian Makarian, site de L’Express, 20 mars) ; « Après les premiers succès militaires, la propagande libyenne redouble » (titre d’une dépêche AFP, 11 mars) ; « À l’école de la propagande Kadhafi » (titre d’un reportage de Delphine Minoui, du Figaro, 19 mars) ; etc.

Cette distance salutaire (et largement justifiée en l’occurrence) ne s’applique ni aux prises de position des gouvernements impliqués dans l’offensive militaire contre le régime de Kadhafi, ni aux informations distillées par leurs forces armées, ni à leur vocabulaire. Comme s’ils ne relevaient pas eux aussi d’une propagande dont le journalisme de guerre se serait affranchi. Ce dont on est en droit de douter…

Julien Salingue (avec Henri Maler)

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1327

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:11
Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 00:05

http://www.decitre.fr/livres/Principes-elementaires-de-propagande-de-guerre.aspx/9782804023263
 

Anne Morelli - Principes élémentaires de propagande de guerre. Utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède...
 
Libye : Les médias et la propagande en faveur de la rébellion

par Julie Lévesque

Le 2 avril 2011

 

Depuis le début de la crise en Libye les médias ont de toute évidence un parti pris pour le camp des rebelles. On semble se fier davantage à ce que dit la rébellion et mettre en doute les affirmations du gouvernement libyen.

 

Vérifier la véracité de déclarations n’a rien de répréhensible, au contraire : cette vérification devrait être systématique. Y compris dans le cas des gouvernements occidentaux et des rebelles de tout acabit. Pourtant les médias ne font preuve de pratiquement aucun scepticisme quant aux prétentions des rebelles libyens et des gouvernements « bienveillants » qui se portent à leur défense.

 

La scène de l'Hôtel Rixos

 

L'exemple le plus frappant est celui de la scène de l'Hôtel Rixos à Tripoli. Le 26 mars dernier, Eman al-Obeidi s'est présentée à cet hôtel où logent les journalistes étrangers pour accuser des soldats du régime libyen de l'avoir violée et torturée.

 

Dit-elle la vérité? Peut-être. Toutefois, dans les premiers reportages cette question n'était pas soulevée par les journalistes. Ces derniers ont pour la plupart vu dans cet incident une preuve de la cruauté du régime libyen. Dans les exemples ci-dessous, le choix des mots donne une aura de crédibilité au témoignage de la femme inconnue tout en démontrant de la méfiance à l’égard des autorités libyennes.

 

Mais les journalistes n'avaient qu'un seul souci: quel sort sera réservé à la jeune femme? Esquivant les questions sur ce « cas », il a affirmé qu'il n'avait pas d'assez éléments sur l'« incident », assurant que la femme allait être « traitée conformément à la loi ». (Une jeune femme violée tente de témoigner devant les journalistes à Tripoli, AFP/Le Monde, 26 mars 2011.  


Une femme a fait irruption samedi dans l’hôtel de Tripoli où logent les journalistes étrangers. Avant d’être expulsée sans ménagement, elle a pu raconter des bribes de sa terrible histoire […] Dans l’hôtel, le terrible témoignage provoque une bousculade. Un employé de l’établissement menace Eman d’un couteau et lui lance: «Traîtresse!» Bientôt, les sbires du régimes (sic) interviennent pour tenter de faire taire l’opposante. Eman est évacuée sans ménagements, tandis que les hommes de Kadhafi affirment que la jeune femme est une «malade mentale». (Adrien Gaboulaud, Libye: Eman al-Obeidi, celle qui brise le silence, Paris Match, 29 mars 2011. C’est l’auteure qui souligne.)

 

Dimanche 27 mars, le gouvernement affirme avoir libéré la femme. Si les médias rendent compte de leur difficulté à enquêter sur le cas, ils estiment aussi que le témoignage est crédible. “CNN n’a pas pu vérifier de façon indépendante le témoignage d’Eman Al-Obeydi, mais ses blessures semblaient cohérentes avec ce qu’elle disait”, explique la télévision états-unienne sur son site. Le New York Times renchérit : “Son expérience correspond aux rapports de longue date sur les abus des droits de l’homme en Libye sous le gouvernement Kadhafi.” (Jerome Delay, Libye - Confusion autour d’un viol collectif, Le Monde, 28 mars 2011. C’est l’auteure qui souligne.)

 

Même Al-Jazira a choisi son camp. Dans cette vidéo, la journaliste ne démontre aucun signe d’impartialité :

 

L’histoire retentissante de viol et d’abus d’Eman al-Obeidi aux mains des milices de Kadhafi a choqué les journalistes présents, mais la réaction des gardiens de sécurité du gouvernement libyen et du personnel de l’hôtel a accentué le désarroi. Une serveuse a brandi un couteau de table vers elle et l’a accusée d’être une « traitresse ».

 

Alors que des représentants du gouvernement essayaient de la faire taire et de l’emmener, elle a crié : « Ils disent qu’ils m’emmènent à l’hôpital, mais en réalité ils m’emmènent en prison ». Ensuite la manipulation du gouvernement a commencé. Le porte-parole [du gouvernement] a dit qu’elle était saoule et souffrait de maladie mentale et qu’elle n’était pas avocate, tel qu’elle l’affirmait, mais une prostituée, et, dernière fausse déclaration, qu’elle était à la maison, en sécurité avec sa famille. En fait, elle était à nouveau sous la garde des forces de Kadhafi, mais, déjà sa famille se battait pour elle. (Anita McNaught, Anger over detention of Libyan woman, Al Jazeera English, 28 mars 2011. C’est l’auteure qui souligne.)

 

Malgré la horde de photographes et de caméramans, il ne semble pas y avoir d’image disponible du couteau de table, brandi tantôt par un homme, tantôt par une femme selon les reportages, ni des blessures sanglantes de la présumée victime évoquées par de nombreux médias.

 

On dit par ailleurs qu’elle est emmenée « sans ménagement », mais on le voit bien dans la vidéo, un homme tient son bras, elle n’est ni menottée, ni cagoulée, ni traînée de quelque façon. Les manifestants pacifiques aux réunions du G20 sont d’ordinaire traités bien plus brutalement dans les pays dits « démocratiques », comme cela fut le cas à Toronto au Canada lors de la plus récente réunion.

 

La journaliste poursuit :

 

En entrevue avec la chaîne arabe d’Al-Jazira, ses parents montrent une photo d’elle avec son diplôme en droit lors de sa graduation. (Ibid. C’est l’auteure qui souligne.)

 

Pourtant, on nous montre sa mère avec une simple photo d’elle sans diplôme.

 

La révélation suivante du Washington Post aurait dû semer le doute dans les médias quant au témoignage d’Eman al-Obeidi :

 

Selon le Washington Post, « Hasan Modeer, un rebelle activiste qui était avec la mère de Mme Obaidi à Tobruk a déclaré qu’un représentant du gouvernement avait appelé Ahmed à 3 heure du matin dimanche pour demander à la mère de persuader sa fille de changer sa version des faits ». (Tara Bahrampour et Liz Sly, Libyan government offered money to appease Iman al-Obaidi, woman in rape-claim case, mother says, Washington Post, 27 mars 2011. C’est l’auteure qui souligne.)

 

Si cette femme a des liens avec les rebelles, il se peut que cette histoire soit un événement fabriqué, une opération psychologique destinée à galvaniser l'opinion publique mondiale en faveur de l’intervention de l’OTAN et à diaboliser le régime libyen, à l'instar de Nayirah al-Sabah, durant la guerre du Golfe.

 

Cette Koweïtienne avait fait un témoignage émouvant devant le Congressional Human Rights Caucus des États-Unis sur des atrocités apparemment commises par le régime irakien. Il s'est avéré par la suite que cette jeune femme était la fille de l'ambassadeur du Koweït aux États-Unis et que son témoignage n'était que pure fantaisie.

 

Pourquoi donc les médias prennent-ils parti pour la rébellion en Libye? Est-ce volontaire ou non? Ce qu’il y a de plus dérangeant dans ce favoritisme, c’est qu’on ne cesse de nous parler des rebelles, mais on ne nous a jamais dit qui sont ces rebelles libyens!

 

Les rébellions armées et les « interventions humanitaires »

 

Alors, qui sont-ils ces rebelles? Qui les arme? Qui les finance? Quels sont leurs intérêts? Ont-ils des liens avec des pays étrangers? Bref, on semble n’avoir qu’une vague idée de la nature de cette rébellion armée, et, pourtant, on la défend dans la presse occidentale, au même titre que les soulèvements populaires non armés en Tunisie et en Égypte.

 

Si l’on regarde un tant soit peu en arrière, on peut se poser les questions suivantes : s’agit-il du même genre de rebelles que ceux qui ont été armés et financés par la CIA en Haïti et qui ont contribué au renversement en 2004 de Jean-Bertrand Aristide, président élu avec une majorité d’environ 70 % et aux tendances socialistes et anti-impérialistes? (Voir Julie Lévesque, L’ingérence étrangère en Haïti : quelle démocratie?, Mondialisation.ca, 19 novembre 2010)

 

Ou peut-être sont-ils du même type que les Contras du Nicaragua, ces « combattants de la liberté », défendus par le gouvernement Reagan dans les années 1980, armés et financés par la CIA, et qui tentèrent de mettre fin à la révolution sandiniste, elle aussi socialiste et anti-impérialiste? (Voir Philip Agee, How United States Intervention Against Venezuela Works, Global Research, 15 septembre 2005)

 

Ces exemples ne semblent pas faire partie de la mémoire médiatique, dont on peut sérieusement douter de l’existence. La seule comparaison que l’on nous sert est celle avec le Kosovo. Pourtant, là aussi, l’histoire se répète : l’Armée de libération du Kosovo a été armée et financée entre autres par la CIA. (Voir Michel Chossudovsky, La déstabilisation de la Bolivie et l’option Kosovo, Mondialisation.ca, 7 octobre 2008)

 

Mais comme la vérité peine à faire son chemin dans les têtes bien pensantes de la presse occidentale, l’intervention des États-Unis et de l’OTAN au Kosovo est un exemple de « guerre humanitaire » à suivre pour éviter des « massacres ».

 

Or, quiconque a étudié au minimum l’éclatement de la Yougoslavie, sait que le but ultime de cette intervention était de diviser pour régner, d’éliminer une économie socialiste fonctionnelle, aujourd’hui scindée en petites entités capitalistes criblées de dettes, faisant ainsi le bonheur des grandes institutions financières de ce monde. Les Serbes ont été accusés d’avoir commis des massacres alors que la violence dont ils ont été victimes a été et demeure largement ignorée. (Voir Srebrenica Historical Project)

 

Il y a eu le « boucher de Bagdad », le « boucher de Belgrade » et aujourd’hui c’est le « boucher de Tripoli ». Toujours la même tactique. Toujours les mêmes sauveurs. Toujours, on n’y voit que du feu.

 

La version officielle de ce genre d’intervention a hérité du nom de « guerre » ou « intervention humanitaire », que d’autres qualifient à juste titre d’« impérialisme humanitaire ». Rappelons-nous : les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts.

 

Ceux qui interviennent à l’étranger ne le font pas pour sauver des peuples, mais leurs intérêts économiques et la presse se garde bien de nous expliquer la lutte de pouvoir entre les États occidentaux au pays de Kadhafi, la plus grande richesse pétrolière africaine. (Voir Michel Chossudovsky, L’« Opération Libye » et la bataille du pétrole : Redessiner la carte de l’Afrique, Mondialisation.ca, 22 mars 2011)

 

En 2001, peu après l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie, le concept orwellien de « responsabilité de protéger » a été développé sous l'égide de la Commission internationale de l'intervention et de la souveraineté des États, une initiative du gouvernement canadien.

 

Après avoir diabolisé à outrance le chef libyen, les médias se sont empressés de promouvoir la fameuse doctrine du « devoir de protéger » pour venir en aide au peuple libyen, doctrine prônée aussi par les dirigeants en faveur d'une intervention armée aux côtés des rebelles, dont on ne nous révèle toujours pas l'identité.

 

La ligue arabe, qui s’est prononcé le 13 mars en faveur d’une zone d’exclusion aérienne pour « protéger les civils », compte de nombreux alliés des États-Unis, dont le Yémen, Bahreïn et l’Arabie Saoudite, qui sont loin d’être des exemples de démocratie. L’Union africaine s’est pour sa part opposée à une intervention de l’extérieur.

 

Plutôt que de remettre en question les raisons de cette intervention et les intérêts de ses partisans, les grands médias ont préconisé l'ingérence, sans savoir qui est à l'origine de la rébellion armée.

 

La plupart des tyrans trouvent des prétextes nobles pour massacrer ceux qui les contestent. Kadhafi, lui, affirme sans la moindre gêne son intention de déclencher un carnage illimité. À ses yeux, aucun prix n'est trop élevé pour se maintenir au pouvoir.

 

Au moins, c'est clair. Il n'est plus possible de prétendre que la menace qui plane sur le peuple libyen est le fruit d'une oeuvre de propagande. Plus possible, non plus, de faire semblant que l'on ne sait pas ce qui nous attend, comme on l'a fait pour le Rwanda ou la Bosnie.

 

Avec son massacre annoncé, le sinistre colonel crée un précédent. Et place la communauté internationale devant un dilemme délicat: jusqu'où faut-il aller pour empêcher le bain de sang? […]

 

[L]e cas de la Libye s'apparente plutôt à celui du Kosovo, où l'OTAN avait déclenché une offensive militaire, en 1999, pour protéger la population contre le pouvoir serbe. […]

 

C'est d'ailleurs dans la foulée de cette opération que l'ONU avait commencé à explorer un nouveau concept: celui de la « responsabilité de protéger ».

 

Mais si le tyran de Tripoli continue à massacrer son peuple, tôt ou tard, le monde aura l'occasion de tester le beau principe de la « responsabilité de protéger ». Car si on ne le fait pas dans ce cas-ci, c'est qu'on ne le fera jamais. (Agnès Gruda, Le devoir de protéger, Cyberpresse, 5 mars 2011. C’est l’auteure qui souligne.)

 

Cette doctrine de la « liberté de protéger » existe. Elle a été promue par le gouvernement canadien, à l’ONU, il y a quelques années. Pourtant, aujourd’hui, ni le gouvernement Harper, ni le chef du parti qui a conçu cette doctrine, Michael Ignatieff du PLC, ne proposent de l’utiliser pour protéger le peuple libyen contre le tyran qui promet « des rivières de sang ».

 

Heureusement, il s’est produit ce samedi un événement étonnant. Une organisation internationale à laquelle le Canada ne participe pas a eu la décence “d’assurer un soutien immédiat et continu au peuple libyen (…) face aux dangereuses violations et aux crimes des autorités libyennes, lui faisant perdre leur légitimité”. Cette organisation de démocrates conséquents a réclamé, sans la nommer, l’application du principe de “responsabilité de protéger” en réclamant du Conseil de sécurité de l’ONU l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne sur la Libye […] (Jean-François Lisée, Mais où est donc la « responsabilité de protéger », L’actualité, 13 mars 2011. C’est l’auteure qui souligne.)

 

Ici les deux auteurs font erreur. En réalité, c’est le fils de Kadhafi, Seïf Al-Islam, qui a parlé de « rivières de sang » et cette image choc, prise hors contexte, sert bien la propagande interventionniste. Il a dit auparavant : « Nous envisageons comme dernière solution […] de nous en remettre tous aux armes, nous allons armer 5 millions de Libyens, la Libye n’est ni la Tunisie ni l’Égypte […] Des rivières de sang couleront […] »

 

N’est-il pas insensé qu’un gouvernement contesté par un soi-disant soulèvement populaire se propose d’armer 5 millions de citoyens alors que son pays en compte 6,5 millions? Les médias n’ont fait que souligner la « promesse » de « faire couler des rivières de sang », ce qui donne l’impression que les forces militaires du régime se lanceront dans une folie meurtrière contre une population sans défense.

 

La propagande guerrière

 

Dans un article intitulé « Les règles de la propagande de guerre », le journaliste belge Michel Collon détaille la couverture des guerres par les médias occidentaux et les « règles incontournables de la "propagande de guerre" » : diaboliser l’ennemi; omettre le contexte géographique et historique; cacher les véritables intérêts; et éviter d’évoquer les manipulations médiatiques du passé. Le cas qui nous préoccupe en est un exemple patent.

 

Certes, Mouammar Kadhafi n'est pas un enfant de cœur. Mais George W. Bush l'était-il davantage? Qui, des deux dirigeants, a plus de sang sur les mains? Sous le règne de George W. Bush, personne n'a jamais proposé d'envahir les États-Unis pour les empêcher d'aller massacrer les Irakiens ou les Afghans.

 

Et si une rébellion armée avait lieu dans un pays occidental, que feraient les dirigeants? Si, lors de manifestations pacifiques, la présence policière y est démesurée, on peut facilement imaginer la réaction face à une rébellion armée.

 

Aussi, il convient de noter que les Occidentaux ont tenté plus d'une fois d'assassiner le colonel Kadhafi. L'une de ces tentatives a d'ailleurs causé la mort d'une de ses filles. Qu'adviendrait-il si l'enfant d'un chef d'État occidental était tué par des forces arabes?

 

Cette diabolisation de Kadhafi est une tactique de guerre psychologique ayant été utilisée plus d'une fois pour mobiliser l'opinion publique en faveur d'interventions armées. Les médias se font par ailleurs très discrets sur les faits concernant la Libye : son indice de développement humain et son PIB supérieurs à tous les pays africains, la qualité des programmes sociaux, etc.

 

Lorsque l'on regarde le portrait d'ensemble et le contexte historique des interventions humanitaires, il est clair que cet assaut de l'OTAN sur la Libye n'a rien à voir avec la protection des civils libyens.

 

Le secrétaire étasunien à la Défense Robert Gates l'a lui-même avoué en entrevue à Meet the Press : les États-Unis sont en Libye pour protéger leurs intérêts : « Non, la Libye n'est pas un intérêt crucial pour les États-Unis, mais nous avons évidemment des intérêts là-bas et [la Libye] fait partie de la région qui constitue un intérêt crucial pour les États-Unis. »

 

Cet aveu ne peut être plus clair : nous avons des intérêts au Moyen-Orient et c'est pourquoi nous intervenons en Libye, pour protéger nos intérêts au Moyen-Orient.

 

Si le secrétaire étasunien à la Défense admet que son pays intervient en Libye pour protéger ses intérêts, comment peut-on encore parler d'intervention humanitaire? Et ces rebelles que l'on se propose d'armer, quand osera-t-on avouer que ceux-ci entretiennent des liens avec les services de renseignements occidentaux et Al-Qaïda?

 

Rebelles, Al-Qaïda, MI6, CIA

 

Voici un article du Guardian datant de 2002. Cette information est disponible depuis presque 10 ans, mais les médias n’ont pas cru bon en faire mention :

 

Les services de renseignements britanniques ont payé une grosse somme d’argent à une cellule d’Al-Qaïda en Libye pour tenter d’assassiner en vain le colonel Kadhafi en 1996. Ils ont par ailleurs déjoué auparavant des tentatives de traîner Oussama ben Laden devant la justice.

 

Les dernières affirmations voulant que le MI6 ait des liens avec le Groupe islamique combattant [Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya], lié à un fidèle lieutenant de ben Laden, seront embarrassantes pour le gouvernement, lequel a qualifié des déclarations similaires de l’officier renégat David Shayler de « pure fantaisie ».

 

Ces allégations ont émergé dans le livre Ben Laden, la vérité interdite, publié aux États-Unis par deux experts du renseignement français. Ceux-ci révèlent que le premier mandat d’arrêt d’Interpol contre ben Laden a été émis par la Libye en mars 1998.

 

Selon les journalistes Guillaume Dasquié et Jean-Charles Brisard, conseiller du président Chirac, les agences de renseignements britannique et étasunienne ont caché le fait que le mandat d’arrêt provenait de la Libye et ont minimisé la menace. Cinq mois après l’émission du mandat, Al-Qaïda a tué plus de 200 personnes dans les attentats au camion piégé ciblant les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie.

 

Selon les auteurs, la résistance des agences de renseignements occidentales devant les inquiétudes libyennes peut s’expliquer par la participation du MI6 au complot de coup d’État d’Al-Qaïda. (Martin Bright, MI6 'halted bid to arrest bin Laden', Guardian, 10 novembre 2002)

 

Alors que Kadhafi était la risée des médias lorsqu’il a accusé Al-Qaïda d’être derrière la rébellion, le 28 mars dernier le commandant des forces de l'OTAN a timidement confirmé, sans faire l’objet de dérision, que le réseau manipulait les insurgés :

 

Depuis le début de l'insurrection en Libye, Mouammar Kadhafi accuse Al-Qaïda et Oussama ben Laden. Il a ainsi affirmé à plusieurs reprises que le réseau terroriste manipule les insurgés. Ce mardi, James Stavridis, le commandant des forces de l'Otan en Europe, a en partie confirmé ces affirmations.

 

Lors d'une audition devant le Sénat américain, il a en effet expliqué que des informations du renseignement évoquaient les signes d'une présence d'Al Qaïda, voire du Hezbollah libanais, parmi l'opposition libyenne. Il a néanmoins tempéré en soulignant qu'il ne disposait pas « de détails suffisants » pour dire si cette présence était « significative ou non ». (Libye : l'Otan admet que l'opposition serait infiltrée par Al-Qaïda, TF1, 29 mars 2011)

 

Donc, même si les Occidentaux admettent la présence d’Al-Qaïda auprès des rebelles, ils optent quand même pour une intervention en leur faveur.

 

Pour ajouter à la tournure kafkaïenne des événements, le Conseil national de transition (CNT), représentant de l'opposition libyenne reconnue jusqu’à présent par la France et le Qatar, a nommé un collaborateur de longue date de la CIA pour diriger ses opérations :

 

Le groupe situé à Benghazi représentant les forces rebelles combattant le régime Kadhafi, le Conseil national libyen, a nommé un collaborateur de longue date de la CIA pour diriger ses opérations. C’est McClatchy Newspapers qui a révélé jeudi la nomination de Khalifa Hifter, un ancien colonel de l’armée libyenne […] (Patrick Martin, A CIA commander for the Libyan rebels, World Socialist Web Site, 28 mars 2011)


Le lendemain, on apprenait lors d'une conférence à Londres qui étaient les porte-paroles du CNT : Mahmoud Shammam, ancien journaliste du magazine étasunien Foreign Policy, « vivant entre Washington et Doha », et  Guma El-Gamaty, « un activiste vivant à Londres ». (Eric Albert, Les premiers pas politiques hésitants des rebelles libyens, La Tribune, 29 mars 2011.) 

Les représentants des rebelles libyens sont donc des Libyens qui vivent aux États-Unis et en Grande-Bretagne et le chef de leurs opérations est un collaborateur de la CIA. La rébellion libyenne commence à dégager une forte odeur occidentale de changement de régime.
 

Deux jours après la publication de l'article de McClatchy et après le début de l’intervention, le New York Times « révélait » que la CIA était en sol libyen depuis plusieurs semaines. Quant au MI6 et aux Forces spéciales britanniques, des agents on été capturés au début mars par les rebelles qui les ont pris par erreur pour des espions ennemis. Le renseignement britannique aurait été sur place pour tisser des liens avec la rébellion, qui, vraisemblablement, n’était pas au courant.

 

Autre fait d’importance largement ignoré par les médias : Benghazi est le repaire de choix des djihadistes, selon une étude de l'Académie militaire des États-Unis à West Point datant de 2007 :

 

La conclusion la plus frappante qui ressort de l’étude de West Point est que le corridor allant de Benghazi à Tobruk et passant par la ville de Darnah […] constitue l’une des plus fortes concentrations de terroristes djihadistes au monde, et, dans une certaine mesure, peut être vu comme la source principale des kamikazes sur la planète. (Dr. Webster G. Tarpley, The CIA’s Libya Rebels: The Same Terrorists who Killed US, NATO Troops in Iraq, Global Research, 28 mars 2011)

 
Toutes ces informations nous révèlent de nombreux des faits cruciaux pour la compréhension de ce conflit et sont disponibles pour quiconque se donne la peine de faire un minimum de recherche. Or, il semble que le rôle de la presse ne soit pas de livrer des faits, mais plutôt, de la propagande.

 

Que ce parti pris des médias soit volontaire ou non, d’une manière ou d’une autre, le résultat est le même : ils ne font pas leur travail correctement. Encore une fois.

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24095

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:09

La Belgique part en guerre sans gouvernement

par Pascal Sacré

Le 26 mars 2011

 

© belga


Le ministre de la Défense, Pieter De Cre


 

Nous, Belges, partageons avec l’Irak le triste record du nombre de jours en crise, sans gouvernement.

 

« Après 249 jours de crise en Irak en 2010, les sunnites, les chiites et les Kurdes se sont accordés sur le partage du pouvoir. Mais 40 jours supplémentaires ont été nécessaires pour former une coalition à Bagdad. » [1]

 

En Belgique, la crise est toujours en cours et si les sunnites, les chiites et les Kurdes d’Irak ont su trouvé un terrain d’entente après des années de guerre et d’embargo, les politiciens flamands et wallons, non,  mais comme le précise Yves Leterme [2], premier ministre sortant, la vie du Belge moyen n’en est pas complètement transformée.

Finalement, il ne le sent pas trop, le Belge moyen, que son pays n’a pas de gouvernement.

Il ne sent pas trop non plus sa participation à la nouvelle boucherie organisée par l’Occident « libérateur ».

 

Le Palestinien ne l’intéresse pas, mais le Libyen oui. Enfin, quel Libyen ?

 

Pour nos journalistes en phase avec nos politiciens « humanitaires », toujours friands de ce genre de formule, je cite : « La Belgique » est « unanime pour intervenir en Lybie » [3].

Belgique unanime, moins moi.

 

C’est l’enthousiasme parlementaire pour aller faire la guerre en Lybie.

Bien entendu, chansonnette habituelle depuis quelques années, la motivation humanitaire, l’auto-persuasion de faire la guerre pour amener la paix, donne des ailes à nos gouvernants.

 

C’est une petite berceuse que nous nous chantons en Occident, au moins depuis 1991 (première guerre du Golfe), plus longtemps pour les Etats-uniens.

 

Nous y allons tous de bonnes et franches tapes dans nos dos qui sous le coup de cette formidable opportunité, nous fait nous redresser fièrement et oublier nos différences communautaires.

 

Nos journalistes, et nos politiciens ne sont pas honnêtes avec nous.


Que ce soit par ignorance (naïveté volontaire), incompétence ou duplicité, comme dans le dossier de la vaccination contre le H1N1 [4], nos gouvernants, et nos organes de la presse officielle, ne nous disent pas tout.

 

Par exemple, nous dit-on que,

 

« Dans les empennages des missiles Tomahawk se trouvent des barres d’uranium appauvri de 300 kilos. Si l’on pense qu’un projectile anti-char construit avec du métal d’uranium appauvri en contient environ 30 gr. seulement, on peut  imaginer la quantité de poussières d’uranium qui se répand dans l’atmosphère dans les zones d’impact… Là-dessus le silence est total. » [5-6] 

 

La pluie envoyée par l’Occident, dont notre petit pays s’est rendu complice avec enthousiasme, cette pluie sur la Lybie sera mortelle et sans pitié, pour tous les Libyens, pas seulement Kadhafi.

 

L’interventionniste Louis Michel, député européen, très enthousiaste lui aussi, ne nous parle pas de la pluie d’uranium appauvri qui attend nos amis Libyens.

Aucun parlementaire, et plus grave encore, aucun journaliste ne soulève ces questions qui certes, donneraient un coup fatal à notre bienveillance humanitaire.

 

L’Irak, l’Afghanistan et tous les endroits que nous avons voulu libérer à coups de missiles, de F-16, de plomb durci, d’uranium appauvri et de bombes à fragmentation, sont la preuve que nos actions n’amènent que plus de chaos, plus de détresse et plus de morts innocentes.

Plus de rage, de rancœur, et de haine vis-à-vis de notre interventionnisme que nous nous plaisons à voir comme de la bonté.

Et nous continuons.

 

Quel sera le coût pour la société belge de toutes ces opérations ?

A titre de comparaison, la guerre en Afghanistan coûte 1,3 million d’euros par jour au contribuable français [7].

Tout cela pour qu’en Afghanistan, Hamid Karzai, l’homme placé par les puissances occidentales pour remplacer les Talibans, soit considéré par la presse française comme pire que les Talibans [8-9], sauf pour les oléoducs et le trafic d’opium.

 

Tout cela, ces guerres, à un moment où nos gouvernants nous promettent des plans d’austérité comprenant le recul de l’âge de la retraite, le rognage des services publics et la réduction de nos salaires, sans compter la destruction de nos droits et libertés.

 

Où se trouvent, dans les journaux écrits et parlés, dans les débats télévisés et radiophoniques, des politiciens, des journalistes, des experts honnêtes et courageux pour nous informer de cet aspect des choses, comme cela devrait être le cas dans une démocratie réelle, si fière de l’être ?

 

Nous le savons tous, et pourtant nous nous laissons avoir à chaque fois.

La vérité n’est jamais si simple, les bons d’un côté, les méchants, les affreux de l’autre, cela n’existe pas, sinon dans les séries hollywoodiennes.

 

Parmi l’opposition à Kadhafi, est-on vraiment sûr qu’aucun extrémiste islamiste ne prendra le pouvoir, encouragé par le chaos généralisé créé par nos bombardements à l’uranium ?

Pour monsieur Louis Michel, éminent politicien belge actuellement à l’Europe, 

 

« Cette révolte démocratique libyenne n’a rien à voir avec le fondamentalisme. » [10] 

 

Selon d’autres sources,

 

Des 700 jihadistes, dont l’entrée en Irak a  été « recensée » (par nationalité) entre 2006 et 2007, 19% venaient de Libye, en particulier de Derna (60%) et Bengazi (24%) qui revendiquent de nombreux « Afghans veterans » dans leurs rangs.

 

Derna est la première source de jihadistes en Irak, 52 contre 51 venant de Riad (mais la ville de Cyrénaïque a 80 mille habitants, et la capitale de l’Arabie saoudite en a 4 millions), suivies par La Mecque et par Bengazi. Même parmi les kamikazes  recensés comme « martyrs », les Libyens sont les premiers, 85% contre 56 % pour les autres.

 

Même scénario décrit par Wikileaks : l’Est libyen comme terrain fertile pour le radicalisme islamique. Et Vincent Cannistraro, ancien chef de la cellule CIA en Libye, affirme que parmi les rebelles il y a beaucoup d’« extrémistes islamiques capables de créer des problèmes » et que les « probabilités [sont] élevées que les individus les plus dangereux puissent avoir une influence dans le cas où Kadhafi devrait tomber ». [11]

 

Nos parlementaires et nos journalistes devraient mieux s’informer ou être plus honnêtes et nous informer plus justement.

 

Beaucoup de civils Libyens mourront, du fait de notre « humanité » invasive et sélective.

Un grand nombre d’entre eux perdront leurs maisons, leurs villages.

Les femmes et les faibles n’y gagneront pas, contrairement à ce qu’on nous dit.

Human Right Watch l’a montré en Irak [12] et d’autres en Afghanistan.

 

Nous, belges, ne devrions ressentir aucune fierté à participer à de telles opérations dévastatrices aux conséquences terribles pour ceux-là même que nous croyons aider, opérations maquillées en geste humanitaire afin de pouvoir continuer à nous sentir bien.

 

Demandons des comptes à notre gouvernement.

 

Mais j’oubliais, nous n’en avons pas.

 

 

 

[1] Crise : la Belgique bat le record irakien

http://levif.rnews.be/fr/news/actualite/belgique/crise-la-belgique-bat-le-record-irakien/article-1194952523018.htm

[2] "On n'est pas si mal sans gouvernement",

http://www.lanouvellegazette.be/politique/2011-03-23/yves-leterme-dans-le-grand-direct-de-rtl-tvi-commentez-ici-sa-prestation-859630.shtml

[3] La Belgique unanime pour intervenir en Libye

http://www.lalibre.be/actu/international/article/649663/la-belgique-unanime-pour-intervenir-en-libye.html

[4] H1N1 : voici le contrat entre GSK et le gouvernement belge

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-05-05/h1n1-voici-le-contrat-entre-gsk-et-le-gouvernement-belge-768286.php

[5] Pluie de missiles Tomahawk en Libye, Kadhafi menace

http://www.rtl.fr/actualites/international/article/pluie-de-missiles-tomahawk-en-libye-kadhafi-menace-7669800263

[6] Des bombes à l’uranium appauvri pleuvent sur la population libyenne

Pluie de missiles Tomahawk en Libye

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23885

[7] Le coût de la guerre en Afghanistan : 1,3 million d'euros par jour pour les contribuables français

http://www.politique.net/2010100401-cout-de-la-guerre-en-afghanistan.htm

[8] Femmes afghanes: Karzai pire que les talibans ?

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/femmes-afghanes-karzai-pire-que-les-taliban_751556.html

[9] Afghanistan : Pillay dénonce une loi restreignant les droits des femmes

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=18841&Cr=Afghanistan&Cr1=femmes

[10] Louis Michel : " Il aurait fallu intervenir plus vite en Libye "

http://levif.rnews.be/fr/news/actualite/belgique/louis-michel-il-aurait-fallu-intervenir-plus-vite-en-libye/article-1194971878340.htm

[11] Et si les gentils n’étaient pas si gentils ? Par Maurizio Matteuzzi

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23924

[12] La guerre en Irak : tout sauf une intervention humanitaire,

http://www.hrw.org/fr/news/2004/01/25/la-guerre-en-irak-tout-sauf-une-intervention-humanitaire

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:07
Vauro_Obama_Nobel.jpg
Obama prix Nobel de la paix
Dessin de Vauro paru dans Il Manifesto
obama-noel-paix.jpg
http://early.hautetfort.com/archive/2009/10/10/est-ce-bien-raisonnable.html

 

Evo Morales : «Qu'on retire à Obama son Nobel de la Paix!» 


 Le président de Bolivie, Evo Morales, a demandé lundi qu'on retire le Prix Nobel de la Paix au président des Etats-Unis, Barack Obama, car selon lui, ce dernier est indigne du prix en "promouvant la violence", à travers l'intervention militaire en Libye.
"Il y a deux ans, on apprenait que le président Barack Obama avait gagné le Prix Nobel de la paix, mais en ce moment est-ce qu'il défend la paix, ou est-ce qu'il encourage plutôt la violence?" a demandé Evo Morales, un des gouvernants latino-américain.
"Comment est-ce possible qu'un Prix Nobel de la Paix puisse initier une invasion, un bombardement? C'est de la délinquance, c'est un assaut, une agression", a ajouté le président bolivien, qui s'exprimait devant des journalistes à La Paz capitale bolivienne.
"Pour cela, on devrait retirer le Prix Nobel de la Paix au président des Etats-Unis", a-t-il poursuivi.
Evo Morales, dont le pays a établi des relations diplomatiques avec la Libye en 2008 et qui s'était rendu alors dans ce pays, a dès le début de la crise libyenne rejeté le principe d'une intervention militaire, estimant qu'elle n'est "pas la solution" et allait entraîner "davantage de morts".
Il a jugé qu'une intervention des Etats-Unis ou de l'OTAN en Libye ne vise pas à protéger des vies mais "s'approprier les ressources naturelles de ce pays" riche en pétrole.

23/03/2011  

 http://www2.irna.ir

 

 

Le Parti libéral-démocrate russe propose de retirer son Prix Nobel à Obama.  

 

 Vladimir Jirinovski, leader du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR) a proposé lundi soir au Comité Nobel de retirer son Prix Nobel de la paix au président américain Barack Obama.
"Les événements en Libye constituent un acte d'agression supplémentaire de la part des troupes de l’Otan, et notamment de celles des Etats-Unis. Il s'agit d'une manifestation flagrante de politique coloniale. Il s'agit également d'une ingérence brutale dans les affaires intérieures d'un Etat indépendant dont le seul objectif est de contrôler le pétrole et le régime libyens, et non pas de sauver le peuple de ce pays", a martelé le leader du LDPR, cité par son service de presse.
M. Jirinovski devrait s'entretenir également avec l'ambassadeur libyen à Moscou, Amir Al-Arabi, pour faire le point sur les derniers événements en Libye.

23/03/2011

 http://www2.irna.ir
 

 

Jean-Louis Denier : Libye : Sarkozy veut « son » Irak à lui


En mettant en parallèle l'actuelle intervention en Libye et la guerre en Irak, Jean-Louis Denier critique l'excitation soudaine de la diplomatie française qui laisse présager un enlisement du conflit, entre risques terroristes et coûts financiers.
Le mécanisme est le même : porter l’affaire devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, invoquer des arguments fleurant bon l’éthique, la morale et les Droits de l’Homme, obtenir la caution de l’un ou l’autre intellectuel, de préférence germanopratin.
Cela vous rappelle quoi ... ?
La Libye avec un méchant dictateur qui opprime et massacre son peuple ? Ou plutôt ... l’Irak avec un méchant dictateur qui, lui aussi, hasard, opprimait et massacrait son peuple ?
On ne peut que confondre les deux tant les « grosses » ficelles des scenarii sont les mêmes afin de convaincre (manipuler ?) les opinions publiques de la légitimité d’une intervention armée : un méchant vraiment méchant, de (bien) bonnes intentions, une future guerre juste, guerre digne de la doctrine mêlée d’Ambroise, Augustin de Côme et Hugo de Groot dit « Grotius » où un conflit se trouve légitimé s’il répare une injustice, l’entregent d’un BHL – promu ministre des Etranges Affaires en lieu et place de Juppé cantonné aux seules Affaires [qui lui sont devenues soudain] Etrangères – dont l’intervention est à l’unisson du soutien apporté jadis, à Bush Jr et à son assaut contre l’Irak, par un Goupil, un Glücksman, un Bruckner ou encore un Kouchner.
Tous les éléments se trouvent donc réunis comme dans une tragédie de bonne facture, unité de temps, de lieu, d’action, un véritable « Cercle Rouge » à la J-P. Melville, sans oublier les acteurs, Juppé, Sarkozy et Kadhafi.
QUAND JUPPÉ A LA MÉMOIRE PLUS QUE COURTE
Le pseudo-ministre des Affaires Etrangères devrait s’inquiéter. Non pas de la concurrence (loyale ?) de son ami BHL, mais de l’élasticité de son propre duo mémoire/conscience. Début mars, en effet, au 20H de TF1, d’abord, en Egypte, ensuite, il n’avait pas de proclamation assez ferme pour signifier, urbi et orbi, que toute intervention en Libye serait contreproductive. Manifestement, et devant les micros de l’ONU, le bombardement aérien est (re)devenu, aussi récemment que soudainement, productif.

L’ancien ministre de la défense n’a, également, guère de souvenir de ses précédentes responsabilités.
Bien que l’armée française soit à la peine en Afghanistan – du fait notamment d’un manque de moyens, par exemple en hélicoptères de transport d’assaut et de combat – on va, comme par miracle, trouver des avions, des équipages, du kérosène, des missiles et autres bombes de précision ... pour aller faire la nique à Kadhafi, lequel, voilà à peine deux ans, avait le droit de planter sa tente en plein Paris !

Ce, sans oublier le coût financier d’une telle opération alors que selon un certain premier ministre, notre pays est en faillite.
On remarquera, ainsi, qu’il est des options stratégiques proprement édifiantes : on distille les moyens au compte-goutte quand il s’agit de mener un conflit d’importance première – car, selon la vérité officielle, l’intervention en Afghanistan  permet de prévenir et de protéger la France de toute tentative de terrorisme fomentée par Al-Qaeda – par contre, quand il s’agit d’intervenir en dehors de toute nécessite défensive vitale, on se déclare prêt à  mettre le paquet  et à frapper sans attendre ... .
SARKOZY : GESTICULER POUR EXISTER
Cette volonté d’agir et de « sur-agir » porte la marque (de fabrique) de Nicolas Sarkozy.
Afin de faire oublier atermoiements, quiproquos et ridicules « MAMESQUES » lors du soulèvement tunisien, l’actuel locataire de l’Elysée a décidé d’adopter une posture morale et « droits de l’hommesque ». Il a fait cavalier seul, ignorant les réticences des partenaires européens, pour reconnaître  le gouvernement (?) insurrectionnel libyen. Il a poussé à la roue les Britanniques afin d’obtenir leur éventuels concours à des frappes.
Cette diplomatie élyséenne hésite entre délire et danger.
Délire : car des armes françaises vont s’abattre sur celui à qui l’on voulait, lors de sa dernière visite sur le sol français, vendre des avions de combat multi-rôles de dernière génération. Que se passerait-il si le marché avait été conclu et honoré ... assisterait-on à un match Rafale contre Rafale ?

Dangereux : car il est tout aussi faux et vain de croire que des frappes aériennes, seules, permettront de résoudre, en totalité, la situation en Libye. La campagne aérienne du Kosovo est là pour le prouver : 79 jours de bombardement n’y apportèrent aucune solution de stabilisation concrète et de règlement politique. Il en sera de même si la Libye « kadhafienne » est frappée. Pire encore, l’on assistera à la partition du pays et à des raids sporadiques des forces loyalistes contre les territoires « libérés » aux mains des insurgés, lesquels réclameront, alors, une intervention terrestre et ce sera un nouvel engrenage, un nouvel Irak si les Occidentaux – notamment les Français - répondent à cet appel ... .
Ceci est d’autant plus vrai que Kadhafi, contrairement à Juppé, à de la mémoire.
KADHAFI VA SE SOUVENIR QU'IL A SOUTENU LE TERRORISME AVEC SUCCÈS
Le Guide de la Révolution a été, pendant les années 1970 et 1980, un généreux financier et organisateur du terrorisme international. Nul doute que s’il subit les affres de frappes aériennes, il reprendra ses habitudes et contact étroits avec la Syrie et l’Iran voire, et alors qu’il accuse cette organisation de lui avoir nui, ouvrira ses frontières à l’AQMI, filiale maghrébine d’Al-Qaeda.

Dotées de frontières communes  avec l’Algérie, le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Egypte, la Libye est, de ce point de vue, un espace plus qu’intéressant pour l’AQMI : on peut s’y entraîner, on peut y manœuvrer pour s’infiltrer, on peut s’y replier après avoir frappé tout autour.
Par ailleurs, la Jamahiriya libyenne dispose de suffisamment de représentations diplomatiques à l’étranger pour organiser et/ou téléguider, de-ci, de-là, l’un ou l’autre attentat ... contre un centrale nucléaire notamment.
Et où justement ... ?
En France.

Samedi 26 Mars 2011

Olivier MONTULET

 

 

Editorial  

Tiré à part :

Evo Morales : «Qu'on retire à Obama son Nobel de la Paix!» 

Le Parti libéral-démocrate russe propose de retirer son Prix Nobel à Obama.

Jean-Louis Denier : Libye : Sarkozy veut « son » Irak à lui

Lutte pour la libération du territoire

1 Au jour le jour

2 Lutte pour la libération du territoire

3 Politique internationale

4 Institutions internationales 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Hugo Chavez juge "irresponsable" l'intervention armée contre la Libye 

5-2 Michel Collon : la différence entre un bon arabe et un mauvais arabe.  

6 Les brèves 

6-1 Falco Accame : Des bombes à l’uranium appauvri pleuvent sur la population libyenne.

7  Dossier  

7-1 Danilo Zolo : Une imposture criminelle.

7-3 Maurizio Matteuzzi : Et si les gentils n’étaient pas si gentils ?

7-4 Robert Bibeau  : LA LIBYE SOUS LES BOMBES « HUMANITAIRES » DE L’ONU 

7-5 Moumene Belghoul : L’embarrassant rôle de l’Otan en Libye.  

7-6 Grégoire Lalieu : Entretien avec Jean Bricmont : La Libye face à l’impérialisme humanitaire.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 

8-1 Interview en partie très intéressante ce matin à la RTBF,

8-2 Déclaration d’«Action urgente Canada»   

8-3 Ginette Hess Skandrani : Libye : je me refuse à hurler avec les loups.

8-4 Objet : Demande d’une rupture des relations diplomatiques des pays membres de l’U.A avec la France.

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Thierry Meysan : Quelque mensonges sur la guerre de Libye

 

 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

.

http://bxl.attac.be/spip/IMG/jpg_dessin687_titom_Obama_prix_Nobel.jpg

http://bxl.attac.be/spip/spip.php?article24

HamburGUERRE

Politique extérieure et impérialisme des USA, les agressions de l’OTAN

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:07
Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 02:24

 

 
Missiles cruise à l’uranium appauvri sur la Libye. Une première étude d’impact sur l’environnement et la santé.

par Massimo Zucchetti

Le 28 mars 2011

 

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Les questions concernant l’Uranium  appauvri et sa toxicité ont parfois débordé, ces dernières années, du champ de la science. L’auteur[1] s’occupe de radioprotection depuis une vingtaine d’années et d’Uranium appauvri (ou Depleted Uranium, DU, qui sera utilisé aussi dans le texte, NdT) depuis 1999. Après une expérience de publication de travaux scientifiques dans des revues, actes de colloques internationaux et conférences en Italie sur l’ uranium appauvri, cet article essaie de faire une estimation du possible impact sur l’environnement et la santé de l’emploi d’ uranium appauvri dans la guerre de Libye (2011). Des informations concernant son utilisation sont parues dans les organes d’information depuis le début du conflit[2].

 

Par ses caractéristiques physiques spécifiques, en particulier sa densité qui le rend extrêmement pénétrant, mais aussi son faible coût (l’uranium appauvri coûte à la production environ 2 $ au kilo) et la difficulté de le traiter en tant que déchet radioactif, l’uranium appauvri a trouvé d’excellentes modalités d’utilisation dans le domaine militaire.


S’il est traité de façon adéquate, l’alliage U-Ti (Uranium-Titane) constitue un matériau très efficace pour la construction de pénétrants à énergie cinétique, des barres métalliques denses qui peuvent perforer un blindage quand elles sont tirées sur celui-ci à vitesse élevée.

 

Le processus de pénétration pulvérise la plus grande partie de l’uranium qui explose en fragments incandescents (combustion violente à presque 5.000° C) quand il atteint l’air de l’autre côté du blindage perforé, en en augmentant l’effet de destruction. Cette propriété est appelée « pyrophoricité», comme, par exemple, la caractéristique du soufre des allumettes. Donc, outre la densité élevée, la pyrophoricité augmente l’intérêt de l’uranium appauvri pour ces applications, en particulier comme arme incendiaire (API : Armour Piercing Incendiary, c’est-à-dire pénétrateur d’armatures incendiaire).

Enfin, dans la phase d’impact sur l’objectif, la relative dureté de l’uranium appauvri (en alliage avec le Titane) fournit au projectile des capacités auto-affilantes : en d’autres termes, le projectile ne « s’aplatit pas » contre le blindage qu’il doit enfoncer, en formant une « tête plate » -comme le fait par exemple un projectile de Pb (plomb) -mais garde sa forme fuselée jusqu’à la fragmentation complète, sans donc perdre les propriétés de pénétration.

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Sur le champ de bataille, le DU a sûrement été employé dans la Guerre du Golfe de 1991, pendant les bombardements OTAN/ONU sur la République Serbe de Bosnie en septembre 1995 ; sur la Yougoslavie au printemps 1999 ; dans notre siècle, pendant l’attaque contre l’Afghanistan puis, encore, en Irak en 2003.

L’utilisation de dispositifs au DU dans les guerres de Somalie et Bosnie centrale et centre-orientale (surtout dans de larges zones autour de Sarajevo) dans les années 1990, en Palestine et dans les polygones de tir de la compétence des forces militaires de l’OTAN, est pour le moment incomplètement documentée[3].

Parmi les armements qui emploient du DU, citons aussi le missile Cruise Tomahawk dont l’utilisation pendant la guerre des Balkans du printemps 1999, bien que non reconnue par l’OTAN a été confirmée par ce qui a été retrouvé sur place et par des sources de l’Union européenne[4].

Par ailleurs, dans le décalogue des officiers, remis à tous les hommes en uniforme expédiés au Kosovo, se trouvaient des recommandations à suivre à la lettre, concernant la présence d’uranium appauvri sur le territoire et en particulier dans les missiles Tomahawk. L’introduction indique ceci :

« Les véhicules et matériels de l’armée serbe au Kosovo peuvent constituer une menace contre la santé des militaires et des civils qui pourraient être à leur contact.  Les véhicules et les équipements trouvés détruits, endommagés ou abandonnés doivent être inspectés et manipulés seulement par du personnel qualifié. Les dangers peuvent dériver de l’uranium appauvri en conséquence des dommages dus à la campagne de bombardements OTAN, relativement aux engins touchés directement ou indirectement. En outre, les collimateurs contiennent du tritium  et les instruments et indicateurs peuvent être traités au vernis radioactif, dangereux  pour ceux qui accèderaient à ces engins pour les inspecter ». Suivent des conseils sur comment éviter l’explosion à l’UA. Textuellement : « Evitez tout engin ou matériel que vous suspectez avoir été frappé par des munitions contenant de l’uranium appauvri ou des missiles de croisière Tomahawk. Ne pas ramasser ou collecter des munitions avec DU trouvées sur le terrain. Informez immédiatement votre commandement sur l’aire que vous jugez contaminée. Où que vous soyez, délimitez la zone contaminée avec n’importe quel matériel trouvé sur place. Si vous vous trouvez dans une zone contaminée mettez, au minimum, le masque et les gants de protection. Procédez à la meilleure hygiène personnelle. Lavez fréquemment votre corps et vos vêtements ».

 

Les évaluations sur la quantité de DU utilisée dans les missiles divergent.

 
En particulier, elles varient, selon les diverses sources, entre des valeurs autour de 3kgs, pour aller par contre jusqu’à environ 400kgs. Voir en note la compilation des diverses sources qu’on peut trouver à ce sujet, assez importante pour faire une estimation de l’impact environnemental[5].

 


Les démentis prévisibles sur la présence d’uranium dans ces missiles peuvent être comparés à la compilation rapportée en bas de page, ainsi qu’aux sources d’origine militaire[6].


Cette grande variabilité dans les données peut facilement être expliquée. Certains Cruise sont à tête lestée à l’uranium appauvri, d’autres non. Ces autres aussi, cependant, ont de l’uranium appauvri : non pas dans la tête du missile mais dans ses ailes, comme stabilisateur pendant le vol.

  
Nous pouvons alors définir deux cas :

  - Hypothèse haute : Cruise à l’uranium dans la tête du missile. Nous retenons 400kgs de DU ;

   - Hypothèse basse : Cruise qui n’ont PAS d’uranium dans la tête. Nous retenons 3kgs de DU dans les ailes.

 

 

Calcul de l’impact environnemental et sur la santé

 

Dans la vaste littérature consacrée par l’auteur au problème de l’uranium appauvri[7] avait déjà été abordé un calcul de contamination radioactive à l’uranium du aux missiles Cruise : en particulier ceux lancés contre la Bosnie en 1995. L’étude est consultable aussi sur Internet, ainsi que sur la revue  scientifique Tribuna biologica e Medica [8] et [9].

  
Si l’on reprend les modèles utilisés dans l’article cité, on peut déduire quelle est la situation sur le terrain, sur les lieux d’inhalation, avec un calcul destiné seulement à asserter si, du moins dans un cas réaliste, l’ordre de grandeur des doses en jeu ne permet pas de négliger le problème.
 

  
Considérons l’impact d’un missile Cruise Tomahawk qui porte 3kgs (meilleur cas) ou 400kgs (pire cas) de DU.

  
L’impact produit un nuage de détritus de dimension variable, après combustion violente à environ 5.000°C. Les grains de poussière sont, comme on l’a dit, composés de particules  de dimensions dans un écart de [0.5 - 5] microns. Entre 500 à 1.000 mètres de l’impact on peut respirer des nuages de densité suffisante pour causer des doses significatives, composées de particules qui ont une masse d’environ 0.6 à environ 5 nanogrammes (6-50x10-10gr.). Une estimation a été effectuée selon le code de calcul de doses GEN II[10], en négligeant les effets dus à l’incendie et en considérant seulement l’exposition pour une inhalation d’une heure due à la dispersion simple du matériau, sans considérer certains facteurs qui pourraient faire ultérieurement augmenter l’exposition. En une heure on peut inhaler des grains de poussière radioactifs  provenant du nuage en quantités déjà notables.

Il convient de tenir compte du fait que de nombreux fluides-dynamiques du corps atmosphérique (direction et vitesse du vent, gradient vertical de la température, etc.) peuvent causer, dans des angles solides relativement petits, des concentrations de polluant de plusieurs ordres de grandeur supérieurs même à ceux qu’on aurait avec un calcul de dispersion uniforme, qui n’est pas compatible avec ce scénario. Le groupe critique, dans ce cas, se trouve être justement ces personnes « touchées » par le nuage de grains de poussière.


Un missile qui atteint l’objectif peut prendre feu et répandre des poussières oxydées dans l’environnement, selon l’estimation des probabilités qui sera faite dans ce travail.

   
Environ 70% du DU, contenus dans les missiles dont on suppose, étant « intelligents », qu’ils vont toujours au but, brûlent. La moitié environ de ceux-ci sont des oxydes solubles.

   
La granulométrie des particules constituant la poudre d’oxyde de DU appartient totalement aux poussières respirables, et des poussières ultrafines sont aussi  créées.  En particulier, le diamètre des particules est dans ce cas plus fin par rapport aux poussières d’uranium d’origine industrielle, communes dans le milieu de l’industrie nucléaire. On parle ici de la grande majorité des poussières contenue dans un écart de [1-10] micron, avec une partie significative de diamètre inférieur au micron.

  
Pour ce qui concerne le destin des poussières de DU dans le corps humain, la voie d’absorption principale est -on le sait- l’inhalation. Comme on l’a dit, une partie des poussières sont solubles et les autres sont insolubles dans les fluides corporels.

  
Etant données les caractéristiques des oxydes de DU d’origine militaire, il convient de relever de quelle manière leur comportement diffère par rapport aux poussières industrielles d’uranium. On peut en tous cas encore supposer, selon l’IRCP[11] qu’environ 60% de ce qui est inhalé se dépose dans l’appareil respiratoire, le reste étant expiré.

  
On peut retenir que 25% environ des particules de diamètre aux alentours d’1 micron sont retenues pendant une longue période dans les poumons, tandis que le reste se dépose dans les voies aériennes supérieures, passe dans l’appareil digestif et de là est éliminé pour la plus grande part à travers les voies urinaires, alors que de petites parties vont s’accumuler dans les os.

  
Des 25% de microparticules restées dans les poumons, la moitié environ se comporte comme un matériau de classe M selon l’ICRP, c’est-à-dire qu’elle est soluble lentement dans les fluides corporels, alors que le reste est insoluble.

  
Ce type de comportement et d’exposition n’a été étudié dans aucune situation précédente d’exposition à des alfas émetteurs dans les poumons, rencontrées en milieu civil. La modalité d’exposition est ainsi très différente de celles sur la base desquelles on a recueilli les équivalences doses-dommages en radioprotection.

  
Il n’est donc pas du tout correct -bien que cela constitue un point de référence- d’extrapoler des évaluations de risque par exposition à ce type de micropoussières radioactives depuis des données recueillies pour les mineurs d’uranium, ni même évidemment pour les personnes gravement irradiées de Hiroshima et Nagasaki.

Les standards de radioprotection de l’ICRP se fondent sur ces expériences, et par conséquent peuvent aboutir à des sous-estimations du risque dans ce cas.

   Quand on passe ensuite à d’autres types de toxicité que celle radiologique, il est alors plausible que :

 - vue la composante fine et ultrafine des poussières de DU d’origine militaire,

 - vue la toxicité chimique de l’uranium,

la contamination environnementale par des oxydes de DU d’origine militaire ait une toxicité et chimique et radiologique : il faut évaluer l’effet synergique de ces deux composantes.


En d’autres termes, la radioactivité et la toxicité chimique de l’uranium appauvri pourraient agir ensemble en créant un effet « cocktail » qui augmente ultérieurement le danger.

 

On doit ensuite mettre en relief le fait que le climat aride de la Libye favorise la dispersion dans l’air des particules d’uranium appauvri, qui pourront être respirées par des civils pendant des années. Le mécanisme principal d’exposition à moyen-long terme concerne la re-suspension de poussières et leur conséquente inhalation.

  
La méthodologie et les résultats relatifs à ce modèle ont déjà été publiés dans d’autres travaux de l’auteur[12] auxquels on renvoie en note. Ne sont ici mises en évidence que  les applications et variations au modèle appliqué et déjà publié, et en particulier :

-          le calcul d’engagement (semi vie, NDT) de dose est à 70 ans et non plus à 50 ans, selon ce qui est recommandé par l’ICRP.

-          On a utilisé des données actuellement approchées sur la distribution de la population autour des points d’impact, qui tiennent aussi compte de l’utilisation principale des projectiles au DU dans des zones peuplées.

 

Les résultats du modèle peuvent être résumées ainsi :

     - CEDE (Committed effective dose equivalent) (Dose collective) : 370 mSvp in 70 y, pour 1 kg de DU oxydé et répandu dans l’environnement.

     - CEDE annuelle maximale dans la première année (76 mSvp),  puis la seconde année (47 mSvp) et la troisième  (33mSvp).

     - La voie d’exposition est entièrement par inhalation des poussières. Les poumons sont l’organe cible (97.5% de la contribution à la CEDE).

      - Parmi les nucléidesresponsables, 83% de la CEDE l’est par U238 et 14% par U234.

 

En ce qui concerne la quantité totale de DU oxydé répandu dans l’environnement, on part pour cette évaluation des données rapportées par la presse internationale : au premier jour de guerre, environ 112 missiles Cruise (Tomahawk) ont touché le sol libyen[13], et les missiles lancés pendant la première semaine de l’opération se montent à plus de 200. Combien de missiles seront  lancés avant la fin de la guerre ? Comme il ne nous est pas possible de le savoir, nous ferons une hypothèse tout à fait prudente d’environ 1.000 missiles lancés, et dans tous les cas les valeurs qui seront estimées seront variables par simple  proportion : par exemple, et dans le meilleur des cas, où seulement 200 missiles seraient finalement décomptés, les estimations retenues ici pourront simplement être divisées par cinq.

 

Si tous les missiles étaient « dépourvus » de DU, on aurait de toutes façons une quantité de :

1000 * 3  = 3000kgs = 3 Tonnes de DU (meilleur cas)

Si tous les missiles avaient une tête au DU, nous aurions une quantité jusqu’à

400.000kgs = 400 tonnes de DU.

 

On confrontera cette donnée avec les 10-15 tonnes de DU lancées sur le Kosovo en 1999 pour en évaluer la gravité.

 

Supposons qu’environ 70% de l’uranium  brûle et soit répandu dans l’environnement, arrivant ainsi à une estimation de la quantité d’oxydes de DU égale à environ 2,1 tonnes (meilleur cas)  et 280 tonnes (pire cas).


Ceci permet d’estimer par conséquent une CEDE (dose collective) pour toute la population équivalente à :

       -  meilleur cas : 370 mSvp/kg * 2100  kg = 780 Svp environ.

 - pire cas : 370 mSvp/kg * 280.000 kg = 104.000 Svp environ.


Nous rappelons qu’il n’est pas correct -bien que cela constitue un point de référence- d’extrapoler des évaluations par exposition à ce type de micropoussières radioactives à partir des standards de radioprotection de l’ICRP, qui sont ceux adoptés par le code GEN II.


Si toutefois nous appliquons ici aussi le coefficient de 6% Sv-1 pour le risque d’apparition de tumeurs, nous obtenons environ :

-          meilleur cas : environ 50  cas de tumeurs de plus, prévues en 70 ans.

-          pire cas : environ  6200 cas de tumeurs de plus, prévues en 70 ans.

 

Conclusions

 

Les risques d’exposition à l’uranium appauvri de la population libyenne à la suite de l’utilisation de ce matériau dans la guerre de 2011 ont été évalués selon une approche la plus large possible, en essayant de tenir compte de certains résultats récents d’études dans ce secteur.

  
Ce type d’exposition n’a été étudié en aucune situation précédente d’exposition à des alphas récepteurs dans les poumons, rencontrée en milieu civil.

  
Toutefois, l’évaluation faite des doses et du risque conséquent aux deux situations (Cruise « sans uranium » ou « avec uranium ») permet de tirer certaines conclusions.

 

  
Dans le premier cas (meilleur cas) le nombre de tumeurs attendues est très exigu et absolument non significatif du point de vue statistique. Cette difficulté statistique - comme il est presque inutile de remarquer- n’a rien à voir avec une absolution de ce type de pratique, avec son acceptation, ou moins encore avec une assertion d’importance faible voire d’innocuité.


Dans le second cas (pire cas), par contre, nous sommes face à un nombre d’apparition de tumeurs de l’ordre de plusieurs milliers. Celles-ci pourraient clairement être relevables à un niveau épidémiologique et posent, sans aucun doute, une forte préoccupation.

 

Il convient, de ce fait, que les armées qui bombardent la Libye clarifient par des preuves certaines, et non par des assertions de commodité,  la présence ou pas, et en quelles quantités, d’uranium appauvri dans leurs missiles.

Dans le passé, il y a eu des « démentis officiels » de la présence d’uranium dans les missiles Cruise[14], mais ceux-ci provenant de milieux militaires, l’auteur se permet de les considérer, pour le moins, avec une certaine prudence.

 

Sur la base des données qui sont à notre disposition, les estimations sur l’évolution des cas de tumeurs dans les prochaines années en Libye, à cause de cette pratique  totalement injustifiée, sont absolument préoccupantes. La discussion sur l’incidence relative de chacun des agents tératogènes utilisés dans une guerre (chimiques, radioactifs, etc.) nous semble -à un certain niveau- peu significative et même, qu’on nous le permette pour conclure, peu respectueuse d’une donnée de fait : les morts en Libye à cause de cette attaque dépassent et dépasseront de loin n’importe quel chiffre qui puisse un jour être défini comme « le prix à payer ».

 

Il est important, enfin, de recueillir des données et des études -et il y en a beaucoup- dans le domaine des effets des « nouvelles guerres » sur l’homme et  l’environnement ; il faut montrer comment nos armes modernes, nullement chirurgicales, produisent des dommages inacceptables ; il faut étudier ce qu’ont causé, aux hommes et à l’environnement qui les ont subies, les guerres « humanitaires » à partir de 1991.

 

Publié le 21 mars 2011 sur le site ComeDonChisciotte,

http://www.comedonchisciotte.org/site/modules.php?name=News&file=article&sid=8091

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Le missile Tomahawk utilisé ces jours-ci contre la Libye, est un exemplaire de la classe Cruise.

 

 

 
Notes

 

[1] Professeur en « Installations nucléaires » au Polytechnique de Turin, titulaire des cours de « Sécurité et Analyses des risques » et de « Protection contre les Radiations ». 

[2] http://contropiano.dyndns.org/en/archive/archivio-news/item/296-uranio-impoverito-nei-tomahawk-sulla-libia

[3] Zajic V.S., 1999. Review of radioactivity, military use and health effects of DU: http://members.tripod.com/vzajic; Liolos Th. E.(1999) , Assessing the risk from the Depleted Uranium Weapons used in Operation Allied Forces, Science and Global Security, Volume 8:2, pp.162 (1999); Bukowski, G., Lopez, D.A. and McGehee, F.M., (1993) "Uranium Battlefields Home and Abroad: Depleted Uranium Use by the U.S. Department of Defense" March 1993, pp.166, published by Citizen Alert and Rural Alliance for Military Accountability.

[4] Satu Hassi, Ministre de l’Environnement Finlandais, a envoyé une lettre à ses collègues de l’Ue, en communiquant que la plus grande partie des 1.500 missiles tirés sur la Serbie, Kosovo compris, contenaient environ 3kgs chacun de DU. Le ministre, entre autres choses dans cette lettre, lance un appel à la Commission européenne et à ses collègues ministres de l’environnement pour prendre des initiatives ebn faveur du bannissement de l’UA.

[5] Sources diverses sur la présence et la quantité de DU dans les missiles Cruise Tomahawk :

http://www.eoslifework.co.uk/pdfs/DU2102A3b.pdf

http://www.nadir.org/nadir/initiativ/mrta/ipan22.htm

http://web.peacelink.it/tematiche/disarmo/u238/documenti/uranio_impoverito.html

http://www.bandepleteduranium.org/en/a/60.html

http://www.mail-archive.com/news@antic.org/msg01570.html

http://www.atlanticfreepress.com/news/1/12146-pentagon-dirty-bombers-depleted-uranium-in-the-usa.html

http://vzajic.tripod.com/3rdchapter.html

http://www.prorev.com/du.htm

http://www.envirosagainstwar.org/know/read.php?itemid=1712

http://cseserv.engr.scu.edu/StudentWebPages/IPesic/ResearchPaper.htm

http://worldpol.wordpress.com/2007/11/19/depleted-uranium-ethics-of-the-silver-bullet-by-iliya-pesic/

Zajic, Vladimir S. “Review of Radioactivity, Military Use, and Health Effects of Depleted Uranium” [1 August, 1999]. 2/27/2002. http://vzajic.tripod.com 

[6] While the US Navy claims that they have replaced the MK149-2 Phalanx round with a DU penetrator by the MK149-4 Phalanx round with a tungsten penetrator (with the DU round remaining in the inventory), new types of DU ammunition are being developed for other weapons systems, such as the M919 rounds for Bradley fighting vehicles. Depleted uranium is also placed into the tips of the  Tomahawk land-attack cruise missiles (TLAM) during test flights to provide weight and stability. The TLAM missile has a range of 680 nautical miles (1,260 km) and is able to carry a conventional warhead of 1000 lb. (454 kg). Older warheads were steel encased. In order to increase the missile range to 1,000 nautical miles (1,850 km), the latest Tomahawk cruise missiles carry a lighter 700 lb. (318 kg) warhead WDU-36 developed in 1993, which is encased in titanium with a depleted uranium tip. 

[7] M.Zucchetti, 'Measurements of Radioactive Contamination in Kosovo Battlefields due to the use of Depleted Uranium Weapons By Nato Forces'', Proc. 20th Conf. of the Nuclear Societies in Israel, Dead Sea (Israel), dec. 1999, p.282.

M.Cristaldi, A.Di Fazio, C.Pona, A.Tarozzi, M.Zucchetti “Uranio impoverito (DU). Il suo uso nei Balcani, le sue conseguenze sul territorio e la popolazione”, Giano, n.36 (sett-dic. 2000), pp. 11-31.

M.Zucchetti, ‘Caratterizzazione dell’Uranio impoverito e pericolosità per inalazione’, Giano, n.36 (sett-dic. 2000), pp. 33-44.

M.Cristaldi P.Angeloni, F.Degrassi, F.Iannuzzelli, A.Martocchia, L.Nencini, C.Pona, S.Salerno, M.Zucchetti. Conseguenze ambientali ed effetti patogeni dell'uso di Uranio Impoverito nei dispositivi bellici. Tribuna Biologica e Medica, 9 (1-2), Gennaio-Giugno 2001: 29-41.

M. Zucchetti, “Military Use of  Depleted Uranium: a Model for Assessment of Atmospheric Pollution and Health Effects in the Balkans”, 11th International Symposium on "Environmental Pollution And Its Impact On Life In The Mediterranean Region", MESAEP, Lymassol, Cyprus, October 2001, p.25.

M. Zucchetti “Some Facts On Depleted Uranium (DU), Its Use In The Balkans And Its Effects On The Health Of Soldiers And Civilian Population”, Proc. Int. Conf. NURT2001, L'Avana (Cuba), oct. 2001, p.31.

M. Zucchetti, M. Azzati "Environmental Pollution and Population Health Effects in the Quirra Area, Sardinia Island (Italy)", 12th International Symposium on Environmental Pollution and its Impact on Life in the Mediterranean Region, Antalya (Turkey), October 2003, p. 190, ISBN 975-288-621-3.

M.Zucchetti, R. Chiarelli ‘Environmental Diffusion of  DU. Application of Models and Codes  for Assessment of Atmospheric Pollution and Health Effects’, Convegno ‘Uranio Impoverito. Stato delle Conoscenze e Prospettive di Ricerca’, Istituto Superiore di Sanità (Roma) Ottobre 2004.

R. Chiarelli, M.Zucchetti, ‘Effetti sanitari dell’uranio impoverito in Iraq’, Convegno ‘La Prevenzione Primaria dei Tumori di Origine Professionale ed Ambientale’, Genova, Novembre 2004. Poster reperibile al sito: http://registri.istge.it/italiano/eventi/poster%20n°25.htm 

R. Chiarelli, M.Zucchetti, ‘Applicazione di modelli e codici di dose alla popolazione alla dispersione ambientale di Uranio impoverito’, Convegno ‘La Prevenzione Primaria dei Tumori di Origine Professionale ed Ambientale’, Genova, Novembre 2004. Poster reperibile al sito: http://registri.istge.it/italiano/eventi/poster%20n°26.htm 

M. Zucchetti, "Environmental Pollution and Population Health Effects in the Quirra Area, Sardinia Island (Italy) and the Depleted Uranium Case", J. Env. Prot. And Ecology 1, 7 (2006) 82-92.

M. Zucchetti, “Scenari di esposizione futura In Iraq: convivere con l’uranio impoverito” in: M.Zucchetti (a cura di) “Il male invisibile sempre più visibile”, Odradek, Roma, giugno 2005, pp. 81-98.

M. Zucchetti, “Uranio impoverito. Con elementi di radioprotezione ed utilizzo delle radiazioni ionizzanti”, CLUT, Torino, febbraio 2006. ISBN 88-7992-225-4.

M.Zucchetti “Depleted Uranium”, European Parliament, GiethoornTen Brink bv, Meppel (Holland), 2009. ISBN 978-90-9024147-0

[8] http://web.peacelink.it/tematiche/disarmo/u238/documenti/uranio_impoverito.html

[9] Cristaldi M. et al., Conseguenze ambientali ed effetti patogeni dell'uso di Uranio Impoverito nei dispositivi bellici. Tribuna Biologica e Medica, 9 (1-2), Gennaio-Giugno 2001: 29-41.

[10] Il s’agit d’un code  élaboré dans un laboratoire étasunien, reconnu et utilisé au niveau international. Voir : B.A.Napier et al. (1990), GENII - The Hanford Environmental Radiation Dosimetry Software System, PNL-6584, Pacific Northwest Laboratories (USA). Il ne peut être utilisé dans ce cas que pour une estimation des doses d’inhalation, étant donnée la particularité du scénario examiné.

[11] IRCP, 1995. ICRP, 1995. Age-dependent Doses to Members of the Public from Intake of Radionuclides: Part 3 - Ingestion Dose Coefficients. Publication 69 Annals of the ICRP. 25 (no 1).

[12] M. Zucchetti, M.Zucchetti, ‘Caratterizzazione dell’Uranio impoverito e pericolosità per inalazione’, Giano, n.36 (sett-dic. 2000), pp. 33-44; R.Chiarelli, M.Zucchetti, ‘Applicazione di modelli e codici di dose alla popolazione alla dispersione ambientale di Uranio impoverito’, Convegno ‘La Prevenzione Primaria dei Tumori di Origine Professionale ed Ambientale’, Genova, Nov.2004. http://registri.istge.it/italiano/eventi/poster%20n°26.htm

[13] http://abcnews.go.com/International/libya-international-military-coalition-launch-assault-gadhafi-forces/story?id=13174246  

[14] ME Kilpatrick, « No depleted uranium in cruise missiles or Apache helicopter munitions – comment on an article by Durante and Publiese,” Health Physics, June 2002; 82(6): 905; Chief of the Radiation Protection Division, Air Force Medical Operations Agency, e-mail message, Subject: "Cruise Missiles," May 6, 1999; Head of Radiological Controls and Health Branch, Chief of Navy Operations, e-mail message, Subject: "NO DU in Navy Cruise Missiles," August 4, 1999.


Massimo Zucchetti,

Ecole Polytechnique de Turin (Italie) massimo.zucchetti@polito.it

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24015

 

 

 

Reçu :

 

C'est de la que proviendrait l'erreur :

 



"Cette grande variabilité dans les données peut facilement être expliquée. Certains missiles de croisière sont à tête lestée à l’uranium appauvri, d’autres non. Ces autres aussi, cependant, ont de l’uranium appauvri : non pas dans la tête du missile, mais dans ses ailes, comme stabilisateur pendant le vol. Nous pouvons alors définir deux cas :
puce.gif Hypothèse haute : missile de croisière à l’uranium dans la tête du missile. Nous retenons 400 kg d’uranium appauvri ;
puce.gif Hypothèse basse : missile de croisère qui n’a PAS d’uranium dans la tête. Nous retenons 3 kg de DU d’uranium appauvri sur les ailes."



L’uranium appauvri est utilisé dans les missiles Tomahawk de l’armée américaine. Ses effets sur la santé sont importants et durables.

"Parmi les armements qui emploient de l’uranium appauvri, citons aussi le missile de croisière Tomahawk dont l’utilisation pendant la guerre des Balkans du printemps 1999 —bien que non reconnue par l’OTAN— a été confirmée par ce qui a été retrouvé sur place et par des sources de l’Union européenne [3]."





D'une manière ou d'une autre ces missiles Tomahawk contiennent de l’uranium appauvri
Seule la quantité change suivant les hypothèses possibles

il est fort probable que certains contienaient
de l’uranium dans la tête du missile parmi celles envoyée en Lybie

........................................................................................................................................


http://e-financearticles.com/depleted-uranium/

"American military industry has been using depleted uranium to coat conventional weaponry (artillery, tanks and aircraft) since 1977, to protect its own tanks, as a counterweight in aircraft and Tomahawk missiles and as a component for navigation instruments."

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:04
The US military has strived to keep the pictures out of the public domain
http://www.rawa.org/temp/runews/2011/03/21/us-army-kill-team-in-afghanistan-posed-for-photos-of-murdered-civilians.html


Un article du Rolling Stone Magazine revient sur les atrocités commises par des soldats américains en Afghanistan, suite à la parution des premières photos des exactions dans le journal allemand Der Spiegel le 21 Mars.


diego

 

De nouveaux détails très choquants ont émergé aujourd'hui sur la façon
dont des soldats américains ont formé un « escadron de la mort» pour
assassiner des civils afghans au hasard et mutiler leurs cadavres.

Une enquête menée par le magazine Rolling Stone magazine détaille comment
les officiers supérieurs ont échoué à empêcher leurs troupes de tuer des
Afghans et conserver des parties de leurs corps comme des trophées.

Dans un épisode horrible, le magazine affirme que des soldats ont coupé le
doigt d'un enfant afghan mort et l’on ensuite utilisé comme « jeton » dans
un jeu de cartes.

Ce petit détail montre qu’un nouveau seuil de dépravation a été franchi
par les forces américaines et est susceptible d'être un désastre médiatique
pour l’armée U.S.

L'enquête menée par le magazine Rolling Stone a aussi révélé comment:
• Les troupes ont tué par balles des civils et tenté de camoufler leurs
crimes;
• Les soldats américains ont découpé une partie du crâne d'un mort;
• Les soldats ont applaudis en filmant un raid aérien américain faisant
sauter deux civils afghans;
• Une vidéo montre deux civils afghans sur une moto être abattu.

Le magazine prétend que les soldats découpaient des morceaux de crâne de
leurs victimes et les conservaient comme des trophées de leurs crimes.
Les soldats sont également accusés d'ouvrir le feu sur des civils sans
aucune raison et se de se couvrir en déposant des armes et chargeurs sur leurs
victimes pour invoquer la légitime défense.

Le magazine affirme que pour les accusés, la «mise à mort d'innocents
civils afghans est devenue moins un motif de préoccupation qu'un motif de
célébration ».

La semaine dernière, le soldat Jeremy Morlock, 23 ans, a admis son rôle dans
ce système criminel et a été condamné à 24 ans d’emprisonnement.
Quatre autres soldats de la 5e brigade de combat Stryker, 2e division
d'infanterie, seront jugés devant une cour martiale : le sergent Gibbs Calvin
(qui est accusé d'être le leader), Adam C. Winfield, Michael S. Wagnon II et
Andrew H. Holmes.

L'article du Rolling Stone décrit en détail comment les troupes américaines
auraient tué un garçon afghan avant de mutiler son cadavre :
« Les soldats Jeremy Morlock et Andrew Holmes avait repéré un jeune
agriculteur au travail , le 15 janvier 2010, dans le village afghan de La
Mohammed Kalay.
Gul Mudin, 15 ans (seulement quatre ans plus jeune que Holmes), était le seul
Afghan en vue. Il n'avait pas d'arme sur lui et les a accueilli par un
sourire. Personne d'autre n’était là.
Gul se dirigea vers eux quand ils l’appelèrent et s’est arrêté
lorsqu’ils lui ont demandé. Morlock a lancé une grenade sur lui, en
utilisant un muret pour se couvrir, puis les soldats ont ouvert le feu.
Gul tomba face contre terre dans le sol et il y eut bientôt une mare de sang
qui sortait de sa tête.
Morlock a crié à la radio qu'il était attaqué. Posté sur une colline
avoisinante, Adam Winfield (qui connaissait bien ses camarades) a dit à son
compagnon d'armes Ashton Moore qu'il était plus probable qu’il s’agisse
d’une mise en scène de meurtre.

Morlock et Holmes ont dit à leur sergent que « Gul avait été sur le point
de les attaquer avec une grenade et ils avaient donc tiré sur lui », rapporté
le magazine Rolling Stone.

L'histoire d'un combattant taliban solitaire, qui tente avec une grenade de
tendre une embuscade à un peloton en plein jour semblait peu crédible pour le
capitaine Patrick Mitchell.
Mais il a dit au sergent-chef Kris Sprague de «s'assurer» que Gul était
mort. Sprague a donc tiré à deux reprises sur l'enfant mort.

Un adulte qui travaillait plus loin dans les champs est arrivé et a accusé
Morlock et Holmes d’avoir assassiné l’enfant, mais il a été ignoré par
les soldats. Les soldats ont demandé à l’homme d’identifier l’enfant, et
il s’est avéré qu’il s’agissait de son père. «L’homme était
submergé par le chagrin», comme l’explique un rapport officiel de
l’armée.

Les soldats ont suivi le protocole qui consiste à couper les vêtements du
mort et le déshabiller pour vérifier la présence de tatouages, avant de
numériser son iris et ses empreintes digitales.
Mais ensuite, ils ont commencé à prendre des photos d'eux célébrant le
meurtre, avec Holmes posant pour la caméra en saisissant la tête de M. Gul par
les cheveux, comme s'il s’agissait d’un cerf.
Le sergent Calvin Gibbs a alors commencé à «déconner avec le gosse », lui
remuant les bras et la bouche comme un pantin, avant de couper un doigt à
l'enfant mort et de le donner à Holmes.
Holmes a mis le doigt dans une sacoche à la ceinture. «Il comptait garder le
doigt pour toujours et voulait le faire sécher » a raconté un de ses amis. «
Il était fier de son doigt. »

Quelques heures après le meurtre, Holmes et Morlock jouaient aux cartes
lorqu’ils ont dit qu'ils pariaient un doigt dans un jeu de pique, avant de
jeter le doigt de Gul sur le tas de jetons.

Au cours d’un autre incident en Novembre 2009, Gibbs a commencé à jouer
avec une paire de ciseaux à proximité de la main d'un insurgé mort, tué par
un hélicoptère, après que le corps ait été été poignardé avec un couteau
par un autre soldat.
«Je me demande si ces ciseaux peuvent couper un doigt? » demanda Gibbs.

Plus tard, lors d'une nuit en Janvier 2010, le peloton a été conduite à
proximité de leur base d'opérations avancée et a repéré la signature
thermique d’un homme sur la route grâce à leur matériel d'imagerie
thermique.
Les soldats se sont arrêté à proximité de l'homme, qui tenait son bras
devant sa poitrine, ce qui signifia pour eux soit qu'il avait froid ou bien
qu’il cachait une bombe.
Il allait et venait, en ignorant leurs appels, et a eu ce comportement «
étrange » jusqu'à ce que les soldats aient tiré des coups de semonce autour
de lui. Il a ensuite commencé à marcher vers eux.
Quelqu'un a crié «au feu» et les soldats ont tiré environ 40 rafales en
quelques secondes. L'homme s'est avéré être désarmé mais il était sourd
ou handicapé mental, selon les déclarations officielles.

Le soldat Michael Wagnon à récupéré un morceau de son crâne et l'a gardé
comme un trophée, mais le commandant Matthew Quiggle était «fermement
convaincu» qu'ils avaient illégalement tué un ressortissant du pays.

Le peloton a ensuite tenté de dissimuler le crime en faisant semblant de
trouver une arme - qui était en fait un chargeur de AK-47 qui avait été
rangé dans une boîte en métal par le sergent Calvin Gibbs.
«Au fond, ce que nous faisions était une recherche désespérée de justifier
le meurtre de cet homme », a rapporté le soldat Justin Stoner Stoner aux
enquêteurs. «Mais en réalité, c’était juste un vieux type, sourd et
retardé. Clairement, nous avons exécuté cet homme. "
Cependant l'armée américaine considèra que l'homme était seul responsable
de sa mort parce qu'il avait ignoré les avertissements du peloton et a marché
dans leur direction.

...

L’article du Rolling Stone magazine explique en détail le sentiment de toute
puissance et d’impunité des soldats dû à l’absence de maintien de
l'ordre par leurs supérieurs.  
http://www.rollingstone.com/politics/news/the-kill-team-20110327?page=1

Mark Boal, l'auteur de l’article, est un journaliste bien connu et plusieurs
fois récompensé pour son travail.
Il a pu consulter des vidéos et des images choquantes de victimes, prises par
les soldats: l'un montre une main avec un doigt manquant, un autre représente
une tête coupée sur un bâton et d'autres montrent des jambes mutilées par
des déflagrations de grenades. Dans certains cas, les soldats posent sur les
corps de leurs victimes comme sur des trophées de chasse.
Bien que cela soit totalement interdit par le règlement, les soldats emmènent
dans leurs patrouilles des appareils photos et mini caméras. Ils se font
ensuite circuler les vidéos entre eux sur clé usb ou disques durs.


Mardi 29 Mars 2011
http://www.alterinfo.net/Les-crimes-horribles-de-l-armee-americaine-en-Afghanistan_a56863.html
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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:02

Syrie, Libye

Comment la CIA provoque des "révolutions" dans les pays qu’elle veut soumettre

 


http://www.turquie-fr.com/le-president-syrien-bachar-al-assad-en-turquie-ce-week-end/07/05/2010/


Syrie : c’est de la ville syrienne de Deraa,

proche du plateau du Golan occupé par Israël
qu’est partie l’insurrection armée

déguisée en "manifestation pacifique".

 

 

L’exemple pris ici concerne la Syrie et la Libye, mais il s’applique partout. Bien sûr, il ne s’applique pas à la France, où c’est une autre technique qui a été utilisée. Il a suffit à la CIA de se démerder pour faire élire Sarkozy, un agent sioniste au service de l’impérialisme américain.

 

Le Sarkonazi est encore plus dangereux que Le Pen :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1395


Comment s’y est-on pris pour faire élire Sarko :

http://mai68.org/spip/spip.php?article2533


Il est clair que l’impérialisme américano-sioniste veut soumettre la Syrie, qui est un pays allié au Hezbollah et à l’Iran, qui sont tous antisionistes.


Il faut bien remarquer que les émeutes survenues en Syrie proviennent à l’origine de villes proches d’Israël (essentiellement Deraa) et ont tout de suite été ultraviolentes avec des armes à feu, telles des kalachnikovs et même des RPG, que le gouvernement syrien a confisquées aux "manifestants pacifiques" qui cherchaient à le renverser. On a pu voir à la télé syrienne ces armes dangereuses confisquée aux "manifestants pacifiques".


Le principe des révolutions colorées montées par l’impérialisme américano-sioniste consiste à utiliser la violence quand nécessaire de façon à ce que le régime qu’ils veulent détruire soit obligé d’y répondre. Dans leur stratégie, il faut à tout prix qu’il y ait un mort dans le camp des "insurgés" afin de crier à l’assassin, à la dictature, etc.


Ensuite, cette insurrection commanditée par l’impérialisme dénoncera, à la face du monde et de la population du pays attaqué, que le régime qu’ils veulent abattre est ignoble, qu’il tire sur les "manifestants pacifiques". Ils joueront aussi sur le fait que, quelque soit le pays, rien n’est jamais parfait et qu’il y a toujours des revendications à satisfaire. Ils les reprendront à leur compte afin qu’une partie de la population se sente des points communs avec eux.


Partant de là, ils organiseront d’autres "manifs". Et ils le feront de telle façon qu’il y ait à nouveau des morts. Et plus il y aura de morts et plus la contestation grandira, et plus elle grandira et plus il y aura des morts, etc. selon le principe d’une boule de neige qu’on fait rouler sur le sol enneigé et qui grossit, qui grossit.


Et, si tout se passe bien, le régime finira par tomber.


Et si cela se passe mal, il faudra une intervention militaire extérieure comme en Libye actuellement.


Voici un article qui explique comment envahir un pays en donnant l’impression que c’est à sa demande :

http://mai68.org/spip/spip.php?article2461


Les révolutions colorées expliquées par un ancien agent de l’impérialisme :

http://mai68.org/spip/spip.php?article910


Il va de soit qu’en plus de ces techniques, la CIA n’hésite pas à acheter des proches du régime à abattre ou des militaires, etc. afin qu’ils trahissent ou fassent défection. Comme en Libye en ce moment-même.


Remarque : Il ne faut évidemment pas confondre les "révolutions" provoquées par l’impérialisme dans divers pays, et qui, dans le cas par exemple de la Libye, sont en fait des contre-révolutions, avec de vraies révolutions spontanées telles celles de Tunisie ou d’Égypte ou de Barhein ou d’ailleurs, et que l’impérialisme fait tout pour réprimer.

 

 

 

 


http://mai68.org/spip/spip.php?article2532

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 02:01

La banqueroute ou la guerre ?

 

C’est connu depuis la nuit des temps : rien de tel qu’une bonne guerre pour relancer l’économie. De là à se demander si notre amour soudain pour les Libyens est vraiment désintéressé, il n’y a que l’amble d’un Cheval de Troie…

 

L’année avait plutôt bien commencé puis, très vite, les choses ont tourné à l’aigre. D’abord le cataclysme au Japon, dont les fragrances radioactives ne tarderont plus à nous rattraper, puis maintenant la Libye, pour laquelle l’Occident feint de découvrir que le “Guide suprême” n’est pas seulement un priapique cocaïnomane, mais aussi un dictateur sanguinaire. Depuis la Suisse, cela donne envie de rire, quoique la présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, doive plutôt grimacer en se souvenant combien son pays était isolé, il y a encore une année, alors qu’il avait affaire aux menaces de Kadhafi suite à l’arrestation de son ivrogne de fils à Genève quelques mois auparavant. Un Kadhafi qu’il était alors de bon ton de soutenir dans la communauté internationale, et peut-être même, pour le président Sarkozy, d’en obtenir le soutien financier pour sa campagne électorale.

Mais l’amiral Mullen, chef d’état-major US, a déjà prévenu, à moins qu’il s’agisse de préparer le terrain : « On ne sait pas où l’on met les pieds, et le conflit pourrait bien s’enliser », tout en essayant de nous rassurer : « Notre objectif n’est pas de chasser Kadhafi du pouvoir. »(1) On imagine bien en effet qu’une opération baptisée Aube de l’Odyssée cache des objectifs un peu plus considérables que de mettre à la retraite l’instigateur des soirées Bunga-bunga [Silvio Berlusconi et ses partouzes NDLR].

Thierry Meyssan voit assurément juste quand il écrit que « les frappes françaises sur la Libye ne sont pas une opération française, mais une sous-traitance placée sous l’autorité de l’US AfriCom. Elles n’ont pas pour objet de secourir les populations civiles libyennes, mais elles prétextent de la situation pour ouvrir la voie au débarquement des forces étatsuniennes sur le continent africain. »(2)

Dans une récente analyse (3), Pierre Hillard nous rappelle que « les grands événements sont toujours le fruit des actions d’une élite » et que « les masses ont toujours été utilisées comme instrument en faveur d’une politique bien définie. » L’auteur de La marche irrésistible du Nouvel ordre mondial (4) explique comment la trame de fond à « l’origine de tous ces événements » réside dans le développement du Nouvel ordre mondial qui n’est plus seulement une idéologie, mais une mystique.

Banqueroute des États-Unis

Bill Gross, gestionnaire du plus important fonds d’investissement au monde, Pimco, a annoncé le 10 mars dernier qu’il s’était débarrassé de tous ses Bons du Trésor. Il faut se souvenir que les Bons du Trésor sont la plus grande bulle de ces cent dernières années. Ils sont considérés par les spéculateurs comme une assurance-vie gratuite et qui rapporte tout de suite et très gros.

Depuis novembre 2010, la Fed a racheté auprès des banques d’affaires plus de 70 % des Bons du Trésor aux Etats-Unis. Elle continue d’en racheter mensuellement 100milliards et devrait, d’ici juin 2011, en détenir pour 800milliards de dollars.

Si Pimco fait savoir aujourd’hui qu’il y a tout à perdre à collaborer avec l’État américain et qu’il convient de se débarrasser avec urgence des Bons du Trésor US, c’est qu’elle prévoit que les cours des obligations d’État US vont s’effondrer avant l’été prochain. Que cela entraînera une contraction de l’économie qui peut mener le pays à l’éclatement monétaire par l’hyperinflation, à la récession et au chômage de masse. En clair, la banqueroute des États-Unis.

Barack Obama, Tim Geithner, son Secrétaire d’État aux Finances, et Ben Shalom Bernanke, le Directeur de la Fed, ont engraissé les banques et leur ont permis de fusionner, de s’agrandir afin de devenir “too big to fail ” (trop grande pour faire faillite). Les banques peut-être, les Etats-Unis c’est moins sûr. A moins que la guerre…

 

Clovis Casadue, pour FLASH

Publié  sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

1. NBC, le 20 mars 2011

2. « Washington regarde se lever l’aube de l’odyssée africaine » Réseau Voltaire, le 19 mars 2011

3. « Le nouvel ordre mondial à l’assaut de l’Islam » Mecanopolis, le 18 mars 2011

4. « La marche irrésistible du nouvel ordre mondial », Editions François-Xavier de Guibert

 

http://www.mecanopolis.org/?p=22836

 

Article placé le 23 mar 2011, par Flash

Par Eva R-sistons

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