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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 05:29

 

Pourquoi Tony Blair est-il entré en guerre aux côtés du président américain Bush?

Une question qui semble être intéressante peut-être pour les psychologues et les spéculateurs de la politique ou ­quelques journa­listes curieux. Pour la Commission Chilcott à Londres, la réponse à cette question n’a qu’un intérêt secondaire. Beaucoup plus important pour la vérité et les livres d’histoire, et peut-être un jour, pour la Cour internationale de justice, est le fait que Tony Blair ait négocié par sa propre décision et contre la volonté du ­peuple britannique.


Dans les 13 ans d’un des plus durs embargos économiques et militaires qu’on n’ait jamais fait subir à un pays, l’Irak était devenu aussi l’Etat du monde le plus passé au ­crible. Entre 1991 et 1998 et de nouveau entre 2002 et jusqu’au début de l’invasion illégale du 19 mars 2003, les spécialistes du désarmement de l’ONU ont vraiment passé l’Irak à la radioscopie, du Kurdistan irakien jusqu’à Basra et de Kut jusqu’à Ramadi, en engageant un personnel d’espionnage et ceci ­contre tout droit international.


A Washington et à Londres, on connaisssait jusqu’au plus petit détail chaque coin du pays et on savait exactement ce qu’ont annoncé en 1995 des experts en armement de l’ONU, hautement spécialisés: l’Irak avait été, jusqu’à ce moment-là, désarmé, si ce n’est pas quantitativement, du moins qualitativement. Ses armes de destruction massive en tant que risque pour les pays voisins ou pour d’autres étaient éliminées. Ce qui n’avait pas encore été enregistré ou détruit des stocks biologiques, chimiques et ballistiques jusqu’au dernier morceau, ne pouvait plus, selon les spécialistes, représenter un risque.


C’est vraiment tragique et c’est un grand tort que cette vérité n’ait pas été exposée, le 5 février 2003, devant le Conseil de sécurité par Messieurs Blix et Baradei, les chefs honorables des institutions de désarmement de l’ONU à New York et Vienne. C’était le jour où Colin Powell, le secrétaire d’Etat américain, tentait de présenter devant le Conseil de sécurité les mensonges de son gouvernement sur les dangers venant de l’Irak. Tony Blair et son gouvernement savaient exactement que la vérité était une autre. Ainsi, la participation de Blair à la guerre de 2003 a été une contribution consciente à la destruction d’un pays et à la violation grave de la Charte des Nations Unies.


Ce que l’on nomme l’Acte du Congrès américain pour la libération de l’Irak, signé le 31 octobre 1998 par le président Clinton, était devenu pour Tony Blair une directive. Il voulait délivrer le monde de Saddam Hussein par des moyens qui auraient été permis seulement si l’Irak avait présenté un risque immédiat pour les USA et la Grande-Bretagne, et si l’on avait dû réagir sur une base d’autodéfense.

 

A-t-on vraiment besoin d’une dernière preuve de l’autoritarisme de Blair ? L’opinion publique mondiale connaît aujourd’hui la vérité, Tony Blair connaissait celle-ci avant la décision d’entrer en guerre. Il entra en guerre. Cela reste et restera de sa responsabilité.


Hans von Sponeck, pour Horizons & Débats

Sur le même sujet, lire également Tony Blair a voulu le renversement de Saddam

 

 

Article placé le 24 fév 2011, par Mecanopolis

 

http://www.mecanopolis.org/?p=22131

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