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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 23:02
Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /2010 23:42

Réarmement record contre le nouvel ennemi : l’Iran
Golfe persique : 123 milliards de dollars de fournitures états-uniennes aux régimes arabes

 

Par Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesc

 

Il manifesto

 

C’est la plus grosse vente particulière d’armes jamais réalisée par les Etats-Unis : ils fourniront à l’Arabie Saoudite et aux autres Etats du Golfe des bombardiers, des hélicoptères, des missiles et d’autres armements pour une valeur de 123 milliards de dollars.

  

Boeing vend à l’Arabie Saoudite 85 nouveaux F-15 et en potentialise 70 autres : ce sont des chasseurs de combat multifonction, en mesure de transporter des armes nucléaires, à une vitesse deux fois et demi supérieure à celle du son, et capables d’éviter les défenses ennemies. Boeing fournit en outre 70 hélicoptères de combat Apache et 36 Little Bird, utilisés par les forces pour les opérations spéciales. A cela s’ajoute plus de 70 hélicoptères de combat Black Hawk de Sikorsky (United Technologies). Le « colis » coûtera à l’Arabie Saoudite 67 milliards de dollars, à quoi s’ajouteront les dépenses pour l’entraînement du personnel, les pièces de rechange et les modernisations.

 

Aux     Emirats Arabes Unis, les USA vendent 35-40 milliards de dollars d’armements, dont un « bouclier » formé de missiles Thaad de Lockheed Martin. Sont en outre potentialisés les missiles Patriot, fournis par Raytheon aux Emirats et aux Koweït. Ce dernier paiera 7 milliards de dollars. A Oman seront fournis 18 nouveaux chasseurs F-16 de Lockheed Martin, tandis que 12 autres seront potentialisés : la dépense se monte à 12 milliards de dollars.

 

 Dans son annonce de la vente de 123 milliards de dollars aux Etats du Golfe, le Financial Times (21 septembre) la définit comme « une énorme impulsion à l’industrie américaine (états-unienne, NdT) de la défense ». Il ajoute ainsi que « l’achat de nouvelles armes états-uniennes survient au moment où de nombreux pays du Moyen-Orient, où se trouvent les deux tiers des réserves pétrolifères mondiales, sont en alarme à cause des ambitions nucléaires de l’Iran ». La campagne sur la « menace iranienne » fonctionne donc, et bien. Les pays du Golfe ne sont pas seuls à avoir intensifié leurs acquisitions de systèmes d’armes états-uniennes, les pays européens aussi se préparent à le faire : le secrétaire général de l’OTAN, Anders Rasmussen, leur a recommandé il y a quelques jours de réaliser avec les Etats-Unis un unique « bouclier » contre la « menace des missiles iraniens». La décision politique devrait venir du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance Atlantique, à Lisbonne, en novembre. Viendra ensuite la phase opérative, avec une toute nouvelle militarisation du territoire européen et italien.

 

Que préfigure-t-on, dans l’administration Obama, avec cette mega vente d’armes aux pays du Golfe ? Son objectif, écrit le Financial Times, va au-delà de la simple promotion de l’industrie militaire états-unienne. Si les alliés de Washington dans le Golfe achètent leurs armes aux USA , ils « sont entraînés sur des plateformes communes, en potentialisant leur capacité de combattre un adversaire commun » avec les forces états-uniennes. Sur cela, ajoute le New York Times, est aussi d’accord Israël, qui jusque là avait considéré avec suspicion toutes fournitures d’armes USA aux pays arabes. En d’autres termes : en faisant la promotion de cette colossale vente d’armes, non seulement l’administration Obama revigore l’industrie guerrière et donc l’économie états-unienne, dans laquelle celle-ci joue un rôle important. Mais en même temps, l’administration Obama accroît l’influence états-unienne dans la zone stratégique du Golfe, en s’assurant que les armées des pays alliés soient à la totale disposition du Pentagone et bien armées, de façon à pouvoir un jour attaquer l’Iran qui a pris la place de l’Irak comme ennemi numéro un.

 

Est-ce ainsi que le président Obama est en train de gagner le Prix Nobel pour la paix qui lui a été conféré « pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » ? Quels sens cela a-t-il de commencer le retrait des troupes combattantes en Irak – mais en laissant un presidium de bases et environ 50 mille soldats, et en doublant le nombre des mercenaires – et d’annoncer la probable amorce d’une sortie du bourbier afghan avec une afghanisation plus importante de la guerre sur le terrain, si pendant ce temps on prépare concrètement un nouveau scénario guerrier, bien plus grave ?

 

Il est emblématique que cette administration, tandis qu’elle accuse le gouvernement iranien de violer les principes de la démocratie et les droits de l’homme, soutienne et arme l’Arabie Saoudite, où le souverain détient le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ; où il n’existe pas de Parlement mais seulement un conseil consultatif nommé lui aussi par le souverain ; où les partis politiques et les organisations syndicales sont considérées comme illégales, et les femmes exclues de la vie politique et du travail. Sans oublier les nombreux « cas Sakineh » dans les prisons des pays du Golfe. Ces « valeurs » sont défendues et renforcées par les chasseurs bombardiers et les hélicoptères de combat, fournis dans une mesure sans précédents par les Etats-Unis sous une administration démocratique.

 

Il manifesto, 21 septembre 2010,

http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20100922/pagina/09/pezzo/287376/  

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=21148

 

 

Politiques de la peur:les pays du Golfe achètent des armes pour 123 milliards $


Leila Mazboudi

 

22/09/2010 Dans l’un des plus grands contrats d’armements , 4 pays du Golfe envisagent de s’acheter des armements pour le montant de 123 milliards de dollars. Le principal fournisseur étant bien entendu les États-Unis.

Selon le quotidien britannique Financial Times, l’Arabie saoudite devrait s’accaparer une part de 67 milliards, en échange de laquelle elle  devrait obtenir 85 avions de chasse de type F15, et moderniser 70 avions qui sont déjà en sa possession. Elle devra également s’acquérir des hélicoptères de combat, des systèmes de défense anti missiles, et des navires de guerre, si ces achats sont validés par le Congrès.  
 
Quant aux Emirats arabes unis, et dont le contrat d’armements s’élève à près de 40 milliards de dollars, ils ont obtenu le feu vert pour s’acquérir des missiles Thaad anti missiles, ainsi que des systèmes de défense Patriot.
Alors que le sultanat d’Oman va obtenir 18 avions de type F16 et en moderniser 12 autres, pour le montant de 12 milliards,  le Koweït va dépenser la somme de 7 milliards de dollars pour remplacer et moderniser ses avions de guerre, et s’acheter deux nouveaux systèmes de commande et contrôle afférents. ce pays a également conclu un accord pour développer les systèmes de missiles anti missiles Patriot.
 
Selon le journal britannique, ces énormes transactions d’armements reflètent la peur de ces quatre pays du Golfe,  en cas d’attaque américaine et israélienne contre lui d’une riposte iranienne contre des bases américaines sur leurs territoires, ou les installations pétrolières, ou contre le détroit d’Ormuz, dans le golf persique, entravant le passage des oléoducs.
 
Or, pour le rédacteur en chef du journal londonien arabophone AlQuds AlArabi, Abdel Bari Atouane, ce genre de transactions n’est que le fruit des politiques de peur menées par les Américains, en amplifiant les capacités militaires de certains pays voisins pour promouvoir les ventes d’armes, ou persuader ces pays de "ses guerres interminables » . Atouane révèle à cet égard que la roi saoudien était d’abord réticent quant à cette transaction, mais a dû plier sous les coups de cette politique de peur.
 
A noter que ces politiques de peur sont généralement véhiculées par des centres d'études américains de renommée, qui évoquent avec des mots pompeux l'arsenal militaire iranien. ( voir par exemple l'étude réalisée dernièrement par le Antony Cordsman, directeur du Centre d'études stratégiques et internationales américaines dans laquelle il opère une comparaison entre les capacités militaires iraniennes et celles des pays du Golfe, pour conclure que celles de l'Iran étaient nettement supérieures).  
Atouane  perçoit aussi ans ce contrat des tentatives pour sauver l’industrie militaire américaines, rappelant que les ventes militaires américaines ont connu une baisse pour atteindre les 22 milliards de dollars l’année dernière, alors qu’elles étaient de l’ordre de 38 l’année d'avant.
Atouane soupçonne également des liens entre ce genre de contrats énormes et des commissions qu’empochent certains émirs influents. Evoquant à l’appui l’affaire des Yamama, qui a éclaté en Grande Bretagne, relative à un contrat signé entre l’Arabie Saoudite et la Grande Bretagne au début des années 80, pour le montant de 76 milliards de dollars. Éclaboussé par les pots de vins astronomiques empochés par des émirs influents, l’affaire révèle que l'un d’entre eux avait empoché la somme de 2 milliards de dollars. Raison pour laquelle le premier ministre britannique Tony Blair avait intervenu en personne pour empêcher la poursuite de l’enquête, arguant la défense de la sécurité nationale britannique.
Il y a quelques années, rappelle Atouane, le roi saoudien a suspendu provisoirement l’achat d’avions Euro Fighter, pour le montant de 8 milliards de dollars, sur sollicitation de Blair qui s’était plaint du pourcentage élevé des commissions fixé à 25%.
 
Par ailleurs, le chroniqueur arabe s’étonne que les pays du Golfe s’inquiètent du programme nucléaire iranien, alors que la Turquie, pays voisin de l’Iran n’affiche nullement cette inquiétude.
«  Il faut que les pays du Golfe craignent les États-Unis et d’Israël, beaucoup plus que le danger iranien », a-t-il conseillé aux pays du Golfe, leur rappelant la position du Koweït qui a soutenu l’Irak, dans sa guerre contre l’Iran pour ensuite devenir sa première victime.     

 

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=155112&language=fr

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Published by eva r-sistons - dans Stratégies de l'Empire
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Abdelkader DEHBI 24/09/2010 13:18



Ce sera certainement In-Cha'Allah, une excellente aubaine pour la République Islamique d'Iran, en cas de conflit - et les probabilités en sont grandes - pour se servir directement sur cet arsenal
béni, sans Accréditif irrévocable et confirmé, ni autres Certification "End User"... Merci à l'Empire et à ses traîtres.



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  • Divorcée, père origine bordelaise, mère russe. Licenciée es-lettres modernes, diplômée Ecole de Journalisme. Journaliste-écrivain. Carrière: Presse écrite, radio, TV, et productrice d'émissions. Auteur de plusieurs ouvrages (Hachette etc)
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