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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 04:40

http://sarkopitheque.files.wordpress.com/2008/09/afrique.jpg

 

 

 

Côte d'Ivoire :

 

Les liens à lire pour comprendre ce qui s'y passe réellement,

 

suivi des guerres coloniales de la France, ingérence en Afrique

 


 

 

Côte d'Ivoire : Les massacres d'Ouattara et de la France...

 

La france en Afrique de la mission civilisatrice à la guerre des civilisations

 

Négationnisme, révisionnisme ? La France nie ses responsabilités, ses choix

 

L'ex-ministre de l'Intérieur de Gbagbo est mort - éliminé ???

 

Côte d’Ivoire : Ces documents qui accablent la France - Françafrique

 

Côte d’Ivoire : Ouattara et le nettoyage ethnique qui commence

 

L'Iran en Afrique

 

Antisémitisme des rebelles libyens et des soutiens d'Ouattara ? (Juif.org)

 

Gbagbo arrêté, répression sanglante contre ses partisans (Atlas alternatif)

 

Comment l'Occident humilie un Chef d'Etat qui ne lui plaît pas (Côte d'Ivoire)

 

 

 

 

et aussi :

 

 Les tortures infligées par les "bons" Américains à ceux qui dévoilent leurs atrocités


 

 

 

 


La colonisation française se poursuit…La colonisation française se poursuit…

La France de Sarkozy poursuit sa colonisation de l’Afrique et du monde arabo-musulman…


Le retour de l’Empire colonial français semble être une des ambitions de Sarkozy, croyant sans doute, améliorer sa cote dans les sondages, voire laisser une trace dans l’Histoire ! Ainsi, malgré tout ce que l’on veut bien nous raconter, c’est bien l’armée française qui a participé, directement ou indirectement, à l’arrestation du président Laurent Gbagbo et de sa famille, dans son palais présidentiel à Abidjan. Laurent Gbagbo a longtemps été un protégé de Paris, dans le cadre bien connu que l’on appelle la Françafrique. Il aura du cesser de plaire ou de se soumettre à Paris et on a alors voulu nous faire croire que le véritable vainqueur de l’élection présidentielle en Côte-d’Ivoire était Alassane Ouattara, l’homme du FMI, soutenu par Obama et par la France.

Ne soyons pas naïfs ! Dans quel pays de la Françafrique, les élections se déroulent-elles normalement, sans trucage, avec l’Ambassadeur de l’ancienne puissance coloniale dans les coulisses, pour veiller à ce que « l’élu » continue à bien servir les intérêts français ? Nous pourrions citer l’exemple du Gabon où le fils Bongo a succédé à son père dans le cadre d’élections pour le moins contestables. Mais, Bongo servant fidèlement les intérêts français, il n’y a pas eu de campagne orchestrée contre lui et encore moins d’intervention militaire avec ou sans mandat onusien.

Nous n’allons pas nous étendre sur les causes de la disgrâce de Gbagbo. Peut-être a-t-il eu envie de se rapprocher de la Chine dont la présence en Afrique se heurte de plus en plus aux intérêts français. Cette Chine qui n’a jamais colonisé un pays africain, bénéficie d’un à priori souvent favorable auprès de nombreux Africains. Les vraies causes seront connues ultérieurement. En attendant, il y a les faits. L’armée de l’ancienne puissance coloniale est intervenue militairement pour chasser un dirigeant africain et le remplacer par un autre, ayant le soutien de Paris et de Washington. Ce n’est pas la première fois (voir notre précédent article consacré aux interventions militaires françaises en Françafrique), mais cette fois, on a l’impression qu’un nouveau pas a été franchi.

Tout au long de cette affaire, on a pu sentir dans la classe politique française, un climat ouvertement colonialiste. Droite et Gauche ont retrouvé la même unanimité d’autrefois quand « l’ordre colonial » se maintenait avec la canonnière. Cette unanimité de la Droite et de la Gauche dans le soutien des récentes agressions contre l’Afghanistan, la Libye et la Côte d’Ivoire signifie un resserrement des rangs occidentaux (y compris en France) autour de ce qui semble être la nouvelle doctrine : une reconquête directe des zones utiles de l’Afrique et du monde arabo-musulman, c'est-à-dire les régions renfermant des matières premières. A ces zones, il faut ajouter les voies d’approvisionnement nécessaires pour les Etats-Unis et pour l’Occident. Cette stratégie suppose des dirigeants locaux totalement soumis et n’étant jamais tentés de changer de « patrons » ou de clients (comme il semble que ce fut le cas de Gbagbo avec la Chine). Le sort de ce dernier est aussi un avertissement à tous les autres dirigeants africains… Elle implique aussi un remodelage du continent ; les nouvelles frontières, les vraies, seront celles dessinées par les multinationales, avec milices locales et sociétés privées de mercenaires pour sécuriser l’extraction et l’acheminement des matières premières. Le reste du continent, vide de richesses intéressant l’Occident sera voué à un sort comparable à celui de la Somalie, déchirée par les factions.

Obama, embourbé en Afghanistan et en Irak, a laissé le premier rôle, dans certaines limites, à Sarkozy. C’est à la fois le flatter et lui tendre un piège. Le flatter parce que les spécialistes de la CIA qui l’ont façonné, connaissent bien le personnage travaillé par ce désir de revanche sociale qui taraude toujours les parvenus. Mais, c’est aussi lui tendre un piège : éliminer le peu de sympathie que garde la France en Afrique pour contribuer à la chasser et ensuite, si nécessaire, s’entendre avec les Chinois. Après tout, entre puissants, on finit toujours par s’entendre aux dépens des serviteurs !

Pour les peuples africains et arabes, le message doit être clair. La guerre déclarée par l’USraël et par l’Occident pour le pillage de leurs richesses va s’accentuer. Cette guerre, malgré ci et là quelque mandat onusien, sera, de plus en plus, une guerre de reconquête directe de l’Occident par milices et forces d’intervention interposées, avec son cortège de réfugiés et de populations déplacées dans des états voués à la partition et à l’émiettement. Les peuples arabes et africains savaient déjà à quoi s’en tenir en ce qui concerne les Etats-Unis, une puissance impérialiste et agressive aux mains d’un lobby sioniste et d’un complexe militaro-financier que l’aventurier politique Obama a tenté, en vain, de rendre plus présentable. La France, pour des raisons historiques et affectives diverses, gardait encore une image relativement meilleure. Là aussi, Sarkozy a bradé le peu qui nous restait, pour servir les intérêts du complexe financier mondialiste qui, comme c’est curieux, ne comprend en son sein que des sionistes. Une coïncidence sans doute !


Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste
 

 

http://www.partiantisioniste.com/communications/la-france-de-sarkozy-poursuit-sa-colonisation-de-l-afrique-et-du-monde-arabo-musulman-0682.html

 

 

 


France : Un demi-siècle d’ingérence militaire en Afrique…France : Un demi-siècle d’ingérence militaire en Afrique…

France : Un demi-siècle d’ingérence militaire en Afrique…


La France de Sarkozy a trouvé un nouveau stratagème : celui de signer une vingtaine d’accords de défense et de coopération avec ses anciennes colonies africaines, légitimant ainsi toute intervention militaire de sa part, sous couvert de venir en aide à ses ressortissants. Bref, il s’agit ici d’un post-colonialisme bien adapté aux circonstances régionales internationales de notre époque !

En l’espace d’un demi-siècle, l’armée française est intervenue près de quarante fois sur le sol africain. Ces opérations ont été des coups de force, devenus des symboles d’une certaine France-Afrique en kaki. Pourtant, le président Sarkozy a dit vouloir tourner la page en déclarant que « les temps ont changé et que la France n'a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique ». Seulement voilà, l’histoire contemporaine de la France en Afrique en témoigne autrement. Ainsi, un simple coup d’œil sur les interventions militaires françaises dans le continent africain révèle que leur principal objectif est de décider qui doit rester au pouvoir et qui doit partir pour préserver leurs intérêts face à la concurrence des pays asiatiques ou russes.

Quelques exemples : l’opération Tacaud au Tchad avait pour but de contrer l'avancée du Frolinat (Front national de libération du Tchad) de Goukouni Oueddei (Weddeye). L’opération Barracuda en Centrafrique a destitué le président Bokassa pour le remplacer par David Dacko et l’opération Manta au Tchad a mobilisé 4 000 soldats français pour soutenir le président Hissène Habré face aux rebelles de Goukouni Oueddei !


Principales interventions militaires françaises en Afrique :


‣ 1961 : Opération Bouledogue (transformée en opération «Charrue longue») : pour le maintien de la base militaire navale de Bizerte en Tunisie.

‣ 1964 : Rétablissement du président Léon M'ba dans ses fonctions après le putsch d’une partie de l’armée au Gabon.

‣ 1968-1972 : Opérations Limousin et Bison contre la rébellion du Tibesti au Tchad : L’armée française enregistre des pertes importantes : 39 tués dans les rangs français durant l’opération «Limousin» ainsi qu’une centaine de blessés.

‣ 1978 : Opération Bonite : soutien au maréchal Mobutu contre la rébellion du Shaba (Zaïre).
 
‣ 1978-1980 : Opération Tacaud (voir carte) au Tchad : contre l'avancée du Frolinat (Front national de libération du Tchad) de Goukouni Oueddei (Weddeye).
 
‣ 1979-1981 : Opération Barracuda en Centrafrique : destitue le président Bokassa et replace David Dacko au pouvoir.
 
‣ 1983 : Opération Manta au Tchad : 4 000 soldats français mobilisés en soutien au président Hissène Habré face aux rebelles de Goukouni Oueddei (Weddeye).
 
‣ 1986 : 150 parachutistes français débarquent en renfort au Togo suite à une tentative de coup d'État contre le président Gnassingbé Eyadéma.

‣ 1989 : Opération Oside aux Comores : après l’assassinat du président Ahmed Abdallah et la prise de contrôle du pays par les mercenaires de Bob Denard.
 
‣ 1990-1993 : Mission Noroit au Rwanda : pour protéger le régime du président Juvénal Habyarimana contre une attaque des rebelles du Front patriotique rwandais.

‣ 1992-1993 :
Opération Oryx en Somalie (en mission avec l'ALAT, témoignage de Jean-Luc Brissau, pilote d'hélicoptère) : l'opération sera placée ensuite sous le commandement américain de la mission Restore Hope.
 
‣ 1993 : Opération Chimère et Volcan : formation de l’armée rwandaise.
 
‣ Juin 1994 : Opération Turquoise : l’armée française face au génocide rwandais. Enquête, contre-enquête, plaintes contre l’armée française... Seize ans après le génocide rwandais, le rôle de l’armée française au Rwanda est toujours un sujet de controverse. D’une part, parce qu’avant le génocide et en vertu des accords de coopération militaire signés avec le Rwanda, la France avait formé, entraîné et équipé une partie de l’armée rwandaise qui se retrouvera au printemps 1994 impliquée dans les massacres de Tutsis et de Hutus modérés et d’autre part, parce que l’intervention française, à la demande de l’ONU, n’a débuté que le 22 Juin 1994, soit deux mois et demi après le début des massacres à grande échelle.
 
‣ 1995 : Opération Azalée aux Comores : Bob Denard et ses mercenaires ont renversé le président Saïd Mohamed Djohar. L'armée française neutralise Bob Denard, le ramène en France où il est emprisonné.
 
‣ 1996-2007 : Opération Aramis au Cameroun : soutien de l’armée camerounaise en lutte contre le Nigeria pour le contrôle de la presqu’ile pétrolière de Bakassi.
 
‣ 2002 : Début de l'opération Licorne : force de maintien de la paix, en Côte d’Ivoire suite à une rébellion qui menace le pouvoir du président Laurent Gbagbo. Cette intervention précède les accords de Marcoussis entre les forces politiques ivoiriennes, en janvier 2003.
 
‣ 2003 : Opération européenne Artemis dans l’est de la RDC.
 
‣ 2004 : Destruction des aéronefs de l’armée ivoirienne après le bombardement de Bouaké dans lequel 9 soldats de la force Licorne vont trouver la mort et 35 autres seront blessés, évacuation des ressortissants français. Les soldats tirent sur la foule lors de manifestations anti-françaises. L'opération «Licorne» est également entachée par l'affaire Firmin Mahé.
 
‣ 2006 : Soutien à l’armée tchadienne face aux rebelles (dispositif Épervier) : l’aviation française effectue un tir de semonce devant une colonne rebelle à 250 km de Ndjamena.
 
‣ 2008 : Protection de l’aéroport de Ndjamena et évacuation des ressortissants français du Tchad, échange de tirs entre l’armée française et les rebelles près de l’aéroport.
 
‣ 2008 : Soutien logistique à l’armée djiboutienne à la frontière érythréenne.
 
‣ 2011 : L'année de l'ingérence française en Afrique où, en Libye et en Côte d'Ivoire, la France tente d'imposer ses règles dans le jeu des grandes puissances occidentales !


http://www.partiantisioniste.com/actualites/france-un-demi-siecle-d-ingerence-militaire-en-afrique-0679.html

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 04:25

   Libye: Non à l'engrenage militaire ! Lettre au Président, Appel à signer

 

cartoon-peace-mcdonald honduras

 

 

Prendre du recul, par rapport aux évènements immédiats, c’est percevoir nettement les deux politiques convergentes de la nomenklatura de l’Empire. Prenant en tenaille l’Humanité, avec le support de ses énormes moyens technologiques : militaires, instruments financiers et monétaires, propagande/NTIC (avec ses sous-produits : désinformation & abrutissement). Accentuées, dans une accélération vertigineuse, par l’absence d’un « Monde Multipolaire », depuis 1989…

 

L’une, celle de la prédation des richesses, ressources, patrimoines, des peuples et pays qu’il asservit dans un néocolonialisme implacable, assisté des régimes qu’il se choisit.

 

Dans la négation d’un Droit International privilégiant la négociation, la concertation, la coopération, la paix, en lieu et place de la violence du langage et de l’action : diabolisation - sanction – bombardement – destruction - pillage.

 

La France en donne le plus récent et cynique exemple en Côte d’Ivoire. Pillée depuis des décennies, sans discontinuer, quels que soient les partis au gouvernement français, jusqu’à ses services publics (entièrement privatisés pour le compte des groupes français), son transport maritime, son commerce extérieur, etc. A présent, précipitée dans la guerre civile parce que Gbagbo exprimait des velléités de changer de « parrain ».... (Note d'eva: Chinois, en remplacement. Exactement comme pour Gbabgo, voir précédent article)

 

L’autre, celle de la spoliation de ses propres concitoyens dans le détournement de la richesse nationale au seul profit de la caste au pouvoir.

 

Abyssale régression de l’Empire, tous pays occidentaux confondus, dans un régime archaïque, qui est celui de la Ploutocratie, le gouvernement des riches pour les riches (dont les revenus ont augmenté de 25 % en moyenne l’an passé), avec ses seconds couteaux, ses mandarins, ses courtisans et sa domesticité.

 

En interaction avec l’affaissement de la philosophie et de l’éthique (cf. les intellectuels réactionnaires), de la justice sociale et économique (démantèlement de tous les systèmes de redistribution de la richesse collective dans la solidarité), des libertés publiques (paranoïa sécuritaire).

 

Avec, en corollaire, le développement exponentiel de la corruption à haut niveau via les paradis fiscaux : poids déterminant, dans le formatage de nos législations (ou absence de législations…) y compris européennes, des lobbies de l’armement, de la finance, de la grande distribution, de l’industrie chimie-pharmacie, de l’industrie de l’addiction (alcool-tabac-jeu), etc.

 

Evidemment, par ses excès, ce système inique porte en lui-même son inéluctable destruction, ne serait-ce que par effet d’entropie. Le problème c’est qu’il est adossé à un complexe militaro-industriel démesuré, prêt à tous les extrêmes pour ne pas perdre son rôle dominateur… Comme dans un jeu de l’Oie mortifère, pourra-t-on éviter la case « Guerre Mondiale » avant la refondation de nos sytèmes de gestion collective fondés sur un Contrat Social entre citoyens, ou devra-t-on y passer ?...

 

Apparaît, en filigrane, l’incapacité de nos institutions à générer des gouvernements conscients de ces enjeux. Ne sont au pouvoir que des personnalités aux pathologies mégalomaniaques et paranoïaques évidentes. Se cooptant dans les chamailleries de leurs egos délirants, niant la réalité dans le mensonge et le cynisme, pour la satisfaction urgente de leur narcissisme...

 

Nous sommes encore dans la préhistoire de l’Humanité…

 

Ce qui ne doit pas pour autant nous empêcher, du haut de notre arbre, en bon bonobo de lutter pour un monde meilleur !...

 

 

 

Commentaire de cet article : 

 

http://stanechy.over-blog.com/article-bellicisme-imperial-canonniere-mensonge-et-video-70426194-comments.html#anchorComment

 

 

 

A lire :

 

Pétrole Libyen : Les US Veulent Le Récupérer De La Chine

 

Kadhafi a osé défier Américains et Européens : Il le paie

 

L'objectif, en Libye, est-ce le pétrole ou le système bancaire ?

 

La Libye et la nouvelle doctrine stratégique US. Guerre sous-traitée

 

Libye : Sarkozy n’exige plus le départ immédiat de Kadhafi

 

Libye: Le monde émergent ne suit plus. Fin de la domination anglo-saxonne de la diplomatie mondiale ?

 

L'intervention occidentale en Libye en passe de provoquer une "somalisation" du pays

 

Libye : Non à l'engrenage militaire ! Signez l'appel en ligne

 

Chut ! La vie suit son cours normal dans plusieurs régions de la Libye

 


 

 

Et aussi :

 

 

La base secrète de Pine Gap au coeur de l'Australie : Qu'y fait-on ?

 

L'ONU : Ce qu'elle est réellement (Comité Valmy). Introduction d'eva R-sistons

 

Derrière les victoires apparentes se profile la déroute des valets de l'Empire

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 04:22



19 avril 11

Libye : L’Alliance atlantique installe une «salle opérationnelle conjointe » avec le Cnt de Bengazi
L’OTAN manque de bombes. Autres armes et avions pour la guerre

 

par Manlio Dinucci

 

Le général Abdul Fatah Younis


Mustapha Abdul Jalil, qui, il y deux mois encore, était ministre de la justice de Kadhafi, est aujourd’hui en visite officielle à Rome où, en costume de « président du conseil national de transition libyen », il rencontre le ministre des affaires étrangères Franco Frattini et le président du conseil Silvio Berlusconi, et sera reçu par le président de la république Giorgio Napolitano. Ce qui intéresse le plus Jalil est ce que Frattini lui a promis à la récente réunion du « Groupe de contact » à Doha : « Des armes mais aussi des instruments de communication et des appareils pour l'interception des communications radio du régime ».

Le général Abdul Fatah Younis, chef d’une tribu de la Cyrénaïque qui était, jusqu’à il y a deux mois, ministre de l’intérieur de Kadhafi et qui est maintenant à la tête des forces anti-Kadhafi, a déclaré dans une interview à Al Arabiya que ses forces « reçoivent des armes », même s’il n’a pas spécifié de qui. L’émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa al -Thani, l’a dit, en déclarant à CNN avoir envoyé des fournitures d’armes aux rebelles. Ces derniers jours de nombreux containers d’ « aides humanitaires » sont arrivés à Bengazi, du Qatar. Qui, rappelle le New York Times, a déjà reconnu, avec l’Italie et la France, le conseil de Bengazi comme « gouvernement légitime de la Libye ».

Le vice-président du conseil de Bengazi, Abdul Hafidh Ghoga, a dit avoir demandé des instructeurs étrangers pour l’utilisation des armes, et le porte-parole Mustapha Gheriani a expliqué que des « centres professionnels d’entraînement » ont été ouverts. Dans une conférence de presse à Bengazi, samedi dernier, Ghoga avait déclaré que « les forces de l’OTAN et les rebelles [avaient] équipé une salle opérationnelle conjointe », pour coordonner les opération terrestres avec les attaques aériennes effectuées par l’OTAN.

Du 31 mars jusqu’à aujourd’hui le Commandement  de la force conjointe alliée, dont le quartier général est à Naples, a effectué plus de 3.000 incursions aériennes en Libye, 150 par jour en moyenne. Les attaques sont menées, pour la moitié environ par des chasseurs-bombardiers français et britanniques, pour le reste par des  avions belges, danois, norvégiens et canadiens ; un quart des incursions est effectué par des avions étasuniens, avec mission prévalente d’individualiser les objectifs et interrompre les télécommunications ennemies. A ce sujet cependant, écrit le Washington Post, émergent « les limites des pays européens de l’OTAN à soutenir une action militaire relativement petite pour une période étendue » : les bombes à commande laser se raréfient, et les bombes étasuniennes ne sont pas utilisables par les avions français et britanniques. Des fonctionnaires du Pentagone prévoient du coup qu’il faudra de nouveau employer aussi, pour les bombardements, des avions étasuniens, y compris les A-10 Thunderbolt et AC-130 Specter : ceux dont les canons tirent des milliers de projectiles à la minute (en majorité à uranium appauvrir).

Et, démentant la « réticence » du gouvernement italien à utiliser des avions pour bombarder, un haut fonctionnaire étasunien, cité par le Washington Post, déclare : « Il est probable que l’Italie fournisse des avions pour des missions d’attaque au sol ».

 

Edition de mardi 19 avril de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110419/manip2pg/08/manip2pz/301615/

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24394

 

 


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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 04:08

 

 


Bahreïn : Sayed Hadi al-Musawi, membre du parti de l’opposition Al-Wefaq, suspend sa participation au Parlement.Bahreïn : Sayed Hadi al-Musawi, membre du parti de l’opposition Al-Wefaq, suspend sa participation au Parlement.

Bahreïn : La tornade !


La situation en Libye et en Côte d’Ivoire a malheureusement occulté la gravité de la situation à Bahreïn : plus de 30 tués depuis le début de la contestation populaire courant avril, et 4 détenus morts de façon suspecte dans les prisons du Royaume. En fait, tout indique qu’ils ont été assassinés ou ont succombé à la torture.

Les partis politiques d’opposition sont obligés de se dissoudre ou bien sont interdits. Le principal d’entre eux, le parti Al-Wefaq est dissous alors qu’il représente 18 sièges sur 40 au Parlement. Cette répression est menée par les forces policières et militaires locales, composées souvent d’éléments étrangers à Bahreïn, naturalisés pour servir de mercenaires. Mais, c’est surtout l’intervention de l’armée saoudienne et des forces de police émiraties qui permet au régime en place de se maintenir en place. Il s’agit donc d’une répression ouverte conduite par un régime soutenu par l’étranger contre l’immense majorité de son peuple et de l’instauration d’une dictature qui assassine ses opposants.

Le ministre iranien des Affaires étrangères M. Ali Akbar Salehi a demandé au Secrétaire Général des Nations Unies l’intervention du Conseil de Sécurité. On attend la réponse mais on peut déjà l’imaginer : une fin de non-recevoir. Pourtant, pour les mêmes raisons (du moins, les raisons officielles), la Libye subit une agression depuis un mois environ, avec des frappes dites « humanitaires » qui n’épargnent pas la population civile, et cela avec mandat des Nations Unies ! Le même traitement est de plus en plus suggéré pour la Syrie, certains prônant une intervention toujours « humanitaire ».

Mais dans nos médias, pas un mot sur la répression qui frappe la population bahreïnie et l’instauration d’une dictature militaro-policière avec le concours d’armées étrangères (Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis). Nous avons expliqué l’importance exceptionnelle de la révolution qui se déroule à Bahreïn (voir notre article : Révolution à Bahreïn : Le déluge de l’Occident ! ). C’est la première et la seule révolution dans un pays arabe qui a fait l’objet d’une intervention militaire étrangère aussi rapide que musclée et dont on voit les conséquences (répression et dictature).

Les médias français, unanimes à soutenir les agressions israéliennes, américaines et occidentales font silence sur la répression à Bahreïn. Et quand il leur arrive d’en parler, c’est pour présenter la situation comme un conflit sunnites / chiites. Diviser les musulmans est une méthode, depuis longtemps, utilisée par l’USraël. D’ailleurs, certains rêvent d’une guerre opposant ces deux versants de l’Islam par Arabie saoudite et République Islamique d’Iran interposées. D’où les accusations infondées portées contre l’Iran, l’accusant d’être à l’origine des manifestations à Bahreïn. Le but est évident, il s’agit d’étouffer les mouvements révolutionnaires dans les pays arabo-musulmans, en les dévoyant vers une guerre extérieure contre l’Iran. C’est le plan de Tel-Aviv et de Washington, avec le soutien de la monarchie saoudienne.

Bahreïn est donc l’épicentre des révolutions arabes en cours. C’est à Bahreïn que se concentrent toutes les contradictions de la région : l’opposition entre sa population et un régime aux ordres de l’USraël, la stabilité de toute la zone du Golfe, source d’approvisionnement en pétrole et surtout en pétrodollars pour tout le système bancaire occidental, sa position géostratégique face à l’Iran avec la base de la flotte nord-américaine…

Tout cela explique la rapidité et la brutalité de l’intervention saoudienne. Les situations réellement révolutionnaires, comme à Bahreïn, ont toujours pour conséquence de permettre une clarification nécessaire que, souvent, les périodes calmes tendent de masquer. Aujourd’hui comme hier, il n’y a que deux camps: d'un côté celui de l’USraël et ses alliés, telles les monarchies pétrolières du Golfe, et de l'autre les peuples qui ont rejoint le Front de la Résistance. Toute autre prétendue troisième voie ne serait que la voie de la trahison dont le donneur d’ordre se situe à Tel Aviv. Et si les vraies révolutions arabes ne faisaient que commencer ?


Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste

 

 

http://www.partiantisioniste.com/communications/bahrein-la-tornade-0684.html

 

Lire aussi :

 

 Bahreïn: La formation des forces de sécurité par le Mossad et autres infos non alignées

 

 


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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 01:41
http://san.lifepole.com/lifepole.com//articles/images/lp1kAaEYv7bZhY.jpg
Preuve que Gbagbo a bel et bien été arrêté
par les forces spéciales françaises
 
 

La vérité est dans l’instant, c’est-à-dire quand le mensonge n’a pas encore eu le temps d’être fabriqué, ni la censure d’entrer en action. Justement, une dépêche Reuters, célèbre agence de presse américaine peu soupçonnable d’être complice de Gbagbo, a annoncé le lundi 11 avril 2011 à 15h41 que Gbagbo a été arrêté par les forces spéciales françaises. Et ce ne sont pas des hommes de Laurent Gbagbo qui le lui avaient signalé, mais des hommes de Ouattara !

Cette dépêche est encore consultable sur le site de Reuters ici :


http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE73A0DU20110411

Extrait :

Un autre porte-parole du camp Ouattara, Hervé Cohx, basé à Paris, a précisé que Laurent Gbagbo avait été emmené à l’hôtel du Golf, QG des forces du vainqueur reconnu de l’élection présidentielle du 28 novembre.

"Je vous confirme l’arrestation de Gbagbo qui se trouve actuellement à l’hôtel du Golf", a-t-il confié à Reuters. "Il a été arrêté par les forces françaises qui l’ont remis aux forces républicaines".

Vous pouvez aussi cliquer sur l’image de Gbagbo en haut à gauche de la page Reuters dont je vous ai indiqué le lien ci-dessus. Vous trouverez le commentaire suivant :

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo a été arrêté lundi par les forces spéciales françaises et a été remis à des chefs de la rébellion.

Voilà. À la télévision française, depuis quelques heures ils n’arrêtent pas de faire une propagande des plus horribles. Ils accusent Gbagbo des pires crimes. Ils ont déjà commencé à l’accuser de crimes commis en fait par Ouattara.


Je viens d’entendre par exemple Christiane Taubira, qui est pourtant loin d’être la pire, parler d’un journaliste qui enquêtait sur le cacao et qui avait disparu sous le "régime" Gbagbo. Elle oublie seulement que c’est Ouattara qui spécule sur le cacao en volant les Ivoiriens (*), et que c’est donc lui qui avait un mobile pour le faire disparaître. Ouattara tenait tout le nord du pays sous la terreur des Tontons Macoutes du génocideur de Duékoué (**) Guillaume Soro, devenu premier ministre par la grâce du Sarkonazi.


La télé-propagande française nous dit aussi que ce sont les hommes de Gbagbo qui prétendent que ce sont les Français qui ont arrêté le président Gbagbo. La télé française dit que c’est leur intérêt de dire cela. Mais, par cette dépêche Reuters en date du lundi 11 avril 2011 à 15h41, et dont j’ai donné le lien ci-dessus, on apprend que les hommes de Ouattara le disaient aussi au moment où Reuters les avait contactés, c'est-à-dire avant la fabrication d'un mensonge qui sera présenté comme la vérité officielle dans le spectacle.


Notes :

(*) C’est Ouattara qui spécule sur le cacao au dépend des ivoiriens :

 


http://mai68.org/spip/spip.php?article2661

(**) Le génocide de Duékoué :

http://mai68.org/spip/spip.php?article2556

http://mai68.org/spip/spip.php?article2554

http://mai68.org/spip/spip.php?article2563

http://mai68.org/spip/spip.php?article2594

 

 

 

Française, Français, on vous ment.

Qu’on vous mente, ce n’est certes pas nouveau ; mais, ce qui n’est pas nouveau non plus, c’est que vous croyez tout ce que la télévision vous raconte.

J’en veux aussi beaucoup aux Français Blancs pour leur absence quasi-totale à la grande manif antiguerre du samedi 9 avril 2011 à la Bastille à Paris :

http://mai68.org/spip/spip.php?article2673


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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 15:28

 

8 avril 2011

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Quels sont les véritables objectifs des Etats-Unis ? A ce stade de notre réflexion, plusieurs indices permettent déjà d’écarter définitivement la thèse de la guerre humanitaire ou de la réaction impulsive face aux événements. Si Washington et Paris ont délibérément refusé toute négociation, s’ils ont « travaillé » depuis un bon moment l’opposition libyenne et préparé des scénarios détaillés d’intervention, si les porte-avions se tenaient depuis longtemps prêts à intervenir (comme l’a confirmé l’amiral Gary Roughead, chef de l’US Navy : « Nos forces étaient déjà positionnées contre la Libye », Washington, 23 mars), c’est forcément que cette guerre n’a pas été décidée au dernier moment en réaction à des événements soudains, mais qu’elle avait été planifiée. Parce qu’elle poursuit des objectifs majeurs qui dépassent largement la personne de Kadhafi. Lesquels ?

Voir la partie 1

Les objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole
 

Dans cette guerre contre la Libye, Washington poursuit plusieurs objectifs simultanément : 1. Contrôler le pétrole. 2. Sécuriser Israël. 3. Empêcher la libération du monde arabe. 4. Empêcher l’unité africaine. 5. Installer l’Otan comme gendarme de l’Afrique.
Ca fait beaucoup d’objectifs ? Oui. Tout comme lors des guerres précédentes : Irak, Yougoslavie, Afghanistan. En effet, une guerre de ce type coûte cher et comporte des risques importants pour l’image des Etats-Unis, surtout quand ils ne parviennent pas à gagner. Si Obama déclenche une telle guerre, c’est qu’il en attend des gains très importants.
 

Objectif n° 1 : Contrôler l’ensemble du pétrole

 

Certains disent que cette fois, ce n’est pas une guerre du pétrole, car les quantités libyennes seraient marginales dans la production mondiale et que, de toute façon, Kadhafi vendait déjà son pétrole aux Européens. Mais ils ne comprennent pas en quoi consiste la « guerre mondiale du pétrole »…
Avec l’aggravation de la crise générale du capitalisme, les grandes puissances économiques se livrent une compétition de plus en plus acharnée. Les places sont chères dans ce jeu de chaises musicales. Pour garantir une chaise à ses multinationales, chaque puissance doit se battre sur tous les fronts : conquérir des marchés, conquérir des zones de main d’œuvre profitable, obtenir de gros contrats publics et privés, s’assurer des monopoles commerciaux, contrôler des Etats qui lui accorderont des avantages… Et surtout, s’assurer la domination sur des matières premières convoitées. Et avant tout, le pétrole.
En 2000, analysant les guerres à venir dans notre livre Monopoly, nous écrivions : « Qui veut diriger le monde, doit contrôler le pétrole. Tout le pétrole. Où qu’il soit. ». Si vous êtes une grande puissance, il ne vous suffit pas d’assurer votre propre approvisionnement en pétrole. Vous voudrez plus, vous voudrez le maximum. Non seulement pour les énormes profits, mais surtout parce qu’en vous assurant un monopole, vous serez à même d’en priver vos rivaux trop gênants ou de les soumettre à vos conditions. Vous détiendrez l’arme absolue. Chantage ? Oui.
Depuis 1945, les Etats-Unis ont tout fait pour s’assurer ce monopole sur le pétrole. Un pays rival comme le Japon dépendait par exemple à 95% des USA pour son approvisionnement en énergie. De quoi garantir son obéissance. Mais les rapports de force changent, le monde devient multipolaire et les Etats-Unis font face à la montée de la Chine, à la remontée de la Russie, à l’émergence du Brésil et d’autres pays du Sud. Le monopole devient de plus en plus difficile à maintenir.
Le pétrole libyen, c’est seulement 1% ou 2% de la production mondiale ? D’accord, mais il est de la meilleure qualité, d’extraction facile et donc très rentable. Et surtout il est situé tout près de l’Italie, de la France et de l’Allemagne. Importer du pétrole du Moyen-Orient, d’Afrique noire ou d’Amérique latine se ferait à un coût bien supérieur. Il y a donc bel et bien bataille pour l’or noir libyen. D’autant plus pour un pays comme la France, la plus engagée dans un programme nucléaire devenu bien hasardeux.
Dans ce contexte, il faut rappeler deux faits. 1. Kadhafi désirait porter la participation de l’Etat libyen dans le pétrole de 30% à 51%. 2. Le 2 mars dernier, Kadhafi s’était plaint que la production pétrolière de son pays était au plus bas. Il avait menacé de remplacer les firmes occidentales ayant quitté la Libye par des sociétés chinoises, russes et indiennes. Est-ce une coïncidence ? Chaque fois qu’un pays africain commence à se tourner vers la Chine, il lui arrive des problèmes.
Voici un autre indice : Ali Zeidan, l’homme qui a lancé le chiffre de « six mille morts civils », qui auraient été victimes des bombardements de Kadhafi, cet homme est aussi le porte-parole du fameux CNT, le gouvernement d’opposition, reconnu par la France. Eh bien, à ce titre, Ali Zeidan a déclaré que « les contrats signés seront respectés", mais que le futur pouvoir « prendra en considération les nations qui nous ont aidés » ! C’est donc bien une nouvelle guerre du pétrole. Mais elle ne se déroule pas seulement contre la Libye…
 
Pourquoi ces rivalités USA – France - Allemagne ?
 
Si la guerre contre la Libye est juste humanitaire, on ne comprend pas pourquoi ceux qui la mènent se disputent entre eux. Pourquoi Sarkozy s’est-il précipité pour être le premier à bombarder ? Pourquoi s’est-il fâché lorsque l’Otan a voulu prendre le contrôle des opérations ? Son argument « L’Otan est impopulaire dans les pays arabes » ne tient pas debout. Comme si lui, Sarkozy, y était tellement populaire après avoir à ce point protégé Israël et Ben Ali !
Pourquoi l’Allemagne et l’Italie ont-elles été si réticentes face à cette guerre ? Pourquoi le ministre italien Frattini a-t-il d’abord déclaré qu’il fallait « défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye » et que « l’Europe ne devrait pas exporter la démocratie en Libye »[1] ? Simples divergences sur l’efficacité humanitaire ? Non, il s’agit là aussi d’intérêts économiques. Dans une Europe confrontée à la crise, les rivalités sont de plus en plus fortes aussi. Il y a quelques mois encore, on défilait à Tripoli pour embrasser Kadhafi et empocher les gros contrats libyens. Ceux qui les avaient obtenus, n’avaient pas intérêt à le renverser. Ceux qui ne les avaient pas obtenus, y ont intérêt.
Qui était le premier client du pétrole libyen ? L’Italie. Qui était le deuxième ? L’Allemagne. Continuons avec les investissements et les exportations des puissances européennes… Qui avait obtenu le plus de contrats en Libye ? L’Italie. Numéro deux ? L’Allemagne.
C’est la firme allemande BASF qui était devenue le principal producteur de pétrole en Libye avec un investissement de deux milliards d’euros. C’est la firme allemande DEA, filiale du géant de l’eau RWE, qui a obtenu plus de quarante mille kilomètres carrés de gisements de pétrole et de gaz. C’est la firme allemande Siemens qui a joué le rôle majeur dans les énormes investissements du gigantesque projet « Great Man Made River » : le plus grand projet d’irrigation au monde, un réseau de pipelines pour amener l’eau depuis la nappe aquifère de la Nubie jusqu’au désert du Sahara. Plus de 1.300 puits, souvent à plus de cinq cents mètres de profondeur qui, une fois tous les travaux terminés, fourniront chaque jour 6,5 millions de mètres cubes d’eau à Tripoli, Benghazi, Syrte et d’autres villes. [2] 25 milliards de dollars qui ont attiré quelques convoitises ! De plus, avec ses pétrodollars, la Libye avait aussi engagé un très ambitieux programme pour renouveler ses infrastructures, construire des écoles et des hôpitaux et pour industrialiser le pays.
Profitant de sa puissance économique, l’Allemagne a noué des partenariats économiques privilégiés avec la Libye, l’Arabie saoudite et les pays du Golfe arabique. Elle n’a donc aucune envie d’abîmer son image dans le monde arabe. Quant à l’Italie, il faut rappeler qu’elle colonisa la Libye avec une brutalité inouïe en s’appuyant sur les tribus de l’ouest contre celles de l’est. Aujourd’hui, à travers Berlusconi, les sociétés italiennes ont obtenu quelques beaux contrats. Elles ont donc beaucoup à perdre. Par contre, la France et l’Angleterre qui n’ont pas obtenu les plus beaux morceaux du gâteau, sont à l’offensive pour obtenir le repartage de ce gâteau. Et la guerre en Libye est tout simplement le prolongement de la bataille économique par d’autres moyens. Le monde capitaliste n’est vraiment pas beau.
La rivalité économique se transpose sur le plan militaire. Dans une Europe en crise et dominée par une Allemagne ultraperformante (grâce notamment à sa politique de bas salaires), la France rompt ses alliances et se tourne à présent vers la Grande-Bretagne pour tenter de rééquilibrer la situation. Paris et Londres ont davantage de moyens militaires que Berlin, et tentent de jouer cette carte pour contrer leur faiblesse économique.
 

Objectif n° 2 : Sécuriser Israël

 
Au Moyen-Orient, tout est lié. Comme Noam Chomsky nous l’a expliqué dans un entretien [3] : « A partir de 1967, le gouvernement US a considéré Israël comme un investissement stratégique. C’était un des commissariats de quartier chargés de protéger les dictatures arabes productrices de pétrole. ». Israël, c’est le flic du Moyen-Orient.
Seulement, le problème nouveau pour Washington, c’est que les nombreux crimes commis par Israël (Liban, Gaza, flotille humanitaire…) l’isolent de plus en plus. Les peuples arabes réclament la fin de ce colonialisme. Du coup, c’est le « flic » qui a besoin d’être protégé. Israël ne peut survivre sans un entourage de dictatures arabes ne tenant aucun compte de la volonté de leurs peuples d’être solidaires des Palestiniens. C’est pourquoi Washington a protégé Moubarak et Ben Ali, et protégera les autres dictateurs.
Les Etats-Unis craignent de « perdre » la Tunisie et l’Egypte dans les années à venir. Ce qui changerait les rapports de force dans la région. Après la guerre contre l’Irak en 2003, qui était aussi un avertissement et une intimidation envers tous les autres dirigeants arabes, Kadhafi avait senti la menace. Il avait donc multiplié les concessions, parfois exagérées, aux puissances occidentales et à leur néolibéralisme. Ce qui l’avait affaiblie sur le plan intérieur des résistances sociales. Quand on cède au FMI, on fait du tort à sa population. Mais si demain la Tunisie et l’Egypte virent à gauche, Kadhafi pourra sans doute revenir sur ces concessions.
Un axe de résistance Le Caire – Tripoli – Tunis, tenant tête aux Etats-Unis et décidé à faire plier Israël serait un cauchemar pour Washington. Faire tomber Kadhafi, c’est donc de la prévention.

 

Objectif n° 3 : Empêcher la libération du monde arabe

 
Qui règne aujourd’hui sur l’ensemble du monde arabe, son économie, ses ressources et son pétrole ? Pas les peuples arabes, on le sait. Mais pas non plus les dictateurs en place. Certes, ils occupent le devant de la scène, mais les véritables maîtres sont dans les coulisses.
Ce sont les multinationales US et européennes qui décident ce qu’on va produire ou non dans ces pays, quels salaires on paiera, à qui profiteront les revenus du pétrole et quels dirigeants on y imposera. Ce sont les multinationales qui enrichissent leurs actionnaires sur le dos des populations arabes.
Imposer des tyrans à l’ensemble du monde arabe a des conséquences très graves : le pétrole, mais aussi les autres ressources naturelles servent seulement aux profits des multinationales, pas à diversifier l’économie locale et à créer des emplois. En outre, les multinationales imposent des bas salaires dans le tourisme, les petites industries et les services en sous-traitance.
Du coup, ces économies restent dépendantes, déséquilibrées et elles ne répondent pas aux besoins des peuples. Dans les années à venir, le chômage va encore s’aggraver. Car 35% des Arabes ont moins de quinze ans. Les dictateurs sont des employés des multinationales, chargés d’assurer leurs profits et de briser la contestation. Les dictateurs ont pour rôle d’empêcher la Justice sociale.
Trois cent millions d’Arabes répartis en vingt pays, mais se considérant à juste titre comme une seule nation, se trouvent donc placés face à un choix décisif : accepter le maintien de ce colonialisme ou devenir indépendants en empruntant une voie nouvelle ? Tout autour, le monde est en plein bouleversement : la Chine, le Brésil et d’autres pays s’émancipent politiquement, ce qui leur permet de progresser économiquement. Le monde arabe demeurera-t-il en arrière ? Restera-t-il une dépendance des Etats-Unis et de l’Europe, une arme que ceux-ci utilisent contre les autres nations dans la grande bataille économique et politique internationale ? Ou bien l’heure de la libération va-t-elle enfin sonner ?
Cette idée terrorise les stratèges de Washington. Si le monde arabe et le pétrole leur échappent, c’en est fini de leur domination sur la planète. Car les Etats-Unis, puissance en déclin économique et politique, sont de plus en plus contestés : par l’Allemagne, par la Russie, par l’Amérique latine et par la Chine. En outre, de nombreux pays du Sud aspirent à développer les relations Sud – Sud, plus avantageuses que la dépendance envers les Etats-Unis.
Ceux-ci ont de plus en plus de mal à se maintenir comme la plus grande puissance mondiale, capable de piller des nations entières et capable de porter la guerre partout où ils le décident. Répétons-le : si demain le monde arabe s’unit et se libère, si les Etats-Unis perdent l’arme du pétrole, ils ne seront plus qu’une puissance de second rang dans un monde multipolaire. Mais ce sera un grand progrès pour l’humanité : les relations internationales prendront un nouveau cours, et les peuples du Sud pourront enfin décider de leur propre sort et en finir avec la pauvreté.
 
 
Ceux pour qui la démocratie est dangereuse
 
Les puissances coloniales ou néocoloniales d’hier nous jurent qu’elles ont changé. Après avoir financé, armé, conseillé et protégé Ben Ali, Moubarak et compagnie, voilà que les Etats-Unis, la France et les autres nous inondent de déclarations touchantes. Comme Hillary Clinton : « Nous soutenons l’aspiration des peuples arabes à la démocratie. »
C’est un mensonge total. Les Etats-Unis et leurs alliés ne veulent absolument pas d’une démocratie arabe, ne veulent absolument pas que les Arabes puissent décider sur leur pétrole et leurs autres richesses. Ils ont donc tout fait pour freiner la démocratisation, pour maintenir au pouvoir des responsables de l’ancien régime. Et, quand cela échoue, pour imposer d’autres dirigeants à eux, chargés de démobiliser les résistances populaires. Le pouvoir égyptien vient par exemple de prendre des mesures anti-grèves très brutales.
Expliquer la guerre contre la Libye par cette idée qu’après la Tunisie et l’Egypte, Washington et Paris auraient « compris » et voudraient se donner bonne conscience ou en tout cas redorer leur blason, ce n’est donc qu’une grosse tromperie. En réalité, la politique occidentale dans le monde arabe forme un ensemble qui s’applique sous trois formes diverses : 1. Maintenir des dictatures répressives. 2. Remplacer Moubarak et Ben Ali par des pions sous contrôle. 3. Renverser les gouvernements de Tripoli, Damas et Téhéran pour recoloniser ces pays « perdus ». Trois méthodes, mais un même objectif : maintenir le monde arabe sous domination pour continuer à l’exploiter.
La démocratie est dangereuse quand on représente seulement les intérêts d’une toute petite minorité sociale. Ce qui fait très peur aux Etats-Unis, c’est que le mécontentement social a éclaté dans pratiquement toutes les dictatures arabes… En Irak (et nos médias n’en ont rien dit), de nombreuses grèves ont touché le pétrole, le textile, l’électricité et d’autres secteurs. A Kut, les troupes US ont même encerclé une usine textile en grève. On a manifesté dans seize des dix-huit provinces, toutes communautés confondues, contre ce gouvernement corrompu qui abandonne son peuple dans la misère. A Bahrein, sous la pression de la rue, le roi a fini par promettre une bourse spéciale de 2.650 $ à chaque famille. A Oman, le sultan Qaboos bin Said a remplacé la moitié de son gouvernement et augmenté le salaire minimum de 40%, ordonnant de créer cinquante mille emplois. Même le roi saoudien Fahd a débloqué 36 milliards de dollars pour aider les familles à bas et moyens revenus !
Evidemment, une question surgit de suite chez tous les gens simples : mais s’ils avaient tout cet argent, pourquoi le gardaient-ils dans leurs coffres ? La question suivante étant : combien d’autres milliards ont-ils volé à leurs peuples avec la complicité des Etats-Unis ? Et la dernière : comment mettre fin à ce vol ?
 
« Révolutions Facebook », grand complot US ou vraies révolutions ?
 
Une interprétation erronée s’est répandue sur Internet : les révolutions arabes auraient été déclenchées et manipulées par les Etats-Unis. Ils en auraient tiré les ficelles pour opérer des changements bien contrôlés et pouvoir attaquer la Libye, la Syrie, l’Iran. Tout aurait été « fabriqué ». L’argument pour cette thèse : des organismes plus ou moins officiels avaient invité aux USA et formé des « cyberactivistes » arabes qui ont joué un rôle en pointe dans la circulation des infos et qui ont symbolisé une révolution de type nouveau, la « révolution Facebook ».
L’idée de ce grand complot ne tient pas. En réalité, les Etats-Unis ont tout fait pour maintenir aussi longtemps que possible Moubarak, dictateur bien utile. Cependant, ils le savaient en mauvaise santé et « fini ». Dans ce genre de situations, ils préparent évidemment un « Plan B » et même un « Plan C ». Le Plan B consistait à remplacer Moubarak par un de ses adjoints. Mais ça avait peu de chances de marcher, vu la colère profonde du peuple égyptien.
Donc, ils avaient préparé aussi un, voire plusieurs Plan C, comme ils le font d’ailleurs dans pratiquement tous les pays qu’ils veulent contrôler. Ca consiste en quoi ? Ils achètent à l’avance quelques opposants et intellectuels - que ceux-ci s’en rendent compte ou non - et « investissent » donc dans l’avenir. Le jour venu, ils propulsent ces gens sur le devant de la scène. Combien de temps ça marchera, c’est une autre question dès lors que la population est mobilisée et qu’un régime, même relifté, ne peut résoudre les revendications populaires si son but est de maintenir l’exploitation des gens.
Parler de « révolution Facebook » est un mythe qui arrange bien les USA. Autant nous avons signalé depuis longtemps l’importance cruciale des nouvelles méthodes d’info et de mobilisation sur Internet, autant est absurde l’idée que Facebook remplacerait les luttes sociales et les révolutions. Cette idée convient bien aux grands capitalistes (dont Moubarak était le représentant), mais en réalité ce qu’ils craignent par dessus tout, c’est la contestation des travailleurs, car elle met directement en danger leur source de profits.
 
Le rôle des travailleurs
 
Facebook est une méthode de lutte, ce n’est pas l’essence de la révolution. Cette présentation veut escamoter le rôle de la classe ouvrière (au sens large), qui serait remplacée par Internet. En réalité, une révolution est une action par laquelle ceux d’en bas donnent leur congé à ceux d’en haut. Avec un changement radical non seulement du personnel politique, mais surtout dans les rapports d’exploitation sociale.
Aïe ! Selon nos grands penseurs officiels, ça fait longtemps qu’on n’aurait plus le droit d’employer le terme « lutte de classe » qui serait dépassé et même un peu obscène. Pas de chance pour vous, le deuxième homme le plus riche du monde, le grand boursier Warren Buffet, a lâché le morceau il y a quelque temps : « D’accord, il y a une lutte de classe en Amérique. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui fait la guerre et nous la gagnons. ». [4] Ça, Monsieur Buffett, il ne faut jamais en jurer avant la fin de la pièce ! Rira bien…
Mais les réalités tunisiennes et égyptiennes confirment la réalité de la lutte des classes, en accord avec Monsieur Buffett… Quand Ben Ali a-t-il fait sa valise ? Le 14 janvier, quand les travailleurs tunisiens étaient engagés dans une grève générale. Quand Moubarak a-t-il quitté son trône ? Lorsqu’une puissante grève des ouvriers égyptiens a paralysé les usines de textile, la poste et même les médias officiels. Explication par Joel Beinin, professeur à l’université de Stanford et ancien directeur à l’université américaine du Caire : « Ces dix dernières années, une vague énorme de protestations sociales avaient touché plus de deux millions de travailleurs dans plus de trois mille grèves, sit-ins et autres formes de protestation. Tel était l’arrière-plan de tout ce soulèvement révolutionnaire des dernières semaines… Mais dans les derniers jours, on a vu des dizaines de milliers de travailleurs lier leurs revendications économiques avec l’exigence d’abolir le régime Moubarak… ». [5]
La révolution arabe ne fait que commencer. Après les premières victoires populaires, la classe dominante, toujours au pouvoir, tente d’apaiser le peuple avec quelques petites concessions. Obama souhaitait que la rue se calme au plus vite et que tout reste comme avant. Cela peut marcher un temps, mais la révolution arabe est en route. Elle peut prendre des années mais sera difficile à arrêter.
 

Objectif n° 4 : Empêcher l’unité africaine

 
Continent le plus riche de la planète, avec une profusion de ressources naturelles, l’Afrique est aussi le plus pauvre. 57% vivent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins d’1,25 $ par jour.
La clé de ce mystère ? C’est justement que les multinationales ne paient pas ces matières premières, elles les volent. En Afrique, elles pillent les ressources, imposent des bas salaires, des accords commerciaux défavorables et des privatisations nuisibles, elles exercent toutes sortes de pressions et chantages sur des Etats faibles, elles les étranglent par une Dette injuste, elles installent des dictateurs complaisants, elles provoquent des guerres civiles dans les régions convoitées.
L’Afrique est stratégique pour les multinationales, car leur prospérité est basée sur le pillage de ces ressources. Si un prix correct était payé pour l’or, le cuivre, le platine, le coltan, le phosphate, les diamants et les produits agricoles, les multinationales seraient beaucoup moins riches mais les populations locales pourraient échapper à la pauvreté.
Pour les multinationales des Etats-Unis et d’Europe, il est donc vital d’empêcher l’Afrique de s’unir et de s’émanciper. Elle doit rester dépendante. Un exemple, bien exposé par un auteur africain, Jean-Paul Pougala… « L’histoire démarre en 1992 lorsque quarante-cinq pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat.
Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale , le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant quatorze ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire ; le guide libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, sud-africain, nigérian, angolais, algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût dix fois inférieur, un vrai défi.
Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique. (…) C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX. » [6]
Tiens, voilà quelque chose qu’on ne nous avait pas raconté sur le méchant Kadhafi ! Qu’il aidait les Africains à s’émanciper de l’étouffante tutelle des Occidentaux. Y aurait-il encore d’autres non dits de ce genre ?
 
Kadhafi a défié le FMI et Obama joue les pick-pockets
 
Oui. En soutenant le développement du « Fonds monétaire africain » (FMA), Kadhafi a commis le crime de défier le Fonds Monétaire International (FMI). On sait que le FMI, contrôlé par les Etats-Unis et l’Europe, et présidé par Dominique Strauss-Kahn, exerce un véritable chantage sur les pays en développement. Il leur prête seulement à condition que ces pays acceptent de se défaire de leurs entreprises au profit des multinationales, de passer des commandes inintéressantes ou de réduire leurs budgets santé et éducation. Bref, ce banquier FMI est très nuisible.
Eh bien, de même que les Latinos ont lancé leur propre Banco Sur, pour contrer les chantages arrogants du FMI et décider eux-mêmes quels projets vraiment utiles ils veulent financer, voici que le FMA pourrait commencer à offrir une voie plus indépendante aux Africains. Et qui finance le FMA ? L’Algérie a fourni 16 milliards, et la Libye 10 milliards. Soit ensemble 62% de son capital.
Mais, dans la plus grande discrétion médiatique, Obama vient tout simplement de voler trente milliards au peuple libyen. Comment ça s’est passé ? Le 1er mars (bien avant la résolution de l’ONU), il a donné l’ordre au Trésor US de bloquer les dépôts de la Libye aux USA. Puis, le 17 mars, il s’est arrangé pour insérer dans la résolution 1973 de l’ONU une petite phrase autorisant à geler les avoirs de la banque centrale de Libye mais aussi de la compagnie nationale libyenne du pétrole. On sait que Kadhafi a amassé un trésor pétrolier qui lui a permis d’investir dans de grandes sociétés européennes, dans de grands projets de développement africain (et peut-être aussi dans certaines campagnes électorales européennes, mais ceci ne semble pas constituer une forme efficace d’assurance-vie !)…
Bref, la Libye est un pays assez riche (200 milliards de dollars de réserves) qui a attiré les convoitises d’une puissance hyper-endettée : les Etats-Unis. Alors, pour détourner les dizaines de milliards de dollars de la banque nationale libyenne, bref pour faire les poches du peuple libyen, Obama a simplement baptisé tout ça « source potentielle de financement du régime Kadhafi » et le tour était joué. Un vrai pick-pocket.
Malgré tous ses efforts pour amadouer l’Occident en multipliant les concessions au néolibéralisme, Kadhafi inquiétait toujours les dirigeants des Etats-Unis. Un câble de l’ambassade US à Tripoli, datant de novembre 2007, déplore cette résistance : « Ceux qui dominent la direction politique et économique de la Libye poursuivent des politiques de plus en plus nationalistes dans le secteur de l’énergie. » Refuser la privatisation tous azimuts, ça mérite donc des bombardements ? La guerre est bel et bien la continuation de l’économie par d’autres moyens.
 
 

Objectif n° 5 : Installer l’Otan comme gendarme de l’Afrique

 
Au départ, l’Otan était censée protéger l’Europe contre la « menace militaire soviétique ». Donc, une fois l’URSS disparue, l’Otan aurait dû disparaître aussi. Mais ce fut tout le contraire…
Après avoir bombardé en Bosnie en 1995, Javier Solana, secrétaire-général de l’Otan, déclarait : « L’expérience acquise en Bosnie pourra servir de modèle pour nos opérations futures de l’Otan ». A l’époque, j’avais donc écrit : « L’Otan réclame en fait une zone d’action illimitée. La Yougoslavie a été un laboratoire pour préparer de prochaines guerres. Où auront-elles lieu ? ». [7] Et je proposais cette réponse : « Axe n° 1 : Europe de l’Est. Axe n° 2 : Méditerranée et Moyen-Orient. Axe n° 3 : le tiers monde en général. » Nous y sommes, c’est ce programme qui se réalise aujourd’hui.
Dès 1999, l’Otan bombardait la Yougoslavie. Une guerre pour soumettre ce pays au néolibéralisme, ainsi que nous l’avons vu. Etudiant les analyses des stratèges US, je soulignai alors cette phrase de l’un d’eux, Stephen Blank : « Les missions de l’Otan seront de plus en plus ‘out of area’ (hors de sa zone de défense). Sa fonction principale deviendrait donc d’être le véhicule de l’intégration de régions toujours plus nombreuses dans la communauté occidentale économique, de sécurité, politique et culturelle. » [8]
Soumettre des régions toujours plus nombreuses à l’Occident ! J’écrivis alors : « L’Otan est l’armée au service de la globalisation, l’armée des multinationales. Pas à pas, l’Otan se transforme bel et bien en gendarme du monde. » [9]. Et j’indiquais les prochaines cibles probables de l’Otan : Afghanistan, Caucase, retour en Irak… Pour commencer.
Aujourd’hui que tout cela s’est effectivement réalisé, certains me demandent : « Vous aviez une boule de cristal ? ». Pas besoin de boule de cristal, il suffit d’étudier les documents du Pentagone et des grands bureaux de stratégie US, qui ne sont même pas secrets, et de saisir leur logique.
Et cette logique de l’Empire est en fait très simple : 1. Le monde est une source de profits. 2. Pour gagner la guerre économique, il faut être la superpuissance dominante. 3. Pour ça, il faut contrôler les matières premières, les régions et les routes stratégiques. 4. Toute résistance à ce contrôle doit être brisée : par la corruption, le chantage ou la guerre, peu importent les moyens. 5. Pour rester la superpuissance dominante, il faut absolument empêcher les rivaux de s’allier contre le maître.
 
Expansion de l’Otan : sur trois continents déjà !
 
Pour défendre ces intérêts économiques et devenir le gendarme du monde, les dirigeants de l’Otan sèment la panique : « Notre monde sophistiqué, industrialisé et complexe a été assailli par bon nombre de menaces mortelles : changement climatique, sécheresse, famine, cybersécurité, question énergétique » [10], Ainsi, des problèmes non militaires, mais sociaux et environnementaux sont utilisés comme prétextes pour augmenter les armements et les interventions militaires.
Le but de l’Otan est en fait de se substituer à l’ONU. Cette militarisation du monde rend notre avenir de plus en plus dangereux. Et cela a bien sûr un coût terrible : les Etats-Unis prévoient pour 2011 un budget militaire record de 708 milliards. Soit 2.320 dollars par habitant ! Deux fois plus qu’aux débuts de Bush. De plus, le ministre US de la Guerre, Robert Gates, ne cesse de pousser les Européens à dépenser plus : « La démilitarisation de l’Europe constitue un obstacle à la sécurité et à une paix durable au 21ème siècle. » [11]Les pays européens ont dû s’engager envers Washington à ne pas diminuer leurs dépenses militaires. Tout profit pour les firmes d’armement.
L’expansion mondiale de l’Otan n’a rien à voir avec Kadhafi, Saddam Hussein ou Milosevic. Il s’agit d’un plan global pour maintenir la domination sur la planète et ses richesses, pour maintenir les privilèges des multinationales, pour empêcher les peuples de choisir leur propre voie. L’Otan a protégé Ben Ali, Moubarak et les tyrans d’Arabie saoudite, l’Otan protégera ceux qui vont leur succéder, l’Otan brisera seulement ceux qui résistent à l’Empire.
Pour devenir gendarme du monde, l’Otan avance en effet pas à pas. Une guerre en Europe contre la Yougoslavie, une guerre en Asie contre l’Afghanistan et à présent, une guerre en Afrique contre la Libye. Déjà trois continents ! Elle avait bien été tentée d’intervenir aussi en Amérique latine en organisant des manœuvres contre le Venezuela il y a deux ans. Mais là, c’était trop risqué, car l’Amérique latine est de plus en plus unie et refuse les « gendarmes » des USA.
Pourquoi Washington veut-elle absolument installer l’Otan comme gendarme de l’Afrique ? A cause des nouveaux rapports de forces mondiaux, analysés plus haut : Etats-Unis en déclin, contestés : par l’Allemagne, la Russie, l’Amérique latine et la Chine, et même par des pays petits et moyens du tiers monde.
 
Pourquoi ne parle-t-on pas d’Africom ?
 
Ce qui inquiète le plus Washington, c’est la puissance croissante de la Chine. Proposant des relations plus égalitaires aux pays asiatiques, africains et latino-américains, achetant les matières premières à meilleur prix et sans chantage colonial, proposant des crédits plus intéressants, réalisant des travaux d’infrastructure utiles au développement, la Chine leur offre une alternative à la dépendance envers Washington, Londres ou Paris. Alors, que faire pour contrer la Chine ?
Le problème, c’est qu’une puissance en déclin économique a moins de moyens de pression financière même sur les pays africains, les Etats-Unis ont donc décidé d’utiliser leur meilleure carte : la carte militaire. Il faut savoir que leurs dépenses militaires dépassent celles de tous les autres pays du globe réunis. Depuis plusieurs années, ils avancent peu à peu leurs pions sur le continent africain. Le 1er octobre 2008, ils ont installé « Africom » (Africa Command). Tout le continent africain (à l’exception de l’Egypte) a été placé sous un seul commandement US unifié regroupant l’US Army, l’US Navy, l’US Air Force, les Marines et les « opérations spéciales » (débarquements, coups d’Etat, actions clandestines…). L’idée étant de répéter ensuite le mécanisme avec l’Otan pour appuyer les forces US.
Washington, voyant des terroristes partout, en a trouvé en Afrique aussi. Comme par hasard aux alentours du pétrole nigérian et d’autres ressources naturelles convoitées. Donc, si vous voulez savoir où se dérouleront les prochains épisodes de la fameuse « guerre contre le terrorisme », cherchez sur la carte le pétrole, l’uranium et le coltan, et vous aurez trouvé. Et comme l’Islam est répandu dans de nombreux pays africains, dont le Nigéria, vous avez déjà le prochain scénario…
Objectif réel d’Africom : « stabiliser » la dépendance de l’Afrique, l’empêcher de s’émanciper, l’empêcher de devenir un acteur dépendant qui pourrait s’allier à la Chine et à l’Amérique latine. Africom constitue une arme essentielle dans les plans de domination mondiale des Etats-Unis. Ceux-ci veulent pouvoir s’appuyer sur une Afrique et des matières premières sous contrôle exclusif dans la grande bataille qui s’est déclenchée pour le contrôle de l’Asie et pour le contrôle de ses routes maritimes. En effet, l’Asie est le continent où se joue d’ores et déjà la bataille économique décisive du 21ème siècle. Mais c’est un gros morceau avec une Chine très forte et un front d’économies émergentes qui ont intérêt à former un bloc. Washington veut dès lors contrôler entièrement l’Afrique et fermer la porte aux Chinois.
La guerre contre la Libye est donc une première étape pour imposer Africom à tout le continent africain. Elle ouvre une ère non de pacification du monde, mais de nouvelles guerres. En Afrique, au Moyen-Orient, mais aussi tout autour de l’Océan indien, entre l’Afrique et la Chine.
Pourquoi l’Océan indien ? Parce que si vous regardez une carte, vous voyez que c’est la porte de la Chine et de l’Asie toute entière. Donc, pour contrôler cet océan, Washington cherche à maîtriser plusieurs zones stratégiques : 1. Le Moyen-Orient et le Golfe persique, d’où sa nervosité à propos de pays comme l’Arabie saoudite, le Yemen, Bahrein et l’Iran. 2. La Corne de l’Afrique, d’où son agressivité envers la Somalie et l’Erythrée. Nous reviendrons sur ces géostratégies dans le livre Comprendre le monde musulman – Entretiens avec Mohamed Hassan que nous préparons pour bientôt.
 
Le grand crime de Kadhafi
 
Revenons à la Libye. Dans le cadre de la bataille pour contrôler le continent noir, l’Afrique du Nord est un objectif majeur. En développant une dizaine de bases militaires en Tunisie, au Maroc et en Algérie ainsi que dans d’autres nations africaines, Washington s’ouvrirait la voie pour établir un réseau complet de bases militaires couvrant l’ensemble du continent.
Mais le projet Africom a rencontré une sérieuse résistance des pays africains. De façon hautement symbolique, aucun n’a accepté d’accueillir sur son territoire le siège central d’Africom. Et Washington a dû maintenir ce siège à… Stuttgart en Allemagne, ce qui était fort humiliant. Dans cette perspective, la guerre pour renverser Kadhafi est au fond un avertissement très clair aux chefs d’Etat africains qui seraient tentés de suivre une voie trop indépendante.
Le voilà, le grand crime de Kadhafi : la Libye n’avait accepté aucun lien avec Africom ou avec l’Otan. Dans le passé, les Etats-Unis possédaient une importante base militaire en Libye. Mais Kadhafi la ferma en 1969. C’est évident, la guerre actuelle a notamment pour but de réoccuper la Libye. Ce serait un avant-poste stratégique permettant d’intervenir militairement en Egypte si celle-ci échappait au contrôle des Etats-Unis.
 
Quelles sont les prochaines cibles en Afrique ?
 
La question suivante sera donc : après la Libye, à qui le tour ? Quels autres pays africains pourraient être attaqués par les Etats-Unis ? C’est simple. Sachant que la Yougoslavie avait aussi été attaquée parce qu’elle refusait de rentrer dans l’Otan, il suffit de regarder la liste des pays n’ayant pas accepté de s’intégrer dans Africom, sous le commandement militaire des Etats-Unis. Il y en a cinq : Libye, Soudan, Côte d’Ivoire, Zimbabwe, Erythrée. Voilà les prochaines cibles.
Le Soudan a été scindé et placé sous la pression de sanctions internationales. Le Zimbabwe est sous sanctions également. La Côte d’Ivoire s’est vu imposer une guerre civile fomentée par l’Occident. L’Erythrée s’est vu imposer une guerre terrible par l’Ethiopie, agent des USA dans la région, elle est sous sanctions également.
Tous ces pays ont été ou vont être l’objet de campagnes de propagande et de désinformation. Qu’ils soient dirigés ou non par des dirigeants vertueux et démocratiques n’a rien à voir. L’Erythrée tente une expérience de développement économique et sociale autonome en refusant les « aides » que voudraient lui imposer la Banque mondiale et le FMI contrôlés par Washington. Ce petit pays remporte de premiers succès dans son développement, mais il est sous menace internationale. D’autres pays, s’ils « tournent mal », sont également dans le collimateur des Etats-Unis. L’Algérie particulièrement. En fait, il ne fait pas bon suivre sa propre voie…
Et pour ceux qui croiraient encore que tout ceci relève d’une « théorie du complot », que les USA ne programment pas tant de guerres mais improvisent en réagissant à l’actualité, rappelons ce qu’avait déclaré en 2007 l’ex-général Wesley Clark (commandant suprême des forces de l’Otan en Europe entre 1997 et 2001, qui dirigea les bombardements sur la Yougoslavie) : « En 2001, au Pentagone, un général m’ a dit : ‘Je viens de recevoir un mémo confidentiel (‘classified’) du secrétaire à la Défense : nous allons prendre sept pays en cinq ans, en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l’Iran’. » [12] Des rêves à la réalité, il y a une marge, mais les plans sont là. Juste retardés.
 
 
 

 


[1] Marianna Lepore, The war in Libya and Italian interests, inaltreparole.net, 22 février.
[2] Ron Fraser, Libya accelerates German-Arabian peninsula alliance, Trumpet.com, 21 mars
[3] Michel Collon, Israël, parlons-en !, Bruxelles 2010, p. 172.
[4] New York Times Magazine, novembre 2006.
[5] Interview radio Democracy now, 10 février.
[6] J-P Pougalas, Les mensonges de la guerre contre la Libye, palestine-solidarite.org, 31 mars
[7] Michel Collon, Poker menteur, Bruxelles, 1998, p 160-168.
[8] Nato after enlargement, US Army War College, 1998, p. 97.
[9] Michel Collon, Monopoly – L’Otan à la conquête du monde, Bruxelles 2000, pp. 90 et 102).
[10] Assemblée commune Otan – Lloyd’s à Londres, 1er octobre 2009.
[11] Nato Strategic Concept seminar, Washington, 23 février 2010.
[12] Interview radio Democracy Now, 2 mars 2007
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8 avril 2011

Investig'Action - Comprendre la guerre en Libye (3/3) A chaque guerre, c’est ainsi. Au début, il est presqu’impossible de s’y opposer. Le matraquage médiatique est tel qu’on est immédiatement catalogué comme complice d’un monstre. Après un certain temps, quand viendront les « bavures », les morts civils, les échecs militaires et les révélations sur « nos amis », le débat finira bien par s’ouvrir. Mais au début, c’est très (...)

 

 

 

7 avril 2011

Investig'Action - Comprendre la guerre en Libye (1/3) Vous êtes très nombreux à réagir à la guerre en Libye et à envoyer vos questions. Michel Collon qui a publié plusieurs livres sur les stratégies de guerre des Etats-Unis et les médiamensonges des conflits précédents, répond à toutes ces questions et présente ici une analyse globale de ce conflit. Investig’Action tient à attirer votre attention sur l’importance de ce (...)

Par Eva R-sistons - Publié dans : La vérité su

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 15:27
http://www.eur.army.mil/lab/new_site/images/100929_us_army_europe_star_logo_final_l.jpg

http://images.google.com/imgres?imgurl=http://www.eur.army.mil/lab/new_site/images/100929_us_army_europe_star_logo_final_l.jpg&imgrefurl=

 

 

Le président américain Barack Obama a décidé de maintenir trois brigades de l'US Army en Europe, soit une de plus que ce qu'avait prévu son prédécesseur républicain George W. Bush en 2004, a indiqué un haut responsable américain.

Washington conservera ainsi en 2015 quelque 80.000 hommes en Europe, environ 20.000 de plus que ce qu'avait envisagé le secrétaire (ministre) à la Défense de M. Bush, Donald Rumsfeld.
 
"Au lieu de réduire le nombre de Brigade Combat Teams à deux, les Etats-Unis ont décidé de maintenir trois brigades en Europe. Elles seront de trois types différents: une brigade lourde, une brigade 'Stryker' (équipée de véhicules blindés à huit roues motrices de ce type) et une brigade aéroportée", a expliqué ce haut responsable.

Allemagne
Deux de ces trois brigades seront basées en Allemagne, qui verra cependant le départ d'une des deux brigades lourdes qui y sont actuellement stationnées. Le haut responsable qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat a précisé qu'aucune décision n'avait encore été prise sur le choix de la brigade lourde à rapatrier aux Etats-Unis. Elle sera prise en consultation avec le gouvernement allemand, a-t-il assuré.
 
La brigade "Stryker" américaine, le 2e régiment de cavalerie (2nd Cavalry Regiment), fort de 3.600 hommes, équipée de "Stryker" (véhicules blindés à huit roues motrices), est installée à Grafenwöhr, un camp d'entraînement situé près de la ville de Vilseck, en Bavière (sud de l'Allemagne). Le Pentagone conservera aussi en Europe le quartier général de son 5e corps d'armée.
 
Plus de mobilité
L'US Air Force va quant à elle accroître ses capacités en Europe en déployant en Europe des CV-22 "Osprey" - un appareil hybride décollant comme un hélicoptère et volant comme un avion - "pour donner davantage de mobilité aux forces spéciales" américaines, a poursuivi ce haut responsable.
 
Il a aussi confirmé le stationnement d'un détachement aérien américain en Pologne pour accroître la capacité d'entraîner les aviateurs polonais, alliés et des pays partenaire. La décision du président Obama ne produira toutefois ses effets que vers 2015, quand les Etats-Unis auront terminé leur retrait complet de troupes de combat d'Afghanistan car les unités américaines basées en Europe y effectuent des tours d'opérations.
 
Elle a été prise à la lumière du nouveau concept stratégique dont s'est doté l'OTAN lors de son dernier sommet, en novembre dernier à Lisbonne et qui réaffirme l'importance de l'article 5 du traité de Washington, fondateur de l'Alliance atlantique, sur la défense collective. Cet article stipule qu'une attaque contre l'un des Etats membres doit être considérée comme une attaque contre tous.
 
Défense antimissile
Les Etats-Unis ont entamé une restructuration de leurs forces armées et de revoir leur présence en Europe "pour affronter les menaces du 21e siècle", en leur adjoignant une capacité de lutte contre les missiles balistiques.
 
Le même haut responsable a ainsi confirmé le projet de l'administration Obama de déployer en 2011 en Europe du sud et du nord des éléments de défense antimissile américains comprenant le système Aegis, qui équipe des navires de guerre et permet de suivre l'avancée de missiles ennemis, ainsi que des missiles intercepteurs mer-air Standard SM-3 (Block IA) conçus pour détruire des missiles balistiques à courte et moyenne portée, et un réseau de systèmes de détection.
 
"Nous aurons les navires Aegis. Nous déploierons des sites d'intercepteurs au sol. Et nous aurons un nouveau radar en Europe du sud-est", a-t-il dit vendredi. "C'est la contribution américaine à un système de défense antimissile que les dirigeants de l'Alliance ont décidé de déployer quand ils se sont réunis à Lisbonne en novembre dernier", a souligné ce responsable. (belga)
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09/04/11 15h26
 
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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 15:26

A chaque guerre, c’est ainsi. Au début, il est presqu’impossible de s’y opposer. Le matraquage médiatique est tel qu’on est immédiatement catalogué comme complice d’un monstre. Après un certain temps, quand viendront les « bavures », les morts civils, les échecs militaires et les révélations sur « nos amis », le débat finira bien par s’ouvrir. Mais au début, c’est très dur.

Voir partie 1 et partie 2

3ème partie : Pistes pour agir
 

Pour débloquer ce débat, la bataille de l’info est la clé, comme nous le disions encore il y a une semaine. [1] Et cette bataille ne peut être menée que par chacun de nous, là où il est, en fonction des personnes rencontrées, en écoutant bien ce qui les influence, en vérifiant les infos avec eux, patiemment… Pour mener efficacement ce débat, il est très important d’étudier l’expérience de la désinformation dans les guerres précédentes.
 
Les 5 principes de la propagande de guerre appliqués à la Libye
 
Cette expérience, nous l’avons résumée dans les « cinq principes de la propagande de guerre », exposés dans notre livre Israël, parlons-en ! A chaque guerre, les médias veulent nous persuader que nos gouvernements font bien et pour ça, ils appliquent ces cinq principes : 1. Occulter les intérêts économiques. 2. Inverser la victime et l’agresseur. 3. Cacher l’Histoire. 4. Diaboliser. 5. Monopoliser l’info.
Ces cinq principes ont été appliqués à nouveau contre la Libye, on s’en est rendu compte dans les pages précédentes. Pour finir, attirons l’attention sur le quatrième : la diabolisation de l’adversaire. Les va-t-en-guerre doivent toujours persuader l’opinion qu’ils n’agissent pas pour obtenir des avantages économiques ou stratégiques, mais bien pour éliminer une grave menace. Dans chaque guerre, depuis des décennies, le dirigeant adverse a toujours été présenté comme cruel, immoral et dangereux, avec les pires récits d’atrocités. Par après, beaucoup de ces récits - et parfois tous - se sont dégonflés, mais peu importe, ils avaient rempli leur rôle : manipuler l’émotion du public pour l’empêcher d’analyser les intérêts réellement en jeu. Impossible de revenir en arrière.
Nous n’avons pas eu les moyens d’aller en Libye. Par contre, nous avons été en Yougoslavie, sous les bombes de l’Otan et nous avons constaté, et prouvé, que l’Otan avait menti systématiquement. [2] Nous l’avons constaté aussi en Irak. Quant à la Libye, cela y ressemble beaucoup, mais nous n’avons pas eu jusqu’ici les moyens de procéder à des test-médias sur les infos présentées. Notre équipe Investig’Action manque encore des moyens nécessaires. Mais plusieurs observateurs ont déjà repéré de forts indices de désinformation. Par exemple, les « six mille morts qui auraient été victimes des bombardements de Kadhafi sur des civils ». Où sont les images ? Il n’y avait aucune caméra, aucun téléphone portable là-bas comme il y en avait à Gaza, à la place Tahrir, à Tunis ou au Bahrein ? Aucune preuve, aucun témoignage fiable, des démentis par les satellites russes ou des observateurs de l’UE, et pourtant l’info a tourné en boucle inlassablement et plus personne n’ose la contredire sous peine d’être taxé de « complicité ».
Une guerre civile, ce n’est jamais de la dentelle, mais ceci est vrai des deux côtés. Une info partiale essaiera toujours de nous faire croire que les atrocités sont commises d’un seul côté et donc qu’il faut soutenir l’autre. Mais il convient d’être très prudent sur de tels récits.
 
Qui nous informe ?
 
Ce qu’il faut pouvoir montrer autour de nous, c’est que la diabolisation ne tombe pas du ciel. Elle est diffusée par des médias qui prennent parti, souvent sans le dire. Et c’est quand même toujours la première question à se poser dans une guerre : m’a-t-on fait entendre l’autre partie ?
Pourquoi en Europe et aux Etats-Unis, les médias sont-ils à fond contre Kadhafi ? Et pourquoi, en Amérique latine, en Afrique, en Asie, en Russie, dénonce-t-on au contraire une nouvelle croisade impérialiste ? Ils se trompent tous ? Les Occidentaux savent toujours tout mieux ? Ou bien chacun est-il influencé par ses médias ? Alors, devons-nous suivre aveuglément nos médias ou les tester ?
Nous avons été abondamment abreuvés sur les côtés négatifs de Kadhafi. Mais qui nous a signalé ses aspects positifs ? Qui nous a parlé de son aide aux projets de développement africain ? Qui nous a dit que la Libye connaissait, selon les institutions internationales , le plus haut « indice de développement humain » de toute l’Afrique, loin devant les chouchous de l’Ouest comme l’Egypte ou la Tunisie ? Espérance de vie : 74 ans, analphabétisme réduit à 5%, budget de l’éducation à 2,7% du PIB et celui de la Défense à 1,1%.

Distinguer deux questions différentes
 
Il y a beaucoup d’intimidation intellectuelle dans le débat sur la Libye. Si vous dénoncez la guerre contre la Libye, on vous accuse de soutenir tout ce qu’a fait Kadhafi. Pas du tout. Il faut distinguer deux problèmes bien différents.
D’une part, les Libyens ont parfaitement le droit de choisir leurs dirigeants, et d’en changer par les moyens qu’ils jugent nécessaires. Les Libyens ! Pas Obama, ni Sarkozy. Tout en faisant le tri dans les accusations contre Kadhafi, entre ce qui est vraiment établi et ce qui relève de la propagande intéressée, un progressiste peut très bien souhaiter que les Libyens aient un meilleur dirigeant.
D’autre part, quand la Libye est attaquée parce que des pirates veulent faire main basse sur son pétrole, ses réserves financières et sa position stratégique, alors il faut dire que le peuple libyen souffrira encore plus sous le pouvoir de ces pirates et de leurs marionnettes. La Libye perdra son pétrole, ses entreprises, les réserves de sa banque nationale, ses services sociaux et sa dignité. Le néolibéralisme appliquera ses sales recettes qui ont déjà plongé tant de peuples dans la misère.
Mais un bon dirigeant, ça n’arrive jamais dans les valises des envahisseurs et à coups de bombes. Ce que les Etats-Unis ont amené en Irak, c’est un Al-Maliki et un petit groupe de corrompus qui vendent leur pays aux multinationales. En Irak, on n’a toujours pas la démocratie, mais en outre, on a perdu le pétrole, l’électricité, l’eau, les écoles et tout ce qui permet une vie un peu digne. Ce que les Etats-Unis ont amené en Afghanistan, c’est un Karzaï qui ne règne sur rien sauf un quartier de Kaboul, pendant que les bombes US frappent des villageois, des fêtes de mariage, des écoles et que le commerce de la drogue ne s’est jamais aussi bien porté.
Les dirigeants qui seraient imposés à la Libye par les bombes occidentales seraient pires que Kadhafi. Donc, il faut soutenir le gouvernement légal libyen lorsqu’il résiste à ce qui est vraiment une agression néocoloniale. Parce que toutes les solutions préparées par Washington et ses alliés sont mauvaises : que ce soit le renversement ou l’assassinat de Kadhafi, que ce soit la scission du pays en deux ou que ce soit la « somalisation », c’est-à-dire une guerre civile de basse intensité et de longue durée. Toutes ces solutions apporteront des souffrances aux populations.
La seule solution dans l’intérêt des Libyens est la négociation, avec des médiateurs internationaux désintéressés qui ne soient pas partie au conflit, comme Lula. Un bon accord implique le respect de la souveraineté libyenne, le maintien de l’unité du pays, la préparation de réformes pour démocratiser et mettre fin aux discriminations régionales.
 
Faire respecter le droit qui est le contraire du « droit d’ingérence »
 
Ce débat politique délicat, il faut toujours essayer de le ramener aux principes de base de la vie internationale : souveraineté des Etats, coexistence pacifique entre systèmes différents, non-ingérence dans les affaires intérieures. Les puissances occidentales aiment se présenter comme celles qui cherchent à faire respecter le droit. Mais c’est complètement faux.
On nous dit que les Etats-Unis sont aujourd’hui beaucoup plus respectueux du droit international qu’au temps du cow-boy Bush, et qu’il y a eu cette fois une résolution de l’ONU. Ce n’est pas l’endroit pour discuter si l’ONU représente vraiment la volonté démocratique des peuples ou si les votes de nombreux Etats sont l’objet d’achats et de pressions. Mais on fera simplement remarquer que cette résolution 1973 viole le droit international et, tout d’abord, la Charte fondamentale… de l’ONU elle-même.
En effet, son article 2 § 7 stipule : « Aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à intervenir dans desaffaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un Etat. ». Réprimer une insurrection armée est de la compétence d’un Etat même si on peut en regretter les conséquences. De toute façon, si bombarder des rebelles armés est considéré comme un crime intolérable, alors il faut d’urgence juger Bush et Obama pour ce qu’ils ont fait en Irak et en Afghanistan.
De même, l’article 39 limite les cas où la contrainte militaire est autorisée : « L'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression » (contre un autre pays). La Libye ne correspond à aucun de ces trois cas, et cette guerre est donc, elle aussi, illégale. A remarquer, juste pour rire, que même le Traité de l’Otan précise dès son article 1 :« Les parties s'engagent, ainsi qu'il est stipulé dans la Charte des Nations Unies, à régler par des moyens pacifiques tous différends internationaux dans lesquels elles pourraient être impliquées. 
On nous présente ce « droit d’ingérence humanitaire » comme une nouveauté et un grand progrès. En réalité, le droit d’ingérence a été pratiqué pendant des siècles par les puissances coloniales contre les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Par les forts contre les faibles. Et c’est justement pour mettre fin à cette politique de la canonnière qu’ont été adoptées en 1945 de nouvelles règles du droit international. La Charte des Nations-unies a précisément interdit aux pays forts d’envahir les pays faibles et ce principe de la souveraineté des Etats constitue un progrès dans l’Histoire. Annuler cette conquête de 1945 et revenir au droit d’ingérence, c’est revenir aux temps des colonies.
Alors, pour nous faire quand même approuver une guerre très intéressée, on joue la corde sensible : le droit d’ingérence serait nécessaire pour sauver des populations en danger. De tels prétextes étaient aussi utilisés dans le temps par la France, la Grande-Bretagne ou la Belgique coloniales. Et toutes les guerres impériales des Etats-Unis se sont faites avec ce genre de justifications.
Avec les Etats-Unis et leurs alliés en gendarmes du monde, le droit d’ingérence appartiendra évidemment toujours aux forts contre les faibles, et jamais l’inverse. L’Iran a-t-il le droit d’ingérence pour sauver les Palestiniens ? Le Venezuela a-t-il le droit d’ingérence pour mettre fin au coup d’Etat sanglant du Honduras ? La Russie a-t-elle le droit d’ingérence pour protéger les Bahreinis ?
En réalité, la guerre contre la Libye est un précédent qui ouvre la voie à l’intervention armée des Etats-Unis ou de leurs alliés dans n’importe quel pays arabe, africain ou latino-américain. Aujourd’hui, on va tuer des milliers de civils libyens « pour les protéger », et demain on ira tuer des civils syriens ou iraniens ou vénézuéliens ou érythréens « pour les protéger » pendant que les Palestiniens et toutes les autres victimes des « forts » continueront à subir dictatures et massacres….
Montrer que l’intervention occidentale viole le droit et nous ramène aux temps des colonies me semble un thème à placer au centre du débat.
 
Que faire ?
 
Les Etats-Unis ont baptisé « Aube de l’Odyssée » la guerre contre la Libye. Or, leurs noms de code contiennent toujours un message adressé à notre inconscient. L’Odyssée, grand classique de la littérature grecque antique, relate le voyage de vingt ans entrepris par Ulysse à travers l’univers. A demi-mots, on nous dit ici que la Libye est le premier acte du long voyage des Etats-Unis pour (re)conquérir l’Afrique.
Ils tentent ainsi d’enrayer leur déclin. Mais, au final, ce sera en vain, les Etats-Unis perdront inévitablement leur trône. Parce que ce déclin n’est pas dû au hasard ou à des circonstances particulières, il est dû à leur mode même de fonctionnement. En 1865, le célèbre théoricien libéral du capitalisme Adam Smith soutint le président US Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage : « L’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des Noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres Nations vont se réveiller ».
Mais en fait les Etats-Unis ont remplacé un esclavage par un autre. Au vingtième siècle, ils ont bâti leur prospérité sur la domination et le pillage de pays entiers, ils ont vécu comme des parasites et ils ont par là- même affaibli leurs capacités économiques internes. L’humanité a intérêt à ce que ce système prenne fin définitivement. Même la population des Etats-Unis y a intérêt. Pour qu’on cesse de fermer ses usines, de détruire ses emplois et de confisquer ses maisons afin de payer les bonus des banquiers et les dépenses de guerre. La population européenne aussi a intérêt à une économie non plus au service des multinationales et de leurs guerres, mais au service des gens.
Nous sommes donc à un tournant, quelle « aube » allons-nous choisir ? Celle annoncée par les Etats-Unis, et qui nous mènera vers vingt ou trente années de guerres incessantes sur tous les continents ? Ou bien une aube véritable : un autre système de relations internationales, où personne n’imposera ses intérêts par la force et où chaque peuple choisira librement sa voie ?
Comme à chaque guerre des vingt dernières années, une grande confusion règne dans la gauche européenne. Les discours pseudo-humanitaires relayés par les médias aveuglent parce qu’on oublie d’écouter l’autre version, d’étudier les guerres précédentes, de tester l’info.
Notre site Investig’Action – michelcollon.info s’efforce d’aider chacun à s’informer, à informer et à débattre. Mais nos moyens sont trop limités comparés aux grands médias. Nous lançons donc un double appel à tous ceux qui le peuvent. 1° Rejoignez notre réseau de chercheurs bénévoles pour développer l’analyse des stratégies des Etats-Unis et des autres grandes puissances, l’analyse des relations économiques et politiques ainsi que des guerres en préparation . 2° Rejoignez notre collectif d’analyse critique « Test-médias ».
Un monde sans guerre, ça dépend de chacun de nous.
 
Michel Collon, 8 avril 2011
 

Source : www.michelcollon.info

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 15:25
John PILGER

L’attaque Euro-Américaine contre la Libye n’a rien à voir avec la protection de qui que ce soit; il n’y a que les indécrottables naïfs pour avaler de telles bêtises. Il s’agit de la réponse de l’Occident aux soulèvements populaires dans une région stratégique du monde et le début d’une guerre d’usure contre le nouveau rival impérial, la Chine.

La distinction historique de Barack Obama est désormais assurée. Il est le premier président noir de l’Amérique à envahir l’Afrique. Son agression contre la Libye est dirigée par l’Africa Command des États unis, qui fut mise en place en 2007 pour protéger les ressources naturelles de l’Afrique des peuples miséreux de l’Afrique et de l’influence commerciale croissante de la Chine. La Libye, avec l’Angola et le Nigeria, est la principale source d’approvisionnement en pétrole de la Chine. Tandis que les avions américains, britanniques et français écrasent à la fois les « bons » et les « mauvais » Libyens, les 30.000 travailleurs chinois sont en cours d’évacuation, peut-être définitive. Des déclarations par des officiels et médias occidentaux selon lesquelles un « Colonel Kadhafi, dérangé et criminel » planifierait un « génocide » contre sa propre population attendent toujours leur confirmation. Tout cela nous fait penser aux affirmations frauduleuses sur la nécessité d’une « intervention humanitaire » au Kosovo, pour pouvoir dépecer la Yougoslavie et installer la plus grande base militaire US en Europe.

Le scénario est tellement familier. Les « rebelles pro-démocratie » libyens sont sous les ordres du Colonel Khalifa Hafter qui, selon une étude de la Fondation Jamestown, a créé l’Armée Nationale Libyenne en 1988 avec « un fort soutien de la CIA ». Au cours des 20 dernières années, le Colonel Haftar habite pas très loin de Langley, en Virginie, siège de la CIA, qui lui fournit aussi un camp d’entraînement.

Les Moudjahidin, qui ont produit Al-Qaeda, et le Congrès National Irakien, qui ont rédigé les mensonges sur l’Irak proférés par Bush et Blair, ont été eux aussi patiemment préparés dans la cadre bucolique de Langley.

Les autres dirigeants « rebelles » en Libye sont Mustafa Abdul Jalil, l’ancien ministre de la Justice de Kadhafi jusqu’en février, et le Général Abdel-Fattah Younes, qui a dirigé le Ministère de l’Intérieur de Kadhafi : les deux ont une réputation bien établie de réprimer sauvagement toute dissidence. Il y a une guerre civile et tribale en Libye, qui comprend une révolte populaire contre les violations des droits de l’homme de Kadhafi. Cependant, c’est l’indépendance de la Libye, et pas la nature de son régime, dans une région composée de vassaux, qui est intolérable aux yeux de l’Occident. Avec sa verve et ses manières de Bédouin, Kadhafi a longtemps été le « chien fou » idéal (Daily Mirror), qui requiert désormais le recours à des pilotes héroïques américains, français et britanniques pour aller bombarder des zones urbaines à Tripoli, dont une maternité et un centre de cardiologie. Le dernier bombardement AMÉRICAIN de 1986 a réussi à tuer sa fille adoptive.

Ce que les États-Unis, les Britanniques et les Français espèrent réussir est le contraire d’une libération populaire. En sabotant les efforts des authentiques démocrates et nationalistes libyens de libérer leur pays à la fois d’un dictateur et de ceux corrompus par l’extérieur, le « bruit et la fureur » en provenance de Washington, Londres et Paris ont réussi à atténuer le souvenir de ces journées d’espoir de janvier à Tunis et au Caire, et à détourner l’attention de tous ceux qui veillaient à ce que leurs acquis ne soient pas discrètement retirés. Le 23 mars, le régime militaire en Égypte soutenu par les États-Unis a publié un décret interdisant les grèves et les manifestations. On n’en a pratiquement pas parlé en Occident. Maintenant que Kadhafi est devenu le démon officiel, Israël, la véritable plaie, peut poursuivre sa campagne de vols des terres et d’expulsions. Facebook a subi les pressions sionistes pour retirer la page appelant à un soulèvement Palestinien – la troisième Intifada – pour le 5 mai.

Rien de cela ne devrait nous étonner. L’Histoire nous apprend que de telles machinations sont courantes, comme nous le montrent les interventions de deux hauts diplomates aux Nations Unies qui se sont exprimés dans Asia Times. Lorsqu’ils ont exigé de savoir pourquoi les Nations Unies n’ont pas désigné une commission d’enquête pour la Libye au lieu d’autoriser une agression, il leur a été répondu qu’un marché avait été conclu entre la Maison Blanche et l’Arabie Saoudite. Une « coalition » AMÉRICAINE serait chargée « d’éliminer » le récalcitrant Kadhafi et les Saoudiens écraseraient le soulèvement populaire à Bahreïn. Cette dernière tâche étant accomplie, le roi aux mains tachées de sang de Bahreïn sera un des invités au Mariage Royal à Londres.

Cette réaction est incarnée par David Cameron (premier ministre britannique – NDT) dont le seul véritable travail consiste à s’occuper des relations publiques du magnat de la télévision, Michael Green. Cameron se trouvait dans le Golfe en train de vendre des armes aux tyrannies créées par la Grand-Bretagne lorsque le peuple s’est soulevé contre Abdullah Saleh, au Yémen ; le 18 mars, le régime de Saleh a assassiné 52 manifestants. Cameron n’a rien dit de spécial. Yémen est « l’un des nôtres », comme on aime dire au Foreign Office (Ministère des Relations Extérieures – NDT). Au mois de février, Cameroun s’est démasqué en lançant une attaque contre ce qu’il a appelé un « état multiculturel » - nom de code pour désigner les Musulmans. Il a dit « Nous devons être beaucoup moins tolérants que par le passé ». Il fut applaudi par Marine Le Pen, dirigeante du parti fasciste français, le Front National. « C’est exactement le genre de déclaration qui nous a valu d’être exclus de la vie publique pendant 30 ans », a-t-elle déclaré au Financial Times. « Je ne peux que le féliciter ».

Dans ses périodes les plus rapaces, l’Empire britannique produit des quantités industrielles de David Cameron. Contrairement à de nombreux « civilisateurs » de l’ère victorienne, les guerriers sédentaires modernes à Westminster – pensez à William Hague, Liam Fox et le vicieux Nick Clegg – n’ont jamais été en contact avec les souffrances et le sang provoqués par leurs paroles et leurs actions. Avec leurs manières légèrement décontractées et toujours arrogantes, ils sont aussi lâches à l’étranger qu’ils le sont chez eux. La Guerre et le Racisme et la destruction du modèle de social-démocratie britannique sont leur cadeau. Ne l’oubliez pas lorsque vous descendrez par centaines de milliers dans les rues, comme le devoir vous l’impose.
Traduction « toute ressemblance avec un agité à l’Élysée... » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles
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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 15:23

La base secrète Pine Gap serait une arme sismique au centre de l'Australie
 
PineGap_sign
 
Les USA disposent à la fois de l'arme climatique (HAARP) mais aussi de l'arme sismique. Au centre de l'Australie, sur la base américaine de Pine Gap, une antenne s'enfonce à 8 km de profondeur dans l'écorce terrestre. Elle émettrait des ondes basses fréquences qui peuvent être dirigées vers des zones instables en provoquant des séismes.

Elle peut aussi être utilisée pour générer une énorme onde stationnaire autour de la Terre.

Officiellement, la base est l'un des centres de contrôle les plus importants des satellites espions, et l'antenne est utilisée pour recharger les batteries des sous-marins par le biais d'émissions ELF.

Pine Gap est située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest d'Alice Springs. D'après les témoignages des habitants, une quantité incroyable de matériel a été acheminée par avion depuis les Etats-Unis. Les locaux déclarent également qu'une énorme quantité de nourriture est conservée dans les entrepôts de ce qui pourrait bien être une véritable cité souterraine de plusieurs niveaux
Pine Gap est un endroit qui me fascine au plus haut point, pour différentes raisons.
- Bien sur, la première est le bruit qui court comme quoi Pine Gap possèderait une "Jump Room" vers Mars...
- Une autre raison, c'est que pour une base US en plein milieu de nulle part, elle ne possède pas de piste d'atterrissage; le plus proche: Alice Springs Airport 16 KM à vol d'oiseau et pas vraiment facile de s'y rendre par la route.
A se demander comment ils ont acheminé tout ça sans avions.
Cela implique également, et ce point me semble aussi important, que quand des officiels, hauts gradés ou hauts fonctionnaires de l'état y font une visite, ils sont obligés de se taper la route...!
- Elle semble posséder son propre générateur d'énergie (à mon avis le bâtiment gris en bas à gauche sur la photo), pas de ligne HT à proximité, quelle source d'énergie utilisée ??
- L'espèce de T que forme la base est pile poil orienté sur les axes N-S/E-O.
Il semble que ce soit vraiment voulu, mais pourquoi ? Ce n'est pas le cas pour Area 51 par exemple. Qu'est exactement Pine Gap ?


pine_g10

Aussi étrange que cela puisse paraître, même les membres du Parlement Fédéral Australien ne le savent pas. Seul un petit nombre "d'initiés" parmi les membres du Cabinet ont une vague idée de quoi il s'agit exactement.
Les seules informations disponibles au public proviennent de recoupements effectués par des chercheurs privés tels que Jimmy Guieu, en suivant des instructions trouvées dans des magazines américains ou australiens (toujours de courts paragraphes) et récupérant divers témoignages de locaux.
Sous Pine Gap se trouve le plus grand trou jamais creusé en Australie plus de 8 km ( soit 25 fois la Tour Effel,  1,6 fois le Mont Blanc) !!
Un tel trou est généralement utilisé comme une antenne souterraine permettant de recharger les batteries de sous-marins dans les océans Pacifique et Indien par le biais d'émissions ELF.
Une telle antenne gigantesque peut être utilisée pour générer une énorme onde stationnaire autour de la Terre.

Certains pensent que Pine Gap est un énorme générateur nucléaire fournissant de l'énergie à un nouveau type d'émetteur.


pinegap

Il semble également qu'un accélérateur de plasma à haut voltage particulièrement puissant puisse être installé afin de transmettre du courant électrique, ou même de produire un "rayon de la mort", ou tout simplement pour alimenter une arme à plasma.                       
Tout ceci n'est pas si incroyable qu'il y paraît : on sait aujourd'hui que la base américaine de West Cape possède un type d'émetteur précédemment utilisé à Pine Gap et qui sert à envoyer du courant électrique aux sous-marins américains immergés traînant derrière eux un fil d'antenne. Les courants électriques ainsi transmis sont appelés cellules plasmo-dynamiques.
Des habitants locaux eurent en de diverses occasions la possibilité de voir des disques blancs d'environ 30 m de diamètre en train d'être déchargés d'énormes avions-cargos dans les aéroports desservant Pine Gap. Ces disques portaient l'emblème de l'USAF
Il semble qu'ils étaient assemblés et basés à Pine Gap. Le nombre de disques observés la nuit ne laisse aucun doute dans l'esprit de chacun. Une quantité incroyable de matériel fut acheminée par avion depuis les Etats-Unis. Les locaux déclarent également qu'une énorme quantité de nourriture est conservée dans les entrepôts de ce qui pourrait bien être une véritable cité souterraine de plusieurs niveaux.
Pine Gap est également bien connue pour être un des centres de contrôle les plus importants de satellites espions tournant autour du globe. Un article publié fin 1973 indique que l'installation de Pine Gap, avec son installation sœur à Guam, fut utilisée pour contrôler les missions photographiques des grands satellites américains en orbite autour de la Terre.
Pine Gap possède d'énormes ordinateurs connectés à leurs équivalents américains et australiens, collectant l'ensemble des informations relatives à la sécurité dans ces pays, non seulement à propos de la finance et des technologies, mais également sur tout aspect de la vie du citoyen lambda.
Ces ordinateurs sont connectés à des serveurs centraux situés à Guam, à Krugersdorp en Afrique du Sud, et à la base américaine d'Amundsen-Scott au Pôle Sud.


 sept1st_anzus_meeting_1952                  

Tout commença avec la construction du nouveau Parlement à Canberra, qui coûta plusieurs milliards de dollars. L'Australie possède seulement 18 millions d'habitants, (...) Ce nouvel édifice, énorme, immense et magnifique répondrait facilement aux besoins de l'URSS ou des Etats-Unis, qui ont eux des centaines de millions de citoyens à diriger. Cette construction m'intriguait complètement, et je commençai à en parler jusqu'au jour où je tomba sur un anglais m'apprenant que le Premier Ministre australien, Bob Hawk, était un élève de Rhodes, et en tant que tel travailla sur l'élaboration d'un Gouvernement Mondial, ce à quoi de nouvel édifice parlementaire semblait fortement se rapporter.
Je tombais peut de temps après sur un pamphlet publié par l'Organisation des Droits de l'Homme à propos d'un groupe d'un centaine de personnes relativement bien placées dans les milieux de la haute-finance, de la politique, et dans les branches judiciaires et du commerce international. Ce groupe était appelé le Club de Rome. D'après ce pamphlet, le Club de Rome obéissait à un consortium contrôlant l'ensemble de la finance internationale. Nombre d'autres groupes similaires à celui du Club de Rome sont également aux ordres de ce consortium financier, et infiltrent divers groupes politiques et religieux dans l'intention d'établir à terme une dictature mondiale.
La chose dans son ensemble semblait quelque peu trop irrationnelle pour être vraie, me semblait-il. Cependant, un de mes amis me donna une cassette audio enregistrée par Peter Sawyer, un ancien fonctionnaire Australien de haut-rang, exposant un certain nombre de faits notés alors qu'il était en place.
Il parlait en particulier d'une central téléphonique à Camberra nommé le "Centre Deacon". Ce central, construit avec des murs d'une épaisseur de 12 m, coûta des centaines de millions de dollars. Il est équipé de nombreux ordinateurs, répartis en plusieurs niveaux. Il découvrit, lorsqu'il tenta de trouver pourquoi un tel équipement était nécessaire dans un pays de 18 millions d'habitants, que ces ordinateurs étaient connectés à toutes les banques, tous les bureaux de poste, tous les téléphones, tous les postes de police et toutes les maisons de particuliers ; à chaque bureau d'arrivée ou de départ d'avion ou de bateau, et également et par-dessus tout, aux autres centres de données collectant des données sur les citoyens moyens... résidant aux Etats-Unis comme en Europe.

 
http://www.rr0.org/PineGap_Gille.html

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