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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 06:50

 

http://dreamorlive.files.wordpress.com/2010/07/3eme-guerre-mondial.jpg

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ALEX JONES : ISRAËL SUR LE POINT D'ATTAQUER L'IRAN
 
jeudi 13 octobre 2011
  
Selon les infos d'Alex Jones, Israël attaquera l'Iran d'ici 2 semaines. Des sources de l'armée lui auraient confirmé que le GO a été donné pour attaquer. Steve Pieczenik, qui est très bien informé, est venu confirmer la nouvelle.

Alors qu'Obama est incroyablement impopulaire, ils activent le plan qui était prévu depuis belle lurette. Ils ont besoin de cette guerre et des attaques sous faux pavillon blamant les iraniens pour créer l'ultime diversion en cette période où la pression sur eux est de plus en plus grande.



Source: http://eso-news.blogspot.com/#ixzz1ai3wXvU6

 

 

NB Eva R-sistons : D'où la libération du soldat de Tsahal Shalit (le préserver des retombées) et les faits faussement imputés à l'Iran.

 

 

Assez dépensé pour les armes nucléaires !

Pétition.

 

Faites signer la pétition de Global Zero qui appelle les décideurs politiques du monde entier à revoir leurs priorités et à faire passer les services sociaux et publics essentiels avant les armes nucléaires. Rejoignez-moi !

http://cutnukes.globalzero.org

LES FAITS : Nos gouvernements se sont engagés à dépenser dans les dix prochaines années plus de 713 milliards d'euros pour des armes nucléaires.

 

 

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http://www.wikistrike.com/article-la-russie-et-la-chine-se-preparent-a-une-troisieme-guerre-mondiale-contre-les-etats-unis-d-amerique-86216176.html

 


« Les relations sino-russes n’ont jamais été aussi bonnes »

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Les derniers posts guerre sur mon blog sos-crise

(voir à catégorie GUERRES..)

 

Le fardeau des dépenses militaires

Les citoyens turcs boucliers humains et chair à missiles pour les US et Israël

Un autre regard sur les événements en Syrie (Michel Collon)

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:47
Libye
Et si l’ONU retrouvait sa raison d’être...
jeudi 6 octobre 2011
par La rédaction
Si, par simple prudence, l’ONU refusait de servir de caution aux guerres censées masquer, quelques temps encore, l‘effondrement de l’empire atlantiste, elle procéderait immédiatement à la mise à jour de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité. Voici quelques suggestions de corrections qui semblent désormais indispensables, dès lors que la censure orchestrée par les médias complices se révèle de plus en plus contre-productive.
ONU - Résolution 1973
Suggestions de corrections :

-  Considérant que les attaques généralisées et systématiques actuellement commises par l’OTAN et son allié AL Qaïda opérant sous le logo « CNT » en Jamahiriya arabe libyenne contre la population civile peuvent constituer des crimes contre l’humanité,

-  Constatant que la situation en Jamahiriya arabe libyenne reste une menace pour la paix et la sécurité internationales,

-  Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

-  1. Exige un cessez-le-feu immédiat et la cessation totale des violences et de toutes les attaques et exactions contre la population civile ;

-  2. Souligne qu’il faut redoubler d’efforts pour apporter une solution à la crise, qui satisfasse les revendications légitimes du peuple libyen,

-  3. Exige de l’OTAN et son allié AL Qaïda opérant sous le logo « CNT » qu’elles respectent les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire, du droit des droits de l’homme et du droit des réfugiés, et prenne toutes les mesures pour protéger les civils et satisfaire leurs besoins élémentaires, et pour garantir l’acheminement sans obstacle ni contretemps de l’aide humanitaire ;

-  4. Demande à tous les États Membres, de garantir la stricte application de l’embargo sur les armes. Demande particulièrement à la France et au Qatar de mettre tout en œuvre, comme le réclament les parlementaires allemands inquiets pour la sécurité de l’aviation civile, pour récupérer les missiles surface-air qu’ils ont livrés à Al Qaïda.

(...)

-  16. Déplore les flux continus de mercenaires qui arrivent en Jamahiriya arabe libyenne pour servir l’OTAN et son allié AL Qaïda opérant sous le logo « CNT » et appelle tous les États Membres à respecter strictement les obligations mises à leur charge par le paragraphe 9 de la résolution 1970 (2011) afin d’empêcher la fourniture de mercenaires armés.

-  17. Décide que tous les États interdiront à tout aéronef de l’OTAN, de décoller de leur territoire, de le survoler ou d’y atterrir, à moins que le vol ait été approuvé par avance par le Comité ou en cas d’atterrissage d’urgence ;

(...)

 


Témoignage :

par Allain Jules

Nous vous écrivons avec la conviction que vous avez le pouvoir et la possibilité de faire parvenir une aide humanitaire à une bonne partie de la population Libyenne qui subit quotidiennement torture et exactions de la part de ce qu’on appelle les « rebelles insurgés » . Des milliers de disparus ainsi que des milliers de jeunes (souvent des moins de 18 ans) qui n’ont aucun rapport avec la situation politique ou militaire sont emmenés brutalement dans des camps et prisons secrètes sur une simple base appartenance ethnique et tribale.


Plusieurs localités ainsi que des familles subissent un véritable nettoyage ethnique comme ce qu’ont connu les habitants de Taourgha, Elquoualish et Laâouina. Avec aussi des déportations, massacres et extermination par les faim des villes assiégées à l’image de Bani Walid et Syrte et ses environs.


Si on s’adresse à vous aujourd’hui ,c’est pour vous mettre devant vos responsabilités sur les plans éthique ,humain et juridique afin de protéger un peuple victime de graves injustices et de massacres comme a rarement connue l’humanité par des bandes armées assoiffées de sang que certains appellent « révolutionnaires »


Nous espérons une intervention rapide et urgente de votre part pour sauver les vies qui restent et pour secourir ces innocents Libyens victimes à chaque instant d’injustices et de barbarie. Pour acheminer aussi une aide humanitaire et médicale d’urgence à la population des villes assiégées.


Vous trouverez en pièces jointes des vidéos montrant une partie de l’horreur vécue par la population de Syrte et l’état désastreux des hôpitaux de cette ville sinistrée et martyrisé par les bombardements aveugles de l’OTAN et de ses révolutionnaires qui ont meurtri la population par leurs tirs à l’arme lourde.




-  Vidéo 1

-  Vidéo 2

-  Vidéo 3

Post-scriptum :

D’autres preuves sur ALGERIA ISP :

Libye - Des rebelles tués à Syrte par les combattants de la résistance

Mise à jour du 7 octobre 2011 : Libye - dernières nouvelles du front

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Images jointes à cet article :
  • Taille : 512 par 335
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  • Titre : "Libération" de Syrte par le CNT
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  • Taille : 735 par 489
  • Poids : 91.9 ko
  • Titre : CNT (allié de l’OTAN) Utilisation massive de lance-flammes contre les civils de Syrte
  • Format : JPG
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France24 montre l'armée victorieuse du CNT (avec l'aidse e l'OTAN) et fustige les fidèles à Kadhafi, juste un mot qui en dit long sur les atrocités : "Maison par maison"... les soldats entrent partout !
Silence des Médias et de la Communauté internationale sur le génocide en cours !
L'Occident est diabolique !

Merci à Sarkozy, au "philosophe" BHL, à Cameron, au Prix Nobel de la Paix Obama, à l'OTAN....
Vous avez dit guerres pour protéger la population ?
eva R-sistons

Le Monde, Le Nouvelobs, et la Libye. Vous avez dit presse libre ?

Libye – Les raisons du génocide de Syrte

 

 

Publié le10 octobre 2011 par

535


syrte

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:44

 

 

Le 7 octobre 2001: La décision de l'OTAN et des États-Unis d'envahir l'Afghanistan. Le prétexte d'une « guerre juste ».
10 ans de guerre illégale

 


Le 7 octobre 2001: La décision de l'OTAN et des États-Unis d'envahir l'Afghanistan. Le prétexte d'une « guerre juste ».
10 ans de guerre illégale
par Michel Chossudovsky

 

 

En 2010, Obama, Prix Nobel de la Paix 2010, annonçait l’intensification du conflit en Afghanistan avec l’envoi de 30,000 soldats supplémentaires, Michel Chossudovsky nous rappelle que cette guerre, conséquence la plus visible et pourtant la plus méconnue des attentats du 11 Septembre, est illégale et criminelle aux yeux du Droit International. Cet article a été rédigé le 21 décembre 2009.


Pourquoi les Américains et l’OTAN ont-ils envoyé des soldats en Afghanistan ?

Comment justifie-t-on la guerre menée dans ce pays de 28 millions d’habitants ?

Qu’est-ce qui justifie l’escalade militaire d’Obama ?

Les médias et le gouvernement des États-Unis continuent à l’unisson de se référer au 11 Septembre et au rôle du réseau al-Qaïda emmené par le « cerveau du terrorisme » Oussama ben Laden [et désormais par ses lieutenants - Ndlr]. Le bombardement et l’invasion de l’Afghanistan sont décrits comme une « campagne » contre les terroristes islamistes plutôt que comme une guerre.

Pourtant, à la date d’aujourd’hui, il n’existe aucune preuve qu’al-Qaïda soit derrière les attaques du 11 Septembre. Il n’y en a pas non plus concernant une quelconque complicité de l’Afghanistan en tant qu’État-nation dans les attaques du 11 Septembre. Dans les semaines qui suivirent les attaques, le gouvernement afghan offrit à deux reprises de livrer ben Laden si la justice des États-Unis présentait d’abord les preuves de son implication. Washington a refusé ces offres.

Où était Oussama le 11 septembre 2001 ?

Aujourd’hui, Oussama ben Laden, le chef d’al-Qaïda, est désigné dans les documents militaires et les déclarations officielles comme le « cerveau » qui a planifié les attaques du 11 Septembre.

Le 10 septembre 2001, d’après CBS news report, Oussama ben Laden avait été admis dans un hôpital militaire pakistanais à Rawalpindi (CBS Evening News with Dan Rather;  CBS, 28 janvier 2002, voir aussi Michel Chossudovsky, Où était Oussama le 11 septembre 2001 ?(en anglais), Global Research, 11 septembre 2008):

« DAN RATHER, PRÉSENTATEUR SUR CBS : Tandis que les États-Unis et leurs alliés dans la Guerre contre le terrorisme resserrent la traque d’Oussama ben Laden, CBS News s’est procuré une information exclusive ce soir concernant le lieu où se trouvait ben Laden et ce qu’il faisait durant les quelques heures juste avant que ses hommes ne frappent les États-Unis le 11 Septembre.

Ceci est le résultat d’une investigation très fouillée conduite par une équipe de journalistes de CBS News, et par un des meilleurs correspondants de presse à l’étranger, Barry Petersen de CBS. Voici son reportage:

(DÉBUT DU REPORTAGE VIDÉO): BARRY PETERSEN, CORRESPONDANT POUR CBS (voix off): Tout le monde se souvient de ce qui s’est passé le 11 Septembre. Voici l’histoire de ce qui a pu se passer la nuit précédente. C’est une histoire aussi folle que la traque de ben Laden elle-même.

CBS News a obtenu l’information selon laquelle la nuit précédant les attaques terroristes du 11 Septembre, Oussama ben Laden était au Pakistan. Il recevait des soins médicaux, entouré de l’armée pakistanaise, celle-là même qui promettra quelques jours plus tard de soutenir les États-Unis dans la Guerre contre le terrorisme en Afghanistan. » (CBS, op. cit., souligné par l’auteur)

Convalescent dans son lit d’hôpital à Rawalpindi le 11 septembre, comment Oussama aurait-il pu coordonner les attaques?

Comment l’Afghanistan a-t-il été rendu responsable des attaques attribuées à al-Qaïda? Ben Laden est un citoyen saoudien qui, d’après CBS News, n’était pas en Afghanistan, mais au Pakistan au moment des événements.

L’invasion de l’Afghanistan: la clause de défense collective de l’OTAN

L’argument légal avancé par Washington et par l’OTAN pour envahir l’Afghanistan fut que les attaques du 11 Septembre constituaient une « attaque armée » lancée par surprise « depuis l’étranger » par une puissance anonyme étrangère, et qu’en conséquence « les lois de la guerre » s’appliquaient, permettant à la Nation attaquée de répliquer en vertu du droit à « la légitime défense ».

La « Guerre globale contre le terrorisme » a officiellement été lancée par l’administration Bush le 11 septembre 2001. Le lendemain matin (le 12 septembre 2001), la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord de l’OTAN adoptait la résolution suivante:

« s’il s’avère que les attaques [du 11 Septembre] contre les États-Unis ont été lancées depuis l’étranger [l'Afghanistan] contre « la Zone Nord-Atlantique », elles seront considérées comme une action relevant de l’Article 5 du Traité de Washington. » (souligné par l’auteur)

L’article 5 du traité de Washington stipule à cet égard que :

« Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles, survenant en Europe ou en Amérique du Nord, sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et en accord avec les autres parties, toute action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. » (OTAN, « Qu’est-ce que l’Article 5? »,  NATO Topics – NATO and the Scourge of Terrorism, page consultée le 24 novembre 2009, souligné par l’auteur)

L’ « emploi de la force armée » seulement « s’il s’avère que… »

Il y avait un « si » dans la résolution du 12 septembre. L’Article 5 s’appliquerait seulement s’il s’avérait que l’Afghanistan en tant qu’État-nation était complice ou derrière les attaques du 11 Septembre.

Sur le terrain, on avait balayé le « si » bien avant le 11 Septembre. Tout l’arsenal de l’OTAN était déjà sur le chemin de la guerre. Dit en termes militaires, les États-Unis et l’OTAN étaient déjà à un stade avancé de préparation. Chose connue des experts, mais jamais révélée dans les médias occidentaux, le déploiement à vaste échelle d’un théâtre de guerre nécessite au moins un an de planification d’opérations avant de pouvoir lancer une invasion. Le recours à l’Article 5 du Traité de Washington a selon toute vraisemblance été imaginé avant le 11 Septembre comme un prétexte pour déclencher la guerre.

Il n’y a pas eu de déclaration de guerre officielle le 12 septembre. L’Alliance a attendu 3 jours avant l’invasion pour déclarer la guerre à l’Afghanistan, un pays sans ressources dont on a du mal à imaginer qu’il ait pu s’en prendre à l’un des membres des États de la Zone Atlantique-Nord.

La résolution du Conseil de l’OTAN le 12 septembre exigeait la « vérification » et des preuves corroborant les points suivants :

1) Al-Qaïda, emmené par Oussama ben Laden, a commandé « l’attaque depuis l’étranger » contre les États-Unis d’Amérique ;

2) Les attaques terroristes du 11 Septembre constituent un authentique cas d’opération militaire (conformément aux dispositions de l’Article 5) par un pays étranger (l’Afghanistan) contre un pays membre de l’OTAN, et par conséquent contre tous les membres de l’OTAN suivant la clause de défense collective :

« L’Article 5 et le cas des attaques terroristes menées contre les États-Unis

Les États-Unis ont été l’objet de brutales attaques terroristes. Ils ont immédiatement entrepris des consultations avec les autres membres de l’Alliance. Cette dernière a établi que les États-Unis avaient été l’objet d’une attaque armée. Elle a donc décidé que, s’il est déterminé que cette attaque est effectivement venue de l’étranger, elle considèrera que le cas relève de l’application de l’Article 5. Le Secrétaire général de l’OTAN, Lord Robertson, a ensuite informé le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies de la décision prise par l’Alliance.

L’Article 5 a donc été invoqué, mais il n’a pas encore été établi si l’attaque menée contre les États-Unis avait été dirigée depuis l’étranger. Si cela est établi, chaque Allié examinera alors l’assistance qu’il devrait apporter. Dans la pratique, il y aura des consultations entre les Alliés. Toute action collective de l’OTAN sera, le cas échéant, décidée par le Conseil de l’Atlantique Nord. Les États-Unis peuvent également mener des actions indépendantes, dans le respect des droits et des obligations que leur confère la Charte des Nations Unies.

Les Alliés peuvent apporter toute forme d’aide qu’ils jugent appropriée face à la situation. Cette aide, qui n’est pas nécessairement militaire, dépend des ressources matérielles de chaque pays. Chaque membre détermine les modalités de sa contribution et consulte les autres membres, sans perdre de vue que l’objectif ultime est de " rétablir et d’assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord".

En invoquant l’Article 5, les membres de l’OTAN ont manifesté leur solidarité envers les États-Unis et condamné, de la manière la plus vigoureuse, les attaques terroristes perpétrées contre ce pays le 11 Septembre.

Si les conditions sont réunies pour que soit appliqué l’Article 5, les Alliés de l’OTAN décideront comment ils assisteront les États-Unis. (De nombreux Alliés ont explicitement offert leur aide sous forme de secours d’urgence). Chaque Allié est tenu d’aider les États-Unis en prenant, individuellement et en accord avec les autres Alliés, les mesures qu’il juge appropriées. Il s’agit d’une obligation individuelle pour chaque Allié et il appartient à chacun d’eux de déterminer ce qu’il juge nécessaire dans ces circonstances particulières.

Aucune action collective ne sera entreprise par l’OTAN avant que de nouvelles consultations n’aient eu lieu et que d’autres décisions n’aient été prises par le Conseil de l’Atlantique Nord. » (OTAN, NATO Topics – NATO and the Scourge of Terrorism, page consultée le 24 novembre 2009, souligné par l’auteur)

Le mystérieux rapport Taylor

Il ne fut finalement décidé d’invoquer l’Article 5 pour le cas du 11 Septembre que trois semaines plus tard, lorsqu’un mystérieux rapport fut soumis au Conseil de l’OTAN par un officiel du Département d’État américain du nom de Franck Taylor. Le rapport fut soumis à l’OTAN le 2 octobre 2001, soit 5 jours avant le commencement du bombardement et de l’invasion de l’Afghanistan.

Franck Taylor travaillait au Département d’État américain. On lui avait confié la rédaction d’un document devant établir si l’attaque contre les États-Unis « avait été dirigée depuis l’étranger », faisant suite à la résolution du Conseil de l’OTAN du 12 septembre 2001.

L’ambassadeur extraordinaire des États-Unis Franck Taylor, également coordinateur pour le contre-terrorisme, défendit son rapport devant le Conseil de l’OTAN seulement le 2 octobre, soit cinq jours avant le début des bombardements.

Le 2 octobre, il remit son document à l’OTAN, basé « sur les résultats de l’enquête relative aux attentats du 11-Septembre. » (OTAN – Les Dossiers de l’OTAN : L’OTAN et la lutte contre le terrorisme, page consultée le 24 November 2009)

Ce rapport, classifié, n’a pas été diffusé dans les médias. À notre connaissance, il n’a pas été déclassifié à ce jour.

Le Secrétaire général de l’OTAN Lord Robertson a négligemment résumé le contenu du rapport Taylor dans une déclaration à la presse :

« Ce matin, les États-Unis ont informé le Conseil de l’Alliance Nord-Atlantique des conclusions d’une enquête qui visait à déterminer l’origine des terribles attaques terroristes survenues le 11 Septembre.

La séance d’information a été conduite par Franck Taylor, du Département d’État américain, Coordinateur pour le contre-terrorisme.

Cette séance fait suite à celles qu’ont données le Député des États-Unis et Secrétaire adjoint au Département d’Etat Richard Armitage et le Député des États-Unis et Secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz, illustrant l’engagement des États-Unis dans une étroite coopération avec les Alliés.

Les informations de la séance d’aujourd’hui sont classifiées, aussi je ne peux pas vous donner tous les détails.

Les informations sont également données directement par les États-Unis aux Alliés dans les capitales.

La séance se rapportait aux événements du 11 Septembre, ce sont les conclusions de l’investigation au jour d’aujourd’hui, ce que l’on sait sur Oussama ben Laden et sur l’organisation al-Qaïda et leur implication dans les attaques et dans de précédentes actions terroristes, et sur les liens entre al-Qaïda et le régime taliban en Afghanistan.

Les faits sont clairs et accablants. Les informations données désignent sans erreur possible al-Qaïda comme étant à l’origine des attaques du 11 Septembre.

Nous savons que les individus qui ont perpétré ces attaques faisaient partie du réseau international al-Qaïda, dirigé par Oussama ben Laden et ses proches lieutenants, et protégé par les talibans.

Sur la base de ces informations, il est maintenant déterminé que les attaques contre les États-Unis le 11 Septembre provenaient de l’étranger et doivent donc être considérées comme relevant de l’Article 5 du Traité de Washington, qui stipule qu’une attaque armée contre l’un ou plusieurs Alliés en Europe ou en Amérique du Nord doit être considérée comme une attaque contre eux tous.

Je veux dire encore une fois que les États-Unis peuvent compter sur le plein soutien de ses 18 Alliés de l’OTAN dans sa campagne contre le terrorisme. (Lord Robertson, Secrétaire général de l’OTAN, déclaration au Conseil de l’OTAN, Appendice H, Réponse multinationale au 11 Septembre, NATO Press, (en anglais), page consultée le 24 novembre 2009, souligné par l’auteur)

En d’autres termes, deux jours avant le commencement effectif des frappes le 7 octobre, le Conseil de l’Alliance Atlantique décida, sur la foi des informations fournies par Frank Taylor au Conseil « que les attaques étaient dirigées depuis l’étranger » par al-Qaïda, emmené par Oussama ben Laden, et que ces attaques appelaient une réponse de la part de l’OTAN dans le cadre de  l’Article 5 du Traité de Washington. (OTAN – Les Dossiers de l’OTAN: L’OTAN et la lutte contre le terrorisme)

Deux jours plus tard, le 4 octobre, les Alliés de lOTAN s’accordent sur huit mesures encadrant leur soutien aux États-Unis, qui sont l’équivalent d’une déclaration de guerre :

«  – renforcer, tant sur le plan bilatéral qu’au sein des instances appropriées de l’OTAN, le partage des données du renseignement et la coopération dans ce domaine en ce qui concerne les menaces que fait peser le terrorisme, et les mesures de lutte à prendre dans ce contexte ;

- fournir, à titre individuel ou collectif, en fonction des besoins et de leurs capacités, une aide [militaire] aux Alliés et aux autres États qui font ou qui pourraient faire l’objet de menaces terroristes accrues par suite de leur soutien à la campagne menée contre le terrorisme ;

- prendre les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité des installations des États-Unis et des autres Alliés sur leur territoire ;

- assurer, dans la zone de responsabilité de l’OTAN, le remplacement de certains moyens alliés, qui sont nécessaires pour un soutien direct aux opérations contre le terrorisme ;

- accorder des autorisations de survol générales pour les appareils des États-Unis et d’autres Alliés, conformément aux arrangements requis en matière de circulation aérienne et aux procédures nationales, pour les vols militaires liés à des opérations contre le terrorisme ;

- assurer aux États-Unis et à d’autres Alliés l’accès aux ports et aux aérodromes situés sur le territoire de pays de l’OTAN pour des opérations de lutte contre le terrorisme, notamment pour le ravitaillement, conformément aux procédures nationales ;

- montrer que l’Alliance est prête à déployer des éléments de ses forces navales permanentes en Méditerranée orientale pour assurer une présence de l’OTAN et montrer sa détermination ;

- montrer qu’elle est également prête à déployer des éléments de la NAEWF pour appuyer des opérations contre le terrorisme. » (OTAN – Les Dossiers de l’OTAN: L’OTAN et la lutte contre le terrorisme, page consultée le 24 novembre 2009, souligné par l’auteur)

Dans la presse, l’écho du rapport Taylor devant le Conseil de l’OTAN fut pratiquement inexistant. L’invocation de l’Article 5 cinq jours avant que ne commencent les frappes a été à peine mentionnée. Le consensus médiatique était que « toutes les routes mènent à ben Laden » comme si ben Laden était un État-nation qui avait attaqué l’Amérique.

Mensonges et manipulations, voilà purement et simplement de quoi il s’agit. En outre, avant le 2 octobre, l’OTAN ne disposait d’aucun prétexte relevant de l’Article 5 du Traité de Washington pour intervenir militairement en Afghanistan.

Le prétexte a été fourni par le rapport classifié de Franck Taylor, document qui [depuis] n’a pas été rendu public.

Les deux résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU adoptées suite au 11 Septembre ne fournissaient absolument pas de justification pour l’invasion et l’occupation illégales d’un pays de 28 millions d’habitants, membre des Nations-Unies. (voir la Résolution 1368 du Conseil de Sécurité (2001), Menaces contre la paix et la sécurité internationales résultant d’actes de terrorisme, et la Résolution 1373 du Conseil de Sécurité (2001), Menaces contre la paix et la sécurité internationales résultant d’actes de terrorisme)

La Résolution 1373 du Conseil de Sécurité de l’ONU en appelait à une prévention et à la fin des actes terroristes, aussi bien qu’à la suppression du financement du terrorisme :

e) Veillent à ce que toute personne qui participe au financement, à l’organisation, à la préparation ou à la perpétration d’actes de terrorisme ou qui y apporte un appui soit traduite en justice, à ce que, outre les mesures qui pourraient être prises contre ces personnes, ces actes de terrorisme soient érigés en crimes graves dans la législation et la réglementation nationales et à ce que la peine infligée soit à la mesure de la gravité de ces actes ;

[...]

3. Demande à tous les États :

a) De trouver les moyens d’intensifier et d’accélérer l’échange d’informations opérationnelles, concernant en particulier les actions ou les mouvements de terroristes ou de réseaux de terroristes, les documents de voyage contrefaits ou falsifiés, le trafic d’armes, d’explosifs ou de matières sensibles, l’utilisation des technologies de communication par des groupes terroristes, et la menace que constituent les armes de destruction massive en possession de groupes terroristes ;

b) D’échanger des renseignements conformément au droit international et national et de coopérer sur les plans administratif et judiciaire afin de prévenir les actes de terrorisme ;

[...]

4. Note avec préoccupation les liens étroits existants entre le terrorisme international et la criminalité transnationale organisée, la drogue illicite, le blanchiment d’argent, le trafic d’armes et le transfert illégal de matières nucléaires, chimiques, biologiques et autres présentant un danger mortel et, à cet égard, souligne qu’il convient de renforcer la coordination des efforts accomplis aux échelons national, sous-régional, régional et international afin de renforcer une action mondiale face à

ce grave problème et à la lourde menace qu’il fait peser sur la sécurité internationale;

5. Déclare que les actes, méthodes et pratiques du terrorisme sont contraires aux buts et aux principes de l’Organisation des Nations Unies et que le financement et l’organisation d’actes de terrorisme ou l’incitation à de tels actes en connaissance de cause sont également contraires aux buts et principes de l’Organisation des Nations Unies; (extraits de la Résolution 1373 du Conseil de Sécurité de l’ONU (2001))

Nulle part dans cette résolution il n’est fait mention d’une intervention militaire contre un État membre des Nations-Unies.

La guerre conduite par les États-Unis contre l’Afghanistan, utilisant le 11 Septembre comme un prétexte et une justification, est illégale et criminelle.

Les chefs d’État et de gouvernement des États-Unis et des pays de l’OTAN depuis 2001 jusqu’à aujourd’hui sont complices dans la conduite d’une guerre criminelle et illégale.


Michel Chossudovsky
Le 21 décembre 2009

Article original en anglais : « October 7, 2001: America and NATO's Decision to Invade Afghanistan. The Pretext to Wage a "Just War"», publié en 2009 sous le titre « September 11, 2001: America and NATO Declare War on Afghanistan: NATO's Doctrine of Collective Security » (« 11 septembre 2001: Les États-Unis et l’OTAN déclarent la guerre à l’Afghanistan. La clause de défense collective de l’OTAN.»)

 Traduction Loïc et GV pour ReOpenNews, janvier 2010.



Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues). 

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26966

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:39
Dangereux Président au seul service des intérêts de l'Empire, entièrement à ses ordres ! Puissant facteur de destabilisation, de désordre dans le monde, fervent supporter de guerres, par servilité envers ses maîtres, pour faire parler de lui, par cynisme, par haine (de lui, donc des autres), et sans doute aussi dans l'espoir de gagner quelques voix en 2012 ! Ses interventions en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, en Libye, ses appels indirects à la guerre contre la Syrie et contre l'Iran, ses ingérences en Turquie et en Georgie (avec risque de réactivation du conflit à la clef, cette fois contre la Russie !), en font un dangereux personnage, facteur de divisions, de conflits, de haine, de guerres, de tragédies humaines épouvantables.
Alerte ! Cet homme est dangereux ! Et il est maître de l'arme nucléaire en France ! Il va faire de la planète une poudrière, avec ses amis des Etats voyous anglais, américain, israélien ! C'est un néoconservateur incontrôlable ! Pire que Bush !
Eva R-sistons à l'horreur des guerres inutiles, coûteuses, prédatrices, coloniales, meurtrières !

 

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Génocide arménien :
Sarkozy provoque la colère de la Turquie


En visite en Arménie jeudi et vendredi, Nicolas Sarkozy à appeler Ankara à reconnaître rapidement le génocide arménien. Des propos qui ont provoqué la colère de la Turquie. "Il serait mieux, pour la sérénité en France, en Europe et dans le monde, que Nicolas Sarkozy abandonne le rôle d'historien", a ainsi commenté le ministre turc aux Affaires européennes, Egemen Bagis.


La visite de Nicolas Sarkozy en Arménie fait des remous en Turquie. En déplacement officiel à Erevan jeudi et vendredi, le président français a invité Ankara à reconnaître rapidement le génocide arménien. "Il ne revient pas à la France de poser un ultimatum à qui que ce soit, ce n'est pas une façon de faire (...) mais enfin, à travers les lignes, vous pouvez comprendre que le temps n'est pas infini, 1915-2011, il me semble que pour la réflexion c'est suffisant", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue arménien Serge Sarkissian. A plusieurs reprises, il a invité la Turquie à "revisiter son histoire" ou encore à "regarder son histoire en face". "La France a reconnu la sentence de mort décrétée alors contre tout un peuple en l'appelant par son nom, le seul possible, un génocide", a-t-il insisté.

Des propos très applaudis par l'assistance. Mais à Ankara, la réaction du gouvernement n'a pas tardé, via le ministre aux Affaires européennes, Egemen Bagis. "Il serait mieux, pour la sérénité en France, en Europe et dans le monde, que Nicolas Sarkozy abandonne le rôle d'historien et se creuse un peu la tête pour sortir son pays du gouffre économique dans lequel il se trouve et produise des projets pour l'avenir de l'Union européenne."

La Turquie y voit une manœuvre électoraliste

Le message était clair. Mais Egemen Bagis en a pourtant remis une couche, déclarant quelques minutes après, selon l'agence de presse Anatolie : "Notre mission, en tant qu'hommes politiques, n'est pas de définir le passé ou les événements du passé. C'est de définir l'avenir." Et de reprocher à Nicolas Sarkozy "une exploitation [du sujet] à l'approche de l'élection" présidentielle française. "Sarkozy a probablement adopté ce type d'approche après avoir été effrayé par les derniers sondages politiques en France", a-t-il ainsi insisté. Il a été suivi par son ministre de tutelle, le chef de la diplomatique turque, Ahmet Davutoglu. Ce dernier a en effet dénoncé "l'opportunisme politique" de "propos qui s'inscrivent totalement dans le contexte électoral en France". "Ceux qui disent à la Turquie de se réconcilier avec son passé doivent d'abord se regarder dans un miroir", a-t-il lancé, faisant allusion au passé colonial de la France.

Avant son élection en 2007, le candidat Sarkozy avait en effet promis aux représentants de la communauté arménienne de France - environ 500.000 personnes - de soutenir le vote d'un texte de loi spécifique réprimant la négation du génocide de 1915. Mais le texte n'est jamais entré en vigueur, faute d'une majorité au Sénat et surtout du soutien du gouvernement. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs confirmé que si la Turquie ne faisait pas "ce geste de paix, ce pas vers la réconciliation", il envisagerait de proposer l'adoption du texte. Cette "réaction de la France se ferait connaître dans un délai assez bref (...)  qui en tout état de cause englobe la durée de mon mandat" en avril 2012, a-t-il déclaré, avant d'ajouter : "Si je ne le précise pas [ce délai] c'est que j'espère toujours" des réactions "turques".

Sarkozy "n'a pas évoqué de délai" selon Guéant

Présent à Ankara vendredi pour la signature d'un accord de coopération sécuritaire, le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a tenté de dégonfler la polémique. "Il convient de s'en tenir strictement aux propos du président de la République sans les interpréter", a-t-il déclaré, assurant que Nicolas Sarkozy n'avait "pas évoqué de délai" pour une reconnaissance par la Turquie du génocide arménien. Interrogé sur la réaction de la France en cas d'une hypothétique reconnaissance par la Turquie d'un "génocide des Algériens", il a tenté de couper court au débat : "Le président de la République est allé en Algérie, il a eu des propos extrêmement forts sur ce moment douloureux de notre passé entre l'Algérie et la France. Il a tourné la page."

Dans ce dossier, la Turquie estime qu'entre 300.000 et 500.000 personnes ont péri en 1915-1916, mais Ankara estime que les Arméniens n'ont pas été victimes d'une campagne d'extermination, mais du chaos des dernières années de l'Empire ottoman. Pour les Arméniens, il s'agit bien d'un génocide, qui a fait plus d'un million et demi de mort. La France, elle, l'a reconnu en 2001.

 

 

http://www.lejdd.fr/International/Europe/Actualite/Sarkozy-provoque-la-colere-de-la-Turquie-en-lui-demandant-de-reconnaitre-rapidement-le-genocide-armenien-402679/?from=headlines

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 06:32
Jeudi 6 octobre 2011
Moscou dénonce la tendance de l'Otan à imposer le scénario libyen

Dans la même rubrique:
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Mercredi 5 Octobre 2011 - 19:31 Le printemps arabe aura-t-il lieu en Algérie ?
Mercredi 5 Octobre 2011 - 14:32 La corne de l'Afrique a faim


Ria Novosti
Mercredi 5 Octobre 2011


Moscou dénonce la tendance de l'Otan à imposer le scénario libyen
Les actions déployées par l'Otan pour protéger la population civile en Libye constituent un "abus grossier des décisions du Conseil de sécurité de l'Onu", et la Russie s'opposera aux efforts de l'Alliance pour faire de ces actions une norme du droit international, indique un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

"Nous nous opposerons fermement à la tendance à faire du « scénario libyen » une norme internationale", car cette tendance "porterait préjudice à l'autorité et à la réputation du Conseil de sécurité de l'Onu",  lit-on dans le communiqué.

La Russie dénonce les démarches de l'Otan visant à utiliser les mêmes méthodes à l'encontre de la Syrie.

"Le projet de résolution bloqué le 4 octobre était fondé sur le désir d'attiser les tensions et d'accuser unilatéralement Damas, et il contenait des menaces de sanctions à l'encontre des autorités syriennes", constate le document de la diplomatie russe.

Moscou juge cette position particulièrement inquiétante compte tenu des affirmations de l'Otan selon lesquelles ses actions visant à appliquer la résolution du Conseil de sécurité sur la Libye constituent un "modèle" que l'Alliance envisage d'utiliser à l'avenir pour assurer la "protection des populations civiles".
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http://www.alterinfo.net/Moscou-denonce-la-tendance-de-l-Otan-a-imposer-le-scenario-libyen_a64592.html
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Voir aussi :
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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 06:21
« Sarkozy sous BHL », une grenade dégoupillée dans la cour de l’Elysée


Gilles Munier
Jeudi 6 Octobre 2011


« Sarkozy sous BHL », une grenade dégoupillée dans la cour de l’Elysée

 

 

Interview de Roland Dumas et Jacques Vergès - Propos recueillis par Gilles Munier (Octobre 2011)


Il y a quelque chose de pourri au royaume de France ! On attendait les révélations de Saif al-islam sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye… À la place, on a eu droit, sur le même sujet, à la relance de l’affaire Bettencourt, le scandale politico-fiscal de la principale actionnaire de la société L’Oréal, puis à un déluge de révélations sur la remise de valises de billets en provenance de présidents africains, par l’entremise de l’avocat de la Françafrique Robert Bourgi (l’un des dénonciateurs, qui reconnaît avoir porté des valises) à des hommes politiques français, toutes tendances confondues. Dans cette atmosphère de fin de règne, on lira avec délectation le pamphlet de Jacques Vergès et Roland Dumas qui connaissent bien les dessous crapuleux du renversement du colonel Kadhafi. Un pamphlet à lire d’une traite*.


Afrique Asie : « Sarkozy sous BHL », le pamphlet que vous venez de publier, est une volée de bois vert contre le pouvoir de l’argent en politique. Pouvoir et argent ont toujours cohabité, sauf peut-être dans certains pays socialistes. Qu’apporte de nouveau la présidence Sarkozy dans ce domaine ?


Roland Dumas : Le pouvoir de l’argent a toujours existé. Au travers des siècles. Dans tous les régimes. Il est triste de voir une grande démocratie ou « prétendue telle » comme la République française, être en proie à un phénomène aujourd’hui décuplé.

Les révélations qui sortent chaque jour sont édifiantes à ce sujet mais la « France Afrique » n’est pas simplement un problème d’argent et de valises de billets. C’est aussi une méthode qui nous ramène des siècles en arrière et qui repose sur des actions militaires, en bref, sur le colonialisme : « Un régime vous déplaît, on le change, on en installe un autre ». Peut-on dire que c’est là le progrès ?


Jacques Vergès : Ce que la présidence Sarkozy apporte de nouveau dans les relations entre pouvoir et argent est l’hypertrophie du rôle de l’argent sale et de la corruption qui s’ensuit, faisant de la République française une République bananière. Ses relations avec les pays africains et arabes ne se font plus à travers des diplomates mais à travers des affairistes douteux.

 


BHL, la « mouche du coche »

 


Afrique Asie : Vous vous en prenez à « Lévy d’Arabie »… BHL. Est-ce la première fois, sous la République, qu’un intellectuel détient publiquement un tel pouvoir? Peut-on comparer son influence à celle de Jacques Attali sur François Mitterrand ou de Marie-France Garaud sur Georges Pompidou puis Jacques Chirac ?


Jacques Vergès : On ne peut comparer les rôles discrets de M. Attali auprès du président Mitterrand ou de Madame Garaud auprès de Georges Pompidou avec le rôle de M. Lévy auprès de Sarkozy qui est un rôle de décideur. Le président Sarkozy entérine les conciliabules de M. Lévy avec des émissaires libyens dans les hôtels parisiens.


Roland Dumas : C’est sans doute la première fois qu’un intellectuel aussi médiocre que M. Bernard-Henry Lévy joue un rôle aussi important dans la République. On ne peut le comparer ni à Jacques Attali qui était une institution dans la République ou à Marie-France Garaud qui disposait d’une relation personnelle avec Georges Pompidou. La situation insolite de M. BHL ne relève ni d’un cas ni d’un autre. Il n’est rien dans la République. Il s’impose. Il virevolte. Il joue les « mouches du coche ».


Afrique Asie : En Libye, le CNT occupe Tripoli. Qu’en est-il de la plainte que vous comptiez déposer accusant Nicolas Sarkozy de crime de guerre ?


Jacques Vergès : Cette plainte attend que M. Sarkozy ne soit plus à même d’empêcher cette plainte de suivre son cours.


Afrique Asie : Après la Libye, Sarkozy menace la Syrie et l’Iran. Où s’arrêtera-t-il ?


Jacques Vergès : M. Sarkozy est irresponsable, il est capable désormais de toutes les folies à moins que le peuple français ne lui passe une camisole de force auparavant.


Roland Dumas : C’est cela qui nous inquiète. Les menaces contre la Syrie sont précises. Elles sont sérieuses. Les menaces contre l’Iran existent. On a l’impression que tout est fait pour embraser le Proche-Orient. A quoi cela correspond-il ? On peut se le demander. Je ne peux séparer la situation actuelle de ce qui se passe à l’ONU au sujet des Palestiniens.


L’humanité se déshonore en laissant tomber le peuple palestinien qui est raisonnable, paisible et ne demande pour lui que ce que les israéliens ont obtenu pour eux-mêmes.

 


Retour du colonialisme


Afrique Asie : Après le renversement de Saddam Hussein, de Laurent Gbagbo et du colonel Kadhafi, ne sommes-nous pas en définitive en train d’assister à un retour accéléré du colonialisme ?


Roland Dumas : Tout à fait. Nous assistons à un retour, non seulement accéléré mais amplifié, démultiplié du colonialisme avec des moyens énormes. Saura-t-on un jour le coût des campagnes de l’Afghanistan et de la Libye ? Le peuple français a le droit de savoir. Au moment où tout le monde s’agite autour de la crise, n’est-il pas raisonnable de poser la question du coût de guerres inutiles et monstrueuses ?


Jacques Vergès : C’est évident que la politique de M. Sarkozy marque un retour du colonialisme à un moment où la France et l’Occident en général n’en ont plus les moyens. Il peut renverser les gouvernements mais ne peut assurer l’ordre ensuite.


Afrique Asie : Pensez-vous que l’Algérie soit sur la liste des « pays à casser » ?


Roland Dumas : Pourquoi pas. Le contentieux entre la France et l’Algérie est durable. Quand vous imaginez que les Français n’ont pas encore souscrit à la proposition de négociations avec l’Algérie sur un contrat d’amitié, parce que trop de blessures sont encore saignantes… Tout est à craindre pour l’Algérie, mais ce sera pour M. Sarkozy un autre « morceau »…


 

* Lire « Bonnes feuilles » dans Afrique Asie d’octobre 2011
http://www.afrique-asie.fr/index.php/category/accueil/actualite/article/sarkozy-sous-bhl-interview-de-jacques-verges-et-roland-dumas


« Sarkozy sous BHL », par Roland Dumas et Jacques Vergès (Ed. Pierre-Guillaume de Roux) – 126 p. – 13,90 euros

http://www.france-irak-actualite.com/

 

 

 

Lire aussi :

 

http://www.alterinfo.net/Quand-Liberation-plaide-quasi-ouvertement-pour-une-intervention-a-la-libyenne_a64603.html

 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 06:18
Jeudi 6 octobre 2011

drapeaubolivie.pngLe président Évo Morales, dans son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, a dénoncé l’insécurité générée par les nouvelles méthodes des Etats-Unis et de l’Otan visant la déstabilisation et le renversement de gouvernements. La crise économique les pousse vers les pays riches en pétrole, minerais et richesses de toute nature.

 

Cette déclaration fait suite  à une nouvelle tentative de déstabilisation dont a été victime la Bolivie, comme le rappelle dans son article le québecquois Oscar Fortin, à l'occasion de la mise en chantier par une entreprise brésilienne d'une autoroute qui passe par le Territoire Indigène et le Parc National Isiboro Sécure ((TIPNIS) lequel relie les départements
 de Beni et Cochabamba (ce qui peut à la fois désenclaver des communautés indigènes pour l'accès au soin et l'accès de leurs producteurs aux marchés agricoles, et accélérer l'exploitation de l'Amazonie par les multinationales). Il s’agit d’un parc où vivent plusieurs communautés indiennes. Un certaine nombre de communautés (mais pas toutes car certaines sont favorables à l'autoroute) ont manifesté tout au long de l’été contre le passage de cette route sur leur territoire. Le 15 août dernier, une marche, regroupant près de 600 personnes a été organisée pour protester contre ce projet. Elle avait pour destination la capitale La Paz.

 

À plusieurs reprises le Président s’est dit ouvert au dialogue et a délégué divers représentants de haut niveau pour entamer des négociations avec les communautés locales et leurs dirigeants. La dernière de ces délégations a été envoyée la semaine du 20 septembre. Le ministre des Relations extérieures, lui-même indien de source, a dirigé cette délégation. Un dérapage imprévisible s'est produit lorsque la délégation gouvernementale, le ministre en tête, a été prise en otage et forcée de marcher en tête de la marche, servant de bouclier humain pour franchir la ligne de protection policière qui était là pour éviter qu’il y ait confrontation avec un autre groupe d’indiens, ceux-là en faveur de la route. Les otages ont pu être libérés et la confrontation entre les deux groupes opposés a pu être évitée. Cet incident a aussitôt été rapporté à la commission des droits de l’homme de l’Organisation des États Américains (OEA). Le lendemain (25 septembre), un responsable des forces policières a donné l’ordre d’évacuer les indiens contestataires et de prendre les moyens nécessaires pour y arriver. Cette répression (qui aurait fait des morts) a soulevé la colère dans tout le pays.

 

Devant l’ampleur de cette crise, le président Morales a fait appel à la Commission des droits de la personne des Nations Unies, à celle qui la représente en Bolivie, aux représentants des communautés indiennes ainsi qu’à la secrétaire d’UNASUR de participer à l’enquête devant faire toute la lumière sur cet événement et s’assurer que tous les responsables de ces actes aient à répondre de leurs gestes.

 

Les accusations d'ingérence extérieure dans l'affaire de l'autoroute du TIPNIS présentées à l'ONU par Evo Morales ne sont pas gratuites. La Ligue pour la défense de l'environnement - Liga por la Defensa del Medio Ambiente (LIDEMA) - financée par l'agence publique américaine USAID et par la Fondation Konrad Adenauer qui travaille à la déstabilisation du gouvernement cubain à Bruxelles est présente aux côtés des manifestants et finance des actions parmi les communautés indigènes. Des câbles de Wikileaks ont montré qu'USAID cible spécifiquement les communautés indigènes, ce que le militant Federico Fuentes (auteur d'un livre sur le parti de Morales, le MAS) appelle un "impérialisme vert". Au delà de cette action des ONG mêlée aux marches indigènes, il y a aussi les appels à la démission de Morales dans la presse conservatrice, les homélies de l'église institutionnelle en faveur du "dialogue" (comme si Evo Morales n'avait pas recherché le dialogue depuis le début - la moitié du gouvernement au totals s'est rendue sur place pour discuter).

 

Dans un article du 27 septembre qui ne cite que la presse de droite, Mathilde Gérard du journal Le Monde semble se réjouir à l'idée que "Malgré les distances prises par Evo Morales avec les violences du week-end, la bataille d'opinions ne joue pas en sa faveur. Le président est en train de perdre le soutien des Indiens, soit la moitié de la population du pays, celle qui avait largement contribué à son ascension politique." Une fois de plus la machine à déstabiliser est en marche.

 

 

Lire aussi sur ce site :

 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 08:00
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 01:25

Le 18 septembre 2011

Journal d’un négociateur en Palestine
Un entretien avec l’avocat Ziyad Clot

 

À l’heure où la saga de l’adhésion d’un État palestinien à l’ONU bat son plein, cet entretien permet de comprendre que la reconnaissance de l’ « État », tel qu’il est envisagé par Mahmoud Abbas, si elle pourrait servir son pouvoir, ne ferait qu’apporter plus de malheurs au peuple palestinien. Ce ne sera donc pas un mal si ce pseudo « État » ne voit pas le jour le 23 septembre 2011.



Ziyad Clot, jeune avocat français de mère palestinienne, conseiller juridique auprès de la direction de l’Organisation de Libération de la Palestine à Ramallah durant l’année 2008, est l’auteur du livre : « Il n’y aura pas d’État palestinien. Journal d’un négociateur en Palestine ». Son récit dense et touchant, très agréable à lire, est un témoignage clé.

 

Silvia Cattori : Votre récit au titre osé « Il n’y aura pas d’État palestinien » écarte d’entrée toute illusion de « paix » fondée sur « deux États ». Il jette un regard sans concession sur ces protagonistes palestiniens pris dans une logique de « pourparlers » contraires aux intérêts de leur peuple [1]. Durant deux décennies ils ont contribué de fait à légitimer la poursuite du projet israélien de colonisation, d’épuration ethnique et de répression. C’est tout cela que vous mettez à jour ! Une question taraude le lecteur. Quand vous avez été recruté par l’Adam Smith International (ASI) [2] pour travailler dans « l’Unité de soutien aux négociations » ("Negotiations Support Unit") [3] comme conseiller juridique de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), étiez-vous bien au fait du mandat qui vous était confié ?

Ziyad Clot : Quand l’Unité de Soutien aux Négociations m’a proposé de travailler à Ramallah comme conseiller de l’OLP, j’ai longuement hésité. À cette époque, Israël était bien sûr toujours lancé dans cette spirale infernale de la poursuite de la colonisation du territoire palestinien -destructions de maisons, confiscations de terre, expulsions, etc,- mais, pour la première fois depuis la seconde Intifada, un cycle de négociation se mettait en place. Certes, l’Administration Bush était derrière cette initiative, ce qui n’était guère rassurant. Plus grave, la direction politique palestinienne était divisée entre Ramallah et Gaza. Mais l’Initiative de Paix Arabe était sur la table et, à mes yeux, ce nouveau cycle de discussions était sans doute la dernière chance d’une paix sur la base des deux États (qui reste la solution privilégiée par les peuples palestinien et israélien qui, dans leur grande majorité, ne souhaitent pas cohabiter).

J’ai fini par accepter ce poste en pensant que j’avais là une opportunité très intéressante de travailler sur le dossier des réfugiés palestiniens. J’ai pensé -et je le pense encore aujourd’hui– que, si la solution « deux États » n’était vraisemblablement pas viable à moyen et long terme, il y avait peut-être aussi là une dernière chance de conclure un accord sur cette base et de trouver une solution qui puisse éviter de nouvelles effusions de sang.

Dans le sillage de la conférence d’Annapolis –et au vu des réserves évoquées- j’avais le sentiment que ce cycle de pourparlers ne durerait sans doute pas. J’ai fait une erreur d’analyse. Les négociations d’Annapolis ont duré bien au-delà de mes attentes.

Au fil de l’année passée là-bas, j’ai rapidement compris qu’en fait ces négociations n’avaient pour les Israéliens rien à voir avec la recherche d’une solution de paix réelle, juste et durable. Au contraire, l’objectif était de garder sous contrôle l’Autorité de Ramallah, Hamas et la population palestinienne dans son ensemble et, en ce sens, de faire en sorte que perdure la division inter-palestinienne (Fatah-Hamas).

Silvia Cattori : Quand vous écrivez « le processus de paix est un spectacle, une farce, qui se joue au détriment de la réconciliation palestinienne, au prix du sang versé à Gaza », on comprend que c’est également une dénonciation à l’adresse de ces notables palestiniens qui se sont prêtés à cette « farce ». À quel moment est-il devenu clair pour vous que tout cela n’avait rien à voir avec la recherche d’une solution de paix ?

Ziyad Clot : Mon livre est un témoignage. Mon objectif est avant tout de « montrer ». S’il doit y avoir dénonciation, je crois que les principaux fautifs sont à rechercher du côté de ceux qui imposent les paramètres iniques du « processus de paix » sur ceux que vous appelez « les notables palestiniens ». Autrement dit, d’abord le Gouvernement israélien et ses alliés américain et européen.

Venant de France, je n’y voyais pas forcement très clair au début. J’avais évidemment une connaissance livresque de ce conflit, des intuitions, des doutes sur le bien-fondé de ces négociations. C’est devenu plus clair pour moi, en mars ou avril 2008, quand j’ai pris connaissance de l’article du journaliste David Rose publié par Vanity Fair [4] qui démontrait que l’Autorité palestinienne s’était engagée aux côtés des États-Unis dans un plan secret qui a finalement provoqué une guerre civile entre partisans du Hamas et du Fatah. David Rose se référait à des documents confidentiels établis par l’Administration Bush : essentiellement un « plan d’action pour la Présidence palestinienne » ayant pour objectif de se débarrasser du Hamas. Il nous apprenait qu’en échange de la participation de la direction de l’Autorité Palestinienne à ce plan secret, l’administration Bush avait laissé miroiter à ces dirigeants du Fatah, qu’elle leur faciliterait leur retour à la table des négociations.

L’article de David Rose venait confirmer que les négociations d’Annapolis devaient prolonger ce « processus de paix » trompeur qui, depuis Oslo, divise la population palestinienne et la maintient sous contrôle policier pour garantir la sécurité d’Israël par toute une série de mécanismes répressifs.

Les révélations de David Rose m’ont permis de reconstituer les pièces du puzzle. Elles sont venues compléter ce que j’ai appris au fil des semaines passées à Ramallah, et de mieux percevoir ce que ce pseudo « processus de paix » signifiait réellement. J’ai tout de suite pensé à démissionner. Car il ne m’était plus possible de penser que notre collaboration aux négociations de paix au sein de la NSU était totalement neutre et qu’elle ne participait pas elle aussi d’une certaine manière de ce plan secret qui conduisait à entretenir la division du peuple palestinien. Ceci pour dire qu’il m’a fallu quelques mois pour comprendre, avec certitude, que continuer à négocier dans ces conditions c’était œuvrer contre la réconciliation palestinienne.

Silvia Cattori : En avez-vous parlé à vos supérieurs ?

Ziyad Clot : Oui, mais la critique était d’autant plus délicate que j’entrais à peine en fonction… Surtout, comme tous mes collègues de la NSU, j’étais contractuellement mis à la disposition de l’OLP dans le cadre des négociations avec Israël, et dans ce cadre exclusivement. Comme tous les conseillers, j’avais pour consigne de ne pas interférer dans la politique palestinienne. Pour faire bref, nous n’étions pas embauchés pour critiquer ou remettre en cause « la ligne du Parti » mais pour la mettre en œuvre.

Le problème est que ladite « communauté internationale » met, elle, depuis longtemps son nez dans les affaires internes palestiniennes. Depuis 2006, elle s’est encore davantage impliquée en décidant que le Hamas, qui venait de gagner les élections, n’était pas un partenaire fréquentable et qu’il n’avait pas sa place dans un gouvernement d’union national palestinien. Le rôle de la NSU s’inscrivait donc dans le cadre de directives imposées.

De toute façon, malgré mes très sérieuses réserves, j’ai dû rapidement me résoudre à poursuivre mes fonctions compte tenu des enjeux liés à l’entame des négociations sur le dossier des refugiés avec les Israéliens, et dont personne au sein de l’OLP ne souhaitait prendre la responsabilité. J’ai pensé qu’en quittant le NSU, plus personne ne serait qualifié et réellement disposé à défendre autant que faire se peut le dossier des réfugiés palestiniens dans les pourparlers. J’aurais alors laissé la direction politique de Ramallah sans expert sur la question. À la lumière des enjeux en présence, qui étaient considérables, j’ai donc estimé qu’il était de ma responsabilité de rester tant que les pourparlers se poursuivaient.

Silvia Cattori : À votre avis, les partisans du Fatah, tout comme l’entourage d’Abbas, savaient-ils que, sous couvert de paix, la direction de l’OLP s’engageait à mettre en œuvre une politique qui tout en garantissant à l’occupant et à ses alliés des avancées, leur apporterait en contrepartie les financements nécessaires au maintien au pouvoir de l’Autorité de Ramallah ?

Ziyad Clot : Ce n’est pas comme cela qu’ils voient les choses…Quand l’Autorité Palestinienne s’engage dans un nouveau cycle de négociation, les décideurs à Ramallah ont toujours l’espoir de pouvoir stopper la colonisation, de convaincre les Israéliens et les Américains que le gel des colonies est dans l’intérêt de toutes les parties.

Surtout, il faut comprendre que depuis Oslo, ou plus exactement depuis la seconde Intifada, la direction de l’OLP à Ramallah n’envisage plus que les négociations comme moyen de parvenir à l’auto-détermination. Les raisons de cette obstination sont diverses. Je n’en citerai que quelques-unes :

Tout d’abord, il y a des centaines de millions de dollars et d’euros en jeu. Dès lors, à partir du moment où les négociateurs de l’OLP s’engagent dans la reprise des pourparlers de paix, il leur est très difficile de faire machine arrière sans prendre le risque que les fonds alloués à la reprise du processus de paix, à la construction de l’État palestinien etc. soient coupés. Et ce n’est pas seulement le devenir des « notables » de l’Autorité qui est en jeu ici : n’oubliez pas qu’environ un tiers de la population de Cisjordanie dépend aujourd’hui plus ou moins directement de ces financements internationaux…Tristement, le « processus de paix » est donc en quelque sorte devenu la raison d’être de l’Autorité Palestinienne et de quelques négociateurs. Si les négociations cessent, tout est remis en cause. A partir de là, un processus de dupes se met en marche et rien ne semble susceptible de le remettre en cause.

Ensuite, la Seconde Intifada -plus de 5000 morts côté palestinien- qui a fait suite à l’échec du Sommet de Camp David reste très présent dans les esprits de certains négociateurs de Ramallah. Ils ne veulent pas prendre le risque d’une nouvelle reprise des violences dont les Palestiniens souffriraient le plus. Pour cette raison encore, le processus de paix ne doit pas s’interrompre, même si ce n’est devenu qu’une illusion…

À ceci il faut désormais ajouter que la continuité du processus de paix, selon les paramètres imposés par Israël, les États-Unis et l’UE, est la garantie que l’Autorité et le Fatah soient assurés d’être maintenus au pouvoir (puisque le Hamas continuera à être ostracisé). Les promoteurs du « processus de paix » et une certaine frange du Fatah (certains parmi le Fatah sont critiques de la politique poursuivie par l’AP) ont donc trouvé un ennemi commun. Une partie des dirigeants du Fatah voue une haine féroce au Hamas. Haine qui n’a fait que s’accentuer après le coup d’État manqué contre le gouvernement du Hamas, et sa prise de contrôle de Gaza. Cela n’est pas étonnant. Du sang a coulé, il y a eu des morts et des souffrances des deux côtés. Souvenons-nous aussi qu’au départ, l’émergence du Hamas sur la scène politique palestinienne a été grandement encouragée par Israël de sorte qu’une partie de l’OLP et du Fatah ne peut le considérer comme un représentant du peuple palestinien qui puisse être « légitime » (surtout à la lumière du rôle historique joué par le Fatah et l’OLP).

Silvia Cattori : Les conférences d’Annapolis (le 27 novembre 2007) et celle de Paris, (le 17 décembre 2007), avaient-elles selon vous un lien avec le coup d’État manqué par le Fatah à Gaza en juin 2007 ? Étaient-elles pour les puissances occidentales et Israël, une autre manière d’aider le Fatah à réussir son plan de liquidation du Hamas [5] ? 

Ziyad Clot : Oui, elles avaient un lien, elles relèvent de la même dynamique. Les États-Unis et Israël ont donné un certain nombre de gages à l’OLP en contrepartie des progrès réalisés termes de « sécurité ».

Ces conférences sont en réalité la rencontre de différentes parties aux intérêts et aux motivations diverses. Il y a de la part de l’OLP, Mahmoud Abbas et Saeb Erekat en tête, un véritable engouement. Cela se produit après une longue interruption de négociations. Ils continuent de croire que l’État palestinien est quelque chose de réalisable.

Quant à l’Administration Bush, après sa politique désastreuse dans le monde arabo-musulman, elle a dû estimer que pour regagner un peu de crédit dans la région et pour assurer la sécurité d’Israël, il fallait aller vers la création de l’État palestinien. Cet État a donc été envisagé comme une bonne solution pour Israël et pour les États-Unis, sachant qu’ils pouvaient s’appuyer sur ces « modérés » palestiniens prêts à combattre le terrorisme avec eux. (Comprenez les militants du Hamas et leurs autorités ndl).

Côté israélien, et c’est la grande ironie de l’Histoire, un certain nombre de dirigeants, parmi eux Ehoud Olmert et Ehud Barak, ont compris que si cet État palestinien -un vague État croupion à l’intérieur des frontières de 1967- ne se faisait pas dans un laps de temps bref, le projet d’ « État juif », Israël en tant qu’incarnation du projet sioniste, pouvait toucher à sa fin. Ehoud Olmert a même déclaré en novembre 2008 –même s’il faut faire la part de ce qui relève aussi d’une manœuvre politique– que, si l’État palestinien ne se réalisait pas rapidement, Israël risquait de se trouver confronté, à terme, à un mouvement anti-apartheid grandissant en Israël et dans les territoires palestiniens.

Israël et les dirigeants de Ramallah, avec des motivations différentes, ont donc eu, chacun à leur manière, intérêt à se remettre à la table des pourparlers. Le négociateur de l’OLP veut, lui, obtenir son État palestinien sur 22 % de la Palestine historique, selon le compromis « historique » accepté dans le cadre de la déclaration d‘Alger de 1988. Le négociateur israélien sait, lui, qu’il peut compter sur les États-Unis pour que cet État palestinien croupion se fasse selon ses propres termes. C’est-à-dire, qu’il y ait, en guise d’État palestinien, une constitution d’enclaves qui sauvegarderait la survie de l’État d’Israël et sa sécurité.

Silvia Cattori : À la Conférence de Paris les donateurs ont versé davantage que les 7 milliards demandés pour offrir à Salam Fayyad les fonds devant servir à la construction de l’infrastructure institutionnelle et sécuritaire du futur État palestinien. A votre avis, l’objectif non avoué des grandes puissances qui ont organisé la Conférence de Paris n’était-il pas de garantir à terme la mainmise du Fatah sur tous les leviers, à l’exclusion du Hamas ?

Ziyad Clot : Ces milliards ont vocation à mettre en place un État palestinien démocratique, libéral, vivant en paix et en sécurité avec Israël. L’essentiel de ces dépenses sont donc consacrées à la mise en place des infrastructures de cet État qui apporteraient ces dernières garanties. Cependant, quand vous y regardez de plus près, vous constatez que plus de 30% du budget de l’Autorité Palestinienne est alloué à la sécurité. Si vous comparez cela par exemple au budget des pays européens allouent au maintien de l’ordre, c’est effrayant. Une partie considérable de ces dons internationaux ont effectivement vocation à renforcer l’appareil sécuritaire de l’Autorité avec toutes les dérives que cela implique en termes d’autoritarisme et de violation des libertés fondamentales des Palestiniens.

Silvia Cattori : C’est tout de même un plan terrifiant que la direction de Ramallah a accepté de mettre en œuvre ! Si pour le président Bush l’objectif évident de la conférence d’Annapolis, et pour Sarkozy/Kouchner de la conférence de Paris, était l’affaiblissement du Hamas, vos collègues n’étaient-ils pas révoltés de travailler pour une direction palestinienne qui, en collusion avec l’occupant israélien, se livrait à des arrestations massives et à des tortures de jeunes résistants palestiniens, membres ou sympathisants du Hamas ?

Ziyad Clot : Ce n’est pas la direction de Ramallah qui élabore ces plans « terrifiants »... Si encore elle en avait la capacité ! C’est Israël qui impose ses volontés aux Palestiniens avec le concours des Américains et, dans une moindre mesure, des Européens.

Vous savez, tout ceci est surtout une question de point de vue. Chacun voit les choses en fonction de son vécu, de ses sensibilités, de ses intérêts et de ses objectifs. Pour certains, les résistants sont des terroristes. Pour d’autres, les modérés sont des « collabos »… Ce n’est pas à moi d’en juger. C’est l’Histoire qui juge de ce genre de choses. Et la vie sous occupation ne laisse malheureusement que peu d’alternatives aux Palestiniens.

Il y a sans doute au sein du Fatah des gens pour qui la justification de ce « processus de paix » demeure dans la droite ligne de ce que disait Rabin : « Je continuerai à négocier quelques soient les circonstances du moment ; en revanche je combattrai de toutes mes forces les terroristes et les opposants au processus de paix ». On est toujours prisonnier de ce prisme-là plus de 15 ans après les accords d’Oslo, dont il faut pourtant admettre que la logique a échoué. C’est aussi pour cela que le discours, le leurre, du « processus de paix » continue. Parce que, si on ne parle plus d’État palestinien, si on ne parle plus de processus de paix, la politique belliciste menée vis-à-vis du Hamas par Israël, l’OLP, les États-Unis et l’Union européenne, n’a plus de raison d’être. La politique violente contre le Hamas -son exclusion, le blocus de Gaza, ainsi que les condamnations du Quartet ou autres- est une approche qui ne peut subsister qu’aussi longtemps que l’on peut véhiculer l’idée qu’il y a des « modérés » du côté de Ramallah avec qui ont peut négocier, que ce n’est qu’avec eux qu’on peut parler, que la justice et la paix se trouvent de ce côté-là etc.

Ce processus de négociations va donc de pair avec la démilitarisation, non seulement du Hamas, mais de toutes les factions ou personnes capables de reprendre la résistance armée ou autre. Le danger pour la direction de Ramallah, ce ne sont d’ailleurs pas seulement les factions susceptibles de mener une résistance armée, mais aussi ceux qui luttent pour la liberté d’expression. Une bonne partie des mouvements de la société civile qui critiquent le gouvernement et disent qu’il y a une autre voie entre la résistance armée et la négociation avec Israël sont menacés.

Silvia Cattori : La collaboration de la direction du Fatah avec les forces occupantes est un aspect particulièrement révoltant. Elle ne peut être passée sous silence. Mais cette direction du Fatah, après toutes les concessions faites à l’occupant, qu’a-t-elle gagné en retour ?

Ziyad Clot : La direction de Ramallah a beaucoup perdu dans cette aventure. En février 2008 quand l’armée israélienne mène des opérations militaires contre la population de Gaza, Saeb Erekat déclare officiellement : « On arrête les négociations ». Or, en secret, les négociations se poursuivent.

L’opinion publique, les gens qui en Palestine connaissent l’incapacité de l’OLP à obtenir l’arrêt de la colonisation, ne croient pas aux promesses faites à la conférence d’Annapolis. D’où le choix des négociateurs de l’OLP à aller le plus souvent en secret à des rencontres avec les Israéliens. Ces dirigeants ne peuvent plus rendre compte de rien. Ils se trouvent dans une position de plus en plus délicate vis-à-vis de l’opinion. J’ai pu voir cela sur le dossier des réfugiés. Il y avait de la part de la direction politique de Ramallah une incapacité criante à rendre des comptes. Ils sont noyés dans leurs contradictions. Mais comment peut-on négocier avec les Israéliens, sous occupation, confrontés à des contraintes insurmontables ?

Je me souviens d’une réunion, en mai ou juin 2008, où nous devions rendre compte de l’avancée des négociations d’Annapolis à des diplomates de l’UE, des États-Unis, des Nations unies. Je me souviens très bien des instructions données à la NSU. Nous étions prévenus que, s’il nous était demandé ce que l’on pensait des discussions sur Jérusalem, on devait répondre que le dossier avançait également mais que nous ne pouvions pas en parler pour des raisons de confidentialité. En réalité, il n’y avait aucun progrès sur Jérusalem, aucune discussion sur les modalités de sa partition… Mais nous étions tenus de donner l’impression que, malgré les difficultés, les choses avançaient.

Il ne fallait surtout pas dire que ce dossier était bloqué parce que, si on disait cela aux « partenaires » américains et européens, ou encore si le peuple palestinien apprenait que Jérusalem n’était même pas réellement sur la table des négociations, les « négociateurs » perdaient toute crédibilité. Or, en réalité, pour tout homme politique israélien, Jérusalem est intouchable. Ehud Olmert et Tzipi Livni ont fait comprendre d’entrée qu’il n’était pas question de mettre Jérusalem sur la table de négociations. Et de préciser que c’est seulement si le « processus de paix » avançait que la question de Jérusalem serait discutée, mais en toute fin de négociation.

Plus grave encore pour la direction du Fatah, le processus d’Annapolis a débouché sur l’invasion et les massacres de Gaza (en décembre 2008-janvier 2009 : plus de 1400 morts et des milliers de blessés graves). Il s’agit d’un tournant pour le Fatah, -historiquement à la tête du mouvement national palestinien au sein de l’OLP- qui a lourdement failli dans son rôle de représentant des Palestiniens.

Silvia Cattori : En somme, ces négociations sont-elles devenue pour ces dirigeants de l’OLP un fonds de commerce profitable ?

Ziyad Clot : C’est devenu un fonds de commerce, de toute évidence. Profitable ? J’en doute, puisque ces négociations ont largement contribué à saper leur crédibilité auprès de leur peuple. Certains dirigeants de l’OLP sont devenus des professionnels de la négociation. Il y a de nombreuses personnes qui vivent là-dessus.

Mais la réalité, connue des Palestiniens, c’est qu’aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose à négocier. Quand vous regardez la carte, entre la colonisation et Jérusalem-Est qui est sous la totale emprise israélienne, Israël est largement arrivé à ses fins. Jérusalem-Est est devenue pratiquement la capitale réunifiée israélienne et les colons israéliens sont installés en Cisjordanie où cela leur convient. Aujourd’hui, Il y a des intérêts financiers immenses autour de l’Autorité Palestinienne. Il y a des milliers de Palestiniens dans les territoires et en dehors qui en vivent. Plus largement, au-delà de l’Autorité elle-même, il est effarant de constater le nombre de postes qui ont été créés depuis près de vingt ans au niveau des organisations intergouvernementales, au niveau des diplomaties occidentales, au niveau des ONG, pour soutenir ce « processus de paix » et tout ce qui va avec.

La conclusion à laquelle j’arrive est que le « processus de paix » n’est pas seulement un spectacle mais que c’est aussi un « business » avec quantité d’organisations en tout genre et d’individus qui en vivent : des diplomates, journalistes, experts en tout genre -dont je faisais du reste partie lorsque je travaillais comme conseiller juridique auprès de l’OLP- qui ont des intérêts propres à la poursuite dudit « processus de paix ».

Ce sont ces centaines de millions de dollars et d’euros investis chaque année à perte qui -doublés de l’incapacité à condamner Israël pour ses agissements- expliquent cette fuite en avant, alors même que l’objet des négociations -le territoire palestinien, Jérusalem-Est comme capitale de l’État palestinien, l’eau etc,- a malheureusement largement disparu aujourd’hui.

Il est plus que temps de s’interroger sérieusement sur la raison d’être de la poursuite des soutiens au « processus de paix », de se demander s’ils ne desservent pas l’objectif de paix initial, en acceptant de financer une situation d’occupation sans exiger la moindre contrepartie de la part des Israéliens.

Silvia Cattori : Vous êtes parti. D’autres continuent de participer à ce « business de la paix » [6]. Le sort de ces Palestiniens, qui savent et voient tout cela se faire au prix de leurs souffrances, n’en devient-il pas que plus insupportable ?

Ziyad Clot : Tous les Palestiniens ne souffrent pas au même degré de ce « business » de la paix. Même si les conditions de vie en Cisjordanie sont difficiles, même si ce territoire reste sous occupation, il y fait mieux vivre que dans la Bande de Gaza, qui est, elle, exclue de ce « business »…Tristement, la situation que vit la Cisjordanie -et plus particulièrement Ramallah- peut donc sembler être un moindre mal.

Pour en revenir à mon expérience personnelle, j’ai pu démissionner parce que j’ai un passeport français (j’ai donc pu retourner en France quand mon visa n’a pas été renouvelé par les Israéliens) et que cette décision n’engageait que moi (je n’ai pas de famille dans les territoires et de personne à charge). C’était donc sans doute moins difficile pour moi de démissionner.

Il ne faut pas oublier que la majorité des Palestiniens n’ont pas ce luxe. Beaucoup de Palestiniens, beaucoup de gens de qualité, trouvent dans ces organisations présentes sur place des postes intéressants et de bons salaires et je comprends tout à fait qu’ils y restent. Ils s’accrochent à leur terre, par tous les moyens possibles. C’est louable.

On aime aussi toujours se convaincre que l’on peut changer les choses de l’intérieur. Moi-même, j’ai eu la faiblesse de le penser puisque j’ai accepté ce poste de conseiller dans le cadre des négociations israélo-palestiniennes.

La réalité est malheureusement cruelle : ce « business » alimente désormais une vaste entreprise criminelle, dont la population de Gaza souffre le plus. Le « processus de paix » est en fait un «  processus de contrôle », générateur de divisions et de fragmentation pour les Palestiniens, dont l’objectif est d’assurer la sécurité d’Israël. C’est cela la situation héritée plus de 15 ans après d’Oslo.

L’OLP a reconnu Israël. Et Israël a exigé que l’ «  occupé » palestinien ne devienne pas une « menace » pour sa sécurité, sans pour autant reconnaitre ses droits. Quand l’occupé résiste, il est mis hors-jeu, il est ostracisé.

En définitive, le « processus de paix » est un écran de fumée qui masque très bien ce qu’est la réalité vécue par le peuple palestinien.

Il est même devenu depuis longtemps, et encore davantage depuis 2006, un moteur du conflit israélo-palestinien.

Silvia Cattori : Pour cette majorité de Palestiniens qui, en 2006, a voté pour le mouvement Hamas, et qui a eu à pâtir du fait que le bloc occidental continue de porter à bout de bras la direction du Fatah, n’est-il pas révoltant de savoir que le Mouvement de solidarité international contribue lui aussi à la division inter-palestinienne en apportant un soutien politique et financier uniquement aux forces et ONG considérées comme « laïques », à l’exclusion des ONG caritatives musulmanes du Hamas ?

Ziyad Clot : Je ne crois pas être compétent pour vous dire quel est l’état d’esprit des Palestiniens sur cette question. Et je serais bien incapable de vous dire pour qui voteraient aujourd’hui les Palestiniens, si des élections étaient organisées dans les Territoires. Je sais juste qu’il y a aujourd’hui au sein d’une grande partie de l’opinion palestinienne un très fort ressenti tant à l’encontre du Fatah, que du Hamas.

Au regard de mon expérience, je ne peux vous dire que ceci : ce n’est qu’une fois en Cisjordanie que j’ai acquis la conviction qu’il n’y avait rien de positif à attendre des négociations de paix et de l’Autorité palestinienne. Or une bonne partie des gens que l’on peut rencontrer en Europe, aux États-Unis ou ailleurs, qui sont sensibles au sort des Palestiniens et de bonne foi, pensent encore que ces négociations peuvent aboutir avec l’Autorité comme seul interlocuteur. C’est ce que je constate en voyant des diplomates français, engagés dès la première heure auprès des Palestiniens ; ou des arabisants s’émouvoir quand on mentionne des personnalités du Fatah ou de l’OLP. Il faut se rappeler qu’il a fallu attendre des décennies pour que l’OLP soit acceptée par l’opinion internationale. Et aujourd’hui, quinze ans après leur acceptation internationale comme représentants du peuple palestinien, porter un regard juste, et donc critique, sur cette génération de dirigeants palestiniens « historiques » n’est pas facile pour eux. Ils ont une tendance naturelle à tout leur excuser, à les soutenir envers et contre tout. D’autant que la rhétorique de ces représentants de l’OLP qui gravitent depuis plus de trente ans dans les cercles de l’ONU, de l’UE, ou des mouvements de solidarité, est acceptable pour les militants ou les diplomates lambda de Paris, Genève ou Londres et pour l’opinion publique. Quand ils disent : mon État va être démocratique, libéral, laïc, et je me porterai garant du respect de la liberté de culte et des droits des femmes, etc, leur discours est bien accueilli. Et c’est compréhensible car c’est un bon discours !

Le problème c’est que le résultat des urnes n’a pas été respecté en 2006 et que le discours sur l’État palestinien n’est plus aujourd’hui en phase avec la réalité.

La solution à deux États je n’y crois plus, même si le Fatah comme le Hamas partagent toujours ce même objectif. À un moment donné, j’ai pensé effectivement que cette alternative pouvait apporter un certain nombre de garanties, ne serait-ce que parce que, d’un simple point de vue sécuritaire, demain, s’il n’y a un État unique –un État unique, binational ou une confédération serait la solution qui est la plus à même de prospérer à long terme– c’est un nouveau 1948. Dans un tel cas de figure, les Israéliens auront la main forte et seront en position d’exercer les pires violences sur les Palestiniens qui résident en Israël et dans les territoires occupés. Il faut garder ce risque très présent à l’esprit.

Les Israéliens ont réussi à gravement affaiblir le mouvement national palestinien en le divisant et en rendant son objectif affiché depuis 1988 (la constitution d’un État viable, souverain et indépendant aux côtés d’Israël) irréalisable.

Aujourd’hui, vous avez une fragmentation immense du peuple palestinien ; des composantes en Cisjordanie, à Jérusalem Est, à Gaza coupée de la Cisjordanie. Des composantes dans les camps de réfugiés et dans la diaspora en exil.

C’est une situation qui peut sembler totalement inextricable à court terme. A mon sens, la seule manière de sortir un jour de cette situation est de refonder le mouvement national palestinien sur la base du « one man, one vote ». C’est-à-dire, sur la base de l’exigence que tout citoyen ou tout individu, qu’il soit Israélien ou Palestinien, a droit à la reconnaissance et à l’exercice de l’ensemble de ses droits humains, civils et politiques en Israël/Palestine. Je crois que c’est la seule manière de permettre à ces différentes composantes de pouvoir se réconcilier. Pourquoi ? Parce qu’on est arrivé aujourd’hui à une situation où les intérêts politiques des différentes composantes du peuple palestinien sont devenus divergents.

Silvia Cattori : Pouvez-vous donner un exemple ?

Ziyad Clot : Prenons l’exemple de la population de Gaza assiégée. Son intérêt est la fin du blocus et de pouvoir retrouver un minimum de dignité et de droits ; pour cela, il faut qu’il soit mis fin à cette absurdité du « processus de paix » qui l’ostracise. Donc, l’intérêt de Gaza est aujourd’hui en complète contradiction avec l’intérêt de la direction de Ramallah qui a, elle, intérêt à poursuivre les négociations avec Israël. Donc il y a là une première divergence d’intérêts entre la population de Gaza et la direction de Ramallah. Ou, en tous cas, entre les directions politiques de Gaza et de Ramallah.

Une deuxième contradiction, un deuxième conflit d’intérêts, a émergé depuis que les autorités israéliennes revendiquent la reconnaissance d’Israël en tant qu’« État juif ». Il y a aujourd’hui une direction à Ramallah, qui se languit d’avoir son État, et qui réalise que pour l’obtenir il sera fait pression sur elle pour qu’elle reconnaisse le caractère « juif » de l’État d’Israël. Autrement dit, qu’elle mette sur un siège éjectable toute la population des Palestiniens de 1948 qui résident en Israël et qui sont citoyens de cet État. Ici git un deuxième conflit d’intérêts potentiel entre les Arabes israéliens et l’Autorité Palestinienne de Ramallah.

Une troisième contradiction est celle posée par les réfugiés en attente de pouvoir revenir chez eux. Et cela, mon livre le montre très bien. En gros, à Annapolis, on a dit aux Palestiniens : « On veut bien vous donner un État, mais vous devez laisser tomber le retour des réfugiés car vous savez très bien que cela n’est pas acceptable pour nous ». C’est le troisième grand conflit d’intérêts entre les différentes composantes du peuple palestinien. A savoir que le projet national palestinien de la constitution d’un État, à la lumière de ce qu’il est devenu au gré de l’avancée de la colonisation israélienne et de l’affaiblissement de l’OLP, est en contradiction avec une chose qui demeure fondamentale pour la majorité des Palestiniens : la reconnaissance du Droit au retour, de leur histoire, de leur identité, de leurs droits, etc.

En conclusion, la seule manière de créer un avenir qui soit acceptable par tous les Palestiniens, est de concentrer ses revendications sur les droits individuels de chaque Palestinien dans le cadre d’un État unique, binational ou d’une confédération avec Israéliens. Cela, il s’agirait désormais de s’y préparer au plus vite. Et entre temps, il est essentiel de focaliser toute son attention et ses efforts sur la question de la gestion des risques humains qui pourraient se profiler dans un futur proche. Car si, un jour, l’Autorité Palestinienne doit s’effondrer, je peux vous dire que les risques engendrés vont être immenses. Nul ne peut imaginer ce qui va se passer. Même si je pense que cette Autorité est devenue une assez sombre chose et un obstacle à l’auto-détermination palestinienne, il y a un énorme risque à s’engager sur la voie de son démantèlement. Il serait en tout cas suicidaire de le faire sans une réflexion approfondie et sans la consultation des Palestiniens.

 

Entretien réalisé le 12 décembre 2010.

Silvia Cattori 

 


[1] Dès le début des pourparlers d’Oslo, c’est la sécurité d’Israël qui a été mise au centre des discussions et non pas l’exigence pour l’occupant de reconnaitre le droit des Palestiniens à vivre librement sur leur terre.

[2] Adam Smith International (ASI) est un Think tank britannique dont la ligne politique promeut le marché libre et les idées libérales. C’est à l’ASI qu’il a été demandé en 1999 de mettre en place à Ramallah la « Negotiation Support Unit » pour servir de conseil à l’OLP.

[3] Voir : « Empty heads and full pockets », par Khaled Amayreh, Al-Ahram Weekly, 6 décembre 2007. Cet article relève que : « La NSU est financée et effectivement contrôlée par l’Adam Smith Institute (ASI), un think-tank basé à Londres qui est vulnérable aux pressions des milieux pro-israéliens. Ainsi, par exemple, il y a deux ans, l’ASI a obligé la NSU à licencier deux juristes Palestino-Américains hautement qualifiés, Michael Tarazi et Diana Buttu, pour être allés trop loin dans la défense des droits des Palestiniens, en particulier lors des débats télévisés avec des porte-paroles israéliens. »

[4] Voir :
- « The Gaza Bombshell », par David Rose, Vanity Fair, 3 mars 2008.
et une traduction française partielle de cet article

[5] La Central Intelligence Agency (CIA), finance et entraîne, avec une intensité accrue depuis 2008, la Force de sécurité préventive et le Service Général de Renseignement en Cisjordanie. Ces deux services de sécurité répressifs à l’usage de la direction du Fatah à Ramallah–placés sous le commandement du général US Keith Dayton- sont responsables de l’arrestation de milliers d’opposants, notamment des partisans du Hamas ; détenus sans procès et soumis à des tortures il n’y a jamais eu, à notre connaissance, aucune mobilisation en leur défense.

[6] International Assistance to the Palestinians after Oslo, a établi que 8 milliards ont été alloués à l’Autorité Palestinienne entre 1994 et 2006 pour son développement et des opérations d’assistance de première nécessité. Ces fonds, qui s’ajoutent à l’aide bilatérale etc, dispensent à Israël de devoir assumer financièrement ses obligations d’occupant. Voir le livre : « International Assistance to the Palestinians after Oslo : Political Guilt, Wasted Money », par Anne Le More, Routlege, 2008.




Ziyad Clot, né en 1977, auteur du livre « Il n’y aura pas d’État palestinien » (Paris, Max Milo, 2010) est diplômé de l’Université Paris II Assas et de Sciences Po. Il a vécu à Paris, en Égypte, en Palestine et dans le Golfe.

 

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http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26634

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 01:15
Jeudi 15 septembre 2011
Moustapha Abdeljalil, chef du Conseil National de Transition libyen (CNT), et le Président français Nicolas Sarkozy.Moustapha Abdeljalil, chef du Conseil National de Transition libyen (CNT), et le Président français Nicolas Sarkozy.Sarkozy : « L’Algérie dans un an, l’Iran dans trois… »  !

Nidal Hamadé, journaliste correspondant en Europe d’Al-Intiqad, quotidien libanais, évoque les rôles respectifs des deux principaux alliés et acteurs des États-Unis dans les événements au Proche-Orient, à savoir la France et le Qatar. Selon des sources françaises citées par Nidal Hamadé, à l'occasion de la visite en France de Moustapha Abdeljalil, président du Conseil National de Transition libyen (CNT), Nicolas Sarkozy a affirmé à son hôte qui se plaignait de l’Algérie : « Patientez, et vous verrez ce qui va se passer en Algérie dans un an, et en Iran dans trois » !

Ces propos démontrent que ce qui se passe au Proche-Orient actuellement, surtout après la révolte de la jeunesse égyptienne et la chute du régime de Moubarak, est soumis à un agenda étranger dans lequel les puissances occidentales colonisatrices veulent redessiner le Proche-Orient. En effet, d’après Nidal Hamadé, le timing des menaces françaises contre l’Iran et celui de la campagne virulente du Qatar contre la Syrie ne sont pas innocents.

Au contraire, non seulement ils révèlent « l’alliance secrète qui lie la France et le Qatar dans le monde arabe, sous le parrainage des États-Unis », mais en plus ils interviennent après « l'échec de la visite de l'Émir du Qatar (Hamad Bin Khalifa Al-Thani) à Téhéran, et dont le rôle de simple courtier pour le compte de Washington était de faire parvenir à Téhéran la demande américaine de couvrir l’occupation américaine en Irak en acceptant sa prolongation pendant encore deux ans. En échange, les États-Unis promettaient d'ouvrir des négociations sur tous les dossiers chauds de la région, y compris le dossier nucléaire » souligne M. Hamadé.

« La réponse de l'Iran à l'Émir du Qatar fut la même que celle donnée aux Saoudiens : l'Iran ne couvrira pas la présence des forces américaines sur le territoire irakien. Au contraire, elle va défendre la position de ses alliés irakiens, notamment celle du Premier ministre Nouri al-Maliki, qui exigent un retrait des forces américaines selon le délai fixé par la Convention américano-irakienne, c’est-à-dire l’année prochaine », précise le journaliste.

Il ajoute : « Ce rejet de l'Iran a poussé la France et le Qatar, alliés exécutifs des États-Unis dans les crises du monde arabe, à déclencher une guerre contre la Libye puis à provoquer la Syrie. L’Émir du Qatar a en effet lancé une campagne virulente contre la Syrie, immédiatement après sa rencontre avec les responsables iraniens, en concordance avec une campagne sans précédent menée par Al Jazeera, qui a diffusé de fausses informations sur de prétendues manifestations monstres contre le régime de Damas ! Ces informations ont été démenties par la télévision syrienne qui, pendant cinq heures, avait dû diffuser en direct des images des places de la capitale syrienne au même moment où Al Jazeera et une autre chaîne satellitaire retransmettaient leurs informations tronquées ! ».

Mais, le Qatar ne s’est pas arrêté là… « Sa campagne contre la Syrie s’est poursuivie au sein de la réunion de la Ligue arabe, où les ministres des Affaires étrangères ont discuté du dossier syrien. Le ministre des Affaires étrangères qatari, Hamad Bin Jassim, a exprimé une position très dure envers la Syrie », a expliqué Nidal Hamadé. Quant à la France, « le Président Sarkozy s'en est pris à l’Iran et l’a menacé de frappes contre ses sites nucléaires pacifiques » ajoute le correspondant libanais.

A la lumière de ce qui a été dit, « il semble que la campagne ciblant la Syrie risque fort de s'élargir pour inclure l'Iran et… l’Algérie. La première à cause de son programme nucléaire et de sa position quant à la présence américaine en Irak, sans oublier son soutien aux mouvements de résistance dans le monde arabe et islamique, et la deuxième pour sa position vis-à-vis de la Libye. La France espère déstabiliser le régime actuel pour le renverser et assurer son retour dans un pays riche en pétrole, en gaz et en uranium… Puisqu’il est impossible de lancer une guerre préventive contre l’Iran ou la Syrie, cela laisse l’Algérie exposée à toutes les éventualités » conclut le journaliste.

URL : www.partiantisioniste.com/articles/890
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