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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 05:24

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Washington entraîne le monde dans la guerre
par Paul Craig Roberts

dimanche 16 février 2014, par Comité Valmy


Voir en ligne : « Nous n’accepterons jamais cela » Prise de position du Président Poutine

Washington entraîne le monde dans la guerre

par Paul Craig Roberts


Depuis 12 ans, l’administration américaine maintient les Etats-Unis en état de guerre, qu’elle soit menée contre l’Afghanistan, l’Irak, la Somalie, la Libye, le Pakistan, le Yémen ou quasiment contre la Syrie, ce qui reste une réelle possibilité, et l’Iran étant également sur les rangs. Les guerres sont onéreuses en termes de finances et de prestige, ainsi que du nombre de morts et de blessés du côté des soldats américains, comme de celui des populations civiles attaquées. Et pourtant, aucune d’entre elles n’a de raison convaincante ni de justification fondée. Ces conflits ont bénéficié à l’appareil militaire et sécuritaire, tout en justifiant la création d’un Etat policier américain, comparable à celui de la « Stasi ». Ils ont également servi les intérêts d’Israël en enlevant tout obstacle à l’annexion de la Cisjordanie entière et du Liban du Sud.


Peu importe leur coût et l’étendue de la destruction qu’elles ont causée, ces guerres demeurent bien loin d’une guerre mondiale et encore plus d’une guerre mondiale nucléaire.
Mais la guerre fatale pour l’humanité est celle que Washington – à l’aide des Etats-Unis et de ses Etats fantoches de l’OTAN et d’Asie – veut mener contre la Russie et la Chine. Les facteurs qui contribuent à la volonté de Washington à partir à une guerre totale sont nombreux, mais le principe qui les sous-tend est l’exceptionnalisme américain.
Selon cette doctrine basée sur la satisfaction de soi, les Etats-Unis sont le pays indispensable, car l’histoire les avait choisi pour établir l’hégémonie d’un « capitalisme démocratique » laïque dans le monde. Cet objectif étant primordial pour l’administration américaine, il lui permet de se hisser au-dessus de la moralité traditionnelle et de toute législation, qu’elle soit nationale ou internationale.

Par conséquent, au sein du gouvernement américain, il n’y a personne qui soit tenu pour responsable d’avoir perpétré des agressions injustifiées contre d’autres pays, d’avoir lancé des attaques contre les populations civiles, ni d’avoir, de toute évidence, commis des crimes de guerre violant le droit international et les principes de Nuremberg.
De même, personne ne rend des comptes ni pour la torture – un crime contre le droit américain et contre les Conventions de Genève –, ni pour les nombreuses violations des droits constitutionnels : espionnage et perquisitions sans mandat, violations du droit d’habeas corpus, exécution de citoyens sans procès en bonne et due forme, déni de représentation juridique, condamnations sur la base d’éléments de preuve secrets … la liste est longue.


On peut se poser la question de savoir pourquoi un gouvernement qui est, dans tous les sens, la réincarnation de l’Allemagne nazie est si exceptionnel et indispensable. Un peuple qui, dupé par la propagande, croit être le peuple privilégié de la planète perd inexorablement son humanité. Cela explique le comportement des soldats américains qui s’amusent à abattre des personnes innocentes marchant dans la rue, comme l’a démontré la vidéo divulguée par Bradley Manning.

Hormis l’Association américaine de défense de libertés civiles (ACLU), les groupes de défense des droits constitutionnels et des voix indépendantes s’élevant sur Internet, les Américains, les églises chrétiennes inclues, ont accepté la criminalité et l’immortalité de leur gouvernement tout en murmurant des protestations faibles.

En effet, l’absence de toute dénonciation morale donne du courage à Washington qui développe une grande pression sur les gouvernements russe et chinois actuels, car ils entravent sa voie à l’hégémonie planétaire.
Depuis la dislocation de l’Union soviétique en 1991, c’est-à-dire depuis 22 ans, les Etats-Unis ne cessent d’œuvrer à l’encontre de la Russie. Portant atteinte à l’accord scellé par Reagan et Gorbatchev, Washington a élargi l’OTAN à l’Europe de l’Est et aux pays baltes et a implanté des bases militaires à la frontière russe. De surcroît, il cherche à aider certains anciens membres de l’URSS, comme la Géorgie et l’Ukraine, à joindre l’OTAN.


Les Américains ont installé des bases militaires et des bases de missiles sur la frontière russe pour une seule raison : pour nier la capacité de la Russie à résister à l’hégémonie américaine. Mais la Russie n’a pas fait de gestes menaçants à ses voisins et, à part sa réaction à l’invasion géorgienne de l’Ossétie du Sud, elle a été extrêmement passive face aux provocations américaines.

Cependant, le gouvernement russe est en train de changer d’approche. En plus de l’implantation de bases de défense contre les missiles balistiques américaines aux confins de la Russie et de l’usage des nouvelles technologies par l’armée américaine, l’administration de George W. Bush a apporté un changement à la doctrine militaire américaine qui a relevé les armes nucléaires d’un moyen de défense et de rétorsion à un moyen de première frappe préventive. Tout cela indique clairement au gouvernement russe que Washington est en train de préparer une première frappe meurtrière.
Dans son allocution du 12 décembre à l’Assemblée fédérale russe (les deux Chambres du Parlement), Vladimir Poutine a abordé la menace d’une agression américaine. Il a soutenu que Washington réfère à son système de missiles antibalistiques comme à un système défensif, mais qu’en réalité « il s’agit d’une composante décisive du potentiel offensif stratégique » et qu’il est pensé pour faire basculer la balance du pouvoir en faveur des Etats-Unis. Après avoir reconnu l’existence de la menace, Poutine y a répondu : « Que personne ne se berce d’illusions de pouvoir dominer militairement la Russie. Nous ne l’accepterons jamais. »


Face à l’enterrement du traité sur la réduction des armes nucléaires par Obama, Poutine a déclaré : « Nous ne manquons pas de saisir tout cela et savons parfaitement quel est notre devoir. »
S’il y a des survivants pour écrire l’histoire, le régime d’Obama sera connu pour avoir ravivé la guerre froide, que le président Reagan s’est tant démené à terminer, et pour l’avoir tournée en guerre chaude.
Le régime d’Obama ne s’est pas contenté de devenir ennemi de la Russie et, en déclarant la mer de Chine méridionale une zone « d’intérêt pour la sécurité nationale des Etats-Unis », il l’est devenu aussi de la Chine. C’est comme si la Chine déclarait le golf du Mexique une zone d’intérêt pour la sécurité chinoise.
Pour faire savoir que sa revendication de la mer de Chine méridionale n’a pas été un propos rhétorique, le régime d’Obama a annoncé son « tournant vers l’Asie » qui nécessite le déploiement de 60% de ses forces navales dans la zone d’influence chinoise. Washington travaille avec acharnement pour assurer le fonctionnement de ses bases navales et aériennes depuis les Philippines, la Corée du Sud, le Viêt Nam, l’Australie et la Thaïlande. Et il a encore multiplié les provocations quand il s’est allié aux pays voisins de la Chine qui défient les revendications chinoises de plusieurs îles et d’un espace aérien élargi.


Mais la Chine ne s’est pas laissée intimider et a appelé à la « dé-américanisation du monde ». En novembre, le gouvernement chinois a annoncé posséder désormais un nombre suffisant d’armes nucléaires et de moyens de lancement pour effacer les Etats-Unis de la surface de la terre. Ensuite, en décembre, il a cherché un affrontement naval avec un croiseur lance-missiles américain dans la mer de Chine méridionale.
Cette approche agressive des Etats-Unis envers la Russie et la Chine suggère une extrême confiance en soi qui conduit d’habitude à la guerre. Washington est persuadé que sa prouesse technologique puisse empêcher la Russie et la Chine de lancer leurs missiles ou interrompre une telle tentative. En conséquence, les Etats-Unis pensent qu’une attaque préventive est gagnée d’avance. Et pourtant, la possibilité que l’Iran se procure des armes nucléaires représenterait un si grand danger qu’une guerre préventive serait nécessaire instantanément. Ainsi, la vulnérabilité des Etats-Unis face à quelques musulmans apatrides susceptibles d’acquérir une arme nucléaire justifie l’existence d’un énorme département américain de la sécurité intérieure. Si les contrecoups russe et chinois suivant les attaques américaines sont considérés sans importance et les menaces nucléaires de la part de l’Iran et de musulmans apatrides ne le sont pas, il s’agit alors d’une situation atypique.


En outre, Washington ne s’est pas borné à envoyer des signaux de guerre à la Russie et à la Chine, mais il a également décidé de torpiller l’accord avec l’Iran en annonçant de nouvelles sanctions visant les entreprises ayant des rapports commerciaux avec ce pays. Les Iraniens ont interprété le sabotage des Américains comme un manque d’engagement pour l’accord, comme Washington probablement l’entendait, ils ont quitté Genève et sont retournés en Iran. Il reste à savoir si l’accord, qui visait à désamorcer la menace d’une guerre contre l’Iran, peut encore être renégocié ou si le lobby israélien a réussi à le faire capoter.

Il semble que les citoyens américains ont non seulement très peu, voire aucune, influence sur leur gouvernement, mais également aucune connaissance de ses intentions. En outre, il n’existe pas d’opposition organisée où les Américains puissent se rassembler et bloquer la tendance de leur gouvernement à les conduire à une guerre mondiale. L’ultime espoir semble être incarné par les Etats fantoches européens et asiatiques des Etats-Unis. Quel serait l’intérêt de ces pays à exposer leur propre existence au risque dans le seul but d’aider les Etats-Unis à acquérir l’hégémonie mondiale ? Ne se rendent-ils pas compte que le jeu amorcé par Washington est pour eux un jeu de vie et de mort ?


L’Allemagne seule pourrait épargner la guerre au monde et en même temps servir ses propres intérêts. Tous ce qu’il lui faut faire est de quitter l’UE et l’OTAN. L’alliance s’écroulerait et sa chute mettrait fin aux ambitions d’hégémonie dont les Etats-Unis sont possédés.

Mise en ligne CV : 8 janvier 2014

Source :
http://www.paulcraigroberts.org/2013/12/14/washington-drives-world-toward-war-paul-craig-roberts/

(Traduction Horizons et débats)

 

 

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