Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 03:51

 

4 mars 2013

Article en PDF : Enregistrer au format PDF

Comment la ‘Guerre contre la Drogue’ au Guatemala est utilisée comme front pour libérer la terre au bénéfice des compagnies pétrolières

 


 
 
Je ne suis pas allée à La Libertad, Petén, pour le poulet frit. J’y suis allée pour la guerre.

Ceci dit, pendant trois nuits de suite, j’étais assise sur le même tabouret en plastique en train de regarder la route principale de la ville et de manger le meilleur poulet que je n’ai jamais goûté. Le cuisinier, avec des billets pliés dans son tablier, surveillait une immense poêle en fonte remplie d’une douzaine de cuisses et de poitrines en train de frire dans une portion généreuse d’huile. Chaque nuit que je passais à La Libertad, je m’aventurais dehors pour du poulet frit, après la tombée de la nuit, quand la température descendait aux 30 degrés relativement confortables. J’étais assise à une table dehors, d’où je mangeais et regardais.

Tout semblait se passer en même temps : motos et mototaxis s’arrêtaient, redémarraient et tournaient ; les femmes attrapaient leurs enfants et traversaient les rues à grands pas ; les bus venaient et repartaient ; les camions traversaient à la vitesse maximale. Même après la tombée de la nuit, au milieu de la circulation, les gens vendaient des mangues (mûres ou pas mûres), dictionnaires, boissons et vêtements. Un groupe de pharmaciens en uniforme blanc finissaient leur shift de jour. Une nuit, des gardes forestiers armés étaient assis quelques tables plus loin et mangeaient, tandis que police et soldats, présents pendant toute la journée, semblaient disparaître une fois qu’il faisait noir.

Je n’arrêtais pas de me dire que tout paraissait normal. C’est comme s’il n’y avait pas de guerre. Et si La Libertad est connue ces jours-ci, c’est bien pour la guerre. Je m’attendais à une tension, peut-être un couvre-feu non officiel, des postes de contrôle intensifs ou des convois VUS (véhicules utilitaires sport) aux fenêtres teintées.
Quelque chose.

Le Guatemala apparaît à nouveau dans les nouvelles et celles-ci ne sont pas bonnes.

Le pays centre-américain est en train de récolter plus d’attention médiatique en tant qu’endroit chaud pour les groupes du crime organisé. Tandis que la couverture médiatique s’est concentrée sur les atrocités et l’augmentation de la criminalité organisée, une nouvelle ruée vers le pétrole a lieu dans le Petén, la même région du nord qui est de plus en plus militarisée et convoitée par des groupes criminels.
En mai 2011, la municipalité de La Libertad était le lieu du massacre le plus meurtrier du Guatemala depuis le conflit interne qui a duré 36 ans et qui s’est terminé officiellement en 1996. Vingt-sept travailleurs ont été tués sur un ranch qui s’appelle Los Cocos. La plupart des morts étaient des hommes indigènes Q’eq’chi. Quand le lendemain du massacre, les autorités sont entrées dans le ranch, ils ont trouvé 26 corps et 23 têtes décapitées. « Ca va, Otto Salguero ? Bâtard que t’es… On va te trouver et te décapiter aussi. Sincères salutations, Z200, » disait un message en espagnol écrit avec du sang humain sur le côté d’un bâtiment tout près des corps. Le bâtiment appartenait soi-disant à une cellule locale des Zetas.

Des images du carnage à La Libertad ont été mises en ligne, montrant des têtes éparpillées dans le gazon et des soldats qui gardent des corps décapités dont les mains étaient attachées. Elles ont choqué le monde et rappelé des souvenirs des années les plus obscures de l’histoire du Guatemala quand ce genre d’évènement était devenu presque banal dans certaines régions rurales. Mais contrairement au passée, ce n’était pas des hommes habillés en uniforme du gouvernement qui exécutaient le meurtre. Cette fois-ci, les Zetas étaient accusés. Les Zetas constituent un groupe narcoparamilitaire qui à l’origine a été formé par des forces spéciales mexicaines qui, à leur tour, ont déserté et rejoint le Cartel du Golfe, dont ils se sont séparés en 2010.

« Plus que contrôler les chaînes de distribution et l’infrastructure nécessaire pour faire fonctionner les opérations quotidiennes, les Zetas se concentrent sur le contrôle du territoire, » dit un rapport de septembre 2011 préparé pour InSight Crime, un think-tank fondé par George Soros. Le rapport, basé principalement sur des informations venant des sources gouvernementales et des articles de journaux, se réfère au massacre à La Libertad comme la première incursion des Zetas dans le Petén. Pour ce qui peut être prouvé, des trafiquants de drogue qui s’identifient comme des Zetas sont actifs au Petén. Fox News a même rapporté sur une banderole accrochée dans la capitale du pays vers la fin mars et signé par Z200, la mort menaçant les citoyens du Petén. Suite au massacre, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence qui a duré jusqu’en janvier de cette année.

Cependant, prétendre que Petén est le territoire des Zetas, c’est ignorer d’autres intérêts importants dans cette région riche en ressources et plus grande que la Belgique.
Pour commencer, il y a des familles ‘trafiquants de drogues’ au Petén qui n’ont pas cédé le contrôle du marché de transbordement lucratif aux Zetas. Mais les groupes armés dont la présence est la plus visible dans la région sont la police et l’armée guatémaltèques. En journée, ils étaient une partie omniprésente de la vie dans la rue des nombreuses villes et villages que j’ai visités ici en me baladant à l’arrière de camions pick-up ou en groupes.

Un matin, quand j’étais avec un photographe et quelques locaux, j’ai visité le Parc national de Lacandón qui se trouve également dans la municipalité de La Libertad. Des centaines de familles paysannes de la communauté de Nueva Esperanza ont été déplacées du parc l’été dernier sous le prétexte qu’elles étaient impliquées dans le narcotrafic. Nous sommes entrés dans le parc avec quelques membres de la communauté et il n’a pas fallu longtemps avant que la police équipée d’armes semi-automatiques arrive, qu’elle enregistre nos noms et qu’elle approuve qu’on faisait signe de partir. Plus tard, nous étions mis en garde à l’entrée du Parc de Laguna del Tigre car notre présence aux différents postes de contrôle de l’armée vers l’entrée du parc pouvait créer des problèmes pour le peuple que nous souhaitions visiter.
Les deux régions protégées sont fortement militarisées et sont dites comme des lieux de passage par lesquels la drogue est acheminée au Mexique. Mais elles constituent également l’habitat de dizaines de communautés paysannes et elles se trouvent parmi les régions du Guatemala possédant le plus de ressources naturelles. Les évènements qui ont lieu au Petén sont beaucoup moins connus, mais méritent une plus grande attention – surtout de la part des Canadiens.

Pour accéder au Parc de Laguna del Tigre, il faut voyager à travers El Naranjo, une ville frontalière animée et limitrophe d’une rivière qui coule vers le Mexique. Pendant que nous étions en train de la visiter, les soldats fixait du regard l’autre côté de la rive ; de vieux bateaux en bois venaient et repartaient ; d’autres hommes armés sans uniforme gardaient une distance dans l’ombre des vitrines ; et un petit panneau sur l’aire de chargement représentait le logo d’un autre groupe puissant opérant dans la région : Perenco.

Perenco est une compagnie pétrolière basée à Paris qui a produit et exporté plus de 3.6 millions de barils de pétrole non raffiné l’année précédente quand le pétrole a remplacé la cardamome comme quatrième produit d’exportation après le café, le sucre et les bananes. La compagnie fait fonctionner 47 puits connus comme le Xan Field à l’intérieur du Parque national de Laguna del Tigre, formant une empreinte que toute personne disposant d’un accès à Google Maps peut observer. Le pétrole passe à travers un oléoduc de 475 kilomètres, appartenant également à Perenco et menant à la raffinerie de la compagnie près du centre ville de La Libertad. Ensuite, l’oléoduc continue jusqu’au terminal de la compagnie près de Puerto Barrios sur la côté atlantique. Perenco a racheté l’opération de ‘Basic Resources’ du Canada en 2001.

Selon un résident local, qui demanda que son identité soit gardée secrète par peur de représailles, la militarisation de la région a plus à voir avec la protection des intérêts dd pétrole qu’avec le combat contre le crime organisé.

Il disait que « Dans le cas de Perenco, il s’agit d’une compagnie qui fournit des moyens financiers à l’armée du Guatemala pour pouvoir s’installer dans la région, », soulignant que six petites bases militaires et au moins 250 soldats, faisant partie d’un bataillon vert, existent à l’intérieur de Laguna del Tigre. Certains de ces soldats ont pris part dans les expulsions forcées des communautés vivant dans le parc et sont actuellement responsables de l’état de siège qui persiste pour ceux qui y vivent toujours. Non seulement il est défendu aux 25 à 30 communautés à l’intérieur du parc de couper un arbre sans permis, mais de surcroît elles vivent sous la pression permanente des soldats et des gardes armés.

« Tout d’abord, la simple présence des soldats est pesante pour les communautés à cause de la mémoire du peuple ; quand on voit un soldat, on voit quelqu’un qui est là pour tuer, » disait le résident qui se rend régulièrement dans la région. « Deuxièmement, ils ont construit un avant-poste militaire sur la route, à 15 ou 17 kilomètres d’ici, d’El Naranjo, où ils contrôlent tout ce que les communautés apportent au parc. » Il disait que les soldats empêchent les membres de la communauté d’amener les provisions, les outils et le matériel dont ils ont besoin pour leurs maisons, comme le zinc ondulé, des briques en ciment, du sable et des aciers à béton. « Ils leur mettent la pression en leur niant l’accès à ce dont elles ont besoin. Ceci est une autre manière de les obliger à quitter la région de leur propre initiative, » disait-il.
Perenco a détourné l’attention de ses impacts sur le parc en déclarant sur son site web que la compagnie « reconnaît la gravité des problèmes que le Parc rencontre, dont ceux causés par les communautés migrantes [sic] les techniques de l’agriculture sur brûlis. » Le gouvernement du Guatemala accuse également les habitants du parc des dommages environnementaux causés à une des zones humides les plus grandes d’Amérique centrale. « Je ne cesserai de dire que la plus grande menace pour le Parc de Laguna del Tigre sont les vaches, et non les oléoducs de Perenco, » disait l’ancien président Alvaro Colom en 2010.

L’ex-gouverneur de Petén, Rudel Mauricio Álvarez, soutient que le choix était entre le pétrole ou la drogue durant son mandat qui s’est terminé en 2012. J’ai rencontré Álvarez dans un café ouvert et moderne à Flores, la capitale pittoresque du Petén, suivant une échange sur Twitter concernant le mot narcoganadería, ou narcoranching (anglais), signifiant des fermes utilisées pour camoufler des activités de trafic de drogue.

« C’est ça la question. Qu’est-ce qui est pire ou plus nuisible : du pétrole ayant seulement un impact sur 450 hectares ou des narco-trafiquants (narcoranchers) possédant 140,000 hectares ? » demandait-il. « Tout le monde, les écologistes et tous les autres sont allés à l’encontre du pétrole… Ils rendent le vrai problème des régions protégées invisible, » disait-il, faisant une courte pause avant de revenir sur sa propre question. « Le problème n’est pas l’extraction de pétrole. Le problème, ce sont les narco-trafiquants. »

Aucune personne à qui j’ai parlé niait que Laguna del Tigre faisait partie d’un trafic où la cocaïne colombienne arrive par des pistes d’atterrissage privées pour ensuite être exportée au Mexique. Les opinions diffèrent sur dans quelle mesure les douzaines de communautés à l’intérieur du parc seraient impliquées dans le trafic. Álvarez soutient que la plupart des communautés sont des envahisseurs, financées par les narco-dollars. Cependant, contrairement à certains endroits au Mexique où le commerce de la drogue domine, je n’ai pas vu un seul VUS pendant mon séjour au Petén. Ma source à El Naranjo disait que les narcos resteraient entre eux, faisant des va-et-vient entre les régions, tandis que les communautés – dont beaucoup étaient composées de familles déplacées pendant le conflit interne – survivaient de leur récolte basique de blé, haricots et courges.

Une chose est claire. La présence des trafiquants de drogue à Laguna del Tigre n’a pas affecté la production de pétrole. En réalité, il y a un intérêt accru de la part des compagnies pétrolières pour le pétrole du Guatemala.

Ces derniers temps, un nombre de compagnies pétrolières canadiennes ont investi le Guatemala. La compagnie Quattro Exploration & Production, basée à Calgary, qui extrait activement du pétrole au Saskatchewan, a acquis presque 350,000 hectares au Guatemala depuis novembre 2011 pour des concessions pétrolières.Leur acquisition la plus récente est un bloc de concessions adjacent au Laguna del Tigre, ce dernier se trouvant à l’intérieur de la réserve de biosphère Maya. Récemment, d’autres compagnies comme Pacific Rubiales et Truestar Petroleum Corporation ont également été actives au Guatemala.
Le pétrole n’est qu’une des industries très bénéfiques du Petén. Un mégaprojet, poussé par l’élite, connu sous le nom ‘Cuatro Balam’ propose des biocarburants et de l’agriculture à grande échelle dans le sud du Petén ainsi que des investissements plus élevés dans l’infrastructure pour du tourisme de masse, partiellement financé par des groupes tels que la Banque Interaméricaine de Développement. Des groupes de conservation d’entreprises comme la Société pour la Conservation de la Vie Sauvage basée à New York, continuent de revendiquer de vastes étendues de terre pour des parcs. Il y a également la menace de nouveaux projets hydroélectriques, dont cinq sont proposés le long de la Rivière Usumacinta qui, selon les activistes, chasseraient 35,000 personnes de leur territoire.

Peu de profits, s’il y en a déjà, de ces activités économiques illicites ou licites bénéficiera un jour la majorité pauvre du Petén. Cette population demeure la plus probable à être déplacée de la terre dont elle dépend pour survivre et à perdre amis et proches puisque la guerre de la drogue s’intensifie au Guatemala.

Parmi tout cela, le nouveau président du Guatemala, Otto Pérez Molina, qui est un ancien général ferme dont la campagne était basée sur une politique intransigeante en matière de criminalité, a fait plusieurs appels publics pour la légalisation de la drogue. Certains analystes croient que Pérez Molina et son Parti patriote dirigeant, qui reçoit un soutien important parmi les soldats et les vétérans, doit choisir entre la peste et le choléra. Pour interrompre le trafic de drogue efficacement, il devrait se battre contre lui-même : l’armée, réputée depuis longtemps être impliquée dans le commerce de la drogue.

Indépendamment du discours de Pérez Molina, le Guatemala continue à armer encore plus de soldats et de policiers, soi-disant pour combattre le trafic de drogue, appliquant la stratégie du Département d’Etat des Etats-Unis dans la région. Stephen Harper a annoncé en avril que le Canada se joindrait aux Etats-Unis et au Mexique pour soutenir une nouvelle stratégie contre la drogue en Amérique centrale. La violence accrue et le paramilitarisme, qui ont déjà atteint des degrés stupéfiants au Petén, sont connus comme des effets secondaires de la politique antidrogue des Etats-Unis. « Comparé à d’autres régions, une augmentation de 10 % en aide militaire américaine était associée à une hausse de 15 % en attaques paramilitaires dans des régions où il y avait une base militaire colombienne, » ont déclaré des économistes, cités récemment dans le magazine américain ‘Foreign Policy’.

Aujourd’hui, après que la Colombie ait été le terrain d’essai pour la politique de drogue états-unienne pendant plus d’une décennie – pendant laquelle environ quatre million de personnes ont été déplacées, 50.000 ont disparu et des milliers d’activistes politiques, dissidents, unionistes et écologistes tués –, elle a la plus grande croissance économique de l’Amérique latine.

La dure leçon qu’on a apprise du cas colombien est que, malheureusement, la drogue et le pétrole se mélangent bien, et, il n’y a plus de doute que les politiques testées en Colombie sont appliquées actuellement au Guatemala. Quand Hillary Clinton a visité le Guatemala pour annoncer le financement des initiatives antidrogues dirigées par les Etats-Unis en Amérique centrale en 2011, elle était explicite sur le fait que son gouvernement était en train d’appliquer des stratégies auparavant utilisées en Colombie et au Mexique.

« Nous ne devons pas oublier que le président colombien Santos, tout comme Pérez Molina, veut étendre le ‘plan Colombie’. Cela signifie non seulement le renforcement du combat contre le narcotrafic mais surtout la conversion en une forme de paramilitarisme afin de générer une nouvelle sorte de contre-insurrection – non contre des mouvements sociaux mais contre des communautés indigènes, » disait Maximo Ba Tiul, un analyste maya poqomchi basé en Alta Verapaz. « Il s’agit de la remilitarisation du Guatemala comme projet patriotique. »


Dawn Paley est une journaliste indépendante sans adresse fixe et ayant peu de possessions. Elle a cofondé la coopérative ‘Vancouver Media Co-op’ et travaille actuellement sur son premier livre traitant du capitalisme et de la guerre de la drogue.

Source : Briarpatch
Traduit de l'anglais par Hanah Jabloune pour Investig'Action
Source en français : Investig'Action
Partager cet article
Repost0
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 03:43

 

SYRIE. Le pas en arrière de Hollande sur les livraisons d'armes
Créé le 29-03-2013 à 13h16 - Mis à jour à 15h28

Le coup de frein est aussi inattendu que l'accélération dont a fait l'objet ce projet porté par Paris et Londres. Que s'est-il passé ? Eclairage.

 

Des AK-47 de rebelles syriens (The Times/Sipa)

Des AK-47 de rebelles syriens (The Times/Sipa)

 

 

Lors de son intervention télévisée, François Hollande a quelque peu surpris (et déçu sans doute l'opposition syrienne) lorsqu'il a annoncé que la France ne livrerait pas d'armes aux rebelles syriens sans la garantie qu'elles ne tomberaient pas aux mains de djihadistes : "Il ne peut y avoir de livraison d'armes à la fin de l'embargo, c'est en mai, s'il n'y a pas la certitude que ces armes seront utilisées par des opposants légitimes et coupés de toute emprise terroriste [...] Pour l'instant, nous n'avons pas cette certitude".

Le coup de frein est aussi inattendu que l'accélération dont a fait l'objet ce projet porté par de manière tonitruante, voire arrogante pour certains, par Paris et Londres. Depuis quelques semaines, le gouvernement français tentait en vain de convaincre les pays de l'Union européenne de lever l'embargo sur les armes imposé à la Syrie. Il y a à peine deux semaines, François Hollande lui-même confiait qu'il pourrait passer outre l'embargo qui doit s'achever fin mai et se justifiait ainsi : "Le plus grand risque, ce serait de ne rien faire [...]. Le plus grand risque c'est l'inaction [...]. Sur les armes, mieux vaut les contrôler que les laisser circuler ce qui est le cas aujourd'hui". Paris assurait alors avoir identifié les groupes de rebelles "sains". L'objectif étant de renverser le rapport de force militaire sur le terrain et hâter un départ de Bachar al-Assad.

Hier soir, volte-face. Le chef de l'Etat a garanti au contraire : "Aujourd'hui, il y a un embargo, nous le respectons". Alors que la France a voulu être l'artisan d'une résolution du conflit syrien, que s'est-il passé ?

Démission du chef de la Coalition nationale syrienne

François Hollande a d'abord justifié ce retournement par les divisions continues au sein de la Coalition nationale syrienne. Le 24 mars, son chef, Ahmed Moaz al-Khatib, plutôt apprécié, a annoncé sa démission de cette composante de l'opposition - une démission qu'il justifie par l'inaction de la communauté internationale. Officieusement, de nombreuses voix dénoncent la main mise de l'Arabie Saoudite et du Qatar sur l'opposition, qui mènent une lutte interne pour en prendre le contrôle.

Présenté comme un modéré, Ahmed Moaz al-Khatib, était considéré comme un rempart contre l'influence des Frères musulmans et les groupes djihadistes qui se sont immiscés parmi les combattants rebelles. Par ailleurs, l'Armée syrienne libre a refusé la nomination du nouveau "Premier ministre", Ghassan Hitto, chargé de diriger les zones de la Syrie libérées. Le site Rue 89 rappelle que Laurent Fabius faisait déjà part de ses doutes au micro d'Europe 1, lundi : "Les choses se compliquent [...] Nous souhaitons à la fois que l'opposition se réunisse à nouveau parce que toute division est négative et, d'autres part, nous souhaitons que l'opposition reste dans ses limites réformistes. Nous ne sommes pas d'accord pour une dérive qui serait une dérive extrémiste."

La pression de l'Union européenne gagnante

Le refus des pays de l'Union européenne a peut-être aussi convaincu de la mission hasardeuse du projet franco-britannique. Le week-end dernier, lors d'une réunion à Dublin, les 27 n'ont pas suivi. La raison énoncée n'a pas évolué : les armes risquent de tomber aux mains des milices d'islamistes radicaux qui pourraient à terme déstabiliser (encore plus) la région. Selon les services secrets français, 200 à 250 djihadistes venus d'Irak, du Liban, d'Arabie Saoudite, d'Egypte et Maghreb combattent en Syrie.

Des djihadistes venus en nombre, non pas pour instaurer un Etat démocratique mais pour pour bouter hors du pays le clan alaouite de Bachar al-Assad considéré comme des hérétiques. Parmi les groupes qui montent en puissance figure le front Al-Nosra, classé sur la liste des "organisations terroristes" par les Etats-Unis et soupçonné d'avoir des liens avec Al-Qaïda.

Aux autres pays d'envoyer des armes ?

Officiellement donc, l'envoi d'armes par la France n'est pas pour demain, compte tenu de toutes ces incertitudes... Reste que selon les informations du "Nouvel Observateur", la France aurait déjà commencé à livrer des armes. François Hollande avait décidé à la mi-décembre de livrer directement des armes à des groupes sélectionnés par le renseignement. Aussi, selon nos informations, les formations pratiques prodiguées aux rebelles ont déjà commencé, en coordinations aves les Britanniques et les Américains. Les cours portent notamment sur la communication cryptée. Par ailleurs, l'envoi d'armes non-létales (gilets pare-balles, système de visée nocturne...) est depuis longtemps à l'ordre du jour.

La France va-t-elle donc laisser le bébé aux pays arabes qui ne sont pas soumis au même embargo ? Cette semaine, la Ligue arabe réunie à Doha a rappelé dans une résolution "le droit" de chacun des Etats membres à apporté une aide militaire à la rébellion. En tout cas, ce serait une façon pour la France de ne pas être tenue responsable en cas de scénario noir.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/la-revolte-syrienne/20130329.OBS6176/syrie-le-pas-en-arriere-de-hollande-sur-les-livraisons-d-armes.html#xtor=EPR-3-[Actu17h]-20130329

Partager cet article
Repost0
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 06:36

 

samedi 30 mars 2013

L'Enjeu Nord-Coréen


« LA CORÉE DU NORD DÉCLARE LA GUERRE A LA CORÉE DU SUD »

 

 

Depuis plusieurs heures, les nouvelles pas très rassurantes affluent à propos de la Corée du Nord. Certaines étaient alarmantes affirmant, avant d'être démentie par la suite, que la RPDC aurait déclaré la guerre à son voisin du Sud [1]. Heureusement, ce n'était pas le cas.
Toute cette agitation fait suite à des manœuvres d'exercices militaires menées conjointement par les troupes sud-coréennes et ses alliés américains à 200 km de la DMZ (zone démilitarisée), mal nommée car étant sans doute l'endroit le plus militarisé au monde.
La question qui est posée à tous les spécialistes de la région est de savoir si les provocations de Kim Jong-Un déboucheront-elles ou non sur une guerre. L'avis de votre humble serviteur est que cela est très peu probable. Et pour cela je ne m'appuie non pas sur les divers avis émis mentionnant la zone inter coréenne de Kaesong toujours en activité mais sur des causes un peu plus profondes.
Mentionnons tout de même que nous sommes loin de la tension qui avait eu lieu en novembre 2010 [2] lors du bombardement par le Nord de l'île sud-coréenne de Yeonpyeong qui avait causé des morts et des blessés. Et que malgré ces évènements, le calme entre les deux Corées a pu revenir sans déboucher sur un conflit armé. Cet argument de l'habitude peut aider à rassurer les esprits un peu échauffés, mais n'expliquent rien du problème, comme c'est le cas de tout ce qu'on peut lire actuellement sur le sujet.

Mais avant d'aborder ces causes profondes, il peut-être utile de se rafraîchir la mémoire et revenir sur le passé qui a conduit à la partition de la péninsule coréenne et à la tension toujours intacte qui persiste de part et d'autre de la DMZ.


BREFS RAPPELS HISTORIQUES

En réaction à l'occupation japonaise pendant la première moitié du XXème siècle, les nationalistes coréens obtirent l'indépendance de la Corée en 1943 pendant la Conférence du Caire.
Mais déjà, même si la Seconde Guerre Mondiale faisait encore rage aux quatre coins du globe, les États-Unis et l'URSS avaient décidé de se partager la péninsule en zone d'influence autour du 38ème parallèle. Ce qu'il faut bien retenir ici est que la partition de la Corée n'a pas eu lieu après la Guerre de Corée, mais antérieurement.
Sans détailler le processus qui a mené à la Guerre de Corée, il faut noter que les Etats-Unis avaient dès cette époque mis en place une dictature militaire pour contrer l'influence soviétique, ce qui a conduit à l'escalade des tensions pour finalement aboutir à la pire des choses : la guerre.
La Guerre de Corée (1950-1953) fut une tragédie pour les populations et a été la guerre la plus meurtrière de la deuxième moitié du XXème siècle après le Vietnam, dont sont directement responsables les États-Unis et les Soviétiques, sans oublier la Chine qui a fourni le gros des bataillons du Nord.
Cette guerre a laissé derrière elle un peuple décimé, ruiné, dévasté et déchiré. Et ce n'est qu'au cours de ces deux dernières décennies que le Sud a réussi à décoller économiquement parlant, contrairement à son voisin du Nord qui est restait dans un état inquiétant de sous-développement.


SITUATION ACTUELLE

Depuis la France, le stéréotype habituel concernant la Corée est que le Nord est une dictature communiste et que le Sud est une démocratie, si tant est qu'on connaisse un peu le sujet. Bien évidemment, la réalité est un peu plus compliquée.
Bien que le Sud ait vécu une démocratisation à la fin des années 80 dont les Jeux Olympiques de Séoul en 1988 sont le symbole, il n'en reste pas moins que ce pays reste sous la tutelle militaire des Etats-Unis dans la mesure où en cas de guerre, l'armée sud-coréenne est soumise au commandement des États-Unis. De plus, d'un point de vue économique et culturel, la Corée du Sud est peut-être le pays le plus américanisé de toute l'Asie, le Japon ayant malgré tout réussi à conserver certaines spécificités culturelles de par la nature insulaire de son territoire.
Le Nord quant à lui, est un pays clairement sous-développé selon les critères occidentaux, et dont l'économie, essentiellement informelle, est tenue en sous-main par la Chine. Mais une chose que la Corée du Nord a su préserver, malgré les pénuries dans tous les domaines, c'est son appareil militaire, clé de son indépendance politique. C'est la quatrième armée du monde en effectif et la première en proportion de sa population [3]. Cet exploit ne tient qu'à d'énormes sacrifices de la part de sa population. Sur le papier, elle peut impressionner, mais dans les faits, il y a fort à parier qu'elle ne résisterait pas longtemps sans l'appui de la Chine ou de la Russie face à l'écrasante supériorité technologique de l'armée américaine.


LES ENJEUX

Les récentes déclarations de la Corée du Nord ne détonnent pas de la phraséologie habituelle surtout quand on prend en compte le fait que les deux parties de la péninsule sont techniquement en guerre depuis 1950. Seul un armistice, c'est à dire un cessez-le-feu, a été signé entre les deux pays.
Mais alors, à quoi joue Kim Jong-Un ? Très vraisemblablement, il y a tout d'abord une volonté d'affirmer son leadership, lui qui a succédé à son père Kim Jong-Il il y a à peine plus d'un an et demi de cela.
Aussi, pour expliquer l'attitude pseudo-guerrière de la RPDC, les experts avancent souvent la thèse du moyen de pression pour maintenir voire renforcer l'aide humanitaire. En effet, le pays est dépendant des nombreuses aides humanitaires en provenance de l'international, dont la Corée du Sud, qui approvisionnent la population en nourriture via la Chine.
Cependant, nous restons sur des explications de surface qui n'expliquent pas l'essentiel à savoir comment la Corée du Nord, malgré sa situation précaire parvient à rester debout alors qu'un simple abandon des aides de la Communauté Internationale ferait tomber le régime jugé voyou et faisant partie de l'Axe du Mal ?
En fait, ce sont des facteurs géostratégiques qui portent à bout de bras un pays qui aurait du s'effondrer depuis longtemps.
La Chine tout d'abord a une peur bleue de devoir accueillir des millions de réfugiés nord-coréens en cas d'effondrement du régime. Mais ce n'est pas la seule préoccupation de la Chine. La Corée du Nord représente surtout pour l'Empire du Milieu un tampon avec la Corée du Sud qui est objectivement une base militaire américaine.
Réciproquement, les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que perdure le régime nord-coréen pour justifier leur présence massive en Corée du Sud, où officiellement 25 000 GIs sont présents sur tout le territoire. Ceci dans la cadre de leur politique de containment à l'égard de la Chine.
Nous avons donc là une convergence d'intérêts entre la Chine et les Etats-Unis avec la Corée du Nord au beau milieu. La Corée du Nord sert à la Chine de tampon à la présence américaine et en retour, la présence américaine en Corée du Sud est justifiée par la Corée du Nord.
N'oublions pas non plus la Russie qui a un intérêt indirect dans l'affaire, celui de maintenir la Chine dans ses alliances face aux Etats-Unis. En effet, la tension sino-américaine qui se joue autour de la Corée du Nord, sans compter les autres points de tension, notamment en Afrique, pour l'accès aux matières premières, oblige la Chine à être un allié objectif de la Russie, et ce, malgré les désaccords stratégiques qu'il peut exister entre les deux pays partageant une frontière immense. Sans être dans le secret des Dieux, il est probable que la question coréenne est un sujet récurent lors des sommets de l'Organisation de Coopération de Shangai. [4]
En synthèse, la Corée du Nord est un point de convergence de nombreux enjeux pour les trois grandes puissances présentes dans la région que sont la Chine, les États-Unis et la Russie... pour le plus grand malheur du peuple coréen.


LA TRAGÉDIE CORÉENNE

Tout au long de son histoire multi-millénaire, la Corée a rarement pu jouir de son indépendance, prise en étau entre les deux puissances asiatiques que furent la Chine et le Japon. Néanmoins, et c'est assez remarquable, ce peuple a survécu à toutes les invasions et tentative d'assimilation.
Le secret ? La fierté nationale, ce nationalisme exacerbé qui s'est mis en œuvre lors des préludes à la Guerre de Corée et qui continue à perdurer au Nord comme au Sud à des degrés divers.
Nos médias occidentaux ont beau jeu de dépeindre le gouvernement nord-coréen comme l'incarnation de la barbarie et du Mal. Néanmoins, que ce soit aujourd'hui Kim Jong-Un ou hier Kim Jong-Il et encore avant Kim Il-Sung, ce sont sans doute les authentiques incarnations du nationalisme coréen, à l'opposé de la servilité des gouvernements sud-coréens depuis la partition, y compris dans la soi-disant démocratie d'aujourd'hui à Séoul. Même s'ils ont été et sont toujours soutenus par la Chine et la Russie, les dirigeants nord-coréens, compte-tenu de l'histoire particulière de la Corée, ont toujours farouchement défendu leur indépendance, même si cela doit passer par de grandes souffrances pour le peuple.
Il faut savoir que les plus fervents partisans de la réunification des deux parties de la Corée se trouvent au Nord. Les conditions de Kim Jong-Il ont toujours été les mêmes. A savoir un retrait sans condition de toutes les bases américaines de la péninsule. Et ironiquement, les plus farouches opposants à cette idée de la réunification se trouve au Sud, en particulier dans le parti conservateur, actuellement au pouvoir, militant pour une alliance totale avec les Etats-Unis.
Car l'enjeu dans toute cette immense tragédie n'est pas de savoir s'il y aura une guerre ou pas, mais de savoir comment réunir des frères et des soeurs de part et d'autre d'une Zone Démilitarisée, qui devrait plus être appelée la Zone de la Honte.
Comment se fait-il qu'après 60 ans d'armistice, les deux parties n'aient toujours pas signé de traité de Paix ? N'est-ce pas le signe évident d'un blocage qui se trame en plus haut lieu, dépassant les intérêts du peuple coréen ?


CONCLUSION

Comme indiqué précédemment, la Chine, les États-Unis et la Russie n'ont donc aucun intérêt à la réunification de la Corée. La Chine perdrait son monopole économique au Nord et sa zone tampon contre l'influence des États-Unis. Les États-Unis y perdrait énormément en bases militaires et en influence dans cette région prioritaire. Et la Russie, sans la tension engendrée par la Corée du Nord, aurait moins d'arguments à faire valoir à la Chine pour soutenir leur alliance militaire.
Les raisons qui font que la guerre ne peut pas avoir lieu entre la Corée du Nord et celle du Sud sont aujourd'hui les mêmes que celles qui font que ces deux pays ne peuvent pas être en Paix et in fine être à nouveau uni comme cela fut le cas pendant des millénaires. Là est tout le drame.
Tant qu'on ne rendra pas au peuple coréen la possibilité de réellement choisir son destin, et cela passe par un effacement des intérêts chinois, américains et russes dans la péninsule, alors, péninsule coréenne continuera son numéro d'équilibriste entre deux eaux, entre guerre et paix.


[1] http://french.ruvr.ru/2013_03_30/La-Coree-du-Nord-declare-la-guerre-a-la-Coree-du-Sud

[2] http://lci.tf1.fr/monde/asie/2010-11/la-coree-du-nord-tire-des-obus-sur-une-ile-de-coree-du-sud-6158935.html

[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_populaire_de_Cor%C3%A9e

[4] http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/06/09/le-sommet-de-pekin-devoile-les-ambitions-et-les-limites-de-l-ocs_1715710_3216.html

 

http://kairoslogos.blogspot.fr/2013/03/lenjeu-nord-coreen.html

 

 

..

Voir aussi :

 


Corée victime des USA - Quand les Etats-Unis détruisent un pays pour le sauver

 

 

 

 

Ahmed

Ahmed

 

.

Sélection actualité :


 

Tout serait prêt pour une attaque de l'Iran... Le pire bientôt ?

 

Plus à perdre qu’à gagner en restant dans l’OTAN: Régis Debray face à H Védrine

 

Messianisme : Gog et Magog dans les trois monothéismes

 

L'horreur quotidienne en Syrie atteint des sommets ! Massacres à la place d'une Révolution

 

L'Etat terroriste du Qatar salué par l'ancien chef du Mossad pour les services rendus

 

L’implication d’Israël dans le 11 septembre (et vidéos), opinion

 

L'imperialisme americain face à la sagesse chinoise

 

Plongée dans l'horreur criminelle provoquée par les Hollande-Fabius

 

Obama en visite en Israël : Disparition définitive de la Palestine originelle

 

Syrie: Un tragique remake de Suez ? - Alerte Damas et Liban - Enfants dans l'ASL (Vidéo L. Louis)

 

Syrie : Les navires russes renonceraient au port de Tartous..

 

Une nouvelle guerre se prépare-t-elle pour la France en Centrafrique ?

 

La France apparaît désormais comme le pays le plus agressif de la planète

 

La France, sous-marin des Etats-Unis, soutient les pires terroristes

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 06:21

«L’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999 était un modèle des nouvelles guerres de conquête»

«Interventions humanitaires» – prétexte pour le stationnement de troupes américaines

http://www.mondialisation.ca/lagression-de-lotan-contre-la-yougoslavie-en-1999-etait-un-modele-des-nouvelles-guerres-de-conquete/5329122

 

 20
 
 3  0

 

 

 31

Yougoslavie

Interview de Živadin Jovanovic, ancien ministre des Affaires étrangères de la République fédérale de Yougoslavie, aujourd’hui président du Belgrade Forum for a World of Equals

Horizons et débats: Monsieur Jovanovic, pourriez-vous vous présenter brièvement pour nos lecteurs et dire quelques mots sur votre personne et votre carrière?

Živadin Jovanovic: En 1961, j’ai terminé mes études à la faculté de droit de l’Université de Belgrade, de 1961 à 1964 j’étais dans l’administration du district de la ville de Novi Belgrade; de 1964 à 2000 j’ai servi dans le service diplomatique de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (à partir de 1992 République fédérale de Yougo­slavie, de 1988 à 1993 j’étais ambassadeur à Luanda/Angola, de 1995 à 1998 ministre des Affaires étrangères suppléant et de 1998 à 2000 ministre des Affaires étrangères). De 1996 à 2002 j’étais vice-président du parti socialiste de la Serbie pour les affaires étrangères; en 1996 membre du Parlement serbe et en 2000 du Parlement de la République fédérale de Yougoslavie. Les livres que j’ai écrits sont «The Bridges» (2002); «Abolishing the State» (2003); «The Kosovo Mirror» (2006).
Après avoir quitté le ministère des Affaires étrangères en 2000, vous vous êtes joint au «Belgrade Forum for a World of Equals». Actuellement vous êtes le président de cette association. Quels sont vos axes essentiels?

Les axes essentiels du Forum sont la contribution à encourager la paix, la tolérance et la collaboration sur la base de l’égalité parmi les individus, les nations et les Etats. Nous nous engageons pour le respect total du droit international, des principes de base des relations internationales et du rôle des Nations Unies. Le recours à la violence ou la menace de l’utiliser ne sont pas des moyens appropriés pour la solution de problèmes internationaux. Nous sommes d’avis qu’il n’existe pas de guerres ou d’interventions «humanitaires». Toutes les agressions, commencé par l’agression de l’OTAN contre la Serbie (RFY) de 1999 jusqu’à aujourd’hui, étaient, indépendamment des déclarations formelles et officielles, des guerres de conquête, quelques-unes menées pour des raisons géostratégiques d’autres pour le profit économique. Nous encourageons les droits de l’homme dans leur totalité selon la Charte de l’ONU – y compris les droits sociaux, économiques et culturelles et les droits à la santé, au travail et d’autres droits humains.

Nous essayons d’atteindre nos objectifs par le moyen de débats publics, de conférences, de tables rondes, de séminaires à l’échelle nationale et internationale. Le forum coopère avec des associations qui poursuivent des objectifs semblables – en Serbie, dans la région et au niveau mondial.

Nous avons vu quelques livres très intéressants, édités par le Belgrade Forum. Comment faites-vous pour maintenir votre activité éditrice?

Le Forum a publié environ 70 livres sur des thèmes divers, nationaux et internationaux, sur la politique du développement dans les conditions de crise, sur le statut du Kosovo et Métochie et sur le tribunal de la Haye concernant la politique de l’OTAN au Balkan, sur la politique étrangère de la Serbie, sur le terrorisme international et sur le rôle des intellectuels. Certains de nos livres ont été diffusés dans un grand nombre de pays sur tous les continents. Il y a par exemple l’ouvrage «Nato Aggression – the Twilight of the West». Suite au manque de moyens financiers, il n’y a malheureusement que peu de nos livres qui ont paru en d’autres langues.

Seul ce dernier mois nous avons publié trois nouveaux livres – l’un est dédicacé au grand philosophe serbe et membre de l’Académie, Mihailo Marcovic, qui a été un des co-fondateurs du Belgrade Forum; le deuxième porte le titre «De Nuremberg à La Haye» et le troisième «De l’agression à la sécession».* La présentation des livres dans différentes villes de la Serbie a eu un succès considérable.

Toutes nos activités, l’écriture et les publications, reposent sur le travail bénévole. Nous n’avons jamais eu et n’avons toujours personne qui est rémunérée dans le cadre du Forum. Des cotisations de membres et des dons, avant tout de la diaspora serbe, sont les recettes principales du Forum.

Vous avez mentionné l’encouragement à la paix comme l’une de vos affaires principales. Mais les peuples de votre région ont été les victimes de guerres au cours de la dernière décennie du XXe siècle.

C’est vrai. Les peuples de l’ex-Yougoslavie ont énormément souffert, d’abord lors des guerres civiles en Bosnie et en Croatie (de 1992 à 1995), puis suite à l’agression de l’OTAN (1999), suite aux sanctions et à l’isolation etc. Une grande partie de ces populations souffrent encore aujourd’hui. Pensez par exemple à la vie de presque un demi-million de réfugiés et d’expatriés qui vivent uniquement en Serbie, auxquels on ne permet pas de retourner dans leurs maisons en Croatie ou au Kosovo et Métochie. Les conséquences sont toujours douloureuses et le seront encore loin dans l’avenir. Que dire des conséquences des bombes à sous-munitions et des projectiles à l’uranium appauvri que l’OTAN a utilisés en 1999 et qui font encore de nombreuses victimes et le feront encore pendant des siècles. L’histoire apportera la preuve que les peuples d’ex-Yougoslavie ont été les victimes de la conception du Nouvel ordre mondial qui repose en réalité sur le pouvoir et l’exploitation.

Pensez-vous que ce ne sont pas des facteurs locaux mais des facteurs venant de l’étranger qui sont responsables de la fragmentation de la Yougoslavie?

On ne doit pas laisser de côté l’influence des populations locales, ils portent évidemment leur responsabilité de ne pas s’être prêtés à un compromis. Mais les analyses dominantes semblent ne pas donner assez d’attention au rôle négatif des facteurs externes. Nous avons aujourd’hui suffisamment de preuves que certaines puissances européennes avaient déjà des projets en 1976 et 1977 comment le territoire de la République fédérative socialiste de Yougoslavie devait être «réorganisé» en d’autres termes, comment la départir ou la démanteler pour qu’elle serve leurs propres intérêts.

Après la mort de Tito on a encouragé le nationalisme et le séparatisme dans différentes Républiques yougoslaves, mais aussi le séparatisme et le terrorisme dans la province serbe du Kosovo et Métochie, politiquement, financièrement, et avec la logistique et la propagande. Plus tard certains puissants pays étaient mêlés à des guerres civiles en soutenant un côté contre l’autre. Ces pays ont soutenu presque ouvertement la séparation de la Slovénie et de la Croatie et ont même ravitaillé en armes la Croatie et la Bosnie, même pendant l’embargo de l’ONU et ils ont encouragé et facilité l’entrée de mercenaires, dont des Moudjahidin. De l’autre côté, la Serbie et le Monténégro ont été isolés, sanctionnés et stigmatisés. On les a traités comme s’ils étaient les seuls responsables de la guerre civile. Cela ne repose pas sur des faits et n’était pas propice à éteindre le feu.

Les conséquences?

Au lieu d’un Etat, il y en a maintenant six qui ne sont pas solides économiquement, des Etats marionnettes, et un septième qui sera créé prochainement. 18 gouvernements1, six armées, six services diplomatiques etc. La dette extérieure, en 1990 pour toute la RFSY de 13,5 milliards, a augmenté pour les six républiques ex-yougoslaves jusqu’en 2012 à environ 200 milliards d’euros! Quelques-uns parmi eux sont devenus totalement dépendants du point de vue financier. A qui a profité tout cela? Jusqu’en 1990, il n’y avait dans la région pas une seule base militaire étrangère. Aujourd’hui, il existe une série de bases militaires étrangères, avant tout des Etats-Unis, dont Camp Bondsteel est la plus grande d’Europe.2 Pour quoi faire? Pour servir qui? Presque 18 ans après les Accords de Dayton, la Bosnie n’est toujours pas en état de fonctionner; l’ancienne République yougoslave de Macédoine (FYROM, Former Yugoslav Republic of Macedonia) n’est pas en état de fonctionner, dix ans après les Accords cadre d’Ohrid et continue à être confrontée à des divisions et des tensions ethniques profondes. 14 ans après la Résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU, le statut du Kosovo et Métochie est toujours sans solution. Sali Berisha de Tirana et Hashim Thaci de Pristina plaident publiquement pour la création d’une soi-disant Grande Albanie. D’autres problèmes brûlants tel le chômage entre 30% et 70%, la pauvreté, des centaines de milliers de réfugiés et d’expatriés, la criminalité organisée internationale, dont le fond de commerce sont les organes humains, les drogues, les armes et les immigrants, donnent une image sombre et d’insécurité de la Yougoslavie.
Qui a donc réellement profité de la fragmentation de la Yougoslavie?

Vous avez mentionné l’intervention de l’OTAN. Comment la voyez-vous après 14 ans?

Mon opinion n’a pas changé. C’était illégal, criminel et une attaque immorale contre un Etat européen souverain. Illégal car elle a violé tous les principes fondamentaux du droit international, également de la Charte de l’ONU, de l’Accord d’Helsinki et de beaucoup d’autres conventions internationales. Elle a été exécutée sans mandat du Conseil de sécurité. Criminel aussi parce qu’elle s’est dirigée avant tout contre les populations et l’infrastructure civiles et que des armes interdites, par exemple des armes chimiques, des bombes à sous-munitions et des projectiles à l’uranium appauvri ont été utilisées. Immoral parce qu’elle a été basée sur de faux prétextes et des mensonges. Les dirigeants de l’OTAN sont responsables avant tout du meurtre d’environ 4000 personnes et d’environ 10 000 blessés, dont deux tiers des civils. Les dommages matériels directs s’élèvent à 100 milliards de dollars. L’agression de l’OTAN n’a pas apporté de solutions mais créé beaucoup de nouveaux problèmes. Elle a été une guerre de conquête et non pas une «intervention humanitaire».

Pourriez-vous préciser?

J’ai déjà mentionné quelques-unes des conséquences directes. Au sens plus large, il faut considérer que l’agression de l’OTAN a marqué un changement stratégique dans l’essence de l’Alliance: Elle a abandonné sa politique de défense et a introduit une politique offensive (agressive), tout en s’autorisant elle-même à intervenir à tout moment sur chaque point du globe. L’ONU, notamment le Conseil de sécurité, ont été court-circuités et le droit international et la justice violés.3

C’était la première guerre longuement préparée sur sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale. C’était une démonstration du pouvoir des Etats-Unis en Europe, l’expansion vers l’Est, une justification pour les dépenses de l’OTAN, même après la dissolution du Pacte de Varsovie, et un précurseur pour des interventions futures (Afghanistan, Irak, Libye).

C’était une guerre octroyée et dirigée par une puissance extra-européenne avec la conséquence qu’elle restera pour longtemps sur le sol européen.

L’agression a aussi marqué un changement stratégique de la politique allemande depuis la Seconde Guerre mondiale. En participant activement à l’agression de l’OTAN contre la Serbie, l’Allemagne s’est écartée de sa propre Constitution et a ouvert tout grand la porte pour faciliter la militarisation et pour pouvoir jouer un rôle dans les combats bien loin de son propre territoire.

Aujourd’hui nous avons sur le sol européen plus de bases militaires qu’à l’apogée de la guerre froide. Après l’agression de l’OTAN contre la Serbie les bases militaires ont commencé à pousser partout. Comment s’expliquer la propagation de la démocratie et en même temps la propagation de bases militaires? Je n’ai jusqu’à présent pas trouvé d’explication convaincante. Il me semble que là quelque chose n’est pas en ordre.

Quel est votre avis concernant l’avenir de la Bosnie?

La Bosnie Herzégovine comme une des six républiques de la RFSY, était basée sur l’égalité constitutionnelle de trois peuples ayant chacun le droit de veto – les Musulmans, les Serbes et les Croates. C’est la raison pour laquelle on l’appelait la «Petite Yougoslavie». Lorsqu’en 1992 le principe constitutionnel du consensus a été violé parce que les Musulmans et les Croates se sont prononcé en faveur de la séparation et ont ignoré l’option des Serbes de rester à l’intérieur de la Yougoslavie, la guerre civile a éclaté. L’Accord de paix de Dayton n’a été un succès uniquement parce qu’il a confirmé de nouveau le principe de l’égalité des trois peuples constituant, l’égalité des deux unités (la Fédération musulmano-croate et de la République Srpska) et le principe du consensus.4 Ces principes fondamentaux ont été ancrés dans la Constitution qui représente une partie intégrale de l’Accord.

La source principale de la crise actuelle est dans l’effort des dirigeants musulmans à Sarajevo d’abolir le principe du consensus et de créer un Etat unitaire sous leur suprématie. En outre, ils veulent changer la répartition du territoire qui est garantie par l’Accord de Dayton selon lequel la Fédération musulmano-croate contrôle 51% et la République Srpska 49% de tout le territoire. Pour rendre le problème encore plus difficile, les Musulmans continuent de bénéficier pour leurs exigences, évidemment à l’encontre des Accords de Dayton, du soutien de quelques centres décisionnels, en premier lieu de Washington et de Berlin. Pourquoi veulent-ils continuer à affaiblir la République Srpska et renforcer les Musulmans, je préfère ne pas faire de commentaires là-dessus. Ces centres mettent même sous pression les dirigeants serbes afin qu’ils disciplinent les dirigeants de Banja Luka pour qu’ils acceptent contre leurs intérêts garantis internationalement une révision de Dayton et de la Constitution. La Serbie, comme garant des Accords de Dayton n’a premièrement pas le pouvoir d’octroyer quoi que ce soit aux dirigeants de la République Srpska et deuxièmement ce n’est pas dans l’intérêt de la Serbie d’affaiblir la République Srpska et de provoquer ainsi des tensions internes et une nouvelle spirale de tensions ethniques ou même de combats dans son voisinage.

Je crois qu’il faudrait laisser à la Bosnie Herzégovine de trouver des solutions politiques qui correspondent aux intérêts des trois peuples constituants et des deux unités tous égaux en droits. L’Accord de Dayton n’est pas parfait. Mais il n’existe probablement pas de meilleur compromis. Bruxelles prétend qu’une centralisation du pouvoir à Sarajevo augmenterait l’efficacité de l’administration étatique. Les auteurs de cet avis semblent ne pas voir que c’était le principe du consensus et de la décentralisation qui avait conduit au rétablissement de la paix et au maintien de l’intégrité étatique et qui a éveillé un sentiment de liberté et de démocratie. Finalement, je pense que le Bureau du Haut Représentant, après avoir exercé pendant 17 ans en même temps des tâches législatives, exécutives et judicatives, est devenu un anachronisme et devrait être dissolu. La Bosnie Herzégovine est le seul membre de l’ONU (et même membre du Conseil de sécurité), de l’OSCE et d’autres organisations où le Haut Représentant édicte des lois et congédie des présidents, des Premier ministres et des ministres.

La Serbie, un petit pays qui aime la paix qui n’a ni une histoire impériale, ni des ambitions impériales, devrait à notre avis rester aujourd’hui un pays neutre, à l’instar de la Suisse. En ce qui concerne les droits de l’homme nous nous engageons pour les buts de la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU de 1948, qui exige le respect de tous les droits de l’homme aussi celui de la coopération.

Mes collègues d’«Horizons et débats» ont déclaré un jour que la Serbie était une épine dans la conscience du monde occidental. Qu’en pensez-vous?

Ce que je peux dire, c’est que les dirigeants et les politiciens de certains pays européens étaient loin d’être neutres, constructifs ou moralement corrects pendant la crise yougoslave et kosovare. Quelques-uns ont soutenu et participé activement à l’agression de l’OTAN, ce qui a provoqué de sérieux problèmes pour toute l’Europe. En commun avec les Etats-Unis, ils avaient connaissance du financement, de l’entrainement et l’armement des terroristes albanais et des séparatistes au Kosovo et Métochie de la part de leurs Etats. Des documents du Conseil de sécurité le confirment.5 Je ne suis peut-être pas tout à fait impartial mais je suis certainement sincère. A mon avis, il y a peu de choses dont l’Europe peut être fière au cours de ces 20 dernières années concernant son rôle envers la Serbie et les Serbes. J’ai été surpris de l’ampleur des déformations, des doubles standards et des prises de position immorales de certains politiciens européens qui représentent les valeurs et la civilisation européennes. Et il serait superflu d’en parler aujourd’hui, si l’on avait tiré les leçons du passé. Malheureusement, les nouveaux politiciens de ces pays mènent la même politique avec les mêmes méthodes malhonnêtes envers la Serbie. Les gouvernements de grands pays occidentaux initient une campagne de propagande abominable contre la Serbie reposant sur des préjugés, des inventions mensongères et même de simples mensonges. Je me rappelle par exemple encore de l’invention de toute pièce du soi-disant «Plan Fer-à-cheval» par le ministre allemand de la défense Rudolf Scharping.6 Le soi-disant massacre de civils à Raçak, qui a servi comme justification pour le début de l’agression militaire, s’est avéré comme fausse. Le rapport avec les résultats d’une équipe internationale d’experts de médecine légale sous la direction du médecin finlandaise Helen Ranta qui a agi sous le contrôle de l’UE n’a jamais été publié. Il semble qu’il se soit perdu quelque part à Bruxelles!7

Quelles sont les leçons qu’on peut tirer de l’agression de l’OTAN pour vous et pour le monde?

L’agression de l’OTAN contre la République fédérale de la Yougoslavie de 1999 a été un modèle des nouvelles guerres de conquête sous le slogan de l’«intervention humanitaire». C’était une guerre de conquête pour prendre à la Serbie ses provinces du Kosovo et Métochie et pour y stationner, pour des raisons stratégiques, des troupes des Etats-Unis. C’était un précédent et d’autres ont suivi. A mon avis, il est actuellement tout aussi inacceptable de vouloir exporter le système de société capitaliste qui repose uniquement sur la doctrine de Washington, comme cela a été le cas au cours des années 1960 concernant l’exportation du système socialiste, reposant sur la doctrine de Moscou. La liberté de choix devrait être le droit souverain de chaque pays. Il n’est pas juste de diviser les peuples comme si Dieu avait donné le droit à quelqu’un de décider de ce qui est bon pour toutes les autres nations du monde. L’histoire nous a appris, au moins en Europe, qu’une telle idéologie est la source d’un grand danger.

Quelle solution voyez-vous pour la question du Kosovo?

Les problèmes du Kosovo et Métochie sont vieux comme le monde et sont profondément ancrés. La province est le berceau de l’Etat serbe, de la culture serbe, ainsi que de la religion et de son identité nationale. On y trouve encore aujourd’hui environ 1300 couvents et églises du Moyen-Age, dont certains ont été déclarés patrimoine mondial de l’UNESCO. Plus de 150 ont été détruits par des vandales et des extrémistes. Il serait trop simple de prétendre que les problèmes de fond se situent dans le domaine des droits de l’homme des Albanais. Pour résoudre les problèmes essentiels, qui se trouvent à mon avis dans la volonté d’expansion territoriale des Albanais, soutenue par les pays occidentaux – en premier lieu par les Etats-Unis, l’Allemagne et la Grande-Bretagne – il faudrait quelque sagesse de la part des acteurs politiques, mais aussi une vision à long terme et de la patience: des qualités qui sont particulièrement déficitaires.

Je reste persuadé qu’il existe une solution reposant sur un compromis sur la base de la Résolution 1244 du Conseil de sécurité du 10 juin 1999. Cette résolution, comme d’ailleurs de précédentes résolutions du Conseil de sécurité, garantit la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République fédérale yougoslave (détachée de la Serbie) et l’autonomie du Kosovo et Métochie au sein de la Fédération yougoslave et de la Serbie. Entre-temps on a commis de nombreuses fautes graves, notamment de la part de ce qu’on appelle la communauté internationale, y compris l’UE, de même que de la part des autorités serbes. On peut considérer ces erreurs comme une déviation grave de la Résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU. En mars 2008, les dirigeants albanais à Pristina ont déclaré la sécession unilatérale et illégale de la province par rapport à la Serbie et ont déclaré la prétendue République du Kosovo. Alors même que la province se trouve toujours sous le mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, cette dernière n’a pas réagi. Les Etats-Unis, l’Allemagne, la Turquie et la Grande Bretagne ont reconnu immédiatement la séparation. Jusqu’à présent 22 des 27 membres de l’UE8 ont suivi le mouvement. La Serbie n’a pas reconnu la séparation de 17% de son territoire, et je pense que cela ne se fera pas à l’avenir. La plupart des membres de l’ONU, dont deux des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, la Russie et la Chine, ne l’ont pas reconnue.

L’année dernière, un dialogue entre représentants de Belgrade et de Pristina concernant quelques aspects concrets qui touchent à la vie quotidienne de la population a été entamé sous le patronage de l’UE. C’est probablement bien, dans la mesure où cela n’est pas un préjudice négatif pour le problème principal – le statut de la province comme il est prévu dans la Résolution 1244. Personnellement, je souhaite que le dialogue débouche sur un calendrier assurant le retour libre de 250’000 Serbes et autres Non-Albanais dans leurs foyers, lesquels vivent actuellement dans des conditions misérables dans différentes villes de Serbie et du Monténégro. Malheureusement, cette question ne trouve pas place dans l’ordre du jour, en partie du fait de l’absence d’intérêt de la part de Pristina, mais aussi suite à la politique des deux poids deux mesures de l’Occident.

Une solution imposée à la Serbie par la force ou par chantage n’est guère possible. Je ne pense pas que le «marché», dont on parle dans certains pays occidentaux, d’échanger le territoire (Kosovo) contre l’adhésion à l’UE (de la Serbie) et davantage d’investissements de l’étranger – qui serait logique vu l’état de délabrement de l’économie serbe – soit viable. Ce ne serait pas honnête, pas équilibré. Il serait inacceptable pour les Serbes, quand on connaît leur histoire, leur culture et leur fierté.

Quelles sont les relations de la Serbie avec l’UE?

L’UE est traditionnellement le principal partenaire économique de la Serbie. Les relations historiques, sociales et culturelles restent très fortes. Des centaines de milliers de Serbes et leurs descendants vivent et travaillent dans des pays membres de l’UE. La Serbie est candidate pour l’adhésion à l’UE. C’est ce qui se reflète dans la politique de la «carotte et du bâton» envers la Serbie dans une liste infinie de conditions qu’on n’avait jamais posées aux candidats et qu’on ne leur pose toujours pas. L’UE exige que «la Serbie normalise ses relations avec le Kosovo». Lorsque Belgrade réagit, en déclarant ne jamais accepter de reconnaître le Kosovo, les commissaires de Bruxelles prétendent qu’il n’en est pas encore question et que l’UE ne réclame que le système de contrôle des frontières intégré (Integrated Border Management IBM) aux abords du Kosovo, la signature d’un accord de bon voisinage, l’échange de diplomates, que la Serbie n’empêche pas l’adhésion du Kosovo à l’ONU, etc.! Remarquez l’étendue de cette hypocrisie. On n’exige pas des notes diplomatiques ou d’autres prises de position écrites concernant une reconnaissance, mais des relations telles que celles entre Etats souverains!

Je soutiens une coopération étroite entre la Serbie et l’UE dans tous les domaines, où il y a de l’intérêt pour les deux, sans obstacles: la libre circulation des marchandises, des capitaux, des personnes et des informations. Considérant le fait que l’UE ne traite pas la Serbie comme un partenaire souverain, la Serbie devrait adopter une politique de bon voisinage avec l’UE et mettre de côté la politique actuelle, qui définit l’adhésion à l’UE comme seule solution. Il n’est pas dans l’intérêt de la Serbie de lâcher trop pour recevoir moins. Un esprit d’ouverture et de coopération sans obstacles administratifs, ainsi que des relations de bon voisinage entre la Serbie et l’UE seraient une base sensée pour l’avenir à moyen terme.

Comment l’Allemagne, la Suisse et d’autres pays européens pourraient-ils contribuer à améliorer le sort de votre peuple?

La meilleure voie pour apporter un soutien à la Serbie, mais aussi à la compréhension mutuelle en Europe et revenir aux vraies valeurs de notre civilisation, consiste dans le fait de toujours dire la vérité et de s’opposer à toutes les formes de déformations, de demi-vérités et d’immoralités. La Serbie et la nation serbe ont de tous temps fait partie intégrante de l’Europe, de sa culture, de son développement et de sa civilisation. Il en est de même aujourd’hui et, à mon avis, cela restera ainsi aussi à l’avenir. Les peuples ont de profondes racines et une stature qu’on ne peut transformer du jour au lendemain. A mon avis, il serait heureux de cesser de considérer les Serbes et la Serbie au travers de préjugés et de caractérisations partiales et de les remplacer par une analyse équilibrée et impartiale.

Nous avons appris que le «Belgrade Forum» sera hôte d’une importante conférence internationale à Belgrade même en mars prochain.

Ce Forum et quelques autres associations indépendantes et sans préjugés en Serbie organisent une conférence internationale sous le titre «Agression, militarisation et crise planétaire» qui doit avoir lieu les 22 et 23 mars 2014 à Belgrade. Cette conférence et quelques autres événements du même type marqueront le 15e anniversaire de l’attaque de l’OTAN contre la Serbie et servira à honorer la mémoire des victimes. Nous prévoyons d’inviter des scientifiques et des intellectuels d’Europe, mais aussi d’autres pays, qui traiteront des interventions militaires, des augmentations des budgets militaires, de la militarisation des décisions politiques et de la crise dans le monde, qui n’est, à notre avis, pas seulement une crise financière et économique, mais bien une crise de l’ordre mondial.

Monsieur Jovanovic, nous vous remercions de cet entretien.    •

1        Seules la Bosnie et l’Herzégovine ont un gouvernement central, deux gouvernements, un pour chaque entité, et 10 gouvernements cantonaux au sein de la Fédération de Bosnie-Herzégovine.
2         «La guerre contre la République fédérale de Yougoslavie fut menée pour corriger une erreur d’appréciation du général Eisenhower lors de la Seconde Guerre mondiale. Pour des raisons stratégiques, il fallait rattraper le stationnement de troupes américaines dans cette région.» Citation de la lettre de Willy Wimmer, adressée au chancelier allemand Gerhard Schröder le 2 mai 2000.
3    «La force doit primer le droit. Là, où le droit international barre le chemin, il faut l’éliminer.» Citation de la lettre de Willy Wimmer au chancelier Gerhard Schröder du 2 mai 2000.
4     L’Accord de Dayton mit en place simultanément deux entités – la Fédération de Bosnie et Herzégovine (Musulmans et Croates) et la République Srpska – leur remettant tous les droits constitutionnels et les responsabilités fondamentales.
5     Le Conseil de sécurité «décide que tous les Etats doivent interdire l’armement et l’entraînement pour des activités terroristes dans cette région» (Kosovo et Métochie, remarque de l’auteur); cf. résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n° 1160 du 31 mars 1998. Ce même Conseil de sécurité «prie les Etats de prendre toutes les mesures conformes à leur droit interne et aux dispositions pertinentes du droit international, pour empêcher que des fonds recueillis sur leur territoire ne servent à des fins contraires à la résolution 1160 (1998)»; cf. résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 23 septembre 1998, art. 12.
6     Le ministre de la Défense allemand Rudolf Scharping présenta lors d’une conférence de presse du 7 avril 1999 le prétendu plan des forces armées yougoslaves pour un nettoyage ethnique des Albanais au Kosovo et Métochie. Les services secrets allemands n’ont pas confirmé l’existence de ce plan et finalement, il ressortit que c’était un faux.
7    Il se passa quelque chose de semblable avec le rapport de Yasushi Akashi, représentant spécial pour la Bosnie et Herzégovine de mai 1992. Ce rapport mit en évidence deux aspects importants: premièrement que la plus grande partie de l’armée yougoslave avait été retirée et que, deuxièmement, le retrait de Bosnie de l’armée croate n’avait pas eu lieu. Toutefois, ce rapport ne fut pas distribué aux membres du Conseil de sécurité jusqu’au 30 mai 1992, jour où la résolution n° 757 du Conseil de sécurité décidait de graves sanctions contre la République fédérale yougoslave (cf. rapport du secrétaire général S24049 du 30 mai 1992, al. 6 et 9)
8    L’Espagne, la Roumanie, la République slovaque, la Grèce et la Chypre ne l’ont pas reconnue.

* «De Nuremberg à La Haye» ISBN 978-86-83965-7-3 [en serbe]
«De l’agression à la sécession» ISBN 978-86-83965-9-7 [en serbe]

 

Articles Par : Zivadin Jovanovic
Sur le même sujet:
Partager cet article
Repost0
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 02:42

 

VIDEO 3 MN à voir absolument et à relayer ! Cliquer ici :

 

La Syrie comme vous n'en avez jamais entendu parler (courte vidéo à relayer) 


Le Hezbollah lors d'une parade.

Le Hezbollah lors d’une parade. - http://tsahal.fr

Pourquoi le Hezbollah participe-t-il aux combats en Syrie ?

lundi 25 mars 2013, par Alain Gresh

 

Le Hezbollah reconnaît qu’un certain nombre de ses combattants sont présents en Syrie. Il explique pourquoi et dans quelles limites.

Ibrahim al-Amine, le rédacteur en chef d’Al-Akhbar, un quotidien qui a toujours appuyé « le camp de la résistance » à Israël et aux Etats-Unis, vient de publier un important article, « Hezbollah’s Role in Syria » (22 mars). Bien introduit auprès des dirigeants du Hezbollah, Al-Amine offre un éclairage intéressant sur leur vision de l’évolution de la situation dans la région et sur les conséquences qu’ils en tirent. Il confirme la participation d’un certain nombre de combattants de l’organisation aux affrontements en Syrie.

« Quels sont les fondements idéologiques, politiques et opérationnels de la position du Hezbollah ? », s’interroge Al-Amine.

« Le Hezbollah continue à voir les événements du point de vue de son rôle central dans la confrontation avec Israël. Il n’explique pas toujours l’objectif ultime de cette lutte, mais le parti se comporte comme si celle-ci s’inscrivait dans une campagne à long terme visant à en finir avec Israël, une bataille qui nécessite beaucoup de préparation. Alors que la majorité des peuples arabes et musulmans ne seraient pas dérangés par l’élimination d’Israël, seule une minorité est prête à mener ce combat jusqu’au bout. (...)

Personne n’aurait pu, au début de la crise, imaginer que le Hezbollah prenne position contre le régime syrien. Si le parti connaît les causes internes de la crise, il n’approuve pas pour autant les batailles qui se déroulent dans ce pays. Sa vision plus large [l’auteur parle de sa vision de l’affrontement avec Israël] l’empêche d’adopter une posture neutre, d’autant qu’il a en Syrie davantage de sympathisants que la plupart des groupes impliqués dans les combats. » L’auteur fait ici allusion aux liens avec les diverses minorités, sur lesquels nous reviendrons plus bas.

(...) « Pour le Hezbollah, tout simplement, la guerre en Syrie vise à faire basculer ce pays, politiquement et stratégiquement, dans une position d’opposition à son existence même [celle du Hezbollah]. C’est pourquoi il voit le régime actuel dirigé par Bachar Al-Assad comme une ligne de défense avancée pour le mouvement de la résistance au Liban et en Palestine. C’est la raison pour laquelle le parti est au cœur de la crise. »

L’auteur donne ensuite des éléments concrets sur la participation du Hezbollah aux combats en Syrie.

— « Le Hezbollah, entraîne, arme et fournit un soutien logistique aux habitants des villages frontaliers libanais.

— Le Hezbollah a pris la relève de la protection du sanctuaire de Sayida Zeinab au sud de Damas [le tombeau de Zeinab, la fille de l’imam Ali], remplaçant les gardes irakiens ; des membres du parti y sont déployés en vertu d’un plan qui limite leur responsabilité à la proximité immédiate du sanctuaire.

— Le Hezbollah a reçu des délégations d’un nombre considérable de mouvements druzes, chrétiens, chiites et ismaéliens, qui pensent que leurs communautés minoritaires sont sérieusement menacées. Il n’a pas répondu à leur demande de formation militaire et d’armement, mais « leur a donné les moyens d’empêcher leur déplacement ». [Cette allégation n’est pas plus précise.]

— Le Hezbollah, qui a des liens militaires et de sécurité avec le régime, aide les forces syriennes à protéger des académies scientifiques et des usines de missiles construites au cours de la dernière décennie, en grande partie avec l’aide de l’Iran.

— Le Hezbollah gère un important programme, peut-être le plus conséquent, pour aider les réfugiés syriens au Liban et en Syrie même. Il ne s’agit pas de « rembourser » les Syriens qui avaient accueilli des réfugiés du Liban en 2006. Ce programme est conduit en toute discrétion, avec la conviction que les réfugiés et les personnes déplacées ont droit à toute l’aide humanitaire possible, indépendamment de leurs opinions politiques. »

Cet article a été publié à la veille de la démission du premier ministre libanais Najib Mikati. Cet épisode confirme que le Liban (pas plus que l’Irak d’ailleurs) ne pourra rester longtemps à l’abri des affrontements qui se poursuivent en Syrie. Cette démission marque peut-être, comme l’écrit Al-Amine dans un autre article, la fin de la « dissociation », de la séparation des dossiers libanais et syrien (« Mikati’s Resignation : The End of Dissociation », 23 mars).

Conférence débat

Eric Rouleau, mémoires vives d’un journaliste diplomate


Le jeudi 11 avril à l’Institut du monde arabe, dans la salle du Haut conseil, à 18 heures 30.

Journaliste, écrivain, et diplomate français, Eric Rouleau, né en 1926 le 1er juillet en Egypte, est l’un des témoins dynamiques de la scène diplomatique du Proche-Orient et du Maghreb. Il en interviewa les principaux acteurs : Hassan Al-Banna, Nasser, Yasser Arafat, Kadhafi. il est nommé ambassadeur de France en Tunisie de 1985 à 1986, poste qui lui permit de consolider les contacts franco-palestiniens. Il sera ensuite nommé, de 1988 à 1991, ambassadeur en Turquie. Éric Rouleau est membre du comité de parrainage du Tribunal Russel sur la Palestine. Outre ses papiers éclairants dans le journal Le Monde, il est l’une des grandes plumes du mensuel Le Monde diplomatique.

Son dernier livre, Dans les coulisses du Proche-Orient – Mémoires d’un journaliste diplomate, paru aux éditions Fayard, nous livre un vécu, un témoignage et les clefs de lecture d’une histoire rythmée d’espoir et de ruptures.

Avec :

Leila Shahid, de 1994 à novembre 2005 déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France ; depuis, elle occupe ce poste auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg ;

Alain Gresh ;

Yves-Aubin de La Mussezière, diplomate français, expert des pays arabes ;

Denis Bauchard, ancien diplomate et spécialiste du Moyen-Orient. Il est également l’auteur de Le nouveau monde arabe : enjeux et instabilités paru en 2012 aux éditions André Versailles.

Séance animée par : Christophe Ayad, grand reporter au journal Le Monde.

 

http://blog.mondediplo.net/2013-03-25-Pourquoi-le-Hezbollah-participe-t-il-aux-combats

 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Drapeau_du_Hezbollah.jpg

 

Fichier:Drapeau du Hezbollah.jpg

 

 

Un habitant d’Alep témoigne
Résignation et lassitude résument l’état d’esprit actuel des habitants d’Alep
25 mars 2013 | .

Un article de Simon de Beer
Libye : ce sont les rebelles qui bombardaient, pas Kadhafi

 
25 mars 2013 | Hélicoptères d’assaut MI-35 avec mitrailleuses et paniers de roquettes, avions de chasse Mig-23, voilà le genre d’arsenal avec lequel les rebelles libyens ont mené à bien leur « révolution démocratique ». Alors qu’il est désormais établi que Kadhafi n’a pas bombardé sa population, force est de constater que les rebelles ne se sont pas privés, de leur côté, de bafouer la « no-fly zone » imposée par l’ONU. Pire, ils ont reçu pour cela le soutien et la bénédiction de l’OTAN... Un « deux poids, deux mesures » qui en dit long sur nos soi-disant « guerres humanitaires ».

Un article d’Ibrahim al-Amin
La véritable position du Hezbollah dans le conflit syrien

 
24 mars 2013 | On parle et on spécule beaucoup depuis un certain temps au Liban, en Syrie et dans le monde arabe et en Occident sur le véritable rôle du Hezbollah dans la crise syrienne. La machine de propagande anti-Hezbollah est, comme d’habitude, particulièrement active, offrant au quotidien un flot d’informations et d’articles sur l’implication supposée de ce parti dans le conflit.

L’Occident couvre le bombardement chimique des rebelles syriens

 
22 mars 2013 | Après avoir mis en garde pendant des mois contre le danger de voir les armes chimiques syriennes tomber aux mains de groupes incontrôlés, et menacé le gouvernement syrien des pires gémonies s’il en venait à utiliser ce type d’armement contre son peuple, les pays occidentaux ont réagi avec mollesse au tir par les rebelles d’un missile contenant un gaz toxique contre la localité de Khan al-Assal (*), près d’Alep, faisant 25 morts, dont 10 militaires, et une centaine de blessés.

 

 

 

.

[Info Allain Jules] vidéos : La visite historique de Ghassan Hitto en Syrie comme si vous y étiez !

by Allain Jules

La visite historique de Ghassan Hitto en Syrie très loin du bain de foule et l'accueil chaleureux espéré par ses maîtres qataris et occidentaux, est à inscrire dans les livres d'histoire. Bien sûr, l'homme est resté très près de la frontière turque et, les salmigondis voulant dire qu'il s'est rendu à Alep sont encore cette propagande [...]

Lire la suite

 

 

ALGERIE – SYRIE. Ligue arabe: L’incroyable servilité de la soi-disant ligue arabe ou plutôt ligue des traîtres

by Allain Jules

L'Algérie semble être, finalement, la dernière Nation arabe fière, altière, et qui ne se laisse pas conter fleurette par la bête immonde Qatar, pays terroriste et de chameliers. Toute honte bue, le siège de la Syrie à la Ligue arabe a été attribué officiellement à l'opposition, à la veille du sommet arabe de Doha. Après s'être [...]

Lire la suite

 

 

ALERTE INFO. Ryad al Assad, chef du gang des barbares de l’ASL, victime du terrorisme qatarie et américain ?

by Allain Jules

AL-MAYADEEN, Syrie - Le sort du colonel Ryad al Asaad est encore inconnu ce matin. A-t-il été tué ou simplement blessé, lors d'un attentat commis par les Etats-Unis ou le Qatar ? Nul ne le sait. En revanche, depuis la nomination de l'Américain Ghannan Hitto comme premier ministre et que l'Armée syrienne libre (ASL) a [...]

Lire la suite

  .

Lundi 25 mars 2013

Hezbollah - manifestationLe chef de la Maison blanche, en déplacement dernièrement en Israël et dans les territoires palestiniens, n’a pas épargné le Hezbollah, le « Parti de Dieu » libanais. Évacuant les questions syrienne et irakienne, Barack Obama a pointé du doigt le mouvement politico-religieux chiite dirigé par Hassan Nasrallah : « c’est une organisation terroriste et tous les États épris de justice devraient la considérer comme telle », a dit le président étasunien en rappelant au passage à l’Union européenne qu’elle ne l’avait pas inscrite sur sa liste noire des organisations considérées comme terroristes.

 

Le Hezbollah est considéré pourtant d’une toute autre manière par les Libanais. Après la poignée de main avec le général Aoun en 2005 et la victoire après trente-trois jours de combat contre Israël l’année suivante, l’organisation créée en réaction à l’invasion du Liban par les troupes de Tsahal en 1982 incarne aujourd’hui à elle seule la Résistance d’un peuple victorieux. Tant et si bien que lors des élections de 2009, l’Alliance du 8 mars, composée de Michel Aoun, d’Hassan Nasrallah et leurs alliés, décrochèrent 57 sièges sur 128. Un résultat historique qui a obligé le Président de la République Michel Sleiman et son Premier ministre Najib Mikati à former un nouveau gouvernement dans lequel figurent pour la première fois de l’histoire du Liban deux ministres du Hezbollah.

 

Dans la foulée de la victoire électorale, Hassan Nasrallah abandonna définitivement la volonté de mettre en œuvre la Révolution islamique et ouvrit ses rangs à tous les hommes de bonne volonté, fussent-ils non chiites. C’est un tournant pour le Parti de Dieu : d’organisation autonome, il devient un parti politique « libanisé ». Avec l’alliance interconfessionnelle voulue avec le général Aoun et la normalisation de la vie politique au Pays des Cèdres, le Hezbollah conserve ses armes mais adapte sa doctrine vis-à-vis d’Israël aux réalités du moment : la résistance contre le sionisme demeure un credo, mais les techniques d’approche diffèrent. Israël doit disparaître, mais pas au sens littéral du terme. La Palestine occupée ne doit plus quant à elle adopter une vision théocratique des institutions ; elle a l’obligation de reconnaître les droits fondamentaux des Palestiniens afin que le gouvernement puisse réunir des musulmans, des chrétiens et des juifs à travers une constitution multiconfessionnelle commune qui garantirait la paix civile. Le Liban en est un exemple concret.

 

Les propos de Barack Obama sont de facto infondés. Le président étasunien ignore manifestement l’histoire du Hezbollah. Pis, en utilisant à son encontre le mot « terroriste », il discrédite le consensus politique que connaît actuellement le Liban. La réponse du mouvement chiite ne s’est pas fait attendre : « la visite du Président étasunien en Palestine occupée couronne une période de collaboration avec l’entité sioniste et de soutien de ses politiques belliqueuses envers la Palestine, les Palestiniens et les peuples de la région », peut-on lire dans le communiqué qu’a fait le Hezbollah dans la nuit de jeudi à vendredi (21 au 22 mars, NDLR). « Obama veut que les Arabes acceptent un État strictement juif et s’engagent dans une phase de normalisation totale du conflit, alors qu’il ne s’est même pas intéressé aux droits fondamentaux et légitimes des Palestiniens, comme le retour des réfugiés, le statut de la ville de Jérusalem, l’arrêt de la colonisation, la judaïsation totale des lieux sacrés islamiques et chrétiens », continue le communiqué du mouvement chiite. « Obama est apparu comme un simple fonctionnaire de l’entité sioniste et non comme un dirigeant d’un État indépendant comme peuvent l’être les États-Unis. De plus, pour plaire à notre ennemi, il a conspué la résistance islamique et réclamé de la communauté internationale qu’elle place le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. Les prises de position d’Obama confirment qu’il ne faut rien attendre des négociations et démontrent le bien-fondé de la résistance comme unique moyen pour garantir la rétablissement des droits des peuples et la protection de la liberté et de l’indépendance ».

 

Capitaine Martin

 

Partager cet article
Repost0
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 02:39

 

 

NATOBLOOD
Syrie : Appuyés par les États Unis et l’OTAN, les terroristes d’Al-Qaïda utilisent l’arme chimique contre le peuple syrien
Global Research, mars 23, 2013

Après 10 ans de guerre et d’occupation de l’Irak, la mort de plus d’un million de personnes incluant des milliers de soldats étasuniens, le tout fondé sur des affirmations mensongères voulant que la nation possédait des « armes de destruction massive » (ADM), il est scandaleux de voir que l’Occident donne hypocritement des armes, ainsi qu’un appui financier et politique aux terroristes en Syrie, lesquels possèdent et utilisent de telles armes de destruction massive contre le peuple syrien.

Une attaque avec des armes chimiques visant des soldats syriens et perpétrée par des terroristes soutenus par l’OTAN au nord d’Alep aurait fait 25 morts.

Alep est située près de la frontière turco-syrienne. Si les armes chimiques pillées en Libye avaient été envoyées en Syrie, elles seraient passées par la Turquie avec des armes envoyées depuis la Libye par les États-Unis et des milliers de terroristes libyens opérant ouvertement en Syrie, et seraient probabalement utilisées pour cibler des villes comme Alep.

Pire encore, toute arme chimique importée dans le pays impliquerait l’OTAN directement ou sa simple négligence, puisque les armes seraient passées par un pays membre de l’OTAN, la Turquie, devant les agents de la CIA opérant ouvertement le long de la frontière, auprès des terroristes soutenus par l’Occident en Syrie.


Les ADM libyennes sont entre des mains terroristes


L’arsenal libyen est tombé dans les mains d’extrémistes sectaires avec l’aide de l’OTAN en 2011 au point culminant des efforts pour renverser le régime en place dans le pays nord-africain. Depuis lors, les militants libyens, menés par leurs commandants du Groupe islamiste combattant en Libyen (GICL), affilié à Al-Qaïda, ont armé des extrémistes sectaires à travers le monde arabe, jusqu’ au Mali à l’ouest et jusqu’en Syrie à l’est.

En plus des armes de petit calibre, des armes plus lourdes se sont aussi frayé un chemin à travers ce réseau étendu. Le Washington Post rapportait dans un article « Libyan missiles on the loose » (Des missiles libyens dispersés):

« Deux anciens officiers du contre-terrorisme de la CIA m’ont dit la semaine dernière que des techniciens ont récemment réusiné 800 de ces systèmes de défense aériens portables (connus sous le sigle MANPADS), certains pour un groupe djihadiste africain appelé Boko Haram, souvent vu comme un allié d’Al-Qaïda, afin d’attaque des avions commerciaux se dirigeant vers le Niger, le Tchad et peut-être le Nigéria. »

Alors que ces armes se dirigent sans aucun doute également vers le Niger, le Tchad et peut-être le Nigéria, elles sont véritablement en route pour la Syrie. Il est avéré que les terroristes libyens du GICL envahissent la Syrie depuis la Libye. En novembre 2011, un article du journal britannique Telegraph rapportait dans « Leading Libyan Islamist met Free Syrian Army opposition group » (Des chefs islamistes libyens ont rencontré le groupe d’opposition nommé Armée syrienne libre) :

« Abdelhakim Belhadj, chef du conseil militaire de Tripoli et ancien chef du GICL, a rencontré les leaders de l’Armée syrienne libre (ASL) à Istanbul et à la frontière avec la Turquie, a dit un officiel militaire travaillant avec Belhadj, Mustafa Abdul Jalil (le président libyen intérimaire) l’a envoyé là-bas. »

Un autre article du Telegraph « Libya’s new rulers offer weapons to Syrian rebels, » (Les nouveaux dirigeants libyens offrent des armes aux rebelles syriens) admettait :

« Les rebelles syriens avaient tenu des pourparlers secrets avec les nouvelles autorités libyennes, visant à sécuriser des armes et de l’argent pour leur insurrection contre le président Bachar Al-Assad et son régime.

A cette réunion, qui s’est tenue à Istanbul et qui comprenait des officiels turcs, les Syriens ont demandé « l’aide » des représentants libyens, lesquels ont offert des armes et des volontaires potentiels.

« Il y a un plan pour envoyer des armes et même des combattants libyens en Syrie », a déclaré une source libyenne, ayant requis l’anonymat. » Une intervention militaire se prépare, vous verrez dans quelques semaines. »

Plus tard ce mois là, quelques 600 terroristes libyens sont entrés en Syrie pour commencer les opérations de combat et affluent dans le pays depuis ce temps.

Image: Le Libyen Mahdi al-Harati du GICL, sur la liste des terroristes du département d’État étasunien, les Nations Unies et le Home Office britannique, s’adressant à des confrères terroristes en sol syrien. Al-Harati commande maintenant une brigade libyenne opérant en Syrie et tentant de détruire le gouvernement syrien et de subjuguer la population syrienne. C’est ce que l’on appelle traditionnellement une « invasion étrangère ».

....

Les « missiles perdus » en Libye mentionnés par le Washington Post ont été retrouvés maintenant sur le champ de bataille syrien. Bien que des publications comme le Guardian dans leur article « Arms and the Manpads: Syrian rebels get anti-aircraft missiles, » (Des armes et des MANPADS : Les rebelles syriens reçoivent des missiles antiaériens) rapportent que les missiles ont été déployés à travers la Syrie, ils tentent de minimiser toute connexion entre le pillage de l’arsenal libyen et les terroristes d’Al-Qaïda qui les ont importés en Syrie. En revanche, le Times a publié les aveux mêmes des terroristes disant qu’ils reçoivent des armes lourdes de Libye, incluant des missiles sol-air.

On rapporte dans l’article du Times: « Libya’s Fighters Export Their Revolution to Syria, » (Les combattants libyens exportent leur révolution en Syrie) :

« Certains Syriens sont plus honnêtes quant à l’aide que les Libyens leur donnent. Ils ont des armes plus lourdes que nous, note Firas Tamim, qui a voyagé dans les zones contrôlées par les rebelles afin de voir les combattants étrangers. Ils ont amené ces armes en Syrie et elles sont utilisées au front. Parmi les armes vues par Tamim, il y avait des missiles sol-air de fabrication russe connus sous le nom de SAM-7.

Les combattants libyens balayent souvent du revers de la main les questions concernant le transfert d’armes, mais en décembre ils ont affirmé les importer. « Nous procédons actuellement à une collecte d’armes en Libye », a déclaré un combattant libyen au quotidien français Le Figaro.» Lorsque ce sera fait, nous trouverons un moyen de les amener ici. »

Clairement, l’intervention de l’OTAN en Libye a laissé un vaste arsenal entre les mains d’extrémistes sectaires dirigés par le GICL, un groupe figurant sur les listes d’organisations terroristes du département d’État étasunien, des Nations Unies et du Home Office britannique. Le GICL exporte maintenant des armes et fournit des militants pour l’autre front de l’OTAN, la Syrie. Il est avéré qu’à la fois des armes et des terroristes libyens traversent la frontière turco-syrienne, avec l’aide de l’OTAN, et il est maintenant évident que des armes lourdes, incluant des armes antiaériennes ont également traversé la frontière.

En novembre 2011, le Guardian rapportait dans son article « Libyan chemical weapons stockpiles intact, say inspectors, » (Les armes chimiques libyennes sont intactes selon les inspecteurs) : « Les stocks de gaz moutarde et de produits chimiques libyens sont intacts et n’ont pas été volés pas dérobés durant l’insurrection qui a renversé Kadhafi, ont affirmé des inspecteurs de l’armement. »


L’article rapportait par ailleurs :


« L’abandon ou la disparition de certaines armes de l’époque de Kadhafi ont suscité des inquiétudes quant à l’érosion de la sécurité régionale si une telle puissance de feu tombait entre les mains de militants islamistes ou des rebelles actifs en Afrique du Nord. Certains craignent que les armes soient utilisés par des loyalistes de Kadhafi pour propager l’instabilité en Libye.

Le mois dernier Human Rights Watch a incité au conseil de transition national libyen à agir relativement aux nombreuses armes lourdes, incluant des missiles sol-air, affirmant qu’elles étaient demeurées sans surveillance durant plus de deux mois après le renversement de Kadhafi.

Mercredi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a déclaré que l’ONU enverrait des experts en Libye pour s’assurer que le matériel nucléaire et les armes chimiques n’étaient pas tombés en de mauvaises mains. »

Et bien que les inspecteurs affirment que les armes chimiques sont entre les « mains du gouvernement » et non « aux mains des extrémistes », il est évident de l’aveu même du gouvernement libyen, qu’ils sont eux-mêmes impliqués dans l’envoi d’armes et de combattants en Syrie.

Reste à voir d’où proviennent ces armes chimiques. S’il s’avère qu’elles proviennent de l’arsenal libyen, l’OTAN et spécifiquement les États-Unis et la Turquie, seraient impliqués dans l’acheminement d’armes de destruction massive aux terroristes d’Al-Qaïda, exactement le scénario pour lequel l’Occident a été paralysé de terreur depuis plus de 10 ans, a abandonné ses libertés et versé le sang de milliers de ses soldats pour le prévenir.

L’utilisation d’armes chimiques par des terroristes appuyés par l’Occident utilisant des armes chimiques, quelle que soit leur origine, ont sapé la légitimité déjà vacillante de l’Occident, mis ses institutions en danger et ébranlé encore plus la confiance de ses partenaires qui l’ont appuyé sur les plans politique, financier, industriel et stratégique. De tels associés seraient bien avisés de commencer à chercher des portes de sortie en cultivant des alternatives hors de l’ordre international géré par Wall Street et la City de Londres.

Tony Cartalucci

Land Destroyer

Article original: SYRIA: US-NATO Backed Al Qaeda Terrorists Armed with WMDs. Chemical Weapons against the Syrian People, le 19 mars 2013

 

 

Partager cet article
Repost0
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 02:36
Conflits et guerres actuelles
La France serait derrière les troubles en Centrafrique


René Kimbassa
Lundi 25 Mars 2013


La France serait derrière les troubles en Centrafrique

« Salut Steve ! Tu sais que je suis un officiel centrafricain mais je préfère garder l’anonymat. Je sais que vous vous dites que Bozizé mérite certainement ce qui lui arrive et cela est vrai. Mais, ce ne sont pas les rebelles de la Seleka qui ont renversé le pouvoir. Ce sont plutôt les combattants tchadiens venus dans le cadre des accords signés à Libreville. Ils sont rentrés dans la capitale à 8h et Bozizé aurait été atteint lors des combats. L’ambassadeur de France a été le premier à arriver à l’hôtel Idjer Bangui qui est la base du nouveau pouvoir. La France a offert notre pays à Idriss Deby (le président Tchadien) en contrepartie de son engagement au Mali. Celui qui doit prendre le pouvoir s’appelle Djotidja et était vice premier ministre chargé de la défense dans le gouvernement d’union suite aux accords de Libreville en janvier. Toutes les maisons et sociétés ont été pillées sauf celles des français. La déclaration de prise de pouvoir sera faite à 20h (j’ai reçu le sms hier à 17h Utc). Le premier ministre sortant devrait être reconduit. L’enjeu, c’est le partage du pétrole du bloc A découvert à la frontière avec le Tchad, convoité par les français et les tchadiens mais promis aux chinois par Bozizé. Les rebelles sont venus par la même route du nord que Bozizé il y a 10 ans aidé par la France et le Tchad. Les populations sont désabusées en regardant ces gens jouer avec leur avenir. La connexion internet est mauvaise mais je t’envoie 10 photos exclusives par mail (malheureusement, je n’en recevrai que 4 en définitive) »

179065_439379562804143_1831098129_n.jpg

479992_439379709470795_1761373688_n.jpg

488136_439379679470798_356909435_n.jpg.

 

 

Voir aussi :


Une nouvelle guerre se prépare-t-elle pour la France en Centrafrique ?

 

.

Partager cet article
Repost0
24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 21:25

 

 

Entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya


L’OTAN n’amène que la destruction, la pauvreté, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie

Apprécié pour la rigueur et la justesse de ses analyses le sociologue canadien Mahdi Darius Nazemroaya (*), 30 ans, s’est imposé comme un des meilleurs connaisseurs de l’OTAN. Ses investigations, traduites en de nombreuses langues, ont acquis une audience internationale et son ouvrage « The globalisation of NATO » [« La mondialisation de l’OTAN »] fait aujourd’hui référence. En 400 pages denses, fascinantes, préoccupantes, il nous fait prendre la mesure de la menace que l’OTAN fait peser sur la paix du monde et l’avenir de nombreux peuples. Il nous fait également prendre conscience de l’urgence qu’il y aurait à obtenir la dissolution de cette dangereuse organisation.
19 mars 2013 | Thèmes (S.Cattori) : OTAN

Silvia Cattori : Dans votre remarquable ouvrage vous mettez en lumière les stratégies mises en place par l’OTAN pour étendre son emprise militaire dans le monde. J’aimerais vous demander ce qui vous a motivé à consacrer tant d’énergie à un sujet aussi ardu et exigeant. Comment en êtes-vous venu à considérer que l’analyse du rôle de l’OTAN et des stratégies qu’elle a mises en place était une tâche absolument essentielle ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Les graines de ce livre ont été semées en 2007. J’avais alors rédigé un petit manuscrit mettant en relation les guerres en Afghanistan et en Irak (qui avaient fait suite aux tragiques évènements du 11 septembre 2001) avec l’expansion de l’OTAN, le projet de bouclier antimissiles états-unien - que je décrivais comme s’étant finalement couvert du manteau d’un projet de l’OTAN, - et le concept de ce que les néoconservateurs et leurs alliés sionistes appellent « destruction créative » pour redessiner la restructuration des pays du Moyen-Orient, et l’encerclement aussi bien de la Chine que de la Russie.

J’ai toujours considéré que tous les évènements négatifs auxquels le monde est confronté étaient les éléments d’un ensemble ; ou de ce que le savant et révolutionnaire hongrois György Lukács a appelé « totalité fragmentée ». Les guerres en « série », l’accroissement des lois de sécurité, la guerre contre le terrorisme, les réformes économiques néolibérales, les « révolutions colorées » dans l’espace post-soviétique, la diabolisation de différentes sociétés par les médias, l’élargissement de l’OTAN et de l’Union Européenne, et les fausses accusations au sujet d’un programme d’armement nucléaire iranien font partie d’un tout. Un de mes articles publié en 2007 [1], posait également les principales bases de cette feuille de route et reliait tous les éléments de la guerre perpétuelle à laquelle nous assistons.

J’ai écrit ce livre parce que je pensais que c’était un sujet très important. J’ai lu la plupart des textes de l’abondante littérature concernant l’OTAN et aucun n’examine l’OTAN dans la perspective critique où je me place. De même qu’aucun ne relie l’OTAN de manière pertinente à une « vue d’ensemble » des relations internationales. Un chercheur de l’Université Carleton m’a dit que mon livre était comme une Bible des relations internationales et de tous ses sujets importants. Je vois moi aussi mon livre sur l’OTAN de cette manière.

Ma principale motivation pour écrire ce livre était d’amener les lecteurs à prendre conscience de la nature impérialiste des conflits internationaux modernes et de les aider à en voir la « totalité » au lieu de ses éléments « fragmentés ». Quand vous voyez l’ensemble, vous êtes en mesure de prendre de meilleures décisions. Je pense avoir donné de l’OTAN une évaluation correcte. Dans sa bibliothèque à Bruxelles il y a un exemplaire de mon livre. C’est l’OTAN elle-même qui a annoncé son acquisition comme l’une des ressources de sa bibliothèque, en novembre 2012. Ce livre est ma contribution, en tant que chercheur, pour essayer de permettre aux lecteurs de prendre des décisions en connaissance de cause en voyant au-delà des effets de miroirs et des éléments fragmentés du tableau.

Aujourd’hui dans le monde, les gens sont de façon générale plus instruits. Mais malheureusement l’ignorance se répand en ce qui concerne les relations de pouvoir et ce qui se passe dans ce domaine au niveau mondial. Nous entrons dans une ère trompeuse de l’histoire où beaucoup de gens à travers le monde sentent de plus en plus qu’ils ne peuvent rien faire d’autre que d’être des spectateurs impuissants, réduits à n’être que des particules, des rouages, ou des extensions d’une immense machine invisible sur laquelle ils n’ont aucun contrôle.

Les scénarios du livre de George Orwell « 1984 » se sont pour l’essentiel réalisés. Les gens sont devenus étrangers à leur monde et gouvernés de plus en plus par cette machine capitaliste invisible qui travaille à détruire toutes sortes de façon alternatives de vivre ou de penser ; l’ordre qui s’impose aujourd’hui à nous est comme un resserrement de la « cage d’acier » de Max Weber [2] qui réduit de plus en plus notre indépendance et nos mouvements.

La plupart des gens regardent maintenant les nouvelles et la télévision passivement. Ils essaient de se distraire de la réalité ; ils tentent d’engourdir leur conscience et de vivre dans un faux état de bonheur qui leur permet d’ignorer la réalité et les misères du monde. Collectivement, nos esprits ont été colonisés, on leur a fait croire à un faux ordre des choses. L’humanité est en train d’être de plus en plus déshumanisée. Peut-être que j’ai l’air hégélien, mais les gens deviennent étrangers à eux-mêmes. Ils deviennent aussi étrangers aux capacités de leur propre esprit et aux talents dont ils ont été dotés. Mais la vérité est que nous ne sommes pas séparés des évènements et des processus qui façonnent ce monde. Nous ne devrions pas devenir les esclaves des objets ou des structures de notre propre fabrication, que ce soit le capitalisme ou les structures politiques. Nous ne devons pas devenir de simples spectateurs de notre parcours de vie.

L’hégémonie est un processus continu de leadership, de contrôle, et d’influence qui implique à la fois la contrainte et le consentement. Mais son emprise n’est jamais totale et elle peut toujours être combattue. Nous voyons des défis à l’hégémonie dans la construction de blocs historiques qui affrontent les centres de pouvoir impérialistes et capitalistes. Le Mouvement bolivarien d’Hugo Chávez et l’ALBA sont des exemples réussis d’une contestation de l’hégémonie traditionnelle des élites compradores qui gouvernent la région au bénéfice de forces extérieures.

Silvia Cattori : Un grand chapitre passionnant et troublant de votre livre est consacré à l’Afrique. L’entrée en guerre de la France au Mali n’a pas dû être une surprise pour vous. La déstabilisation de ce pays affaibli, engendrée par l’intervention de la France en Libye, n’ouvre-t-elle pas une grave crise dans tous les pays du Sahel, de l’Atlantique à la Mer rouge ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Dès le début j’ai soutenu que la division du Soudan, l’intervention française en Côte d’Ivoire soutenue par les États-Unis, et la guerre de l’OTAN en Libye, faisaient partie d’une deuxième « ruée vers l’Afrique ». J’ai expliqué que la guerre en Libye visait à déstabiliser d’autres parties de l’Afrique et aurait un effet d’entraînement sur une large partie de ce continent incluant des pays comme le Niger et le Mali.

Dans mon livre, j’ai examiné le Sahel qui est constitué par les terres intérieures de l’Algérie, du Niger, de la Libye, et du Mali. La guerre de l’OTAN contre la Libye a déclenché une réaction en chaîne, comme une démolition contrôlée, que les États-Unis et leurs alliés utilisent pour contrôler une vaste portion de l’Afrique et de ses ressources. Comme la première « ruée vers l’Afrique » qui a été déclenchée par une crise économique dans les pays industrialisés de l’Europe occidentale, ces évènements concernent en fait le contrôle des ressources. Alors que les États-Unis s’impliquaient davantage en Afrique, son gouvernement et le Pentagone se sont mis à parler de plus en plus de l’expansion des facilités dont disposait Al-Qaïda en Afrique et de la manière dont l’armée américaine et ses alliés devaient combattre cette organisation en augmentant leur présence sur le continent africain. En fait, les États-Unis ont constitué en 2011 un budget pour l’actuelle guerre au Mali sous le couvert de la lutte contre Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest. Des intérêts stratégiques comme l’obsession grandissante des États-Unis pour le Golfe de Guinée et l’approvisionnement en pétrole en Afrique de l’Ouest sont occultés dans un récit qui nous parle de la lutte contre les groupes terroristes rangés sous le label d’Al-Qaïda. Nous savons d’expérience que l’Empire américain a en fait travaillé avec ces groupes, aussi bien en Libye qu’en Syrie. Et que l’on cherche à pousser hors d’Afrique la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, et d’autres rivaux économiques du bloc occidental, mais on n’en parle pratiquement pas. En lieu et place, on déguise les intérêts des États-Unis et des ses alliés de l’OTAN comme la France, en objectifs altruistes visant à aider des États faibles.

Pour en revenir au Mali. Je n’ai pas été surpris quand le Président François Hollande et son gouvernement ont ordonné aux soldats français d’envahir ce pays. Aussi bien la France que les États-Unis sont très au fait des réserves de gaz et de pétrole au Mali, au Niger, et dans l’ensemble du Sahel. Mon livre traite de ces points et de la création par le gouvernement français, en 1945, d’un Bureau de recherches pétrolières dans le but d’extraire le pétrole et le gaz de cette région. Quelques années plus tard, en 1953, Paris a délivré des licences d’exploitation à quatre compagnies françaises en Afrique. En raison de ses craintes, à la fois des empiétements américains et des demandes africaines d’indépendance, Paris a créé l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) pour maintenir son contrôle sur les parties riches en ressources de ses territoires africains qui possèdent du pétrole, du gaz, et de l’uranium. L’uranium a été important pour garantir l’indépendance de la France vis-à-vis de Washington par la création d’une force de dissuasion nucléaire stratégique, en riposte au monopole anglo-américain.

Ce n’est donc pas un hasard si les zones du Sahel que les États-Unis et ses alliés ont désignées comme faisant partie de la zone où Al-Qaïda et les terroristes sont situés correspondent à peu près aux frontières de l’OCRS, riche en énergie et en uranium. En 2002, le Pentagone a commencé d’importantes opérations visant à contrôler l’Afrique de l’Ouest. Cela a eu lieu sous la forme de l’Initiative Pan-Sahel, qui a été lancée par l’US European Command (EUCOM) et l’US Central Command (CENTCOM). Sous la bannière de ce projet de l’armée américaine, le Pentagone a formé des troupes du Mali, du Tchad, de la Mauritanie, et du Niger. Les plans visant à établir l’Initiative Pan-Sahel remontent toutefois à 2001, lorsque l’Initiative pour l’Afrique a été lancée à la suite des attentats du 11 septembre. Sur la base de l’Initiative Pan-Sahel, la Trans-Saharan Counter-terrorism Initiative (TSCTI) a été lancée en 2005 par le Pentagone sous le commandement du CENTCOM. Le Mali, le Tchad, la Mauritanie, et le Niger ont été rejoints par l’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Nigeria, et la Tunisie. La TSCTI a été transférée en 2008 au commandement de l’AFRICOM récemment activé. Il faut relever que le capitaine Amadou Sanogo, le leader du coup d’État militaire qui a eu lieu au Mali le 21 mars 2012, est l’un des officiers maliens qui ont été formés dans le cadre de ces programmes américains en Afrique de l’Ouest.

L’analyse du coup d’État de 2012 au Mali montre qu’il s’agit d’un acte criminel. Le coup d’État militaire a renversé le Président Amadou Toumani Touré sous prétexte qu’il ne pouvait pas restaurer l’autorité malienne sur le nord du pays. Le Président Amadou était sur le point de quitter son poste et n’avait pas l’intention de rester dans la vie politique, et les élections allaient avoir lieu dans moins de deux mois. Ce coup d’État a essentiellement empêché une élection démocratique d’avoir lieu et l’action du capitaine Sanogo a mis fin au processus démocratique au Mali et a déstabilisé le pays. Sa nouvelle dictature militaire a été reconnue par l’OTAN et par le gouvernement installé en Côte d’Ivoire par les Français. Les États-Unis ont continué à financer le gouvernement militaire du Mali et des délégations militaires et civiles des États-Unis et d’Europe occidentale ont rencontré le régime militaire de Sanogo. Peu après, la France a déclaré qu’elle avait le droit d’intervenir en Afrique partout où ses citoyens et ses intérêts étaient menacés. C’était autant de préliminaires.

Les armes qui sont utilisées au Mali et au Niger aussi bien par les groupes terroristes que par les tribus touaregs sont liées aux actions de l’OTAN en Libye. Plus précisément ces armes viennent des arsenaux libyens pillés, et des armes envoyées en Libye par les Français, les Anglais et les Qataris. L’OTAN a eu un rôle direct dans ce domaine et l’on sait que les Français ont soudoyé les groupes touaregs et ont contribué à les armer et à les financer durant la guerre contre la Libye. Du reste, en Afrique, les Français ont toujours manipulé les Touaregs et les Berbères contre d’autres groupes ethniques à des fins coloniales.

Par ailleurs, les tensions entre le Soudan et le Sud-Soudan sont attisées. La région soudanaise du Darfour et la Somalie sont toujours des points chauds. Tout cela fait partie d’un arc africain de crise qui est utilisé pour restructurer l’Afrique et l’englober dans les frontières du bloc occidental.

Silvia Cattori : Quand sous l’impulsion du président Sarkozy, après 33 ans de retrait, la France est revenue dans le commandement militaire de l’OTAN, il n’y a eu aucune protestation. N’est-ce pas le signe que les citoyens ignorent, que cette organisation menace l’humanité et que l’appartenance de leur pays à l’OTAN implique sa subordination à la politique étrangère belliciste de Washington et la perte de sa souveraineté ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Je pense que ce que le Président Sarkozy a fait en réintégrant la France dans le commandement militaire de l’OTAN est largement le reflet d’un consensus au sein de la classe politique française. Je sais qu’à Paris de nombreuses voix politiques l’ont critiqué, mais si au sein de la classe politique française l’opposition avait été intransigeante, elle aurait pu faire beaucoup plus que parler. Aujourd’hui, les membres de l’establishment politique français, aussi bien à « gauche » qu’à « droite », se battent entre eux pour savoir qui va le mieux servir les centres impérialistes et capitalistes à Washington et à New York. L’establishment politique français ne fait pas cela parce qu’il est particulièrement pro-américain, mais parce qu’il est au service du système mondial corrompu qui sert lui-même le capitalisme global dont le centre en voie d’affaiblissement est aux États-Unis. Ainsi, nous avons aussi besoin de réévaluer ce qu’est l’anti-américanisme, ou d’où proviennent et ce que représentent en fait les sentiments anti-américains.

De larges segments de l’élite de l’Europe occidentale sont au service de ce système mondial parce que leurs propres intérêts y sont investis et y sont liés. Comme les États-Unis sont en voie d’affaiblissement et en lutte pour maintenir leur primauté mondiale en tant que centre du capitalisme, de la régulation et de l’accumulation capitaliste, ils vont de plus en plus déléguer leurs missions impériales à des pays comme la France. On verra également davantage de compromis entre les États-Unis et des pays alliés comme la France et l’Allemagne. Il s’agit là d’une décentralisation dialectique du pouvoir des États-Unis visant à renforcer l’hégémonie du système mondial et à maintenir l’Empire américain par délégation. Il faut noter que ce système capitaliste mondial est fragmenté en blocs, raison pour laquelle nous voyons des rivalités entre les États-Unis, la Chine et la Russie.

De façon générale, la majorité des citoyens dans de nombreuses sociétés sont de plus en plus passifs vis-à-vis des décisions de leurs gouvernements et de leurs dirigeants. C’est le reflet d’un sentiment croissant d’aliénation, de détachement et d’impuissance qui a transformé les êtres humains en marchandises et en objets. Cela fait partie du resserrement de la « cage d’acier » dont je parlais plus haut, en termes weberiens.

Silvia Cattori : La France a été au commencement, avec le Qatar, le principal « parrain » de la déstabilisation de la Syrie [3]. La Chine et la Russie ont empêché par leurs vétos l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité qui aurait autorisé une intervention militaire de l’OTAN comme cela a été le cas en Libye. Mais on peut se demander si les pays de l’OTAN et leurs alliés arabes ne sont pas en train de réaliser leur plan de déstabilisation de la Syrie par d’autres voies ? Et pensez-vous que la Chine et la Russie pourront durablement contenir l’OTAN tant que les pays émergents n’auront pas leur mot à dire et les moyens d’imposer un véritable multilatéralisme au Conseil de sécurité ?

Mahdi Darius Nazemroaya : En premier lieu, il faut voir que les évènements en Syrie font partie d’une guerre par procuration menée par les États-Unis, l’OTAN, Israël et les dictatures arabes (comme l’Arabie Saoudite), contre la Chine, la Russie, l’Iran et leurs alliés. Deuxièmement, quand on considère les évènements en Syrie d’un point de vue international, on devrait penser à la Guerre civile espagnole qui a éclaté avant la Deuxième guerre mondiale. De même, on peut considérer les évènements en Libye et en Afrique, et peut-être les invasions antérieures de l’Afghanistan et de l’Irak, en pensant à l’invasion de la Chine par le Japon ou l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne avant la Deuxième guerre mondiale. Cela ne signifie pas que la Syrie ou ces évènements soient nécessairement le prélude à une Troisième guerre mondiale, mais ils ont le potentiel d’allumer un vaste incendie au niveau mondial — à moins que l’on ne pense que tous ces évènements font déjà partie de la Troisième guerre mondiale.

Les thèses de Giovanni Arrighi sur les cycles systématiques d’accumulation dans le « système-monde » peuvent nous aider à trouver une base de réflexion. Son travail est important parce que nous pouvons l’utiliser pour lier entre eux, de la Syrie à l’Afrique, les éléments dont nous parlions en termes de « totalité fragmentée » constituant le système mondial. Les cycles d’accumulation étudiés par Arrighi se rapportent à des périodes de temps qui s’étendent sur une centaine d’année ou plus, durant lesquelles le centre du capitalisme dans le système mondial se situe dans un lieu géographique ou un pays donné. Ses thèses sont fortement influencées par les travaux du savant français Fernand Braudel sur l’expansion du capitalisme. Pour Arrighi ces centres d’accumulation ont été les pouvoirs hégémoniques du système mondial en expansion. À la dernière étape de chaque cycle, les capitalistes déplacent leurs capitaux de ces centres dans d’autres endroits et finalement dans le nouveau centre capitaliste qui a émergé. Ainsi, chronologiquement, le pouvoir hégémonique du système mondial a été transféré de la ville-État italienne de Gênes aux Pays-Bas, puis en Grande Bretagne et, finalement, aux États-Unis. Le déplacement géographique du centre du système mondial se produit au cours d’une période de crise, au moins pour les anciens centre capitalistes, et dans un court laps de temps. Nous en arrivons aujourd’hui à la Chine. Ce qui se passe est que le centre du capital est sur le point de sortir des États-Unis. Si l’on suit la tendance soulignée par Arrighi, alors le prochain centre d’accumulation capitaliste du système mondial sera la Chine. Toutefois d’autres scénarios ne sont pas à écarter, comme une direction globale de toutes les principales puissances capitalistes. En me référant aux travaux d’Arighi, je veux dire ici que nous avons affaire à un système capitaliste mondial qui inclut la Chine et la Russie. Ni les États-Unis ni la Chine ni la Russie ne veulent perturber ce système. Ils sont en compétition pour en devenir le centre d’accumulation capitaliste. C’est pourquoi aucune des parties ne veut une guerre directe. C’est pourquoi les Chinois n’ont pas utilisé la dette étrangère américaine pour dévaster l’économie des États-Unis ; la Chine souhaite voir un transfert ordonné du centre d’accumulation depuis les États-Unis.

La Chine et la Russie ne changeront pas leurs politiques et leurs positions sur la Syrie ou l’Iran, mais elles veulent éviter une guerre qui perturbe le système capitaliste mondial. Bien sûr, les États-Unis essaient de maintenir leur position en tant que centre du système mondial, par la force brute, ou en impliquant leurs alliés et vassaux dans leurs opérations impérialistes, comme au Mali et en Libye.

Silvia Cattori : Vous consacrez un long chapitre (p 67 à 113) à l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie. Pouvez-vous résumer pour nos lecteurs ce à quoi cette guerre, qui a démembré un pays et généré tant de souffrances, devait aboutir ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Le démantèlement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie a été une étape importante pour ouvrir les portes d’une expansion vers l’Est de l’OTAN et de l’Union Européenne. Il a ouvert la route pour la marche vers les frontières de la Russie et de l’ex-Union soviétique. L’ex-Yougoslavie était aussi un obstacle majeur vis-à-vis du projet euro-atlantique de l’OTAN et de l’UE en Europe. En outre, la guerre de l’OTAN en Yougoslavie a permis de préparer la logistique des guerres en Afghanistan et en Irak.

Silvia Cattori : Denis J.Halliday [4] écrit dans la préface de votre ouvrage : « L’OTAN n’amène que la destruction, la pauvreté, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie ». Quand on sait qu’il n’y a aucun mouvement qui s’oppose à la guerre, que des ONG comme Amnesty, HRW, MSF, MDM, prennent le parti de l’ingérence militaire des grandes puissances, comme on l’a vu en ex-Yougoslavie, au Soudan, en Libye, en Syrie, que peut-on suggérer à toute une jeunesse en quête de justice et désireuse d’agir pour un monde meilleur ? Que peuvent faire concrètement les peuples européens contre la machine destructrice de l’OTAN ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Comme je l’ai dit, nous en sommes arrivés à la situation décrite par George Orwell dans son roman “1984”. Amnesty International, Human Rights Watch, et une grande partie des ONG de l’industrie humanitaire sont des outils de l’impérialisme pratiquant les deux poids deux mesures. Les organisations d’aide étrangère sont profondément politiques et politisées. Cela ne signifie pas que tous leurs employés soient de mauvaises gens qui ne veulent pas aider le monde. Bon nombre de leurs employés et des bénévoles sont des gens estimables ; ils ne comprennent pas tous les faits et ils ont de bonnes intentions. Ces gens ont été trompés ou aveuglés par la pensée de groupe institutionnelle. Leurs esprits devraient être débarrassés de tous les préjugés et de la désinformation dont ils ont été nourris ; une véritable tâche de dévouement.

Les citoyens des pays de l’OTAN doivent travailler à se positionner eux-mêmes pour informer leurs sociétés respectives sur l’OTAN et finalement les influencer pour qu’elles se retirent de cette organisation. Cela peut être fait de diverses manières. Mais cela commence par une compréhension de ce qu’est l’OTAN et une connaissance non censurée de son histoire.

Je ne suis pas une autorité morale ou un stratège. Se maintenir soi-même sur la bonne voie est déjà un défi assez difficile, je pense. Je n’ai aucun droit à pontifier sur la façon dont les gens devraient vivre. Je vais toutefois vous dire ce que je pense personnellement. À mon avis, le plus gros problème pour beaucoup de gens est qu’ils veulent changer le monde à une beaucoup trop grande échelle sans s’attaquer aux problèmes immédiats dans leurs propres vies. Je trouve que la meilleure manière de changer le monde est de commencer par de petits pas dans notre vie de tous les jours. Je parle ici d’ « échelle » et pas de « changement graduel » ou de « rythme ». Faire un monde meilleur commence par votre environnement immédiat. Le changement commence avec vous-même et ceux qui vous entourent, tout comme le devrait la charité. Imaginez si la plupart des gens faisaient cela ; le monde serait changé par petites étapes qui aboutiraient collectivement à un changement monumental. Rien de tout cela ne peut non plus se faire sans patience et détermination, et je souligne encore une fois qu’action et connaissance ne devraient pas être séparées. Je ne sais que dire de plus.

Silvia Cattori : En mettant ensemble les pièces du puzzle vous démontrez magistralement dans votre livre comment ces guerres en série, menées sous des prétextes humanitaires, s’inscrivent dans une stratégie de « destruction créative » conçue par « les néoconservateurs et leurs alliés sionistes », et comment – de la Yougoslavie, à l’Afghanistan, à l’Irak et à la Libye – elles sont toutes liées. Des personnalités de premier plan, comme l’ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU Denis J. Halliday qui a préfacé votre ouvrage, vous donnent entièrement raison : l’OTAN est bel et bien le principal danger pour la paix du monde. Mais vous savez qu’en Europe, notamment dans les pays où, comme en France, les organisations juives ont une forte emprise sur les politiques et les médias, dénoncer la stratégie des néoconservateurs et de leur allié Israël [5], ou dénoncer les révolutions colorées suffit à vous faire cataloguer comme « théoricien du complot » et à vous écarter du débat. Que peut-on faire à votre avis pour modifier cette désespérante situation ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon expérience (au Canada) est différente. On ne m’a jamais qualifié de théoricien du complot. Je pense que la censure des médias et le mépris systématique sont des tactiques clés utilisées contre ceux qui remettent en question le récit dominant ou les opinions énoncées par les forces hégémoniques qui dominent la société. L’objectif visé en diabolisant des personnes ou des groupes sous le qualificatif de « théoriciens du complot » est de les discréditer et de les neutraliser. Cela se produit généralement quand ils ont beaucoup attiré l’attention et quand ils ont aussi quelques idées fausses qui peuvent être ridiculisées et liées à leurs positions. Néanmoins, ceux qui se voient qualifiés de théoriciens du complot ne devraient pas laisser cette accusation les dissuader de maintenir leurs positions et de continuer à s’adresser aux gens. Car la démoralisation fait partie de la tactique utilisée pour réprimer les points de vue et réflexions « dérangeantes ».

Les groupes et les lobbies sionistes ont une présence forte et disproportionnée dans le domaine politique et dans les médias de plusieurs pays, mais il faut reconnaître qu’ils ne sont pas homogènes et qu’ils ne sont pas les seuls facteurs influents ; ils font partie d’un bloc d’intérêts pour qui il est important d’empêcher qu’un discours critique n’ébranle les forces hégémoniques qui dominent aujourd’hui la société. Et les lobbies sionistes ne sont pas tous liés à Israël. Il arrive qu’un groupe sioniste travaille à introduire et à imposer à Israël des projets externes. Les motivations de ces groupes ne sont pas toutes les mêmes, mais elles font partie du programme dominant qui s’est développé en ce que les renommés sociologues Giovanni Arrighi et Immanuel Wallerstein ont appelé « système-monde » [ou « économie-monde »].

À mon humble avis, être entendu est la chose la plus importante. Internet et les réseaux sociaux ont contribué à ce processus. Je pense que, pour être entendu, il est également important de proposer des analyses rigoureuses et bien articulées. C’est une tâche difficile qui doit être accomplie, et qui fait partie d’un processus culturel plus large incluant l’éducation et la rééducation. Modifier les forces hégémoniques dominant la société ne peut se faire qu’en établissant de nouveaux courants de pensée pouvant contester leur hégémonie. La critique ne suffit pas non plus, une alternative et un meilleur programme doit être articulé et proposé. La critique en elle-même est inutile si l’on n’offre pas parallèlement un programme alternatif. Pensée et action doivent également être liées dans un processus pratique.

Silvia Cattori : Votre livre va-t-il être traduit en français ? A-t-il eu la couverture médiatique lui permettant de toucher un large public ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon livre devait être traduit en français en trois volumes par un éditeur en France, mais malheureusement l’accord a fait long feu. En notre temps où la durée d’attention s’amenuise, peu de gens sont intéressés à lire un livre de plus de 400 pages. Très peu d’attention lui a été accordée de la part des grands médias. Il y a plusieurs mois, Le Monde Diplomatique à Paris a contacté mon éditeur aux États-Unis, ainsi que la maison qui le diffuse en Grande Bretagne, pour leur demander l’envoi d’un exemplaire. Je ne sais pas si Le Monde Diplomatique a réellement l’intention de faire une recension d’un livre aussi critique et, très honnêtement, je ne m’en soucie pas vraiment.

Mon ouvrage a eu de bonnes critiques disant que c’est un livre à lire absolument. Il est diffusé dans les universités et les collèges. On en trouve des exemplaires dans les bibliothèques de diverses institutions comme l’Université de Harvard et l’Université de Chicago. Il est référencé à la Haye et dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque du Palais de la Paix aux Pays-Bas qui tient à jour les livres relatifs aux lois internationales.
Sur Amazon au Royaume Uni, il est classé comme l’un des meilleurs livres sur l’OTAN et je crois qu’il est en train de prendre un bon départ.

Silvia Cattori

(*) Mahdi Darius Nazemroaya est un sociologue interdisciplinaire, auteur primé, et analyste politique connu. Il est chercheur au Centre de recherche sur la mondialisation à Montréal, collaborateur expert de la Strategic Culture Foundation à Moscou, et membre du Comité scientifique de la revue de géopolitique Geopolitica, en Italie.
Sur son ouvrage « The Globalization of NATO », voir également (en anglais) :
- http://www.silviacattori.net/article4005.html
- http://www.silviacattori.net/article3834.html
- http://www.silviacattori.net/article3780.html

Traduit de l’anglais par JPH

 


[1] Publié d’abord sous le titre « La mondialisation de l’OTAN » puis sous le titre modifié « La mondialisation de la puissance militaire : l’expansion de l’OTAN » . Cet article a été traduit en de nombreuses langues, y compris en arabe par la chaîne qatari d’information Al-Jazeera.

[2] La « cage d’acier » (ou « cage de fer ») est un concept sociologique introduit par Max Weber qui se réfère à la rationalisation accrue de la vie sociale, en particulier dans les sociétés capitalistes occidentales. Ainsi la « cage d’acier » enferme les individus dans des systèmes fondés uniquement sur l’efficacité, le calcul rationnel et le contrôle.

[3] Voir :
- « Gérard Chaliand dit quelques vérités sur la Syrie » :
http://www.silviacattori.net/article3350.html
- « Syrie : Les victimes de l’opposition armée ignorées » :
http://www.silviacattori.net/article3416.html

[4] L’Irlandais Denis J. Halliday a passé une bonne partie de sa carrière auprès des Nations Unies, impliqué dans des actions d’aide humanitaire. En 1997, il fut nommé Sécrétaire général adjoint et directeur du programme humanitaire en Irak. Un an plus tard, après 34 ans de service au sein des Nations Unies, Halliday a annoncé sa démission en raison des sanctions économiques imposées à l’Irak, qu`il a qualifiées de « génocide ». En 2003, il a reçu Le Gandhi International Peace Award. Depuis son départ des Nations Unies, Denis Halliday a participé de manière active dans plusieurs actions contre la guerre et les crimes contre l’humanité. Il est présentement membre de l’Initiative de Kuala Lumpur en vue de « criminaliser la guerre ».

[5] Par exemple, l’écrivain israélien Israël Shamir, a été accusé d’antisémitisme par Olivia Zemor, Nicolas Shahshahani et Dominique Vidal pour avoir affirmé en 2003 cette vérité : qu’Israël et le lobby juif avaient joué un rôle prépondérant dans la guerre qui devait démembrer l’Irak un pays qu’Israël voulait mettre à genoux.

 

.

http://www.silviacattori.net/article4308.html

 

 

 

porte_avions_de_gaulle_upr

 

 

Actualité, voir aussi :

 


Black-out sur le rôle d'Israël dans les événements

 

Le camouflet argentin à Israël: "Même drapeau, mais nous soleil radieux, vous étoile morte"

 

Comment l'Occident déstabilise la Syrie ou le Liban

 

Israël : Membre de facto de l’OTAN

 

Printemps arabe: Déstabiliser Algérie par un "Printemps" via CIA et Tunisie?

 

Quasi black-out Médias sur la scandaleuse occupation de la Palestine

 

Charles de Gaulle : "Le grand problème, c’est l’impérialisme américain"

 

Drones bientôt capables de vous kidnapper.. - Guerre contre Corée du Nord ?

 

Israël : L’état hors-la-loi impuni

 

France : Une politique de défense soumise à l'étranger

 

Syrie : La France pousse à la prolongation et à l’aggravation du conflit

 

L’impérialisme français ne sert plus la France - Basculement de l’impérialisme français vers le terrorisme

 

Syrie : La France pousse à la prolongation et à l’aggravation du conflit

 

Médecins sans Frontières : Rôle ambigu en Syrie. Lettre ouverte


L'OTAN envisage une action en Syrie, mais avec l'accord de l'ONU (Le Monde)

 

La Justice internationale ou le triomphe de l'injustice et du mensonge


Le président syrien répond aux questions du Sunday Times - Tweetons !

 

 

Partager cet article
Repost0
24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 21:18

 

Vendredi 22 mars 2013

 

Mars 2003, la deuxième guerre contre l’Irak

Il y a dix ans : Premiers bombardements criminels US sur Bagdad

Le 21 mars 2003, à 21h37, soit quelques heures après la fin de l’ultimatum de 48h du président George W. Bush - demandant au président irakien Saddam Hussein, ainsi qu’à ses fils Oudaï et Qusay, de quitter l’Irak - les États-Unis lançaient sur Bagdad les premiers missiles. C’était le début de la deuxième guerre occidentale contre l’Irak. Nous assistions impuissants et sidérés au déluge continu de missiles le plus massif de l’histoire. Tout cela était criminel et est resté à ce jour impuni. [Mise à jour d’un article publié en mars 2003]
19 mars 2013 | Thèmes (S.Cattori) : Irak


 

 

Premiers bombardements sur Bagdad

 

Les pro-israéliens Pascal Bruckner, Bernard Kouchner, Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, et leurs amis dans le monde, ont appelé à la guerre qui devait démembrer l’Irak et le mettre à genoux. Leur objectif caché : assurer la domination d’Israël dans la région. Il s’agissait pour tous ces pro-israéliens cyniques et impitoyables de se défaire d’un voisin qui résistait aux diktats d’Israël et de ses alliés. Peu en importait le prix. Cette guerre a tué un million et demi d’Irakiens et détruit leur pays. L’Irak ne serait plus jamais l’Irak. Tous ces avocats de la guerre ne se sont plus jamais souciés du sort des Irakiens et du sang qui a coulé. L’Irak n’était pas assez. Ils se sont fixés par la suite sur d’autres chefs d’État à abattre qui n’avaient jamais reconnu l’État juif d’Israël. Kadhafi en Libye, Assad en Syrie... et l’Iran dans la ligne de mire. [Silvia Cattori, 19 mars 2013]



C’est atroce. Ils la veulent leur guerre, Pascal Bruckner, Bernard Kouchner, Alexandre Adler, Alain Finkielkraut. Ils l’auront leur guerre. Ils le veulent leur sang. Ils l’auront leur sang, et les cadavres déchiquetés, et les blessés, et les millions de déplacés et de morts. Tout cela est effroyable.

Et nous, citoyens du monde, nous qui ne voudrions rien de tout cela, et qui en tremblons, nous qui voudrions empêcher les armées de continuer de verser du sang ; nous qui n’avons pas les moyens d’arrêter la folie guerrière de Bush et de Blair ; nous qui n’avons pu faire taire les impostures de ces gens inhumains qui trouvent normal d’aller attaquer un pays qui ne les attaque pas, il ne nous reste plus qu’à continuer de nous opposer à toutes ces guerres de cruelle domination.

L’Union européenne s’est associée à toutes les guerres illégales récentes depuis 1991. Ceux qui ont cru en elle ont de quoi déchanter, et tout à craindre pour demain. De quels nobles idéaux ses élus pourront-ils encore parler ? Les États européens ont déjà connu bien des égarements. Les pays européens n’auraient jamais dû s’inféoder à l’OTAN, sans se soucier des conséquences désastreuses pour les populations ni de leurs effets destructeurs à long terme. De quelle légitimité pourront-ils encore se prévaloir, alors que tant de gouvernements se sont associés, plusieurs fois déjà en treize ans, aux projets de dirigeants qui pratiquent le terrorisme d’État et qui piétinent les petits pays en violation du droit international ? Les États-Unis et son allié Israël peuvent-ils continuer de frapper d’autres États faibles, en toute illégalité, et demeurer impunis ?

Aujourd’hui, le monde a compris que, si des pays réputés « démocratiques » jettent les peuples dans des guerres illégitimes, ce n’est pas pour servir des principes moraux et des valeurs universellement reconnues. Leur seul langage est celui de la force. Les va-t-en guerre pro-israéliens Richard Perle, Paul Wolfowitz, etc., dominent les institutions politiques, diplomatiques, et économiques. Ils ont le soutien de gens qui comme Pascal Bruckner, Bernard Kouchner, Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, défendent eux pied à pied les intérêts d’Israël avant tout autre intérêt. Leurs guerres, au mépris de la légalité internationale jettent des peuples innocents dans l’horreur.

Cette guerre contre l’Irak n’aurait peut être jamais commencé sans les pressions du lobby pro-israélien. Ce lobby a pesé de tout son poids dans les décisions du Pentagone et de la Maison Blanche. L’ouverture par les États-Unis de ce nouveau front au Moyen Orient est une aubaine pour Israël ; il se sent déjà les mains libres, pour continuer sa sale guerre à l’encontre des Palestiniens. Tous les jours, les militaires israéliens poursuivent des exactions et le vol de nouvelles terres pour y installer des colons fanatisés qui arrivent de France et d’ailleurs.

La question irakienne vient de dessiller bien des yeux.

Ce n’est pas la fonction des intellectuels que de mentir. Les récentes prises de position pour ou contre la guerre en Irak ont été une sorte de révélateur. Chacun a compris pourquoi les ardents supporters des interventions militaires contre les ennemis d’Israël, nous disent que cette guerre, si lourde de conséquences, est une bonne guerre.

Ils ont toujours manipulé des syllogismes mortifères. C’est pourquoi la doctrine de l’« axe du mal » chère à Bush leur va comme un gant. La tragédie irakienne est un formidable révélateur. Les souffrances des Irakiens serviront-elles au moins à provoquer une prise de conscience ?

Après 21 jours de bombardements, les forces armées US prennent le contrôle de la plus grande partie de Bagdad en ruines. L’Irak développé et prospère que nous avons connu a disparu.

 

 

VIDEOS sur le site :

 


Il y a dix ans : Premiers bombardements criminels US sur Bagdad

 

Silvia Cattori

 

 

SYRIE :

 

Superbe vidéo 3 mn :

 


Vrai visage de la "démocratie" occidentale. Comment elle détruit un Etat (TB vidéo 3 mn)

 

 

Partager cet article
Repost0
24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:03
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/centrafrique

 

 

 

  Mes commentaires à chaud depuis le 24 mars au matin : 

 

 

CENTRAFRIQUE: Je cherche à comprendre événements flous. Président en fuite,rebelles.. Quel rôle Occident derrière pr déstabiliser et régner?

 

 

1 h

Des amis africains me suivent.SVP, pouvez-vous m'expliquer pr CENTRAFRIQUE,m'orienter? Que s'y passe-t-il? Je ne compte pas sr Presse vendue

 

 

 

CENTRAFRIQUE : Et voilà, la France coloniale s'en mêle ! 350 soldats français ont été envoyés en renforts en Centrafrique. Suivons tout ça..

 

 

  1. .. En renforts de qui? Des rebelles.. ou du Président (marionnette? Donc à rétablir) qui se sauve? France de Fabius guerres partout

 

Coup d'Etat à Bangui : "La France envoie des soldats pour protéger les ressortissants français". Comprenons : Pour contrôler un nouveau pays

 

 

 

CENTRAFRIQUE - regardons la carte, pays situé près Soudan, Tchad.. Nouvelle guerre pour la France en Centrafrique ?

 

 

Suivre l'actualité à chaud :

 

https://twitter.com/rsistons

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog d'eva R-sistons
  • : Géopolitique, Politique, Médias. Le blog d'une journaliste écrivain opposée aux guerres, administratrice de R-sistons à l'intolérable. Articles de fond, analyses, conseils pratiques, résistance, dénonciation de la désinformation. Blog engagé d'une humaniste pacifiste, gaullienne de gauche, croyante, citoyenne du monde universaliste. Et attachée à l'indépendance nationale !
  • Contact

Profil

  • eva r-sistons
  • Divorcée, père origine bordelaise, mère russe. Licenciée es-lettres modernes, diplômée Ecole de Journalisme. Journaliste-écrivain. Carrière: Presse écrite, radio, TV, et productrice d'émissions. Auteur de plusieurs ouvrages (Hachette etc)
  • Divorcée, père origine bordelaise, mère russe. Licenciée es-lettres modernes, diplômée Ecole de Journalisme. Journaliste-écrivain. Carrière: Presse écrite, radio, TV, et productrice d'émissions. Auteur de plusieurs ouvrages (Hachette etc)

Recherche

Archives